Nos excuses, monsieur Stelmach

Que serions-nous sans la contribution de l’Alberta à la péréquation canadienne?  Comment le Québec pourrait-il conserver ses hôpitaux et ses écoles sans la contribution de l’industrie pétrolière albertaine?  Nous sommes vraiment désolés, monsieur Stelmach, que notre premier ministre ait eu l’impolitesse d’accuser votre province d’être responsable d’une grande partie de l’émission des gaz à effet de serre.  D’ailleurs, notre maître Jean Charest, a adouci le ton hier lorsqu’il a quitté Copenhague.  Nous souhaitons sincèrement que sa profession de foi envers la confédération saura vous convaincre que les québécois sont reconnaissants face au financement de leurs garderies par l’Alberta.

Nous espérons que la détermination dont a fait preuve notre premier ministre lors de son arrivée au Danemark ne vous a pas laissé croire qu’il était tout à coup frappé de la fièvre indépendantiste.  Oubliez son allusion aux “deux Canada” et à l’importance des “états fédérés” sur la scène internationale.  Contrairement à son prédécesseur Robert Bourassa, jamais notre premier ministre songera-t-il à choisir la voie de l’indépendance du Québec, jamais.  Soyez certains que nous sommes solidaires aux albertains et que nous sommes reconnaissants à la contribution de vos sables bitumineux dans l’économie québécoise.  Nous espérons que les joyaux de votre industrie, TransAlta et Shell, sauront profiter des 1,6 milliards que vous et Stephen Harper leur avez récemment octroyés.  Ils le méritent bien.  Nous sommes confiants que vous serez en mesure de remonter dans les sondages, malgré que votre popularité soit descendue à 14%, et que vous trouverez le moyen de freiner la popularité des conservateurs dissidents (et des libertariens) de l’Alliance Wildrose.

Nous vous invitons également à vous approprier le trophée du “fossile de l’année” qui a encore une fois été décerné au Canada.  Nous vous l’offrons en guise de reconnaissance et de solidarité canadienne.  En tenant compte que l’Alberta est l’un des paradis de la recherche paléontologique, que vos réserves de combustible fossile sont les plus importantes au monde après celles de l’Arabie Saoudite, que la princesse qui vous a donné son nom portait peut-être de faux cils et, finalement, afin de retirer la faucille à ces écologistes de gauche qui salissent votre nom, nous croyons que ce mérite vous revient entièrement.  Vous voyez bien ici que l’enthousiasme m’emporte et que je commence à dire n’importe quoi.  Je crois bien que c’est l’heure de mon sédatif.

Vive l’Alberta!  Vive les sables bitumineux!  Merci monsieur Stelmach!  Merci à tous les albertains pour permettre aux québécois de vivre dignement.

4 comments 19 décembre 2009

La droite subventionnée

Même si Jean-François Lisée le déclare « parlementaire s’étant le plus illustré hors Québec » et qu’il tente de se donner des allures écologistes à Copenhague, notre premier ministre est en train de nous en passer une vite. Alors que le gouvernement québécois a décidé de plonger dans un déficit de 4 milliards pour nous sauver de la récession (…), Jean Charest est en train de préparer sournoisement les changements qui seront appliqués dans les finances publiques afin de retrouver l’équilibre budgétaire.

On se rappelle que M. Charest avait annoncé, lors du caucus de son parti en août dernier, qu’il souhaitait que «le plus grand nombre de Québécois participent à un dialogue sur les finances publiques ». Comme d’habitude, il avait imposé le ton de cette consultation en mentionnant que la réflexion qu’il propose, ou qu’il impose, aurait comme point de départ les hausses de tarifs dans les services publics.

Lorsqu’il s’agit de consulter, notre premier ministre libéral a ses propres méthodes. On sait très bien que M. Charest, à l’exception de ses apparitions publiques partisanes en campagne électorale, ne rencontre que les gens d’affaires lorsqu’il se retrouve à l’extérieur de l’Assemblée Nationale. Préférant casser la croûte avec les membres des chambres de commerce, il est beaucoup plus confortable devant les gens d’affaires. Honnêtement, je ne me souviens pas de la dernière apparition de M. Charest devant des citoyens ordinaires.

