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Croissance ou décroissance?

28 avril 2010

Par Darwin – «Si tous les habitants de la planète consommaient comme nous, il faudrait cinq planètes pour subvenir à cette consommation». Les adeptes de la simplicité volontaire ne sont pas les seuls à promouvoir la décroissance comme solution aux dégâts faits à l’environnement et aux conséquences de la surconsommation.

Quand nous pensons à la croissance, nous ne pouvons trop souvent qu’imaginer une seule sorte de croissance, celle que nous connaissons. Mais avant de savoir s’il faut vraiment prôner la décroissance, encore faudrait-il s’entendre sur ce qu’est vraiment la croissance…

Croissance

Ce qu’on appelle la croissance est le rythme d’augmentation du produit intérieur brut (PIB). Le PIB est la somme de la consommation (C), des investissements (I) et des dépenses gouvernementales (G), ce qui donne la demande intérieure, à laquelle on ajoute la différence entre la valeur des exportations (X) et des importations (I), soit le solde des échanges internationaux. Cela nous donne une jolie équation : PIB = C + I + G + (X – M).

Le PIB repose sur la valeur monétaire de ses composants. Il s’agit d’un indicateur idiot, dans le sens où il ne discrimine pas en fonction des conséquences des dépenses sur le bien-être des citoyens et sur l’environnement. Les dollars dépensés en raison d’un embouteillage sont considérés sur le même pied que les mêmes dollars consacrés à l’achat de légumes bio. Les dollars investis à l’achat de véhicules blindés par le gouvernement créent autant de croissance que ceux utilisés pour la construction d’un hôpital (et c’est moins long…). Les dollars gaspillés pour la construction d’une centrale au gas naturel n’améliorent pas plus le PIB que les mêmes dollars requis pour la construction d’éoliennes.

D’ailleurs, bien des pays européens ont un PIB et une croissance à long terme semblables à ceux des Nord-Américains, mais polluent moins et consomment moins de ressources. Cela dit, ils en consomment encore trop pour les possibilités de la planète. Diminuer nos besoins de cinq à trois planètes ne ferait que reculer l’échéance inéluctable…

Bref, le type de dépenses que nous effectuons a bien plus d’importance que leur niveau sur l’utilisation des ressources de la planète, sur la pollution et sur les émissions de gaz à effet de serre (GES). Une diminution de 20 % du PIB, ce qui est énorme, en conservant la structure actuelle de consommation, ne ferait diminuer nos besoins que de cinq à quatre planètes. Si on veut vraiment avoir un effet notable et durable sur l’utilisation des ressources de la planète et sur la pollution, il faut changer notre mode de consommation pour l’adapter à ce que peut nous fournir notre seule planète, donc transformer en profondeur notre mode de vie.

Moins de transport individuel, plus de transport collectif, moins de fruits importés à l’année, plus de consommation locale, moins d’achats de cossins superflus, plus de services de maintien à domicile, moins de centrales au charbon et plus d’éoliennes et d’énergie solaire.

Alors, croissance ou décroissance?

Un des gros problèmes avec la décroissance est qu’elle hypothèquerait nos possibilités de continuer à offrir des services publics de qualité à l’ensemble de la population. À moins d’imaginer un monde utopique, la décroissance entraînerait inéluctablement une diminution importante des possibilités d’intervention collective. Par exemple, même sans déficit – situation qui exigerait une hausse importante des impôts et des taxes, ou une diminution des services – le ratio de la dette sur le PIB augmenterait fortement dans un contexte où de moins en moins de personnes pourrait contribuer au marché du travail en raison du vieillissement de la population qui, lui-même, exigerait davantage de services…

Il est vrai que la recherche constante de la croissance telle que nous la connaissons ne peut mener qu’à une impasse. Impasse du côté des ressources, impasse du côté de la pollution et impasse du côté des GES et du réchauffement climatique. Il faut donc trouver un autre genre de croissance, une croissance plus respectueuse des ressources de la planète. Des esprits éclairés ont d’ailleurs déjà trouvé un vocable pour ce type de croissance. Comme nous avons su évoluer du rejet de la mondialisation à la promotion de l’altermondialisation, il faut passer du rejet de la croissance à la promotion de l’altercroissance.

