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Hors de l’école, point de salut!

11 mai 2010

Par Darwin – En général, j’ai beaucoup de réserve envers les chroniques de Pierre Foglia qui portent sur l’éducation. Je le trouve un peu «Frère Untel» sur les bords… Mais, je suis tout à fait d’accord avec sa chronique Culture générale parue samedi le 8 mai dernier. Il y déplore que les parents incitent trop souvent leurs enfants à poursuivre des études universitaires plutôt que de les encourager à rechercher une carrière qui les fera «siffler en travaillant».

Intérêts et aptitudes

En matière d’orientation, le plus important a toujours été et sera toujours de trouver une carrière qui correspond à ses intérêts et à ses aptitudes. À ses aptitudes cela va de soi, parce qu’il faut à tout le moins être capable de réussir ses études et d’accomplir avec compétence les tâches associées à son emploi. Un jeune qui n’a pas de facilité en mathématiques aura bien peu de chances (euphémisme) de devenir informaticien, ingénieur ou actuaire.

On oublie par contre trop souvent que les intérêts sont aussi importants que les aptitudes dans un choix de carrière. Il est en effet naturel de mettre beaucoup plus d’effort dans un domaine qui nous intéresse que dans un autre où on ne prend aucun plaisir à étudier. On n’étudiera pas que pour avoir de bonnes notes, mais aussi parce que la matière nous captive. On développera ainsi davantage de contacts, un des moyens les plus importants pour trouver un emploi. Et une fois l’emploi correspondant à ses intérêts obtenu, on mettra plus facilement les efforts nécessaires pour le garder et, qui sait, on finira peut-être par siffler en travaillant.

École et apprentissage

Une fois le choix de carrière établi (c’est rarement aussi simple…), il s’agit ensuite de trouver la façon d’y accéder. Pour la grande majorité des carrières, le passage par l’école, que ce soit par la formation professionnelle et technique ou par l’université, est incontournable.

Mais, la société fait parfois une fixation sur le passage obligé par l’école pour apprendre certains métiers dont parle Pierre Foglia. En effet, pour ces métiers, la voie scolaire est envisageable, mais pas toujours obligatoire. Dans certains domaines, il n’y a rien qui remplace le compagnonnage, l’apprentissage dans l’action. Si le mode d’apprentissage des métiers de la construction est assez bien connu, on ignore souvent qu’il est aussi accessible pour d’autres métiers. Pour ces métiers hors construction, divers types d’apprentissage sont offerts et assez bien encadrés. Actuellement, on attend bien souvent qu’un jeune ait échoué dans le réseau scolaire avant de lui offrir cette option.

On dénigre souvent ce mode d’acquisition de connaissances et de compétences en l’affublant de termes dévalorisants comme «formation sur le tas». Quand on veut le valoriser, là on parle de mentorat ou de compagnonnage. Mais, dans le fond, peu importe le nom qu’on lui donne, l’important est beaucoup plus la qualité du programme d’apprentissage et de l’encadrement du collègue, du compagnon ou du mentor.

En plus, nombreux sont ceux (surtout, mais pas seulement des garçons) qui apprennent mieux en agissant qu’en conceptualisant. Sauf pour certains aspects (comme les mesures de santé et sécurité, qui sont de toutes façons offertes par les syndicats), apprendre à devenir un couvreur se fait plus efficacement sur un toit qu’en classe. Au moins, on sait dès le départ si on a le vertige et si on endure les odeurs et la chaleur!

Hors de l’école…

Il est ironique de constater que les gens qui obtiennent des cartes d’apprentissage par ce processus sont considérés comme décrocheurs, s’ils n’ont pas terminé leur diplôme d’études secondaires ou professionnelles (DES ou DEP). Mais, au delà des statistiques et des indicateurs, ce mode d’apprentissage permet tout de même à des jeunes et moins jeunes d’exercer un métier qui les intéresse et d’éviter l’exclusion du marché du travail même s’ils ont «décroché» (je reviendrai sur la notion du décrochage une autre fois…).

