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Les jeunes malades du décrochage

4 juillet 2010

Par Darwin – Il y a quelques années, j’ai écrit un pastiche d’une fable de Jean de La Fontaine intitulée Les animaux malades de la peste pour le journal de l’école secondaire dont j’étais le président du conseil d’établissement. Comme j’ai écrit récemment non pas un, ni deux, mais trois textes sur le décrochage scolaire, j’ai pensé donner une nouvelle vie à ce texte.

Je l’ai écrit à la demande de ma conjointe qui trouvait que j’étais toujours trop sérieux dans mes textes, moi qui suis si drôle dans la vie de tous les jours… Mais, peu importe. Voilà le résultat. Je conseille bien sûr de lire en parallèle le texte original pour bien apprécier le résultat.

Un mal que répand la rumeur,
Mal qui effraie encore plus que La Fureur
Et qui fait frémir tous les parents de la terre
Le Décrochage (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable de vider en un jour une école de renom,
Faisait aux jeunes la guerre.
Ils ne quittaient pas tous, mais tous étaient tentés,
On n’en voyait pas assez de motivés.
Mais qui était le coupable
De cette horreur inqualifiable ?
Le ministre tint conseil, et dit :
Mes chers amis et mes chères amies,
Que le plus coupable de la nation,
Se sacrifie à la colère de la population.
Ces pauvres jeunes, si candides et angéliques ?
Non, c’est à cause des jeux électroniques !
Les garçons, si turbulents ?
Non, c’est à cause de l’école qui n’a rien d’emballant !
Leurs parents, si occupés toute la journée ?
Non, c’est à cause des fonctionnaires bornés !
Les enseignants, si maniaques des copies ?
Non, c’est à cause des classes trop remplies !
Les commissaires, si avares quand ça leur plaît ?
Non, c’est à cause du MEQ qui coupe les budgets !
Comme les ministres venaient de refuser une subvention
Qui aurait amélioré le taux de diplomation,
On cria haro sur le gouvernement :
De toute façon, toujours il ment.
Ce pelé, ce galeux, d’où viennent toujours nos problèmes
Du décrochage ne peut être que l’emblème.
Se poser des questions, est-ce bien nécessaire ?

Quand on peut tout mettre sur le dos d’un bouc émissaire !

J’ai même conservé la morale gnan-gnan des fables de La Fontaine…

19 commentaires leave one →
  1. koval permalink*
    4 juillet 2010 16 h 29 min

    Hahaha! Très bon ! J’adore!

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  2. 4 juillet 2010 19 h 27 min

    @ Koval

    Merci ! Je n’avais eu aucun commentaire quand j’avais publié cela dans le journal de l’école… Trop intellectuel, j’imagine.

    Moi, je l’aime bien ce texte…

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  3. koval permalink*
    4 juillet 2010 19 h 36 min

    En bonus, il a fallu que je lise cette fable de Lafontaine que je ne connaissais pas et qui est très bien, très politique…

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  4. 4 juillet 2010 20 h 05 min

    Moi, je l’avais appris par coeur au secondaire… Et que l’éducation était meilleure dans ce temps-là… (ironie, bien sûr). Je me souviens encore des cinq premières strophes. La seule utilité de ce souvenir a été de me donner l’idée de ce texte !

    C’est vrai que cette fable est plus politique que les autres et même plus cynique, je dirais. C’était ma favorite (on ne se refait pas…), bien avant la cigale et la fourmi, le lièvre et la tortue ou le corbeau et le renard, pourtant pas mal plus connues.

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  5. koval permalink*
    4 juillet 2010 20 h 12 min

    En fait, elle est politique versant pas mal à gauche, ça doit être pour ça qu’on l’aime….

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  6. pissevanité permalink
    4 juillet 2010 21 h 02 min

    Le crapaud et le crocrodile
    (fable moderne sur le vaniteux)

    Un crapaud à demi caché derrière une poutre
    sans coassement, sa peau aidant en outre
    faisait peur aux passants, en imitant le crocodile
    son manège valorisant lui permettait de vivre innocemment
    se gonflant d’aise et de vanité parmi les grands.

    Un crocrodile qui passait par là, espérant une idylle
    s’en approcha, et d’une bouchée, le dévora allègrement.

    À prendre l’autre comme voie
    finalement ne trompe que soi.

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  7. koval permalink*
    4 juillet 2010 21 h 18 min

    Voilà une très jolie fable pissevanité…félicitation.

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  8. 4 juillet 2010 21 h 37 min

    @ pissevanité

    Bravo !

    Cette fable me fait penser à une que contait Yvon Deschamps. Je ne la trouve pas sur le net, alors je vais y aller de mémoire. Mais, elle ne rime pas…

    Un oiseau blessé allait crever de froid
    Un enfant, passant par là, le ramasse et le met dans un tas de merde pour le réchauffer.
    Se réchauffant, l’oiseau se sentit mieux et se mit à chanter.
    Un chat l’entendit chanter, s’approcha et le dévora.

