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Les jeunes font leur part!

24 février 2012

Nous avons reçu un courriel cette semaine d’un admirateur (en fait, il disait n’être que très rarement d’accord avec nous…) qui se demandait comment il se faisait que nous n’avions encore rien écrit sur le sujet de l’heure pour la gauche, soit les droits de scolarité. En fait, il voulait connaître notre opinion. Je lui ai simplement suggéré le lire le billet que j’ai écrit sur le sujet en septembre 2010.

C’est d’ailleurs en raison de ce billet que je n’ai pas écrit à nouveau sur ce sujet. C’est un peu nono, car il est plus que probable que ceux qui fréquentent ce blogue maintenant ne l’ont jamais lu… ou ne s’en souviennent pas! Mais, bon, j’évite en général de me répéter, en tout cas volontairement. De toute façon, je l’ai relu et j’ai vraiment peu de choses à ajouter. Un peu quand même…

C’est la loi de la moyenne qui ne fait pas sa part!

L’argument qui revient le plus souvent ces jours-ci, est que les jeunes doivent faire leur part (je viens encore d’entendre Jean Charest le répéter; lui, ça ne le dérange pas de se répéter!), car ils bénéficieront personnellement d’un revenu supérieur grâce à leurs études. À cela, la gauche répond en général qu’il est ridicule de demander aux personnes de payer quand ils n’ont pas d’argent, qu’il est préférable d’attendre qu’ils en fassent et que l’impôt, surtout si on rétablissait les paliers d’imposition d’il y a 15 ou 20 ans, avant les baisses d’impôt octroyés depuis, irait les cotiser proportionnellement aux revenus réels dont ils bénéficieront grâce à leurs études. Je suis bien sûr d’accord avec cet argument.

Pour calculer la valeur monétaire de l’«investissement» fait par les jeunes en étudiant à l’université, les promoteurs de la hausse des droits de scolarité se servent de moyennes de revenus de diplômés en les comparant à la moyenne de revenu de non-diplômés. C’est en comparant des moyennes qu’il en arrivent à dire qu’un diplôme vaut, par exemple, 750,000 $ après impôt, comme le dit ici Pierre Fortin :

«Au Qué­bec, en 2008, le salaire annuel moyen du diplômé universitaire a été de 52 700 dollars ; le salaire du titulaire d’un diplôme d’études secondaires (DES), de 38 900 dollars. L’avan­tage du diplômé universitaire est de 40 %. Sans compter qu’il est deux fois moins souvent au chômage.

Au total, étudier est très payant. Même s’il a entrepris sa carrière cinq ans plus tard, le diplômé universitaire gagnera, dans l’ensemble de sa vie active, un million de dollars (750 000 dollars après impôt) de plus que le diplômé du secon­daire.»

Ils en concluent en général que, même en accumulant des dettes, les études universitaires demeurent un des investissements les plus payants qui existent :

«Tout compte fait, le diplômé universitaire obtient un taux de rendement annuel de 19 % (16 % après impôt) pour l’investissement qu’il a fait dans ses études. Compte tenu des taux d’intérêt actuels sur les marchés (moins de 4 %), on conviendra qu’il s’agit d’un rendement exceptionnel.»

Il y a plusieurs problèmes avec cet argument, en plus du fait (le plus important, en fait!) que ce calcul limite l’avantage des études universitaires à une question monétaire. Tout d’abord, il faudrait comparer le revenu des diplômés universitaires avec ceux du collégial, puisque, pour aller à l’université, il faut en général avoir un diplôme d’études collégial (DEC) : c’est donc avec le revenu de ces diplômés qu’il faudrait comparer, et là, la valeur monétaire de l’«investissement» chuterait. Et tant qu’à y être, comme les diplômés du collégial gagnent plus que ceux du secondaire, on se demande pourquoi ils ne recommandent pas d’imposer des droits de scolarité au collégial… Ouais, je suis peut-être mieux de me taire! Et puis, ne nous arrêtons pas en route! On sait aussi que les diplômés du secondaire gagnent plus que les décrocheurs, alors pourquoi ne pas recommander des droits au secondaire? Et au primaire? Ben quoi, on en demande bien dans les garderies!

