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Jeanne express – Les dépenses fédérales en santé

24 décembre 2011

En bleu, la part des dépenses fédérales en tranferts aux provinces

Nous avons appris vers la fin de la semaine dernière que le ministre des Finances fédéral, Jim Flaherty, a informé cavalièrement ses collègues provinciaux qu’il modifiera sans discussions ni négociations la formule de croissance du Transfert canadien en matière de santé. Les sommes transférées aux provinces continueront à augmenter de 6 % par année jusqu’en 2017, mais n’augmenteront par la suite qu’au niveau de croissance économique, avec un taux de croissance minimum de 3 %. Quant au transfert canadien en matière de programmes sociaux (éducation postsecondaire, aide sociale et aide à la petite enfance), sa hausse se maintiendra à 3 % par année. Finalement, la péréquation croîtra au rythme du PIB.

Les réactions à cette nouvelle furent pour le moins variées. D’un côté, la plupart des ministres provinciaux n’étaient pas contents, pour deux raisons. Tout d’abord, ils considèrent que la hausse à compter de 2017 ne pourra compenser l’augmentation des besoins dus au vieillissement de la population et aux nouveaux médicaments et équipements qui font augmenter les dépenses en santé à un rythme beaucoup plus élevé que celui du PIB. Ensuite, plutôt que ces sommes soient réparties en fonction des besoins, elles le seront à partir de 2014 directement en fonction de la population.

«Québec calcule que ce mode de financement lui fera perdre environ 200 millions de dollars et que, au total, cela représentera un milliard de dollars de plus pour l’Alberta à elle seule.»

Tiens donc, l’Alberta sera la grande gagnante! Étonnant non?

De l’autre côté, certains commentateurs approuvent l’annonce de Jim Flaherty. Au premier plan, André Pratte, de La Presse prétend que Ottawa a raison :

«Si l’on continue de laisser augmenter les dépenses en santé plus vite que la croissance économique (donc plus vite que les revenus de l’État), les gouvernements devront sabrer dans leurs autres missions pour satisfaire l’insatiable bête. (…) Au lieu de crier au meurtre, les provinces devraient elles-mêmes appliquer les freins.»

À ma grande surprise, même Manon Cornellier du Devoir, approuve l’annonce du gouvernement fédéral dans un article cadenassé, Le beurre et l’argent du beurre.

«La proposition fédérale a toutefois ses mérites. Comme le gouvernement Martin l’avait fait en 2004, le gouvernement Harper s’engage à long terme, offrant ainsi aux provinces une prévisibilité essentielle à la planification de services aussi complexes que ceux de santé. (…) Entre-temps, elles [les provinces] ont quand même de quoi se réjouir, en particulier le Québec, puisque ce cadre ne prévoit aucune condition (d’où l’absence de négociations). La Loi nationale sur la santé demeure en vigueur, mais ça s’arrête là. (…) Cela n’a pas échappé à ceux, nombreux au Canada anglais, qui veulent voir Ottawa jouer les chefs d’orchestre et utiliser ses fonds pour pousser les provinces à entamer certaines réformes.»

Et alors…

Manon Cornellier a un point. En effet, les provinces savent à quoi s’attendre : elles recevront moins que leurs besoins. Je suis par contre en complet désaccord avec elle, car savoir qu’on ne pourra plus recevoir une contribution fédérale qui permettent de satisfaire aux besoins n’est pas une grande consolation. Les ministres provinciaux qui se sont insurgés contre cette décision ont bien raison, les besoins augmenteront à un rythme bien plus élevé que la croissance du PIB.

Je comprends davantage la position d’André Pratte. Lui, il veut vraiment que l’État mette les freins dans le financement des services publics. Même s’il ne le dit pas explicitement dans cet éditorial, il prône l’augmentation de la présence du privé dans la santé. De fait, si les transferts fédéraux financent de moins en moins l’augmentation des coûts de santé, la décision du gouvernement fédéral mettra de la pression pour diminuer la présence de l’État dans la santé et pour l’imposition d’encore plus de tarifs ou de «tickets modérateurs», voire de diminution de services couverts par le régime public.

