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		<title>Du néolithique au biolithique</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 09:55:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai bien apprécié le dernier livre d&#8217;Hervé Kempf, Fin de l&#8217;Occident, naissance du monde. Il débute sur les chapeaux de roues, présentant dès le départ sa vision de l&#8217;évolution des inégalités depuis l&#8217;apparition de l&#8217;homme sur la Terre. Ainsi, lorsque les humains inventent l&#8217;agriculture qui permet «l&#8217;accumulation de surplus alimentaires, la concentration des humains dans [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8483&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/kempf.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8484" alt="kempf" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/kempf.jpg?w=600"   /></a>J&rsquo;ai bien apprécié le dernier livre d&rsquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hervé_Kempf">Hervé Kempf</a>, <em><a href="http://www.seuil.com/livre-9782021084634.htm">Fin de l&rsquo;Occident, naissance du monde</a></em>. Il débute sur les chapeaux de roues, présentant dès le départ sa vision de l&rsquo;évolution des inégalités depuis l&rsquo;apparition de l&rsquo;homme sur la Terre.</p>
<p>Ainsi, lorsque les humains inventent l&rsquo;agriculture qui permet «<em>l&rsquo;accumulation de surplus alimentaires, la concentration des humains dans des villages et des villes, la diversification des types d&rsquo;activité et un décuplement du nombre des humains</em>», ce qu&rsquo;on appelle la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Néolithique#La_.C2.AB_r.C3.A9volution_n.C3.A9olithique_.C2.BB">révolution néolithique</a>, les différentes sociétés humaines, malgré des inégalités importantes à l&rsquo;intérieur de chacune d&rsquo;entre elles, ont un niveau de consommation matérielle et énergétique assez semblable. Et cela allait durer des millénaires.</p>
<p><strong>La grande divergence</strong></p>
<p>L&rsquo;auteur donne de nombreux exemples au début de ce chapitre de civilisations qui avaient des niveaux de consommation semblables surtout en Europe et en Asie, mais aussi en Afrique du Nord. Ce que Kempf appelle la grande divergence, soit l&rsquo;accroissement important des différences dans le niveau de consommation matérielle et énergétique entre les pays, a commencé juste après le Moyen Âge. Pourquoi sont-ce les Européens qui ont découvert l&rsquo;Amérique et pas les Chinois qui avaient pourtant au XVème siècle une flotte bien plus impressionnante (entre autres celle de l&rsquo;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Zheng_He#La_flotte_chinoise">amiral Zheng He</a>) que celle des Européens? L&rsquo;auteur avance certaines hypothèses en lien avec la décision des autorités chinoises de cesser les explorations jugées trop coûteuses. Les Européens, de leur côté, ont accepté de financer ces expéditions surtout en raison de leur goût des épices. Quoi qu&rsquo;il en soit, c&rsquo;est la découverte de l&rsquo;Amérique qui fut le point de départ de la grande divergence.</p>
<p>Plutôt que l&rsquo;Inde, ils découvrirent l&rsquo;Amérique et plutôt que des épices, ils en rapportèrent de l&rsquo;or! Si cela a permis le début de la grande divergence de richesses entre l&rsquo;Europe et le reste du monde, c&rsquo;est lors de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_industrielle">révolution industrielle</a>, surtout entre 1750 et 1850, que les écarts se sont vraiment creusés. Par exemple, alors que le revenu moyen en Inde n&rsquo;a augmenté que de 10 % entre 1820 et 1950 et celui de la Chine de 17 %, «<em>celui des pays européens bondissait de 400 %</em>».</p>
<p>Non seulement la révolution industrielle a creusé la différence de richesse entre les nations, mais elle a entraîné une hausse phénoménale de la population. Alors qu&rsquo;il a fallu près de deux mille ans pour multiplier la population par six entre l&rsquo;an zéro et 1815, il n&rsquo;en a fallu que 200 pour qu&rsquo;elle se multiplie par sept! Cette hausse est bien sûr accompagnée d&rsquo;une augmentation encore plus élevée du bétail et de la production agricole (même si encore un milliard de personnes <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/05/06/la-faim/">sont sous-alimentées</a>), sans parler de l&rsquo;apparition des nouveaux biens de consommation comme l&rsquo;automobile.</p>
<p>Tout cela, y compris l&rsquo;augmentation de l&rsquo;espérance de vie et la baisse de la mortalité infantile, n&rsquo;aurait pas été possible sans la découverte de sources d&rsquo;énergie peu coûteuses. La consommation d&rsquo;énergie a ainsi été multipliée par 40 entre 1700 et 2000.</p>
<p><strong>La grande convergence</strong></p>
<p>Depuis les années 1990, on assiste à autre un revirement majeur : la croissance des pays occidentaux faiblit tandis que celle des pays dits émergents la surpasse de façon spectaculaire. Par exemple, la part du PIB mondial des pays asiatiques (sauf le Japon) est passée de 15 % à 30 % entre 1950 et 2010. Par contre, si les inégalités entre les pays diminuent, elle ne cessent de croître à l&rsquo;intérieur des pays, aussi bien riches qu&rsquo;émergents ou pauvres, sauf peut-être en Amérique latine, où elles demeurent tout de même parmi les plus élevées du monde. Mais, cette croissance peut-elle se maintenir? Toutes les nations peuvent-elles atteindre le niveau de consommation des pays riches?</p>
<p><strong>Le mur écologique</strong></p>
<p>La première barrière à l&rsquo;augmentation de la richesse demeure la disponibilité de l&rsquo;énergie. Même si on trouve encore de nouvelles sources d&rsquo;énergie fossile (la plus facile à utiliser) comme les sables bitumineux, le pétrole en haute mer et le gaz et le pétrole de schiste, le rendement de leur exploitation est bien plus faible que ne l&rsquo;est celui du pétrole conventionnel. Par exemple, il en coûtait en énergie l&rsquo;équivalent d&rsquo;un baril de pétrole au début du XXème siècle pour en produire 100. Ce ratio est graduellement passé de 1 pour 35 en 1990, puis à 1 pour 12 en 2007 et il continue à augmenter (il ne serait que de 1 pour 3 pour les sables bitumineux). L&rsquo;extraction des métaux exige aussi de plus en plus d&rsquo;énergie pour un rendement décroissant. Et tout cela ne fera qu&rsquo;aggraver les conséquences du réchauffement climatique, lui même diminuant les possibilités agricoles et ainsi de suite&#8230;</p>
<p>Une autre barrière est constituée du niveau de consommation que la Terre peut fournir à un nombre d&rsquo;humains croissant (qui atteindra environ 9 milliards en 2050) «<em>sans déclencher des désastres écologiques incontrôlables</em>». Par exemple, pour que la hausse de la température soit de moins de 2 degrés Celsius, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre (GES) se limitent en moyenne à 2 tonnes et demie par humain et par année entre aujourd&rsquo;hui et 2050. Or, cela représente le niveau d&rsquo;émission actuel d&rsquo;un habitant de l&rsquo;Inde, la moitié du niveau d&rsquo;émission moyen de tous les Terriens et sept fois moins que celui de l&rsquo;habitant des États-Unis. Ce sont donc les pays riches qui doivent restreindre le plus le niveau de leurs émissions de GES si on veut éviter de foncer directement dans le mur écologique.</p>
<p><strong>Les chemins de la mutation</strong></p>
<p>Je saute ici deux chapitres pour pouvoir m&rsquo;attarder davantage à celui-ci. Ce n&rsquo;est pas que ces chapitres manquent d&rsquo;intérêt, mais, comme ils abordent la crise et ses conséquences, sujet que j&rsquo;ai abordé fréquemment, je préfère me concentrer sur ce chapitre qui aborde des pistes de solution, ce qu&rsquo;on lit moins souvent.</p>
<p>Face au mur écologique, il s&rsquo;agit de trouver des moyens de «<em>réduire la consommation matérielle dans les sociétés riches sans diminuer leur bien-être». (&#8230;) il ne s&rsquo;agit plus de répartir l&rsquo;abondance, mais d&rsquo;organiser la sobriété.</em>»</p>
<p>En raison de l&rsquo;emprise internationale du capitalisme face au contrôle uniquement national des luttes politiques, l&rsquo;auteur craint que seul le désastre qui nous pend au bout du nez «<em>ouvrira la porte d&rsquo;une autre politique</em>». Mais, que ce soit le cas ou non, il est important pour lui que les solutions à apporter soient disponibles à ce moment. La politique qu&rsquo;il préconise «<em>s&rsquo;ordonne sur trois axes</em>» :</p>
<ul>
<li><span style="font-size:13px;"><strong>reprendre la maîtrise du secteur financier </strong>: s&rsquo;assurer que ce secteur soit vraiment au service des peuples, notamment en redonnant aux pays et régions le contrôle de la création monétaire et en libérant le système monétaire de l&rsquo;emprise du dollar</span></li>
<li><span style="font-size:13px;"><strong>réduire les inégalités </strong>: changer le modèle culturel de surconsommation et récupérer «<em>la partie de la richesse que se sont appropriée les riches, afin d&rsquo;améliorer le sort des plus pauvres et financer la réorientation de l&rsquo;économie</em>»</span></li>
<li><span style="font-size:13px;"><strong>écologiser l&rsquo;économie </strong>: «<em>modérer rapidement l&rsquo;impact de l&rsquo;activité économique sur la biosphère</em>», en utilisant beaucoup moins d&rsquo;énergie et de matériaux.</span></li>
</ul>
<p>L&rsquo;auteur présente ensuite d&rsquo;autres objectifs à atteindre, tout en les associant aux trois axes développés plus tôt :</p>
<ul>
<li><strong style="font-size:13px;">abolir le chômage</strong><span style="font-size:13px;"> en s&rsquo;assurant que chaque personne «<em>trouve une occupation utile à la société</em>».</span></li>
<li><strong style="font-size:13px;">réhumaniser le travail agricole </strong><span style="font-size:13px;">: il s&rsquo;agit ici d&rsquo;inverser le cycle actuel de production qui utilise «<em>peu de travail, mais beaucoup d&rsquo;énergie, d&rsquo;eau, de pesticides et d&rsquo;engrais chimiques</em>», en soutenant l&rsquo;agriculture vivrière, l&rsquo;agroécologie, la valorisation des savoirs locaux, l&rsquo;accès aux marchés locaux, etc. «<em>Il s&rsquo;agit de tourner la page de la révolution néolithique (…), d&rsquo;accomplir la révolution industrielle pour nous engager dans l&rsquo;ère biolithique, où l&rsquo;espèce humaine prospérera en accord avec les autres espèces vivantes de la planète</em>».</span></li>
<li><strong style="font-size:13px;">créer des emplois plus sobres</strong><span style="font-size:13px;"> : l&rsquo;emploi industriel sera toujours nécessaire, mais il faut le réorienter «<em>en fonction de l&rsquo;impact écologique et de l&rsquo;utilité sociale</em>». Cela veut dire en premier lieu de réduire la consommation de matière et d&rsquo;énergie, dont les transports. Un tel objectif créera beaucoup d&rsquo;emplois, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il faudra réparer et maintenir les infrastructures, restaurer les écosystèmes dégradés, recycler et récupérer bien davantage. «<em>La réduction de la consommation matérielle sera par ailleurs compensée par un développement de services collectifs plus utiles au bien-être comme l&rsquo;éducation, la santé, les soins aux personnes âgées</em>». Cette réduction permettra aussi d&rsquo;élargir la place laissée à la culture et de développer le partage et la baisse du temps de travail.</span></li>
<li><strong style="font-size:13px;">rationner les biens matériels et développer les biens communs </strong><span style="font-size:13px;">: il y aurait une moins grande variété de produits de consommation semblables et une réduction du nombre de nouveaux produits. Cela se réaliserait entre autres par l&rsquo;interdiction de la publicité de produits nocifs et la tarification progressive des produits polluants. Il y aurait à l&rsquo;opposé plus «<em>de services de relations et de soins, (…) moins de biens, plus de liens</em>». Il s&rsquo;agit d&rsquo;inverser le courant actuel qui marchandise les services collectifs (éducation universitaire, santé, services sociaux, etc.) pour les rendre au contraire plus accessibles.</span></li>
<li><span style="font-size:13px;"><strong>abandonner le PIB</strong> : j&rsquo;ai </span><a style="font-size:13px;" href="http://jeanneemard.wordpress.com/2011/06/26/le-pib/">déjà montré</a><span style="font-size:13px;"> à quel point le PIB est un indicateur biaisé, qu&rsquo;à partir d&rsquo;un certain point, les niveaux d&rsquo;inégalité plus faibles </span><a style="font-size:13px;" href="http://jeanneemard.wordpress.com/2012/01/23/the-spirit-level-lheritage-social/">apportent plus de bien-être</a><span style="font-size:13px;"> (ou de bonheur) que le niveau du PIB et que </span><a style="font-size:13px;" href="http://jeanneemard.wordpress.com/2011/07/17/la-productivite/">la productivité</a><span style="font-size:13px;"> du travail est un concept trompeur qui, entre autres, ne tient pas du tout compte des dégâts environnementaux liés à sa croissance. Or, la croissance du PIB (et de la productivité) est l&rsquo;objectif premier des promoteurs de la croissance infinie. Selon l&rsquo;auteur, mettre un terme à cette course qui nous mène au mur, c&rsquo;est aussi abandonner cet indicateur. L&rsquo;auteur remplacerait cet indicateur par d&rsquo;autres qui tiendraient davantage compte de l&rsquo;énergie, des matières et des dégâts environnementaux (émission de GES, pollution, etc.) nécessaires à toute production.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-size:13px;">L&rsquo;auteur poursuit en souhaitant «</span><em style="font-size:13px;">remettre l&rsquo;activité scientifique au service de l&rsquo;intérêt général</em><span style="font-size:13px;">», transformer la culture actuelle axée sur la réussite monétaire et la consommation à outrance, et faire accepter par les citoyens des pays riches une plus grande égalité avec les pays pauvres.</span></p>