L’autre problème, c’est qu’ils utilisent des moyennes et qu’il n’y a pas plus trompeur qu’une moyenne. Certains diplômés feront beaucoup plus que 52 000 $, d’autres beaucoup moins. Je le répète, il n’y a rien de plus simple et de plus équitable que de laisser l’impôt s’occuper automatiquement de faire payer davantage à ceux qui profitent plus de leurs diplômes qu’à ceux qui en profitent moins.

En général, la réponse des promoteurs de la hausse des droits de scolarité à cet argument est de proposer des droits différents, plus élevés pour les programmes qui débouchent sur les emplois les plus payants et moins élevés pour les programmes qui débouchent sur les emplois les moins payants. En fait, cela ne ferait que faire reculer le problème d’un cran : on utiliserait des moyennes par programme au lieu de moyennes globales, avec le même problème au bout du compte : certains en profitent plus que d’autres et seul l’impôt règle ce problème sans se casser la tête! Je m’en viens comme Jean Charest, je me répète!

On se trompe d’univers…

En plus, cet argument compare le coût de la scolarité pour l’ensemble des personnes qui paient des droits de scolarité, soit celles qui accèdent à l’université, avec les revenus de seulement ceux qui obtiennent un diplôme. Or, même M. Fortin sait qu’il ne s’agit pas du même univers, il en parle même dans l’article que j’ai cité plus tôt.

Vers la fin de son article, il montre un tableau où on peut voir que 46 % des jeunes accèdent à l’université, mais que seulement 28 % obtiennent un diplôme, donc que le taux de réussite est de 61 %. Mais, cela veut dire que 39 % des jeunes qui accèdent à l’université payent des droits de scolarité sans pouvoir bénéficier des avantages de la moyenne des diplômés, puisqu’ils ne le deviennent jamais! Son calcul avec les moyennes ne tient même pas compte de ceux qui bénéficient le moins de leurs «investissements»! Bon, je voulais faire ce calcul avant même de lire son article, mais je n’arrivais pas exactement à ses chiffres avec les données du MELS : on voit un taux de 43 % à 44 % pour l’accès et de 32 % à 33 % pour la réussite, pour un taux de réussite d’environ 75 %, donc un taux de jeunes qui ne bénéficient pas des avantages de la diplômation de 25 %. Mais, peu importe, l’idée demeure la même, la moyenne, encore plus quand elle exclut les moins avantagés, ne tient pas compte de la disparité des avantages qu’on peut retirer d’un diplôme : seul l’impôt permet l’adaptation parfaite entre les avantages qu’une personne retirera de ses études et le montant qu’elle versera à l’État en compensation.

Et alors…

Je dois revenir ici sur le fait que je déteste parler de l’éducation uniquement en fonction des avantages monétaires qu’elle procure. Éric Martin et Simon Tremblay-Pepin de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) expliquent très bien cette réticence : l’éducation universitaire vise en premier lieu des objectifs qui n’ont rien à voir avec le fait de fournir de la main-d’œuvre bien formée aux employeurs, soit de former des citoyens et d’assurer «la transmission du patrimoine scientifique et culturel de l’humanité et l’approfondissement de la connaissance.».

Et quand les promoteurs de la hausse des droits de scolarité parlent d’investissement dans son éducation, ils oublient que l’investissement le plus important que les jeunes font n’est pas de donner de l’argent, mais d’y consacrer du temps, beaucoup de temps… Alors, oui, ils font leur part!

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26 Commentaires leave one →
  1. 24 février 2012 23:48

    On doit également éliminer par ce biais les études culturelles ou humanistes, dont le rendement est très faible à cette aune, et ne conserver quasiment que des business schools ?