Je rappelle au besoin que la part du financement privé dans la santé au Québec est passé de 17,5 % en 1979 à 29,5 % en 2011 (une augmentation de près de 70 %), comme on peut le voir à la page 159 de ce document de l’Institut canadien d’information sur la santé. Mais, pour certains, cette hausse n’est pas suffisante…

Et si on paie de moins en moins de services avec nos impôts, les besoins seront tout aussi criants. À moins qu’on ne trouve la recette magique organisationnelle qu’on cherche depuis des lustres sans la trouver, ce qu’on ne paiera pas avec nos impôts, on devra le payer avec notre argent. Quelle est la différence alors? Ceux qui n’ont pas assez d’argent ne pourront pas se les payer…

Est-ce l’objectif? Bien sûr que non! On vise l’efficacité du secteur privé, bien sûr, comme dans la construction, le génie et l’informatique…

Appendrons-nous un jour de nos erreurs?

24 Commentaires leave one →
  1. 24 décembre 2011 0 h 29 min

    Nous apprenons, via la CBC, que le prince Phillip vient de se faire opérer d’urgence, à 90 ans, pour un problème cardiaque.Bon. Est-ce que ma mère pourrait bénéficier des mêmes soins de qualité payés par mes impôts, pour le même âge? Nous avons la même reine, non?

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  2. 24 décembre 2011 7 h 22 min

    «Est-ce que ma mère pourrait bénéficier des mêmes soins de qualité payés par mes impôts, pour le même âge?»

    Elle peut-être, mais pas une personne qui aura cet âge dans 30 ans! Surtout si les dépenses en santé n’augmentent qu’au niveau du PIB… Sérieusement, je ne sais pas s’ils opéreraient une personne de cet âge, même maintenant.

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  3. youlle permalink
    24 décembre 2011 10 h 44 min

    @ Darwin

    "Je comprends davantage la position d’André Pratte. Lui, il veut vraiment que l’État mette les freins dans le financement des services publics. Même s’il ne le dit pas explicitement dans cet éditorial, il prône l’augmentation de la présence du privé dans la santé."

    Bien sûr! Son patron lui ordonne de le faire.

    "…on devra le payer avec notre argent. Quelle est la différence alors? "

    La différence ira en profit dans les poches des compagnies d’assurances dont beaucoup sont détenues par Power.
    ———

    "Sérieusement, je ne sais pas s’ils opéreraient une personne de cet âge, même maintenant."

    D’après ce que me dit ma compagne tout dépend de l’état de santé de la personne. Si la personne a de bons espoirs d’avoir quelques années devant elle on interviendra probablement, ce qui est plutôt rare à cet âge. Souvent c’est la famille qui exige l’intervention et souvent à tort.

    En fait c’est du cas par cas.

    Sous toutes réserves car je ne suis pas un spécialiste en la matière.

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  4. 24 décembre 2011 11 h 08 min

    @ Youlle

    «Sous toutes réserves car je ne suis pas un spécialiste en la matière.»

    J’avais la même perception que vous.

    «La différence ira en profit dans les poches des compagnies d’assurances dont beaucoup sont détenues par Power. »

    Les profits et aussi les coûts d’aministration beaucoup plus élevés que dans le public.

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  5. youlle permalink
    24 décembre 2011 19 h 18 min

    J’ai écris:

    "Souvent c’est la famille qui exige l’intervention et souvent à tort."

    Justement un exemple.

    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201112/23/01-4480445-cancer-pediatrique-tourner-le-dos-a-ses-medecins.php

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  6. 24 décembre 2011 19 h 49 min

    «Justement un exemple.»

    Ouais, j’ai lu cet article. Déplorable…

    «Car l’orthopédagogue et la graphiste sont convaincus qu’un dérivé du blé peut sauver leur fils – sans douleur – et jurent que c’est ce même produit qui a fait rétrécir la tumeur.»