Et voilà, le ton est donné. Le premier ministre a demandé à des économistes de dresser la table. Quatre représentants de la droite économique qui auront droit à toutes les tribunes pour avertir les syndicats de la fonction publique qu’ils peuvent oublier toute hausse de salaire, que les contribuables devront s’attendre à une augmentation des tarifs et une réduction probable des services publics. Le Conseil du Patronat a également décidé de joindre la danse rapidement en publiant ses propres recommandations qui visent – oh suprise – à appliquer les mêmes concepts que ceux proposés par nos économistes.

Vous vous attentiez à un dialogue entre le gouvernement et les citoyens? Vous aviez espoir que toutes les voix du Québec pourraient se faire entendre? Détrompez-vous, le parti libéral a horreur des consultations publiques. Les dés sont pipés. Encore une fois, seules les chambres de commerce et les lobbies économiques pourront influencer l’agenda du Parti Libéral. On peut d’ores et déjà prédire qui seront les grands perdants de cette réflexion budgétaire: les employés de l’état et les citoyens. Les grands gagnants seront, encore une fois, les entreprises et les plus fortunés. Comme le mentionnait Jean Charest, ça prend au moins 250,000$ par année pour “soutenir le train de vie” d’un aristocrate.

« Que ces quatre économistes « prestigieux » soient arrivés aux résultats attendus par le gouvernement ne devrait pas nous surprendre. Claude Montmarquette et Pierre Fortin viennent de recevoir un financement de 6 millions du gouvernement Charest pour leurs travaux dans le domaine des politiques publiques. Robert Gagné, de l’Institut d’économie appliquée (IEA) des HEC Montréal sur la productivité a reçu du gouvernement 6 millions sur quatre ans. Enfin, Luc Godbout de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, vient de recevoir une contribution financière de 5 millions de dollars pour les cinq prochaines années. » – Pierre Dubuc, l’Aut’Journal

Pourrait-on imaginer plus belle ironie que de voir des professeurs syndiqués et subventionnés à coup de millions nous vendre l’idée de réduire la taille de l’état, de réduire l’impôt des riches et de prier tous ensemble pour faciliter la création de richesse?

5 comments 16 décembre 2009

Le courage de se donner un pays

Ça prendra du courage pour faire l’indépendance du Québec. Beaucoup de courage. Si on en manque, on peut s’inspirer des réalisateurs du documentaire « Questions Nationales ». Malgré des embûches de toutes sortes et contre toute attente, un des réalisateurs du film est parti en Europe pour y présenter son film, permettant ainsi aux européens de mieux comprendre les aspirations indépendantistes des peuples québécois, écossais et catalans. Le film a été présenté à Barcelone, Paris, Glasgow, Édimbourg, Lausanne, Bruxelles et Valence. Un travail de bras. Bravo Jean-Pierre. Bravo Roger.

Et le film s’est vu décerné le prix de « l’oeuvre étrangère ayant le mieux fait rayonner la Catalogne » par l’Omnuim Cultural lors d’une soirée soulignant la création artistique de la Catalogne. Le film reprendra sa tournée québécoise en janvier. À suivre. À voir.

