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Finances publiques: se donner les moyens

19 février 2010

Ce billet est publié simultanément sur le blogue collectif « Les 7 du Québec ».  Vous êtes invités à laisser vos commentaires sur ce site.

Pour faire suite au billet publié par Philippe David hier, c’est à mon tour d’amener mon modeste grain de sel dans cette discussion : comment pourrions-nous assainir les finances publiques?

D’entrée de jeu, il faut s’entendre sur le rôle de l’État avant de s’aventurer dans ce débat. Il n’est donc pas question ici de remettre en question sa responsabilité dans la prestation de services publics ou sa légitimité de percevoir des impôts. Lorsqu’on ne peut plus payer ses factures, il faut se demander si l’on doit réduire ses dépenses, augmenter ses revenus ou emprunter l’argent qui nous est nécessaire. Le gouvernement actuel semble vouloir explorer le terrain de la tarification de certains services publics (éducation, électricité) et hausser la taxe de vente. Des mesures qui, pénaliseraient en premier lieu la classe moyenne et les Québécois ayant un revenu modeste. D’un autre côté, les porte-parole de la droite politique tiennent toujours un discours flou qui suggère de réduire les dépenses gouvernementales sans jamais préciser exactement où et comment.

Dans cette optique et, contrairement à l’approche imprécise de la droite politique québécoise, j’aimerais apporter ici les propositions qui ont récemment été formulées par la formation politique Québec solidaire. Ces propositions visent à augmenter les revenus de lÉtat québécois afin de lui permettre de soutenir et d’améliorer la prestation des services publics :

  • Redevances sur l’eau pour l’industrie minière et certaines entreprises manufacturières : 775 millions
  • Maintien de la taxe sur le capital pour les entreprises financières : 503 millions
  • Diminution de l’aide aux entreprises de 20 % : 1,2 milliard
  • Nouveau palier d’imposition pour les contribuables ayant un revenu de plus de $115,000 et réduction du plafond des REERs: 533 millions
  • Imposition à 100% de certains gains en capital pour les particuliers et les entreprises : 818 millions
  • Suspendre le versement au Fonds des générations prévu pour 2010 : 880 millions
  • Imposer des redevances aux entreprises minières : 340 millions

Ces mesures, totalisant 5 milliards $ en revenus additionnels, permettraient au gouvernement du Québec de retrouver l’équilibre budgétaire en un an ou deux plutôt qu’en 5 ans comme le suggèrent les économistes cités par Philippe David hier. Du même coup, l’État québécois pourrait en plus réduire ses dépenses en luttant contre la collusion dans la construction et en créant un organisme centralisé d’achat de médicaments. Tout cela permettrait de non seulement conserver nos services sociaux, mais de préparer plus sereinement les années à venir.

Rien ne sert de détruire notre patrimoine collectif pour donner l’impression de réduire les dépenses publiques. Ayons le courage de se donner des objectifs équitables et tout à fait réalisables pour remettre le Québec sur le sentier de la prospérité. N’est-ce pas là un beau projet de société?

14 commentaires leave one →
  1. 19 février 2010 9 h 22 min

    Je vois que QS s’inspire des suggestions de la Fédération des Médecins et Spécialistes du Québec.

    Toutes ces suggestions sont bonnes, mais je doute fort que certaines d’entre elles sont applicables comme celui sur les médicaments. le gouvernement de l’époque a attiré plusieurs cies pharmaceutiques en leur promettant de ne pas acheter (via l’assurance-médicament) des produits génériques qui sont fait en Ontario.

    Lutopium, vous terminez votre billet en écrivant : »N’est-ce pas là un beau projet de société?  » Vous auriez pû y rajouter …dans un Québec indépendant…

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  2. 19 février 2010 10 h 59 min

    Astidastineux, Qs a fait part de ces proposition bien avant la Fédération des Médecins! Et OUI, dans un Québec indépendant… Mais on ne peut pas attendre ce jour, il faut bouger dès maintenant.

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  3. 19 février 2010 11 h 28 min

    Lutopium, je voulais juste souligner que nous pouvons parler d’économie, de finances publiques et d’indépendance en même temps. Sinon, cela donnerait raison aux extrêmistes de la droite.

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  4. 19 février 2010 11 h 30 min

    J’oubliais, c’est vrai que QS a parti le bal concernant les moyens de financer l’État en sauvant sur certaines dépenses.