Je ne voudrais surtout pas donner l’impression par ce billet que j’encourage les jeunes à quitter l’école pour se diriger vers ces programmes d’apprentissage. Je ne veux que souligner que ces programmes existent, qu’ils peuvent davantage convenir à certaines personnes qu’un passage par l’école, qu’il est possible d’apprendre un métier hors de l’école et qu’il n’y a rien de déshonorant à apprendre un métier de cette façon.

Bref, pour ceux qui y sont allergiques, il est toujours possible de trouver le salut hors de l’école!

33 commentaires leave one →
  1. Antoine permalink
    11 mai 2010 19 h 34 min

    J’avais déjà quelque part, (un magazine sélection il me semble) que beaucoup de jeunes qui avaient d’excellentes notes à l’université avait de la difficulté dans le domaine du travail parce qu’à l’école tout les problèmes sont toujours bien encadré et qu’on peut demander de l’assistance à un professeur ce qui n’est plus vraiment le cas sur le marché du travail.

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  2. Darwin permalink
    11 mai 2010 19 h 54 min

    @ Antoine

    Dans le même ordre d’idée, des enseignants du cégep m’ont déjà mentionné que, bien souvent, les jeunes qui ont étudié à l’école privée au secondaire deviennent tout excités rendus au cégep, n’étant pas habitués à la liberté qui y règne et au fait que les profs ne répètent pas 20 fois les échéances, et éprouvant de la difficulté à se responsabaliser alors qu’ils avaient toujours été encadrés de près.

    Cela dit, il faudrait éviter de généraliser. Si les exemples que nous donnons existent sans aucun doute, il est difficile d’en connaître l’ampleur, à moins que des études sérieuses n’aient abordé ces questions. En plus, je me méfie des articles de «tendance» qu’on peut lire dans les journaix et les revues…

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  3. Déréglé temporel permalink
    11 mai 2010 20 h 21 min

    Tu ne commentes pas la fin de la chronique de Foglia. C’est la partie avec laquelle tu n’es pas d’accord?

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  4. Darwin permalink
    11 mai 2010 22 h 55 min

    @ DT

    «C’est la partie avec laquelle tu n’es pas d’accord? »

    Non, je suis assez d’accord. Je trouve même que l’école est devenue trop utilitariste, surtout à l’université, mais aussi à ses autres niveaux. Ce sont ses chroniques hyper négatives sur notre système scolaire et sur la faible qualité du français des jeunes qui me hérissent. D’où ma comparaison avec Jean-Paul Desbiens.

    Il a déjà vomi sur les structures de représentation de parents, comme les conseils d’établissement, ne comprenant pas que, comme toute structure, elle peut produire le meilleur comme le pire, dépendant des personnes qui y siègent. Globalement, ces structures permettent l’engagement de personnes extérieures au monde fermé de l’école, ce qui est sain. Elles ont selon moi un peu trop de pouvoir, comme celui de choisir les catégories de professionnels non enseignants que l’école embauche (je me sentais bien incompétent en la matière quand j’y siégeais), mais, dans l’ensemble il s’agit d’une structure très utile. Évidemment, quand des parents utilisent cette structure pour faire du «power trip», comme cela arrive malheureusement, c’est moins drôle. Mais, selon mon expérience, ce n’est pas fréquent

    Si j’ai mis l’accent sur sa réflexion sur les métiers, c’est parce qu’elle m’a fait penser à ce que j’ai écrit, qui est un aspect de nos jours méconnu des possibilités d’apprentissage. Par exemple, bien des conseillers d’information scolaire et professionnelle ne sont en fait que des conseillers d’information scolaire. Pour eux, hors de l’école, il n’existe pas de moyen d’apprendre (d’où le titre du billet). Je le répète, l’école est le premier choix et doit le demeurer, ne serait-ce en raison de l’importance de la culture générale dont parle Foglia dans la dernière partie de sa chronique. Mais, de la culture générale, il y en a de toute façon bien peu (ou pas du tout !) dans les programmes de formation professionnelle… Et, j’insiste, il n’y a pas qu’une seule façon d’apprendre !