Il n’y a pas de conjoncture favorable ou défavorable.  Il n’y a que la force et la clarté du désir, qu’il s’agisse d’un individu ou d’un peuple.  Une conjoncture, ça n’existe pas, ça se crée.  Quand on désire profondément, résolument quelque chose, on s’organise toujours pour “arranger” la conjoncture qui nous semble paresseuse ou hostile, afin qu’elle travaille pour nous et qu’elle devienne un outil et non un frein, une porte ouverte et non une porte blindée cadenassée à double tour, une permission d’être et de faire et non un rejet…  Chez les créateurs et créatrices, la puissance du désir de créer balaie tous les autres impératifs.  Rien ne résiste au raz-de-marée du désir.  Il en est de même pour le désir de pays.  À partir de maintenant, il faut que ce désir soit plus fort que tout.  Plus fort que les peurs, plus fort que les magouilles attendues des adversaires, plus fort que chaque élément de nos vies, pris séparément.” – Hélène Pedneault, La force du désir

Ajout (10h47): J’allais oublier cette magnifique coincidence…  “Un référendum symbolique sur “l’indépendance de la Catalogne” est organisé aujourd’hui par des associations favorables à l’autodétermination dans 170 communes catalanes, en plein débat sur le degré d’autonomie à accorder à cette riche région espagnole.” – Source: Le Point.

3 comments 13 décembre 2009

De omnibus dubitandum

Les industriels, les pétrolières et les géants de l’automobile – bref, les grands pollueurs de la planète – n’auraient pas pu concocter une meilleure stratégie pour court-ciruiter les efforts que déploie la communauté scientifique depuis 40 ans pour convaincre la population de réduire ses activités polluantes et développer des sources d’énergie alternatives.  Voilà qu’un pirate informatique met la main sur quelques courriels étranges et hop… ils sont publiés sur la toile subito presto.  Il n’en fallait pas plus pour les disciples de la droite politique, les grands défenseurs du libre-marché, les conspirationnistes et les apôtres des libertés individuelles pour remettre en question toute la théorie du réchauffement planétaire.

Je veux bien faire confiance aux experts. Mais je me garde un petit doute.” nous dit la très lucide Lysiane Gagnon.  Chère madame, il est sage de votre part de nous rappeler que l’esprit critique et le scepticisme sont d’extraordinaires qualités.  Mais il ne faut pas charrier.  Suivre votre raisonnement et celui qui se répend sur les milliers de sites conspirationnistes et sur les blogues des apôtres de la droite et je devrais remettre en question l’existence même du système solaire, je questionnerais le fait que le corps humain est composé majoritairement d’eau et je ne serais plus certain si je mourrai vers l’âge de 75 ans…  peut-être après tout suis-je immortel?

Je serai toujours surpris de réaliser que des gens de la classe moyenne, des travailleurs, des gens bien ordinaires, seront toujours prêts à monter aux barricades pour défendre les intérêts des industriels et des commerçants alors qu’ils ne joindront jamais – pour la très grande majorité d’entre eux – le monde des affaires et de l’aristocratie.  Une petite goutte de scepticisme et voilà… le consensus de la communauté scientifique est remis en question.  Le réchauffement climatique, c’est de la foutaise.  Continuons à prôner la sacro-sainte croissance économique et la divine création de richesse.  La plupart de ces démagogues populistes ne prendront même pas le temps de lire, ne serait-ce que les résumés des études et rapports scientifiques.  Votre horoscope vous laisse croire que c’est de la foutaise?  Il n’en fallait pas moins pour rejeter tout le travail qui a été fait depuis le Club de Rome.  C’est Noël, allez-y, achetez-vous une troisième voiture…

Les droitistes, c’est bien connu, détestent tout individu qui reçoit son chèque de paie d’un organisme public.  À les écouter, les scientifiques et experts en environnement ont inventé la théorie du réchauffement climatique simplement pour se créer un job.  Et que seuls ceux qui travaillent pour les pétrolières et les sociétés chimiques détiennent la vérité.  Ces gens là ne sont évidemment pas en conflit d’intérêt…

Les sceptiques du climat sont des réactionnaires, c’est-à-dire, des contestataires qui aiment être à contre-courant, qui remettent en question toute preuve indiquant que des activités anthropiques puissent, en accroissant la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, provoquer des changements climatiques terrestres qui pourraient s’avérer dévastateurs et irréversibles…