  2. 25 février 2012 00:54

    "L’autre problème, c’est qu’ils utilisent des moyennes et qu’il n’y a pas plus trompeur qu’une moyenne. Certains diplômés feront beaucoup plus que 52 000 $, d’autres beaucoup moins. Je le répète, il n’y a rien de plus simple et de plus équitable que de laisser l’impôt s’occuper automatiquement de faire payer davantage à ceux qui profitent plus de leurs diplômes qu’à ceux qui en profitent moins."

    Rien de plus vrai! Ce seuil de $52000, je l’avais déjà dépassé dans les années 80. Et si j’avais répondu à l’appel des sirènes et déménagé ma p’tite famille à Mourial, j’aurais largement dépassé le seuil du $100000 vers 1985, alors qu’on parle d’une moyenne de $52000 aujourd’hui.

    Mon fils aîné n’avait pas 30 ans qu’il dépassait le $100000 (US)… aux USA. Mais sa femme, elle, n’avait pas le droit de mettre ses deux diplômes universitaires à contribution. Pas de green card, pas de travail! Alors il a accepté un emploi à $60000 et ils sont revenus au Québec, où ses enfants n’ont pas besoin de chanter le Star Spangled Banner tous les matins à l’école. Et sa femme a acquis le statut de "chargée de cours". Mais à 6 heures par semaine, c’est pas très payant. Pourtant, elle a une maîtrise! Alors elle s’est trouvé un job à $45000 / an où elle évite soigneusement de parler de ses diplômes.

    En Abitibi, par les temps qui courent, les mineurs (de mine) ont à 22 ans de meilleurs revenus que la moyenne des diplômés universitaires de 32 ans.

    = = =

    J’avais foi au programme de prêts bourse… même si ma propre progéniture n’a jamais été admissible. Mais l’a dernier, quand la copine du fiston à $100000 a reçu en mars ou en avril le chèque de prêts-bourse dont elle aurait eu besoin en septembre pour payer son loyer et tout le reste, bin… elle a résilié son bail et transporté ses affaires chez son chum (mon fils).

    Aussi longtemps que ce régime de prêts-bourse émettra les chèques d’assistance financière avec 7 ou 8 mois de retard, moi, je veux pas entendre parler d’augmentation des frais de scolarité!

    Les dretteux – certains d’entre eux du moins – parlent d’équité intergénérationnelle et accusent les boomers (dont je suis) de cannibaliser les ressources financières du Québec; pourtant, si je sais compter, en n’augmentant PAS les frais de scolarité, le gouvernement ferait assumer par les boomers et leurs successeurs des dépenses qui enrichiront des adultes de demain et d’après demain. Oh my God!

    = = =

    La seule réserve que je puis exprimer, c’est les étudiants que NOUS formons à grand frais et qui décident d’aller travailler ailleurs avec leurs diplômes de médecin (notamment). Si les jeunes libertariens étaient aussi droits qu’ils le disent, ils accepteraient de rendre des comptes avant de quitter le Québec pour des terres moins contraignantes au niveau fiscal.

    Question d’équité. Après tout, ils ne cessent de nous la mettre sous le nez, l’équité. non?

  3. 25 février 2012 07:20

    @ Jean Trito

    Bienvenue ici!

    «On doit également éliminer par ce biais les études culturelles ou humanistes, dont le rendement est très faible à cette aune, et ne conserver quasiment que des business schools ?»

    On n’en est pas encore rendu là, mais certains le voudraient bien…

    @ Papitibi

    «Alors elle s’est trouvé un job à $45000 / an»

    C’est déjà pas si mal! Pour compenser ceux qui font des 100 000 $ comme votre fils, ça en prend un paquet à 45 000 $ pour en arriver à une moyenne de 52 000 $! Alors il y en a sûrement (plus que sûrement, j’en connais) qui font bien moins que ça!

    «les mineurs (de mine) ont à 22 ans de meilleurs revenus que la moyenne des diplômés universitaires de 32 ans.»

    Ceux-là font augmenter la moyenne de 39 000 $ mentionnée par Pierre Fortin. Cela montre qu’il y des gens qui font bien moins que ça!