    Et si tu n’es pas d’accord, vas-y, ne te gêne surtout pas ! 😉

    Je ne pourrai toutefois pas revenir ici avant tard demain soir…

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  5. 12 mai 2010 1 h 47 min

    Principale de collège retraitée, je suis vraiment d’accord avec une complémentarité et une diversité des apprentissages. On peut faire subir une réelle violence à un jeune en le poussant sur une voie plus « prestigieuse » mais qui ne lui plait pas vraiment.
    En revanche, je trouve qu’on n’insiste pas assez sur les débouchés. Je pense avec une recul sur ma vie que beaucoup de domaines m’auraient plu et même auraient pu me passionner par la suite et qu’il aurait mieux valu poser la question: « qu’est-ce que tu ne veux pas faire? » et ensuite élargir l’éventail restant. Ên plus, on n’est pas identique à 20,30 ou 40 ans. Ceci pour éviter de passer des années à préparer un seul concours par exemple pour se retrouver après toutes ces privations dans une voie qui finalement ne ressemble en rien à ce qu’on espérait et je ne pense pas qu’à l’enseignement, même si j’y pense très fort.

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  6. Darwin permalink
    12 mai 2010 6 h 32 min

    @ Annbougogne

    «on n’est pas identique à 20,30 ou 40 ans»

    Tout à fait exact. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’a amené à ajouter la parenthèse «(c’est rarement aussi simple…),» après «Une fois le choix de carrière établi» dans mon billet.

    « je trouve qu’on n’insiste pas assez sur les débouchés»

    Je ne suis pas sûr de comprendre cette remarque. Je trouve au contraire qu’on insiste parfois trop sur les débouchés (avec des palmarès de carrière et des listes de formation gagnantes, par exemple) et pas assez sur les intérêts et aptitudes.

    Pour moi, ce qui est bon pour un n’est pas nécessairement bon pour un autre. Les perspectives dans les professions et autres renseignements du genre doivent plus servir pour éclairer un choix de carrière que pour le déterminer. Éclairer pour que la personne soit consciente des conséquences de son choix.

    Par exemple, dans le domaine des arts, les revenus sont pour la majorité des emplois relativement faibles (très faibles pour les danseurs !) et la concurrence féroce. Cela ne veut pas dire qu’on doit décourager un jeune de s’y diriger, mais qu’il faut l’avertir qu’il risque d’en arracher, et peut-être de se prévoir un plan B.

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  7. Darwin permalink
    12 mai 2010 7 h 31 min

    Un autre son de cloche sur le thème de mon billet dans le Devoir de ce matin :
    http://www.ledevoir.com/societe/education/288764/decrochage-scolaire-votre-enfant-decroche-du-calme

    Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit l’auteur, mais son texte permet d’approfondir la réflexion sur le thème de «hors de l’école, point de salut!» (il m’a copié !).

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  8. Sombre Déréliction permalink
    12 mai 2010 8 h 49 min

    Hum…

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  9. 12 mai 2010 9 h 29 min

    @Darwin

    Beaucoup mieux d’apprendre sur le tas, s’amasser un peu de capital et lancer son entreprise, plutôt que de sortir de l’université endetté pour un BAC inutile…

    Va voir le graphique de cet article, plutôt intéressant:

    http://www.economist.com/world/united-states/displaystory.cfm?story_id=16060939

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  10. koval permalink*
    12 mai 2010 23 h 05 min

    J’ai pas trouvé l’article de Foglia très génial, j’ai toujours penser ainsi, on est bien seulement quand on est à notre place, cela va de soi.

    L’énoncée de Darwin me rejoint tout à fait…

    « Je trouve même que l’école est devenue trop utilitariste, surtout à l’université, mais aussi à ses autres niveaux. »

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  11. Darwin permalink
    12 mai 2010 23 h 28 min

    @ SD

    Ne te gêne pas, si tu n’es pas d’accord…

    @ Minarchiste

    Pour moi, il n’y a pas de façon de faire universelle. Chacun est différent et peut trouver sa voie selon ses propres caractéristiques. Pour les uns, votre façon de voir est la bonne, pour d’autres non. Quant au bac inutile, je crois que vous exagérez nettement.

