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Le Québec et l’union monétaire avec le Canada

25 mai 2011

Par Darwin – La Presse a fait récemment paraître une lettre ouverte de Martin Coiteux, professeur à l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC), lettre faisant partie de textes qu’il a écrits pour l’Idée fédérale, un réseau québécois de réflexion sur le fédéralisme.

Dans cette lettre intitulée Avantageuse, la fédération, M. Coiteux explique qu’un des gros problèmes avec l’union monétaire européenne est que cette union n’est que ça, monétaire. Il n’y a aucun partage de revenus entre les pays qui bénéficient d’un euro élevé, comme l’Allemagne, et les pays qui en subissent les effets négatifs, comme le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (groupe de pays communément appelé les PIGS, le «S» étant pour «Spain», nom anglais de l’Espagne).

Il poursuit en avançant que le Québec est chanceux de partager une monnaie dans une fédération, car il peut recevoir des transferts fédéraux (dont la péréquation) pour compenser les désavantages de faire partie d’une zone monétaire où la valeur de la monnaie a augmenté sans cesse depuis 2003, principalement en raison de la présence de pétrole en Alberta. Il poursuit en affirmant que le Québec bénéficie aussi du partage d’une partie de sa dette (la fédérale) avec les autres provinces et conclut qu’avant de devenir un pays, le Québec devrait donc avoir «la sagesse préalable de réduire son fort niveau d’endettement tout en haussant la compétitivité de ses exportations. Autrement, il risquerait de goûter à une médecine grecque.»

Personnellement, je trouve que M. Coiteux en a partie raison, mais ne pousse pas suffisamment son raisonnement dans sa conclusion et a donc en partie tort.

Il a raison…

M. Coiteux a tout à fait raison au sujet de l’union monétaire européenne. Il n’est pas le seul à le dire. Paul Krugman a écrit de très nombreux billets sur cette question, entre autre ici et . Il explique que, ayant la même monnaie que les autres pays de l’union, les pays en difficulté ne peuvent penser dévaluer leur monnaie pour rendre leurs importations plus chères et leurs exportations moins chères, bref, pour rehausser leur compétitivité. Le seul moyen qui leur reste est la déflation, ce qui permet d’atteindre le même résultat, mais au prix d’un chômage élevé, d’une hausse de la pauvreté et de désordres sociaux. Rien de très emballant… Le retour à une monnaie différenciée ne serait pas mieux, car il entraînerait des taux d’intérêt encore plus élevés et un risque de destruction de leur système financier. Pas très emballant non plus… M. Coiteux a donc raison, ces pays n’auraient probablement pas dû s’embarquer dans une union monétaire (avantageuse quand tout va bien en raison de conditions d’emprunt moins difficiles) sans prévoir un quelconque système de péréquation en cas de difficultés. Mais là, ce sont des pays comme l’Allemagne et la France qui auraient regimbé. On peut donc dire que le concept de l’euro n’était finalement pas l’idée du siècle.

Il est vrai que les transferts sociaux, dont la péréquation, contribuent à compenser les effets d’un dollar trop élevé pour l’économie du Québec, mais en partie seulement. Je n’élaborerai pas sur cette dernière question, y ayant déjà consacré deux billets (L’Alberta et la péréquation et Retour sur la péréquation).

Il n’en a pas parlé…

Un autre facteur que mentionne Krugman (mais pas M. Coiteux) est l’importance de la mobilité entre les régions qui font partie d’une même union monétaire. Ainsi, s’il y a pénurie d’emploi dans une partie du pays, situation qui exigerait peut-être une hausse de la valeur de la monnaie, mais un chômage élevé dans d’autres partie de l’union, situation qui exigerait peut-être une baisse de la valeur de la monnaie, les travailleurs qui cherchent de l’emploi peuvent toujours migrer de la région à taux de chômage élevé vers celle où il y a pénurie. Krugman prétend que cela se passe assez bien aux États-Unis, où, malgré une certaine appartenance régionale, on retrouve une culture et une langue communes dans tous les États. Mais, la situation est tout autre en Europe, où les langues et la culture changent énormément d’un pays de l’union monétaire à l’autre et restreignent la mobilité de la population.

L’importance de la mobilité pour atténuer les effets des changements de la valeur de la monnaie a été illustrée éloquemment au Canada au cours des dernières années. Par exemple, le solde migratoire interprovincial de l’Ontario, une des plus grosses victimes de la hausse de la valeur du dollar avec le Québec, est devenu négatif après 2003 alors qu’il a presque toujours été positif jusqu’en 2003, année du début de la hausse de la valeur du dollar canadien. Ce solde est en effet passé de +23 000 en 2000 à -5000 en 2003, culminant en 2006 avec -32 000. Qui a bénéficié de ces déplacements? Les provinces qui avaient un taux de chômage très bas et se plaignaient de pénuries de main-d’œuvre, l’Alberta en premier lieu, qui a connu un solde positif de près de 60 000 en 2006, alors que ce solde était bien inférieur auparavant.

Ce même phénomène s’est aussi observé au Québec, mais de façon bien différente et avec beaucoup moins d’ampleur. D’une part, la migration interprovinciale du Québec a toujours été négative depuis 1961 (voir la septième colonne), contrairement à celle de l’Ontario. Ce déficit a certes été un peu plus élevé après 2003 (il était presque nul cette année-là), mais était, avec un maximum d’environ 13 000 en 2007 encore inférieur à son niveau des années 1970 (38 500 en 1977, l’année qui a suivi l’élection du PQ…) et même moins élevé qu’en 1997 (17 500). L’ampleur de la hausse du déficit migratoire dû à l’augmentation du dollar en 2003 fut en outre beaucoup moindre qu’en Ontario.

On voit donc que la migration interprovinciale des Québécois, ayant une langue et une culture différentes des Canadiens des autres provinces, s’explique par des facteurs bien différents de ceux qui expliquent la migration des Ontariens. La langue et la culture y jouent des rôles encore plus importants que la situation économique. En effet, le solde migratoire interprovincial des anglophones du Québec a toujours été négatif et a atteint plus de 100 000 entre 1976 et 1981 (années où le PQ était au pouvoir), tandis qu’il a été parfois négatif et parfois positif chez les francophones et d’une ampleur bien moindre, avec un maximum de 20 000, toujours entre 1976 et 1981.

On voit donc que la mobilité des Québécois ressemble beaucoup plus à celle des habitants des pays européens qu’à celles des habitants des États-Unis ou des autres provinces canadiennes. En conséquence, la mobilité de la population et de la main-d’œuvre est un facteur qui joue beaucoup moins au Québec que dans les autres provinces pour compenser les désavantages d’une monnaie trop forte ou trop faible.

Il ne dit pas tout et a donc tort…

M. Coiteux conclut qu’il est nettement préférable pour le Québec de rester dans la fédération (c’est même le sens du titre de son texte) que de la quitter, car il peut bénéficier des transferts fédéraux (surtout de la péréquation) quand la monnaie de sa zone d’union monétaire (le Canada) est trop forte. Si on regarde la position du Parti québécois qui compte garder la monnaie canadienne, il n’a pas tort si on ne regarde l’indépendance que du point de vue économique (alors qu’il y a bien d’autres raisons de vouloir que le Québec devienne un pays…).

Par contre, il n’envisage jamais que le Québec puisse adopter une monnaie québécoise après l’indépendance. La valeur de cette monnaie varierait en fonction de la réalité économique du Québec. Ainsi, le Québec n’aurait plus besoin de transferts pour compenser un niveau trop élevé du dollar canadien et ne serait plus pénalisé par le peu de mobilité de sa population et de sa main-d’œuvre. Rappelons que, en grande partie en raison de la hausse du dollar canadien, le solde du commerce extérieur du Québec est passé d’un surplus de 4 milliards $ en 2002 à un déficit de plus de 27 milliards $ en 2010! Si les quelque 8,55 milliards $ que le Québec a reçu de la péréquation en 2010-2011 ont permis d’atténuer les effets de ce déficit, elles ne les ont bien sûr pas compensés complètement (surtout que le Québec en recevait déjà avant la hausse de la valeur du dollar canadien, par exemple, 3,8 milliards en 2003-2004!). En plus, le montant reçu par le Québec de la péréquation passera à 7,8 milliards en 2011-2012 (soit 750 millions $ de moins que l’année précédente !), même si son déficit du commerce extérieur risque de se creuser avec les nouvelles hausses du prix du pétrole et de la valeur du dollar canadien observées cette année.