…Il serait évidemment absurde de prétendre que le reste de la communauté scientifique soit en accord parfait avec tout ce que rapporte le GIEC. D’ailleurs les scientifiques qui ont travaillé sur ces rapports ne sont pas systématiquement d’accord, entre eux, sur chaque point. Mais à toute fin pratique, le consensus scientifique sur le changement climatique importe peu, puisque ce sont surtout les politiques des gouvernements puissants qui comptent.  Ces gouvernements choisissent souvent d’ignorer la science, et quand ils ne peuvent le faire, ils trouvent parfois des contestataires qui sauront rappeler que le consensus scientifique actuel n’est pas total, et tenteront ainsi de conclure que nous pouvons continuer à vivre en bonne conscience selon notre train actuel. Les gouvernements puissants ont l’habitude d’écouter les scientifiques seulement quand le consensus scientifique est en accord avec leurs politiques ou quand ils n’en ont pas le choix vu les catastrophes qui se sont produites ou qui sont imminentes.” – Les sceptiques du Québec

54 comments 11 décembre 2009

Chercher le rouble

Tiens, voilà que le vérificateur général du Québec y va encore une fois d’un constat qui ne surprendra plus personne: chez Transports Québec, « au terme des six premiers mois de 2009, on en était déjà à 559 contrats sans appel d’offres, dont 358 (64%) étaient de plus de 100 000 $ ». Il nous est permis de croire que le gouvernement du Québec, sous le contrôle libéral, est devenu le champion dans l’octroi de contrats en mode accéléré. Mais quelles sont les véritables raisons qui motivent les fonctionnaires à signer des ententes avec des entrepreneurs sans prendre le temps d’analyser ce qui est disponible sur le marché? Monsieur Lachance explique que les employés « plaidaient souvent l’urgence alors que les travaux ne débutaient que plusieurs mois après l’adjudication du contrat. Le Ministère soutenait aussi que l’entreprise choisie n’avait pas de concurrente, ce qui était souvent erroné. » – Source: La Presse.

Y’aurait-il un lien complètement tordu entre ces histoires louches qui n’en finissent plus et la visite de notre premier ministre en Russie? Y cherche-t-il de nouvelles techniques afin de mieux encadrer les activités entre les fournisseurs et les fonctionnaires de l’état? Rappelons que Jean Charest y est « accompagné par une dizaine d’entreprises québécoises qui aimeraient y développer des partenariats d’affaires. Ces entreprises évoluent dans différents secteurs économiques, dont ceux des infrastuctures, du transport et des télécommunications ». Infrastructures? Transport? Vous rigolez?

Le ministre des Relations Internationales, Pierre Arcand, qui accompagne le premier ministre en Russie, déclare que «nous ferons tout ce qui est nécessaire pour aider nos entreprises à percer le marché russe, qui représente un potentiel énorme». – Est-ce que ça inclut des petites enveloppes brunes pour les fonctionnaires russes? La fondation INDEM soulignait récemment que « 80% des entreprises implantées en Russie sont contraintes de verser des pots-de-vin, dont les montants moyens ont bondi en l’espace de quelques années. Ainsi, là où il fallait à une entreprise verser en moyenne 10 000 dollars américains pour ne pas avoir d’ennuis en 2000, il faut maintenant céder 130 000 dollars américains. » – Source: Les Affaires.

«Tous les ministères russes sont contaminés. Le problème, c’est le personnel. On recrute non pas les gens pour leurs qualités professionnelles, mais parce qu’il s’agit de «connaissances» du recruteur, et donc des personnes dociles et soumises, facilement corruptibles» – Alexei Volkov, le président de la Commission de la Duma (chambre basse du parlement russe) pour la lutte contre la corruption.

On dit que les voyages forment la jeunesse. Il est cependant reconnu que c’est difficile de changer en vieilissant…  Une p’tite vodka avec ça?