<p>Il conclut ensuite son livre en comparant les options possibles (surtout entre sa proposition et la poursuite de la quête impossible à la croissance infinie) et leurs conséquences. Il sait très bien que son programme ne se réalisera pas par magie et que les résistances à un tel changement sont gigantesques et qu&rsquo;elles viendront entre autres des plus puissants&#8230;</p>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Ce livre m&rsquo;a intéressé à plus d&rsquo;un plan. Tout d&rsquo;abord, son survol de l&rsquo;évolution des inégalités entre les peuples est limpide. Mais, son apport majeur est de proposer un programme qui permettrait d&rsquo;éviter de frapper le mur écologique, quoique, l&rsquo;auteur le dit lui-même, on risque fort de frapper le mur avant de se décider d&rsquo;adopter un programme semblable.</p>
<p>Bien des parties de son programme peuvent nous sembler à première vue complètement utopiques. Il demande un tel changement de la culture actuelle qu&rsquo;on peut penser qu&rsquo;il est complètement détaché de la réalité. Pourtant&#8230; N&rsquo;est-ce pas la route que nous suivons actuellement, celle de la croissance infinie dans un monde fini, avec un niveau de consommation de biens et d&rsquo;énergie insoutenable, qui est irrationnelle?</p>
<p>Je suis bien conscient que pas grand monde, moi y compris, ne serai prêt à adopter un tel plan du jour au lendemain et avec le sourire. Par contre, on sait bien qu&rsquo;on ne peut pas continuer comme actuellement, qu&rsquo;il faut absolument modifier notre mode de vie. En plus, certaines parties de son plan me paraissent plus faibles (comme ceux pour modifier le système financier et pour rationner les biens de consommation), mais l&rsquo;auteur a le mérite de proposer quelque chose qui se tient et qui peut susciter des débats.</p>
<p>Il faut bien comprendre que Kempf ne décrit pas un monde idéal, mais un monde qui permettrait notre survie sur cette Terre&#8230; Et, en adoptant ce programme davantage axé sur le développement de liens entre les humains que sur la consommation, on ne le trouverait peut-être pas si mauvais au bout du compte!</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8483/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8483/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8483&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Les revendications féministes sont (encore) nécessaires!</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 09:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par pseudovirtuose – En rédigeant ce billet sur le féminisme, j’avais d’abord pensé le titrer autrement que par une simple affirmation. Ensuite, je me suis remémoré les conseils rapportés par Darwin lors d’un précédent billet sur la réfutation des mythes; il vaut mieux énoncer les faits véridiques plutôt qu’en dénoncer les suppositions relatives erronées. L’idée [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8470&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/feminisme.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8471" alt="feminisme" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/feminisme.jpg?w=600"   /></a><strong>Par pseudovirtuose –</strong> En rédigeant ce billet sur le féminisme, j’avais d’abord pensé le titrer autrement que par une simple affirmation. Ensuite, je me suis remémoré les conseils rapportés par Darwin lors d’<a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/04/04/quebec-solidaire-est-resolument-pour-lindependance/">un précédent billet</a> sur la réfutation des mythes; il vaut mieux énoncer les faits véridiques plutôt qu’en dénoncer les suppositions relatives erronées.</p>
<p>L’idée d’écrire sur le féminisme m’est venue en tête lors de la rédaction d’une autre de mes publications portant sur <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/04/13/citations-de-margaret-thatcher/">les citations de Margaret Thatcher</a>, celle-ci désavouant assez clairement l’activisme féministe («<em>C’est un poison!</em>»).</p>
<p><strong>Préambules</strong></p>
<p>Habituellement, je considère comme étant fallacieuse l’utilisation des anecdotes. Cela est sans compter que certains de leurs colporteurs ont parfois tendance à commettre des <a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/textes_1/baillargeon2.html">généralisations hâtives</a> en se basant sur ces dernières. Cependant, certaines valent parfois la peine d’être relevées et mentionnées, ne serait-ce que pour tâter le pouls d’une situation particulière sans pour autant tenter d’en déduire systématiquement des conclusions et certitudes hautement généralisables.</p>
<p>Ainsi, je compte présenter un certain nombre d’exemples propres à des démonstrations éloquentes laissant envisager une possibilité : plusieurs formes d’inégalité (sociales, salariales, hiérarchiques, etc.) entre les hommes et les femmes sont toujours présentes à travers l’ensemble de la société occidentale.</p>
<p><strong>Sexisme décomplexé</strong></p>
<p>Un nouveau concept d’émission de télévision a récemment soulevé <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2318202/Is-sexist-TV-programme-history-Chat-women-strip-men-critique-naked-bodies.html">la controverse</a> en Europe :</p>
<blockquote><p>«[toutes les citations sont des traductions libres] Des femmes s’y présentent vêtues d’une robe de chambre pour ensuite être jugées devant deux hommes, assis sur un plateau désert et éclairé d’une lumière vive. Les modèles retirent ensuite leurs robes pendant que l’animateur Thomas Blachman, également créateur du concept, et son invité évaluent leurs silhouettes.»</p></blockquote>
<p>Selon Blachman, le corps de la femme «<em>a soif des mots d’un homme</em>» alors que les critiques parlent toutefois d’une «<em>émission ignoble, encourageant l’usage de commentaires désobligeants à propos du corps de la femme, en plus d’être sexistes et humiliants</em>». Le plus étonnant dans cette histoire est que l’émission est d’origine danoise! Le Danemark est pourtant régulièrement cité à titre de pays progressiste <a href="http://www.gwi-boell.de/web/eu-countries-comparison-gender-politics-country-comparison-denmark-4245.html">dont les politiques sociales</a> ont contribué largement à l’avancée &#8211; bien qu’incomplète &#8211; du rôle des femmes au sein de la société et de l’économie danoises.</p>
<p>Citons également le cas de la National Rifle Association (NRA) aux États-Unis, célèbre et puissant lobby d’armes à feu. Celle-ci s’est récemment affiliée à une <a href="http://livewire.talkingpointsmemo.com/entry/vendor-that-pulled-obama-target-at-nra-convention">compagnie vendant des mannequins de tirs</a> dont les prétentions (ironiques?) à l’anti-sexisme demeurent stupéfiantes :</p>
<blockquote><p>«En plus de l’Ex Girlfriend Zombie, nous vendons 15 zombies hommes, 5 zombies animaux et 2 extraterrestres… discriminer les femmes en ne les représentant pas au sein de notre choix de produits serait tout simplement sexiste.»</p></blockquote>
<p>Plusieurs remontrances mériteraient d’être formulées à l’égard de la vente d’un produit aussi haineux, violent, sexiste (oui!) et dégradant… mais les mots me manquent!</p>
<p><strong>Pas de rondeurs!</strong></p>
<p>Un des récents exemples les plus frappants de sexisme, combinant misogynie et stigmatisation de certains traits physiques, à la limite de l’eugénisme, fut <a href="http://www.businessinsider.com/abercrombie-wants-thin-customers-2013-5">l’exclusivité de certaines tailles</a> de vêtements produites par la compagnie Abercrombie &amp; Fitch :</p>
<blockquote><p>«Le détaillant pour adolescent Abercrombie &amp; Fitch n’offre pas de taille XL ou XXL dans ses départements de vêtements pour femmes parce qu’il ne souhaite pas voir de femmes en surpoids porter sa marque.»</p></blockquote>
<p>À l’opposé de la majorité de leurs concurrents, la compagnie américaine se veut très sélective dans le choix de sa clientèle. D’ailleurs, son pdg a déjà déclaré en 2006 :</p>
<blockquote><p>«Voilà pourquoi nous engageons de belles personnes dans nos magasins. Car les belles personnes attirent d’autres belles personnes et nous voulons cibler les personnes belles et branchées. Nous ne souhaitons pas vendre auprès de n’importe qui d’autre.»</p></blockquote>
<p>Et <a href="http://business.financialpost.com/2013/05/17/abercrombie-ceo-apology-cool-kids/">il n&rsquo;en démord toujours pas</a> malgré le tollé provoqué par le récent rappel de ses propos. Or, est-il véritablement nécessaire de mentionner le rôle joué par le maintien de tels standards et critères de «beauté» dans la manifestation de troubles mentaux, <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/anorexie/section2.html">notamment de l&rsquo;anorexie</a>? Le lien de causalité ne peut-être fermement établi mais son implication est hautement probable.</p>
<p><strong>Et alors…</strong></p>
<p>Il est possible d’attribuer la plupart de ces exemples à des cas isolés, j’en conviens. Cependant, je crains qu’ils ne forment davantage les symptômes d’une société où le patriarcat règne encore malgré tous les progrès effectués au cours du dernier siècle.</p>
<p>Afin de savoir si de telles inquiétudes sont véritablement fondées, je compte commencer une série de billets portant sur la discrimination positive au cours des prochaines semaines. Ainsi, j’aborderai plus en profondeur le cas des inégalités homme-femme, en me basant cette fois-ci sur des observations issues d’échantillons favorisant une meilleure généralisation empirique.</p>
<p>Pour l’instant, ce récit d’anecdotes m’amène à conclure une chose : plusieurs individus semblent militer activement en faveur du maintien &#8211; voir même de la revigoration &#8211; de conditions sociales sexistes, discriminatoires et dégradantes. Rien que leurs revendications rétrogrades démontrent la nécessité du discours féministe actuel.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8470/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8470/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8470&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La médaille d&#8217;or du passager clandestin</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 08:44:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce blogue a abordé à quelques reprises la question du dilemme du prisonnier. Résumé brièvement, le dilemme du prisonnier est «une situation où deux joueurs auraient intérêt à coopérer, mais où de fortes incitations peuvent convaincre un joueur rationnel de trahir l&#8217;autre lorsque le jeu n&#8217;est joué qu&#8217;une fois.». De façon plus large, on peut [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8456&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/clandestin1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8467" alt="clandestin" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/clandestin1.jpg?w=600"   /></a>Ce blogue a abordé à <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/tag/dilemme-du-prisonnier/">quelques reprises l</a>a question du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_prisonnier">dilemme du prisonnier</a>. Résumé brièvement, le dilemme du prisonnier est «<em>une situation où deux joueurs auraient intérêt à coopérer, mais où de fortes incitations peuvent convaincre un joueur rationnel de trahir l&rsquo;autre lorsque le jeu n&rsquo;est joué qu&rsquo;une fois.</em>». De façon plus large, on peut appliquer ce principe à des situations où il y a plus de deux «joueurs», soit quand les participants, qui peuvent être très nombreux, ont globalement intérêt à coopérer, mais où chaque individu est personnellement incité à ne pas le faire et à agir comme un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Passager_clandestin_(économie)">passager clandestin</a>.</p>
<p>Ce type de comportement est une des justifications de l&rsquo;existence des États. Sans gouvernement, on n&rsquo;aurait pas (ou peu) de routes, d&rsquo;armée (bon, ce n&rsquo;est pas un bon exemple&#8230;), de corps policier (…), de déneigement et de bien d&rsquo;autres services publics, car, sans impôts ou taxes obligatoires, chaque individu serait incité à ne pas contribuer, pouvant profiter sans frais de ces services. Les autres voyant cela, ils seraient incités à cesser de «payer pour les autres» et nous n&rsquo;aurions plus aucun service public&#8230; Nous serions donc tous des passagers clandestins&#8230; de rien!</p>
