Skip to content

Indices de défavorisation

30 janvier 2011

Par Darwin – J’ai lu il y a quelques mois un article sur des écoles qui se voyaient privées de subventions pour offrir des services à leurs élèves en difficulté en raison de la modification des indices de défavorisation utilisés par ministère de l’Éducation des Loisirs et du Sport (MELS) et le Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal (CGTSIM). L’article n’expliquait toutefois pas ces changements, ni même comment sont établis ces indices, ni leur forces et leurs faiblesses. C’est ce que je vais tenter de faire.

Indices de défavorisation et indice de milieu socio-économique (IMSE)

En fait, les indices utilisées par ces deux organismes (MELS et CGTSIM) ne sont pas les mêmes. De plus, le MELS n’a pas modifié ses indices, mais a simplement mis à jour les données qu’il utilise pour les calculer, remplaçant celles du recensement de 2001 par celles de 2006 : «Quant à la méthodologie associée au calcul des indices de défavorisation, elle n’a pas été modifiée».

Le MELS utilise deux indices, l’indice du seuil de faible revenu (SFR) et l’indice de milieu socio-économique (IMSE). Le SFR est l’indicateur le plus fréquemment utilisé pour évaluer la pauvreté. On l’appelle d’ailleurs souvent, au grand dam de Statistique Canada, le seuil de pauvreté. Ce seul sujet, soit la définition de l’indice et son utilisation abusive, mériterait un billet… Ce sera pour une autre fois !

L’IMSE, plus utilisé, entre autres pour l’admissibilité au programme Agir autrement qui vise les écoles en milieu défavorisé, est lui calculé à l’aide de la proportion des familles avec enfants dont la mère n’a pas de diplôme (les deux tiers du poids de l’indice) et la proportion de ménages dont les parents n’avaient pas à l’emploi (le tiers du poids de l’indice).

Le CGTSIM utilise plutôt ce qu’il appelle l’indice global de défavorisation (IGD). Cet indice sert à déterminer les écoles qui recevront des subventions «pour des mesures de rattrapage en matière d’éducation dans les écoles de milieux défavorisés». En plus d’avoir été mis à jour avec les données du recensement de 2006, cet indice a en effet été modifié en 2008. Il est bâti à partir de quatre indicateurs :

  • le faible revenu (50 % maintenant, anciennement 95 %);
  • la scolarité de la mère (16,7 %, anciennement 1,7 %);
  • la monoparentalité féminine (16,7 %, anciennement 1,7 %);
  • l’activité des parents par rapport à l’emploi (16,7 %, anciennement 1,7 %).

En fait, l’ancien calcul de l’IGD était ridicule : on avait ajouté les trois derniers indicateurs pour contrer les critiques (avant, seul le faible revenu était considéré), mais en leur accordant un poids tellement faible (1,7 % !) qu’ils n’avaient aucun impact.

Mais, dans le fond, ces indicateurs vont tellement dans le même sens que les résultats de tous ces indices se ressemblent beaucoup, quoiqu’ils varient d’un recensement à l’autre, source des frustrations mentionnés dans l’article de la Presse. Le problème, pour moi, n’est pas dans leur composition, mais dans la façon de les calculer et dans leur utilisation.

Calculs

En fait, les écoles n’ont aucune information sur la situation socio-économique des parents de leurs élèves, car elles ne peuvent obliger les parents à répondre à des questions portant sur ce sujet. Alors, pour calculer ces indices, le MELS utilise les données du recensement le plus récent pour les unités de peuplement (secteur qui regroupe un minimum de 325 familles ) où vivent les parents des élèves. Ce système de calcul a deux grands défauts. D’une part, les données sont toujours déphasées de 3 à 8 ans, car les recensements ne sont tenus qu’aux cinq ans et que cela prend au moins deux ans pour obtenir les données et une autre pour les calculer et les utiliser. D’autre part, elles ne concernent pas les caractéristiques des parents des élèves qui fréquentent une école, mais la moyenne des caractéristiques des parents qui habitent l’unité de peuplement d’où proviennent les élèves qui fréquentent une école (relire tranquillement…).

Par exemple, si 30 % des parents d’une unité de peuplement sont des femmes monoparentales, on attribuera à tous les parents des élèves habitant ce secteur un facteur de 0,3 à cet indicateur. Or, être à 0,3 une femme monoparentale, cela n’existe pas : la mère d’un élève est soit monoparentale, soit elle ne l’est pas ! Et c’est la même chose pour tous les indicateurs utilisés. Une mère a un diplôme ou elle ne l’a pas, elle n’en a pas à 22 % !