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  7. 25 décembre 2011 5 h 44 min

    Dégoutant tout cela.
    Belle philosophie sociale, si t’as pas d’argent crève. Il y a assez qu’on t’as enduré toute ta vie active sans faire trop d’argent avec toi, maintenant que t’es fini, user, malade, plus bon à rien, débarrasse.
    Après tout, c’est votre bien que nous voulons. Pourquoi continuer à souffrir de la pauvreté aussi bien mourir à la première occasion qui se présente. Ainsi pour une fois dans votre vie sale pauvre, vous allez contribuer socialement en faisant économiser vos concitoyens. De plus on achève bien les chevaux aussi bien le faire avec les humains.

    Bon moyen de se débarrasser des pommes pourries de notre société.

    Mes p’tits problèmes au travail, c’est rien à comparer ce qui m’attend dans pas grand temps lorsque l’heure de la retraite sonnera et que je serai malade.

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  8. 25 décembre 2011 9 h 45 min

    Mais, là, c’est Nowell! Tout le monde s’aime! Même les pauvres! Jusqu’à demain…

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  9. 25 décembre 2011 11 h 54 min

    Au lieu de crier au meurtre, les provinces devraient elles-mêmes appliquer les freins.

    La solution, c’est pas les PPP. C’est pas la privatisation des soins de santé.

    C’est le couperet! Dès qu’un individu n’est plus productif, on cesse de le soigner! "Mettre les freins", comme dirait André Pratte, c’est ça! [[[sarcasme]]]

    Surtout quand on sait que la population vit de plus en plus vieux et que la pyramide des ages est en train de s’inverser – ce qui, en soi, devrait provoquer une augmentation considérable des soins de santé.

    Heul’sais, j’vieillis! Le body n’est plus sous garantie, les "bolts" sautent tout partout, la transmission ne transmet plus autant, les yeux "éclairent" moins loin, le moteur pompe l’huile mais la "cerveau"-direction tient le coup.

    Dire qu’à 50 ans, ma consommation annuelle de médicaments se limitait à 5 aspirines, 2 advil, deux sachets de pastilles pour la toux, 4 cuillerées de sirop pour la toux et une gorgée d’eau noyée dans le gin (ou l’inverse), pour les grippes d’homme. Alors qu’aujourd’hui, à moi seul, je fais vivre un demi-pharmacien…

    = = =

    Le privé, je n’y crois pas vraiment. Quand il existe deux manières de faire face à un problème médical, le privé va TOUJOURS choisir celle qui est la moins coûteuse à court terme, même si c’est la plus coûteuse à long terme.

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  10. 25 décembre 2011 12 h 02 min

    @Darwin

    Ça tombe drette (!) dans le sujet: le billet de Nouwell du Minarchiste parle de l’un de mes billets et de la réponse que vous y fîtes chez moi… en juin 2011.

    http://minarchiste.wordpress.com/2011/12/25/que-ferions-nous-sans-etat-providence/

    Y a pas à dire, voilà un plat de Nouwell que le cuisinier aura laissé mijoter longtemps!
    Aaaah, les joies du slo-couquinge (slow cooking)!

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  11. 25 décembre 2011 12 h 56 min

    @ Papitibi

    «le billet de Nouwell du Minarchiste parle de l’un de mes billets et de la réponse que vous y fîtes chez moi… en juin 2011.»

    Merci de m’avoir avisé de ce billet.

    Actuellement, environ 50 millions de citoyens des États-Unis ne sont pas couverts par des assurances. Un des problèmes est que les sociétés d’assurance – qui sont la première raison du coût beaucoup plus élevé de la santé aux États-Unis qu’au Canada (selon ce site, 16,73 % du PIB en 2010, par rapport à 11,44 % au Canada) – refusent de couvrir les «conditions préexistantes». C’est justement sur l’interdiction de ces refus que repose la réforme de la santé proposée par Obama, réforme que les républicains qualifient de socialiste.

