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Droits de scolarité

8 septembre 2010

Par Darwin – Avec la rentrée universitaire, le débat sur les droits de scolarité repart de plus belle. Dans le coin droit, on retrouve les lucides et la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, qui réclament une hausse substantielle des droits de scolarité pour améliorer le financement des universités. Cette hausse seraient plus accentuée dans les programmes qui sont plus coûteux à dispenser et qui permettent d’obtenir des revenus d’emploi plus élevés, comme en médecine.

Dans le coin gauche, on retrouve les solidaires, dont le collectif l’économie autrement, la Fédération étudiante universitaire du Québec et Québec solidaire, qui demandent le gel des droits de scolarité universitaire, voire la gratuité scolaire, de façon à favoriser l’accessibilité aux études universitaires. Pour redresser le financement des universités, ils prônent plutôt une meilleure gestion et une hausse des impôts.

Position des lucides et réponse des solidaires

Le document provenant des lucides qui élabore le plus sur la «nécessité» d’augmenter les droits de scolarité est le rapport du Groupe de travail sur la tarification des services publics (rapport Montmarquette), publié en mars 2008. Ce rapport abordait aussi d’autres types de tarifs (l’électricité, l’eau, le péage routier et les frais de garde). Un des principaux objectifs énoncés dans ce rapport était de réduire le gaspillage des ressources. Si on peut à la limite comprendre que ce raisonnement l’amène à recommander par exemple l’instauration du péage routier, il n’a aucun rapport avec sa recommandation de hausser les droits de scolarité universitaire.

Les faibles droits de scolarité entraîneraient donc un gaspillage des études universitaires au Québec ? Bien sûr, le groupe n’affirme pas une telle énormité. Il laisse soudain cet objectif de côté pour justifier sa recommandation de hausse, pour plutôt la baser sur le fait que ce sont les riches qui en profitent le plus. Ce soudain souci de nos lucides de faire payer les riches est pour le moins suspect. Actuellement, les dépenses supplémentaires de l’État pour compenser les faibles droits de scolarité universitaire proviennent du fonds consolidé, soit en grande majorité de l’impôt sur le revenu. Or, ce sont les plus riches qui y contribuent le plus et les plus pauvres le moins, puisque les 40 % de citoyens les plus pauvres, les lucides nous l’ont suffisamment rappelé, ne payent pas du tout d’impôt.

Les lucides voudraient donc remplacer un système que les riches financent de façon très majoritaire par un système où tout le monde contribue, même les plus pauvres, en prétendant du même souffle vouloir faire payer les riches ! Et, s’il est vrai que les études universitaires représentent un investissement très rentable, n’ayons crainte, nos futurs diplômés payeront beaucoup d’impôt quand il auront des revenus élevés. En plus, ceux qui auront les revenus les plus élevés en raison de leurs études contribueront davantage. Si on veut vraiment faire payer les riches, il est illogique de demander à des jeunes de payer au moment où ils ont de faibles revenus, soit quand ils sont étudiants.

Et tout d’un coup, le principe de l’offre et de la demande, que le groupe de travail appelle à la rescousse pour expliquer qu’une hausse de tarif entraîne inévitablement une baisse de consommation, ne s’appliquerait pas dans le cas des études universitaires ! Pour en arriver à ce tour de passe-passe, le groupe se base sur le fait que la fréquentation universitaire s’est accrue de 9 % lorsque les droits de scolarité ont triplé entre 1989-1990 et 1993-1994. Il ne mentionne toutefois pas qu’il est tout à fait normal que la fréquentation scolaire augmente lors d’une récession, que ces années ont été précédées par une hausse au moins équivalente du nombre de diplômés collégiaux et que cette période correspond à la spectaculaire hausse de la présence féminine à l’université. Et il ne dit mot sur le fait que la forte de hausse des droits de scolarité avait entraîné une baisse de la contribution de l’État au financement universitaire ! En effet, «Au Québec, le financement étatique des universités est passé de 87 % en 1988 à 71 % en 2002».

