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La petite politique dopée

8 mai 2010

Je me répète: j’ai toujours cru, et ce, bien naivement je dois l’avouer, que la douloureuse aventure de la commission Gomery forcerait les partis politiques à se requestionner sur leurs méthodes de financement et inciterait les politiciens à se distancer des influences traditionnelles du monde des affaires afin de tisser de nouveaux liens avec un électorat qui devenait de plus en plus cynique face à la chose politique. Inutile ici de rappeler ici les nombreux déboires que connait le Parti Libéral du Québec, mais force est de constater que cette organisation est aux prises avec de sérieux problèmes de fonctionnement interne et que même le premier ministre semble être déconnecté de la base militante de son parti.

Évidemment, si un parti politique veut se donner des airs démocratiques, il doit permettre à ses associations de circonscription de se rapprocher de ses membres et sympatisans. Ces associations représentent la base du succès électoral et la source du financement de ses activités. Cependant, les militants locaux doivent s’assurer que leur parti n’est pas un club de réseautage et qu’il est dans l’obligation de placer ses activités politiques au devant des ambitions des gens d’affaires qui semblent vouloir utiliser un parti politique comme un chapitre des Chevaliers de Colomb ou une chambre de commerce locale. Un consigliere un tant soi peu populaire qui profite de liens privilégiés avec les gens d’affaires du comté n’aura aucune difficulté à se tailler une place au sein de l’exécutif du parti et, en recrutant des membres qui désirent faire partie d’un réseau d’influences, pourra même aspirer à gagner l’investiture qui lui permettra de briguer le siège de député tant convoité.

L’accession à l’Assemblée nationale de quelques individus préoccupés par leur succès personnel et celui de quelques membres de leur communauté d’affaires semble surprendre notre premier ministre. Préoccupé à regagner la majorité de la chambre et de se détacher d’une position minoritaire inconfortable pour ses visions de grandeur, Jean Charest ne semble pas avoir bien compris les motivations derrière les ambitions de quelques-uns de ses députés. Et voilà que, grâce à l’excellent travail des journalistes et de quelques députés de l’opposition, nous découvrons que le Parti Libéral est prisonnier de ses liens avec des compagnies d’asphaltage, des garderies, des firmes de sécurité, des entrepreneurs en construction et quoi encore. Ces entreprises, rappelant à leurs députés que les contributions politiques ne sont pas des dons de charité ou des appuis à la vie démocratique, exigent un retour sur leur investissement. Qu’en ont-ils à foutre des problèmes du réseau hospitalier ou de l’éducation des enfants québécois? Leurs attentes sont beaucoup plus simples: des routes, des structures, des commerces… leur part du butin.

On l’apprenait encore cette semaine, la très grande majorité des québécois sont « découragés ou rebutés par les politiciens ». Ce sont neuf électeurs sur dix qui ont complètement perdu confiance au monde politique et qui se sentent prisonniers d’un système qui les exclut. Même si un Lucien Bouchard en larmes déclare aujourd’hui dans La Presse qu’il faut respecter les politiciens en ces temps difficiles et que le cynisme serait un « prétexte de la population pour ne rien faire », force est de constater que les québécois rejettent totalement le fonctionnement actuel de la politique. Peut-on accuser sérieusement l’électorat québécois? Ont-ils voté pour des petits escrocs qui ne sont intéressés que par leur enrichissement personnel et celui des membres de la famiglia?

Le Parti Libéral du Québec est dopé. Les stratégies adoptées par quelques associations de comté lui ont sans doute permis de sécuriser quelques sièges tout en garnissant ses coffres qui permet de mener de grandes campagnes électorales et de verser le bonus annuel au grand Don. Mais les québécois n’acceptent pas le dopage ou la tricherie. Ils ne toléreraient pas que les joueurs du Canadien fassent usage de substances illégales ou que les arbitres soient achetés même si ça leur donnerait l’occasion de fêter sur la Sainte-Catherine en buvant de la coupe. Lors d’un récent sondage, car c’est bien de cette façon que la démocratie s’exerce par les temps qui courent, on apprenait que 93% des canadiens « jugent que les athlètes qui ne se plient pas aux règlements en matière de substances illicites doivent être punis d’une manière ou d’une autre ». De la même façon, s’ils désirent vraiment exercer leur mission parlementaire, les politiciens doivent s’assurer que les règles du jeu démocratique sont respectées et que leurs activités sont synchronisées avec les exigences qu’ils désirent imposer à la population.