Mais, sommes-nous prêts?

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58 commentaires leave one →
  1. 28 avril 2010 19 h 56 min

    Je crois qu’il faut débuter quelque part. On peut commencer par de petis gestes et viser la simplicité volontaire. Comme tu dis, ça commence par le transport en commun et on peut par la suite freiner notre consommation excessive en prolongeant la vie des appareils et des machines qui entourent notre quotidien.

    Personnellement, je crois que nous n’aurons pas d’autre choix que de prendre ce virage vers la décroissance. Si les scientifiques ont raison, et il y a « presque » consensus, il faudra diminuer l’émission de GES et se détacher de notre dépendance au pétrole…

    Le débat autour de la rénovation de l’échangeur Turcot est un bel exemple du choc des idées… D’un côté on veut faciliter le déplacement des véhicules et camions et, de l’autre, on veut prioriser le transport en commun. L’occidental a bien de la difficulté à se détacher du confort et du luxe alors que ceux qui habitent de l’autre côté de la planète aimeraient bien nous imiter… Impasse?

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  2. Darwin permalink
    28 avril 2010 20 h 20 min

    @ Luto

    «On peut commencer par de petis gestes »

    Ah, les petits gestes… Je sais bien que tu ne considères cela que comme un début, mais trop de personnes pensent que nous pourrons solutionner les problèmes de pollution et surconsommation avec des petits gestes. Ils prennent leur char pour aller faire leur commande au Dix30, mais, parce qu’ils traînent leur sac réutilisable dans le coffre, ils sentent qu’ils font leur part ! Avec ces petits gestes, on diminuera peut-être nos besoins à 4,9 planètes…

    Avec le transport en commun, là on commence à parler de geste plus significatif, surtout si on réussit à se défaire de notre attachement à l’automobile.

    «Personnellement, je crois que nous n’aurons pas d’autre choix que de prendre ce virage vers la décroissance. »

    Alors, j’ai raté mon coup avec mon billet ! Je le répète, le plus important n’est pas d’éliminer toute croissance, mais de la réaliser autrement.

    «Le débat autour de la rénovation de l’échangeur Turcot est un bel exemple du choc des idées »

    Il s’agit en effet d’un autre geste qui aurait un effet significatif. Même si cet échangeur est conçu pour l’auto, on en limiterait le potentiel d’utilisation en offrant vraiment une option de transport en commun. Et as-tu vu la vitesse de réaction ? Le même ministère qui prend des années à analyser le moindre petit projet n’a eu besoin que d’une nuit pour arriver à une évaluation des coûts et à le rejeter !

    Quelle efficacité !

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  3. 29 avril 2010 3 h 51 min

    Pour ma part, je crois qu’une partie de la solution se trouverait dans une économie grandement reliée aux services (dans son sens le plus large : tout ce qui génère des échanges monétaires, des profits et des emplois avec le moins possible de production et d’achat de matériel). Donc, une économie culturelle (aussi dans son sens le plus large).

    Il y aurait beaucoup à faire avec le web et la technologie dans ce sens, même si pour l’instant c’est beaucoup la gratuité qui en ressort (en tout pour le web).

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  4. 29 avril 2010 3 h 53 min

    Oups! : (en tout cas pour le web)

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  5. 29 avril 2010 6 h 21 min

    Un dilemme plus que paradoxale que j’ai souvent évoqué dans mon blogue.

    Pour atteindre ce juste ratio consommation/capacité de renouvellement des ressources, il faudrait diminuer la population de la planète drastiquement afin de maintenir notre mode de vie actuel ou maintenir une population semblable tout en changeant complètement notre modèle sociétal par une communauté à fort penchant agricole et antiproductitiviste.

    Finalement, ça ne sera qu’une fois le point de bascule atteint que l’Humanité fera ce choix… et le bon j’espère.

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  6. Darwin permalink
    29 avril 2010 6 h 48 min

    @ Renart

    «une partie de la solution se trouverait dans une économie grandement reliée aux services»

    C’est tout à fait ce à quoi je pensais. Mais, c’est vaste les services, c’est près de 80 % du PIB et des emplois. Le génie minier et pétrolier est un service, comme le transport par camion…

    Je n’ai pas mis d’exemple sur la culture, mais l’avait en tête. Je préférais aller du côté des services de santé et des services sociaux (maintien à domicile) qui seront de façon plus manifeste grandement sollicités.