    «Aussi longtemps que ce régime de prêts-bourse émettra les chèques d’assistance financière avec 7 ou 8 mois de retard, moi, je veux pas entendre parler d’augmentation des frais de scolarité!»

    Même s’il les envoyait à temps (en fait, c’est du dépôt direct maintenant, mais on se comprend…), ce qui arrive quand même assez fréquemment, il y a trop de critères et d’exclusions pour que ce soit vraiment efficace. Et, le plus ironique, c’est que toutes ces hausses rapporteront bien peu aux universités :

    Droits de scolarité : une hausse qui nuit beaucoup et rapporte peu

    «La seule réserve que je puis exprimer, c’est les étudiants que NOUS formons à grand frais et qui décident d’aller travailler ailleurs avec leurs diplômes de médecin (notamment).»

    D’une part, il y en a bien peu : j’en ai parlé dans un autre billet. D’autre part, nous «volons» bien plus de cerveaux formés ailleurs que nous en perdons. Nous sommes donc loin d’être perdants au change. Malheureusement, nous ne les laissons pas suffisamment les utiliser ici, mais, ça, c’est un autre débat!

  4. 25 février 2012 08:55

    Dans le fond, si les cerveaux qui fuient s’en vont aux États-Unis, c’est une économie non? ;)

    Sans rire, ces mouvements sont assez minimes et n’influencent pas sérieusement, contraindre les gens à un contrat de service d’une longueur déterminée avec l’État, ça fait "soviétique" pour vrai.

    Cette semaine, les ptits représentants étudiants libéraux, larbins en herbe, sont venu tenter de nous faire croire que quand on paye nos études, on les apprécie plus et on fait mieux!

    Ben oui! On est tous des valises!

  5. 25 février 2012 09:01

    Ô comme je suis surprise ce matin, le mouvement des étudiants socialement responsables sont des larbins de Charest!

    Big scoop!

  6. 25 février 2012 09:14

    «le mouvement des étudiants socialement responsables sont des larbins de Charest!»

    Au début, quand ces liens sont sortis, je pensais qu’il n’était pas étonnant qu’il y ait des liens normaux entre ce mouvement et le PLQ. Il n’est en effet pas anormal que des gens qui militent pour le PLQ militent aussi pour la hausse des droits de scolarité. Après tout, bien des militants de QS militent aussi pour la gratuité scolaire.

    Mais, j’ai vu ce matin un petit article qui vient apporter un élément supplémentaire sur les liens entre le PLQ et ce mouvement :

    «Alors que la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, jurait jeudi qu’elle n’avait jamais rencontré les membres du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec (MESRQ), une photo circulant sur les réseaux sociaux la montre aux côtés d’un porte-parole de l’association.»

  7. 25 février 2012 09:23

    "Par ailleurs, le mouvement aurait eu une rencontre privée avec le ministre des Finances, Raymond Bachand, il y a quelques semaines, au sujet de la hausse des droits de scolarité, a appris le Journal de Montréal. "

    Ahem ahem!

  8. 25 février 2012 10:46

    Hummm… la photo à laquelle réfère Darwin à 9h14 date d’août 2010. Même pas l’an dernier, mais l’année d’avant. Pour tout dire, la préhistoire!

    Madame la ministre n’était pas vice P-M, et le tit-gars n’était peut-être pas encore un étudiant socialement engagé dans le mouvement estudiantin-en-faveur-des-frais-de-scolarité-élevés-pcq-popa-a-les-moyens-de-payer…

    C’était jusse une belle jeunesse libérale. Un futur Mario Dumont, peut-être?

  9. 25 février 2012 10:56

    @ Papitibi

    «C’était jusse une belle jeunesse libérale.»

    J’ai seulement dit que cela apporte un élément de plus allant dans le sens de l’action concertée. Je réitère qu’il est normal que des gens qui ont au départ des affinités politiques aient des affinités politiques. C’est la négation par Mme Beauchamp et M. Bachand qui est anormale et suspecte!

  10. 25 février 2012 11:09

    C’est juste de la belle jeunesse libérale qui se réunit avec Bachand de temps en temps en privé pour parler de hausse de scolarité…..une série de coïncidences sans incidence….