Comment peut-on avoir l’audace de demander aux citoyens d’endosser des mesures punitives pour traverser ces moments difficiles si le parti au pouvoir se comporte comme la Cosa Nostra?

37 commentaires leave one →
  1. Hefgé permalink
    8 mai 2010 12 h 14 min

    Jeanne,

    Vous dites des Québécois : «Ils ne toléreraient pas que les joueurs du Canadien fassent usage de substances illégales ou que les arbitres soient achetés même si ça leur donnerait l’occasion de fêter sur la Sainte-Catherine en buvant de la coupe.»

    Pas sûr. Pas les Montréalais.

    Le parti Libéral est certes gangrené jusqu’à l’os. Ce qui nous donne un gouvernement sous influence. Une marionnette aux mains de ses bailleurs de fonds. Ce sont les «amis» du parti qui, en détournant ainsi les fonds publics à leur profit, exercent le véritable pouvoir par personnel politique interposé. Et ils sont nombreux, ils sont puissants.

    Le rôle de Jean Charest et de ses ministres, c’est maintenant de jouer les paratonnerres, pendant les prochaines années. Et de faire diversion. De laisser croire au bon peuple que la racine du mal se trouve dans les règles de financement des partis politiques.

    C’est bien sûr vrai, mais on ne doit pas non plus oublier que les Libéraux ne détiennent pas le monopole de la corruption. Ils ne représentent que la pointe de l’iceberg. La corruption, elle est partout rampante, autant dans les firmes d’ingénierie que les centrales syndicales. Et ça, même si on s’en désole, on le tolère parce qu’il y a des jobs à la clé.

    Bref, nous avons le gouvernement que l’on mérite.

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  2. 8 mai 2010 12 h 15 min

    C’est vrai que le PLQ est dopé et que les citoyens ne savent plus distinguer les bons des mauvais politiciens.

    Malheureusement l’exemple est venu du fédéral avec le scandale des commandites, c’est pourquoi il serait plus facile avec l’indépendance du Québec de circonscrire ce phénomène.

    En passant, n’oubliez pas de mettre le lien à jour dans votre liste de blogues.

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  3. Darwin permalink
    8 mai 2010 12 h 36 min

    Au gentil

    «l’exemple est venu du fédéral avec le scandale des commandites»

    Justement, les partis auraient dû apprendre de ce scandale. Juste avant ce scandale, bien des commentateurs considéraient le parti libéral comme un parti à vie. Bien sûr, la fusion du Reform et du parti progressite conservateur a changé la donne, mais il est clair que la grogne comme le PC et Harper aiderait davantage les libéraux si les gens avaient complètement oublié le scandale des commendites.

    Ce n’est pas pour rien que Charest refuse de faire comme Martin, soit de lancer une commission d’enquête publique…

    «c’est pourquoi il serait plus facile avec l’indépendance du Québec de circonscrire ce phénomène.»

    Il y a bien des raisons qui me porte à appuyer l’indépendance, mais pas celle-là !

    @ Luto

    «Même si un Lucien Bouchard en larmes déclare aujourd’hui dans La Presse qu’il faut respecter les politiciens en ces temps difficiles et que le cynisme serait un « prétexte de la population pour ne rien faire », »

    Si ce n’est pour quelques détails, je suis plutôt d’accord avec lui…

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  4. 8 mai 2010 13 h 00 min

    @Koval, toutes les raisons sont bonnes pour faire l’indépendance du Québec, incluant celle là.

    J’ai dit et je le répète : «c’est pourquoi il serait plus facile avec l’indépendance du Québec de circonscrire ce phénomène.» Il serait plus facile…. veut dire qu’au lieu de se battre contre 2 systèmes, il serait plus facile de le faire dans un système.

    Maintenant à votre tour…donnez-moi vos raisons pour appuyer l’indépendance du Québec.

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  5. Darwin permalink
    8 mai 2010 13 h 25 min

    @ Gentil

    Je ne peux pas vous répondre, vous vous adressez à Koval en répondant à mon commentaire ! 😉

    Sérieusement, j’ai déjà répondu à cela. Essentiellement pour devenir une nation responsable, soit détenir tout les outils nécessaires à son développement (environnemental, culturel, politique, etc.). Si on fait des gaffes, on les assumera. Si on fait des bons coups, on s’en félicitera.