Et alors…

Je ne prétends pas que le passage du dollar canadien au dollar québécois se ferait sans inconvénients. Par exemple, une monnaie d’un petit pays est toujours plus vulnérable à la spéculation qu’une monnaie d’une grande grande zone d’union monétaire ou d’un grand pays. Cela dit, cela n’a pas empêché des spéculateurs de s’attaquer à la livre anglaise en 1992… En plus, le coût de nos importations, dont celles de pétrole, augmenterait considérablement. Mais, ne serait-ce pas un incitatif supplémentaire pour rationner rationnellement et se libérer de notre dépendance au pétrole?

Je crois que, au bout du compte, advenant l’indépendance du Québec, il serait avantageux qu’il se dote de sa propre monnaie, hypothèse que n’a même pas envisagée M. Coiteux dans son texte. D’une part, le Québec subit déjà les effets du haut niveau du dollar canadien, comme je l’ai montré précédemment. D’autre part, le prix du pétrole ne pourra que continuer à grimper, ce qui fera aussi augmenter la valeur du dollar canadien et hypothèquera encore plus le solde du commerce extérieur du Québec et son économie. Jeff Rubin, ex-économiste en chef de la Banque CIBC, en parlait justement dans un article récent du Devoir : «Je pense que le dollar canadien va un jour dépasser de 20 % la devise américaine. C’est peut-être bien pour l’Alberta, mais pour l’Ontario et le Québec, ça nous amène où?».

Vers un Québec indépendant et une monnaie québécoise, peut-être?

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72 commentaires leave one →
  1. 25 mai 2011 8 h 37 min

    Votre billet fort intéressant et rigoureux met le doigt sur deux omissions de mon texte paru samedi dans La Presse: la question de la mobilité de la main d’oeuvre et la question de la monnaie nationale plutôt que communautaire. Je traite autant de la première comme dans la seconde dans l’étude complète (dans La Presse, je suis limité à environ 600 mots) dont voici le lien:

    http://ideefederale.ca/wp/?p=1158

    Je me permets d’en citer les deux extraits suivants:

    1) Sur la mobilité de la main d’oeuvre

    La mobilité des travailleurs ne pourra pourtant jamais constituer un substitut parfait à la flexibilité du taux de change que confère une monnaie distincte. D’abord, la mobilité effective des travailleurs d’une région à une autre est toujours entravée par une foule de barrières personnelles, culturelles et institutionnelles. Plus fondamentalement cependant, les personnes sont généralement plus mobiles géographiquement que ne le sont leurs droits à une compensation. Un fonctionnaire grec frappé de licenciement pourra toujours déménager en Allemagne mais il ne deviendra pas pour autant un fonctionnaire allemand. Un retraité irlandais qui voit sa rente amputée ne sera pas non plus compensé par la sécurité sociale française s’il déménage en France.

    C’est pourquoi le véritable substitut à la flexibilité du taux de change que confère une monnaie distincte est l’existence de transferts fiscaux capables de mitiger l’impact des fluctuations asymétriques dans l’activité économique et les recettes fiscales des régions réunies au sein d’une union monétaire. Le véritable substitut prend donc la forme de ce que l’on appelle le fédéralisme fiscal. Pour les régions en difficulté aigue, l’absence de ce fédéralisme fiscal ou plus généralement son insuffisance, risque de faire pencher la balance des coûts et bénéfices en faveur de l’adoption d’une monnaie distincte et d’un retrait de l’espace monétaire commun.

    2) Sur la monnaie nationale

    Certains diront alors qu’un Québec indépendant devrait se doter de sa propre monnaie afin de pouvoir utiliser la flexibilité d’un taux de change distinct en lieu et place de la flexibilité des transferts explicites et implicites permise par son appartenance à la fédération canadienne. Cela équivaudrait à dire aujourd’hui aux Grecs, aux Irlandais, aux Portugais et qui sait, un jour aux Espagnols, de renoncer à l’euro afin de réintroduire leur monnaie nationale.
    Or, la dette de ces pays est libellée en euros, pas en pesetas, drachmes, livres ou escudos. La dépréciation inévitable de la monnaie nationale ainsi réintroduite ne ferait qu’augmenter le ratio dette/PIB de ces pays, rendant le rééchelonnement de leur dette et leur éviction temporaire des marchés financiers internationaux inéluctables. Il n’en irait pas différemment d’un Québec qui renoncerait au dollar canadien alors que sa dette, essentiellement libellée en dollars canadiens, est équivalente à celle de l’Espagne et ce, avant même de considérer sa part de la dette fédérale.

    Merci pour votre contribution à ce débat important.

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  2. 25 mai 2011 11 h 18 min

    @Darwin
    « D’autre part, le prix du pétrole ne pourra que continuer à grimper, ce qui fera aussi augmenter la valeur du dollar canadien et hypothèquera encore plus le solde du commerce extérieur du Québec et son économie.  »

    Bon, bin, alors, je vais jouer à l’avocat du yâb.

    Si la nouvelle monnaie québécoise valait 50¢ Canadiens, le pétrole qu’il faudra importer de toutes façons coûtera donc deux fois plus de « Douleurs Québécoises » qu’il ne coûterait de dollars canadiens…

    Est-ce que cela n’affecterait pas négativement « le solde du commerce extérieur du Québec et son économie » (pour paraphraser un extrait du billet) ?

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  3. 25 mai 2011 19 h 52 min

    @ Martin Coiteux

    «Votre billet fort intéressant et rigoureux»

    Merci de ces bons mots! Je ne m’attendais pas à recevoir votre visite dans cet humble blogue…

    «Je traite autant de la première comme dans la seconde dans l’étude complète»

    Je n’avais pas trouvé sur le site de l’Idée fédérale ce document. Ce constate pourtant qu’il n’est pas dur à trouver. J’avais par contre lu les deux textes précédents que vous aviez écrits sur le sujet. Et j’ai maintenant lu le texte complet.

    «la question de la mobilité de la main d’oeuvre»

    Vous en avez en effet parlé au début de votre étude, dans la partie de revue de la théorie. Vous mentionnez que le droit à cette mobilité est garanti au Canada (comme en Europe), donnez un exemple de la limitation réelle de cette mobilité (mobilité effective) en Europe, «entravée par une foule de barrières personnelles, culturelles et institutionnelles» (je dis sensiblement la même chose : « où les langues et la culture changent énormément d’un pays de l’union monétaire à l’autre et restreignent la mobilité de la population.»), mais sans analyser cette question dans le contexte canadien comme je l’ai fait, où la limitation effective de cette mobilité entre le Québec et les autres provinces ressemble davantage à celle des Européens qu’à celle des habitants des États-Unis et du reste du Canada.

    J’aurais aussi pu rajouter que cette mobilité joue pourtant assez bien son rôle entre les régions du Québec (même si le sentiment d’appartenance régionale la restreint tout de même), tellement que le gouvernement doit intervenir pour éviter des migrations plus fortes (pas assez selon mes amis des régions dont la population diminue… et trop pour d’autres!).

    «la question de la monnaie nationale plutôt que communautaire»

    Vous en parlez en effet vers la fin, mais très rapidement. Je le comprends, la position du parti qui a porté pratiquement seul pendant 35 ans le projet de l’indépendance prévoyant le maintien de la zone monétaire canadienne.

    Ce qui nous emmène à la question de la dette… Cette question mériterait un texte d’analyse complet, ce que je ne ferai pas ici. Disons que la comparaison que vous faites entre la dette du Québec et celle de l’Espagne ou de la Grèce est pour le moins contestée. Je ne mentionnerai à cet égard que les interventions nombreuses de Louis Gill, entre autres à http://www.economieautrement.org/spip.php?article82 (Exorbitante, la dette du Québec ?) et à http://www.economieautrement.org/IMG/pdf/Louis_Gill-Fin_Q_biais_omiss.pdf (« Mauvaise dette » et méthode de l’OCDE – Les biais et omissions de Finances Québec), ainsi que ce billet de Jean François Lisée à http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/quand-les-brutes-parlent-de-dette-cest-pas-net/ (Quand les brutes parlent de dette, c’est pas net !).

