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Avoir ou être

3 mars 2010

Je profite actuellement de la semaine de relâche.  Néanmoins, grâce à une fonction de l’environnement WordPress, j’ai programmé la publication de quelques billets.  Des livres qui me plaisent. Deuxième intervention virtuelle, un extrait du bouquin « Avoir ou être », d’un philosophe oublié, Erich Fromm.  Je le dédie encore une fois à tous nos amis de la droite politique et économique qui prônent une croissance sans fin…

« La Grande Promesse d’un Progrès Illimité – la promesse de la domination de la nature, de l’abondance matérielle, du maximum de bonheur pour le plus grand nombre et d’une liberté individuelle illimitée – a soutenu l’espoir et la foi des générations depuis le commencement de l’ère industrielle.  À vrai dire, notre civilisation a pris naissance à partir du moment où l’homme a commencé à contrôler activement la nature; mais ce contrôle est resté limité jusqu’à l’avènement de l’àre industrielle.  Étant donné le progrès industriel, depuis le remplacement de l’énergie animale et humaine par l’énergie mécanique puis nucléaire jusqu’au remplacement de l’esprit humain par l’ordinateur, nous pouvions avoir l’impression d’être en route vers une production et, par conséquent, vers une consommation illimitées; que la technique nous rendait tout-puissants et la science omniscients.  Nous étions en passe de devenir des dieux, des êtres suprêmes capables de créer un second monde, en n’utilisant le monde naturel que comme source des matériaux de construction destinés à notre nouvelle création.

Les hommes et, de plus en plus, les femmes, expérimentaient une nouvelle sensation de liberté; ils devenaient maîtres de leur vie: les chaînes féodales avaient été brisées et, libre de toute entrave, chacun pouvait faire ce qu’il voulait.  C’était du moins l’impression qu’avaient les gens.  Ce n’était vrai que pour les classes supérieures et moyenne, mais leur réussite pouvait amener les autres à croire fermement que la nouvelle liberté serait un jour étendue à tous les membres de la société, à condition que l’industrialisation continue de se développer à la même allure.  Le socialisme et le communisme cessèrent rapidement d’être un mouvement dont le but était une « nouvelle » société et un « nouvel » homme pour ne plus tendre que vers l’idéal d’une vie bourgeoise pour tous; les hommes et les femmes de l’avenir étaient promis à une « bourgeoisie universalisée ».  L’accession de tout le monde à la richesse et au confort devait aboutir à un bonheur sans restriction pour tous.  La trinité formée par la production illimitée, la liberté et le bonheur absolus formaient le noyau de la nouvelle religion: le Progrès et la nouvelle Cité terrestre du Progrès devaient remplacer la Cité de Dieu. » – Erich Fromm, Avoir ou être.  Publié en 1976.

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