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  6. 8 mai 2010 14 h 05 min

    @Darwin, c’est que vous vous ressemblez tellement, de là mon erreur. 🙂

    Vous voyez, toutes les raisons sont bonnes et valables pour faire l’indépendance du Québec OPC.

    @Lutopium, pouvez-vous me dire quand Joanne Marcotte a répondu la dernière fois à un de vos commentaires sur son blogue ?

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  7. koval permalink*
    8 mai 2010 14 h 06 min

    Bof, moi personnellement, je ferais des référendums pour la séparation du Québec à tous les jours, un au déjeuné, un au dîner, un au souper, et un autre avant de me brosser les dents…

    C’est mon engagement formel quand je vais former mon parti…

    J’vous tiendrai au courant!

    C’est pas moi qu’il faut convaincre…..

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  8. Darwin permalink
    8 mai 2010 14 h 19 min

    @ Gentil

    «toutes les raisons sont bonnes et valables»

    Euh… non, je ne trouve pas. Le nationalisme ethnique et les possibilités de corruption n’en font pas partie, enfin, pour moi…

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  9. 8 mai 2010 14 h 20 min

    @Koval, : d’accord avec vous, je ne tenterai pas de vous convaincre, mais ailleurs sur les autres blogues : le faites-vous cette tentative de convainvre les drouatistes et les libertariens mêmes s’ils sont aussi têtus que …?

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  10. koval permalink*
    8 mai 2010 14 h 39 min

    « mais ailleurs sur les autres blogues : le faites-vous cette tentative de convainvre les drouatistes et les libertariens »

    J’ai rien à vendre aux libertariens, ils ont tous une cassette plate qu’ils répètent inlassablement…il sont justement en mission de convaincre alors ils ne s’intéressent aucunement à mes idéaux…

    On s’bave un peu, c’est plus amusant ainsi….

    Et comme Darwin, si on se met à faire trop de « nationalisme ethnophobe » à la sauce Préfontaine, j’pourrais virer mon capot de bord….

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  11. 8 mai 2010 14 h 40 min

    L’indépendance du Québec telle que proposé par le PQ ne passe pas par le nationalisme ethnique.
    Vous voulez des preuves ? Le PQ aurait pû déclarer l’indépendance du Québec partout où on a voté OUI en 1980 et en 1995 en mettant de côté les comtés que vous pensez ethniques i.e. le West-Island et quelques comtés de l’ouest du Québec près des frontières avec l’Ontario. Il ne l’a pas fait car l’indépendance se fera sur une base territoriale plus une majorité de voteurs lors d’un référendum.

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  12. 8 mai 2010 14 h 41 min

    Hefgé, puisque vous vous adressez spécifiquement à moi, je vais réapparaître pour l’instant d’un moment.

    Je serais plutôt porté à croire que bien des gens qui ont voté pour les libéraux se posent présentement bon nombre de questions… Que des gens fassent confiance à Jean Charest est une chose. Mais qu’il leur donne l’impression d’avoir perdu le contrôle du volant qu’il tenait à diriger de ses propres mains en est une autre. Les gens ne sont pas complètement dupes. S’agit de savoir maintenant comment canaliser ces frustrations…

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  13. 8 mai 2010 14 h 46 min

    Préfontaine n’est pas le Parti Québécois. Il penche plutôt du côté du P.I. qui n’a ramassé que quelques centaines de votes aux dernières élections.

    Je vous regarde aller d’un côté comme de l’autre et en ce qui concerne les cassettes vous vous valez bien 🙂

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  14. 8 mai 2010 14 h 52 min

    Jeanne Émard alias Lutopium, avez-vous oublié ma question ? Joanne Marcotte n’a pas encore répondu à aucun de mes commentaires, je cherche à savoir si elle l’a déjà fait pour les vôtres.

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  15. koval permalink*
    8 mai 2010 14 h 54 min

    Merci, de nous avertir qu’on est tous auusi bêtes les uns que les autres….

    Mais je t’avertis, tu commences à te mettre pas mal de pression…

    Va falloir livrer ta marchandise maintenant, on va évaluer ta cassette à toi 😉

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  16. 8 mai 2010 14 h 57 min

    Le Gentil Astineux, OK je vais rafraîchir la blogoliste. Pour ce qui est de l’argumentaire en faveur de l’indépendance du Québec, on y reviendra. Discutons un peu de ce problème pour l’instant.

