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Biens publics et privés, et rôles de l’État et du secteur privé

29 août 2011

Il y a un peu plus d’un an, Déréglé temporel me suggérait de développer la notion de «biens communs», qu’on appelle aussi «biens publics» et «biens collectifs». Je n’ai jamais oublié cette suggestion (qui était d’ailleurs déjà dans ma «liste»), ce billet en est la preuve!

Types de biens

La littérature est vraiment abondante sur le sujet. On distingue essentiellement trois types de biens :

  • res propria : ce sont les biens privés, dont nous avons une propriété exclusive et absolue, donc qu’on peut utiliser, dont on peut jouir et disposer comme on l’entend, et qu’on peut transmettre (vendre, donner, hériter, etc.);
  • res communis : ce sont les biens publics, dont la propriété est commune et l’usage conjoint, sans exclusivité;
  • res nullius : ce sont les biens libres qui n’appartiennent à personne et dont l’usage n’est pas exclusif; les animaux sauvages et les terrains vagues (s’il en reste!) sont des exemples de biens libres.

Si la notion de biens privés est simple et se perçoit aisément, car il s’agit de biens matériels qui sont consommés et ne peuvent être partagés : vêtements, nourriture, automobile personnelle, etc., il en est autrement des biens publics. On doit donc subdiviser les biens publics selon l’application des principes mentionnés plus haut, soit la propriété commune, l’usage conjoint (ou la «non rivalité») et la non exclusivité (plusieurs personnes peuvent l’utiliser en même temps).

Ainsi, les biens publics purs sont les seuls qui satisfont aux trois critères de base. On pense par exemple à l’air. En effet, ce bien appartient à tous (ou à personne, ce qui est la même chose!), n’est pas exclusif car son utilisation par une personne n’empêche pas d’autres personnes de l’utiliser et il est disponible pour tous (non rivalité). Il en est de même de l’éclairage urbain, de la nature, etc.

Les biens publics impurs sont aussi non exclusifs (leur utilisation par une personne n’empêche pas d’autres personnes de les utiliser), mais sont disponibles en quantité limitée (il y a donc rivalité) : tous ne peuvent pas les utiliser en même temps. On pense ici entre autres aux infrastructures routières, aux services de santé et d’éducation, à l’eau potable (qui a été longtemps considéré comme un bien public pur), à une plage non privée, etc.

Les biens de club peuvent au contraire être utilisés par tous en même temps (non rivalité), mais le sont de façon exclusive en raison d’un tarif ou d’un péage. On pense ici à la télévision par câble ou payante, au téléphone, à Internet, etc. On y inclut aussi des biens qui ont une limite d’utilisation, mais en général élevée, le principe étant surtout basé sur l’exclusivité : transport en commun, pistes de ski, cinéma, spectacles, clubs de tennis, etc.

Rôles de l’État et du secteur privé

Sans être déterminante, cette information nous donne des éléments de réflexion sur les biens et services qui «devraient» relever davantage de l’État ou du secteur privé, sans oublier ceux qui pourraient être produits par le secteur coopératif et communautaire (appelé souvent l’économie sociale). Cette question est importante, car elle est à la base d’un des débats les plus fondamentaux entre les tenants de la droite et de la gauche.

Peu de gens contesteront le rôle fondamental de l’État en matière de biens libres et de biens publics purs, et même pour certains biens publics impurs, par exemple sur la sécurité intérieure et extérieure, la justice et la souveraineté économique et financière. L’embauche de mercenaires et l’intervention de firmes privées dans le domaine (pensons au rôle joué par la société Halliburton lors de la guerre en Irak) vont à l’encontre de ce rôle exclusif, mais cela se fait presque toujours sous la supervision de l’État (pas toujours de façon assez serrée…). À ces fonctions régaliennes, s’ajoute aussi le rôle peu contesté de l’État en matière d’infrastructures routières et publiques, quoiqu’il y a bien eu des expériences, en général malheureuses dans ce domaine, par exemple dans la distribution de l’eau, tant dans des pays industrialisés que pauvres :

Les différentes opérations de privatisation dans le monde ont débouché sur de considérables augmentations des tarifs, sur de nombreux licenciements, sur un abaissement des garanties environnementales, ont provoqué l’arrêt de certaines initiatives de protection de l’environnement et remis en cause le service aux communautés pauvres ou éloignées.