Les lucides invoquent aussi le fait que le taux de diplômés universitaires est plus élevé dans les autres provinces qu’au Québec, même si leurs droits de scolarité sont plus élevés. D’une part, la comparaison entre les provinces est biaisée, car le Québec est la seule province canadienne avec des cégeps. Ainsi, si le Québec arrivait en 2007 au quatrième rang des provinces en pourcentage de diplômés universitaires (ce qui est quand même pas si mal), il était au premier rang pour le pourcentage de diplômés postsecondaires. Si on ne regarde que la population des 25 à 44 ans, l’écart favorisant le Québec est encore plus grand. La quasi gratuité des cégeps est sans contredit un facteur majeur pour expliquer ce premier rang, ce qui montre que la gratuité scolaire augmente l’accessibilité aux études. D’autre part, une augmentation brusque des taux risquerait d’avoir un impact plus grand dans une province qui a toujours connu des droits de scolarité relativement peu élevés.

L’affirmation qu’une hausse des droits de scolarité ne réduirait pas l’accessibilité est aussi démentie par des expériences récentes de ce genre. Ainsi, «à l’Université de Guelph, on a assisté à une baisse de 40 % de l’accessibilité des étudiants issus d’un milieu pauvre à la suite du dégel. Quant à l’Université Western Ontario, la proportion des étudiants en médecine dont le revenu des parents est inférieur à 60 000 dollars est passée de 35,6 % en 1997 à 14,9 % en 2000.»

Par ailleurs, nos lucides ne cessent de répéter sur toutes les tribunes l’importance de créer de la richesse et que la meilleure façon d’y arriver, sinon la seule dans le contexte du vieillissement de la population, est de faire augmenter le niveau de productivité des travailleurs. Pour y arriver, ils prônent, avec raison, une augmentation des investissements dans la formation et … dans l’éducation supérieure ! Face à l’importance de cet objectif, tout facteur qui pourrait nuire le moindrement au niveau de fréquentation universitaire, comme une hausse des droits de scolarité, devient contreproductif.

Coût de l’abolition des droits de scolarité

Le principe de la gratuité scolaire à l’université ne date pas de récentes revendications étudiantes. Il était même favorisé par les commissaires qui ont produit le rapport Parent (1964-1965), rapport entre autres à l’origine de la création du Ministère de l’éducation du Québec.

Le principal argument des lucides pour rejeter la gratuité scolaire à l’université est son coût élevé que le Québec ne peut se permettre. Or, comment peuvent-ils affirmer que les Québécois n’ont pas les moyens de payer plus d’impôts, mais ont les moyens de payer des droits de scolarité plus élevés ?

L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques a produit en 2007 une étude (Tarification de l’éducation postsecondaire ou gratuité scolaire?) portant justement sur le coût de l’abolition des droits de scolarité. Il arrive à la conclusion que «Abolir les droits de scolarité au Québec et instaurer la gratuité des études postsecondaires ne coûterait que 550M$, ce qui représente un peu moins de 1% du budget du gouvernement.».

Alors…

Alors que notre société vise à favoriser la fréquentation des universités, surtout pour les jeunes des milieux défavorisés, il est clair que l’augmentation des droits de scolarité ne peut que nuire à cet objectif. Elle devrait au contraire les faire diminuer, voire les abolir. Non seulement le financement des études universitaires est-il plus juste par les impôts que par les droits de scolarité, mais ce serait un des meilleurs investissements de l’État pour faire face aux défis qui s’en viennent, notamment en raison du vieillissement de la population et de la main-d’oeuvre.

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34 commentaires leave one →
  1. 8 septembre 2010 14 h 26 min

    Je demeure hautement sceptique, même si ce texte est très intéressant et fourni de bons arguments.
    J’ai fait une partie de mes études (je fais encore en partie) dans une université française. Dans ce pays où les citoyens paient beaucoup d’impôts et où les « droits de scolarité » se résument à 200-300 euros de frais administratifs par année (pour les études supérieures) on ne peut pas dire que le résultat soit, à première vue, très probant. Les universités, à l’exception de deux ou trois façades (genre la Sorbonne), y est notoirement sous financée. Les résultats sont immédiatement sensibles. La qualité des bibliothèques et des équipements y est nettement moins bonne qu’au Québec (ou en Espagne, mais je ne sais pas comment fonctionnent les Espagnols).
    Mais j’admets que les études supérieures y sont très accessibles. Au prix, apparemment, d’une baisse de qualité des services offerts, un thème que tu n’abordes pas dans ton billet, mais qui me semble pourtant capital.