    Ensuite, la comparaison que vous faites entre la situation qui surviendrait si les Grecs, Irlandais, Portugais et Espagnols abandonnait l’euro et celle qui toucherait les Québécois s’ils adoptaient leur propre monnaie me semble bancale. Non seulement leurs pays connaissent tous des déficits énormes, ce qui n’est pas le cas du Québec, mais tous leurs indicateurs économiques sont mauvais : taux de chômage, taux d’emploi, déflation et autres, ce qui n’est pas le cas du Québec non plus. Cela dit, j’ai bien indiqué dans mon billet que cela ne se ferait pas sans inconvénients. Je ne les répéterai pas…

    Dernier point sur les transferts fiscaux…

    Le prix du pétrole devrait augmenter encore à l’avenir et aussi la valeur du dollar canadien. Le Québec subira encore plus les effets de ces hausses, avec une nouvelle augmentation de son déficit commercial. Jusqu’à maintenant, la croissance des dépenses de consommation a su compenser en bonne partie ce déficit, grâce entre autres aux transferts fiscaux (et à l’augmentation de la dette des ménages…). Par contre, ces transferts fiscaux, eux, n’augmenteront pas en proportion de ces effets. Par exemple, les montants prévus à la péréquation (14,7 milliards $ en 2011-2012) sont établis à l’avance, indépendamment des désavantages dus au dollar élevé :

    «Le gouvernement du Canada fait en sorte que la péréquation continue de croître en fonction de l’économie.»

    http://www.fin.gc.ca/fedprov/eqp-fra.asp

    Et le Québec ne sera pas le seul à subir les effets d’une hausse du prix du pétrole et du dollar canadien. On n’a qu’à voir le fait que l’Ontario en touche maintenant, et de plus en plus. La maladie hollandaise se répandra encore plus… Le Québec risque donc de recevoir moins de péréquation et l’Ontario davantage

    Bref, plus la valeur du dollar augmentera, moins les transferts fiscaux l’aideront et plus le fait d’avoir sa propre monnaie deviendra pertinent…

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  4. 25 mai 2011 20 h 11 min

    @ Papitibi

    «Bon, bin, alors, je vais jouer à l’avocat du yâb.»

    N’est-ce pas le propre d’un juriste? Même quand il fait partie de la poursuite, il doit se mettre dans la peau de son adversaire pour prévoir et contrer les arguments de son adversaire, non?

    «Est-ce que cela n’affecterait pas négativement « le solde du commerce extérieur du Québec et son économie » (pour paraphraser un extrait du billet) »

    Si vous aviez bien lu le billet, vous auriez remarqué que j’en ai parlé!

    «En plus, le coût de nos importations, dont celles de pétrole, augmenterait considérablement. Mais, ne serait-ce pas un incitatif supplémentaire pour rationner rationnellement et se libérer de notre dépendance au pétrole?»

    Si c’est sur cet argument que vous voulez « jouer à l’avocat du yâb», il faudrait le spécifier!

    Cela dit, j’ai fait un «petit» exercice. En calculant l’augmentation du déficit commercial du Québec en pétrole de deux façons différentes (par les produits SH 2709, 2710, 2711, 2713 et 2714, et par les Codes SCIAN 211 et 324), on constate que ce déficit a augmenté entre 2002 et 2010 de 6,2 ou 6,4 milliards $ (selon l’une et l’autre de ces deux méthodes). Vous pouvez vérifier ici:

    http://www.ic.gc.ca/eic/site/tdo-dcd.nsf/fra/accueil

    Comme j’ai montré dans le billet que le solde commercial total du Québec est passé au cours de cette période d’un surplus de 4 milliards $ à un déficit de 27 milliards $, soit un écart de 31 milliards $, on ne peut que conclure que le pétrole n’explique que 20 % de la détérioration de ce solde.

    De toute façon, le déficit commercial du Québec (et le déficit commercial) augmenterait même en restant au Canada, mais le montant de la péréquation n’augmenterait pas proportionnellement, comme je l’ai dit à M. Coiteux dans le commentaire précédent. Je conclus donc comme dans le commentaire précédent : bref, plus la valeur (du pétrole et) du dollar augmentera, moins les transferts fiscaux l’aideront et plus le fait d’avoir sa propre monnaie deviendra pertinent…

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  5. koval permalink*
    25 mai 2011 21 h 13 min

    Très instructif Darwin, je n’avais jamais pensé à des piasses du Québec depuis Chrétien, je pensais que c’était une hérésie…

    Tout cela éclaire mes réflexions, j’avais tendance moi aussi à être contre l’Euro et ici on commençait, à gauche comme à droite à parler de l’Améro, ça se calme tranquillement avec les secousses en Europe…

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  6. 25 mai 2011 21 h 48 min

    @ Koval

    «depuis Chrétien, je pensais que c’était une hérésie…»

    J’imagine que tu fais référence à la «piasse à Lévesque»… Le dollar canadien était au pair avec le dollar américain (ou à peu près). De mémoire, ils avaient écrit «69 cents» sur la piasse, ce qui était comique, car si 69 cents vaut 69 cents, elle est encore au pair !

    Quand le dollar canadien ne valait plus que 65 cents américains, je me rappelais de ça en rigolant…

    Cela dit, je n’aurais pas osé écrire sur ce sujet il y a quelques années. Quand j’ai lu des billets et chroniques de Paul Krugman, qui a reçu son prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel sur ses travaux liés au commerce international, disant qu’il hésitait sur sa position sur la fondation de l’euro lors de sa création, je me suis trouvé moins niaiseux et ai compris que mon hésitation n’était pas nécessairement d^à un manque de connaissance, mais à de la saine prudence…

    La situation en Europe, que j’aurais préféré ne jamais voir, a eu au moins le mérite (si on peut dire) de clarifier les avantages et désavantages des monnaies nationales par rapport aux monnaies communautaires comme l’euro (et l’améro).

    J’avais lu des textes de Pierre Fortin, recommandant l’union monétaire avec le dollar des États-Unis (un peu comme l’améro, dont tu parles) aussi bien quand le dollar canadien valait 0,65 $ US que plus récemment quand il était presque au pair, essentiellement parce qu’il disait préférer la stabilité (je dis ça de mémoire). Je ne sais pas s’il a changé d’idée, mais, moi, j’ai moins de réticence maintenant à être franchement contre !

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  7. 25 mai 2011 22 h 00 min

    @ Koval

    «je pensais que c’était une hérésie»

    C’est drôle, Krugman a écrit plusieurs billets comparant la situation de l’Islande, petit pays de 300 000 habitants, avec celle de l’Irlande (près de 5 millions d’habitants, au moins 15 fois plus !), entre autres ces deux là :

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2010/11/24/lands-of-ice-and-ire/

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/02/26/iceland-ireland-again/

    Il y a deux ans, deux ans et demie, plein d’observateurs parlaient de la faillite de l’Islande et un peu avant du puissant Tigre celtique irlandais que tous devaient imiter (dont plusieurs chroniques de Claude Picher…). Maintenant, l’Islande commence à s’en sortir et l’Irlande s’enfonce de plus en plus. Bon, le fait que l’Islande ait sa propre monnaie n’est pas le seul facteur en jeu, mais il est déterminant. Alors, si ce petit pays peu bénéficier d’avoir sa propre monnaie, il n’est pas exclus que le Québec en bénéficierait aussi…

    Je ne prétends pas que cette analogie est imparable ou qu’elle est une preuve, mais elle est pleine d’enseignement !

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  8. the Ubbergeek permalink
    25 mai 2011 22 h 26 min

    Et il y a une grogne qui monte contre l,Euro… Les allemands, certains veulent se retirer…

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  9. 25 mai 2011 22 h 39 min

    «Les allemands, certains veulent se retirer…»

    S’il y a un pays qui ne bénéficierait pas de quitter l’euro, c’est bien l’Allemagne…

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  10. the Ubbergeek permalink
    25 mai 2011 22 h 44 min

    Les gens sont pas toujours rationel. ;)

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  11. 25 mai 2011 22 h 53 min

    «Les gens sont pas toujours rationel.»