    @ Jimmy

    Je pense personnellement que nous sommes trop sur la Terre. Je voulais simplement par ce billet montrer que la décroissance n’est pas la seule option. Cela ne veut pas dire que cela soit faisable à court ou moyen terme. Je crois plutôt que ce sont les pénuries de ressources qui vont forcer les hommes (enfin, ceux qui subsisteront aux changements climatiques…) à changer.

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  7. koval permalink*
    29 avril 2010 7 h 24 min

    C’est de Paul Ariès que j’ai entendu les meilleurs propos à ce sujet…

    J’ai mis une entrevue, mais il en existe plusieurs autres…

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  8. koval permalink*
    29 avril 2010 7 h 37 min

    Voilà un texte de lui.

    http://www.decroissance.org/textes/Un_mot-obus.pdf

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  9. 29 avril 2010 9 h 25 min

    @Darwin

    Vous devriez changer votre pseudo pour Malthus. 🙂

    Et pendant ce temps on utilise l’argent des contribuables pour littéralement subventionner la natalité, siphonnant par le fait même du capital qui aurait pu être utilisé pour l’innovation technologique qui est la véritable clé de notre salut (et qui a rendu les propos de Malthus si ridicules).

    Vous avez au moins la lucidité de réaliser que votre idéologie économique et sociale n’est pas soutenable sans croissance:

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/01/29/keynes-et-le-choc-demographique-du-quebec/

    On ne peut avoir à la fois le beurre et l’argent du beurre…

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  10. 29 avril 2010 12 h 19 min

    Oui passons à la croissance verte. Dans un monde qui doit voir son humanité progressé il est illusoire de parler de décroissance. Alors parlons d’une nouvelle croissance, d’une croissance éco-responsable donc humaniste.

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  11. yrumpala permalink
    29 avril 2010 12 h 23 min

    Pour ne pas en rester aux grandes idées abstraites, la question est aussi de trouver les voies pratiques pour réaliser cette « décroissance ». Les réflexions sont sur ce point encore lacunaires et on aimerait voir émerger des pistes plus concrètes (même s’il y a des efforts d’analyse en ce sens, par exemple : http://yannickrumpala.wordpress.com/2010/04/29/les-conditions-de-la-decroissance-3/ )

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  12. Sombre Déréliction permalink
    29 avril 2010 13 h 45 min

    Ce qui m’a toujours étonné dans toutes les créations rhétoriques en faveur du développement durable, c’est que les mêmes instances qui se disent le plus attaché à ce type de développement prennent des décisions qui vont complètement à l’encontre de leurs discours.

    Par exemple la STM qui se paye des bureaux de prestige au centre ville, le wernement du Québec qui chauffe et entretient une inutilité comme le stade olympique, les municipalités qui donnent des permis de construction pour des « Smart Centers » et qui donnent des amendes pour une pelouse non-tondue etc etc…

    Je prendrai le discours écolo au sérieux lorsqu’il cessera d’être un simple outil de marketing.

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  13. Lleila permalink
    29 avril 2010 16 h 07 min

    Je prendrai le discours écolo au sérieux lorsqu’il cessera d’être un simple outil de marketing.

    +1

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  14. koval permalink*
    29 avril 2010 16 h 23 min

    Ben, c’est drôle , moi le modèle de simplicité volontaire, ça m’attire pas mal. J’envisage le travail à temps partiel, j’aurai une vie plus saine c’est tout. Plus de temps pour vivre, ça ferait bien mon affaire….

    Je pourrais m’offrir ce luxe de travailler moins parce que j’aime pas m’acheter les bébelles que bien des gens convoitent.

    J’ai pas besoin des écolos pour me convaincre que la simplicité volontaire est une affaire de gros bons sens.

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  15. koval permalink*
    29 avril 2010 16 h 27 min

    La question de Darwin me « bug » un peu concernant la diminution des services qui pourrait découler du modèle de simplicité volontaire.

    Mais les maladies du siècles ne sont-elles pas grandement induites par notre rythme de vie? Maladies professionnels, stress, manque d’exercice, mal de dos (travailleurs d’usine)…

    Travailler moins améliore la santé des gens.