    Le gel des frais de scolarité? En pratique, cela signifie une perte de financement à chaque année. Donc le gouvernement devra compenser un peu plus à chaque année. C’est aussi accroître le niveau de dépendance d’une institution qui au contraire doit assurer un niveau minimal d’autonomie pour assurer la qualité et l’indépendance des recherches. En dehors du danger d’ingérence, il y a celui du caprice des institutions: un gouvernement veut financer, un autre ne veut pas. En France, c’est le cas. Mes amis français en recherche en parlent à chaque élection; la qualité et l’abondance du financement dépend en partie de l’idéologie du parti (apparemment, les socialistes financent plus). De telles perspectives ne me sourissent guère. Pourquoi ne pas plutôt poser des cadres aux augmentations de frais (par exemple une indexion au coût de la vie)?

    « Et il ne dit mot sur le fait que la forte de hausse des droits de scolarité avait entraîné une baisse de la contribution de l’État au financement universitaire !  »

    Tu en parles comme s’il s’agissait d’un effet mécanique. Ce n’en est pourtant pas un! C’est entièrement dépendant de la politique que choisira de mettre en oeuvre le gouvernement en place. Rien n’empêche d’augmenter à la fois les frais de scolarité, les incitatifs aux dons privés et le financement de l’état.

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  2. 8 septembre 2010 14 h 53 min

    @ Déréglé
    (1 de 2)

    «Au prix, apparemment, d’une baisse de qualité des services offerts, un thème que tu n’abordes pas dans ton billet, mais qui me semble pourtant capital.»

    Quel que soit le mode adopté, un manque de financement entraînera une qualité moindre des services. Il s’agit essentiellement d’une décision politique, comme tu le mentionnes : «la qualité et l’abondance du financement dépend en partie de l’idéologie du parti (apparemment, les socialistes financent plus)».

    Par exemple, au tableau 24 (page 87, numérotée 72) du troisième fascicule produit par le Comité consultatif sur l’économie et les finances publiques (Pierre Fortin, Robert Gagné, Luc Godbout et Claude Montmarquette),

    http://consultations.finances.gouv.qc.ca/media/pdf/le-quebec-face-a-ses-defis-fascicule-3.pdf

    on peut voir que le comité prévoit un gain pour le gouvernement de 650 millions $ de l’augmentation des droits de scolarité (l’explication est au bas de la page 90, numérotée 75) : il n’y aurait donc aucune hausse du financement des universités, uniquement une «bonification du programme de prêts et bourses», dont le coût n’est même pas estimé !

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  3. 8 septembre 2010 15 h 01 min

    @ Déréglé
    (2 de 2)

    Assez étrangement, des membres du comité consultatif se joignaient le jour même de la parution du fascicule à d’autres personnalités ( http://tinyurl.com/y9vwpqp ) pour que les sommes découlant des hausses des droits de scolarité soient laissées aux universités ! Quelle serait la décision au bout du compte ?

    Bref, pour moi, la question de mode de financement est indépendante de la question du sous financement.

    «Tu en parles comme s’il s’agissait d’un effet mécanique.»

    J’avais en tête le rapport du comité consultatif dont j’ai parlé au commentaire précédent, où, en effet, la hausse des droits seraient accompagnée d’une baisse du financement.

    «C’est entièrement dépendant de la politique que choisira de mettre en oeuvre le gouvernement en place. Rien n’empêche d’augmenter à la fois les frais de scolarité, les incitatifs aux dons privés et le financement de l’état.»

    Tout à fait. Et cette dépendance existe quel que soit le mode de financement.

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  4. koval permalink*
    8 septembre 2010 15 h 17 min

    Je partage 100% les conclusions de tes analyses Darwin…

    Déréglé

    « C’est aussi accroître le niveau de dépendance d’une institution qui au contraire doit assurer un niveau minimal d’autonomie pour assurer la qualité et l’indépendance des recherches.  »

    Le sous-financement du réseau universitaire par le gouvernement force les établissements à avoir recours à diverses formes de PPP.

    La dépendance du privé ici est beaucoup beaucoup plus dangereuse en terme de perte financière ( Exemple :UQAM /îlot Voyageur), en terme d’indépendance d’esprit aussi…

    Le privé dans son ingérence est 100 fois plus violent que le gouvernement, nous ne sommes pas encore sous un régime communissss…Il y a tout à craindre du sous-financement par le gouvernement au niveau de l’indépendance des idées…

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  5. 8 septembre 2010 17 h 05 min

    « Et cette dépendance existe quel que soit le mode de financement. »

    Je vois bien un rapport de dépendance dans tous les cas, mais je ne trouve pas du tout évident que ces situations soient équivalentes de ce point de vue.