    Ça c’est sur ! Mais une monnaie allemande monterait en flèche et tout son avantage concurrentiel disparaîtrait rapidement. C’est d’ailleurs pourquoi les Allemands acceptent d’aider, même avec réticence, les pays européens en difficulté.

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  12. koval permalink*
    25 mai 2011 23 h 00 min

    Gérald Larose proposait l’Améro, cela m’avait surprise….

    http://www.branchez-vous.com/info/opinions/gerald-larose/2009/12/le-dollar-americain-plutot-que-le-dollar-albertain.html

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  13. the Ubbergeek permalink
    25 mai 2011 23 h 23 min

    Quelle différence ca ferait? ca risque de fourrer le prolétarien et le Mexique…

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  14. 25 mai 2011 23 h 50 min

    «Gérald Larose proposait l’Améro, cela m’avait surprise…»

    Ce n’est pas son meilleur billet… Quand ça va bien, c’est avantageux. Mais, il est inéluctable que les performances économiques varient, rapidement , en raison de la variation de prix des matières premières, comme le pétrole, plus graduellement, en raison de l’évolution de la productivité.

    Cela dit, je rigolerais si l’Alberta se séparait avec une monnaie nationale… Elle succomberait rapidement à la maladie hollandaise ! Elle n’aurait plus le reste du Canada pour maintenir le dollar à un niveau avantageux pour elle. Ce serait encore pire que si l’Allemagne quittait l’euro, crois-moi !

    Au cas-où, j’ai déjà parlé de la maladie hollandaise ici :

    http://jeanneemard.wordpress.com/2010/08/20/lalberta-et-la-perequation/

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  15. the Ubbergeek permalink
    26 mai 2011 1 h 03 min

    Je suis un peu hors-champ, mais tu me sidère et domine intelectuellement avec ta maestria de la science économique et des nombres.

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  16. 26 mai 2011 5 h 46 min

    «mais tu me sidère et domine intelectuellement»

    Est-ce un compliment ? «Dominer intellectuellement» n’est vraiment pas dans mes intentions…

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  17. 26 mai 2011 8 h 05 min

    @ Darwin

    Votre réponse à mon commentaire touche à trois points en particulier sur lesquels j’aimerais revenir: la dette, les transferts et la question de la monnaie souveraine. Les trois sont intimement liés.

    Commençons par le plus simple qui est celui de la dette. Le débat dette brute dette nette auquel vous faites allusion n’est pas neuf et ne change rien au fond de l’histoire, dans le cas du Québec. Le Québec ne possède pas de fonds d’investissement souverain à la norvégienne ou à la chilienne qui réduirait à néant sa dette nette. Les actifs que l’on doit soustraire de la dette brute pour obtenir la dette nette en appliquant la méthode de l’OCDE laissent encore le Québec davantage endetté que l’Espagne.

    J’ai déjà répondu ailleurs aux calculs de Louis Gill (voir http://martincoiteux.blogspot.com/2011/01/dette-publique-la-gauche-solidaire-sera.html).

    Quant à Jean-François Lisée et le billet que vous citez, vous n’avez qu’à en lire le passage suivant pour comprendre qu’il confond les concepts:

    «J’ajoute une dernière remarque sur ce point. Si, comme je le propose depuis quelques années, on permettait à notre principal actif, Hydro-Québec, d’augmenter ses tarifs au niveau de ceux de l’Ontario (tout en redonnant ces revenus supplémentaires aux citoyens sous forme de baisses d’impôts et d’augmentations de prestations), cela augmenterait la valeur d’Hydro-Québec de façon telle que la dette nette du Québec serait de… zéro dollar !» (JFL)

    Il suffit de rappeler à Jean-François que les actifs réels comme la valeur des entreprise d’état n’est pas prise en compte dans le calcul de la dette nette. Évidemment, on peut les inclure pour calculer autre chose, en particulier, ce qu’il resterait de dettes à l’État s’il privatisait tous les actifs réels qu’ils possèdent, ce à quoi la Grèce est maintenant contrainte. Maintenant, je pose la question aux lecteurs de ce blogue qui sont plutôt sympathiques à QS, est-ce là votre programme?

    C’est pour ces raisons et bien d’autres qu’à l’instar de la vaste majorité des économistes, je vous incite à prendre très au sérieux le concept de dette brute.

    Enchaînons maintenant avec la question des transferts. Première remarque: les transferts ne se limitent pas à la péréquation. Le fait que les dépenses fédérales partagées représentent près de 15% du PIB contre 1% pour le budget de l’UE et que celles-ci soient financées par des impôts prélevés sur tout le territoire est à l’origine de la majeure partie des transferts. certains sont mêmes spécifiques: en santé et pour les programmes sociaux en particulier. Rien de tel au sein de l’UE. C’est tout cela qui implique des transferts nets anti-cycliques au canada et non anti-cycliques, voire pro-cycliques au sein de l’UE. La comparaison entre le Québec et des pays comme l’Espagne et le Portugal est hautement pertinente: sans ses transferts, la conjoncture du Québec n’aurait pas été aussi favorable et se serait rapprochée de celle de ces pays. En combinant cela avec la dette élevée, on a là les ingrédients de difficultés qui à défaut d’être identiques à celle des pays européennes, seraient néanmoins sérieuses.

    venons en maintenant à la question de la monnaie souveraine. Vous n’êtes pas sans ignorer que la flexibilité du taux de change est, en théorie économique, un substitut à la flexibilité des salaires. La proposition de créer une monnaie souveraine en contexte de manque de compétitivité des exportations équivaut à proposer une baisse importante des salaires des travailleurs québécois. Encore, une fois, est-ce le programme que vous proposez du côté des sympathisants de Québec solidaire? Avec en plus l’impact sur le ratio dette/PIB déjà plus élevé (même au net) que l’Espagne, on aurait là tous les ingrédients d’une crise financière majeure (et là je n’ai pas parlé des conséquences démographiques et soyons transparents, immobilières, d’un passage à l’indépendance du Québec – et là multipliez tous par un facteur encore plus grand).

    En bref, je préfère l’approche préventive. Qu’on soit ou non en faveur de l’indépendance du Québec, mais encore plus si on l’est, on veut réduire la dette AVANT et augmenter la compétitivité AVANT.

    On pourra ensuite débattre des mérites de l’union versus la désunion sans craindre l’éviction des marchés financiers.

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  18. 26 mai 2011 8 h 10 min

    Veuillez excuser les fautes d’orthographe du commentaire précédant. Je l’ai écrit en vitesse sans avoir eu le temps de me relire.

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  19. the Ubbergeek permalink
    26 mai 2011 8 h 59 min

    Je suis poche en économie, eh, eh, eh.

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  20. 26 mai 2011 17 h 58 min

    @ Martin Coiteux

    «J’ai déjà répondu ailleurs aux calculs de Louis Gill »

    J’appuie le commentaire de Michel Monette («Louis Gill ne dit pas qu’il ne faut pas se préoccuper de la dette et agir en conséquent, il dit qu’il ne faut pas non plus en faire une obsession. »). Cela dit, je suis bien content que M. Gill considère maintenant la part du Québec de la dette canadienne, ce qu’il ne faisait pas il n’y a pas si longtemps. En plus, je suis bien conscient des effets du vieillissement de la population, quoique, là aussi, je trouve certains économistes bien trop pessimistes à cet égard. Mais, ce sera majeur, j’en conviens sans hésitation.

    «C’est pour ces raisons et bien d’autres qu’à l’instar de la vaste majorité des économistes, je vous incite à prendre très au sérieux le concept de dette brute.»

    Je crois qu’il faut prendre tous les concepts au sérieux. Chacun fournit des rensignements que les autres ne fournissent pas automatiquement. L’intérêt de prendre en compte les actifs d’un État, comme le fait Jean-François Lisée, est qu’un prêteur les considérera toujours dans les conditions de prêt.

    «Évidemment, on peut les inclure pour calculer autre chose, en particulier, ce qu’il resterait de dettes à l’État s’il privatisait tous les actifs réels qu’ils possèdent, ce à quoi la Grèce est maintenant contrainte.»

    L’exemple de la Grèce montre bien que ces actifs ont une valeur réelle et que leur présence réduit le risque pour les prêteurs. Si elle ne les avait pas, elle serait encore plus dans le trouble!

