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Les retombées économiques et l’amphithéâtre de Québec

10 octobre 2010

Par Darwin – Événement historique ! Je suis presque d’accord avec un billet publié sur le blogue des Analystes ! Ça doit être parce que ce n’est pas un des analystes qui l’a écrit ! En effet, ce texte, Amphithéâtre à Québec: les charlatans des retombées, a d’abord paru dans la Presse.

L’effet multiplicateur

Chaque fois qu’un projet de dépenses un peu douteux survient, on tente de maquiller son coût en parlant des fameuses «retombées économiques». Entendons-nous bien, ces retombées économiques, qu’on appelle aussi «effet multiplicateur», existent bien. Sauf qu’elles ne sont absolument pas spécifiques à un projet en particulier et ne signifient nullement que ce projet est pertinent.

Je me souviens de l’époque où un de mes anciens démonstrateurs en économie, Alain Dubuc, était un chroniqueur dans la section économie de La Presse, selon moi, le meilleur ayant occupé ce poste. C’était bien avant qu’il ne devienne lucide… Un de ses articles qui m’avaient frappé abordait justement les fameuses retombées économiques, en prenant pour exemple le match de boxe opposant Sugar Ray Leonard et Roberto Duran, match qui a eu lieu le 20 juin 1980 au Stade olympique.

La Régie des installations olympiques (RIO) avait invoqué les retombées économiques importantes pour Montréal pour justifier le déficit de 1 000 000 $ de cette activité. Dubuc avait souligné avec pertinence qu’on aurait pu jeter par terre ce million $ et qu’on aurait eu des retombées économiques. En effet, les gens qui auraient ramassé cette somme l’aurait dépensée, les gens qui l’auraient reçue en aurait fait autant et ainsi de suite. Il concluait que ce ne sont pas les retombées économiques qu’il faut regarder, mais la pertinence des projets qui entraînent ces retombées économiques. 1-0 Dubuc.

Je ne me souviens plus s’il avait abordé les aspects plus complexes de l’évaluation de ce match, ça fait quand même 30 ans ! D’une part, il aurait fallu évaluer quelle part des recettes venaient de touristes étrangers. Dans ce cas, il s’agirait de sommes qui se seraient ajoutées aux recettes de nos hôteliers, restaurateurs et autres commerçants, sommes venant d’ailleurs, mais dont les retombées se seraient concrétisées au Québec.

De l’autre, il fallait évaluer quelle part des dépenses auraient lieu au Québec. Par exemple, comme Leonard venait des États-Unis et Duran de Panama, il est clair que la majeure part des retombés économiques découlant de leurs bourses ne se concrétiserait pas au Québec.  Jeter l’argent par terre aurait peut-être eu plus d’impact au Québec, finalement…

Ah oui, contre toute attente, Duran, le favori des Montréalais avait remporté ce match…

Les + et les –

Dans une autre chronique de son époque bénie, Dubuc analysait les retombées économiques de la construction d’un centre d’achat à ville Mont-Royal (le Centre Rockland, je crois). Il rigolait des prétentions des promoteurs de ce centre qui annonçaient des retombées économiques mirobolantes en négligeant le fait qu’il fallait soustraire de ces retombées les sommes que les clients de ce centre d’achat dépensaient auparavant dans les autres commerces de la ville. Bref, ces promoteurs avaient appris à utiliser la touche en forme de croix d’une calculatrice, mais pas la touche avec une ligne horizontale…

Puis, l’amphithéâtre de Québec ?

Si on tient absolument à faire reposer la pertinence de bâtir un amphithéâtre à Québec sur la logique des retombées économiques, on doit donc tenir compte des + et des -. Les sommes que les Québécois dépenseraient dans cet amphithéâtre seraient autant d’argent qu’ils ne dépenseraient pas ailleurs. Si les activités qu’on y présenterait attiraient des touristes étrangers ou poussaient plus de Québécois à passer leurs vacances au Québec plutôt qu’aux États-Unis, là on pourrait parler de retombées positives.