Chose certaine, si le secteur privé peut être impliqué dans ces domaines, l’encadrement de l’État doit y être très présent. Aussi bien l’exclure… la livraison de services de première nécessité étant trop vitale pour la laisser à un secteur qui privilégie les profits à la qualité des services.

De même, la présence de l’État est au Québec beaucoup plus forte dans la production de biens publics, même si le secteur privé y joue aussi un rôle. Ainsi, l’État est responsable des services de santé dans les hôpitaux et les CLSC, mais partage avec le secteur privé la livraison de services dans les soins de longue durée et laisse au secteur privé les services de médecine donnés en clinique, et ne rembourse qu’une partie minime des services données en dentisterie, en optométrie et en physiothérapie et est totalement absent des services en acupuncture, en chiropractie et dans d’autres domaines pourtant liés à la santé. Il en est de même en éducation, où le privé est très présent. Dans les transports en commun, le secteur public est seul dans le transport par autobus urbain, mais laisse au privé le transport par taxi et le transport interurbain par autobus et par train.

À l’inverse, l’État n’est pas complètement absent de la production de biens privés. Il occupe par exemple un quasi-monopole dans la vente de vin et de spiritueux, mais pas dans la vente de bière. Il a nationalisé la production et la distribution d’électricité, mais laisse l’éolien et le gaz au privé. Le mouvement coopératif a pris une place prépondérante dans les services bancaires (Desjardins) et la production alimentaire (Agropur, Coopérative fédérée, etc.), mais est resté un joueur mineur malgré de nombreuses tentatives dans le commerce de détail en alimentation. Le mouvement communautaire a pris beaucoup de place dans les services de garde, le maintien à domicile et le domaine de l’employabilité, mais pas dans d’autres services sociaux.

On le voit, les décisions en la matière dépendent d’une série de facteurs et de décisions qui ne correspondent pas nécessairement à des critères précis. Les services publics offerts au Québec sont dans le fond le résultat historique de décisions basées sur des critères souvent opposés mis de l’avant par les gouvernements qui les ont adoptés. Il n’y a donc pas de chasse gardée comme telle.

Si on ne peut pas associer de façon systémique la production de biens et services à des secteurs en particulier, on constate toute de même une plus forte présence de l’État dans les biens publics et une présence beaucoup plus forte du secteur privé dans les biens privés. Le secteur communautaire et coopératif est, lui, présent dans la production des deux types de biens. Quant aux biens de club, on ne note pas de présence vraiment dominante d’un secteur, les trois y étant présents.

Un système cohérent

Malgré la grande variété des rôles qu’on peut attribuer à chaque secteur, il est tout à fait possible de bâtir un système cohérent basé sur des critères précis et rationnels. Comme le disent Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu, dans le document Plaidoyer pour un nouveau capitalisme, le résultat peut toutefois varier d’une société à l’autre :

Les sociétés d’État constituent le baromètre de la maturité politique d’un pays. Les sociétés immatures feront un mauvais usage de ce type d’entreprise; le gouvernement comme seul actionnaire y verra un endroit pour caser certains de ses partisans, une plateforme de patronage politique, un moyen de tromper la surveillance démocratique de ses agissements; ou, encore, à la moindre défaillance, les sociétés d’État deviendront l’occasion irrésistible pour les partis d’opposition de tenter d’embarrasser le gouvernement. Les sociétés politiquement immatures ne font pas bon usage des sociétés d’État.

Pour les sociétés matures comme le Québec, ils préconisent l’établissement de sociétés d’État dans les situations et domaines suivants :

  • les monopoles naturels (lignes de transmission électrique, barrages hydro-électriques, etc.) ;
  • la production de biens et services créant des effets de débordement négatifs (distribution de boissons alcoolisées, les loteries, les jeux et les casinos, etc.) ;
  • les biens ou services que le marché ne produit pas ou pas suffisamment pour répondre aux besoins (le capital de risque, par exemple) ;
  • les services publiques essentiels (les services postaux, les transports en commun, la Santé, l’Éducation, la distribution de l’eau) desquels une partie de la population serait exclue, partiellement ou totalement, si leur distribution était laissée à des entreprises privées motivées principalement par la recherche du profit.»