    «Maintenant, je pose la question aux lecteurs de ce blogue qui sont plutôt sympathiques à QS, est-ce là votre programme? »

    De vendre ces actifs ou d’augmenter les tarifs d’électricité, comme le recommande M. Lisée ? Ni un, ni l’autre, bien sûr. On n’a pas besoin de vendre des actifs pour que les prêteurs tiennent compte de leur présence, sinon aucune entreprise ne pourrait emprunter!

    «Enchaînons maintenant avec la question des transferts.»
    «La comparaison entre le Québec et des pays comme l’Espagne et le Portugal est hautement pertinente: sans ses transferts, la conjoncture du Québec n’aurait pas été aussi favorable et se serait rapprochée de celle de ces pays.»

    Sur le rôle des transferts. je dis sensiblement la même chose que vous dans mon billet. J’ai d’ailleurs titré la partie du billet sur les transferts «Il a raison…». Bon on pourrait discuter d’à quel point la situation du Québec se rapprocherait de celle de l’Espagne et du Portugal, compte tenu qu’il n’y a pas eu de bulle immobilière au Québec, mais ce n’est pas vraiment l’objet du débat. Nous sommes donc d’accord sur le rôle des transferts.

    Tout ce que j’ai ajouté dans mon commentaire, c’est que la valeur de ces transferts (y compris les transferts sociaux qui sont répartis entre les provinces en fonction de leur population, peu importe leur situation économique ou la valeur de leur assiette fiscale) pour le Québec augmentera moins rapidement que les désavantages qu’il vivra si le dollar canadien augmente encore en raison de la hausse du prix du pétrole qui surviendra tôt ou tard. Vous n’êtes pas d’accord?

    «La proposition de créer une monnaie souveraine en contexte de manque de compétitivité des exportations équivaut à proposer une baisse importante des salaires des travailleurs québécois. Encore, une fois, est-ce le programme que vous proposez du côté des sympathisants de Québec solidaire?»

    Je ne suis pas un porte-parole de QS. En plus, son programme est encore en voie d’élaboration. Tout n’est donc pas encore défini. Le fait de pouvoir dévaluer sa monnaie évite justement une baisse des salaires. Paul Krugman a écrit plusieurs billets à ce sujet récemment.

    Il est bien sûr qu’il est préférable d’avoir une dette pas trop élevée et d’être «compétitif» avant l’indépendance. Mais, je crois que, avec la structure économique du Québec, il ne peut pas l’être avec un dollar qui vaut plus que 0,75 $ à 0,80 $US (bon, ce serait déjà mieux à 0,85 $…). Au cours des 20 dernières années, le solde commercial du Québec a toujours été négatif quand le $ canadien valait plus de 0,75$ et toujours positif (sauf une année où il a été très légèrement négatif) quand il valait moins. Avec la concurrence accrue des pays asiatiques, qui commence à se sentir dans des secteurs autres que les biens de consommation, cela serait étonnant que cette relation s’améliore à l’avenir, quoique, avec les revendications salariales des Chinois, l’écart entre les leurs et les nôtres pourraient se réduire.

    Pour augmenter sa compétitivité, il est certain que l’éducation est la voie que je privilégie.

    Je vous remercie de votre participation à ces échanges!

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  21. 26 mai 2011 18 h 09 min

    «Je suis poche en économie, eh, eh, eh.»

    Moi, je me débrouille…

    Mais, vous n’êtes pas le seul à ne pas vous intéresser à l’économie :

    « Alors que l’économie est le sujet le plus suivi à travers le monde (et au Canada anglais), les nouvelles économiques n’occupent que le 8e rang dans les médias du Québec, derrière la cuisine » déclarait vendredi Jean-François Dumas, le président d’Influence Communication, à la clôture du congrès de l’Association des économistes québécois, à Gatineau.»

    La cuisine plus populaire que l’économie au Québec !

    http://pierreduhamel.ca/2011/05/23/la-cuisine-plus-populaire-que-leconomie-au-quebec/

    Il faudrait peut-être que je donne une recette de cuisine à la fin de mes billets à saveur (saveur, dans le sens de…) économique ! ;-)

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  22. Blink permalink
    26 mai 2011 23 h 54 min

    « Il faudrait peut-être que je donne une recette de cuisine à la fin de mes billets à saveur (saveur, dans le sens de…) économique ! »

    Ou nous suggérer un Shiraz…économique (économique dans le sens de pas trop cher!) ;-)

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  23. the Ubbergeek permalink
    27 mai 2011 5 h 28 min

    C’est pas complètement mauvais, vu que l’art culinaire se pert chez les gens, et manger est essentiel, et comme on vit de plus en plus seul…

    wellllllllllllllllllllllllllllllll then.

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  24. 27 mai 2011 6 h 01 min

    «Ou nous suggérer un Shiraz»

    En fait, il y a déjà assez de monde, dont des économistes, qui voient cette science qu’est l’économie politique comme une série de recettes à suivre, j’aurais peur de les encourager !

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  25. 27 mai 2011 9 h 58 min

    Quelle connerie que l’Euro! Même l’économiste le plus stupide comprend que ça n’a aucun sens!

    Excellent billet. Certes, l’union monétaire actuelle est moins pire que celle de l’Europe, mais elle ne serait pas viable dans un Québec séparé. Personnellement, j’estime que les unions monétaires ne sont que très rarement proches d’être optimales.

    Bref, le Québec indépendant devrait avoir sa propre monnaie, bien sûr!

    Et pourquoi pas, DES monnaies québécoises?

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  26. 27 mai 2011 9 h 59 min

    Car n’oublions pas que la réalité de la Beauce est nettement différente de celle du Saguenay…

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  27. 27 mai 2011 18 h 20 min

    «Excellent billet.»

    Merci, maître.

    «Et pourquoi pas, DES monnaies québécoises? Car n’oublions pas que la réalité de la Beauce est nettement différente de celle du Saguenay…».

    Comme mentionné dans le billet et dans les commentaires (coom 3, 25 mai 2011 à 19:52), il y a d’autres moyens d’aplanir ces différences. Mais, comme cela demande l’intervention de l’État, vous ne serez sûrement pas d’accord !

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  28. the Ubbergeek permalink
    27 mai 2011 18 h 54 min

    Ridicule..

    L’euro a au moins un bon coté; l’unité des gens dans un projet de société que ca implique.

    le problème, c,est quel projet?

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  29. youlle permalink
    28 mai 2011 19 h 07 min

    @ Darwin

    Selon votre avis comment serait une monnaie internationale unique?

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  30. 28 mai 2011 20 h 02 min

    @ Youlle

    «Selon votre avis comment serait une monnaie internationale unique?»

    Vecteur de récessions et, en conséquence, de multiplication de monnaies locales «non officielles» peu efficaces !

    Cela dit, si cette monnaie ne servait qu’à équilibrer les échanges internationaux (comme monnaie de réserve mondiale), comme le fait le dollar américain, ce serait autre chose… C’est ce que Keynes voulait faire (avec le bancor), mais il a perdu et c’est le dollar américain qui a joué ce rôle. DSK envisageait de remplacer le dollar américain dans ce rôle par un «un panier composé des quatre grandes monnaies de réserve internationales (dollar, euro, yen, livre).»

    Mais, c’est autre chose…

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  31. 15 juillet 2012 12 h 39 min

    Lu dans le Devoir d’hier :

    «la zone euro a enfreint toutes les règles qui doivent normalement gouverner une union monétaire : mobilité de la main-d’oeuvre, harmonisation des politiques économiques, redistribution au moyen d’un budget central commun.»

    Bien dit!

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  32. 12 octobre 2012 19 h 24 min

    @Darwin

    S’il est plutôt difficile pour le gouvernement fédéral du Canada de gérer le taux de change du dollar canadien afin de tenir compte des différences linguistiques et culturelles du Québec avec le reste du Canada (ainsi que de la mobilité restreinte des habitants de la Belle Province) alors comment est-ce que le gouvernement du Québec pourrait accommoder ce même genre de différences entre la majorité francophone, la minorité anglophone et les membres des premières nations?

    Question un peu longue…

    Autrement dit, est-ce que les travailleurs issus des minorités ethniques du Québec seraient eux aussi victimes d’une faible mobilité interrégionale?