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  16. Darwin permalink
    29 avril 2010 18 h 27 min

    @ Minarchiste

    «Vous devriez changer votre pseudo pour Malthus.  »

    Pas besoin de changer de pseudo pour en parler. Dire que les ressources sont limitées sur notre planète, il n’y a rien de bien ésotérique là-dedans. La plus grosse erreur de Malthus n’était qu’une question d’évaluer cette limite et le temps que cela prendrait pour l’atteindre. Je ne prétends pas mettre une échéance précise sur l’atteinte de cette limite, mais on l’atteindra, si ce n’est pas fait déjà.

    «l’innovation technologique qui est la véritable clé de notre salut»

    L’innovation a certes permis de retarder considérablement le moment où le limite sera (ou a été) atteinte. Mais, elle aussi a des limites.

    «Vous avez au moins la lucidité de réaliser que votre idéologie économique et sociale n’est pas soutenable sans croissance »

    Mais, c’est quasiment un compliment ! Où ai-je fait erreur ?… 😉

    @ asse42 

    «parlons d’une nouvelle croissance, d’une croissance éco-responsable donc humaniste. »

    Très juste. S’agit juste de trouver comment faire…

    @ yrumpala

    «Les réflexions sont sur ce point encore lacunaires »

    Il y a des solutions avancées. Le plus dur est de convaincre la société de les adopter…

    @ SD

    «Je prendrai le discours écolo au sérieux lorsqu’il cessera d’être un simple outil de marketing. »

    Oui, le concept de développement durable est tellement galvaudé qu’il est devenu un outil de marketing et que les véritables promoteurs de ce concept ne veulent plus utiliser ce terme. Il parlent de développement soutenable (http://www.amisdelaterre.org/Le-developpement-soutenable.html ), même s’il s’agit d’un anglicisme insoutenable…

    Mais attention de ne pas viser la mauvaise cible. Ce n’est pas parce que des sociétés et des gouvernements ont transformé ce terme en outil de marketing qu’il faut en faire le reproche à ceux qui y croient vraiment…

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  17. Darwin permalink
    29 avril 2010 18 h 29 min

    @ Koval

    «Je pourrais m’offrir ce luxe de travailler moins parce que j’aime pas m’acheter les bébelles que bien des gens convoitent. »

    C’est aussi mon cas. J’ai eu mon permis de conduire à 38 ans et n’ai eu qu’une seule automobile dans ma vie. Mais, nous sommes trop peu nombreux pour faire une différence notable.

    «Travailler moins améliore la santé des gens. »

    Je ne sais pas. Bien des gens tombent malades en prenant leur retraite… Et la croissance n’est pas essentielle seulement pour les services de santé.

    Elle est aussi essentielle pour assurer la pérennité de tous les services publics et des mécanismes de redistribution des richesses. En outre, la plupart des solutions qui vont vers une altercroissance passent par une présence accrue de l’État, comme la mise en place de services de transport en commun urbains et interurbains vraiment efficaces et présents partout. Pense à la Loi de Wagner … (http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolph_Wagner#La_loi_de_Wagner ).

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  18. koval permalink*
    29 avril 2010 18 h 53 min

    Ouais, c’était juste le bon moment pour la ployer cette loi 😉

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  19. Darwin permalink
    29 avril 2010 19 h 53 min

    @ Koval

    «Ouais, c’était juste le bon moment pour la ployer cette loi »

    J’ai pensé la mettre directement dans le billet, mais c’est toujours bon de se garder des réserves !

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  20. Sombre Déréliction permalink
    29 avril 2010 20 h 49 min

    « qu’il faut en faire le reproche à ceux qui y croient vraiment… »
    Je ne fais pas réellement de reproches, bien que j’ai de la difficulté à discerner le marketing du discours sincère en ce domaine.

    Une révolution totale et radicale du mode de vie restant du domaine de l’utopie, j’aimerais bien voir des solutions concrète au problème de la surconsommation et du gaspillage et malheureusement, ceux qui prennent de soi-disant actions écologiques continuent dé pécher impunément de l’autre bord.