Les auteurs ajoutent qu’ils préfèrent, et de loin, que des sociétés d’État s’occupent de ces domaines, que de les laisser à l’entreprise privée, aussi réglementée soit-elle :

Étant donné notre vision plutôt négative des sociétés dont l’actionnariat est diffus et dont la gestion doit obéir aux impératifs des marchés financiers, nous ne voyons pas comment ces entreprises détenues par des intérêts privés peuvent faire mieux que les États pour protéger le bien-être collectif.

Les auteurs mentionnent aussi l’importance que peut prendre le secteur coopératif, surtout dans la production de bien privés. Ils soulignent que «Les coopératives pesaient [en 2006] pour 20 % du PIB finlandais alors que dans cinq autres pays développés et stables le poids de celles-ci atteignait plus de 10 %.» Ce taux n’était que de 2 % au Canada et de 6 % au Québec. On voit donc que le rôle des différents secteurs peut varier grandement d’un pays à l’autre.

Et alors…

Je trouve l’approche de Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu des plus intéressantes. Par contre, j’appliquerais leurs principes pour ajouter quelques domaines en propriété mixte, par exemple dans le secteur des ressources naturelles (surtout minier) sous le double motif de la protection de notre capital naturel et de «la production de biens et services créant des effets de débordement négatifs», les effets négatifs étant bien sûr les externalités polluantes. En plus, compte tenu du désastre accompli par le secteur financier, j’étudierais sérieusement la possibilité que l’État n’intervienne pas seulement par la réglementation, mais aussi par la gestion d’une banque.

Comme on l’a vu, la question du rôle des différents secteurs (privé, public et coopératif et communautaire) est un sujet où on ne peut pas trancher de façon simple et définitive. Par exemple, j’aurais aimé que Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu parlent du rôle qu’ils voient aux entreprises d’économie sociale sans but lucratif. Mais, bon, je suis quand même content d’avoir pu trouver une liste cohérente comme la leur pour les sociétés d’État et accepterait d’emblée son application demain matin!

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28 Commentaires leave one →
  1. Frequency permalien
    29 août 2011 09:26

    Merci pour ce long et instructif article Darwin!
    "l’État n’intervienne pas seulement par la réglementation, mais aussi par la gestion d’une banque."

    Vous n’avez pas peur qu’antagoniste et Minarchiste vous envoie l’armée?? ;)

  2. 29 août 2011 17:44

    «Merci pour ce long et instructif article Darwin!»

    Ça me fait plaisir!

    «Vous n’avez pas peur qu’antagoniste et Minarchiste vous envoie l’armée??»

    Bof, ils ne sont pas sur le point de prendre le pouvoir et de disposer de l’appareil de répression étatique! ;-)

    Et je ne parle pas de nationaliser tout le secteur financier (j’y vais par étape! ;-) ), mais simplement de mettre l’État en concurrence avec le privé (et une supposée coop) dans ce secteur!

  3. jack permalien
    29 août 2011 18:01

    Excellent article. Je me demande toutefois si le lien suggéré pour l’eau est le bon (http://www.univ-rouen.fr/droit-sceco-gestion/Recherche/CARE/docs/papiers/S20040322.pdf).

    Je n’y trouve pas le paragraphe mis en exergue…

  4. 29 août 2011 18:27

    «Je n’y trouve pas le paragraphe mis en exergue…»

    Exact. Je voulais en fait mettre deux liens, le premier étant plus complet, le deuxième contenant cette citation plus percutante…. J’ai ajouté le deuxième dans le billet. Merci!

    Le voici:

    http://www.delaplanete.org/IMG/pdf/eau_privee.pdf

    ou

    http://www.delaplanete.org/Essai-privatisation-de-l-eau.html

  5. 29 août 2011 22:45

    Je suis bien certainement entièrement d’accord moi aussi avec l’approche de Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu, j’ajouterais les médicaments, un truc vital.

  6. 29 août 2011 23:06

    «Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu»

    Par hasard, j’ai vu Yvan Allaire à la télé ce soir à RDI économie. Il parlait de tout autre chose (je ne sais pas de quoi, j’ai dû me lever pour aller souper…).