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  33. 12 octobre 2012 19 h 46 min

    @ pseudovirtuose

    «S’il est plutôt difficile pour le gouvernement fédéral du Canada de gérer le taux de change du dollar canadien»

    Ce n’est pas le rôle du gouvernement, mais celui de la Banque du Canada. Bon, c’est un détail, je voulais simplement préciser. Et, avec un taux d’intérêt aussi bas, la Banque ne peut pas faire grand chose. Ce sont les marchés internationaux qui en fait créent les pressions à la hausse ou à la baisse du taux de change.

    «afin de tenir compte des différences linguistiques et culturelles du Québec avec le reste du Canada»

    Le taux de change n’est jamais géré en fonction de ce genre de question. Ce que j’ai écrit dans ce billet, c’est que le manque de mobilité (ce que je ne juge pas négatif!) dû aux particularités linguistiques et culturelles du Québec accentue les désavantages d’avoir une monnaie partagée avec le reste du Canada.

    «est-ce que les travailleurs issus des minorités ethniques du Québec seraient eux aussi victimes d’une faible mobilité interrégionale?»

    Je ne suis pas certain du sens du mot «interrégionale». Entre les régions du Québec ou du Canada? Je n’ai pas de données spécifiques sur eux, mais les données montrent un départ d’environ 10 à 20 % des immigrants en 10 ans. C’est moins que certains le prétendent, mais beaucoup plus que chez les natifs! Mais, on ne sait pas où ils vont (retour dans leur pays d’origine, migration vers une autre province ou les États-Unis?).

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  34. 12 octobre 2012 20 h 48 min

    @ Darwin

    « Ce n’est pas le rôle du gouvernement, mais celui de la Banque du Canada. »

    En effet, le « gouvernement fédéral » n’était pas le bon terme à employer. Désolé pour cette bourde, une comparaison avec une éventuelle « Banque du Québec » aurait été préférable.

    « Ce sont les marchés internationaux qui en fait créent les pressions à la hausse ou à la baisse du taux de change. »

    Et pourtant, n’est-il pas possible d’«admininistrer» le taux de change (un peu comme la Chine) ?

    « Entre les régions du Québec ou du Canada? »

    Du Québec. Le contexte de ma question était celui d’un Québec politiquement et économiquement souverain.

    « (retour dans leur pays d’origine, migration vers une autre province ou les États-Unis?). »

    Mon point ne concernait pas les immigrants mais plutôt la présence des autres peuples fondateurs du Québec soit la minorité anglophone à Montréal et celle des premières nations au Nord.

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  35. 12 octobre 2012 21 h 23 min

    Ouf, en relisant mes précédentes questions et plus récents commentaires, je réalise que j’ai fort bien besoin d’un café…

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  36. 12 octobre 2012 21 h 41 min

    @ pseudovirtuose

    «Et pourtant, n’est-il pas possible d’«admininistrer» le taux de change »

    Disons que nous n’avons les liquidités de la Chine pour faire ça!

    «Du Québec. Le contexte de ma question était celui d’un Québec politiquement et économiquement souverain.»

    Je ne crois pas que la mobilté soit un problème dans ce cas là. Elle est déjà très forte entre les région du Québec, trop, diraient certains.

    «soit la minorité anglophone à Montréal et celle des premières nations au Nord.»

    Les anglophones restent en général dans la région de Montréal (certains sont en Estrie, en Gaspésie et ailleurs). Je ne vois pas de problème là. Montréal a un solde migratoire négatif avec les autres régions du Québec, mais un très gros solde positif avec l’international. Commençons par devenir un pays, avoir notre monnaie (ce que le PQ ne favorise pas, bien au contraire, il prévoit garder le dollar canadien) et on en jasera! C’est bien le dernier des problèmes potentiels que je vois!

    « je réalise que j’ai fort bien besoin d’un café»

    Ah oui? Pourquoi? ;-)

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  37. 12 janvier 2013 20 h 22 min

    Dernièrement, je devais écrire un article pour le « Bleu cahier », recueil de textes publié par le MÉSUM (Mouvement des étudiants souverainistes de l’université de Montréal). J’ai décidé d’aborder la question du syndrome hollandais et du problème de mobilité interprovinciale des québécois avec le reste du Canada tel que vous le présentez dans ce billet-ci.

    http://technocrasse.files.wordpress.com/2013/01/texte-bleu-cahier.docx

    Je vous envoie une copie du fichier; n’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez! J’étais limité à une rédaction de moins de 1000 mots.

    P.S. : Idéalement, étant donné que cette analyse est en majeure partie basée sur la vôtre, j’aurais aimé marquer ce texte d’une référence à votre endroit mais je crois que « Darwin du blog de Jeanne Émard » ne faisait pas très sérieux pour ce genre de publication. :-? J’espère que vous ne vous sentez pas plagié. Sachez seulement que ce n’est pas du tout mon intention mais bien seulement de partager une synthèse partielle de votre analyse avec un maximum de gens. De plus, si cela vous dérange trop, je peux toujours tenter de retirer le texte de son éventuelle publication.

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  38. 12 janvier 2013 20 h 49 min

    «J’espère que vous ne vous sentez pas plagié»

    C’est en effet du plagiat si la source n’est pas mentionnée.

    «je crois que « Darwin du blog de Jeanne Émard » ne faisait pas très sérieux pour ce genre de publication.»

    Et, si mes textes valent la lecture, je ne vois pas pourquoi les citer ne serait pas sérieux. Et si la citation n’est pas assez sérieuse, son contenu devrait aussi ne pas être assez sérieux pour s’en servir.

    «mais bien seulement de partager une synthèse partielle de votre analyse avec un maximum de gens»

    Pas de problème avec ça. Mais, j’imagine que quelques autres textes de ce blogue valent aussi la lecture. Ce serait peut-être pertinent de le considérer avec un peu de sérieux.

    «si cela vous dérange trop, je peux toujours tenter de retirer le texte de son éventuelle publication.»

    Ce n’est pas la question.

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  39. 12 janvier 2013 22 h 03 min

    Ouin… vous avez raison. Le revoici avec quelques correctifs :

    http://technocrasse.files.wordpress.com/2013/01/bleu-cahier.docx

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  40. 12 janvier 2013 22 h 20 min

    Ça me va! La mention du blogue aurait suffi. Mais, je ferais réviser ce texte avant de le publier…

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  41. 12 janvier 2013 22 h 31 min

    Et donc? Vous en pensez quoi? (Je veux dire, le texte…)

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  42. 12 janvier 2013 23 h 03 min

    Je peux à peine le lire, car ce texte fait sauter mon OpenOffice. Une version en .doc ne causerait peut-être pas le même problème…

    Mais, de ce que j’ai pu lire, c’était bien.

    En passant, le lien presque direct entre le prix du pétrole est aussi reconnu par bien des organismes plus orthodoxes comme le Conference Board et d’utres (CD Howe ou Banque TD, je ne me souviens plus.

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  43. Richard Langelier permalink
    13 janvier 2013 0 h 20 min

    Avec ma version d’OpenOffice 3.4.1, je n’ai pas de problèmes pour avoir le texte. Par contre, cette version plante souvent lorsque je sauvegarde..
    Je lirai votre texte demain, Pseudovirtuose.

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  44. 13 janvier 2013 1 h 12 min

    J’ai 3.4.1 aussi. Je peux lire le texte, mais, les deux fois que j’ai ouvert son fichier, tout a planté après deux ou trois minutes. Peut-être parce que j’avais deux autres fichiers ouverts.

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  45. 13 janvier 2013 2 h 33 min

    Sur le pétrole et le dollar canadien, j’oubliais radiocan :

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  46. 5 juin 2013 21 h 35 min

    Un excellent billet de Paul Krugman sur le sujet :

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/06/03/the-triumph-of-peter-kenen-the-revenge-of-robert-mundell/

    Il y explique entre autres que la mobilité de la main-d’oeuvre dans une union monétaire peut aussi avoir des effets pervers. En effet, la population (surtout jeune) diminuant dans les pays en difficulté, ils ont encore moins de monde pour pouvoir contribuer aux dépenses de l’État. Et la dette par habitant augmente…

    extrait :

    «Frances Coppola documente les taux extraordinaires d’émigration des jeunes dans les économies sinistrées d’Europe – pas vraiment une surprise si l’on considère les niveaux incroyables du chômage des jeunes. Mais comme elle dit, une fois que ces jeunes sont partis, qui paiera les impôts pour soutenir les retraités?