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  21. Martin Beaudin-Lecours permalink
    29 avril 2010 22 h 34 min

    Bravo Darwin pour tenter de dépasser les clichés et les dogmes.

    C’est drôle, j’essayais récemment de me remémorer un graffiti qui était bien visible dans un des couloirs de l’Université Laval il y a une vingtaine d’année. On y voyait une grosse Terre dans un étau et un phrase prédisait quelque chose comme « À ce rythme là, on en a jusqu’en… » Je ne me souviens plus de l’année mentionnée, justement, mais je crois bien qu’on a dépassé cette date fatidique.

    J’apprécie ta lucidité (hé, hé) quant à l’antimondialisation qui n’a pas eu le choix de devenir une altermondialisation. À l’époque, je me suis refusé à manifester à Québec justement parce que je ne pouvais être « contre la mondialisation ».

    Michel Rocard tient un discours du même ordre que le tiens dans un article du Nouvel Observateur sur la « deuxième gauche » intitulé « Plus loin avec la gauche« :

    La dénonciation de la mondialisation a quelque chose, elle aussi, d’incantatoire. La mondialisation est une tendance lourde de l’humanité : elle commence avec Christophe Colomb et Magellan, continue au long de l’histoire au point que le pourcentage énorme de la production mondiale que représentait en 1913 le commerce international, soit quelque 20%, ensuite affaibli par deux guerres et une crise majeure, n’a été retrouvé que vers 1980, pour reprendre sa croissance. Cette propension de l’humanité a été puissamment encouragée par des révolutions techniques dans le transport des biens et des personnes, et plus encore dans le transport de l’information qui, lui, est devenu instantané. Et aussi par les décisions des Etats, ouvrant de manière croissante leur commerce et leurs mouvements de capitaux. Le problème est que cette mondialisation n’a absolument pas été régulée. C’est donc à l’absence de régulation qu’il faut s’en prendre et non pas à ce fait incontournable qu’est la mondialisation elle-même

    Et encore…

    L’écologie aujourd’hui nous dit déjà de manière claire qu’il est insensé, et surtout dangereux, de chercher les sources et les formes d’une nouvelle croissance si elles ne sont faites de produits durables, biodégradables partout où c’est possible, recyclables en tout cas, et produits grâce à de l’énergie décarbonée. C’est déjà essentiel, critère majeur pour les choix d’aujourd’hui. Mais l’écologie dit beaucoup plus encore. Elle incrimine le volume de notre consommation, qui est consommation de ressources, elle incrimine notre frénésie concurrentielle, notre oubli du sens du temps long.

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  22. Darwin permalink
    29 avril 2010 22 h 56 min

    @ SD

    «j’ai de la difficulté à discerner le marketing du discours sincère en ce domaine.»

    Pourtant, tu sembles bien le débusquer !

    @ Martin

    Merci pour tes bons mots et pour la citation de Michel Rocard, citation que je ne connaissais pas et qui, de fait, rejoint sous bien des aspects mon discours. Sur l’écologie, je trouve que, comme bien du monde, il axe trop son propos aur les biens et pas assez sur les services, alors que ceux-ci, comme je l’ai mentionné ce matin (commentaire 6) représentent maintenant près de 80 % des notre économie et que cette proportion croît sans cesse… Cela dit, nous allons dans le même sens.

    «J’apprécie ta lucidité »

    J’ai parfois l’impression qu’on s’est fait voler un mot pourtant si utile et précis… Mais, bon, tu me rétorqueras peut-être que d’autres se sont appropriés du concept de la solidarité !

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  23. 30 avril 2010 5 h 38 min

    Le développement d’éco-bâtiments en architecture est déjà une belle piste. Il faudrait par contre que ça ne se cantonne pas aux bâtiments de luxe / à vocation spécialisée (la TOHU) pour se généraliser.

    « «Travailler moins améliore la santé des gens. »
    Je ne sais pas. Bien des gens tombent malades en prenant leur retraite…  »

    Oui, bon, mais les gens ne prennent pas leur retraites tout jeunes. Par ailleurs, passer de « travailler beaucoup » à « zéro travail » en peu de temps, ce n’est pas forcément très sain. Alors que travailler moins, tout simplement…

    Cela dit, koval, simple petite remarque: les travailleurs d’usine n’ont pas l’apanage des mots de dos, loin de là. Les travailleurs de bureau, assis sur leur chaise toute la journée, ont un mode de vie très malsain pour leur dos.