    « j’ajouterais les médicaments, un truc vital»

    Production et distribution ? Je n’ai rien contre, au contraire. Les dépenses en promotion sur ces produits et la recherche sur des produits semblables représente sûrement un gros gaspillage de ressources. Et cela rejoint le Pharma Québec de QS!

  7. Richard Langelier permalien
    30 août 2011 00:18

    @ Koval

    Quelques rappels sur les médicaments.

    Le gouvernement Mulroney a allongé à 10 ans la durée des brevets accordés par Santé-Canada pour un médicament. Lors de l’instauration du régime d’assurance-médicaments gouvernemental du Québec, le gouvernement péquiste a choisi de payer le médicament d’origine pendant 5 ans de plus, même lorsqu’un médicament générique à un prix moindre existe. Ce régime est toujours en vigueur.

    Après le congrès de fondation de Québec solidaire en février 2006 (?), le plan de travail a été de rédiger 25 engagements électoraux réalisables dans les 1000 premiers jours d’un gouvernement solidaire provincial. Juste avant le congrès qui a suivi, le Cahier de propositions a été rendu public. Il y était question de Pharma-Québec, un programme d’assurance-médicaments universel et un pôle d’achat pour l’ensemble du système de santé québécois, ce qui permettrait des économies substantielles. Il y était aussi question d’entreprises étatiques de médicaments génériques où il se ferait de la recherche et du développement. Dans Le Devoir, Michel David posait la question : « puisque ce sont des copies, comment peut-il y avoir de la recherche et du développement? » J’étais délégué lors de ce congrès. Amir Khadir était personne-ressource, entre autres, dans mon atelier. Je lui ai posé la question de Michel David. Il m’a répondu en trois minutes (quand il respecte les règles du jeu, je le respecte). J’ai compris qu’il pouvait y avoir de la recherche et du développement, même dans une entreprise de médicaments génériques. Bon, maintenant que c’est dans le programme, il faudrait poser la question à l’un des membres du Comité de coordination de Québec solidaire.

    Je ne referai pas la gaffe de l’accusation des 25 gouffres financiers. Je ne veux pas prendre une grosse bière seul à la Taverne Bréboeuf. Si j’étais membre ou sympathisant d’un parti provincial, je serais heureux s’il proposait une assurance-médicaments universelle abolissant cette règle des 5 ans supplémentaires. Si ce parti était souverainiste, j’aimerais qu’il propose de réduire la durée du brevet lorsque ce serait Santé-Québec qui aurait le mandat de le fixer. Il faudrait que je vérifie si le NPD propose de réduire la durée du brevet de Santé-Canada.

    P.-S. Je n’avais pas lu votre commentaire, Darwin, lorsque j’ai écrit le mien. J’y "songe" et j’y reviens.

  8. 30 août 2011 05:47

    «Le gouvernement Mulroney a allongé à 10 ans la durée des brevets accordés par Santé-Canada pour un médicament. »

    Vous devez parler du projet de loi C-22. Il était plus complexe que ça. Entre autres :

    «Un autre changement apporté à la loi générale sur les brevets a aussi eu des répercussions sur les brevets pharmaceutiques. Comme nous l’avons dit, avant l’adoption du projet de loi C-22, des brevets étaient accordés au Canada pour une période de 17 ans après la date de délivrance du brevet. En adoptant le projet de loi, le Canada est passé à un système dit de premier déposant, lequel fixe la durée du brevet à 20 ans à partir du jour où la demande de brevet est déposée.»

    http://dsp-psd.pwgsc.gc.ca/Collection-R/LoPBdP/BP/bp354-f.htm#B.

    Il semble que ce soit L’Office de la propriété intellectuelle du Canada (OPIC) qui est responsable d’émettre un brevet et que Santé Canada ne fait qu’administrer le registre des brevets. Mais, bof…

    http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/prodpharma/patregbrev/ptnt-faq-mbreg-fra.php

  9. 30 août 2011 06:35

    Les médicaments doivent être un bien public, la fabrication, la rechercher et développement aussi, bien avant la SAQ….

  10. 30 août 2011 07:20

    «bien avant la SAQ….»