    Le fait est que l’interaction entre les grands Etats de bien-être, la mobilité relativement élevé de la main-d’œuvre et le manque d’intégration fiscale dans une zone monétaire peut se révéler être vraiment mortel.»

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  47. Richard Langelier permalink
    6 juin 2013 23 h 57 min

    Ouf! C’est bidonnant de réaliser qu’on a un vieux cerveau! Je me souviens des textes que moi ou mes semblables avons écrits, lorsque j’étais au primaire : « Les sanglots des violons de l’automne, mais ils s’étonnent car déjà c’est l’automne », mais j’avais oublié ce débat sur Jeanne Émard, dont les compliments/gaffes de Pseudovirtuose et les questions de Martin Coiteux qui te prenait, Darwin, pour un porte-parole de Québec solidaire.

    Ma critique de l’économisme me conduit parfois à rejeter tous les outils de l’économie politique. Cette réflexion des Frances Coppola dont parle Krugman me réconcilie avec l’économie politique. Je suis partisan de l’occupation de l’ensemble du territoire du Québec. Comme je me rendais à Asbestos en vélo à 13 ans et revenais souper, j’imagine facilement que l’économie de cette ville aurait pu être diversifiée avec un peu d’imagination. Je ne suis pas un inconditionnel des frères Lemaire, tant s’en faut, mais je passais à côté de l’usine désaffectée de Kingsey. [1]. Je crois à l’entrepreneuriat et aux coopératives. Le secteur manufacturier http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/en_perspective/per1201.pdf aurait de l’avenir au Québec. J’estime que les gains de productivité d’un secteur (l’invention des guichets automatiques) sont dus, entre autres, à l’organisation de la société. Si le théorème de Pythagore avait été breveté, où en serions-nous? Il n’est pas normal que les institutions bancaires profitent des économies engendrées par l’abolition d’emplois de caissières et que la société absorbe les coûts du chômage. Une fiscalité accrue des entreprises [2] devrait permettre de financer des emplois d’activités publiques.

    Je ne suis jamais allé à Murdochville. Y avait-il moyen d’organiser le travail dans d’autres secteurs alors qu’on savait que la mine fermerait? Évidemment, je ne propose pas : « aucune mobilité de main-d’oeuvre  ». Je m’oppose à ce jeu de déplacement des humains selon les besoins de la « main invisible du marché ».

    P.-S. Je ne suis pas complètement sénile, je sais bien que je n’avais pas le génie de Verlaine ni des Hou-Lops au primaire http://www.maxilyrics.com/les-hou-lops-blue-jeans-sur-la-plage-lyrics-be8a.html .

    [1] Lorsque ti-Guy et son épouse tenaient le Restaurant des Bois-Francs à Arthabaska, ils servaient des frites et du fromage en grains sur lesquels ils mettaient de la sauce à Hot Chicken. Ils avaient vu ça dans un restaurant à Kingsey. Je ne suis pas peu fier que la popularisation de la poutine ait été faite à Arthabaska. Par contre, si vous m’invitez à souper, placez vos frites dans une assiette et votre fromage en grains dans une autre. Oubliez la sauce à Hot Chicken! C’est ma variante de la poutine que je n’ai pu faire homologuée. On m’a dit que ce n’était pas de la poutine.
    [2] D’autant plus que le coût de l’électricité est fort avantageux.

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  48. Richard Langelier permalink
    7 juin 2013 0 h 32 min

    Ah, j’oubliais. Pendant ce temps-là, il se brûle du pétrole au Grand Prix et il y a des retombées économiques.

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  49. 7 juin 2013 0 h 33 min

    «Par contre, si vous m’invitez à souper, placez vos frites dans une assiette et votre fromage en grains dans une autre»

    Je n’ai jamais mangé de poutine de ma vie! Et, selon les commentaires que j’entends, mes frites sont les meilleures au monde (recette adaptée de Henri Bernard…). Comme mon poulet (recette très adaptée de Daniel Pinard).

    «J’estime que les gains de productivité d’un secteur (l’invention des guichets automatiques) sont dus, entre autres, à l’organisation de la société. »

    Entres autres. Je pense par contre que les effets sont souvent dus à la façon de la calculer.

    http://jeanneemard.wordpress.com/2011/07/17/la-productivite/

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  50. 7 juin 2013 0 h 33 min

    «Ah, j’oubliais. Pendant ce temps-là, il se brûle du pétrole au Grand Prix et il y a des retombées économiques.»

    Et beaucoup de création d’emploi pour les jeunes…

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  51. youlle permalink
    7 juin 2013 17 h 43 min

    @ Richard Langelier

    « Ah, j’oubliais. Pendant ce temps-là, il se brûle du pétrole au Grand Prix… »

    Ça dépend si c’est des voitures de riches ou des formules 1. Ou les deux.

    Oui il y a du pétrole dans la formule 1, mais moins qu’on le pense.

    Il y a beaucoup de « baboche » ** dans le carburant de la formule 1.

    Je peux vous dire que la formule 1 c’est de la petite bière de l’énorme pollution à côté des réunions familiales autours des feux de bois derrière la maison la fin de semaine du grand prix.

    Juste pour dire que la perception de pollution c’est bien relatif de ce qu’on pense par rapport à la réalité.

    ** Ce qui met chaud*.*.*

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  52. 7 juin 2013 17 h 49 min

    «Je peux vous dire que la formule 1 c’est de la petite bière de l’énorme pollution»

    Il ne faut pas oublier le pétrole qui brûle pour amener ici les équipes et les spectateurs…

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  53. Richard Langelier permalink
    7 juin 2013 18 h 21 min

    Je sens que je vais arbitrer un débat entre Youlle et Darwin. Comme j’écris lentement, j’envoie cette blague maintenant, d’autant plus que je dois souper. Si je savais faire les deuxièmes meilleures frites au monde, je mangerais une poutine aux crevettes. Le hic, c’est que le fromage en grains coûte une fortune à Montréal, alors que pour trente sous, on en avait un gros sac quand j’étais petit.

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  54. youlle permalink
    7 juin 2013 19 h 01 min

    @ Darwin

    « Je n’ai jamais mangé de poutine de ma vie! »

    Vous devez probablement demeurer à Montréal ou à Québec.

    De la bonne poutine (du Québec et non du N.B.) ce sont des frites du fromage en grains couverts d’une sauce. Pas n’importe quelles frites. Les frites, pommes de terres fraîchement coupés, du fromage de type cheddar non affiné en grains de la nuit ou du matin qui fait quik quik quand on le mord et de la sauce qui fait le goût du plat.

    Li me semble que c’est le restaurant Anselme (je ne suis pas sur), en tout cas, le restaurant sur le coin boul Bois Franc et rue Laurier. Le propriétaire expliquait qu’il fallait, pour une bonne poutine, que la sauce soit bien chaude pour la mettre sur les frites et le fromage.

    La meilleure que j’ai mangé, le meilleur goût, c’est chez Bert sur la rue Laurier. Malheureusement elle a disparue.

    À Montréal, théoriquement ça n’existe pas, mais il y a des endroits où le fromage est livré.

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  55. Richard Langelier permalink
    7 juin 2013 19 h 45 min

    Youlle, Anselme était slow, mais les guédilles, les club sandwich et la poutine étaient préparés avec minutie. Le great Antonio y a mangé 3 Clubs. Il a voulu acheté tous les exemplaires de L’Union des Cantons de l’est, où il avait placé une page de pub. Anselme a refusé. « L’exemplaire de Mme Langelier, c’est sacré! »

    Quand Bert était sur la rue des Érables devenue rue Laurier, c’était une autre génération. Il était à son meilleur à 3h am (à l’instar de Darwin et moi). Le local de cette ancienne forge était trop petit. Il a fait construire sur la rue Beauchesne devenue Boul. Bois-Francs après l’incendie des locaux de l’imprimerie de L’Union des Bois-Francs, où j’ai acheté mes premiers crayons et effaces. Si j’étais devenu un grand écrivain, ces souvenirs proustiens auraient une pertinence. Malheureusement, la conscience de la génération des Pseudovirtuose fait en sorte qu’il vaut mieux plagier un billet de Darwin que de le citer. Heureusement, Pseudovirtuose a vieilli et écrit maintenant d’excellents billets sur Jeanne Émard. Je souhaite pour l’ensemble de l’humanité qu’il dépasse un jour le maître. J’aurai sans doute 18 prothèses de la hanche à ce moment-là, mais le coefficient de Gini sera acceptable à ce moment-là. Quant au pétrole, j’y reviens dans quelques heures.