<p>Même avec la présence d&rsquo;un gouvernement et de sanctions pour les resquilleurs, il y aura toujours des passagers clandestins qui essaieront de profiter de services ou de ressources au détriment des autres, que ce soit en pêchant plus que son quota, ou en demandant de ne pas payer de cotisations syndicales tout en profitant des conditions de travail et de la protection payées par les autres&#8230; Mais, grâce aux contrôles et à la réglementation, ils demeureront une faible minorité et feront bien moins de tort que si nous n&rsquo;avions pas d&rsquo;État.</p>
<p><strong>Passagers clandestins internationaux</strong></p>
<p>Si l&rsquo;État peut intervenir pour éliminer une grande partie du resquillage des passagers clandestins, c&rsquo;est pas mal plus difficile d&rsquo;intervenir contre les passagers clandestins internationaux, car il n&rsquo;y a pas de gouvernement international. Toute action internationale doit provenir d&rsquo;accords volontaires. Or, ceux-ci sont d&rsquo;autant plus difficiles à obtenir &#8211; et à faire respecter &#8211; que chacun peut facilement jouer au passager clandestin. Les négociations sur la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protocole_de_Kyoto">protocole de Kyoto</a>, représentent l&rsquo;exemple par excellence de ces difficultés et du comportement de passager clandestin de nombreux pays, dont le Canada qui s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/341887/retrait-du-canada-du-protocole-de-kyoto-une-reelle-menace-a-la-reputation-et-aux-interets-du-quebec">retiré de ce protocole</a> unilatéralement.</p>
<p><strong>La médaille d&rsquo;or!</strong></p>
<p>Face à cet acte odieux qui ne peut que rendre encore plus difficile la négociation de futurs accords encore plus ambitieux et réunissant plus de pays, comme on l&rsquo;a vu lors de <a href="http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/279888/copenhague-l-impossible-accord">l&rsquo;échec du sommet de Copenhague</a> en 2009, j&rsquo;ai pensé accorder la médaille d&rsquo;or du passager clandestin au gouvernement conservateur pour l&rsquo;ensemble de son oeuvre de destruction, notamment pour ses efforts soutenus pour faire dérayer toute entente sur l&rsquo;environnement. Finalement, j&rsquo;ai porté mon choix sur Joe Oliver, ministre canadien des Ressources naturelles, qui a su récemment se distinguer avec toute l&rsquo;indistinction à laquelle on doit s&rsquo;attendre d&rsquo;un médaillé d&rsquo;or.</p>
<p>En fait, il ne s&rsquo;est pas contenté de poser un seul acte non méritoire pour se voir accorder cette médaille indigne, mais il a fait preuve d&rsquo;une constance inégalée en la matière. J&rsquo;ai bien sûr considéré <a href="http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/377684/sables-bitumineux-albertains-tres-polluant-joe-oliver-menace-de-trainer-l-europe-devant-l-omc">sa croisade européenne</a>, accompagnée de menaces de poursuites pour intimider les Européens dans leur démarche pour que le pétrole provenant des sables bitumineux se voit accorder le titre de «très polluant». Mais, bon, cela ne correspond pas assez aux critères qu&rsquo;on doit évaluer pour un prix déshonorant le pire passager clandestin.</p>
<p>Par contre, même si cela semble à première vue plus anodin, deux de ses déclarations lui ont permis de se détacher du commun des resquilleurs. La <a href="http://www.lapresse.ca/environnement/dossiers/les-sables-bitumineux/201304/12/01-4640180-le-ministre-oliver-des-sables-bitumineux-sans-limite-une-menace-climatique-exageree.php">première</a>, «<em>Je pense que les gens ne s&rsquo;inquiètent pas autant qu&rsquo;avant d&rsquo;un réchauffement de 2 degrés</em>», visait vraisemblablement à démontrer qu&rsquo;il n&rsquo;est pas si grave finalement d&rsquo;être un passager clandestin&#8230; Un <a href="http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/changements-climatiques-l-exageration-selon-joe-oliver">billet</a> de Renaud Gignac, paru sur le blogue de l&rsquo;Institut de recherche et d&rsquo;informations socio-économiques (IRIS) explique bien l&rsquo;inanité de cette déclaration.</p>
<p>La deuxième que j&rsquo;ai retenue relève plutôt du raisonnement circulaire propre aux passagers clandestins professionnels. Et facteur aggravant, il s&rsquo;est même servi d&rsquo;un <a href="http://www.rncan.gc.ca/salle-medias/communiques/2013/6930">site gouvernemental</a> pour lui donner plus de crédibilité (enfin, auprès de certains qui n&rsquo;ont pas compris que ce gouvernement <a href="http://www.ledevoir.com/non-classe/208646/harper-censure-aussi-les-scientifiques">censure depuis des années</a> les scientifiques à l&rsquo;emploi de la population&#8230;).</p>
<blockquote><p>«En 2010, les sables bitumineux ne contribuaient que pour 0,1 % aux émissions mondiales de GES, ce qui équivaut à moins de la moitié des émissions provenant des centrales au charbon en Illinois.»</p></blockquote>
<p>Il s&rsquo;agit pour moi de la quintessence des arguments du passager clandestin! On se compare à l&rsquo;ensemble sans mentionner que si personne ne fait un effort, et surtout pas les pays ou régions <a href="http://ec.gc.ca/indicateurs-indicators/default.asp?lang=fr&amp;n=18F3BB9C-1">qui produisent le plus de GES</a>, rien ne changera. Même les <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/351082/quebec-sollicitera-davantage-le-secteur-du-transport">40 et quelques %</a> des gaz à effet de serre émis par les Québécois provenant des transports n&rsquo;équivalent pas à ce 0,1 %! Si cela ne change rien, pourquoi se priver? Par contre, l&rsquo;autre pays qui observe ce comportement se demande lui aussi pourquoi se priver, puisque sa contribution ne diminuera pas plus le bilan d&rsquo;émission de GES! Et que dire des individus? À quel pourcentage des émissions mondiales contribue le fait de conduire un Hummer plutôt que de se déplacer en bicyclette? Bof, moins que rien!</p>
<p>Par contre, si un pays comme le Canada montrait qu&rsquo;il prend des dispositions pour diminuer la contribution des sables bitumineux de 0,1 % à 0,05 %, que le Québec diminuait celle de ses transports et que d&rsquo;autres pays faisaient de même, les autres passagers clandestins risqueraient de trouver beaucoup plus inconfortable de rester clandestins et contribueraient à une baisse drôlement plus importante que 0,1 %! De toute façon, maintenant que <a href="http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/378178/concentration-record-de-co2-sur-la-planete-depuis-des-millions-d-annees">nous avons atteint</a> pour la première au niveau mondial le seuil de 400 particules par million (ppm) de CO2 dans l’air, seuil maximal «<em>pour parvenir à limiter le réchauffement climatique entre 2°C et 2,4°C par rapport à l’ère préindustrielle</em>», cela demeure notre seule chance!</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8456/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8456/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8456&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Ni péquiste, ni égaré!</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 08:44:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En sortant du dernier congrès de Québec solidaire, il y a déjà plus d&#8217;une semaine, j&#8217;ai pensé écrire un billet sur la fin de semaine que je venais d&#8217;y passer. J&#8217;aurais peut-être dû&#8230; La décision de ce congrès qui a le plus retenu l&#8217;attention des médias fut celle de fermer la porte à toute alliance [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8448&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/fesse.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8451" alt="fesse" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/fesse.jpg?w=600"   /></a>En sortant du dernier congrès de Québec solidaire, il y a déjà plus d&rsquo;une semaine, j&rsquo;ai pensé écrire un billet sur la fin de semaine que je venais d&rsquo;y passer. J&rsquo;aurais peut-être dû&#8230;</p>
<p>La décision de ce congrès qui a le plus retenu l&rsquo;attention des médias fut celle de fermer la porte à toute alliance électorale avec les autres partis indépendantistes. Oui, c&rsquo;est vrai, c&rsquo;est bien la position qui a été adoptée par les déléguéEs. Mais, la plupart des médias ont oublié d&rsquo;ajouter que cette résolution affirmait aussi que QS <a href="http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/actualites/archives/2013/05/20130505-115936.html">demeurait ouvert</a> à toute association avec d&rsquo;autres partis ou organismes pour participer à des campagnes sur des intérêts communs, dont bien sûr, l&rsquo;indépendance.</p>
<blockquote><p>«nous serons toujours ouverts à faire des actions communes et collaborations avec d’autres formations et à débattre avec des militantes et militants progressistes de tous les partis»</p></blockquote>
<p>Si la réaction d&rsquo;Option nationale fut <a href="http://www.optionnationale.org/actualites/fermeture-de-qs-et-du-pq-a-toute-entente-ponctuelle">dure et immédiate</a> (et contenait des inexactitudes), celle du PQ n&rsquo;est sortie que plusieurs jours plus tard, à l&rsquo;occasion de son Conseil national.</p>
<p><strong>Hors du PQ, point de salut!</strong></p>
<p>Probablement secoué par la sortie de deux sondages, le premier de <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201304/23/01-4643904-couillard-et-trudeau-propulsent-la-marque-liberale.php">CROP</a> et le deuxième de <a href="http://www.tooclosetocall.ca/2013/05/11-mai-2013-le-plq-sous-couillard.html">Léger marketing</a>, le mettant loin de la première place (entre 8 et 13 points de pourcentage des libéraux, selon le sondage), le PQ semble incapable de se regarder dans le miroir pour expliquer cette dégringolade. Il ne serait responsable de rien de ce qui lui arrive, mais serait plutôt victime des méchants <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378011/conseil-national-du-parti-quebecois-marois-vise-un-gouvernement-majoritaire">qui s&rsquo;acharnent sur lui</a>.</p>
<blockquote><p>«En 1976, on dérangeait bien du monde et bien des intérêts. On s’est fait attaquer très durement. C’est la même chose en 2013: notre gouvernement, oui, il dérange bien du monde.»</p></blockquote>
<p>Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;en 1976, le PQ dérangeait surtout le mondes affaires, tandis que maintenant, il dérange davantage les <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/05/07/agnes-maltais-aide-sociale_n_3231120.html">bénéficiaires de l&rsquo;aide sociale</a> et les organismes qui les représentent que les riches et les minières qui font reculer ce gouvernement quand ils se découvrent des «<a href="http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201209/25/01-4577425-les-liberaux-se-battront-contre-langoisse-fiscale.php">angoisses fiscales</a>» ou «<a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-11113.html">économiques</a>» à chaque fois qu&rsquo;on leur demande de faire leur juste part.</p>
<p>Plutôt que de s&rsquo;interroger sur les raisons qui poussent tant de personnes à s&rsquo;éloigner de son parti, Mme Marois préfère se draper dans son statut de victime et <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/378011/conseil-national-du-parti-quebecois-marois-vise-un-gouvernement-majoritaire">accuser Québec solidaire</a> :</p>
<blockquote><p>«Pour gouverner, il ne faut pas être sectaire.»</p></blockquote>
<p>Être sectaire, pour la cheffe du PQ, c&rsquo;est bien sûr quand Québec solidaire décide de rejeter toute alliance électorale, pas quand son parti <a href="http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201302/07/01-4619181-le-president-du-pq-ferme-la-porte-aux-alliances.php">adopte exactement la même position</a>!</p>
<blockquote><p>«Il ne faut pas se camper dans une idéologie rigide»</p></blockquote>
<p>De fait, cela est éminemment néfaste. On a vu les conséquences en Europe de l&rsquo;adoption de mesures idéologiques rigides d&rsquo;austérité, maintenues même quand l&rsquo;économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) <a href="http://www.rtbf.be/info/economie/detail_le-fmi-avoue-avoir-sous-estime-les-effets-de-l-austerite?id=7905360">a avoué</a> que ce type de politique engendre beaucoup plus de dégât que prévu et que l&rsquo;étude que bien des partisans de l&rsquo;austérité utilisaient pour justifier leurs politiques s&rsquo;est révélée <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/05/04/les-erreurs-de-reinhart-et-rogoff/">truffée d&rsquo;erreurs</a>! De même, l&rsquo;ancien premier ministre et chef du PQ, Jacques Parizeau, a <a href="http://www.ledevoir.com/societe/education/370711/la-gratuite-est-realiste-dit-jacques-parizeau">lui aussi dénoncé</a> les politiques d&rsquo;austérité du PQ, qualifiant l&rsquo;intransigeance du PQ à vouloir atteindre le déficit zéro dès cette année d&rsquo;obsession qui «<em>empêche de réfléchir</em>». Résultat? Le PQ est resté inflexible, s&rsquo;en tenant rigidement à son idéologie&#8230;</p>
<p>Mais, ce n&rsquo;est pas tout. Non contente d&rsquo;ignorer la poutre qui lui cache la vue pour s&rsquo;attaquer à la paille des autres partis, Mme Marois «<em>a aussi suggéré, samedi, une voie bien particulière aux partis souverainistes rivaux qui lui font la vie dure: ils devraient se saborder.</em>» Rien de moins!</p>