    Il s’agit en fait de biens privés (biens matériels qui sont consommés et ne peuvent être partagés), mais, je suis bien d’accord, les médicaments sont drôlement plus essentiels au bien-être collectif que les boissons alcoolisées!

  11. Benton permalien
    30 août 2011 09:25

    Les compagnies pharmaceutiques justifient leurs demande de prolongation de la durée des brevets par le coût élevé de la recherche et développement qui sont une nécessité parce que les médicaments évoluent… rapidement!

    Autrement dit, ça change tellement vite que ça coûte cher… et il faut prolonger le brevet pour rentabiliser le médicament!!!

    Bon, le privé n’est pas à un paradoxe près, augmentation des profits oblige…

    P.S.: j’avais déjà lu dans l’Actualité, voilà quelques années, que la recherche et développement représentait environ 15% du coût d’un nouveau médicament… et le marketing près 40%!

  12. Benton permalien
    30 août 2011 09:31

    Remarquez que la japonais étaient reconnus comme des copieurs dans les années 60, ensuite ils copiaient mieux et maintenant on copient leur modèle de gestion!

  13. Richard Langelier permalien
    30 août 2011 14:40

    La Commission des liqueurs de a été crée dans un contexte de prohibition.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_des_alcools_du_Qu%C3%A9bec

    Aujourd’hui, si la SAQ n’existait pas, il n’y aurait pas lieu de la créer. Cependant, elle fonctionne bien, rapporte de bons dividendes à l’État et offre de bonnes condition de travail. Je ne vois pas d’avantages à la privatiser.

    En ce qui concerne les médicaments, la proposition de Québec solidaire de créer Pharma-Québec me convient parfaitement.

  14. 30 août 2011 18:40

    «j’avais déjà lu dans l’Actualité, voilà quelques années, que la recherche et développement représentait environ 15% du coût d’un nouveau médicament… et le marketing près 40%!»

    Ce n’était pas une étude de la Chaire d’études socio-économiques de l’UQAM? À la page 4 de http://www.cese.uqam.ca/pdf/rec_06_industrie_pharma.pdf , ils parlent de frais de marketing et d’administration 2,6 fois plus élevés que les dépenses en R&D, ce qui correspond pas mal à votre ratio…

    «La Commission des liqueurs de a été crée dans un contexte de prohibition.»

    Dans le ducument de de Yvan Allaire et Mihaela Firsirotu que j’ai mis en lien (http://www.cerium.ca/IMG/pdf/Plaidoyer.pdf ), et dans une des citations que j’ai mises dans le billets, on dit : «la production de biens et services créant des effets de débordement négatifs (distribution de boissons alcoolisées, les loteries, les jeux et les casinos, etc.) », Je sauis assez d’accord avec ça, quoique la bière se vend dans les dépanneurs sans trop d’«effets de débordement négatifs»…

    «Je ne vois pas d’avantages à la privatiser.»

    Moi non plus, je partage votre point de vue à ce sujet.

    «En ce qui concerne les médicaments, la proposition de Québec solidaire de créer Pharma-Québec me convient parfaitement.»

    Mais vous voulez voter libéral pour protéger inutilement les enfants de moi… ;-)

  15. 30 août 2011 22:47

    " les animaux sauvages et les terrains vagues (s’il en reste!) sont des exemples de biens libres." – Darwin

    Les terrains vagues ont TOUJOURS un propriétaire. L’État devient d’ailleurs propriétaire des biens en déshérence. en d’autres mots, quand le proprio décède sans héritier connu à tel degré, ses biens (mobiliers ou immobiliers, ce qui inclut les $) échoient à l’État. C’est le cas au Qc et c’est très probablement le cas ailleurs (la définition d’héritier pourrait varier par le nombre de degrés, toutefois).

    Pour ce qui est des animaux sauvages, faudrait que je vérifie mais à l’oeil, ils ont l’État pour proprio. Il existe en droit un principe qui veut que tout ce qu’on trouve sur ou sous un terrain appartienne (sauf preuve contraire) au proprio du terrain; mais quand un orignal avait envahi ma propriété il y a… 25 ans minimum, je doute qu’il m’eut été permis de l’abattre et de le débiter en filets! Et ce, même s’il était SUR mon terrain.