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  56. youlle permalink
    7 juin 2013 20 h 14 min

    @ Darwin

    « Il ne faut pas oublier le pétrole qui brûle pour amener ici les équipes et les spectateurs… »

    Absolument et parfaitement comme dirait le notaire.

    Mais les spectateurs dépenseraient le même carburant pour autres choses.

    Pour moi ce n’est pas important de focusser sur la dépense de la course qui fait 100 barils, mais sur les dizaines de milliers de gros traîneaux de 400 à 600 pouces cubes « menés » par des Elvis Gratons et qui dépensent des centaines de milliers de barils. Les ostie (scusez) de bazous sont plus gros que jamais.

    D’un ancien garagiste, ancien amateur de performance qui n’est jamais allé à la formule 1 et qui n’ira jamais étant incapable de différencier une Toyota d’une Chevrolet.

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  57. youlle permalink
    7 juin 2013 20 h 21 min

    @ Darwin

    J’ai oublié de dire que Anselme c’était à Arthabaska.

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  58. youlle permalink
    7 juin 2013 21 h 17 min

    @ Richard Langelier

    « Il était à son meilleur à 3h am (à l’instar de Darwin et moi). »

    C’était l’heure où j’allais manger une poutine!! Mais la sauce, la sauce que je ne suis pas capable de reproduire…

    Je devais vous écrire à l’automne à propos du fils de votre père. Mais de procrastination en AVC, en rénovation et en réhabilitation je ne l’ai pas fait. J’écrirai, c’est bon pour ma réhabilitation.

    À propos de la poutine ça m’intéresse aussi, mais au risque de vous décevoir sur l’origine.

    Des indices: ma compagne vient de Warwick, une bonne connaissance de Warwick est né à Drummondville, et j’ai un ami Ti-boss qui vendait de la poutine en 1964 et son épouse se faisait des poutines en 1958 au Château complètement en bas de la côte d’Arthabaska où votre père a probablement mangé.

    Finalement je suis amateur d’histoire et Anselme, la poutine, Bert, Wilfrid Laurier, Robert et les érables de la rue des Érables et son hôpital font partie de l’histoire d’Arthabaska. Ce n’est pas mon coin de pays, mais je l’ai visité pendant une vingtaine d’année pour en connaître certains monuments.

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  59. Richard Langelier permalink
    7 juin 2013 21 h 33 min

    @ Darwin

    Si on poussait ton raisonnement jusqu’à l’absurde, il n’y aurait jamais de congrès internationaux d’écologistes. Skype permettra peut-être de régler mes scrupules.

    @ Youlle

    Je suis allé souvent aux courses à la piste du Mont-Tremblant. Pour moi, c’était le carnaval de Québec en été. Je n’ai jamais su ce qu’était un double arbre à cames en tête. J’ai vu McLaren gagner sur ses McLaren. J’ai ouï-dire que son véhicule de formule 1 dans lequel il est mort consommait moins d’essence que ceux qu’il utilisait à la piste du Mont-Tremblant. Mon père avait généralement des Chevrolet 6. Pour le 80e anniversaire de ma mère, il lui a acheté une Buick. Quand il m’a dit que c’était une 6 cylindres, j’ai sursauté : « une biwick 6 cylindres, c’est impossible ».

    Les freins ont sans doute été améliorés à cause des courses, comme ils l’ont été sur les vélos. Ce sont sans doute des choses qui peuvent se faire autrement. Bien sûr, il y a des rois qui ont financé la recherche scientifique pour gagner des guerres. Je crois au signal prix, dans ce domaine. En Europe, le litre d’essence est à 2$ depuis longtemps. Les gens se sont habitués aux 4 cylindres. Lors des 2 chocs pétroliers, GM, Ford et Chrysler ont tenté d’en fabriquer. C’étaient des citrons. Ces entreprises ont dû s’associer aux producteurs européens et japonais. Dès qu’il y a une diminution du prix du litre d’essence, il est devenu plus rentable de produire des Hammer.

    Avec une amie, je suis allé dans un bar à Ste-Eulalie voir l’un de ses amis qui y faisait la décoration. Nous avons demandé à la propriétaire ce qu’était l’estrade dans la cour arrière :
    – C’est la cabine de l’annonceur pour les courses de moto-neige, les dimanches. Je n’aime pas ça , mais c’est la journée la plus payante.

    Je ne suis pas falardien. J’ai de la difficulté à traiter d’Elvis Gratton ceux qui ne pensent pas comme moi. Dans mon cas, le suicide serait une solution lorsque je m’enfarge dans un texte. Je sors de convalescence. Je mangerais 2 bonnes guédilles et une frite chez Anselme, écouterais Bambino de Dalida et irais au lit. Je suis sûr que le soleil brillerait demain.

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  60. 7 juin 2013 22 h 12 min

    @ Youlle

    «À Montréal, théoriquement ça n’existe pas, mais il y a des endroits où le fromage est livré.»

    Je savais quand même ce que c’est, de la poutine. Ça ne m’attire juste pas, surtout la sauce qui ramillit les frites….

    «Mais les spectateurs dépenseraient le même carburant pour autres choses.»

    Ceux qui viennent d’Europes prendraient l’avion quand même? Et ceux des États en brûleraient moins!

    «J’ai oublié de dire que Anselme c’était à Arthabaska.»

    J’ai deviné que ce n’était pas à Montréal!

    @ Richard

    «Si on poussait ton raisonnement jusqu’à l’absurde, il n’y aurait jamais de congrès internationaux d’écologistes.»

    Vrai. Ça me fatigue aussi, ces voyages. Mais, je n’ai as encore décidé dans ma tête si j’approuvais ou pas.

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  61. Richard Langelier permalink
    7 juin 2013 23 h 05 min

    @ Darwin

    Pour ajouter à tes angoisses: vendre des livres pour expliquer la simplicité volontaire, est-ce une bonne idée? Pour ajouter à mes angoisses, ne pas dire que ma source est un billet de Josée Blanchette à la suite d’une entrevue avec Serge Mongeau, parce que j’y avais pensé avant elle, est-ce du plagiat?

    Si l’enfer existe, nous nous y bidonnerons, si le chauffage n’est pas trop élevé.

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  62. 8 juin 2013 7 h 05 min

    «vendre des livres pour expliquer la simplicité volontaire, est-ce une bonne idée?»

    Va pour la contradiction chez les écologistes qui prennent l’avion (ou vivent en banlieue éloignée), mais là, je trouve ça un peu poussé. Et que répondait Mongeau?

    «parce que j’y avais pensé avant elle, est-ce du plagiat?»

    Même si tu n’y avais pas pensé, il n’y a pas de plagiat, puisque tu cites ta non-source!

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  63. 24 février 2014 17 h 33 min

    Excellent billet de Paul Krugman ce matin qui va dans le sens de ma position sur l’adoption d’une monnaie québécoise. Il recommande en effet à l’Écosse, si elle devient indépendante, d’adopter sa propre monnaie. Certains de ses arguments vont encore plus loin que les miens.

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2014/02/24/scots-wha-hae/

    «[traduction] En fait, en conservant la livre, l’Ecosse serait dans un état encore pire que les pays de la zone euro, car la Banque d’Angleterre ne serait pas dans l’obligation d’agir en tant que prêteur en dernier ressort pour les banques écossaises. En conséquence, elle prendrait sans doute encore moins de responsabilités pour la stabilité financière de l’Écosse que la BCE d’avant Draghi pour les pays de la zone euro. Et ce serait très loin de la BCE depuis l’arrivée de Draghi, qui a en effet pris le rôle de prêteur en dernier ressort pour les gouvernements de la zone euro.»

    Ce serait probablement la même chose pour un Québec indépendant.

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