    Et c’est la solution que nous propose Minarchiste, si j’ai bien compris :

    «En fait, ce que les gauchistes négligent de considérer est que les soins et services prodigués aux démunis ne sont pas gratuits. Ils sont financés par une assurance publique payée par les contribuables. Or, cette assurance pourrait très bien être privée et financée par les assurés eux-mêmes, comme n’importe quelle autre assurance»

    …le tout assorti d’une «société d’aide mutuelle» qui n’existe plus, selon lui, depuis plus de 90 ans!. Et cela coûterait moins cher qu’actuellement et serait plus efficace? En outre, j’aimerais bien voir ce que propose vraiment un programme d’un parti libertarien à ce sujet…

    En proposant des choses aussi saugrenues, je trouve qu’il dévie en effet la discussion sur autre chose, avec un nombre assez effarent de «supposons». Au moins, il convient que : «Cette forme de soutien étatique n’est pas une cause significative des problèmes de société auquel nous faisons face présentement, incluant un déficit fiscal aberrant et un endettement à faire pleurer.». Heureusement, car, avec ses solutions, c’est le niveau encore plus préoccupant de la dette des ménages qui augmenterait encore plus !

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  12. jack permalink
    25 décembre 2011 13 h 20 min

    Je ne sais pas vraiment que penser de cette annonce. Les opinions fusent mais les informations sont très difficiles à trouver. Et j’aimerais avoir certaines informations avant de me prononcer.

    Pour ce qui est du billet, je commenterais certaines phrases ainsi:

    "…Jim Flaherty, a informé cavalièrement ses collègues provinciaux qu’il modifiera sans discussions ni négociations la formule…"

    Est-ce bien? Non. Suis-je surpris? Non. C’est absolument conforme aux habitudes du gouvernement actuel.

    "Les sommes transférées aux provinces continueront à augmenter de 6 % par année jusqu’en 2017, mais n’augmenteront par la suite qu’au niveau de croissance économique, avec un taux de croissance minimum de 3 %."

    Là, je soupçonne (j’aimerais vérifier mes soupçons avec une formule de calcul exact mais je ne l’ai pas trouvée) qu’il y a un problème quant à la définition du terme "croissance économique".

    Pour moi la croissance économique est égale à la croissance du PIB en dollars constants. Par conséquent si l’énoncé est exact avec mes définitions alors si en 2018 la croissance économique est de 3% alors que l’inflation est à 10%… la contribution fédérale diminuerait de 7% en termes réels. Bien sûr c’est totalement inacceptable. J’espère donc qu’il y a une différence entre ce que je comprends de la formulation officielle et la réalité.

    "Si l’on continue de laisser augmenter les dépenses en santé plus vite que la croissance économique (donc plus vite que les revenus de l’État),…"

    Voilà qui alimente mon doute: les revenus de l’état augmentent selon la croissance économique, j’en conviens, mais aussi selon l’inflation. Par exemple: avec une croissance économique nulle et un taux d’inflation de 4% les revenus de l’état augmentent.

    Dans toute cette histoire on dirait (hypothèse…) que l’expression "croissance économique" signifie "croissance du PIB nominal".

    Tant que je n’aurai pas vu exactement la façon de calculer je réserve mon opinion.

    "«Québec calcule que ce mode de financement lui fera perdre environ 200 millions de dollars et que, au total, cela représentera un milliard de dollars de plus pour l’Alberta à elle seule.»"

    Encore une fois il me manque d’informations pour que je me prononce. J’aimerais connaître le "avant" et le "après" qui mènent à ces chiffres.

    Il est peut-être (je dis bien peut-être) légitime d’augmenter les contributions à l’Alberta. En effet, de 2000 à 2010, la population québécoise est passée de 7,357 millions à 7,907 millions, soit une augmentation de 7,5% en dix ans. Durant la même période l’augmentation en Alberta a été de 24%. Les transferts fédéraux ont-ils suivi cette évolution de population? Je ne le sais pas. Un changement de méthode de calcul s’impose-t-il? Je ne le sais pas.