Mais, ça, ce ne sont que des questions secondaires, pour moi. La grande question est de se demander si dépenser 400 millions de $ pour construire un amphithéâtre à Québec est la dépense la plus pertinente que nos gouvernements peuvent faire avec cette somme. J’ai déjà écrit qu’on ne peut pas s’attendre à ce que tous les humains agissent comme des homo oeconomicus, c’est-à-dire évaluer à chaque achat le bien-être (ou l’utilité) que lui apporteraient toutes les autres possibilités d’achats qu’ils pourraient faire avec la même somme et choisir celle qui leur en apporte le plus. Mais d’un gouvernement, on s’attend au moins à ce qu’il se pose cette question avant de s’engager…

Alors, on se met en ligne et on choisit :

  • plus de logements sociaux;
  • plus d’argent en santé ou en éducation;
  • élimination de la contribution santé de 200 $;
  • contribution au transport en commun;
  • plus de places en CPE;
  • annulation des hausses de droits de scolarité;
  • (                              ) : ajoutez votre choix favori…

Demandez autour de vous ce que les gens voudraient qu’on fasse avec 400 millions $. Vous verrez que les opinions seront très variées. Et, qui sait, l’amphithéâtre de Québec sera peut-être le choix le plus fréquent !

En fait, si les gouvernements nous disaient qu’ils ont choisi cette dépense parce qu’ils pensent que c’est selon eux un enjeu majeur pour la société, plus important que les autres, je ne serais pas d’accord, mais au moins ils aborderaient la question de la bonne façon. Mais là, non. Ils reposent leur décision sur une étude essentiellement basée sur une éventuelle rentabilité et sur les sempiternelles retombées économiques…

21 commentaires leave one →
  1. koval permalink*
    10 octobre 2010 16 h 26 min

    « En effet, les gens qui auraient ramassé cette somme l’aurait dépensée, les gens qui l’auraient reçue en aurait fait autant et ainsi de suite.  »

    Voilà un truc brillant et très simple dans son énoncé qui fait vraiment réfléchir, une vrai ptite leçon d’économie….

    L’ Homo œconomicus ?!? Il descend du singe celui-là? Ou bien des arbres,…en tout cas, il démêle les pommes des bananes…c’est pas comme moi, bien qu’étant mathématicienne, ma relation avec l’argent est une réelle catastrophe….

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  2. 10 octobre 2010 16 h 41 min

    @ Koval

    «une vrai ptite leçon d’économie»

    Cela montre surtout que toute dépense entraîne des retombées. La question n’est donc pas de savoir s’il y a des retombées, mais si la dépense est pertinente. Assez étrangement, les débats se font souvent davantage sur les aspects techniques que sur le fond. C’est ce qui m’irrite.

    «ma relation avec l’argent est une réelle catastrophe»

    Tu es donc normale (enfin, sous cet aspect… 😉 ) ! C’est assez hallucinant de constater que plein de théories économiques sont basées sur la rationalité des agents économiques, tandis qu’on sait très bien que c’est faux.

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  3. jack permalink
    10 octobre 2010 20 h 01 min

    Je me suis intéressé au dossier du nouvel amphithéâtre à Québec. Je ne suis pas un fan de hockey mais je dois dire que j’aimerais bien voir à nouveau les Nordiques à Québec.

    Et j’arrive à la même conclusion que toi. En fait je serais même un peu plus critique que toi. Voici pourquoi:

    Je ne reviendrai pas sur les retombées économiques, tu as trop bien cerné cette arnaque pour que je puisse apporter un éclairage supplémentaire. Ah, peut-être: l’étude d’Ernst & Young évalue les retombées économiques à 497 M$… en 40 ans! Pas fort!

    L’étude d’Ernst & Young est disponible en deux versions. J’ai parcouru assez attentivement la version courte. http://www.bcn.gouv.qc.ca/equipe-quebec/amphitheatre.asp

    La première chose qui frappe c’est le mandat. On peut lire, en p3,  » Définir un modèle d’affaires optimal pour le nouvel amphithéâtre,… ». Et qui a payé pour cette étude? On l’apprend en p2: c’est le bureau de la Capitale-Nationale.

    Autrement dit la ville de Québec paie pour trouver un modèle d’affaire optimal… de son point de vue. Et je trouve qu’Ernst & Young a fait un travail admirable pour son client. Sa suggestion est vraiment optimale pour la ville de Québec.

    Grosso modo, vous savez tous ce que l’étude dit: si les gouvernements paient entièrement le stade et toutes les réparations et rénovations et si, en plus, le nouvel amphithéâtre est exempté de taxes alors il serait rentable. Wow! Donnez-moi un immeuble à revenu, exemptez-moi des taxes et payez pour moi toutes les réparations et je m’engage à ne pas être déficitaire. Tout un exploit!

    Références au document:
    exemption de taxes: page 5
    retombées économiques: page 5
    coût d’entretien: page 4 (et en passant le montant est détaillé en page 18: on calcule 1,5% de 300 M$. Si l’amphithéâtre coûte 400 M$ les coûts d’entretien seraient de l’ordre de 6 M$ par année)

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  4. jack permalink
    10 octobre 2010 20 h 05 min

    Par comparaison le centre Bell a coûté 230 M$ financé entièrement par le privé.