Lorsque tous les jeunes d’une unité de peuplement fréquentent la même école, on pourrait dire que tout cela se balance. Cela peut être vrai dans certaines régions (seulement dans le Nord-du Québec et en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, en fait !), mais c’est loin d’être le cas ailleurs, surtout à Montréal. En effet, les jeunes d’une unité de peuplement peuvent fréquenter une école régulière publique, une école privée ou une école publique à projet particulier qui sélectionne ses élèves. Or, il est évident que les caractéristiques des élèves qui fréquentent ces différents établissements ne sont pas les mêmes.

Par exemple, dans la région de Montréal (l’île), plus de 30 % des élèves du secondaire fréquentaient l’école privée en 2007-2008, soit le double de la moyenne des autres régions (calculé à partir du tableau 1), et de 10 % à 20 % des écoles publiques qui sélectionnent les élèves (à ma connaissance, les commissions scolaires ne fournissent pas de données à ce sujet). Comme ces écoles sélectionnent leurs élèves, il est certain que les parents des élèves qui les fréquentent font moins souvent partie des groupes comptabilisés par les indicateurs de défavorisation que les parents des élèves qui fréquentent les écoles régulières.

Par exemple, prenons une unité de peuplement qui compte 500 enfants d’âge scolaire dont 30 % (150) proviennent d’une famille dont la mère est peu scolarisée. Il serait étonnant que plus de 10 % des élèves qui fréquentent des écoles qui sélectionnent leurs élèves proviennent de ces familles. Si on suppose que la moitié des élèves de cette unité de peuplement vont dans une école qui sélectionne ses élèves (privée ou publique), cela nous donnerait :

  • 25 des 250 élèves qui fréquentent des écoles qui sélectionnent leurs élèves proviendraient d’une famille dont la mère est peu scolarisée (10 %);
  • 125 des 250 élèves qui fréquentent des écoles régulières proviendraient d’une famille dont la mère est peu scolarisée (50 %).

Pourtant, l’indicateur accorderait un facteur de 0,3 à chacun des enfants qui proviennent de cette unité de peuplement, même si on en trouvait 50 % dans l’école publique et seulement 10 % dans les écoles qui sélectionnent leurs élèves. Or, ces indicateurs servent à déterminer les écoles qui ont droit à des subventions pour les élèves en difficulté et les sommes qu’elles reçoivent. Résultat ? Les écoles régulières reçoivent beaucoup moins de ces subventions qu’elles devraient pour offrir des services adaptés aux jeunes en difficulté, et les écoles qui ont peu ou pas d’élèves en difficulté, parce qu’elles sélectionnent leurs élèves (et les retournent dans une école régulière si leur rendement n’est pas satisfaisant), reçoivent des sommes pourtant prévues pour des écoles en difficulté ! Il est même déjà arrivé qu’une école publique qui sélectionne ses élèves achète des instruments de musique avec les subventions qu’elle avait reçu pour des élèves en difficulté !

Notons finalement que ce système désavantage beaucoup plus les écoles des milieux où la proportion d’élèves qui fréquentent des écoles privées ou publiques qui sélectionnent leurs élèves est élevée, comme Montréal, que les écoles des autres régions.

Déterminants et facteurs de risque

Mais, ce n’est pas tout… Les indices de défavorisation utilisés par le MELS et le CGTSIM ne prédisent pas que les jeunes provenant des familles touchées auront des difficultés d’apprentissage ou de comportement, ni que les jeunes ne provenant pas de ces familles n’en auront pas. Tout ce qu’ils disent, c’est que les jeunes provenant de ces familles ont une probabilité plus élevée d’avoir des difficultés que les autres. Les indicateurs utilisés pour calculer ces indices ne sont en effet pas des déterminants, mais seulement ce qu’on appelle des «facteurs de risque».

Encore une fois, la présence d’écoles qui sélectionnent leurs élèves vient rendre ces indicateurs moins performants. En effet, en sélectionnant leurs élèves et en retournant aux écoles régulières les jeunes qui ont des difficultés, les écoles qui sélectionnent leurs élèves se retrouvent à n’en conserver très peu, sinon aucun, et ce, peu importe les caractéristiques des familles de ces jeunes. Bref, la grande majorité des jeunes qui ont des difficultés d’apprentissage ou de comportement se retrouvent dans les écoles régulières. Et comme les écoles qui sélectionnent leurs élèves accueillent à Montréal environ la moitié des jeunes, leur présence font presque doubler la proportion de jeunes en difficulté dans les écoles régulières sans que celles-ci disposent des ressources pour leur offrir les services dont ils ont besoin.