    Lire mon 9:23 SVP!

  11. 25 février 2012 11:27

    «une série de coïncidences sans incidence….»

    Non, c’est significatif, c’est sûr. Mais, ils appartiennent au même parti. Cela ne m’étonne pas qu’ils se concertent pour faire passer leur idéologie. C’est la négation de ces rencontres qui me semble le plus suspecte et qui font le plus penser à de la concertation, voir à l’organisation d’événements planifiés.

    Autre chose qui m’a choqué (mais pas surpris!), c’est la première page de La Presse accordée à une membre de ce mouvement et les lettres d’opinions toutes en faveur de la hausse! On pourrait penser que les opposants à la hausse ne savent pas écrire, mais on peut très bien les lire dans le Devoir!

  12. jack permalien
    25 février 2012 12:31

    Excellent billet. J’aime!

    "Nous avons reçu un courriel cette semaine d’un admirateur (en fait, il disait n’être que très rarement d’accord avec nous…) "

    Je ne suis pas cet admirateur mais sur ce point je lui ressemble. Très rarement en accord est sans doute un peu exagéré; je suis plutôt rarement d’accord mais je suis parfois d’accord. Mais je suis un admirateur. Ça ne fait aucun doute.

    "…(je viens encore d’entendre Jean Charest le répéter…"

    N’est-ce pas là la job d’un élu? Répéter sans cesse n’importe quoi pour le faire croire à la population?

    La phrase que je viens d’écrire pourrait être interprétée comme une forme d’humour. Ce l’est un peu, j’avoue. Mais le fond de vérité domine ma pensée.

  13. 25 février 2012 13:28

    @ Jack

    «Je ne suis pas cet admirateur mais sur ce point je lui ressemble.»

    Pas sûr, c’était ironiquement que j’ai écrit «admirateur». Sauf erreur, il était assez laconique, il semblait à l’opposé de nos positions, pas juste un peu en désaccord!

    «N’est-ce pas là la job d’un élu? Répéter sans cesse n’importe quoi pour le faire croire à la population?»

    Bien sûr que la répétition est inhérente au travail des élus. L’écoute aussi!

  14. 25 février 2012 13:29

    Une vidéo circule pas mal sur les réseaux sociaux. Elle est un peu longue, mais excellente!

  15. 25 février 2012 19:46

    Une autre vidéo intéressante. Un grand orateur en devenir, avec un discours solide et inspirant.

  16. 26 février 2012 10:33

    En effet, ils sont excellent!

    Le jeune ne m’avait pas impressionnée en entrevue à R-C ce jeudi, mais j’avoue que là, il livre une très bonne performance…

  17. 26 février 2012 11:42

    Il passera ce soir à TLMEP. L’extrait est prometteur…

  18. 26 février 2012 11:55

    Dans la présentation de ti-Bock, sur le site que tu indiques, ils ont écrit:

    "C’est comme si la gauche et la droite s’étaient happées de plein fouet et qu’il en était le résultat amalgamé. "

    Cibole que le culte du centre fait des ravages intellectuels, faut pas le dire que Ti-Bock est de droite conservatrice! Chuuuuut!

  19. 26 février 2012 13:18

    Merci, je n’avais pas lu. Encore de la confusion…

  20. Richard Langelier permalien
    26 février 2012 17:14

    Je me suis abonné au haut débit (je ne suis pas nationaleux, mais je soigne ma langue) [1] pour visionner des émissions ou des extraits mis en lien. J’ai eu droit à une pub avant l’extrait de Tout le monde en parle. Je ne pense pas être un chien de Pavlov, je ne pense pas que je choisis ma marque de bière à cause de filles en bikini dans les pubs, mais je suis candide au point de croire que je ne devrais pas avoir à subir une pub avant un extrait d’émission. Tout indique qu’avec le gouvernement Harper, Radio-Canada devra aller en chercher des pubs pour subsister! On enregistrera et on écoutera le doigt sur la manette « déroulement rapide ».