14 comments 9 décembre 2009

Afghanistan: l’erreur d’Obama

C’est bien connu, suite au règne désastreux de George W. Bush à la Maison Blanche, les américains progressistes ont appuyé massivement Barack Obama lors des dernières élections présidentielles.  Pour une rare fois, il semblait y avoir consensus au sein de la “gauche” américaine, qui donnait l’impression de vouloir en finir avec l’impérialisme militaire, les injustices du système de santé, le niveau alarmant de pauvreté et le racisme omniprésent que l’Amérique semble incapable de faire disparaître.

Mardi soir dernier, le président américain a finalement décidé d’envoyer 30,000 soldats supplémentaires en Afghanistan afin “d’en finir une fois pour toutes avec les talibans et Al Qaida”.  Plusieurs politiciens démocrates, journalistes et commentateurs politiques, qui avaient donné leur appui à Barack Obama l’an dernier, ont fortement manifesté leur désaccord envers cette stratégie militaire :

Si vous devenez un « président de guerre, » avec cette crise économique qui se poursuit, avec le sacrifice de notre jeunesse sur l’autel de l’arrogance et la cupidité, cette grande civilisation que nous appelons l’Amérique va se précipiter à pleins gaz vers sa chute et l’abîme… Réfléchissez avec soin, Président Obama. Vous êtes le premier à savoir que cela ne doit pas se dérouler ainsi… Vous savez que rien de bon ne sortira de l’envoi de nouveaux soldats à l’autre bout du monde, dans une région que ni vous, ni eux, ne comprennent, pour atteindre un objectif dont ni vous, ni eux, ne savent ce qu’il est, et ce dans un pays qui ne veut pas de nous. Vous pouvez le ressentir au plus profond de vous…” – Michael Moore, dans une lettre publiée quelques jours avant le discours présidentiel.

You know this, Mr. President: we cannot afford this war. Nothing makes less sense to our status in the world than for us to re-up as occupiers of Afghanistan…  And most of all, and those of us who have watched these first nine months trust both your judgment and the fact you know this, Mr. President: unless you are exactly right, we cannot afford this war. For if all else is even, and everything from the opinion of the generals to the opinion of the public is even, we cannot afford to send these troops back into that quagmire for second tours, or thirds, or fourths, or fifths.  We cannot afford this ethically, Sir. The country has, for eight shameful years, forgotten its moral compass and its world purpose…  You, Sir, called for change, for the better way, for the safety of our citizens including the citizens being wasted in war-for-the-sake-of-war, for a reasserting of our moral force.And we listened. And now you must listen. You must listen to yourself.” – Keith Olbermann, commentateur politique MSNBC

I would like to respond to the voices of the Afghan people. It’s very clear they do not want to be saved by us. They want to be saved from us. And President Obama’s escalation of the war, sending an additional 30,000 troops, will bring the total strength to about 100,000.  That’s $100 billion a year and that doesn’t even include the private contractors we’ll be paying for, which adds up to about $160 billion dollars a year. It really begs the question about whether the nation-building that we seek to do in Afghanistan would be better directed to rebuilding America, to creating jobs here, to rebuilding bridges here instead of blowing them up in Afghanistan.  I think our priorities are misplaced. And I think that all those who really support this President, who really like him – and I like him – need to challenge him on this. Because we can’t just let this go by the boards because we may have some sympathetic feelings for the difficult task that he has undertaken as President of the United States.” – Dennis Kucinich, représentant démocrate de l’Ohio au Congrés américain.

No matter what arguments this president attempts to muster, no matter what fantasy he attempts to spin about how things will be made better by a deeper and longer occupation, no matter what vague promises are made about an eventual exit strategy, this occupation is wrong.  It needs to end.  And it can end responsibly.” – John Nichols, The Nation.

Quel sera l’impact de cette décision militaire sur les élections de mi-mandat prévues pour novembre 2010?  Est-ce que le support du président Obama envers le Pentagone et ses généraux aura comme conséquence le renversement de la majorité déjà fragile des démocrates au Sénat?  Est-ce que le président vient de se tirer une balle dans le pied?