Et alors…

En fait, le meilleur moyen de savoir quelles écoles accueillent les plus fortes proportions d’élèves en difficulté d’apprentissage ou de comportement est assez simple, car les écoles doivent les identifier ! En effet, les écoles sont tenues d’évaluer tous les jeunes et de développer à l’intention des jeunes en difficulté des plans d’intervention. Malheureusement, les ressources pour réaliser ces plans ne sont pas suffisantes et sont distribués en fonction d’indices et non en fonction des besoins réels !

Mais tout n’est pas si simple. Il est vrai que des écoles ont déjà donné des consignes pour appliquer plus largement les critères de détermination des élèves en difficulté de façon à obtenir plus de ressources… À l’inverse, d’autres écoles ont déjà négligé cette évaluation parce qu’elles n’ont pas les ressources pour le faire et surtout pour offrir les services prévus aux plans d’intervention. Certains intervenants craignent même que le MELS élimine carrément l’évaluation individuelle des jeunes :

«Selon M. Mallette (vice-président à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement), le MELS veut éliminer les fameuses cotes qui permettent de détecter les élèves en difficulté. «Mais sans cote, comment pourra-t-on obtenir des services?» demande-t-il. «On veut éliminer les cotes pour ne pas être obligé de rendre les services qu’elles appellent», croit M. St-Germain (président de la FAE).»

Bref, tout cela est bien compliqué… Mais, ce n’est sûrement pas en se retranchant derrière des indices qui ne donnent pas un portrait exact de la situation qu’on réglera le problème…

Publicités
38 commentaires leave one →
  1. 30 janvier 2011 11 h 05 min

    Très instructif darwin!

    Je crois que les écoles qui sélectionnent leurs élèves devraient peut=être être pénalisées afin d’éviter la distorsion dans l’attribution des subventions.
    J’aime bien ces articles de vulgarisation, parce que lorsque nous lisons les journaux ces concepts ne sont pas souvent éclaircis! Un jour vous devriez publier un recueil, ça pourrait servir de référence.

    J'aime

  2. 30 janvier 2011 11 h 05 min

    🙂

    J'aime

  3. 30 janvier 2011 11 h 14 min

    Assez troublant d’apprendre que certaines écoles publiques acceptent des subventions « illégitimes » alors que d’autres établissements manquent de fonds et de ressources…

    Excellent papier Darwin. Merci pour la recherche et pour avoir vulgarisé le phénomène.

    J'aime

  4. 30 janvier 2011 11 h 21 min

    «parce que lorsque nous lisons les journaux ces concepts ne sont pas souvent éclaircis!»

    C’était pas mal l’objectif que j’avais en écrivant ce billet : qu’on sache un peu de quoi on parle quand on utilise ces indicateurs ou quand on lit un article sur le sujet. J’avais peur de perdre le lecteur avec toutes les nuances que j’ai faites, mais il semble que non ! 😉

    «Un jour vous devriez publier un recueil, ça pourrait servir de référence.»

    Ouf, il faudrait tout réécrire, car le style dans un livre n’a rien à voir avec celui d’un billet. Il faudrait par exemple remplacer tous les liens par des explications. En plus, qui publierait ça et qui l’achèterait ? Finalement, je devrais signer, ce qui ne m’emballe pas (euphémisme)…

    C’est gentil quand même !

    J'aime

  5. 30 janvier 2011 11 h 34 min

    @ Luto

    «Assez troublant d’apprendre que certaines écoles publiques acceptent des subventions « illégitimes » alors que d’autres établissements manquent de fonds et de ressources…»

    L’exemple que je donne (achat d’instruments de musique avec de l’argent qui devrait aller à des élèves en difficulté) date de plusieurs années. Honnêtement, je ne sais pas si cela se fait encore. Cette école se situe en 2009 au 75ème rang sur 333 écoles quand on classe les écoles par ordre de l’indice de défavorisation. Alors, cela se fait peut-être encore.

    Il arrive aussi que des écoles qui offrent à la fois des classes régulières et des classes de projets particuliers dans lesquels ils sélectionnent les élèves dépensent plus pour ces classes, car elles représentent la carte de visite de l’école. Mais, c’est difficile, voire impossible, de trouver des données fiables sur ce phénomène et d’en mesurer l’ampleur. Comme je tiens cette information de personnes ayant siégé sur des conseils d’établissement, il ne s’agit peut-être que d’anecdotes, mais j’en doute…

    J'aime

  6. koval permalink*
    30 janvier 2011 18 h 57 min

    Tant qu’on subventionnera ces écoles « privées » qui n’en sont pas (financées à 60% par l’État) ce genre d’injustice persistera.