    Mais je sais que la façon de le faire ne me plaît pas.

    Pour terminer (c’est incroyable ce que je peux écrire en admettant dès le départ que je ne sais rien…) j’avoue ne pas savoir quelle proportion des coûts de la santé doit être assumée par le fédéral. Si une province décide d’être plus généreuse en payant, disons… comme ça, au hasard… les vasectomies ou les fécondations pour couples infertiles… le fédéral doit-il obligatoirement faire payer les autres provinces? Ou est-ce la responsabilité des provinces de financer les "nouveaux" services offerts? Je ne le sais pas.

    Bref, je ne sais rien. Sauf que les informations précises sur ces méthodes de calcul sont beaucoup plus difficiles à trouver que les opinions… ce qui en dit long sur notre société de l’information.

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  13. 25 décembre 2011 13 h 48 min

    @ Jack

    «Pour moi la croissance économique est égale à la croissance du PIB en dollars constants.»
    «Dans toute cette histoire on dirait (hypothèse…) que l’expression “croissance économique” signifie “croissance du PIB nominal»

    En fait, non, le calcul des transferts est fait en dollars courants (ou PIB nominal). Mais, calculé d’une façon ou de l’autre, cela change peu de choses, sauf pour l’application du 3 %, où, là, vous avez raison, la différence peut être assez monumentale. Si l’inflation est de 4 %, le PIB nominal augmentera de 4 % de plus que le PIB réel, donc les transferts aussi, mais cette somme vaudra en fait 4 % de moins…

    Voici le texte exact :

    «À compter de 2017-2018, le TCS augmentera en fonction d’une moyenne mobile de croissance sur trois ans du produit intérieur brut (PIB) nominal et le financement croîtra à un taux minimum de 3 % par année. Tenant compte de la tendance à long terme, ce taux de croissance pourrait se situer aux environs de 4 % par année.»

    «c’est incroyable ce que je peux écrire en admettant dès le départ que je ne sais rien…»

    Vous posez de bonnes questions, ce n’est pas rien, bien au contraire! Par exemple sur les liens entre les coûts des services de santé, le nombre de services offerts et la hausse de la population (j’ajouterais la structure d’âge de cette population). Je n’ai pas non plus les données «avant-après», ni la base de ces calculs. Je demeure tout de même méfiant quand je vois que c’est encore l’Alberta, la province la plus riche, qui sortira gagnante de ces changements…

    «Sauf que les informations précises sur ces méthodes de calcul sont beaucoup plus difficiles à trouver que les opinions»

    Vrai. ce qui amène bien des gens à répéter et répéter encore que l’argent que le Québec reçoit en péréquation vient des sables bitumineux… Et, en fait, l’information disponible montre que c’est faux…

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  14. jack permalink
    25 décembre 2011 17 h 01 min

    "À compter de 2017-2018, le TCS augmentera en fonction d’une moyenne mobile de croissance sur trois ans du produit intérieur brut (PIB) nominal et le financement croîtra à un taux minimum de 3 % par année. "

    Eh bien voilà, c’est la croissance du PIB nominal qui donne la croissance du TCS. Ce n’est pas, tel que je l’anticipais, la croissance économique. Voilà qui est beaucoup plus clair, quoique je n’aime pas vraiment l’expression "en fonction" qui pourrait laisser place à interprétation. On pourrait facilement argumenter, par exemple, qu’une hausse des TCS égale à 80% de la hausse du PIB nominal respecte à la lettre l’engagement d’Ottawa.

    Par ailleurs je suis allé voir cette page: http://www.fin.gc.ca/access/fedprov-fra.asp#Principaux pour comparer les TCS du Québec et de l’Alberta. Au Québec, en 2005, le TCS atteignait 5,049 G$ pour 7,582 millions d’habitants, soit 666$ par Québécois. Un calcul semblable donne 1,641 G$/3,322 millions d’Albertains, soit 494$ par Albertain. Un Québécois recevait 35% de plus qu’un Albertain. Je ne sais pas pourquoi.