    «Va voir le graphique de cet article»

    C’est drôle, j’ai entendu parler pour la première fois de David Autor aujourd’hui, par un collègue. Il me parlait d’une courbe en U où la classe moyenne serait celle qui a le moins profité des gains de productivité des dernières années.

    Quant au graphique, je le trouve ambigu. Comme on ne connaît pas les niveaux de départ, il est difficile d’évaluer le résultat des mouvements décrits par le graphique.

    Si la situation est la même qu’ici aux États-UNis, il faut prendre en compte que la population très scolarisée a augmenté énormément depuis les 20 dernières années, tandis que la population ayant moins qu’un diplôme d’études secondaires a littéralement plongé. En même temps, la demande pour les gens très scolarisés a augmenté plus rapidement que la moyenne (économie du savoir…), mais beaucoup moins rapidement que le nombre de personnes très scolarisés (l’offre).

    À l’inverse, la demande pour les emplois exigeant peu de scolarité a augmenté moins que la moyenne, mais a augmenté quand même. Or, l’offre, comme mentionné auparavant, a diminué rapidement. Alors, rien de plus normal que les gens très scolarisés qui ont accepté des emplois où ils sont surqualifiés aient vu leurs revenus moyens diminuer et que ce soit l’inverse pour les peu scolarisés.

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  12. Darwin permalink
    12 mai 2010 23 h 49 min

    @ Koval

    «on est bien seulement quand on est à notre place, cela va de soi.»

    Cela va de soi, mais Foglia n’a pas tort de dire qu’un bon nombre de parents poussent leurs enfants à se diriger vers des carrières qui ne leur conviennent pas.

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  13. Déréglé temporel permalink
    13 mai 2010 5 h 27 min

    « Et si tu n’es pas d’accord, vas-y, ne te gêne surtout pas ! 😉 »

    Nonon, je voulais juste une précisions sur la façon dont tu vois la critique que Foglia fait des performances de l’école pour transmettre une culture générale.
    Sinon, je n’ai personnellement pas grand-chose à ajouter sur le sujet. (Sinon que je suis chanceux d’avoir de bons parents).

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  14. 13 mai 2010 5 h 59 min

    Darwin,

    « bon nombre de parents poussent leurs enfants à se diriger vers des carrières qui ne leur conviennent pas. »

    Ayant participé à un CE et à quelques réunions de parents, c’est également l’impression que j’ai eu. Plusieurs parents pensent en terme de revenus potentiels et de statut social. Sans les connaiître vraiment, j’avais quand même l’impression qu’ils étaient « déconnectés » des aptitudes de leurs enfants et que la formation générale (sciences, français, histoire, géographie, ECR) était presqu’une perte de temps…

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  15. Déréglé temporel permalink
    13 mai 2010 6 h 09 min

    « On dénigre souvent ce mode d’acquisition de connaissances et de compétences en l’affublant de termes dévalorisants comme «formation sur le tas». Quand on veut le valoriser, là on parle de mentorat ou de compagnonnage »

    C’est amusant, parce que dans le fond, qu’est-ce qu’un doctorat? une formation sur le tas accompagné d’un mentor.

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  16. Darwin permalink
    13 mai 2010 7 h 13 min

    @ DT

    «une formation sur le tas accompagné d’un mentor.»

    Excellente analogie ! Je n’avais jamais vu cela comme cela.

    Il y a peut-être une différence, toutefois. Est-ce que le doctorat est un exercice de profession comme tel ? Je ne crois pas… D’ailleurs, en général, il n’est pas rémunéré.