4 comments 5 décembre 2009

Bhopal et les ratés du système

Cette semaine, les médias d’information ont souligné le triste 25ème anniversaire de la tragédie de Bhopal où des millers de citoyens indiens ont perdu la vie suite à une négligence de la multinationale Union Carbide.  Bien qu’une enquête minutieuse ait prouvé que l’entreprise a fait preuve de négligence, le nouveau propriétaire de l’entreprise, Dow Chemicals, refuse toujours de reconnaître sa responsabilité et les cours de justice indienne et américaine sont incapables de tenir un procès afin d’élucider une fois pour toutes les causes de cet accident et d’établir une juste compensation financière pour les habitants qui sont encore victimes aujourd’hui de cette catastrophe.

Comment les défenseurs de la droite peuvent-ils exiger la dérèglementation de l’économie et prétendre que les entreprises sont les mieux placées pour encadrer leurs activités industrielles et financières?  Quels sont ces mécanismes qui seraient mis en place par la grande fraternité des multinationales afin d’assurer une saine autorégulation des activités de commerce?  Si la création de richesse, qui se traduit par la recherche de profits et l’enrichissement des actionnaires constitue d’emblée la mission de toute entreprise, quels processus seraient activés afin d’assurer un équilibre entre la sécurité des individus et cet enrichissement continuel?  Si les agences de règlementation indépendantes disparaissent du paysage, comment peut-on garantir que les entreprises respecteront les règles d’éthique, de sécurité, voire le respect même des citoyens?

A la vérité, l’intention de l’individu, en général, n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler…” – Adam Smith, recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations.

À mon avis, seul un état réellement démocratique, quelle que soit sa taille et la nature de son intervention directe ou indirecte dans l’économie, où les citoyens ont l’opportunité de participer aux décisions; doit être le maître d’oeuvre dans la règlementation et l’encadrement des activités financières et industrielles.  Les tragédies de Bhopal, de l’Exxon Valdez, du médicament Vioxx, de Maple Leaf et de la listériose ou encore celle de la mine Métanor nous amènent à douter que les entreprises feront tout en leur pouvoir pour assurer la sécurité des citoyens et des écosystèmes.  La dérèglementation des activités économiques ne devrait pas être à l’ordre du jour des partis de droite.  Ils devraient prendre exemple sur les minarchistes qui semblent en reconnaître l’absurdité.

1 comment 4 décembre 2009

Les maladroits et les gauches

Certains prétendent que le clivage gauche-droite n’est plus pertinent de nos jours, que le temps est venu de changer notre vocabulaire afin de différencier les nombreux courants politiques qu’on retrouve dans le paysage québécois et ailleurs.  Certes, la gauche et la droite peuvent être extrêmes, peuvent être modérées mais rarement interchangeables.  Deux sujets permettent de bien saisir, à mon avis, les différences de base entre la gauche et la droite: le rôle de l’état et la redéfinition de l’espace économique.

La droite souhaite la disparition des gouvernements.  Selon elle, tous les services devraient être fournis par l’entreprise privée et remboursés par les compagnies d’assurances.  Elle a une horreur sacrée de l’impôt.  C’est la loi du plus fort, l’approche de l’utilisateur-payeur.  La droite considère que les fonctionnaires sont paresseux, que les groupes d’intervention communautaire sont des parasites et que les syndicats n’existent que pour récolter les cotisations de ses membres.  Ses partisans veulent s’enrichir et aspirent à la vie des nobles.  Pour eux, l’existence même des gouvernements explique la corruption.

La gauche ne se reconnaît pas dans les gouvernements actuels.  Elle les accuse d’être au service de l’entreprise privée qui s’est approprié le monde politique et qui en contrôle directement ou indirectement la plupart de ses actions.  Tout comme la droite, elle questionne l’intervention des partis traditionnels dans l’économie. Elle exige une vraie démocratie dans laquelle les citoyens auraient leur mot à dire sur les décisions qui sont prises par les gouvernements.  Même si elle reconnaît que la prestation des services doit être améliorée, elle n’est pas prête à jeter le bébé avec l’eau du bain.  Ceux qui adhèrent à cette vision sont prêts à cotiser à l’impôt afin de financer les services publics et exigent une juste répartition de la richesse collective.