    En 2010 j’arrive à 770$ par Québécois contre 543$ par Albertain. 42% de différence. Je ne sais pas pourquoi.

    Peut-être la pyramide d’âge, mais ça ne m’apparaît pas clair.

    Pour moi, une façon d’avoir des TCS "honnêtes" serait de déterminer un montant par tranche d’âge qui serait le même pour toutes les provinces. Par exemple: 500$ par citoyen de 0 à 20 ans, 200$ par citoyen de 20 à 40 ans, etc… (chiffres fictifs destinés à illustrer le principe).

    Ce serait pas trop pire mais ça avantagerait les provinces où les médecins (et infirmières) sont payés moins cher qui pourrait, ainsi, offrir plus de soins que les autres.

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  15. 25 décembre 2011 17 h 34 min

    @ Jack

    Bizarre, vore comm est tombé dans les «indésirables»…

    «Voilà qui est beaucoup plus clair, quoique je n’aime pas vraiment l’expression “en fonction” qui pourrait laisser place à interprétation»

    Le truc, quand on trouve une expression pas claire dans un texte du gouvernement fédéral, est de regarder l’expression dans la «première» langue officielle

    «Starting in 2017-18, the CHT will grow in line with a three-year moving average of nominal gross domestic product (GDP) growth, with funding guaranteed to increase by at least three per cent per year.»

    «grow in line with» montre que c’est une augmentation égale à la «moyenne mobile de croissance sur trois ans du produit intérieur brut (PIB) nominal».

    «Je ne sais pas pourquoi.»

    Moi non plus! Il faut connaître les critères.

    J’ai lu brièvement ce qu’on en dit ici, mais c’est un peu mêlant, car on parle de l’historique et des changements. D’autres changements ont été apportés par la suite au profit de l’Ontario (ça me rappelle quelque chose, dans les nouvelles à l’époque…)! Et il semble qu’il faut aussi consulter la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces.

    «Pour moi, une façon d’avoir des TCS “honnêtes” serait de déterminer un montant par tranche d’âge qui serait le même pour toutes les provinces.»

    C’est sûrement un bon début, mais, pour proposer quelque chose, il faudrait avoir une meilleure connaissance de l’historique, et là, j’abandonne! Je pensais à la contribution fédérale à l’aide sociale, mais elle fait maintenant partie du «Transfert canadien en matière de programmes sociaux».

    «Ce serait pas trop pire mais ça avantagerait les provinces où les médecins (et infirmières) sont payés moins cher qui pourrait, ainsi, offrir plus de soins que les autres.»

    Cela relève de l’organisation des soins, donc des provinces. Normalement, cela ne doit pas jouer.

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  16. jack permalink
    25 décembre 2011 20 h 07 min

    "D’autres changements ont été apportés par la suite au profit de l’Ontario "

    Curieux: lorsque je consulte ce lien j’ai plutôt l’impression que l’on corrige une injustice dont l’Alberta est victime. Je ne vois pas en quoi cela profite à l’Ontario.

    Par contre lorsque je remonte un peu dans ce document je crois comprendre quelque chose: la figure 2 semble montrer que les transferts vers l’Alberta sont moindres en raison de transferts de points d’impôt. Curieux mais intéressant.

    Ça me fait penser à une autre façon tout à fait honnête de faire les TCS: puisque la santé est de compétence provinciale l’idéal est de transférer les points d’impôt aux province, tout simplement.

    (la figure 3 comporte-t-elle une erreur? la ligne tracée à 386$/hab passe au-dessus du 424$/hab de l’Ontario. Pour IPE, NE, NB, Qc, Man le total donne bien 386 ou 387, mais pour l’Ontario il faudrait soustraire le 37$ indiqué. Et pourquoi TNL, Sask et CB n’ont-ils pas de portion bleue dans le graphique?)