<p>Pour justifier cette déclaration pour le moins étonnante, elle rappelle que Pierre Bourgault avait justement sabordé «<em>le Rassemblement pour l&rsquo;indépendance nationale (RIN), en 1968, au nom de la cause</em>». Non seulement cette stratégie n&rsquo;a toujours pas porté ses fruits en 45 ans, mais le PQ n&rsquo;a plus grand chose en commun avec le parti relativement progressiste que Bourgault a accepté de joindre. Et, ce parti, plutôt que de l&rsquo;accueillir à bras ouvert, l&rsquo;a plutôt ostracisé, quand il ne l&rsquo;a pas simplement écarté. Mme Marois omet d&rsquo;ailleurs de mentionner le fait que Bourgault <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/329772/crise-au-pq-il-y-a-30-ans-pierre-bourgault-faisait-le-meme-constat">a démissionné du PQ</a> en 1981! Elle qui <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/06/06/002-pq-demissions-curzi-lapointe-beaudoin.shtml">n&rsquo;a pas su conserver</a> ses troupes entières devrait avoir une petite gêne avant de suggérer à d&rsquo;autres partis de se joindre au sien&#8230;</p>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Avec ces déclarations, on ne peut que déplorer que le PQ n&rsquo;ait jamais su accepter qu&rsquo;il puisse ne pas être le seul porteur de la cause indépendantiste. Que des membres d&rsquo;un parti puissent souhaiter que d&rsquo;autres partis cessent d&rsquo;exister, cela n&rsquo;a rien d&rsquo;étonnant, ni de scandaleux. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs déjà entendu et lu des membres de QS souhaiter la fin du PQ. Je le déplore, mais on ne peut pas empêcher des partisans de s&rsquo;échauffer de temps en temps&#8230;</p>
<p>Mais que la cheffe d&rsquo;un parti déclare publiquement vouloir que ses adversaires politiques disparaissent pour lui laisser le chemin libre est non seulement un affront à la démocratie, mais un symptôme de la vision que trop de péquistes ont des personnes qui appuient QS et ON : des péquistes égarés qu&rsquo;une bonne fessée (faut bien que je justifie l&rsquo;image que j&rsquo;ai choisie!) ramènerait au bercail! Et rappelons que la fessée ne fait heureusement plus partie de la culture québécoise!</p>
<p>Or, comme la plupart sinon la totalité des membres d&rsquo;ON et de QS que je connais, je ne suis ni péquiste, ni égaré! Et, il est clair pour moi que, même si QS et même ON disparaissaient, jamais je ne voterais pour un parti comme le PQ qui incarne des valeurs si différentes des miennes! Et je suis loin d&rsquo;être le seul!</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8448/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8448/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8448&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;autre fête!</title>
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		<pubDate>Sun, 12 May 2013 15:20:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>koval</dc:creator>
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		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Reeves Jarvis]]></category>
		<category><![CDATA[Fête des mères]]></category>
		<category><![CDATA[Mother's Day for Peace]]></category>
		<category><![CDATA[Mothers' Works Days]]></category>
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		<description><![CDATA[Des gauchistes pacifistes à l&#8217;origine de la fête des mères!  Merci à Sylvain Bérubé qui m&#8217;a appris quelque chose d&#8217;intéressant. Un excellent cadeau de fête des mères&#8230; ============================================================== Voilà le travail de Sylvain. Voici un texte que j&#8217;ai offert à La Gazette de la Coalition (féministe de Sherbrooke) du 1er mai 2010, produite pour la [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8432&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/fete-des-mc3a8res.jpg"><img class="alignright  wp-image-8438" alt="fete des mères" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/fete-des-mc3a8res.jpg?w=95&#038;h=90" width="95" height="90" /></a></p>
<p>Des gauchistes pacifistes à l&rsquo;origine de la fête des mères!  Merci à Sylvain Bérubé qui m&rsquo;a appris quelque chose d&rsquo;intéressant. Un excellent cadeau de fête des mères&#8230;</p>
<p>==============================================================</p>
<p>Voilà le travail de Sylvain.</p>
<p>Voici un texte que j&rsquo;ai offert à La Gazette de la Coalition (féministe de Sherbrooke) du 1er mai 2010, produite pour la fête des Travailleurs et des travailleuses.</p>
<p>Pour la fête des Mères, célébrons la paix<br />
par Ruth Rosen, traduit et adapté par Sylvain Bérubé</p>
<p>Le dimanche 9 mai prochain, huit jours après la fête des Travailleurs et des Travailleuses, ce sera au tour des mères d&rsquo;être célébrées partout au Québec. À priori, ces deux célébrations semblent avoir bien peu en commun: d&rsquo;un côté, des revendications sociales sous forme de slogans et de pancartes lors de rassemblements de masse dans la rue; de l&rsquo;autre, l&rsquo;expression de bons sentiments sous forme de carte Hallmark et de bouquets de roses remis lors de rassemblements familials au restaurant. De plus, si d&rsquo;aucuns considèrent la fête du 1er mai comme secondaire, la fête des mères est une véritable institution: nous avons beau être plusieurs à dénoncer l&rsquo;hypercommercialité d&rsquo;une telle journée, il demeure impensable d&rsquo;ignorer sa mère en cette journée. Et quelle mère ne serait pas dévastée si ses ingrats de rejetons ne l&rsquo;honorent pas au moins une journée dans l&rsquo;année?</p>
<p>Cela dit, la fête des Mères n&rsquo;a pas toujours été vécu ainsi. En fait, les femmes qui ont conçu la fête des Mères seraient déconcertées par les publicités omniprésentes qui nous traquent pour trouver «le cadeau parfait pour maman». Ils s&rsquo;attendraient plutôt à voir les femmes marcher dans les rues au lieu de manger dans les restaurants avec leurs familles. C&rsquo;est parce que la fête des Mères d&rsquo;abord été une journée pour commémorer l&rsquo;activisme des femmes, et non une célébration du dévouement d&rsquo;une mère à sa famille.</p>
<p>L&rsquo;histoire commence en 1858 où Anna Reeves Jarvis, une activiste du milieu communautaire, a organisé le «Mothers&rsquo; Works Days in West Virginia». Son but immédiat était d&rsquo;améliorer l&rsquo;hygiène et les conditions de vie dans les communautés appalachiennes. Pendant la Guerre Civile Américaine, Jarvis a galvanisé des femmes à prendre soins des blessés des deux côtés. Après, elle a organisé des assemblés pour persuader les hommes de mettre en veille leurs hostilités guerrières.</p>
<p>En 1872, Julia Ward Howe, auteur de «Battle Hymn of the Republic», a proposé le jour annuel «Mother&rsquo;s Day for Peace». Active à enrayer la guerre, Howe a écrit: «Nos maris ne viendront pas chez nous en sentant le carnage&#8230; Nos fils ne nous seront pas enlevé pour désapprendre tous ce que nous avons pu leurs enseigner de la charité, de la pitié et de la patience. Nous, femmes de ce pays, serons tendres à l&rsquo;endroit des mères des autres pays en ne permettant pas à nos fils d&rsquo;être formés pour blesser les leurs».</p>
<p>Pendant les trente années à venir, les Américains ont célébré le «Mothers&rsquo; Day for Peace» le 2 juin.</p>
<p>Beaucoup de femmes de la classe moyenne au 19e siècle ont cru qu&rsquo;elles avaient une responsabilité spéciale, en tant que mères réelles ou potentielles, d&rsquo;entretenir les «blessés» [au sens large] de la société et de transformer l&rsquo;Amérique en nation plus civilisée. Elles ont joué un rôle majeur dans le mouvement abolitionniste [suppression de l'esclavage]. Au cours des décennies suivantes, elles ont lancé des campagnes réussies contre le lynchage et la fraude envers les consommateurs, et elles ont milité pour l&rsquo;amélioration des conditions de travail des femmes et la protection des enfants, l&rsquo;obtention de services de santé publique et l&rsquo;assistance sociale aux pauvres. Pour ces activistes, le lien entre la maternité et le combat pour la justice sociale et économique semblait naturel.</p>
<p>En 1913, le congrès américain a déclaré le deuxième dimanche en mai pour être la fête des Mères, et plusieurs pays les ont rapidement imité. À ce moment, l&rsquo;accroissement de la consommation avait redéfini les femmes comme consommatrices pour leurs familles. Les politiciens et les hommes d&rsquo;affaires embrassèrent ardemment l&rsquo;idée de célébrer les sacrifices privés faits par différentes mères. Comme l&rsquo;a exprimé clairement la revue Florists&rsquo; Review, le jounal commercial de l&rsquo;industrie, «[la fête des Mères] est une journée qui pourrait être exploitée.»</p>
<p>L&rsquo;industrie naissante de la publicité a rapidement enseigné aux citoyens comment honorer leurs mères &#8211; en achetant des fleurs. Outragé par les fleuristes qui vendaient des œillets pour le prix exorbitant de $1 la pièce, la fille d&rsquo;Anna Jarvis a initié une campagne contre ceux que «minerait la fête des Mères par leur cupidité.» Mais sa lutte fut vaine. Quelques années plus tard, la Florists&rsquo; Review a triomphalement annoncé que c&rsquo;était «Mlle Jarvis qui a été complètement écrasée.»</p>
<p>Depuis, la fête des Mères est devenue une industrie de plusieurs milliards de dollars.</p>
<p>Avec une peu d&rsquo;imagination, nous pourrions rétablir la fête des Mères comme journée célébrant l&rsquo;avènement politique des femmes dans la société. Durant les années 80, quelques groupes de paix se sont réunis aux emplacements d&rsquo;essai nucléaires le jour de la fête des Mères pour protester contre la course aux armements. Aujourd&rsquo;hui, notre plus grande menace n&rsquo;est pas nos missiles, mais notre indifférence envers le bien-être humain et la santé de notre planète. Imaginez le jour de la fête des Mères rempli de voix exigeant la justice sociale et économique et un futur soutenable, plutôt que les discours cloutés avec des platitudes sirupeuses. Que la fête des Mères soit, d&rsquo;une certaine façon, le prolongement de la fête des Travailleurs. Et ainsi retrouver l&rsquo;esprit initial de cette journée.</p>
<p>Certains trouveront insultant de changer notre manière courante de célébrer le jour de la fête des Mères. Mais l&rsquo;activisme public n&rsquo;exclut pas des expressions privées de l&rsquo;amour et de la gratitude, ni d&rsquo;exprimer sa satisfaction durant toute l&rsquo;année.</p>
<p>Les femmes du 19e siècle ont osé rêvé à une journée honorant l&rsquo;activisme civil des femmes. Nous pouvons faire la même chose. Nous devrions honorer leur vision de l&rsquo;activisme civique.</p>
<p>&#8212;<br />
Ruth Rosen, féministe, est professeur d&rsquo;histoire à University of California, Berkeley.<br />
Sylvain Bérubé, féministe, est chargé de cours en mathématiques à l&rsquo;Université de Sherbrooke et à l&rsquo;Université Bishop&rsquo;s, et est coordonnateur du journal communautaire Entrée Libre</p>
<p>Textes originaux:<br />
<a href="http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/3864" target="_blank" rel="nofollow">http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/3864</a><br />
<a href="http://www.slate.com/id/2217890/" target="_blank" rel="nofollow">http://www.slate.com/id/2217890/</a></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8432/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8432&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Salaire minimum et salaire moyen</title>
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		<pubDate>Sat, 11 May 2013 09:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Institut de la statistique du Québec]]></category>
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		<description><![CDATA[Comme à chaque hausse du salaire minimum, on a droit au retour du débat sur les conséquences d&#8217;une telle augmentation. Par exemple, on a pu apprécier l&#8217;excellente performance de Mélanie Gauvin, porte-parole du Front de défense des non-syndiqué(e)s, face à Norma Kozhaya, économiste en chef du Conseil du patronat à RDI économie. On a par contre [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8416&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-CA"><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8417" alt="salaire minimum" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum.jpg?w=600"   /></a>Comme à chaque <a href="http://www.cnt.gouv.qc.ca/la-commission-vous-informe/actualites/actualites/annee/2013/comm/633/653/index.html">hausse du salaire minimum</a>, on a droit au retour du débat sur les conséquences d&rsquo;une telle augmentation. Par exemple, on a pu apprécier l&rsquo;<a href="http://www.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/6680523">excellente performance</a> de Mélanie Gauvin, porte-parole du Front de défense des non-syndiqué(e)s, face à Norma Kozhaya, économiste en chef du Conseil du patronat à RDI économie. On a par contre dû subir encore une fois la <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/youri-chassin/salaire-minimum-plus-politique-economique_b_3195494.html">cassette habituelle</a> de Youri Chassin, économiste à l&rsquo;Institut économique de Montréal.</p>