Suite aux nombreuses crises qu’a traversé l’économie capitaliste, la droite et la gauche s’entendent pour dire qu’il est temps de réformer le système.  De son côté, la droite accuse les gouvernements d’être responsables de ces crises.  Elle croit que l’interventionnisme de l’état ainsi que les nombreuses règlementations nuisent à la bonne conduite des affaires.  Pour eux, il s’agit tout simplement de donner libre cours à la loi naturelle du marché et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.  Ils sont convaincus que l’économie doit avoir le champ libre, certains iront jusqu’à fermer les yeux devant les dommages causés à l’environnement et accuseront les scientifiques de nuire à la croissance économique en inventant des théories farfelues comme celle du réchauffement climatique.  Pour la droite, un monde sans gouvernement – qui permet aux plus forts de s’enrichir – c’est le paradis terrestre et les dollars qui tombent du ciel.  Ne les traitez surtout pas d’égoistes: leur charité et leur générosité sera gérée par des organismes philanthropiques qui prendront soin des démunis.  Centraide Inc.

La gauche en assez de ces dérapages.  Elle ne tolère plus l’écart grandissant entre les riches et les pauvres.  Elle en a assez des salaires faramineux et des bonus à la performance qui draînent l’avoir des petits actionnaires tout en privant l’état des revenus dont elle a besoin pour offrir les services essentiels.  Elle ne fait plus confiance à ces bandits à cravate qui ont transformé l’économie en un immense casino où tout est spéculation.  Elle demande une règlementation plus sévère afin d’éviter les dérapages et la corruption.  Elle exige que les citoyens privilégiés paient leur juste part des impôts et souhaite la disparition des paradis fiscaux.

Un survol rapide et incomplet, ça va de soi.  Quelques réflexions qui peinent encore à sortir d’un cerveau endommagé par la grippe des cochons.  Mais je n’oublie pas ceux qui se positionnent au centre-mou et leur refus de s’associer au peuple ou à l’aristocratie.  Je les invite à choisir un camp même s’il existe des différences entre les nombreux courants politiques.  Vous désirez la disparition des syndicats, une réduction importante de vos obligations fiscales, la privatisation des services essentiels?  Vous faites partie de la droite politique.  Vous croyez en la solidarité des citoyens, vous avez espoir dans la démocratie, vous exigez un rapport de forces équilibré entre les travailleurs et les hauts dirigeants du monde du commerce?  Vous êtes de gauche.

Le centre-mou, ça n’existe pas.  Ce n’est qu’une stratégie électoraliste pour attirer la sympathie du plus grand nombre.  Il faut choisir son camp et ce, même si la droite est parfois maladroite et que la gauche est gauche plus souvent qu’à son tour…

45 comments 2 décembre 2009

La journaliste Amy Goodman détenue aux douanes canadiennes

Alors qu’elle se rendait à la bibliothèque publique de Vancouver pour y prononcer un discours, la journaliste américaine Amy Goodman et deux de ses collègues de l’émission “Democracy Now!” ont été détenus et interrogés par l’Agence des services frontaliers du Canada.   En plus d’avoir fait l’objet d’une fouille en règle, Mme Goodman a été intensivement questionnée sur les motifs qui l’amenaient à Vancouver et les agents armés étaient spécialement intéressés à savoir si elle prévoyait parler des olympiques de 2010″ – Source: CBC

L’administration du gouvernement conservateur se comporte comme le Parti communiste chinois: pas question de parler en mal de l’organisation des jeux olympiques de 2010.  Alors qu’ils se présentent comme les grands défenseurs des libertés individuelles, voilà que les conservateurs ne cessent d’appliquer le baîllon et la censure depuis leur arrivée au pouvoir.  Certains d’entre vous se souviendront des deux militants libertariens  qui se sont vus refuser l’entrée au Canada l’été dernier lors de la tournée “The Motorhome Diaries“.  Et cette censure qui vise à cacher la vérité sur la possibilité que les forces armées canadiennes furent complice de la torture de prisonniers afghans…

La liberté pour le peuple canadien va de pair avec la liberté dans les médias. Cette liberté est renforcée quand des journalistes sont libres de rechercher la vérité, ce qui aide à rendre les gouvernements responsables.” – Stephen Harper, 21 novembre 2009.