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  17. 25 décembre 2011 20 h 58 min

    @ Jack

    «lorsque je consulte ce lien j’ai plutôt l’impression que l’on corrige une injustice dont l’Alberta est victime. Je ne vois pas en quoi cela profite à l’Ontario.»

    Mon lien montrait en effet l’Alberta. Le gain de l’Ontario est montré un peu plus haut, dans le tableau 2, dans les engagements de 2009 (http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/2011-02-f.htm#a5).

    «la figure 3 comporte-t-elle une erreur?»

    La figure 3 ne montre pas toutes les sources. Je dois avouer que la notion des points d’impôts ajoutée à tout cela (1 point d’impôt ne rapporte pas le même montant par habitant dans chaque province) ajoute de la confusion. J’ai l’impression qu’on n’a mis que la portion de la péréquation qui est octroyée pour cette raison (transfert en santé), pas le total. Je l’ai dit, je ne possède pas ce dossier. Cela me demanderait des jours pour m’y retrouver!

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  18. Benton permalink
    27 décembre 2011 10 h 21 min

    Krugman a comparé le système de santé privé américain avec Medicare depuis sa création voilà environ 40 ans.
    Augmentation moyenne du système privé: 10%
    Augmentation de Medicare: 5%

    Il en vient à la conclusion que le public contrôle mieux ses coûts que le privé et que l’efficacité du privé n’est qu’un mythe.

    Parallèlement, le rapport annuel de OMS (2008) confirme qu’au niveau mondial, les coûts d’administration d’un système privé sont beaucoup élevés que d’un système public universel.

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  19. 27 décembre 2011 10 h 32 min

    @ Benton

    «Krugman a comparé le système de santé privé américain avec Medicare depuis sa création voilà environ 40 ans.»

    Il a aussi expliqué que les coûts d’administration des assureurs privés est beaucoup plus élevé (genre 3 ou 4 fois plus élevé) que ceux des assureurs publics, essentielleemnt en raison de leurs enquêtes pour refuser les «clients» à risque et de leurs tentatives pour refuser des traitements, bref les services pour lesquels les clients les paient…

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  20. youlle permalink
    27 décembre 2011 12 h 30 min

    @ Darwin

    "Il a aussi expliqué que les coûts d’administration des assureurs privés est beaucoup plus élevé (genre 3 ou 4 fois plus élevé)…"

    Il faut aussi compter les coûts de publicité des compagnies d’assurances qui souvent sont astronomiques pour s’arracher les clients.

    Aux USA le patient paye le gros prix pour être refusé, il paye pour être enquêté. Il paye le gros prix pour que sa compagnie d’assurance puisse lui dire qu’ils sont là et les meilleurs.

    Tous ces coûts n’existent pas pour les services que les citoyens se sont votés et se payent via l’état. Les libertariens, anarchistes, minarchistes, et tous les modèles appellent ça du vol.

    Les gens de droite profonde et les libertariens n’ont pour argument que le gouvernement est mal administré. C’est complètement faux. Oui il y beaucoup de défauts dans l’administration publique, mais il y en encore bien plus en entreprises privées.

    C’est sans compter les coûts du privé que personne n’achèterais mais que la population doit payer en achetant leurs produits.

    Évidemment aussi leur fameuse liberté individuelle, une perversion en ce qui a rapport à l’être humain qui tout au contraire est sociable et qui a vécu en groupe, en tribu depuis plusieurs dizaines de milliers d’année.

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  21. 27 décembre 2011 18 h 19 min

    @ Youlle

    «Il faut aussi compter les coûts de publicité des compagnies d’assurances qui souvent sont astronomiques pour s’arracher les clients.»

    Sûrement, mais certaines sont de quasi monopoles dans quelques états. Et elles ne voulaient surtout pas de concurrence de la part de l’État, comme le plan initial d’Obama le prévoyait, au moins dans les états sans concurrence réelle. Et, bien sûr, Obama a reculé…

    «Évidemment aussi leur fameuse liberté individuelle, une perversion en ce qui a rapport à l’être humain qui tout au contraire est sociable et qui a vécu en groupe, en tribu depuis plusieurs dizaines de milliers d’année.»