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  24. 30 avril 2010 5 h 39 min

    @Minarchiste:

    « «Vous devriez changer votre pseudo pour Malthus. » »

    C’est pas la première fois qu’on la sort, celle-là. Je pense que vous devez avoir quasiment un an de retard sur cette blague 😉

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  25. Darwin permalink
    30 avril 2010 6 h 36 min

    @ DT

    «C’est pas la première fois qu’on la sort celle-là. Je pense que vous devez avoir quasiment un an de retard sur cette blague »

    En effet ! En plus, ça ne fait guère plus d’an an que je blogue, alors je l’ai lue assez vite !

    Mais, bon, c’est ça qui arrive quand on prend comme pseudo un nom connu…

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  26. Yves permalink
    30 avril 2010 6 h 44 min

    « Mais, sommes-nous prêts? »

    Non et ce n’est pas demain la veille.

    C’est bien beaux tout cela, mais complètement utopique. Comment voulez-vous arriver à une telle politique, que je considère essentiel à notre survie tel que nous la concevons aujourd’hui, quand 98% des personnes ne veulent pas payer un peu plus cher leur café et qui braillent quand la livre de banane augmente de deux sous chez Wallmarde.

    Faut quand même pas oublier que toute croissance qui se fait ici se fait sur le dos des pays pauvres.
    Pour moi, la seule solution consisterais en un changement drastique de nos mentalités et de notre façon de voir la vie. Et avant que cela arrive….

    Quand même, très bon billet Darwin!

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  27. Darwin permalink
    30 avril 2010 7 h 32 min

    @ Yves

    «Et avant que cela arrive….»

    Bien d’accord. J’ai aussi l’impression que c’est la nature qui va nous forcer à changer, quand on aura fini de piller la planète.

    Cela dit, il n’y a rien à perdre à tenter de sensibiliser la société…

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  28. Yves permalink
    30 avril 2010 8 h 01 min

    « Cela dit, il n’y a rien à perdre à tenter de sensibiliser la société »

    Je trouve cela d’une grande importance cette sensibilisation. Ce qui est malheureux, c’est le peu de monde qui y adhère, mais on ne sait jamais.

    Petite anecdote. Voilà près de 40 ans il y avait des manifestations à Montréal par des cyclistes, ils voulaient des pistes cyclables. Moi je disais à mon ami qui étaient enseignant, que cela était stupide. Il m’a répondu, non ce ne l’est pas. Ils ont le droit de s’exprimer comme tout le monde. Tu sais comme moi Darwin, à cette époque, les seul cyclistes qu’on voyait, ils passaient soie pour des bizarroïdes ou des pauvres.

    Hé bien, aujourd’hui il a des pistes cyclables dans tout le continent. 🙂

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  29. Darwin permalink
    30 avril 2010 18 h 02 min

    @ Yves

    «aujourd’hui il a des pistes cyclables dans tout le continent.»

    Voilà. Si on ne tente rien, on est sûr que rien n’arrivera. Si on essaie, il y a des chances qu’on avance. Ce n’est qu’un petit pas par rapport à l’ampleur de la route à parcourir, mais un pas quand même…

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  30. 30 avril 2010 18 h 14 min

    Ah, tu vois bien que t’es pas contre les petits pas! 😉

    Moi, j’ai arrêté les photocopies. Je passe à la photo numérique, plus pratique et plus écologique. J’augmente mon efficacité au travail (grâce à la conjonction photos numériques – OneNote), je sauve des arbres, et eux, en échange, bouffent du gaz carbonique. C’est-y pas beau, ça? Je viens de sauver la planète! 😉

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  31. Darwin permalink
    30 avril 2010 18 h 39 min

    @ DT

    «tu vois bien que t’es pas contre les petits pas! »

    Très drôle !

    J’ai de fait réfléchi dans ce sens avant d’écrire cela. Je me suis quand même dit qu’un réseau de pistes cyclables, c’est beaucoup plus significatif comme pas que de traîner son sac réutilisable dans son char… Cela permet de faire diminuer l’utilisation de l’automobile (et des VTT) et, à un tout autre sujet que la diminution de la pollution, de faire de l’exercice. Et j’ajouterai que c’est aussi beaucoup plus significatif que de faire moins de photocopies !