    Et entre 2004 et 2009 il a rapporté 46,3 M$ en taxes (http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/immobilier/200906/18/01-876753-le-litige-des-taxes-foncieres-du-centre-bell-coute-cher.php)

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  5. jack permalink
    10 octobre 2010 20 h 15 min

    Et je ne veux pas insinuer quoi que ce soit mais je ferai remarquer que Québécor, futur acquéreur potentiel des Nordiques, a délaissé la firme KPMG pour Ernst & Young comme vérificateur comptable. (http://www.ruefrontenac.com/affaires/entreprises/27409-colisee-de-quebec).

    Hasard!

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  6. 10 octobre 2010 20 h 36 min

    @ Jack

    Merci pour l’information supplémentaire.

    « En fait je serais même un peu plus critique que toi»

    En fait, je ne me suis servi de l’exemple de l’amphithéâtre de Québec seulement pour dénoncer le mélange de genre : l’État doit investir en premier lieu en fonction de la pertinence d’un projet, pas en fonction de ses retombées économiques.

    J’écris «en premier lieu», car l’analyse des retombées peut révéler dans certains cas des avantages significatifs de ce côté, ce qui n’est absolument pas le cas ici.

    En passant, j’étais encore plus opposé à la construction de la salle de l’Orchestre symphonique de Montréal, car, en plus des mêmes arguments, est presque uniquement destiné aux plus riches…

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  7. 11 octobre 2010 9 h 26 min

    À mon avis, l’élément déclencheur du projet de construction d’un amphithéâtre est un maire – un autre – qui a décidé de laisser sa trace avec de beaux et grands projets. Il sait pertinemment que la population de la vieille capitale se ralliera à cette idée, ce qui sera bénéfique pour sa popularité. Il veut que ses sujets s’amusent. Un festival d’été plus gros, un cirque du soleil permanent, un nouveau colisée, une équipe de hockey de la LHN, des olympiques, et quoi d’autre encore…

    Évidemment, un premier ministre en perte de popularité se ralliera aux projets – c’est bon pour l’image. Tous les partis politiques cherchent à marquer des points dans cette région mystérieuse, et hop – Gilles Duceppe, Pauline Marois, Denis Coderre et Gérard Deltell qui endossent l’idée… Retombées électorales dans un premier temps, retombées économiques – on l’espère!

    Je ne me souviens pas que les Nordiques (1972 – 1995) aient contribué à l’industrie touristique de la région de Québec de façon significative. Bon, peut-être quelques repas dans les restos, quelques chambres d’hôtel… Faudrait voir…

    De son côté, le propriétaire de l’équipe a de fortes chances de s’en mettre plein les poches!

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  8. koval permalink*
    11 octobre 2010 10 h 03 min

    Jack, en plus, il y a de mauvaises langues qui disent que la marge d’erreur sur l’évaluation des coûts de construction de l’amphithéâtre est de 75%….

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  9. 11 octobre 2010 10 h 53 min

    @ Koval

    «il y a de mauvaises langues qui disent que la marge d’erreur sur l’évaluation des coûts de construction de l’amphithéâtre est de 75%….»

    Peu importe que ce soit 75 % ou moins, les gouvernements, s’ils embarquent, devraient exiger que les coûts supplémentaires soient assumés par le promoteur (PKP ?)…

    Donc, tu as raison, il ne faut pas oublier cet aspect de la question.

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  10. 11 octobre 2010 10 h 50 min

    @ Luto

    «Je ne me souviens pas que les Nordiques (1972 – 1995) aient contribué à l’industrie touristique de la région de Québec de façon significative. Bon, peut-être quelques repas dans les restos, quelques chambres d’hôtel…»

    Comme tu dis, faudrait voir. Puisque la grande majorité des spectateurs sont Québécois (surtout de Québec, mais aussi d’ailleurs), il ne faut pas utiliser que la touche + de la calculette, mais aussi la touche – : restos (+ pour la Cage aux sports et les bars, – pour les restos plus chics), spectacles, théâtre, etc. Comme des gens venaient du Saguenay ou d’ailleurs au Québec, il y avait un transfert de dépenses de leur région à celle de Québec. Et immanquablement, l’argent consacrée au hockey n’allait pas ailleurs. Et cela, c’est du côté des recettes…

    Du côté des dépenses, il y avait les frais de transport et d’hébergement à l’étranger (compensées en partie par la présence des équipes qui venaient à Québec), mais surtout les salaires des joueurs, qui représentent autour de 50 % des dépenses. Comme dans mon exemple du combat Duran-Leonard, une grosse partie de leurs dépenses avaient sûrement lieu à l’étranger…

    Il me semble avoir pris connaissance d’une étude là-dessus il y a une vingtaine d’années, et les retombées étaient à peu près inexistantes pour Québec, les + et les – s’annulant, moins que celles des Expos qui attiraient quand même des spectateurs de l’étranger.