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  6. 8 septembre 2010 17 h 50 min

    @ Déréglé

    Je suis d’accord avec Koval que la dépendance au secteur privé est plus dangereuse, car elle influence le contenu de la formation en l’enlignant en partie sur les besoins du marché du travail et en menaçant la liberté académique.

    Comme le disent ici ( http://www.ababord.org/spip.php?article744 ) Jacques Pelletier et Normand Baillargeon :

    «La gouvernance implique donc elle-même un enjeu plus large, d’ordre social et culturel, qui concerne le statut même de l’institution universitaire et la nature de sa mission. Celle-ci doit-elle demeurer ce qu’elle est essentiellement depuis l’origine, c’est-à-dire un lieu de production et de transmission de connaissances, un espace de réflexion libre et désintéressée ? Ou doit-elle se transformer en une entreprise comme les autres dont l’activité se déploie à partir d’un savoir entendu comme facteur productif stratégique dans le capitalisme globalisé ?»

    Bon, je suis un peu réfractaire à la terminologie utilisée (capitalisme globalisé), mais le mouvement dont ils parlent m’apparaît bien réel. J’ai déjà lu que des maisons d’enseignement pensait offrir moins de places dans des programmes moins productifs et moins liés aux besoins du marché du travail comme l’histoire…

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  7. 8 septembre 2010 17 h 50 min

    Je réfléchis. Et je reviens…

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  8. koval permalink*
    8 septembre 2010 18 h 10 min

    En fait, j’aurais dû plus parler de contrats privés de recherche.

    Il n’y a pas 100 milles façons de financer l’université.

    1-L’État
    2-Le privé

    Dans « priivé » il y a

    2.1 L’étudiant
    2.2 Contrats de recherche
    2.3 PPP (genre l’îlot Voyageur)

    2.1 est le mode de financement le plus dangereux pour l’indépendance de l’esprit de l’Université et il est en fulgurante progression depuis longtemps, mais cela ne stresse personne sauf moi on dirait.

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  9. 8 septembre 2010 18 h 18 min

    pourquoi serait-il plus dangereux que le 2.2?

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  10. koval permalink*
    8 septembre 2010 18 h 23 min

    oups, je voulais dire « 2.2 est le mode de financement le plus dangereux…. »

    Augmenter 2.1, les frais pour les étudiants, c’est se tirer collectivement du plomb dans les fesses, bloquer l’accès est la pire chose à faire.

    Et 2.2, ça crée des fiasco comme l’îlot parce que le risque repose toujours plus sur le public dans un PPP.

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  11. 8 septembre 2010 18 h 29 min

    @koval: ok, cool, je comprends ton point de vue, et il m’apparaît plus cohérent maintenant que tu dis que c’est 2.2

    Cela dit, j’oubliais une critique au billet de Darwin:
    « Pour redresser le financement des universités, ils prônent plutôt une meilleure gestion et une hausse des impôts. »

    Une meilleure gestion? c’est une proposition, ça? honnêtement, qui est contre une bonne gestion? Les lucides proposeraient-ils une mauvaise gestion? ou Charest?
    La première fois que j’ai voté pour QS, j’ai écrit au candidat pour lequel je venais de voter pour lui dire que c’était à reculons que je votais pour lui, parce que sur les « 25 propositions concrètes » que proposait la plate-forme du partie, y’en avait 21 une même acabit. De la pensée magique ou des buzzword, mais « bonne gestion » n’est pas une proposition.

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  12. 8 septembre 2010 19 h 08 min

    @ Déréglé

    «De la pensée magique ou des buzzword, mais « bonne gestion » n’est pas une proposition.»

    J’aurais pu préciser que la proposition sur la meilleur gestion ne vient pas de QS (le programme sur l’éducation n’est pas adopté et rien sur la plateforme de 2008 ne parle de meilleure gestion), mais de la FEUQ et du texte sur Économie autrement (qui vient en fait de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU)). Comme il s’agissait de l’introduction et que texte se concentrait sur le financement par le fonds consolidé, je n’ai pas cru bon d’aller dans les détails.

    L’article que j’ai mis en lien avec la FEUQ dit entre autres :

    «Ainsi, avant de faire payer la note aux étudiants et à leur famille, la FEUQ suggère aux universités de faire leur introspection et de mettre fin aux dérives actuelles. «Elles doivent regarder leur fonctionnement, non seulement à l’interne, mais également entre elles. Il y a de plus en plus de concurrence entre les universités. Elles dépensent beaucoup d’argent en publicité, pour créer de nouveaux programmes, de nouveaux campus, qui parfois ne sont pas en relation avec les besoins des étudiants ou de la société. Les universités se battent entre elles pour attirer les étudiants. Elles y laissent énormément d’argent et tout le monde est perdant avec cette stratégie.»»