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  17. 13 mai 2010 7 h 26 min

    En parlant de mentorat, la droite n’aime pas ça… lorsque c’est financé par le gouvernement… Belle initiative ou gaspillage de fonds publics?

    http://lesanalystes.wordpress.com/2010/05/13/academos-du-gaspillage-de-fonds%C2%A0publics/

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  18. Déréglé temporel permalink
    13 mai 2010 11 h 52 min

    @Darwin:

    « Est-ce que le doctorat est un exercice de profession comme tel ? Je ne crois pas… D’ailleurs, en général, il n’est pas rémunéré. »

    Ça dépend dans quel domaine, je suppose. Ce que je fais au doc, par exemple, c’est bel et bien un métier d’historien. Aucune différence avec les autres chercheurs, si ce n’est que je ne suis pas titulaire d’une chaire quelconque.
    Et puis les profs d’université apprennent leur métier de prof sur le tas (certains vont suivre des cours de pédagogie, mais c’est facultatif et c’est une petite minorité), et, la plupart du temps, l’apprennent pendant leur doc.
    La paie? Il y a les bourses. Faire une demande de bourse n’est pas très différent de faire demande de subvention pour un « vrai » chercheur.

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  19. Déréglé temporel permalink
    13 mai 2010 11 h 59 min

    « Belle initiative ou gaspillage de fonds publics? »

    Ça dépend. Certaines des critiques qu’il fait sont populistes (« les jeunes font trop de clavardage », la généralisation aux autres programmes), d’autres paraissent valable (« manque de contacts humains », un suivi finalement assez faible) – à condition que la description soit juste. Et il ne parle pas des résultats. Il faudrait un son de cloche plus neutre et plus complet pour se faire une idée.

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  20. koval permalink*
    13 mai 2010 12 h 13 min

    Déréglé

    Jamais je ne pourrais dire que ma formation s’apprend sur le tas!

    Bien au contraire…ça serait absolument impossible dans mon domaine…

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  21. Déréglé temporel permalink
    13 mai 2010 12 h 16 min

    Je te crois sur parole. Je n’ai qu’une très abstraite idée de ce à quoi peut ressembler le métier de matheux (au métier de physicien tel que décrit par The Big Bang Theory? c-a-d fixer un tableau couvert d’équations en réfléchissant intensément, avec un pot d’aspirine dans le tiroir du haut du bureau, jusqu’à ce que la solution apparaisse?)

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  22. koval permalink*
    13 mai 2010 13 h 09 min

    Non, cela ne s’acquiert pas par méditation non plus 😉

    Une construction titanesque à comprendre, un langage s’appuyant à la base sur quelques axiomes très simple, une pyramide construite à l’envers…

    Des tonnes de démonstrations à comprendre ou à faire, sur des pages et des pages quelques fois…un formalisme assez stricte. Une vie de moine pendant l’apprentissage….

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  23. koval permalink*
    13 mai 2010 15 h 14 min

    Luto

    Academos, c’est vrai que ça a l’air con comme structure, du cybermentorat!

    Franchement!

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  24. Darwin permalink
    13 mai 2010 18 h 33 min

    @ Luto

    «Belle initiative ou gaspillage de fonds publics?»

    Il s’adonne que je connais un peu Academos et un de ses fondateurs. Je n’ai personnellement jamais eu une très haute opinion de cette initiative, qui coûte en effet très cher pour des résultats inconnus. Cela dit, je ne connais pas le fonctionnement précis de cette initiative de l’intérieur.

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  25. Reynald Du Berger permalink
    15 mai 2010 15 h 27 min

    Environ le tiers des étudiants qui sont à l’université ne devraient jamais y être. – Je suis professeur d’université à la retraite.

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  26. 15 mai 2010 15 h 33 min

    Reynald, pourquoi dites-vous ça?

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  27. 17 mai 2010 0 h 27 min

    J’ai participé à Academos en tant que «mentorée» et je dois dire que ce n’est pas tout à fait innocent. J’ai pu correspondre avec des professionnels et m’enquérir de parcours particuliers et personnels. Les gens étaient volontaires et c’est à peu près anonyme, ce qui rend ça pratique et rapide.

    Je ne connais pas, par exemple, les dépenses associées à ce projet, mais cela semble fonctionner sur une base bénévole (de ce que j’ai pu comprendre), alors je crois qu’on est bien loin des coffres universitaires…

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  28. cjulie permalink
    24 novembre 2010 10 h 53 min

     » Est-ce que le doctorat est un exercice de profession comme tel ? Je ne crois pas… D’ailleurs, en général, il n’est pas rémunéré. »

    Hmm ça dépend. En sciences naturelles ou médicales, personne ne ferait un doctorat s’il n’est pas rémunéré… Ce n’est pas les gros chars, mais quand même.