<p>Ayant déjà répondu à ces arguments dans deux billets, <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2011/03/01/la-fcei-et-le-salaire-minimum/">le premier</a> il y a deux ans et <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/02/21/le-salaire-minimum-et-lemploi/">le deuxième</a> il y a à peine un peu plus de deux mois, je ne m&rsquo;y attarderai pas, si ce n&rsquo;est pour dire que certains ne comprendront jamais qu&rsquo;on ne peut comparer les effets d&rsquo;une hausse du salaire minimum lorsque plein de jeunes arrivent sur le marché du travail comme dans les années 1970 et lorsque que tous les employeurs qui embauchent à ce salaire se plaignent de manquer de main-d’œuvre. Dans ce dernier cas, les employeurs ne peuvent que bénéficier d&rsquo;une telle hausse, car elle attirera plus de personnes sur le marché du travail. Mais, bon, je me répète&#8230;</p>
<p>Je voudrais plutôt par ce billet compléter l&rsquo;information fournie par une <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/remuneration/pdf2013/salaire_minimum2013.pdf">parution récente</a> (30 avril 2013) de l&rsquo;Institut de la statistique du Québec sur l&rsquo;évolution du salaire minimum depuis 1997. À la première page de ce court bulletin, on peut en effet voir un graphique illustrant cette évolution :</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8418" alt="salaire minimum1" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum1.jpg?w=600&#038;h=400" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Ce graphique et les commentaires qui l&rsquo;accompagnent laissent penser à une hausse notable du salaire minimum depuis 15 ans. On y parle d&rsquo;une hausse «<em>de presque 3,50$ durant la période</em>». On ajoute «<em>En dollars constants, le pouvoir d’achat des travailleurs et travailleuses au salaire minimum augmente de 10,7% entre 1997 et 2012.</em>, Wow, quelle joie! Par contre, on y est moins précis sur les comparaisons entre cette augmentation et celle du salaire moyen.</p>
<blockquote><p>«Le taux de croissance moyen du salaire minimum de 1998 à 2007 a été de 1,8%, alors qu’il se fixait à 5,9% de 2008 à 2010. Il se chiffre en moyenne à 2,1% pour 2011-2012. À titre de comparaison, les taux de croissance de la rémunération horaire moyenne de l’ensemble des salariés au cours des mêmes périodes sont de 2,2%, 3,3% et 2,1%.»</p></blockquote>
<p>Si vous êtes capable de conclure si le salaire minimum a plus ou moins augmenté que la rémunération horaire moyenne entre 1997 et 2012 à partir de ces deux phrases là, vous êtes forts! Est-ce qu&rsquo;une différence négative de 0,4 point de pourcentage pendant 9 ans (2,2 – 1, 8 = 0,4) est équivalente à une différence positive de 2,6 points pendant 3 ans (5,9 – 3,3 = 2,6)? Étant faible, j&rsquo;ai donc vérifié&#8230; Et voilà ce que ça donne :</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8419" alt="salaire minimum2" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/salaire-minimum2.jpg?w=600&#038;h=397" width="600" height="397" /></a></p>
<p>Ce graphique présente la proportion du salaire minimum par rapport au salaire moyen entre 1997 et 2012 (désolé, mais 2013 n&rsquo;étant pas terminé, je n&rsquo;ai pas trouvé les données du salaire moyen pour 2013&#8230;). Joli non? Ce que ce graphique montre, c&rsquo;est que les employés au salaire minimum ont vu leur salaire augmenter beaucoup moins que celui de l&rsquo;ensemble des salariés entre 1998 et 2006 et que les hausses de 0,50 $ pendant trois ans entre 2007 et 2010 n&rsquo;ont fait que rattraper les pertes de la décennie précédente. Résultat? En 2012, ce ratio atteignait 44,6 % du salaire moyen, alors qu&rsquo;en 1997, il était de 44,4 %&#8230; Bref, la situation que tous les groupes sociaux déploraient en 1997 est la même aujourd&rsquo;hui. Mais, pire, il a fallu que les moins bien salariés de la société vivent 11 ans sous ce niveau (de 1999 à 2009) pour enfin retrouver le niveau déjà insuffisant de 1997!</p>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Alors, deux choses. Je déplore tout d&rsquo;abord qu&rsquo;un organisme gouvernemental comme l&rsquo;Institut de la statistique du Québec fournisse un charabia tel sur la comparaison entre le salaire minimum et le salaire moyen que personne ne puisse le comprendre. Je déplore aussi que nos gouvernements plaignent les employeurs des restaurants, commerces de détail et autres milieux de travail qui n&rsquo;offrent que le salaire minimum de leurs difficultés de recrutement, mais semblent insensibles à la précarité que vivent les employés qui acceptent d&rsquo;y travailler.</p>
<p>Et, pendant ce temps, la profession dont on a fait venir le plus de travailleurs étrangers au Canada en 2012 est celle des «<em>Serveurs/serveuses au comptoir, aides de cuisine et personnel assimilé</em>», comme on peut le voir en cherchant (CTRL F) sur <a href="http://www.rhdcc.gc.ca/fra/emplois/travailleurs_etrangers/statistiques_amt/annuel2012.shtml">cette page</a> avec les mots «tableau 7»&#8230; Et vous verrez que les trois professions suivantes n&rsquo;offrent des salaires guère supérieurs au salaire minimum!</p>
<p>Ce qu&rsquo;on ne ferait pas pour ne pas payer correctement les travailleurs et surtout travailleuses les moins bien rémunérées&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8416/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8416/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8416&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Le pétrole transporté en train</title>
		<link>https://jeanneemard.wordpress.com/2013/05/09/le-petrole-transporte-en-train/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 May 2013 05:11:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai écrit il y a quelques semaines un billet qui faisait le tour des impacts économiques et environnementaux de l&#8217;exploitation du pétrole bitumineux. Je m&#8217;y inquiétais entre autres de l&#8217;intention de certaines pétrolières de transporter du pétrole de l&#8217;ouest en train en attendant que le réseau de pipelines ne soit prêt. Ne voilà-t-il pas que [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8405&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/pc3a9trole-train.jpg"><img class="alignright  wp-image-8406" alt="pétrole-train" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/pc3a9trole-train.jpg?w=240&#038;h=161" width="240" height="161" /></a>J&rsquo;ai écrit il y a quelques semaines <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/03/01/petrole-louest-ou-pas-louest/">un billet</a> qui faisait le tour des impacts économiques et environnementaux de l&rsquo;exploitation du pétrole bitumineux. Je m&rsquo;y inquiétais entre autres de <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/370474/le-petrole-sur-les-rails">l&rsquo;intention</a> de certaines pétrolières de transporter du pétrole de l&rsquo;ouest en train en attendant que le réseau de pipelines ne soit prêt.</p>
<p>Ne voilà-t-il pas que j&rsquo;apprends d&rsquo;un <a href="http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/377139/le-petrole-de-l-ouest-prend-le-train">court article</a> plus récent que ce type de transport serait déjà en croissance.</p>
<blockquote><p>«Le Canadien Pacifique transporte de plus en plus de pétrole brut, les producteurs canadiens tentant d’envoyer leur produit vers le marché alors que les entreprises d’oléoducs peinent à augmenter rapidement leur capacité. Ce facteur a notamment permis à la compagnie d’afficher le mois dernier ses meilleurs résultats du premier trimestre en 132 ans d’existence. M. Harrison ajoute que le débat sur l’oléoduc Keystone XL a rappelé que le transport ferroviaire était une alternative viable.»</p></blockquote>
<p>Or, quelques jours auparavant, Statistique Canada avait mis à jour ses données sur les <a href="http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/130424/dq130424b-fra.htm">chargements ferroviaires</a>. Je me suis dit que ces données pourrait peut-être nous indiquer à quel point ce type de transport a augmenté au cours des dernières années.</p>
<p>Voici le résultat :</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/pc3a9trole-train11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8410" alt="pétrole-train1" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/pc3a9trole-train11.jpg?w=600&#038;h=373" width="600" height="373" /></a></p>
<p>On voit clairement sur le graphique précédent l&rsquo;explosion récente du tonnage de mazout et de pétrole brut transporté en train depuis un an ou deux. Ainsi, le nombre de tonnes métriques transportées au Canada a augmenté de 88 % entre janvier 2012 et janvier 2013 (en fait de 37 % par la division est et de 148 % par la division ouest) et de 121 % entre janvier 2011 et janvier 2013 (de 68 % par la division est et de 180 % par la division ouest). Et cela n&rsquo;est qu&rsquo;un début, si on en croit l&rsquo;article cité plus haut : «<em>Le Canadien Pacifique prévoit doubler ses livraisons de pétrole brut 12 mois plus tôt qu’il ne l’avait prévu.</em>»</p>
<p>On s&rsquo;inquiète à bon escient de l&rsquo;intention de l&rsquo;Alberta, <a href="http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/371677/le-pq-et-le-grand-projet-canadien-le-petrole">avec l&rsquo;ouverture du Québec</a> «<em>à la réalisation de deux projets d’oléoduc qui permettraient de faire couler du pétrole des sables bitumineux vers le Québec</em>», mais l&rsquo;augmentation du transport en train de ce pétrole provoque, à ma connaissance, peu de réactions. Ça m&rsquo;inquiète qu&rsquo;on ne s&rsquo;inquiète pas assez&#8230;</p>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Ces données montrent bien que les pétrolières de l&rsquo;ouest cherchent de nouveaux débouchés pour leur pétrole sale face à l&rsquo;<a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20121112.REU0489/les-usa-seront-le-premier-producteur-de-petrole-d-ici-2017.html">autosuffisance prévue</a> des États-Unis en pétrole vers 2017.</p>
<p>Par ailleurs, les intentions de ces pétrolières de pouvoir vendre leur pétrole sur le marché du pétrole Brent dont je parlais dans mon <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2013/03/01/petrole-louest-ou-pas-louest/">précédent billet</a> se précisent. La <a href="http://www.ledevoir.com/politique/canada/377531/oliver-en-tournee-europeenne-pour-la-promotion-des-sables-bitumineux-albertains">visite de cette semaine</a> du ministre fédéral des Ressources naturelles Joe Oliver en Europe, où le Canada n&rsquo;exporte pourtant pas de pétrole, n&rsquo;a de sens que si le Canada parvient à trouver un moyen de faire parvenir le pétrole albertain vers des ports donnant accès à l&rsquo;Europe.</p>
<p>L&rsquo;objectif de la campagne pour acheminer le pétrole albertain vers le Québec et les Maritimes par pipeline ne semble donc pas être seulement de nous approvisionner, mais aussi, sinon surtout, d&rsquo;avoir accès au marché lucratif de l&rsquo;exportation de pétrole vers l&rsquo;Europe. Si l&rsquo;Europe finit par accepter les arguments du ministre Oliver, on peut s&rsquo;attendre à ce que notre territoire serve d&rsquo;autoroute pour acheminer le pétrole sale de l&rsquo;Alberta vers l&rsquo;Europe. Et, bien sûr, penser que tout ce pétrole transporté par pipeline (et même par train) ne fuira jamais relève de la <a href="http://www.forbes.com/sites/jamesconca/2013/04/07/its-crazy-to-think-keystone-xl-wont-leak/">pensée magique</a>&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8405/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8405/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8405&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La faim</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 06:54:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cette semaine, j&#8217;ai décidé de vous présenter un livre d&#8217;horreur, Destruction massive : Géopolitique de la faim, de Jean Ziegler, rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde de 2000 à 2008. Malheureusement, ce livre d&#8217;horreur n&#8217;a rien à voir avec les films d&#8217;horreur, car il raconte la [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8384&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/destruction1.jpg"><img class="alignright  wp-image-8386" alt="destruction" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/destruction1.jpg?w=239&#038;h=365" width="239" height="365" /></a>Cette semaine, j&rsquo;ai décidé de vous présenter un livre d&rsquo;horreur, <em><a href="http://www.seuil.com/livre-9782021060560.htm">Destruction massive</a> : Géopolitique de la faim</em>, de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ziegler">Jean Ziegler</a>, rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde de 2000 à 2008. Malheureusement, ce livre d&rsquo;horreur n&rsquo;a rien à voir avec les films d&rsquo;horreur, car il raconte la vraie vie&#8230; Et l&rsquo;horreur se poursuit même quand on a terminé de le lire.</p>
<p><strong>Le massacre</strong></p>
<p>Tel est le titre, fort pertinent, du premier chapitre de ce livre. Je ne citerai pas toutes les statistiques honteuses qu&rsquo;on y trouve, mais il est important d&rsquo;en prendre connaissance (en lisant le livre!). L&rsquo;auteur considère que la faim dans le monde tient du crime organisé. Il le démontrera tout au long de ce livre.</p>
<p>Il divise la faim en trois catégories nullement exclusives.</p>
<ul>