    J’ignore s’il y a vraiment beaucoup de $ à aller là, mais c’est déjà un peu plus précis.

    Le texte sur le lien que j’ai apposé à Économie autrement est plus élaboré. On y lit :
    – les données pour évaluer les sommes allouées «pour le fonctionnement de base, la recherche et les immobilisations» sont très difficiles à obtenir : «Construire un portrait d’ensemble est, semble-t-il, tout simplement impossible comme l’ont affirmé le Vérificateur général du Québec et le président du Comité sur le financement des universités (CFU) de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU).»
    – «décroissance de la proportion des budgets affectés à la rémunération des professeures et professeurs au bénéfice de celle des gestionnaires et de l’ensemble des coûts de gestion, transferts de budgets de fonctionnement vers des immobilisations, etc.»
    – «L’absence de transparence devient d’autant plus inquiétante qu’elle se conjugue avec de profondes transformations des modes de gestion qui découlent de l’intrusion de la concurrence de nature commerciale plutôt qu’intellectuelle au sein des universités. Il en résulte un détournement de mission et des chambardements dans les priorités de plus en plus en lien avec des enjeux budgétaires et financiers plutôt que scientifiques.»
    – mutiplication des points de services et des campus secondaires
    – immobilisations en ppp
    – financement fédéral en recherche axé sur les immobilisations
    – le texte aborde aussi la question que j’ai mentionnée à mon précédent commentaire sur les priorités mises sur certains programmes plus axés sur les besoins des entreprises.

    Bref, comme ce point sur la gestion n’était pas majeur (c’est moi qui ai inclus l’ensemble des remarques des fédérations dans le terme «meilleure gestion») dans ma démonstration, je n’ai fait que mentionner brièvement les grands alignements des documents que j’ai mis en lien, qu’on pouviat lire pour en savoir plus. J’en ai peut-être trop mis… 😉

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  13. 9 septembre 2010 7 h 57 min

    Très bon billet qui fait le tour de la question et ouvre le débat…

    Personnellement, je suis en faveur de la gratuité scolaire de la maternelle à l’université. Point à la ligne. Comme tu le mentionnes, une redistribution de la richesse – par le biais de l’impôt sur le revenu et autres – permttrait de financer les services d’éducation. Récemment, Joseph Facal nous rappelait que la Finlande a un des meilleurs systèmes d’éducation sur la planète. Vous savez quoi? C’est gratos.

    On apprenait récemment que la dette des étudiants canadiens monte en flèche et que certains d’entre eux quitte l’université avec une dette de 30 mille dollars.

    Alors que la lectrice du téléjournal nous apprenait hier soir que la moitié des canadiens ont une défaillance de litératie et que nos gouvernements s’apprêtent à injecter des millions pour construire un amphithéâtre à Québec, nous débattons encore de l’accessibilité aux études supérieures…

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  14. 9 septembre 2010 10 h 54 min

    @ Lutopium

    «la Finlande a un des meilleurs systèmes d’éducation sur la planète. Vous savez quoi? C’est gratos.»

    De fait, les élèves de Finlande sont ceux qui ont obtenu globalement les meilleurs résultats des trois premières enquêtes du PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Pour les études universitaires, sujet qui nous intéresse tout particulièrement ici, je ne sais par contre pas si le pays se distingue.

    Il est assez ironique de voir que bien des gens de droite, comme Facal et même l’IÉDM, encensent la Suède et la Finlande ces temps-ci, mais ne rapportent que les bouts de leur système qui cadrent avec leur idéologie. Ils vantent par exemple le recours au privé depuis que des gouvernements de centre-droite sont au pouvoir dans ces pays, mais ne mentionnent pas que les études universitaires y sont gratuites…

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  15. 10 septembre 2010 4 h 04 min

    le système éducatif finlandais. Les universités ont bonne réputation, en tout cas. C’est une référence régulière dans ces débats.
    Mais chaque fois que j’en ai entendu parler, on parlait aussi d’un sévère contingentement dans tous les programmes. Accessibilité aux études vous dites?
    L’information est de mémoire, donc à vérifier, bien sûr. Mais ma première recherche google n’a rien donné, et ne matin le café ne fait pas effet, alors j’y repenserai ce soir.