    Bref, on en arrive encore à la question cruciale : est-ce une dépense pertinente pour nos gouvernements ? Pour les amateurs de hockey de Québec, sans aucun doute. Pour les autres, c’est drôlement moins évident !

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  11. jack permalink
    11 octobre 2010 12 h 19 min

    Je comprends tes arguments mais je suis moins sévère que toi envers l’OSM. Bien sûr ce sont très majoritairement des riches qui en bénéficient. Dommage. Mais il y a pire que ça dans la vie.

    Ce qui me dérange le plus dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec c’est qu’on veut que les gouvernements paient une fortune pour qu’une entreprise (Québécor) fasse plus d’argent alors que cette entreprise n’aurait pas mis une cenne noire dans la construction.

    Au moins, avec l’OSM, on sait qu’il n’y a personne qui va s’en mettre plein les poches. Les musiciens sont moins payés que les joueurs de hockey…

    C’est pour cela que la subvention à l’OSM me dérange un peu moins. Un orchestre symphonique, je crois que ça ne peut pas vivre sans subvention nulle part dans le monde. Alors qu’un amphithéâtre…

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  12. jack permalink
    11 octobre 2010 12 h 31 min

    Le départ des Nordiques était supposé faire mal à la région de Québec. J’ai vu des prédictions apocalyptiques… les Nordiques étaient le principal moteur économique, culturel et sportif de la région… Québec allait perdre son statut de ville importante… des millions en publicité gratuite perdus… et autres balivernes.

    Les Nordiques sont partis. Les partisans ne pouvaient plus aller les voir au Collisée et ont épargné des milliers de dollars en billets et en stationnement. Ils ont dépensé cet argent autrement ou encore se sont enrichis et se sont acheté des plus grosses maisons. Au lieu d’aller dans les poches de joueurs millionnaires qui dépensent une bonne partie de leur argent à l’étranger l’argent a servi à enrichir la région.

    Résultat: 20 ans plus tard la région de Québec connaît le plus bas taux de chômage au pays (peut-être en Amérique), le prix des maisons monte encore, la région attire de plus en plus de monde et le principal problème est de densifier certains quartiers en douceur pour éviter l’étalement urbain.

    Alors les prophètes de malheur…

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  13. jack permalink
    11 octobre 2010 12 h 36 min

    Pour être honnête il faudrait en fait parler de 180 M$. En effet, selon Wikipedia, le coût total de 230 M$ inclut 50 M$ pour l’achat du terrain (http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_Bell#Historique) alors que le terrain envisagé pour le nouvel amphithéâtre appartient déjà à la ville de Québec.

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  14. jack permalink
    11 octobre 2010 14 h 17 min

    Oups…

    Je vois qu’il me manquait quelques informations. Je ne me doutais pas du salaire de Nagano. Ni de la présence de Lucien au CA de l’OSM.

    Merci pour toutes ces informations!

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  15. 11 octobre 2010 14 h 54 min

    @ Jack

    «Je ne me doutais pas du salaire de Nagano»

    En fait, le salaire de Nagano est entouré de mystère… Je me suis fié à :
    http://www.ledevoir.com/politique/canada/296102/le-federal-limitera-t-il-le-salaire-de-nagano

    «Selon nos informations, le salaire de M. Nagano s’établit à environ 1,5 million, soit 100 000 $ par semaine de travail pour un contrat annuel de 15 semaines.»

    À d’autres sources, on parle de salaire dans les 7 chiffres et de plus de 1 million $ pour 16 semaines (cyberpresse). C’est assez étrange que cette information soit secrète, compte tenu que l’OSM est une OBNL subventionnée…

    Cela dit, l’ordre de grandeur ne fait pas de doute.

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  16. 11 octobre 2010 14 h 05 min

    @ Jack

    «Mais il y a pire que ça dans la vie.»