<li><strong><span style="font-size:13px;">La sous-alimentation</span></strong><span style="font-size:13px;"> : il s&rsquo;agit de l&rsquo;apport insuffisant de nourriture, de calories pour qu&rsquo;un être humain puisse fonctionner. Plus de 1 milliard de personnes en souffrent.</span></li>
<li><strong><span style="font-size:13px;">La malnutrition</span></strong><span style="font-size:13px;"> : c&rsquo;est «</span><em><span style="font-size:13px;">la déficience en matière de micronutriments &#8211; vitamines et sels minéraux</span></em><span style="font-size:13px;">». On en meurt aussi, mais pas nécessairement, on perd seulement ses dents, ses muscles, son système immunitaire, la vue&#8230; sans parler des cas d&rsquo;anémie, de léthargie, de pertes de capacités d&rsquo;apprentissage, de retard mental, de déformations congénitales, etc. Elle s&rsquo;attaque surtout aux enfants de moins de cinq ans, chez qui elle devient irréversible, les pertes ne pouvant être rattrapées même avec une alimentation convenable. Le nombre de personnes atteintes n&rsquo;est pas comptabilisé, mais, selon </span><span style="font-size:13px;">le Fonds des Nations unies pour l&rsquo;enfance (</span><a style="font-size:13px;" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_des_Nations_unies_pour_l'enfance">UNICEF</a><span style="font-size:13px;">), «</span><em><span style="font-size:13px;">un tiers de la population mondiale ne peut pas réaliser son potentiel physique et intellectuel du fait de carences en vitamines et minéraux</span></em><span style="font-size:13px;">».</span></li>
<li><strong><span style="font-size:13px;">Les maladies de la faim</span></strong><span style="font-size:13px;"> : la cécité mentionnée plus tôt en fait partie, mais bien d&rsquo;autres formes existent, dont le </span><a style="font-size:13px;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noma_(maladie)">noma</a><span style="font-size:13px;">. Je n&rsquo;avais jamais entendu parler de cette maladie. «</span><em><span style="font-size:13px;">C&rsquo;est une forme de gangrène foudroyante qui se développe dans la bouche et ravage les tissus du visage</span></em><span style="font-size:13px;">». Selon Wikipédia, «</span><em><span style="font-size:13px;">Le nombre d&rsquo;enfants touchés dans le monde est estimé à environ 500 000 par an</span></em><span style="font-size:13px;">». Cette maladie est très facile à soigner si prise à ses débuts, simplement en fournissant un antiseptique et en rétablissant une alimentation saine. Mais, on ne le fait pas&#8230;</span></li>
</ul>
<p><strong>Le réveil des consciences</strong></p>
<p>Après avoir présenté les thèses de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Malthus">Malthus</a> &#8211; qui conseillait de laisser crever les pauvres &#8211; ce chapitre porte en grande partie sur l’œuvre de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Josué_de_Castro">Josué de Castro</a>, auteur du livre <em>La géopolitique de la faim</em>, titre que Ziegler a emprunté pour son propre livre en son honneur. Ziegler explique comment celui-ci a su faire reconnaître, jusqu&rsquo;à un certain point, l&rsquo;importance de l&rsquo;alimentation comme droit humain. L&rsquo;auteur mentionne en outre que l&rsquo;utilisation de l&rsquo;arme de la faim par les troupes d&rsquo;Hitler a contribué à faire accepter certaines des revendications de Josué de Castro. Notons à cet égard que cette arme est toujours <a href="http://www.lapresse.ca/international/dossiers/la-menace-nord-coreenne/201304/16/01-4641359-mourir-de-faim-en-coree-du-nord.php">utilisée de nos jours</a>.</p>
<p><strong>Les ennemis du droit à l&rsquo;alimentation</strong></p>
<p>Les pires ennemis du droit à l&rsquo;alimentation sont, selon l&rsquo;auteur, les partisans du néolibéralisme, en premier lieu l&rsquo;Organisation mondiale du commerce (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_du_commerce">OMC</a>), le Fonds monétaire international (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_mon%C3%A9taire_international">FMI</a>) et la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_mondiale">Banque mondiale</a> et, au bout du compte, tous ceux qui appuient le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Consensus_de_Washington">Consensus de Washington</a>. Ces organismes et personnes considèrent que le concept du droit à l&rsquo;alimentation est une aberration. «<em>Pour eux, il n&rsquo;est de droits de l&rsquo;homme que civils et politiques</em>».</p>
<p>Pour Ziegler, ces organismes ne sont que le reflet du pouvoir des «<em>gigantesques sociétés transnationales privées</em>» qui contrôlent une part sans cesse croissante de la production et du commerce des aliments, phénomène qu&rsquo;il décrit en détail dans ce chapitre. Pour ces organismes et ces sociétés, seule la libéralisation complète de ce secteur peut permettre de régler le problème de la faim. L&rsquo;auteur montre à l&rsquo;aide de nombreux exemples que les interventions de ces organismes ont au contraire fait empirer le problème.</p>
<p>L&rsquo;OMC a même tenté de mettre des bâtons dans les roues du Programme alimentaire mondial (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_alimentaire_mondial">PAM</a>), le plus important organisme de distribution de nourriture pour les affamés de la Terre, considérant que les dons de nourriture pervertissent le fonctionnement des marchés&#8230;</p>
<p><strong>La ruine du PAM</strong></p>
<p>L&rsquo;auteur commence ce chapitre par une présentation de quelques réalisations impressionnantes du PAM, notamment au moyen son programme «Nourriture contre travail» qui a permis à beaucoup d&rsquo;affamés de sortir du cycle de la famine (en voici <a href="http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Au-Niger-des-solutions-contre-la-malnutrition-existent-_EP_-2012-02-06-766024">un exemple</a>).</p>
<p>En raison de la crise de 2008, les pays contributeurs ont réduit considérablement leurs dons au PAM, son budget diminuant de plus de 50 %, passant de 6 milliards $ à moins de 3. Le PAM a donc dû mettre fin à de nombreux programmes (dont les repas scolaires qui permettaient de soulager la faim des enfants dans des pays pauvres, tout en améliorant l&rsquo;attention des enfants et leurs capacités d&rsquo;apprentissage) pour concentrer ses actions à ses interventions d&rsquo;urgence. Ziegler ne blâme pas nécessairement les pays qui ont choisi de financer leur secteur financier aux dépens de leur contribution au PAM (je le trouve bien gentil&#8230;), mais plutôt le secteur financier responsable de la crise.</p>
<p>Ziegler termine ce chapitre en montrant la responsabilité de l&rsquo;ONU pour la mort de «<em>centaines de milliers d&rsquo;êtres humains par la faim</em>». Il raconte en effet les conséquences du programme «<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pétrole_contre_nourriture">pétrole contre nourriture</a>», une exception aux sanctions économiques imposées par l&rsquo;ONU à l&rsquo;Irak à la suite de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Golfe_(1990-1991)">première guerre du Golfe</a> pour lui permettre de vendre du pétrole en échange de «<em>biens indispensables à la survie de sa population</em>». En fait, les responsables de l&rsquo;ONU ont interdit un grand nombre de ces achats, prétextant que les médicaments et aliments que voulaient acheter l&rsquo;Irak pourraient servir à nourrir son armée et à produire des armes chimiques&#8230; Ce blocus s&rsquo;est étendu de 1996 à 2003 et serait responsable de la mort d&rsquo;au moins 550 000 enfants (Wikipédia parle de 150 enfants par jour, ce qui correspond à peu près à ce total).</p>
<p><strong>Les vautours de l&rsquo;«or vert»</strong></p>
<p>L&rsquo;auteur illustre dans ce chapitre les conséquences de la fabrication de biocarburant à partir de produits agricoles (maïs, blé, canne à sucre, huile de palme, betteraves, etc.). Non seulement ce processus n&rsquo;est pas efficace pour contrer la pollution et diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES), mais il entraîne des crises alimentaires par la hausse des prix et l&rsquo;expulsion de paysan par les sociétés multinationales productrices. Il donne de nombreux exemples tout aussi désolants les uns que les autres, notamment au Brésil, en Afrique, en Amérique centrale et en Colombie (ou des paramilitaires chassent les paysans et <a href="http://www.amnesty.org/en/library/asset/AMR23/025/2011/en/7a6d84c3-ad35-42e4-843b-5953a06eaf5c/amr230252011fr.pdf">en font «disparaître»</a> pour utiliser leurs terres pour planter encore plus de palme).</p>
<p><strong>Les spéculateurs</strong></p>
<p>Le titre de ce chapitre évoque clairement son contenu consacré à l&rsquo;analyse des conséquences de la spéculation sur l&rsquo;alimentation. Ziegler considère que les spéculateurs sont carrément des assassins (on peut d&rsquo;ailleurs l&rsquo;entendre à ce propos dans la vidéo qu&rsquo;on peut voir grâce à un lien fourni dans le supplément qui clôt ce billet). La spéculation n&rsquo;est pas la seule responsable de la hausse des prix des aliments (biocarburants, sécheresse, baisse des stocks mondiaux, hausse de la demande de nourriture et surtout de viande, prix du pétrole, etc.), mais elle multiplie les effets des autres facteurs.</p>
<p>Dans un <a href="http://affaires.lapresse.ca/economie/macro-economie/201304/17/01-4641880-les-speculateurs-ont-perdu-lappetit.php">article récent</a> de La Presse, on peut d&rsquo;ailleurs lire que «<em>la CNUCED (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) avance que de 60 à 70% des fluctuations des cours des ressources naturelles n&rsquo;ont rien à voir avec l&rsquo;offre, la demande, Dame Nature ou les travailleurs en sueur dans les champs. Ce sont surtout «les gars en complet bleu», confortablement assis devant un ordinateur, qui dictent le jeu.</em>»</p>
<p>Les spéculateurs ne font pas que s&rsquo;enrichir directement de la faim en achetant et revendant des produits alimentaires, mais aussi en achetant des terres (souvent avec la complicité des États occidentaux), quitte à les laisser en friche quelques années en attendant que les prix montent&#8230; Ce phénomène n&rsquo;est pas limité aux pays pauvres, il commence à s&rsquo;observer même au Québec comme on peut le lire dans <a href="http://www.ledevoir.com/politique/quebec/376545/une-veritable-politique-agricole-suppose-la-souverainete-alimentaire">cet article </a>du Devoir).</p>
<blockquote><p>« Ç’a commencé au Brésil, en Amérique du Sud, en Afrique… Les Chinois se sont notamment emparés de beaucoup de terres à travers la planète, note Marcel Groleau [président de l’Union des producteurs agricoles ]. Le phénomène est arrivé maintenant ici, pas toujours de la part d’étrangers, mais aussi de fonds d’investissements qui voient là la possibilité d’obtenir de bons rendements. Bien entendu, les agriculteurs ne peuvent pas s’aligner, d’autant que ce type de transaction invite à la spéculation. Le risque, c’est que nous revenions à une agriculture de locataires, non plus de propriétaires.»</p></blockquote>
<p><strong>Conclusion : L&rsquo;espérance</strong></p>
<p>Malgré le contenu désespérant de ce livre, l&rsquo;auteur le termine avec un message d&rsquo;espoir. Il souligne tout d&rsquo;abord que la Terre pourrait nourrir tous ses habitants.</p>
<blockquote><p>« […] le temps où les besoins incompressibles des hommes étaient confrontés à une quantité insuffisante de biens pour les satisfaire est aujourd&rsquo;hui révolu. La planète croule sous les richesses. Il n&rsquo;existe donc plus aucune fatalité. Et si 1 milliard d&rsquo;individus souffrent de la faim, ce n&rsquo;est pas à cause d&rsquo;une production alimentaire déficiente mais d&rsquo;un accaparement par les puissants des apports de la terre. (…) Le Mahatma Grandhi a dit : « Le monde a assez pour satisfaire les besoins de tous, mais pas assez pour satisfaire la cupidité de tous.»</p></blockquote>
<p>Il poursuit en appelant à la lutte contre la corruption et à la mobilisation pour des moyens concrets soient entrepris pour que tous puissent manger à leur faim</p>
<ul>
<li><em><span style="font-size:13px;">imposer la priorité au droit à l&rsquo;alimentation;</span></em></li>
<li><em><span style="font-size:13px;">interdire la spéculation boursière sur les aliments de base</span></em></li>
<li><em><span style="font-size:13px;">prohiber la fabrication de biocarburants à partir de plantes nourricières</span></em></li>
<li><em><span style="font-size:13px;">protéger les paysans contre le vol des terres</span></em></li>
<li><em><span style="font-size:13px;">préserver l&rsquo;agriculture vivrière au nom du patrimoine</span></em></li>
<li><em><span style="font-size:13px;">investir dans son amélioration partout dans le monde</span></em></li>
</ul>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Au delà de la présentation de la situation globale de la faim, l&rsquo;apport le plus important de ce livre est selon moi la description précise des conséquences des maux que l&rsquo;auteur dénonce. Expliquer qu&rsquo;un milliard d&rsquo;êtres humains sont sous alimentés et que le tiers de la population de la Terre souffre de malnutrition est certes de première importance, mais cette information est tout de même assez connue (peut-être pas assez&#8230;). Par contre, rarement nous présente-t-on, comme le fait abondamment l&rsquo;auteur, des cas précis de personnes qui en souffrent et qu&rsquo;on pourrait et devrait soulager. Mettre un nom et un visage (même gangrené) sur ce désastre et cette destruction massive, c&rsquo;est cela qui m&rsquo;a le plus bouleversé dans la lecture de ce livre indispensable.</p>