    Étrange que le diplôme de la mère seulement rentre en ligne de compte, mais les psys l’ont dit, premier facteur de décrochage scolaire, la non scolarité de la mère….un truc qui est en train de changer aussi…

    J'aime

  7. 30 janvier 2011 19 h 43 min

    «Tant qu’on subventionnera ces écoles « privées » qui n’en sont pas»

    C’est en effet un des facteurs les plus importants dans la hausse de la concentration du nombre d’élèves en difficulté dans les écoles régulières, d’autant plus que leur popularité a encouragé de nombreuses écoles publiques à sélectionner elles aussi leurs élèves.

    «Étrange que le diplôme de la mère seulement rentre en ligne de compte»

    Ce ne sont pas que les psys qui l’ont dit, mais de nombreuses études. Cela est sûrement dû au fait que les mères prennent plus souvent la responsabilité de l’éducation des enfants. C’était très manifeste quand je siégeais dans des conseils d’établissement, encore plus au primaire qu’au secondaire. D’ailleurs, moi-même, je n’ai siégé sur ces conseils qu’au secondaire, ma conjointe l’ayant fait au primaire.

    Si la société continue à évoluer et que les pères prennent plus de place dans l’éducation des enfants, cette corrélation changera peut-être d’ampleur et sera plus partagée entre la scolarité du père et de la mère…

    J'aime

  8. 31 janvier 2011 14 h 39 min

    Je l’ai lu ce matin en prenant mon café. Il a fait effet assez vite pour que je saisisse bien, mais pas assez pour que je commente. Et là, je suis crevé. 😉

    Je rejoins SD sur le fait que c’est bien d’avoir ce genre d’éclaircies sur la nature des indicateurs (c’est la même raison pour laquelle j’avais écrit mes billets sur la démographie, en fait, mais passons).
    Quant à un ch’tis recueil, même si personne ne le fait, j’ai quand même le titre: l’art de lire les journaux.

    J'aime

  9. 31 janvier 2011 17 h 53 min

    @ Déréglé

    «c’est la même raison pour laquelle j’avais écrit mes billets sur la démographie »

    Je n’avais pas lu ces billets ! Intéressants, car ils abordaient des aspects peu discutés sur la démographie. Cela dit, la hausse de l’indice synthétique de fécondité semble bien réelle…

    «l’art de lire les journaux»

    C’est drôle, parce que c’était mon objectif quand j’ai enseigné au cégep, que les étudiants puisse être critiques avec le contenu des articles ou chroniques portant sur l’économie…

    J’utilisais d’ailleurs beaucoup ce type d’articles en classe pour illustrer la théorie. Mais, bon, cela ne se fera pas !

    J'aime

  10. 31 janvier 2011 19 h 13 min

    « Cela dit, la hausse de l’indice synthétique de fécondité semble bien réelle… »

    Tu veux dire la hausse de la fécondité, non? parce que l’indice, on le voit bien 😉
    blagues à part:
    Probablement. Mais je dirais que l’ISF nous en donne vraisemblablement une idée exagérée actuellement. Mais il est certain que quand l’indice est en hausse avec une certaine constance, les chances sont fortes pour que la fécondité réelle soit aussi en hausse.

    J'aime

  11. 31 janvier 2011 19 h 38 min

    «Mais je dirais que l’ISF nous en donne vraisemblablement une idée exagérée actuellement.»

    On verra.

    Ici, on peut constater que l’âge moyen a à peine augmenté depuis 2004 (dernière année avant la hausse) et que les taux de fécondité ont augmenté dans presque tous les groupes d’âge, sauf chez les 15-19, ce qui n’est pas vraiment une mauvaise chose…

    http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/naisn_deces/naissance/402.htm

    Mais, bon sang de bon soir, nous sommes en train de changer de sujet ! 😉

    J'aime

  12. 1 février 2011 5 h 09 min

    « Mais, bon sang de bon soir, nous sommes en train de changer de sujet ! 😉  »

    Vraiment? je n’avais pas remarqué! 😉

    « Ici, on peut constater que l’âge moyen a à peine augmenté depuis 2004 (dernière année avant la hausse)  »

    Puisqu’on parle de la nature des indices, ce qu’ils appellent « âge moyen à la maternité » est-il l’âge moyen des femmes ayant accouché dans l’année ou l’âge moyen pour un premier enfant? le deuxième indice, rapporté sur un graphique sur quelques années, permettrait d’évaluer plus facilement le poids des effets de calendrier.
    Je chercherais bien moi-même, mais là faut que j’y aille.