    Pour répondre à votre question concernant Mme Marcotte, vous avez sans doute constaté qu’elle ne me répond jamais. Mais je ne lui laisserai pas l’occasion de lancer des sous-entendus et des mensonges qui cherchent à discréditer la gauche politque et lui permettre de vendre ses idées… Comme disent les anglais, « I am her worst nightmare ».

    Darwin, je n’ai pas apprécié la sortie de Bouchard et Dumont. Qu’on se serve du climat de la crise économique et des actions à prendre pour rééquilibrer les finances publiques et justifier les erreurs des politiciens me laissent de glace. Le cynisme de la population n’a rien à voir avec la démobilisation politique.

    koval, si on pouvait déclarer l’indépendance du Québec à l’apéro…

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  17. Darwin permalink
    8 mai 2010 15 h 06 min

    «L’indépendance du Québec telle que proposé par le PQ ne passe pas par le nationalisme ethnique.»

    Ai-je dit cela ou laissé entendre une telle chose ?

    J’ai simplement répondu à votre affirmation simpliste que toutes les raisons sont bonnes pour faire l’indépendance. Je prétends seulement que, non, elles ne sont pas toutes bonnes. Comme Koval l’a bien compris, je faisais référence à Préfontaine (et aussi à Bock-C^té), pas au PQ ! Le PQ n’a pas le monopole de l’indépensantisme…

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  18. 8 mai 2010 15 h 11 min

    Voici mon grain de sel : il faudrait tenter de convaincre des députés libéraux de traverser l’Assemblée nationale… qu’ils deviennent « indépendants » ou même adéquistes s’il le faut… pour éventuellement renverser ce gouvernement.

    Sinon, nous en aurons plein l’cul jusqu’à la fin de 2012 !!!

    Jp

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  19. 8 mai 2010 15 h 20 min

    Jp, si des députés honnêtes ont décidé de joindre le Parti Libéral avec de nobles intentions, ils devraient effectivement traverser le parquet. Je ne gagerais pas là-dessus! Nous en aurons donc plein le cul jusqu’en 2012… Ce n’est plus le jupon qui dépasse mais la couche…

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  20. Darwin permalink
    8 mai 2010 15 h 21 min

    @ Luto

    «Darwin, je n’ai pas apprécié la sortie de Bouchard et Dumont»

    Moi, je suis d’accord avec eux au sujet des attentes irréalistes envers les politiciens, sur le fait qu’on est trop dur avec eux, que les médias leur reprochent la langue de bois tout en bondissant comme des hyènes dès qu’un politicien dit une phrase un tant soit peu controversée (genre, l’indépendance pourrait causer quelques turbulences).

    Ton billet ne parlait pas de l’utilisation de la crise pour rééquilibrer le budget. Je viens de vérifier cette entrevue (http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201005/07/01-4278466-lucien-bouchard-et-mario-dumont-on-na-pas-le-droit-detre-cynique.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B41_acc-dimanche-bandeau_372676_accueil_POS1 ) et ni l’un ni l’autre n’a parlé de crise, ni d’équilibrage des finances.

    Lorsqu’ils ont ce langage (se servir de la crise pour vendre leurs solutions néolibérales), tu sais bien que je suis le premier (ou le deuxième…) à les dénoncer. Mais, ils n’en ont pas parlé…

    Bon, je ne suis pas d’accord avec eux sur quelques points mentionnés dans l’article, comme leur vision du financement des partis politiques («Amasser de l’argent, ça fait partie de la job, en politique. Si votre parti n’est pas capable de susciter de l’enthousiasme, vous n’en amasserez pas.») où le poids politique des riches est plus élevé que celui des pauvres (et où les politiciens accumulent des dettes morales et immorales…), mais sur le fait que les gens sont trop sévères, éloignent les candidatures intéressantes et qu’ils se servent du cynisme pour chialer dans leur coin plutôt que de travailler à changer la situation (tu as déjà dit cela, toi aussi…), je ne peux qu’être d’accord.

    Ne t’en fais pas, je ne les aime pas plus qu’avant ! 😉

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  21. 8 mai 2010 15 h 28 min

    @Lutopium, c’est ce que je croyais, je ne voulais pas me taper tout ses billets pour savoir si elle avait daignée descendre de ses grands chevaux pour vous répondre au moins une fois.