    Ça rejoint tout à fait l’analyse de Jacques Généreux dans La dissociété.

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  22. youlle permalink
    27 décembre 2011 20 h 07 min

    @ Darwin

    "Sûrement, mais certaines sont de quasi monopoles dans quelques états."

    Et combien sa coûte au patient pour que ces entreprises qui ont le monopole le gardent?

    Pensez-vous que Molson et Labatt ont besoin de gros tapage publicitaire pour vendre de la bière aux patients du Québec?
    Pensez-vous qu’ils en vendraient moins aux patients s’ils coupaient le budget de publicité?

    Voilà de la mauvaise administration.
    Ils jugent que s’ils arrêtaient ils perdraient des patients. Ils ne prennent pas de chance ou ne donnent pas de chance. Encore une fois, c’est le patient qui paye.
    Comme les pharmas ou Québec, 37% de publicité. Ben sur que les patients vont arrêter de prendre des pilules s’ils coupent la pub.

    Et Le Minarchiste machin truc qui n’est pas anarchiste ni monarchiste écrit qu’il n’est pas désarçonné. Je comprends bien, les libertariens n’ont jamais été en selle. Ils n’ont même jamais vu un cheval de leur vie.

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  23. 27 décembre 2011 20 h 37 min

    @ Youlle

    «Et combien sa coûte au patient pour que ces entreprises qui ont le monopole le gardent?»

    Mollo, nous disons la même chose! Pour les budgets de publicité, j’aimerais simplement voir des données. Je ne dis pas qu’elles n’en font pas, je ne le sais pas et ne sais surtout pas quel % de leurs revenus cela représente. Et je me fie pas mal à Paul Krugman à ce sujet :

    «The great advantage of universal, government-provided health insurance is lower costs. Canada’s government-run insurance system has much less bureaucracy and much lower administrative costs than our largely private system. Medicare has much lower administrative costs than private insurance. The reason is that single-payer systems don’t devote large resources to screening out high-risk clients or charging them higher fees. The savings from a single-payer system would probably exceed $200 billion a year, far more than the cost of covering all of those now uninsured.»

    «Le grand avantage de l’assurance maladie universelle, fournie par le gouvernement est de réduire les coûts. Le système canadien d’assurance géré par le gouvernement a beaucoup moins de bureaucratie et des coûts administratifs beaucoup plus bas que notre système largement privé. Medicare a des coûts administratifs beaucoup plus bas que l’assurance privée. La raison est que les systèmes à payeur unique ne consacrent pas d’importantes ressources au dépistage des clients à risque élevé ou de leur appliquer des frais plus élevés. Les économies réalisées grâce à un système à payeur unique dépasseraient probablement 200 milliards de dollars par an, bien plus que le coût de la couverture tous ceux qui ne sont pas actuellement assurés.»

    Mais c’est évident que leur situation de quasi-monopoles leur permet de vendre bien plus cher!

    «Et Le Minarchiste machin truc qui n’est pas anarchiste ni monarchiste écrit qu’il n’est pas désarçonné.»

    Vous avez vu… Non, il n’est pas désarçonné, mais il a drôlement changé de sujet! Tout d’un coup, l’abolition de l’aide étatique aux démunis n’est plus sa priorité et il sort une formule qui date de 90 ans et qui n’existe plus!

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  24. youlle permalink
    27 décembre 2011 21 h 10 min

    @ Darwin

    "Je ne dis pas qu’elles n’en font pas, je ne le sais pas et ne sais surtout pas quel % de leurs revenus cela représente.

    Et le lobbying en plus. Combien depuis avant l’élection d’Obama?

    "Tout d’un coup, l’abolition de l’aide étatique aux démunis n’est plus sa priorité et il sort une formule qui date de 90 ans et qui n’existe plus!"

    Ouais il a sauté en bas du cheval avant de tomber, mais si on relis, ce n’est plus une priorité mais c’est dans le programme.

    J'aime

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