    [1] Quand Foglia affirmait que ses profs lui avaient dit qu’il fallait éviter le « car » comme la peste, ça m’a rappelé quelque chose. Par contre, rien ne l’indique dans http://www.cnrtl.fr/definition/car . Ce doit être un dictionnaire libéral. Un jour, une amie linguiste a repris son fils. Elle m’a dit : « Je suis une linguiste libérale, mais une mère normative ». Quoi qu’il en soit, « Carr moi je mourrai aussi » roulé par Gerry fera toujours partie de mon esthétique. D’ailleurs, je n’ai cesse de chantonner L’hymne à l’amour depuis deux semaines, Dieu doit savoir pourquoi.

  21. 26 février 2012 19:41

    «J’ai eu droit à une pub avant l’extrait de Tout le monde en parle.»

    La gratuité d’Internet n’est qu’un fantasme… Je me demande encore comment il se fait que ce blogue soit gratuit ! ;-)

    Je ne parle pas des auteurs qui bénévolent avec bon coeur, mais de WordPress… Je sais, ils tentent de nous vendre des options plus complètes en nous appatant avec cette version limitée. Mais, cette limite me concient farpaitement (souvenir d’Obélix paf…)!

  22. Pierre (alias Le Crible) permalien
    8 mai 2012 11:45

    « la gauche répond en général qu’il est ridicule de demander aux personnes de payer quand ils n’ont pas d’argent, qu’il est préférable d’attendre qu’ils en fassent et que l’impôt, surtout si on rétablissait les paliers d’imposition d’il y a 15 ou 20 ans, avant les baisses d’impôt octroyés depuis, irait les cotiser proportionnellement aux revenus réels dont ils bénéficieront grâce à leurs études. Je suis bien sûr d’accord avec cet argument.
    [...]
    Et quand les promoteurs de la hausse des droits de scolarité parlent d’investissement dans son éducation, ils oublient que l’investissement le plus important que les jeunes font n’est pas de donner de l’argent, mais d’y consacrer du temps, beaucoup de temps… Alors, oui, ils font leur part!»

    Je suis bien d’accord avec vous sur le premier point (Wow!!) : Il serait préférable d’attendre que les étudiants fassent de l’argent pour leur faire payer leurs études.

    Cependant, en quoi serait-il équitable que la société assume les investissements effectués sous forme de formations postsecondaires, alors que les autres formes d’investissements pour gagner des revenus ne sont que déductibles des revenus imposables et ce, tant pour les contribuables qui obtiennent de piètres rendements de leurs investissements que pour ceux qui en obtiennent des très bons? (Par exemple, un contribuable qui vend des excursions sur un bateau qu’il a pris « beaucoup de temps » à construire lui-même et pour lequel on lui demande d’assumer lui-même les coûts de ce qui a été nécessaire à la construction du bateau…).

    « l’éducation universitaire vise en premier lieu [...] de former des citoyens et d’assurer «la transmission du patrimoine scientifique et culturel de l’humanité et l’approfondissement de la connaissance.» »

    Considérant que nos ressources sont limitées (et le seraient même en saignant à blanc l’ensemble des contribuables), mieux vaut, dans la poursuite de ces objectifs, comme dans celle de tous les autres, investir nos ressources là où cela est le plus rentable (efficace).

    Payer les formations supérieures d’individus ne garantit nullement qu’ils contribueront à la transmission du patrimoine ou à l’approfondissement de la connaissance : Certains vont garder dans leurs têtes leurs connaissances acquises. D’autres peuvent même utiliser leurs connaissances acquises de façons néfastes à la société.
    Par contre, en consacrant nos ressources à rémunérer ceux qui transmettent le patrimoine et approfondissent la connaissance susceptible d’avantager la société, nous nous assurons que les sommes investies servent réellement à ces fins; Et ces rémunérations s’avèrent être des incitatifs à apprendre ces connaissances pour les personnes qui voudront continuer de les transmettre ou de les approfondir par après, même si ces personnes doivent payer pour acquérir ces connaissances (comme les rémunérations que procurent les autres types d’emplois s’avèrent des incitatifs à apprendre ces emplois, même si ceux qui les apprennent doivent, ou auraient à, en assumer les coûts d’apprentissage).