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  5. 19 février 2010 12 h 26 min

    @Astidastineux, je ne t’apprendrai rien en disant que c’est là la grande différence entre le PQ et Qs… Indépendantistes oui, mais on bouge (politiquement) même si le grand soir nous semble loin. As-tu lu le billet de Dubuc dans La Presse? Je ne suis pas d’accord avec lui à 100% mais y’a matière à réflexion. On pourra s’en reparler…

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  6. 19 février 2010 15 h 03 min

    Lutopium, non je ne lis pas Dubuc de Gesca et je n’aie pas l’intention de le faire non plus.
    Quand à savoir qui bouge le plus vite, faut quand même pas attraper la danse de St-Guy ou de St-Dubuc. -:)

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  7. 19 février 2010 18 h 50 min

    Astidastineux, j’espère sincèrement que Qs devienne le troisième parti au Québec. Une coalition PQ-Qs à l’Assemblée nationale, tu imagines… On peut toujours rêver…

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  8. Darwin permalink
    19 février 2010 20 h 36 min

    @ Luto

    «Une coalition PQ-Qs à l’Assemblée nationale, tu imagines»

    Non, je ne m’imagine pas !

    Cela dit, la présence d’un aeul député QS a déjà selon moi une influence sur les programmes des autres partis. Quelques-uns de plus ferait une différence, surtout s’il y avait un gouvernement minoritaire…

    C’est peut-être ce que tu veux dire par «coalition», mais c’est clair que ces deux partis auraient de la difficulté à vivre ensensemble…

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  9. 20 février 2010 8 h 55 min

    Darwin, en fait, j’essaie toujours de convaincre les indépendantistes comme Astidastineux que l’existence de Qs est légitime et que les deux partis peuvent coexister sans nuire à « la cause ». Si nous nous donnions un système électoral adéquat (proportionnelle), il est possible de s’imaginer que le PQ et Qs pourraient former un gouvernement de colaition. À mon avis, ça serait à l’avantage des deux partis. Primo, deux partis porteraient le projet de souveraineté et, secundo, la présence de Qs à l’Assemblée nationale (avec un groupe de 5-6 députés) contribuerait peut-être à ramener le PQ dans l’approche sociale-démocrate. On peut rêver, non?

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  10. koval permalink*
    20 février 2010 9 h 41 min

    Je crois que QS et PQ s’éloignent de plus en plus, le PQ se radicalise comme dis Lulu…..et je suis d’accord.

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  11. 21 février 2010 11 h 23 min

    « Darwin, en fait, j’essaie toujours de convaincre les indépendantistes comme Astidastineux que l’existence de Qs est légitime et que les deux partis peuvent coexister sans nuire à « la cause ». »

    Wo, Lutopium, où allez-vous cherchez cela ? Je n’ai jamais prétendu que QS est illégitime. Quant à savoir si QS peut nuire à la cause, retournez lire les sorties contre le PQ de Mme David dans ses lettres ouvertes et vous me direz ensuite si QS veut réélement coexister avec le PQ « pour la cause ». Ce n’est pas en se mangeant la laine sur le dos ou en cannibalisant le PQ qu’on y arrivera. Le P.I. n’est guère mieux.

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  12. Darwin permalink
    1 mars 2010 18 h 04 min

    Rigolo. Jean-François Lisée appuie les propositions de QS de la campagne couragepolitique.org…

    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/gaetan-barrette-et-quebec-solidaire-meme-combat

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  13. koval permalink*
    1 mars 2010 18 h 32 min

    Astidastineux

    Ce qui est dans l’air en ce moment ça serait plutôt que l’aile gauche délaissée par Marois rejoigne QS

    Et tu as raison Mme David n’aime pas le PQ, ça date de la marche du pain et des roses, elle revendiquait une augmentation du salaire minimum, le PQ a répondu avec 10¢ d’augmentation, ça l’a mise en colère, une méga rupture… je peux comprendre….

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  14. Darwin permalink
    1 mars 2010 20 h 14 min

    @ Koval

    «le PQ a répondu avec 10¢ d’augmentation, ça l’a mise en colère, une méga rupture»

    Tu n’as pas tort, mais il y a d’autres raisons plus récentes. Au mois de novembre 2009, le PQ a à la dernière minute organisé un conseil national les mêmes dates où se déroulait le congrès d’orientation de QS, APRÈS que QS ait annoncé ses dates. Il était clair que le PQ voulait que le congrès de QS ne bénéficie pas d’une bonne couverture médiatique. Mme David, et bien d’autres à QS, l’ont mal pris, avec raison !

    Cela s’est poursuivi lors de l’élection municipale, où Louise Harel a débauché des candidats de Projet Montréal que QS appuyait dans bien des quartiers. Le PQ a en plus mis le paquet sur le Plateau Mont-Royal pour faire payer l’humiliation de l’élection d’Amir Khadir. Cela n’a pas empêché Projet Montréal de faire élire tous ces candidats dans cet arrondissement. Une autre humiliation…

    Bref, cela joue dur des deux bords, mais Mme David le cache moins…

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