    Renée Houde, cette faire-valoir de Marcotte, aimerait bien que l’ont cessent de venir corriger sur son blogue. Elle ne s’est même pas aperçue que lorsqu’on corrige, c’est qu’elle admet qu’il y a des erreurs.

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  22. jack permalink
    8 mai 2010 16 h 53 min

    Je m’excuse à l’avance de la méchanceté de ce commentaire.

    Vous ne vous attaquez pas au vrai problème. La corruption, ce n’est qu’un symptôme. La cause, elle est ailleurs.

    Questions:

    1- Vous voulez engager un mécanicien automobile. Votre test pour choisir le meilleur candidat ne comporte qu’un seul test: le candidat doit résoudre 35 problèmes mathématiques mêlant des équations du seconde degré et de la trigonométrie. Croyez-vous que vous allez obtenir le meilleur mécanicien?

    2- Vous voulez engager un avocat. Votre test de sélection est constitué d’épreuves de clarinette dans 3 concerto ainsi que de batterie dans 2 opéras-rocks. Obtiendrez-vous le meilleur avocat?

    3- Vous voulez engager un chroniquer de cinéma. Votre test demande d’installer 3 fenêtre et 2 éviers dans une résidence centenaire. Obtiendrez-vous le meilleur chroniqueur?

    4- Vous voulez engager le meilleur gestionnaire du système de santé au Québec. Votre test de sélection est le suivant: celui qui parle le mieux aux média, qui évite le plus élégamment les questions difficiles, a le plus de charisme et de contacts en plus de pouvoir lever des fonds. Aurez-vous le meilleurs gestionnaire?

    Dans le fond, le problème fondamental, c’est que les qualités requises pour avoir la job n’ont aucun rapport avec les exigences de l’emploi. Un ministre doit d’abord être élu (ce qui demande certaines qualités dont la gestion ne fait pas parti), puis choisi par le PM. Et il est choisi en fonction de qualités discutables mais aussi en fonction de son sexe: il faut tendre vers la parité.

    Sérieusement, qui croit que la meilleure personne au Québec pour gérer l’éducation (ou la santé, ou l’environnement, ou la sécurité publique, ou n’importe quel ministère) est l’un des quelque 65 députés libéraux?

    Pour devenir député, il faut se faire élire. Pour cela, il faut une grande gueule, être connu, être membre d’un des 3 partis officiels (excuse-moi Amir) et peut-être avoir 2-3 autres qualités. Mais l’aptitude à devenir ministre arrive loin, très loin derrière.

    Pas étonnant qu’on arrive à si peu de résultat: nos critères de sélections sont carrément à côté de la track.

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  23. koval permalink*
    8 mai 2010 17 h 32 min

    Jack

    Je ne trouve pas que nos élus n’ont pas les compétences requises. Et bien franchement, notre démocratie est telle que n’importe qui peut se présenter député peu importe son CV et c’est parfait comme ça.

    Que faudrait-il exiger comme CV d’après vous?

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  24. 9 mai 2010 8 h 04 min

    Darwin, je viens de relire l’entrevue publiée dans La Presse et ça me donne toujours la même impression. Alors que la journaliste les invite à parler du cynisme de la population envers le monde politique, dès sa deuxième intervention, Bouchard fait aussitôt le lien avec la situation économique actuelle et l’approche néolibérale:

    « Dans notre enthousiasme, on a créé des programmes généreux. Mais là, on est à bout de souffle. À l’époque de Duplessis, la dette, c’était zéro. Le pouvoir d’emprunt était total. Quand on construit, on donne des choses à la population, c’est sûr qu’on est populaire et aimé. Mais on est allé trop loin. On s’est trompé dans la démographie. Les gens ne veulent pas l’admettre, mais on est dans une situation difficile. Les dirigeants sont obligés de gérer la décroissance et peut-être, demain, de grands sacrifices. »

    Par la suite, on jette une partie du blâme sur les médias. Un peu comme le coach du Canadien qui désire tout à coup s’éloigner de ses responsabilités envers le club. C’est la faute des médias, trop de pression, etc… Mais lorsque ça va bien, les journalistes sont les meilleurs complices…

    Et il parle encore du déficit zéro, que les députés n’arrivent pas à boucler leur budget (vraiment? – est-ce que ça justifie les bonus et les p’tites fraudes?), que la vie politique est dure pour la vie familiale, il associe par la suite les dons politiques à la noblesse…