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  16. 10 septembre 2010 4 h 10 min

    Tiens, ici on parle de 68 000 demandes pour 28000 places dans les universités finlandaises.
    http://www.studyrama.com/international/etudier-etranger/finlande/etudier-en-finlande.html

    Ici on est moins précis, mais très clair sur le faire que l’accès à l’université est difficile:
    http://www.jbyb.net/universite-etranger/post/2006/08/02/14-universites-en-finlande

    Après, c’est une question de choix de société. C’est vrai qu’avec ce système, on élimine la dette étudiante et on est juste envers les étudiants pauvres, jugés sur leurs seuls résultats et leur seul travail.
    Mais c’est un système qui vise à créer une élite, pas à favoriser la fréquentation de l’université par le plus grand nombre.

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  17. 10 septembre 2010 4 h 11 min

    ah, finalement j’ai fait la recherche et j’ai trouvé deux liens, mais (la faute au café), je les ai mis dans le même commentaire, il est donc en modération.

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  18. 10 septembre 2010 4 h 53 min

    ah, j’oubliais: merci Darwin pour les précisions. C’est vrai que c’est déjà plus précis, bien que j’ai encore un petit sentiment d’utopisme à la lecture de tout ça.

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  19. 10 septembre 2010 10 h 01 min

    «Tiens, ici on parle de 68 000 demandes pour 28000 places dans les universités finlandaises.»

    Rien n’est parfait…

    Mais, on ne sait pas comment sont comptés les demandes. Même si j’avais un excellent dossier au cégep, j’avais quand même déposé des demandes dans au moins deux universités (trois, il me semble, mais c’est loin…). Il y a beaucoup de programmes contingentés ici aussi, avec des ratios d’une demande acceptée sur 10. Si on faisait le total ici, je me demande bien quel serait le résultat.

    En plus, les chiffres me paraissent un peu étranges. On parle de 170 000 étudiants et de 28 000 places. Cela voudrait dire que chaque étudiant resterait en moyenne plus de 6 ans à l’université ! La description du système montre qu’il est pourtant semblable à ici : 3 ans, 2 ans pour la maîtrise et le doctorat.

    Merci pour l’information ! Je ne ferai pas comme ce que je reproche à Facal et à l’IÉDM, soit ne retenir que ce qui me plaît d’un système ! Mais, il manque d’info pour juger correctement. Ce serait drôle de prendre connaissance des revendications des associations étudiantes de là-bas !

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  20. 10 septembre 2010 10 h 09 min

    @ Déréglé

    «C’est vrai que c’est déjà plus précis, bien que j’ai encore un petit sentiment d’utopisme à la lecture de tout ça.»

    Du côté des étudiants, il y a peut-être un peu de pensée magique en effet. Mais, les demandes des profs de pouvoir disposer de documents plus clairs me semblent bien campées et pas du tout utopiques. Cela dit, l’ampleur des sommes qu’il serait possible d’économiser me semblent bien loin de l’évaluation des besoins des universités.

    Et, je répète :
    – c’est moi qui ait parlé de «meilleure gestion», pas eux, uniquement pour bien camper les positions des forces en présence en intro à mon billet;
    – cette question n’est pas du tout utilisée comme argument dans mon billet.

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  21. 10 septembre 2010 10 h 38 min

    « Merci pour l’information ! Je ne ferai pas comme ce que je reproche à Facal et à l’IÉDM, soit ne retenir que ce qui me plaît d’un système ! Mais, il manque d’info pour juger correctement. Ce serait drôle de prendre connaissance des revendications des associations étudiantes de là-bas ! »

    Je me doute bien que tu n’es pas du genre à ne prendre en compte qu’une partie de l’information.
    En effet, nous manquons d’informations. Mais il me semble que ça valait la peine de casser un peu le mythe des systèmes d’éducations scandinaves. La gratuité peut recouper un ensemble de réalités assez diversifié merci, pas toujours en accord avec vos objectifs.

    « Et, je répète : »

    C’est bon, c’est bon… 😉

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  22. 10 septembre 2010 10 h 40 min

    « La description du système montre qu’il est pourtant semblable à ici : 3 ans, 2 ans pour la maîtrise et le doctorat. »

    Méfions-nous de la théorie. Je ne connais pas les chiffres, mais les étudiants qui terminent un doctorat en 2 ou 3 ans chez nous sont une minorité.