    En passant, la planète n’a pas besoin d’être sauvée, c’est nous (ayant ici une notion très élargie du nous, j’inclus les autres espèces vivantes…) qui avons besoin de l’être !

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  32. Yves permalink
    30 avril 2010 19 h 04 min

    « En passant, la planète n’a pas besoin d’être sauvée, c’est nous  »

    🙂

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  33. Yves permalink
    30 avril 2010 19 h 08 min

    Déréglé, Je crois que tu as parler un tout petit peu trop vite! 😉

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  34. 30 avril 2010 19 h 16 min

    Yves, l’utopie disparaît à petits pas. Demain, des petits pas à la manif du 1er mai… J’y serai.

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  35. Darwin permalink
    30 avril 2010 19 h 32 min

    @ Luto

    «Yves, l’utopie disparaît à petits pas. Demain, des petits pas à la manif du 1er mai… J’y serai.»

    Nous serons au moins trois (j’y vais avec mon plus vieux…) 😉

    @ DT

    Je voudrais ajouter que les pistes cyclables permettent aussi un changement de comportement, j’oserais même dire de mode vie (ou de ne pas le changer pour le tout à l’auto !). Ce n’est bien sûr pas suffisant, je l’ai dit, mais ce n’est pas négligeable.

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  36. 30 avril 2010 19 h 34 min

    Darwin, on se voit sous la bannière du PQ… 😎

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  37. Yves permalink
    30 avril 2010 20 h 54 min

    « Yves, l’utopie disparaît à petits pas »

    Luto, pour moi l’utopie n’est pas éternelle. On sait très bien toi et moi que l’utopie d’aujourd’hui ne le seras pas nécessairement demain.

    Je ne serais pas présent à la manif demain. Si je ne me trompe pas, demain c’est la fête des travailleurs. Alors, à la manif ayez donc une petite pensée pour moi. J’ai sans doute perdu mon emploi au Mont Orford.

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  38. Darwin permalink
    30 avril 2010 21 h 20 min

    @ Yves

    « J’ai sans doute perdu mon emploi au Mont Orford.»

    ??? J’aurai certainement cette pensée ;-(

    Tu as au moins encore ton travail de paysagiste, j’espère ?

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  39. Yves permalink
    30 avril 2010 21 h 52 min

    Oui !
    J’ai beaucoup de mes clients qui me disent que je devrais exporter mon talent au État unis, ta saison sera plus longue disent-ils. J’aime bien trop le Québec pour penser faire une chose comme cela. Comme tout le monde je vais m’arranger autrement.

    C’est quoi déjà le sujet du billet? 😉

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  40. Darwin permalink
    30 avril 2010 22 h 12 min

    @ Yves

    «C’est quoi déjà le sujet du billet?»

    C’est la décroissance et Yves qui s’approche de la simplicité (in)volontaire… 😉

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  41. Yves permalink
    1 mai 2010 4 h 28 min

    🙂

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  42. 1 mai 2010 5 h 48 min

    « Déréglé, Je crois que tu as parler un tout petit peu trop vite! 😉 »

    Pas vraiment, non…
    en réalité, ma vision des choses rejoint celle de Darwin sur pratiquement tout.

    Le seul point vaguement sérieux qu’on aurait pu tirer de mon commentaire (en lien avec les précédents), c’est que les premiers petits pas font partie d’un processus, et facilitent la suite de la route.
    Mais je comprends le sens des commentaires de Darwin sur le sujet. Le problème, ce ne sont pas les petits pas. C’est de s’en contenter.

    « Et j’ajouterai que c’est aussi beaucoup plus significatif que de faire moins de photocopies ! »

    J’ai pris un exemple volontairement ridicule (même si c’est vrai que je ne fais plus de photocopies, mais c’est plutôt pour une question d’efficacité que d’écologie).

    « En passant, la planète n’a pas besoin d’être sauvée, c’est nous (ayant ici une notion très élargie du nous, j’inclus les autres espèces vivantes…) qui avons besoin de l’être ! »

    Entièrement d’accord.