    Est-ce qu’il n’existe pas des espèces protégées? Et des permis de chasse, de trappe et de pêche, pour nous rappeler qu’il n’y a que les maringouins et les mouches noires dont l’État ne revendique pas

  16. 30 août 2011 23:20

    «Est-ce qu’il n’existe pas des espèces protégées? Et des permis de chasse, de trappe et de pêche, pour nous rappeler qu’il n’y a que les maringouins et les mouches noires dont l’État ne revendique pas»

    Je ne comprends pas. L’État ne réglemente pas que ce qui lui appartient…

    Que voulez-vous, certains pensent que parce qu’un bien est libre, ils ont le droit de l’annihiler…

  17. youlle permalien
    31 août 2011 11:52

    "P.S.: j’avais déjà lu dans l’Actualité, voilà quelques années, que la recherche et développement représentait environ 15% du coût d’un nouveau médicament… et le marketing près 40%!" (Benton)

    J’ai lu la même chose ailleurs et si ma mémoire est bonne c’était entre 15% et 17% pour la recherche et quelque chose comme 35% ou 37% pour le marketing. Pour le marketing, il me semble que l’on dépense plus de 33% par boîte pour vendre des corn flakes.

    Aussi il faut dire une chose, la recherche pour les pharmas, fait bien plus partie de la conception et de l’exploration que de la R&D. Ils vivent surtout à cause de la publicité et des "voyages d’affaires hors pays". On pourrait aussi les comparer aux minières. Les gazières au Québec ne sont pas là pour la R&D mais pour de l’exploration.

    À moins que je ne me trompe.

  18. Benton permalien
    31 août 2011 12:42

    Reste que les entreprises affirmerons toujours que la R&D coûte chère.
    Remarquez qu’il serait ridicule de leurs part se plaindre auprès des consommateurs et des gouvernements que le marketing coûte chère!!!

  19. 3 octobre 2012 02:21

    « Par contre, j’appliquerais leurs principes pour ajouter quelques domaines en propriété mixte, par exemple dans le secteur des ressources naturelles »

    Et que pensez-vous de la position de Locke à ce sujet? Mélanger son travail à la terre (le terme « terre » au sens large, incluant donc aussi les ressources naturelles) serait suffisant pour décreter le résultat de cet assemblage comme étant sa propriété privée. Il appelait cela le droit naturel. Apparemment que c’est sur la base de cette rhétorique que les colons européens justifièrent l’extraction des ressources naturelles sur les terres amérindiennes. (car c’étaient les colons et non les amérindiens qui avaient « travaillé » pour l’appropriation de cette ressource)

    Aujourd’hui, ce sont les libertariens qui récupèrent cette rhétorique en y rattachant le fameux adage « premier arrivé, premier servi » pour déterminer la manière dont un individu peut s’accaparer des ressources naturelles « non réclamées » comme étant siennes.

  20. 3 octobre 2012 06:02

    «Et que pensez-vous de la position de Locke à ce sujet?»

    Il fait partie des philosophes que je mélange toujours,,,

    «Aujourd’hui, ce sont les libertariens qui récupèrent cette rhétorique»

    Dans ce cas, je suis contre! Sérieusement, je ne connaissais pas cette histoire. Merci!

  21. 12 septembre 2013 10:41

    Superbe texte de Albert Jacquard! Extrait :

    «En fait, les apports de vie collective les plus décisifs pour chacun ne peuvent entrer dans cens logique : la santé n’est pas un « bien » économique, l’éducation non plus. Justifier la dépense consentie pour guérir un malade ou pour éduquer un jeune au nom d’une quelconque rentabilité est indigne d’une société soucieuse d’humanisme, Ce sont des secteurs entiers de l’activité qui doivent ainsi être gérée, sans référence à des raisonnements d’économistes ; quel autre critère choisir alors que celui de l’égalité d’accès ?»

    http://www.monde-diplomatique.fr/1988/05/JACQUARD/40794

Rétroliens

  1. Compétition et coopération «
  2. Je ne suis pas une PME «
  3. Éducation : bien privé ou bien public? «
  4. Jeanne-express – Tout le monde (ou presque) doit faire sa part! «
  5. La taille et les personnalités de l’État «
  6. | Politicoglobe
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