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  23. 10 septembre 2010 11 h 18 min

    «Je ne connais pas les chiffres, mais les étudiants qui terminent un doctorat en 2 ou 3 ans chez nous sont une minorité.»

    En 2007-2008, il y avait 266000 étudiants au Québec, dont 50 000 au deuxième cycle (maîtrise et DESS) et 13 000 au troisième (doctorat), donc moins du quart aux cycles supérieurs (http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/indicateurs/pdf/IndicEdu2009_Annexes.pdf ). En tenant en plus compte du «décrochage universitaire», je ne peux croire que les étudiants demeurent en moyenne 6 ans à l’université.

    «La gratuité peut recouper un ensemble de réalités assez diversifié merci, pas toujours en accord avec vos objectifs.»

    C’est vrai, il faut tenir compte de ces facteurs. Les calculs de l’IRIS cités dans mon billet se basent sur l’hypothèse que les contingentements ne seraient pas rehaussées. Cela dit, il ne serait pas exclus qu’un gouvernement en instaurent pour faire diminuer les coûts.

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  24. clopp permalink
    10 septembre 2010 21 h 59 min

    Je ne sais pas.

    au départ il me semble illogique de croire que l’Université se doit être aussi universellement accessible que les études primaires et secondaires. Une société n’a pas besoin que tous ait une formation universitaire.

    Deuxièmement, ce qui coûte chère au Québec, ce n’est pas tant les frais scolaires que les frais d’exil que cette formation exige souvent.

    Maintenant à propos du financement, je verrais d’un bon oeil que les Universités se payent en partie à même les revenus futurs de leurs étudiants. Cela aurait moins le mérite d’inciter les universités à cesser de bourrer leur parcours de cours bidons et à mieux former leurs étudiants. Un étudiant mieux et plus vite formé rapporterait plus à l’Université.

    Pourquoi un diplôme de bibliothécaire exige une maîtrise?

    Je suis peut-être dans le champ avec mes idées, mais comme je l’ai dis au début, je ne sais pas, je réfléchi simplement à haute voix, parce que les choix qui nous présentement offerts (contingentement à la scandinave, financement privé, accès aux riches, ou sous-financement chronique) me semble guère mieux.

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  25. 10 septembre 2010 23 h 34 min

    @ Clopp

    «Une société n’a pas besoin que tous ait une formation universitaire.»

    Bien sûr que non. Mais l’accès doit-il être réservé à ceux qui ont les moyens financiers d’y aller ? Il existe plein de préalables qui servent de sélection.

    Ta remarque me fait penser à un point que je n’ai pas abordé dans mon billet. Trop souvent dans ce débat, on ne regarde que les coûts monétaires et on oublie l’investissement finalement le plus important : les jeunes qui vont à l’université y investissent leur temps (au moins trois ans) et leur énergie.

    Pour le reste de ton commentaire, je vais te laisser continuer à réfléchir ! Disons que je ne partage pas tes pensées à voix haute ! L’université ne sert pas qu’à former des travailleurs, mais des citoyens et sert aussi à perpétuer des formes de savoirs non utilitaristes. Ces connaissances et recherches enrichissent notre société.

    Quant à ta remarque sur la formation des bibliothécaires, je ne sais trop quelles informations tu possèdes pour juger de la durée (et donc du contenu) de leur formation.

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  26. 11 septembre 2010 16 h 43 min

    Vous marquez un point Lutopium. Je suis contre un nouvel amphithéâtre à Québec tant que nous n’aurons pas réglé notre problème de régénération régionale.

    Que l’argent de la ville, de la province et du CSQ (Canada sans le Québec) serve à cela en priorité.

    Le divertissement, que les individus se le financent en dehors de la pompe à fric collective à trois bouches.

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  27. clopp permalink
    12 septembre 2010 0 h 23 min

    « L’université ne sert pas qu’à former des travailleurs, mais des citoyens et sert aussi à perpétuer des formes de savoirs non utilitaristes »

    Je ne crois pas avoir formuler de tel propos mais je n’ose pas aller sur le terrain de l’éducation citoyenne. Je saisi mal ce concept qui peut englober du meilleur et du pire. Mais bon on s’entend pour dire que dès le primaire l’éducation est plus que la simple acquisition de connaissance. Mais j’espère que rendu à l’Université « le citoyen » est formé.