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  43. Darwin permalink
    1 mai 2010 7 h 33 min

    @ DT

    «c’est que les premiers petits pas font partie d’un processus, et facilitent la suite de la route.»

    Nos positions sur ce point particulier ne sont pas irréconciliables. Je crois simplement que cela dépend des cas. S’ils permettent un changement de mentalité, le développement d’un réflexe écologique (par exemple, se poser automatiquement des questions avant de faire quelque chose), alors oui, c’est positif

    Ce que je déplore, et tu l’as bien compris, c’est que beaucoup de publicité nous amène à croire que ces petits gestes sont suffisants («si tout le monde faisait des petits gestes, cela ferait une grande différence»). Le cas quasi phobique (en tout cas sur le Plateau…) des sacs réutilisables en est l’exemple le plus patent. Et pire encore, cela donne à certains l’impression qu’ils font leur part et leur permet d’avoir la conscience tranquille pour continuer à surconsommer et à polluer.

    «J’ai pris un exemple volontairement ridicule»

    J’avais compris, comme le fait que tu me tirais la pipe. Mais cela me permettait d’élaborer sur ces questions.

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  44. Yves permalink
    1 mai 2010 8 h 25 min

    @ Déréglé
    J’avais compris que tu tirais la pipe à Darwin, c’est pourquoi je me suis permis de faire la même chose. C’est pour cela que j’ai ajouté un clin d’oeil.

    Ce qui est bien, c’est que cela t’a permis d’élaborer sur la question. 😉

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  45. 1 mai 2010 12 h 58 min

    @Darwin et Yves: Êtes-vous en train de me dire qu’on se comprend, mais qu’on ne comprend pas qu’on se comprend, tout en comprenant qu’on comprend qu’on ne comprend pas qu’on se comprend et en comprenant que dans le fond ça revient à comprendre qu’on comprend qu’on se comprend?

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  46. Darwin permalink
    1 mai 2010 17 h 35 min

    @ DT

    Je ne comprends pas ce que tu dis (OK elle est trop facile, mais irrésistible…).

    Je te signalerais que tout cet imbroglio a commencé avec ton commentaire ironique (sarcastique ?) «tu vois bien que t’es pas contre les petits pas! ». 😉

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  47. Yves permalink
    1 mai 2010 18 h 04 min

    Hé ben moué je comprend pu rien. 🙂

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  48. koval permalink*
    1 mai 2010 19 h 29 min

    Yves, j’suis déçue pour ta perte d’emploi au mont Orford..

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  49. Yves permalink
    1 mai 2010 21 h 15 min

    Merci Koval !

    À chaque fois que j’ai eu des changements forcés dans ma vie, le temps m’a toujours démontré que c’était pour le mieux. J’étais tellement bien à Orford alors, je n’ose imaginé le bonheur que me procureras mon prochain emploie d’hiver. 🙂

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  50. Yves permalink
    1 mai 2010 21 h 53 min

    As-tu voté pour lui ?

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  51. koval permalink*
    1 mai 2010 22 h 44 min

    Oui!

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  52. Yves permalink
    2 mai 2010 5 h 01 min

    Alors, j’ymagine que c’était le moins pire du lot.

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  53. koval permalink*
    2 mai 2010 8 h 32 min

    Ha! Ça je te le dirai dans quelques années, au bilan…

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  54. Yves permalink
    2 mai 2010 9 h 49 min

    C’est pas trop encourageant de voter pour quelqu’un et ne pas savoir si les résultats qu’on attend seront au rendez-vous.

    Mais que veux-tu, nous sommes dans une période triste et fade politiquement

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  55. koval permalink*
    2 mai 2010 9 h 54 min

    Ben j’ai plutôt confiance, c’est juste qu’il n’est pas très connu, c’est un souverainiste et une personne engagée….c’est déjà ça..

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  56. koval permalink*
    2 mai 2010 9 h 58 min

    C’est quand même bien qu’il s’implique sur le dossier Orford en mobilisant Sherbrooke il aurait pu l’ignorer…

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  57. Yves permalink
    2 mai 2010 12 h 23 min

    Oui, tu as bien raison. C’est encourageant!
    Merci!

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