    Pour illustrer : Disons que nous voulons favoriser la découverte d’un médicament guérissant toutes les formes de cancers (ou la recette du bonheur ininterrompu, ou n’importe quelle autre connaissance qui pourrait éventuellement s’avérer avantageuse pour la société). Nous ne disposons que de 1 milliard dollars pour atteindre cet objectif : Plusieurs possibilités s’offrent à nous, dont :
    1- Offrir 1 milliard de dollars aux personnes qui réussiront à découvrir ce médicaments ou cette recette ou cette connaissance.
    2- Verser 1 milliard de dollars en rémunérations à des personnes pour qu’elles fassent des recherches pour découvrir un tel médicament, recette ou connaissance.
    3- Assumer, à la place des étudiants, 1 milliard de dollars en rémunérations versées à des professeurs pour enseigner à ces étudiants les connaissances acquises jusqu’à maintenant sur le traitement du cancer ou sur le bonheur ou sur tout autre sujet.

    Personnellement, la troisième option m’apparaît être la moins prometteuse de succès par rapport à l’objectif visé de transmettre le patrimoine scientifique et culturel de l’humanité et d’approfondir la connaissance et ce, tant en matière de traitement du cancer, de la recherche du bonheur ininterrompu , ou de tout autre patrimoine ou connaissance susceptible de procurer des avantages à la société. Il ne m’apparaît donc pas être une « énormité » d’affirmer que le financement public de l’éducation postsecondaire engendre du gaspillage, contrairement à ce que vous affirmiez dans le texte auquel renvoi le premier lien de votre billet ci-haut.

    Je sais que vous percevez que de faire payer leurs études aux étudiants revient à réduire la redistribution de la richesse entre les riches et les pauvres. Je vais tenter à nouveau de vous convaincre que ceci n’a rien à voir avec cela.
    C’est comme s’il existait une politique consistant à distribuer 3000 $ par année aux seuls jeunes de 18 à 25 ans qui ont les yeux bleus. On pourrait s’objecter à une telle politique tout en étant favorable à une redistribution de ces sommes (et même plus) aux pauvres, dont ceux qui ont de 18 à 25 ans, de toutes les couleurs de yeux.
    Ainsi, on peut très bien être défavorable à une politique qui nous parait avantager sans raison valable les étudiants par rapport aux non étudiants tout en étant favorable au versement d’aides plus généreuses (qui pourrait être équivalentes aux droits de scolarité moyens, par exemple) à tous les pauvres, dont ceux qui sont étudiants.

  23. 18 août 2012 03:04

    « Certains vont garder dans leurs têtes leurs connaissances acquises. D’autres peuvent même utiliser leurs connaissances acquises de façons néfastes à la société. »

    J’ai cessé la lecture du précédent commentaire après ce passage. En résumé, il vaut mieux abolir le principe de l’égalité des chances en lien avec l’enrichissement intellectuel, soit l’une des plus grandes richesses pour toute civilisation, au risque présumé et principalement spéculatif de voir certains membres de la société profiter de ses connaissances acquises sur une base purement individuelle ou pis encore, à mauvais escient pour le reste de la société même si celle-ci est globalement mieux éduquée.

    Ben coudonc! J’ignorais qu’il y avait des externalités négatives associées à l’éducation supérieure et que les effets néfastes de celles-ci risquaient de surpasser les bienfaits liés aux externalités positives. Existe-t-il une seule étude fiable pour confirmer cette prémisse?!

    En définitive, la médaille pour les meilleures pirouettes intellectuelles est remise à…

  24. 18 août 2012 08:32

    «En définitive, la médaille pour les meilleures pirouettes intellectuelles est remise à…»

    Il n’y a même pas de concurrence, c’est un monopole!

Rétroliens

  1. Pierre Fortin et les droits de scolarité «

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