    « Mais l’accès doit-il être réservé à ceux qui ont les moyens financiers d’y aller ? »

    Bien sur que non, et je ne crois pas avoir dit ça non plus.

    « quelles informations tu possèdes pour juger de la durée (et donc du contenu) de leur formation »

    Cette maîtrise exige un Bacc général en n’importe quoi. Je trouve ça bizarre. C’est un peu comme si je te disais que pour apprendre à souder tout type de minerai, j’exigerais que tu perdre trois ans à apprendre chanter, danser et cuisiner.

    Bref mon propos sur ce point précis est de dépouissièrer et de désacraliser la formation universitaire.

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  28. 12 septembre 2010 12 h 03 min

    «Cette maîtrise exige un Bacc général en n’importe quoi. Je trouve ça bizarre.»

    L’idée, je crois, est de favoriser les étudiants qui ont déjà un minimum de culture générale. La stratégie semble bonne, car ce programme est un de ceux dont les diplômés ont le meilleur taux de placement, le taux de chômage le plus faible et la plus forte proportion d’emplois en lien avec la formation. Voir à la page 35 le programme 5890

    http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/Depliant_RelUni2009_f.pdf

    «Bref mon propos sur ce point précis est de dépouissièrer et de désacraliser la formation universitaire.»

    De toute façon, ce programme ne forme qu’environ 130 diplômés par année.

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  29. 15 septembre 2010 17 h 39 min

    Lu dans un article du Devoir ce matin (article barré sur le site Internet), Financement des universités – Les remèdes du Dr Breton, le principal argument du recteur de l’Université de Montréal pour appuyer sa recommandation de hausser les droits de scolarité et de les moduler en fonction des disciplines :

    «Afin d’éviter de piéger un étudiant en musique dont la formation coûterait cher, mais ne serait pas génératrice de gros revenus, il propose que les droits (de scolarité) s’ajustent à la hausse si et seulement si le coût de la formation est élevé et que l’espérance de revenu est significativement supérieure» (à la moyenne ?).

    Avec ce système, le niveau des droits serait basé sur l’espérance de revenus élevés (il s’agit de l’espérance statistique et non de la vertu théologale… http://fr.wikipedia.org/wiki/Vertu_th%C3%A9ologale ) et non sur le revenu effectivement gagné. Ainsi, le musicien qui a la chance de gagner un haut revenu aurait payé le même montant en droits de scolarité que celui qui n’a pas réussi à percer. À l’inverse, le médecin qui ne peut exercer sa profession en raison d’une limitation fonctionnelle (par exemple due à un accident) aurait payé les mêmes droits qu’un autre dont les revenus se retrouvent au sommet de l’échelle des revenus de sa profession. Il existe pourtant un moyen bien plus plus simple et plus équitable de moduler les coûts de la formation universitaire en fonction des revenus. Cela s’appelle l’impôt sur le revenu.

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  30. clopp permalink
    16 septembre 2010 23 h 50 min

    « Il existe pourtant un moyen bien plus plus simple et plus équitable de moduler les coûts de la formation universitaire en fonction des revenus. cela s’appelle l’impôt sur le revenu. »

    vue de même je dirais, en effet. Mais cela nous ramène au point de départ.

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  31. 16 septembre 2010 23 h 54 min

    @ Clopp

    «Mais cela nous ramène au point de départ.»

    Ça montre que le Dr Breton ne m’a pas fait changer d’idée !

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  32. 29 octobre 2010 18 h 21 min

    @ Déréglé

    «merci Darwin pour les précisions. C’est vrai que c’est déjà plus précis, bien que j’ai encore un petit sentiment d’utopisme à la lecture de tout ça.»

    La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) a publié hier une étude dans laquelle elle explique plus en détail ses reproches aux universités qui utilisent leurs fonds de fonctionnement pour financer leurs immobilisations. L’étude aborde aussi la question des universités qui se concurrencent en ouvrant des campus dans le territoire d’aures universités.

    Elle n’a que 16 pages (en fait 12, si on enlève les pages du début et de la fin qui ne font pas vraiment partie de l’étude) écrites en gros caractères :

    http://www.fqppu.org/assets/files/FQPPU_Immobilisations.pdf

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  33. 30 octobre 2010 4 h 44 min

    Ouf!
    J’avais peur d’un document de 250 pages. 16 pages, c’est raisonnable. Je vais lire ça à temps perdu ces prochains jours.
    Merci!

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  1. Les jeunes font leur part! «

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