    Cela ne fait pas partie des arguments auxquels j’accorde de l’importance, sinon, on ne discuterait plus de grand chose…

    Le président du CA de l’OSM est Lucien Bouchard et la présidente déléguée Hélène Desmarais, aussi membre du CA de l’IÉDM, et je ne précise pas ses liens familiaux… Je passe sur les autres.

    http://www.osm.ca/fr/index_orchestre_conseil-administration.cfm

    Ces gens prônent le retrait du gouvernement dans tous les domaines, la hausse de la tarification des services publics, le privé en santé, mais ont sollicité le gouvernement pour leur accorder des centaines de millions $ pour une salle de spectacle fréquentée par les plus riches de la société, leur domicile actuel (Place des arts), n’étant vraiment pas assez bien pour eux. Oh, il trouveront bien quelques amateurs de musique classique moins riches pour montrer qu’ils ne sont pas des ploutocrates, mais, bon on connaît le procédé.

    Bon, je suis conscient de sortir du sujet, mais les mêmes arguments qui s’appliquent à l’amphithéâtre de Québec devraient suffire. Disons que le contexte que je viens de décrire est aussi pertinent, sinon plus, que lorsqu’on souligne le rôle de PKP dans le dossier de l’amphithéâtre de Québec.

    Quant aux salaires, celui de Nagano (1,5 millions $ pour 15 semaines de travail), il est du même niveau que celui des joueurs de hockey, et je ne crois pas qu’il en dépense la majeure partie au Québec. Pour les musiciens, c’est vrai qu’ils touchent moins, mais ce n’est pas un salaire de misère.

    Au bout du compte, je n’ai rien contre le fait qu’on subventionne les activités de l’OSM, je n’en ai que contre les sommes accordées pour bâtir une nouvelle salle.

    L’OSM, du temps de Dutoit (1977 à 2002), avait aussi demandé une nouvelle salle dans les années 1980. On prévoyait la bâtir où est maintenant la Place Émilie-Gamelin. On invoquait aussi le caractère inadéquat de la Place des Arts. Finalement, face à la pression du public, le projet a été abandonné. Cela a-t-il nuit à la renommée de l’OSM (qui a atteint à l’époque un sommet) ? Niet ! Mais, cette fois, la demande est passée comme dans du beurre. Bravo Lucien !

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  17. 13 octobre 2010 10 h 30 min

    « Jeter l’argent par terre aurait peut-être eu plus d’impact au Québec, finalement… »

    Ça dépend où on le jette par terre. Dans un quartier touristique, il risque d’être dépensé ailleurs. Dans une forêt, il va servir à construire quelques nids d’oiseau et risque (sous forme de papier) de se s’abîmer au point d’être inutilisable avant d’être récupéré ou (sous forme de métal) de causer d’importants dommages environnementaux, avec les coûts que cela entraîne. 😉

    « Mais d’un gouvernement, on s’attend au moins à ce qu’il se pose cette question avant de s’engager… »

    Ils ont peut-être confondu « retombées économiques » avec « retombées politiques », et confondu les intérêts du parti avec ceux du Québec, mais ils se sont posé la question, je n’ai pas de doutes à ce sujet.

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  18. 13 octobre 2010 18 h 04 min

    «Ça dépend où on le jette par terre.»

    Eh que je suis imprécis dans mes billets…

    «mais ils se sont posé la question, je n’ai pas de doutes à ce sujet.»

    Ils se sont en effet posé UNE question, mais pas celle dont je parlais !

    Et, ingrats qu’ils sont, les gens de Québec risquent d’appuyer Legault lors de la prochaine élection !

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  19. 12 février 2011 20 h 32 min

    Bon un autre qui sait manipuler les +, mais n’a pas encore appris qu’il y a une touche – sur une calculatrice :

    http://www.cyberpresse.ca/opinions/201102/11/01-4369394-colisee-et-pourquoi-pas.php

    Il ne parle que des retombées économiques de l’amphithéâtre sans se demander si les gens qui y dépenseront leur argent ne dépenseront pas moins ailleurs !

    Et, pour lui, la vraie question n’est pas de savoir si cet investissement est utile socialement, comme j’en parlais dans le dernier paragraphe du billet, mais si ce sera rentable pour PKP !:

    «En fait, la question ne porte pas sur la rentabilité d’un Colisée, ni totalement sur la viabilité de l’activité hockey, mais bien sur le retour d’une équipe de la LNH et la capacité de Quebecor à générer des revenus de ses différentes filiales médiatiques.»

    Dire que j’ai déjà bien connu l’auteur, qui fut mon collègue au travail et même dans le syndicat. Il faut dire que, déjà à l’époque, les chiffres et lui ne s’entendaient pas bien !

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