    Moi, j’appelle ça pleunicher et associer des dérapages au contexte actuel. Même s’il invite (sur le bout de la langue) les gens à faire quelque chose, il n’explique pas comment les gens pourraient se réapproprier le monde politique. De toutes façons, Bouchard et Dumont ne sont pas reconus comme les ambassadeurs du travail d’équipe…

    Jack, le choix d’un candidat pour une élection relève des membres de l’association de comté. C’est à elle de s’assurer que les p’tits ambitieux ne passent pas.

    koval, si j’étais membre d’une association de comté du Parti Libéral, je serais toujours méfiant envers ceux qui sont issus de la communauté d’affaires,

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  25. Darwin permalink
    9 mai 2010 9 h 06 min

    @ Luto

    «Bouchard fait aussitôt le lien avec la situation économique actuelle et l’approche néolibérale: »

    Bon, nous ne lisons pas de la même façon c’est clair… Par exemple, dans le paragraphe que tu cites, je comprends quelque chose que je dis souvent : c’est plus facile pour Obama de susciter de l’enthousiasme en essayant de procurer aux millions d’Américains qui n’en ont pas une assurance-maladie que pour nos dirigeants quand on a ici déjà de meilleurs programmes que les Américains après l’adoption du plan Obama. De même, c’était en effet plus emballant pour les Lévesque, Lesage et autres Gérin-Lajoie de bâtir le Québec que pour quelqu’un qui doit se battre aujourd’hui pour conserver ses acquis et éviter des reculs trop importants.

    C’est sûr que nous avons aussi un projet emballant à QS, que l’indépendance est un autre sujet qui peut soulever des passions. Mais n’empêche que les propositions de couragepolitique.org permettent seulement de maintenir les programmes sans avoir à augmenter les taxes et les tarifs. Comme programme favorisant la lutte aux inégalités, je l’appuie sans réserves (si ce n’est quelques détails), mais c’est quand même moins emballant que de créer le ministère de l’Éducation, nationaliser l’électricité et mettre sur pied le système d’assurance-maladie. Et pour l’indépendance, ce n’est pas pour demain matin…

    Pour la gestion de la décroissance, n’avons-nous pas nous-mêmes abordé cette question ? Pas de la même façon et avec les mêmes objectifs c’est évident. C’est sûr que Bouchard et Dumont resteront Bouchard et Dumont. On dirait qu’en les lisant, tu as retenu leurs exemples (que je n’aime pas non plus) et que je les ai trouvé moins choquants, parce que, avec ces deux là, on aurait même pu s’attendre à pire.

    «si j’étais membre d’une association de comté du Parti Libéral, je serais toujours méfiant envers ceux qui sont issus de la communauté d’affaires, »

    Si tu étais membre d’une association de comté du PLQ, tu n’aurais pas les mêmes valeurs, et peut-être pas les mêmes scrupules ! 😉

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  26. Déréglé temporel permalink
    9 mai 2010 9 h 14 min

    « Darwin, je viens de relire l’entrevue publiée dans La Presse  »

    Je viens tout juste de la lire pour la première fois.
    Je suis en partie d’accord avec toi. C’est vrai que Bouchard a pas mal vite plogué son idéologie, et ça, c’est moche. Mais je ne rapporterait pas toute l’entrevue à ce seul aspect.
    Et puis, le discours « il faut un projet rassembleur », ça commence à faire longtemps qu’on l’entend, il est pas mal convenu…
    Du côté de Bouchard, passe encore…
    Pour Dumont, par contre, ça me met en colère. Mario Dumont a été le champion toutes catégories du cynisme dans sa carrière politique, il a élevé très haut l’art de la désinformation et de l’exploitation de la confusion. Il est bien mal venu de dénoncer le cynisme! Le « roi de la clip », qui dénonce les médias avides de nouvelles? Le vide d’idées, alors qu’il a construit toute sa carrière sur l’exploitation de ce vide? Lui qui a toujours évité de donner l’heure juste aux électeurs, il ose parler de pédagogie?
    Il serait plus crédible s’il commençait par un vrai mea culpa.

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  27. jack permalink
    9 mai 2010 10 h 07 min

    @ koval:

    Je manque de connaissances politiques pour répondre précisément. Voici un premier jet sans doute naïf.