7 comments 1 décembre 2009

Les maladroits – à chacun sa santé

Rien de mieux qu’une première page d’un quotidien pour rappeler aux québécois qu’il n’y a pas de temps à perdre.  Bien qu’on parle rarement des files d’attente ou des délais de traitement dans l’entreprise privée, les chroniqueurs des empires de Desmarais et Péladeau ne ratent jamais l’occasion pour souligner la hausse de fréquentation des urgences ou tout écart aux délais prescrits pour certaines chirurgies.  Les think tanks économiques – Institut Fraser et IEDM en tête – s’énervent alors et publient en synchronisme des analyses qui vantent les bienfaits du privé en santé.  Les lobbies des compagnies d’assurances se mobilisent et tentent d’influencer les politiques gouvernementales afin d’ouvrir ce marché lucratif qui leur permettrait de hausser leurs revenus.  Tout à coup, les militants de la droite québécoise deviennent les mégaphones de l’industrie de la santé et exigent une plus grande privatisation des services de santé afin de régler, selon eux, tous les problèmes.

Alors que, année après année, les sondages indiquent qu’une très grande majorité des québécois sont satisfaits des services reçus, les droitistes tenteront de nous faire croire qu’une adhésion à une assurance et l’arrivée des hôpitaux privés permettront de faire disparaître le temps d’attente dans les urgences et que tous les citoyens auront miraculeusement accès à un médecin de famille.  Évidemment, quelques enquêtes réalisées par des firmes privées viendront contredire les statistiques.  Encore cette semaine, la firme Deloitte publiait les résultats d’un sondage qui nous apprend que la majorité des canadiens “souhaitent de plus en plus être traités comme des consommateurs plutôt que des patients et qu’ils sont pour un accroissement des services des soins privés si cela peut entraîner une réduction globale des temps d’attente dans le système public.”  Permettez-moi d’être sceptique face à une firme de consultants qui offre ses services pour accroître la collaboration entre les systèmes publics et l’entreprise privée…

On peut rêver.  On peut s’imaginer dans un épisode de Dr. House et pénétrer dans les coulisses de cette vie trépidante que celle qu’on retrouve dans les hôpitaux de luxe (qui n’existent qu’à la télévision) ou encore se prendre pour un Claude Dubois et court-circuiter les pauvres gens qui attendent dans les urgences des hôpitaux et qui peinent à se trouver un médecin de famille.  La droite essaiera de nous faire croire que le privé amènera des sommes additionnelles pour financer les services de santé.  Mais cet argent proviendra de vos poches, par l’entremise de vos cotisations aux assurances collectives!  En se basant sur le modèle américain, où le financement et la prestation de services sont majoritairement fournis par le secteur privé, les québécois doivent s’attendre à une hausse significative de leur facture.  En se basant sur cette réalité américaine, la classe moyenne verra sa contribution à une assurance privée (en plus du paiement des franchises, des plafonds et des services non-couverts) atteindre plus de 10,000$ par année, ce que la droite n’explique pas.  Elle semble croire que les employeurs défraieront la totalité des nouvelles cotisations, comme par magie.

Alors, il est où le gain pour la classe moyenne?  Est-ce que l’adhésion à une assurance privée – dans le seul but de se débarrasser des syndicats et de permettre à certains individus d’éviter les files d’attente – en vaut vraiment la peine?  Doit-on quitter le modèle de solidarité pour emprunter celui du chacun pour soi?

7 comments 29 novembre 2009

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