    Je suis assez d’accord avec Reynald Du Berger. L’université n’est pas une finalité en soi, mais elle le devient pour plusieurs puisque la société mesure son progrès en fonction du % de diplomés universitaires. Et puis il y a la pression parentale. Un étudiant qui se demande encore « quossa donne » d’apprendre ce qu’il apprend rendu au niveau universitaire ne devrait pas y être à mon avis…

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  29. 24 novembre 2010 12 h 24 min

    @ cjulie

    Bienvenue ici !

    «Je suis assez d’accord avec Reynald Du Berger.»

    Qu’il y ait des jeunes qui n’ont pas d’affaire à l’inuversité, je veux bien. Mais comment les trier avant qu’ils n’y arrivent ? Il n’y a pas de critères infaillibles dans le domaine. On risquerait d’éliminer des jeunes qui s’adaptent bien à l’université et à en accepter d’autres qui n’ont pas d’affaire là. D’ailleurs, dans les domaines contingentés, on s’aperçoit que l’utilisation de la cote R n’est pas magique…

    «L’université n’est pas une finalité en soi»

    Bien d’accord. Mais, je pense toujours qu’il est important d’en garantir l’accès à tous et, pour l’instant, nous sommes encore loin du compte.

    «elle le devient pour plusieurs puisque la société mesure son progrès en fonction du % de diplomés universitaires»

    C’est le problème avec les indicateurs. Ils deviennent un objectif en soi. (https://jeanneemard.wordpress.com/2010/09/28/les-cibles/ ). Dans ce cas (% de diplomés universitaires), on compare les données de régions qui ont des systèmes scolaires bien différents. Par exemple, si on utilise le % de diplomés universitaires, le Québec est sous la moyenne canadienne. Par contre, si on utilise le % de diplômés postsecondaires, il est premier !

    «Et puis il y a la pression parentale »

    En effet…

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  30. 24 novembre 2010 18 h 48 min

    C’est vrai depuis quelle année ?

    À mon époque, 64-69, s’il y avait eu de la place, un bon nombre de ceux et celles qui n’y étaient pas y auraient eu la leur sans que j’aie à leur laisser la mienne et je n’étais pas particulièrement talentueux en football.

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  31. koval permalink*
    24 novembre 2010 19 h 10 min

    Darwin et Cjulie

    Il y a tout de même des mesures dissuasives. Si on ne finit pas un bacc dans un certain nombre de session, les prêts et bourses sont coupés. Alors ceux qui n’ont pas rapport finissent par être éjectés…Il faut bien certainement garder de la souplesse….

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  32. 25 novembre 2010 5 h 18 min

    Je suis heureux que l’Université Laval soit ouverte à tous … pour les parties de football, la cafétérias, la bibliothèque, les conférences, la circulation automobile … Il me plaît aussi qu’elle le soit aux adultes soucieux de se cultiver ou de socialiser. À leurs frais.

    Pour l’inscription aux cours menant au marché du travail, c’est différent, tous n’y ont pas leur place. C’est dispendieux, voire du gaspillage collectif, que de vouloir être ou faire un cheval de course avec un âne ou l’inverse.

    Si on accepte l’idée largement admise que Dieu a inégalement distribué l’intelligence, les psychologues le croient, 40 % des gens seraient moyennement intelligents, 30 % moins intelligents qu’eux et 30 % plus qu’eux. Pour fin de succès universitaire le terme talentueux serait peut-être plus approprié ici qu’intelligent pour tenir compte de qualité comme la ténacité et la possession de bonnes habitudes de travail.

    Alors, ouverte à tous, mais ne pouvant pas accueillir plus que justifié par un marché du travail et de la culture libéral. J’ai pas écrit néo-libéral…

    Il n’y a pas d’université à Walden Two. C’était dans les années 30.

    En ce qui a trait à la formation professionnelle, c’est autre chose, dit Frazier. Nous prenons des arrangements avec des institutions extérieures et elles constatent progressivement la qualité de nos élèves.

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