    Je verrais d’un bon oeil les candidats se faire élire comme député. Les députés siègeraient à l’assemblée nationale, voteraient des lois, s’engueuleraient en respectant en gros le code parlementaire et feraient leur petite job comme il faut. Mais aucun d’entre eux ne serait ministre.

    Avant le début de l’élection, chaque parti soumettrait la liste des personnes qu’il nommerait aux postes ministériels. Ces ministrables seraient choisis à l’extérieur des partis politiques et n’auraient pas le droit de contribuer au financement du parti.

    Le PLQ pourrait choisir un Fortin alors que le PQ pourrait choisir un Lauzon (noms choisis au hasard), mais les électeurs sauraient quelle équipe chaque parti présente. Et les ministrables seraient choisis parmi 6 000 000 d’adultes, ce qui augmente le choix.

    Ça me plairait mieux que le système actuel. Bon, évidemment, le parti au pouvoir devrait défendre les politiques ministérielles en l’absence du ministre et il faudrait prévoir des remplaçants en cas de démission ou maladie et il y aurait d’autres désavantages. Mais j’aimerais que les ministres soient choisis en fonction de leur compétence et n’aient plus à faire de la petite politique.

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  28. Darwin permalink
    9 mai 2010 10 h 17 min

    @ DT

    «Pour Dumont, par contre, ça me met en colère»

    Bon, d’accord, je n’ai retenu que les éléments avec lesquels j’étais à peu près d’accord. J’ai accordé peu d’importance aux locuteurs, m’attendant à cela de leur part. Bien sûr que Dumont y est hypocrite. À quoi s’attendre d’autre de sa part ? Il n’en demeure pas moins que je suis d’accord avec eux que les attentes envers les politiciens sont démesurées, que le cynisme actuel ne peut qu’empirer les choses en éloignant de la politique les personnes les plus intéressantes et qu’il est préférable de s’engager que de chialer dans son coin. C’est sûr que l’engagement que je favorise n’a rien à voir avec celui que ces deux tristes sires ont en tête…
    .

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  29. Déréglé temporel permalink
    9 mai 2010 10 h 28 min

    Oui, moi aussi je suis pas mal d’accord avec ces questions là. J’ai juste de la misère avec le messager.
    On dira qu’il ne faut pas tirer sur le messager. Sauf que là, quand même, j’ai l’impression que le messager mine le message, et ça m’énerve…

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  30. 9 mai 2010 10 h 35 min

    On a qu’à se rappeler les manigances de l’ADQ lors des élections de 2003 pour comprendre que Dumont et ses sbires de l’époque n’en avaient rien à foutre de leurs membres, signe précurseur d’un fonctionnement anti-démocratique qui se serait également installé à Québec si l’ADQ aurait pris le pouvoir en 2007.

    L’ADQ a tenté un rapprochement avec les chambres de commerce et a été pointé du doigt pour des activités de financement douteuses. Pas mieux que le PLQ si vous voulez mon avis. L’exécutif national de l’ADQ a nommé des candidats dans des circonscriptions, bafouant ainsi les décisions d’associations de circonscription. Pas mieux que le PLQ ou le PQ.

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  31. koval permalink*
    9 mai 2010 11 h 21 min

    « Avant le début de l’élection, chaque parti soumettrait la liste des personnes qu’il nommerait aux postes ministériels. Ces ministrables seraient choisis à l’extérieur des partis politiques et n’auraient pas le droit de contribuer au financement du parti. »

    Hummm, ça me semble un système un peut comme un sénat, peut démocratique….j’aime pas du tout …

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  32. koval permalink*
    9 mai 2010 11 h 39 min

    Je n’ai jamais été cynique par rapport à la politique.

    L’imbécilité du gouvernement Charest ne me surprend guerre, le contraire m’aurait surprise.

    Les réflexes des électeurs m’exaspèrent plus on dirait.

    Tous disaient un an après le premier mandat Charest « On n’a pas voté pour ça!?!? »

    Il a été réélu minoritaire, et maintenant, on vient de lui redonner un mandat majoritaire….

    D’un coté on accuse de populisme, de l’autre, seul le populisme parvient à gagner des votes….

    C’est quand même pas d’hier que la population est désabusée, ça fait 20 ans que le taux de vote diminue….le désintéressement généralisé de la population encourage la corruption.