<p>Supplément! Une entrevue de <a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/second_regard/2012-2013/Entrevue.asp?idDoc=243789">Jean Zieger à Second regard</a>. Ce supplément vaut la peine autant pour la performance de Jean Ziegler que pour les réactions étonnantes et étonnées de l&rsquo;interviewer&#8230;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8384/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8384/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8384&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>Les erreurs de Reinhart et Rogoff</title>
		<link>https://jeanneemard.wordpress.com/2013/05/04/les-erreurs-de-reinhart-et-rogoff/</link>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 09:47:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tous ont sûrement entendu parler de l&#8217;erreur de codage sur Excel des économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff dans une étude (Growth in a Time of Debt ou La croissance en période de dette) qui démontrait supposément qu&#8217;un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % entraîne une chute du taux [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8393&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-8394" alt="Reinhart-Rogoff" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff.jpg?w=600"   /></a>Tous ont sûrement entendu parler de <a href="http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/04/18/003-etude-harvard-erreurs.shtml">l&rsquo;erreur de codage</a> sur Excel des économistes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carmen_Reinhart">Carmen Reinhart</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kenneth_Rogoff">Kenneth Rogoff</a> dans une étude (<em>Growth in a Time of Debt</em> ou La croissance en période de dette) qui démontrait supposément qu&rsquo;un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % entraîne une chute du taux de croissance du PIB. Résumé brièvement, cette étude a été utilisée aussi bien par les partisans européens de l&rsquo;austérité que par les républicains des États-Unis pour donner un vernis scientifique aux politiques d&rsquo;austérité. Si l&rsquo;erreur dite de codage fut la plus médiatisée, d&rsquo;autres articles parlaient de <a href="http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/376282/l-erreur-economique-le-chiffre-du-mal">plusieurs erreurs</a> :</p>
<blockquote><p>«D’autant que le trio d’économistes de l’Université du Massachusetts qui s’est penché sur l’étude de Rogoff-Reinhart a découvert que ces derniers avaient omis certaines données, et d’une. Et de deux, ils ont fait une consommation « particulière » de mécanismes statistiques. Et de trois, ils ont mal utilisé le logiciel… Excel !»</p></blockquote>
<p>Mais nulle part je n&rsquo;ai pu lire en quoi consistaient précisément ces erreurs. Alors, aussi bien aller aux sources! Pour en avoir le cœur net, j&rsquo;ai donc décidé de lire <a href="http://www.peri.umass.edu/fileadmin/pdf/working_papers/working_papers_301-350/WP322.pdf">l&rsquo;étude</a> de ce fameux «trio d&rsquo;économistes», soit Thomas Herndon, Michael Ash et Robert Pollin, intitulée <em>Does High Public Debt Consistently Stifle Growth? A Critique of Reinhart and Rogoff</em> (Est-ce qu&rsquo;une dette publique élevée étouffe toujours la croissance? Une critique de Reinhart et Rogoff).</p>
<p><strong>L&rsquo;étude de Reinhart et Rogoff</strong></p>
<p>La partie de l&rsquo;étude de Reinhart et Rogoff qui a été la plus discutée est relativement simple. Il s&rsquo;agissait seulement d&rsquo;associer des taux de croissance annuels réels (après inflation) de vingt pays industrialisés à quatre catégories de ratios de la dette sur le PIB entre 1946 et 2009 :</p>
<ul>
<li><span style="font-size:13px;">moins de 30 %</span></li>
<li><span style="font-size:13px;">entre 30 % et 60 %</span></li>
<li><span style="font-size:13px;">entre 60 % et 90 %</span></li>
<li><span style="font-size:13px;">plus de 90 %</span></li>
</ul>
<p>Le tableau qui suit montre les résultats que Reinhart et Rogoff ont publié :</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8395" alt="Reinhart-Rogoff1" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff1.jpg?w=600&#038;h=114" width="600" height="114" /></a></p>
<p>On voit clairement sur ce tableau la chute du taux de croissance qui devient même négatif quand le ratio de la dette sur le PIB est supérieur à 90 %. Mais, cela, c&rsquo;était avant qu&rsquo;on ne trouve les erreurs qu&rsquo;ils ont faites&#8230;</p>
<p><strong>Quatre erreurs!</strong></p>
<p>En fait, cette étude relativement simple (j&rsquo;insiste!) contient quatre erreurs. Une d&rsquo;entre elle est presque sans conséquence (ils ont transcrit -7,9 % au lieu de -7,6 % pour une des données utilisées), mais les trois autres ont davantage influencé les résultats.</p>
<p><strong>- Données manquantes et omises</strong></p>
<p>En fait, l&rsquo;étude de Reinhart et Rogoff n&rsquo;a pu utiliser les données que de neuf des 20 pays à partir de 1946. Dans la plupart des cas, ces données n&rsquo;étaient pas disponibles. Par contre, ils ont omis 14 données disponibles de l&rsquo;Australie, du Canada (de 1946 à 1950 pour ces deux pays) et de la Nouvelle-Zélande (de 1946 à 1949). Or, la grande majorité de ces données étaient très positives (forts taux de croissance) et étaient toutes associées à des périodes où ces pays avaient un ratio dette sur PIB supérieur à 90 %. L&rsquo;ajout de ces 14 données aux 96 utilisées par Reinhart et Rogoff aurait fait augmenter la moyenne du taux de croissance annuel moyen des pays ayant un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % de 0,3 point de pourcentage. C&rsquo;est déjà un début&#8230;</p>
<p><strong>- Erreur de codage</strong></p>
<p>Cette erreur fut la plus médiatisée, mais ne fut pas expliquée&#8230; Il s&rsquo;agit simplement d&rsquo;une erreur de formule. En effet, plutôt que de faire la somme des lignes 30 à 49 (ce qui donnerait bien 20 pays), Reinhart et Rogoff ont plutôt additionné les lignes 30 à 44, ne tenant compte que de 15 pays. Les pays «oubliés» étaient l&rsquo;Australie, l&rsquo;Autriche, la Belgique, le Canada et le Danemark (on dirait que les pays étaient classés à inverse de l&rsquo;ordre alphabétique&#8230;). La conséquence de cette erreur fut mineure pour les autres groupes, mais aurait fait augmenter la moyenne du taux de croissance annuel moyen des pays ayant un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % d&rsquo;un autre 0,3 point de pourcentage, ce qui donne une erreur cumulative de 0,6 point&#8230; jusqu&rsquo;à maintenant!</p>
<p><strong>- Erreur de pondération</strong></p>
<p>Il s&rsquo;agit de l&rsquo;erreur que l&rsquo;article précité du Devoir appelle pudiquement une «<em>consommation «particulière» de mécanismes statistiques</em>». Là est la pire erreur, enfin, celle qui a entraîné les conséquences les plus importantes. Plutôt que de faire la moyenne de tous les résultats obtenus (malgré les erreurs précédentes, il restait quand même 71 résultats sur les 110 qu&rsquo;il aurait dû y avoir), Reinhart et Rogoff ont plutôt fait la moyenne des résultats moyens (oui, oui, une moyenne de résultats moyens!) des 7 seuls pays qui avaient vécus les 71 périodes avec un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 %. Or, une moyenne de moyenne, ce n&rsquo;est pas fort, surtout quand les pays retenus ont de grandes différences dans le nombre de périodes se qualifiant (un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 %).</p>
<p>Par exemple, ils ont accordé le même poids à la croissance réelle du PIB de leur seule observation sur la Nouvelle-Zélande (-7,6 %, qu&rsquo;ils ont en plus calculée comme -7,9 %, l&rsquo;erreur de transcription dont j&rsquo;ai parlé plus tôt) qu&rsquo;aux 19 résultats du Royaume-Uni qui donnaient une moyenne de moyenne de +2,4 %! Pour montrer l&rsquo;ampleur de cette erreur, la moyenne de croissance de ces deux pays telle que calculée avec la méthode de Reinhart et Rogoff donnerait -2,75 %, tandis que la moyenne des 20 observations qu&rsquo;elle contiennent vraiment donne en fait +1,89 %!</p>
<p>Mais, encore pire, s&rsquo;ils avaient tenu compte de tous les résultats de la Nouvelle-Zélande dans une situation de ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % (4 autres, dont trois très positifs, soit 7,7 %, 11,9 %, -9,9 % et 10,8 %), cela leur aurait donné pour la Nouvelle-Zélande une moyenne de 2,6 % au lieu de -7,9 %! Bref, cette erreur de pondération (sans tenir compte des données omises) a fait diminuer la moyenne du taux de croissance annuel moyen des pays ayant un ratio de la dette sur le PIB de plus de 90 % d&rsquo;un autre 1,7 point de pourcentage, portant l&rsquo;erreur totale à 2,3 points. Là, c&rsquo;est énorme comme on peut le voir dans le tableau qui suit :</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8396" alt="Reinhart-Rogoff2" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/05/reinhart-rogoff2.jpg?w=600&#038;h=131" width="600" height="131" /></a></p>
<p>On peut voir que les quatre erreurs de Reinhart et Rogoff ont eu très peu d&rsquo;impact sur le taux de croissance réel moyen des pays ayant eu un ratio de la dette sur le PIB de moins de 30 %, un peu plus sur celui des pays ayant eu un ratio de la dette sur le PIB entre 30 % et 60 % et entre 60 % et 90 %, mais un impact majeur sur celui des pays ayant eu un ratio de la dette sur le PIB supérieur à 90 %. Avec ces résultats, on n&rsquo;observe finalement aucune chute vertigineuse lorsqu&rsquo;un pays a une dette supérieure à 90 % de son PIB.</p>
<p><strong>Autres éléments contenus dans l&rsquo;étude correctrice</strong></p>
<p>L&rsquo;étude a aussi testé bien d&rsquo;autre choses, en séparant par exemple la catégorie «plus de 90 %» en deux catégories, «entre 90 % et 120 %» et «plus de 120 %». Cela leur a donné des résultats de respectivement 2,4 % et 1,6 %. Encore là, pas d&rsquo;effondrement, même pas à 120 % et plus! Ils expliquent aussi que les résultats varient énormément dans le temps, montrant que la croissance moyenne des pays ayant eu un ratio de la dette sur le PIB supérieur à 90 % durant les années 2000 fut plus élevée (1,7 %) que celle des pays ayant eu un ratio entre 60 % et 90 % (1,3 %)! Bref, il y a tant de facteurs qui peuvent influencer la hausse et la baisse du PIB, et tant d&rsquo;autres, dont le niveau des taux d&rsquo;intérêt, qui peuvent rendre plus ou moins dommageable un ratio de la dette sur le PIB élevé, qu&rsquo;il est carrément simpliste de s&rsquo;amuser à vouloir isoler l&rsquo;impact d&rsquo;un seul facteur par des calculs qui ne nous fournissent au bout du compte que des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Corrélation_(statistiques)">corrélations</a>.</p>
<p>Or, comme Paul Krugman et Robin Wells (sa conjointe, également économiste) <a href="http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/may/13/our-giant-banking-crisis/?pagination=false">l&rsquo;ont fait observer</a> dès la sortie de cette étude (et comme Krugman l&rsquo;a répété dans un <a href="http://www.rtbf.be/info/chroniques/detail_la-depression-excel-paul-krugman?id=7976746&amp;chroniqueurId=5032403">texte plus récent traduit en français</a>), les auteurs (Herndon, Ash et Pollin) précisent qu&rsquo;il peut y avoir une corrélation sans qu&rsquo;il y ait de causalité et que, encore pire, la causalité peut bien être l&rsquo;inverse de celle qu&rsquo;on pense avoir vue&#8230; Il est par exemple beaucoup plus logique de penser qu&rsquo;une faible croissance soit un des facteurs qui entraîne une hausse du ratio de la dette sur le PIB (ce qui encore plus probable quand le dénominateur de l&rsquo;équation dette/PIB, soit le PIB, diminue comme c&rsquo;est le cas actuellement dans bien des pays européens) que l&rsquo;inverse.</p>
<p>Ils ont aussi fait remarquer (comme Krugman d&rsquo;ailleurs..) que la baisse du PIB des cinq années où les États-Unis ont eu un ratio de la dette sur le PIB plus élevé que 90 % au cours de cette période, soit de 1946 à 1950, était due à la démobilisation après la Deuxième guerre mondiale (on a par exemple retourné à la maison un grand nombre de femmes qui <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rosie_the_Riveter">avaient joint le marché du travail</a> pendant que les hommes étaient au front), pas à leur niveau élevé de la dette (niveau dû en plus aux dépenses de la guerre&#8230;). Ce ratio élevé a ensuite été réduit sans qu&rsquo;un sous de la dette ne soit remboursé, grâce à la forte croissance du PIB des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trente_Glorieuses">Trente glorieuses</a>. Bref, aucune mesure d&rsquo;austérité, bien au contraire, n&rsquo;a due être prise pour ramener ce ratio <a href="http://yglesias.thinkprogress.org/wp-content/uploads/2009/09/National-Debt-GDP.gif">à des niveaux bien plus bas</a>.</p>