    Morale en trois volets :

    Quand quelqu’un te met dans la merde, cela peut être pour ton bien.
    Quand quelqu’un te sort de la merde, cela n’est pas nécessairement pour ton bien.
    Finalement, quand tu es dans la merde, farme ta gueule !

    Politiquement, je n’approuve bien sûr pas cette fable, mais elle me fait rigoler quand même !

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  9. Déréglé temporel permalink
    5 juillet 2010 6 h 58 min

    « Moi, je l’avais appris par coeur au secondaire… Et que l’éducation était meilleure dans ce temps-là… (ironie, bien sûr). Je me souviens encore des cinq premières strophes. La seule utilité de ce souvenir a été de me donner l’idée de ce texte ! »

    Hum! pas d’accord avec les raisonnements sous-jacents à ce commentaire
    1- je me suis ennuyé, donc ça ne vaut rien
    2- je n’ai pas observé d’utilité dans ma vie après l’école, donc ça ne vaut rien
    etc…

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  10. 5 juillet 2010 7 h 37 min

    «je me suis ennuyé, donc ça ne vaut rien»

    Où ai-je écrit que cela m’avait ennuyé ?

    «je n’ai pas observé d’utilité dans ma vie après l’école, donc ça ne vaut rien»

    Là, je te donne raison. Même en écrivant cette phrase, cela me chicotait de parler ainsi d’utilité… N’empêche que j’échangerais bien l’espace occupé par ma mémoire par les fables que j’ai apprise par coeur par d’autres choses dont je ne me rappelle plus…

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  11. Déréglé temporel permalink
    5 juillet 2010 7 h 47 min

    « Où ai-je écrit que cela m’avait ennuyé ? »

    ok, j’ai extrapolé.

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  12. 5 juillet 2010 14 h 30 min

    Je connais une véritable cause: l’école obligatoire.

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  13. 5 juillet 2010 18 h 03 min

    @ Déréglé

    J’étais bien sûr pressé ce matin…

    Quand j’étais à l’école, cela ne m’ennuyait pas d’apprendre des choses comme cela par coeur. C’était même valorisant, car j’avais une bonne mémoire. C’est en vieillissant que je me suis aperçu que le par coeur était une méthode d’apprentissage paresseuse.

    Je me suis déjà un poigné avec le prof d’un cours d’histoire de la Russie que j’ai suivi au cégep. Il ne demandait que des dates et des noms à coucher dehors lors de ses examens. Il n’a pas aimé. Il m’a poché à 57 % en me mettant 38 % pour mon examen final ! Mon seul échec au cégep, dans un cours complémentaire ! En voyant cela, je suis parti à rire. Comme je changeais de cégep (de Sherbrooke à Saint-Hyacinthe), cela aurait été trop compliqué de contester. J’ai pris un autre cours complémentaire, et basta ! Et j’ai bien aimé la matière du cours d’histoire !

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  14. Déréglé temporel permalink
    5 juillet 2010 20 h 04 min

    Pas sûr de comprendre la finalité du deuxième paragraphe… tu t’es poigné avec lui parce qu’il ne faisait que du par coeur?

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  15. 5 juillet 2010 21 h 05 min

    @ Déréglé

    «Il ne demandait que des dates et des noms à coucher dehors lors de ses examens. Il n’a pas aimé.»

    Oups, il manque un lien entre ces deux phrases ! Je le lisais, mais je ne l’avais pas écrit !

    Ouais, je lui ai seulement dit que ses examens étaient un peu cons, ou quelque chose du genre, car ce n’était que du par coeur. J’avais de bons résutats, avant de dire cela, genre 75 %, pas terrible, mais correct. Il s’est vengé. C’est petit…

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  16. koval permalink*
    5 juillet 2010 21 h 28 min

    Darwin le ptit premier de classe qui s’est fait coulé parce qu’il a revendiqué un peu…..snif snif…..ça l’a certainement orienté un peu plus à gauche… 😉

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  17. 5 juillet 2010 21 h 41 min

    @ Koval

    «ça l’a certainement orienté un peu plus à gauche»

    Je crois que tu confonds l’ordre causal ! C’est peut-être parce qu’il était un peu à gauche qu’il osait contester l’ordre établi !…

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  18. koval permalink*
    5 juillet 2010 21 h 55 min

    Ok, ok, Môssieur l’ancien ptit rebelle premier de la classe.!

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  19. 5 juillet 2010 22 h 42 min

    «premier de la classe»

    Ça, c’était au primaire, et je n’étais pas très rebelle à l’époque… 😉

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