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  33. Déréglé temporel permalink
    9 mai 2010 11 h 41 min

    Moi ça me fait surtout penser au système américain: on élit le président, le président choisit ses secrétaires d’états (équivalents aux ministres) sans avoir à choisir parmi les élus.
    La différence entre ça et ce que propose jack, c’est que dans la proposition de ce dernier, la liste des ministrables proposés par le parti est connue avant les élections.
    Ce qui veut dire qu’une bonne partie des polémiques de la campagne électorale vont porter sur la compétence et les valeurs des ministrables, qui vont se sentir obligés de se défendre, donc vont faire campagne.
    Par conséquent, la critique de ce système comme étant « antidémocratique » faite par koval ne me semble pas fondée. Par contre, l’objectif voulu par jack (qu’on choisisse les ministres sur la base d’autres compétences que leur capacité à gagner des élections) ne sera sans doute pas atteint dans un tel système.
    Pour y arriver, soit on se lance carrément dans un système à l’américaine (donc pas de liste de ministrables avant l’élection, surprise « complète » après les élections en ce qui concerne les nominations, mais au moins ils ne feront pas campagne; d’un point de vue électoral, le chef du gouvernement est garant de leur compétence, s’il y a quelqu’un à sanctionner, c’est lui). Avec ses avantages et ses inconvénients.
    Soit on garde le système jackien, mais en imposant un devoir de réserve aux ministrables pendant la durée des élections. C’est défendable. Mais je promets bien du plaisir au DGE: les ministrables vont avoir de la difficulté à se taire pendant qu’ils se font charcuter sur la place publique.

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  34. Darwin permalink
    9 mai 2010 12 h 04 min

    @ Koval

    «Tous disaient un an après le premier mandat Charest “On n’a pas voté pour ça!?!?”»

    Est-ce que tout ceux qui disaient cela avaient vraiment voté pour lui ? J’en doute… Comme tu le dis, il a été réélu (minoritaire, cette fois, il est vrai) à l’élection suivante malgré toutes les critiques du genre de celle que tu mentionnes, les gaffes et les retournements (Prêts et bourses, écoles confessionelles, Suroît, etc.) qui ont marqué son premier mandat.

    Mais, je crois que la population est plus sévère dans les cas de corruption, comme on l’a vu avec la réation des électeurs envers le PLC après le scandale des commendites.

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  35. koval permalink*
    9 mai 2010 12 h 09 min

    M’enfin, la proximité des libéraux provinciaux avec les ptis s’amis ne date tellement pas d’hier !?!?!

    Je me souviens quand le PQ a pris le pouvoir pour la première fois, même le gars qui passait la gratte en milieu rural était surpris de ne pas perdre sa job….(il avait voté libéral)….

    C’est quoi notre devise déjà?!?!?

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  36. Darwin permalink
    9 mai 2010 12 h 15 min

    @ Kaoval

    «M’enfin, la proximité des libéraux provinciaux avec les ptis s’amis ne date tellement pas d’hier !?!?!»

    Non, mais les preuves n’ont jamais été si nombreuses sur la place publique. La passe des commandites existait aussi avant le fameux scandale. C’est l’exposition de ces tactiques sur la place publique qui a fait effet, pas seulement leur existence. Cela risque d’être la même chose pour le PLQ.

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  37. 15 mai 2010 15 h 31 min

    Sur le site de l’Aut’Journal cette semaine:

    « …c’est donc par le plus grand des hasards – et le hasard n’existe pas, c’est bien connu – que les Tony et Donato Tomassi, Pietro Perrino, Frank et Paolo Catania, Tony Accurso, Frank Zampino, Joe Borsalino, Luigi Corretti, Mario Gisondi, Jimmy Cacchione, Giovanni Difeo, Joe Magri, Ezio Carosielli, Lino Zampito, Tommy D’Errico, Giocchino Arduini, Frank Scarigi, Lino Zambito, pour ne nommer que ceux qui me viennent à l’esprit, se sont retrouvés d’une manière ou d’une autre sous les feux de la rampe.

    Faut-il ajouter à cette liste pas du tout exhaustive Giacomo Dupui, ci-devant ministre de la Sécurité publique ? On finira bien par le savoir.

    Dans la communauté, on doit bien se demander comment il se fait que ces fréquentations entre le parti libéral et le monde de la construction, entre le parti libéral et les garderies privées, finissent la plupart du temps comme des noces à l’italienne. »

    L’envie d’afficher ici ce que je considère comme l’un des grands moments du cinéma américain est soudainement réapparue…

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