<p>L&rsquo;étude contient aussi bien d&rsquo;autres éléments intéressants, mais, j&rsquo;ai abordé les principaux&#8230;</p>
<p><strong>Et alors&#8230;</strong></p>
<p>Que deux économistes d&rsquo;une telle renommée &#8211; les deux ont été économistes au Fonds monétaire international (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_monétaire_international">FMI</a>), Rogoff même l&rsquo;économiste en chef &#8211; aient pu faire de telles erreurs et publier un tel document sans vérification alors qu&rsquo;ils savaient bien qu&rsquo;il aurait un impact majeur ne serait-ce en raison du sujet abordé et justement de leur renommée, me renverse complètement.</p>
<p>Je me souviens <a href="http://jeanneemard.wordpress.com/2012/05/02/la-faille-dans-les-tableaux-de-m-godbout/">du billet</a> que j&rsquo;ai écrit qui a été le plus lu où je remettais en cause les calculs de Luc Godbout sur les effets de la hausse des prêts et des bourses à l&rsquo;époque du conflit entre le gouvernement et le mouvement étudiant. Je n&rsquo;ai pas seulement vérifié mes calculs à de nombreuses reprises, mais j&rsquo;ai consulté une amie mathématicienne (Koval) avant de publier pour qu&rsquo;elle confirme mon raisonnement&#8230; Bon sang, l&rsquo;étude de Reinhart et Rogoff portant sur un sujet drôlement plus important et brûlant d&rsquo;actualité que le mien et risquant d&rsquo;avoir drôlement plus d&rsquo;influence (le mien n&rsquo;en a eu aucune, et je ne m&rsquo;attendais pas à autre chose!), on aurait pu au moins s&rsquo;attendre qu&rsquo;ils aient fait preuve d&rsquo;autant de rigueur et aient vérifié leurs calculs! Et ils étaient deux pour se valider et se vérifier! Il ne s&rsquo;agit, je le répète encore, que de calculs simples et rapides à faire. Mais non, ils ne l&rsquo;ont pas fait&#8230;</p>
<p>Peut-être s&rsquo;attendaient-ils tellement à obtenir ce genre de résultat qu&rsquo;ils ont pensé que leurs calculs ne pouvaient qu&rsquo;être bons? Serait-ce donc un autre exemple de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_de_confirmation">biais de confirmation</a>?</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8393/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8393/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8393&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les soldes migratoires à Montréal</title>
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		<pubDate>Thu, 02 May 2013 08:44:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Darwin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Darwin]]></category>
		<category><![CDATA[démographie]]></category>
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		<description><![CDATA[François Cardinal a consacré récemment deux éditoriaux et un billet dans La Presse à la question de «l&#8217;exode des familles montréalaises». Il y pose de bonnes questions, mais le portrait de la situation qu&#8217;il y présente est très incomplet. Ses éditoriaux et son billet sont basés sur un document de l&#8217;Institut de la statistique du Québec (ISQ), [&#8230;]<img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8364&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/migratoire_montrc3a9al.jpg"><img class="alignright  wp-image-8365" alt="migratoire_montréal" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/migratoire_montrc3a9al.jpg?w=240&#038;h=125" width="240" height="125" /></a>François Cardinal a consacré récemment <a href="http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201304/18/01-4642328-declin-tranquille.php">deux</a> <a href="http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201304/19/01-4642710-la-carotte-et-le-baton.php">éditoriaux</a> et <a href="http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2013/04/20/la-ville-doit-elle-se-resigner-au-depart-des-familles-vers-la-banlieue/">un billet</a> dans La Presse à la question de «<em>l&rsquo;exode des familles montréalaises</em>». Il y pose de bonnes questions, mais le portrait de la situation qu&rsquo;il y présente est très incomplet.</p>
<p>Ses éditoriaux et son billet sont basés sur un <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf2013/coupdoeil_sociodemo_no24.pdf">document</a> de l&rsquo;Institut de la statistique du Québec (ISQ), <em>La migration interrégionale au Québec en 2011-2012</em>. De fait, ce document mentionne à la page 6 que Montréal est gagnant dans la migration interrégionale uniquement chez les 15-24, notamment des jeunes qui viennent étudier à Montréal, et perdant dans toutes les autres tranches d&rsquo;âge, mais surtout chez les 25-44 ans et les 0-14 ans. Ce constat vient de fait appuyer son argumentaire comme quoi ce serait principalement les familles avec enfants qui quittent Montréal, quoiqu&rsquo;il omette d&rsquo;ajouter, comme l&rsquo;ISQ le mentionne pourtant, que cela s&rsquo;explique aussi probablement par le fait qu&rsquo;un certain nombre d&rsquo;étudiants retournent dans leur région à la fin de leurs études.</p>
<p>Cette observation amène M. Cardinal <a href="http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/francois-cardinal/201304/18/01-4642328-declin-tranquille.php">à affirmer</a> : «<em>ce déclin tranquille participe à la diminution de l&rsquo;assiette fiscale (et donc de la majorité des revenus) de Montréal, en plus de contribuer au dépérissement des artères commerciales, à la réduction de l&rsquo;offre de services</em>». Là, ce n&rsquo;est même pas une question d&rsquo;opinion ou d&rsquo;appréciation des faits, il va carrément trop loin&#8230;</p>
<p>Quand on lit une étude, il est très important de consulter non seulement le texte principal, mais aussi les sections qui expliquent les sources et les limites d&rsquo;interprétation des données utilisées. Ainsi, on peut lire à l&rsquo;encadré de la page 5 :</p>
<blockquote><p>«La migration interne est une composante importante du bilan démographique des régions administratives et des MRC. D&rsquo;autres composantes agissent toutefois pour faire varier la taille de leur population. Ces autres composantes sont l&rsquo;accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, de même que les migrations interprovinciales et internationales.</p>
<p>Il est important de bien distinguer le solde migratoire interne, présenté ici, de l&rsquo;accroissement total de la population. Par exemple, une région peut montrer un solde migratoire interne négatif, mais voir sa population augmenter si d&rsquo;autres facteurs d&rsquo;accroissement lui sont favorables. <strong>C&rsquo;est notamment le cas de Montréal</strong>, où le déficit migratoire interne est compensé par un accroissement naturel positif et l&rsquo;arrivée de nombreux immigrants internationaux. [le caractère gras est de moi]»</p></blockquote>
<p>Plus que compensé, en fait&#8230;</p>
<p><strong>Portrait complet</strong></p>
<p>La ville de Montréal a justement publié en mars dernier un document qui fait le tour de la question. L&rsquo;image qui suit illustre clairement les différents facteurs mentionnés par l&rsquo;ISQ influençant l&rsquo;évolution de la population dans l&rsquo;Île de Montréal.</p>
<p><a href="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/migratoire_montrc3a9al11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-8368" alt="migratoire_montréal1" src="http://jeanneemard.files.wordpress.com/2013/04/migratoire_montrc3a9al11.jpg?w=600&#038;h=384" width="600" height="384" /></a></p>
<p>L&rsquo;étude de l&rsquo;ISQ et les textes de M. Cardinal ne tiennent compte que des flèches vertes qu&rsquo;on voit du côté droit et inférieur de l&rsquo;image. Vrai, le solde migratoire intraprovincial fut négatif, 20 500 personnes de plus ayant quitté l&rsquo;Île en 2011-2012 que celles qui s&rsquo;y sont établis. Le solde migratoire interprovincial (en jaune, du côté gauche supérieur de l&rsquo;image) fut aussi négatif, mais beaucoup moins (2 850).</p>
<p>Par contre, les flèches rouges au centre gauche de l&rsquo;image nous montrent que le solde migratoire international fut fortement positif (33 320), tellement qu&rsquo;il a fait plus que «compenser» les deux soldes négatifs précédents, les soldes migratoires totaux résultant en un ajout de très près de 10 000 personnes (voir le cadre orange avec des lettres rouges au bas de l&rsquo;image). Finalement, l&rsquo;accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, a presque atteint 8 500 personnes (lignes bleues et cadre bleu au centre droit supérieur de l&rsquo;image).</p>
<p>Comme mentionné au bas de ce graphique en tout petit, les périodes de ces différents soldes ne sont pas identiques. En conséquence, la population de l&rsquo;Île a en fait augmenté de quelque 12 000 (<a href="http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/MTL_STATS_FR/MEDIA/DOCUMENTS/SOLDE_MIGRATOIRE_MARS_2013.PDF">voir la page numérotée 1</a>), et non pas de 18 457 personnes, comme l&rsquo;addition de ces soldes nous le laisserait penser (ce qui nous amène à prévoir que les données de l&rsquo;an prochain seront probablement encore plus positives). Il s&rsquo;agit tout de même d&rsquo;une hausse de 0,6 % de la populatin de l&rsquo;Île. Alors, comment notre éditorialiste peut-il affirmer que «<em>ce déclin tranquille participe à la diminution de l&rsquo;assiette fiscale (et donc de la majorité des revenus) de Montréal, en plus de contribuer au dépérissement des artères commerciales, à la réduction de l&rsquo;offre de services</em>»? Il n&rsquo;a manifestement pas considéré tous ces mouvements avant de conclure ainsi!</p>
<p>Un autre aspect de ces données jette une ombre sur ses affirmations. En effet, si la composition du solde migratoire interprovincial laissait penser que l&rsquo;hypothèse de «<em>l&rsquo;exode des familles montréalaises</em>» a quelque fondement, les données sur les naissances et l&rsquo;accroissement naturel la relativisent. En effet, on peut voir sur le <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/dons_regnl/regional/206.htm">site de l&rsquo;ISQ</a> (et au dessus de la flèche bleue entrante de l&rsquo;image) qu&rsquo;en 2011, il y a eu 23 161 naissances à Montréal, soit 26,2 % des naissances au Québec (88 500), alors que <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/dons_regnl/regional/ra_total.htm">sa population</a> cette même année (1 969 707) représentait 24,7 % de la population du Québec (7 977 989). De même, <a href="http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/dons_regnl/regional/index.htm">les données</a> sur la population selon l&rsquo;âge et le sexe des régions administratives nous montrent qu&rsquo;en 2012, 23,8% des jeunes âgés de 0 à 14 ans du Québec vivaient dans l&rsquo;Île de Montréal, soit à peine moins que le poids de sa population (24,6 %). En fait, cette différence est moins grande qu&rsquo;à Québec (le ratio du pourcentage de jeunes âgés de 0 à 14 ans sur le pourcentage de la population totale était de 0,968 à Montréal et de 0,886 à Québec)! Alors oui, les familles ont tendance à quitter l&rsquo;Île quand ils ont des enfants, mais il est nettement exagéré de parler d&rsquo;exode et totalement inexact de parler de déclin, tranquille ou pas.</p>
<p><strong>Et alors&#8230; </strong></p>
<p>Quand l&rsquo;ISQ diffuse ces données, soit à chaque année, nombreux sont ceux qui ne retiennent que le solde migratoire intraprovincial (ou interrégional, ou interne&#8230;) <a href="http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/files/2013/04/image1-420x315.png">constamment négatif</a> de l&rsquo;Île de Montréal pour pouvoir la dénigrer. J&rsquo;ai lu ça dans les blogues de droite les plus antimontréalais qui ne cherchent que les données qui appuient leur idéologie sans s&rsquo;intéresser au portrait complet. Mais, là, que ça vienne d&rsquo;un éditorialiste qui semble vraiment s&rsquo;intéresser à la question démographique, ça me désole.</p>
<p>Cela dit, oui, les types de transferts démographiques entraînent des situations qui peuvent générer des problèmes. L&rsquo;insertion difficile des immigrants au marché du travail est parmi les plus importants. De même, l&rsquo;arrivée de nombreux immigrants à chaque année fait ressortir l&rsquo;importance de pouvoir les intégrer à la communauté francophone. S&rsquo;il parle un tout petit peu du recul du français (sans élaborer) et propose des solutions intéressantes pour contrer l&rsquo;étalement urbain bien réel, François Cardinal s&rsquo;étend longuement sur des problèmes drôlement moins importants, comme le supposé exode des familles.</p>
<p>Malheureusement, ce discours est très populaire et, même s&rsquo;il n&rsquo;est basé que sur une petite partie de la dynamique migratoire de Montréal, il devient vérité à force d&rsquo;être répété. On ne dira jamais assez à quel point il est important d&rsquo;avoir un portrait complet d&rsquo;une situation afin de l&rsquo;analyser correctement et de décider des moyens pour la corriger.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/jeanneemard.wordpress.com/8364/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/jeanneemard.wordpress.com/8364/" /></a> <img alt="" border="0" src="https://stats.wordpress.com/b.gif?host=jeanneemard.wordpress.com&#038;blog=9651274&#038;post=8364&#038;subd=jeanneemard&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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