    J'aime

  13. 1 février 2011 7 h 44 min

    «Je chercherais bien moi-même, mais là faut que j’y aille.»

    Moi aussi !

    «est-il l’âge moyen des femmes ayant accouché dans l’année ou l’âge moyen pour un premier enfant?»

    Je me suis posé la même question !

    J'aime

  14. 1 février 2011 17 h 46 min

    Bon, ben j’ai pas trouvé. Too bad.

    J'aime

  15. 1 février 2011 18 h 27 min

    «En 2009, l’âge moyen des mères à la naissance d’un premier enfant est de 28,0 ans, d’un deuxième, de 30,6 ans, et d’un troisième, de 32,0 ans (figure 2.5). Rappelons que l’âge moyen à la
    maternité, tous rangs confondus, est de 29,8 ans.»

    http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf2010/Bilan2010.pdf

    C’était donc l’âge moyen de toutes les mères.

    Ne t’en fais pas, je connaissais ce document. Il a donc été facile à trouver pour moi. Je devais vraiment partir rapidement ce matin !

    J'aime

  16. 2 février 2011 0 h 02 min

    J’ai lu dans la Presse d’aujourd’hui (mais pas trouvé l’article sur cyberpresse) ce qui suit :

    «A la commission scolaire Marie-Victorin, à Longueuil, 23% des élèves abandonnent l’école chaque année. De ce nombre, 68% proviennent de classes d’adaptation scolaire. Pour les syndicats de l’enseignement, c’est là une preuve supplémentaire de l’importance de régler la question des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) dans le réseau de l’éducation. »

    «Le directeur général de la CSMV, André Byette, a en outre été troublé d’apprendre que plus des deux tiers des décrocheurs de sa région sont des EHDAA.»

    Malheureusement, il ne donne pas la statistique inverse, soit le % des EHDAA qui décrochent. Solution ? Arrêtons de les identifier !

    «Même son de cloche du côté de la Fédération des syndicats de l’enseignement. « Ça confirme ce qu’on dit depuis longtemps: l’intervention précoce et la prévention, c’est important chez les élèves à risque et les EHDAA. Il faut plus de ressources pour aider ces enfants », soutient la présidente de la FSE, Manon Bernard. »

    Si les ressources étaient mise là où les EHDAA sont et non pas où sont les élèves qui ont des caractéristiques à risque, ça aiderait déjà !

    J'aime

  17. 2 février 2011 4 h 11 min

    c’est plus la natalité, ça, on change de sujet…
    oh, minute! c’est un retour à l’original! 😉

    J'aime

  18. 2 février 2011 7 h 33 min

    «c’est un retour à l’original!»

    Je suis plus discipliné ici que sur la Kaverne ! 😉

    J'aime

  19. 2 février 2011 18 h 32 min

    Ce type d’article est du vrai journalisme citoyen, informatif et intègre. 🙂

    J'aime

  20. 2 février 2011 20 h 11 min

    «Ce type d’article est du vrai journalisme citoyen»

    C’est sûr, quand on compare aux autres blogues que tu fréquentes… 😉

    J'aime

  21. 2 février 2011 22 h 47 min

    J’avoue que ça vole pas haut, c’est pire encore que ce que koval en disait, mais j’irai pu yâble là bas, j’avais un compte à régler pis c’est fait! 🙂

    J'aime

  22. 2 février 2011 23 h 12 min

    «j’irai pu yâble là bas»

    Ça va faire diminuer l’achalandage !

    J'aime

  23. 3 février 2011 0 h 13 min

    Bof, y va ben ramasser keck fous le margi, du genre à Claudius, mais il devra dire adieu aux lecteurs sérieux et je sais qu’il perdra des rédacteurs.
    Bonhomme se fait insulter comme pas possible. Meigne moi qui est TROLL, je suis trop petite avatar fragile pour de tels manques de respect.

    J'aime

  24. 3 février 2011 17 h 26 min

    Si j’ai bien compris, l’idée sous-jacente du billet consiste à dire que sélectionner les élèves implique que toute une masse d’élèves en difficulté (le plus souvent appartenant à la classe populaire / population immigrée) se retrouvera concentrée dans les écoles régulières, ce qui signifie qu’ils ne bénéficient pas des effets de pairs (si tant est que les effets de pairs soient prouvés).
    En France toutefois, les écoles pour élèves en difficulté, on les trouve dans les quartiers populaires, souvent mal famés, le genre d’endroits où les gens ne souhaitent pas y vivre. C’est aussi là où l’on y trouve des immigrés violents (les noirs et les arabes notamment me semblent sur-représentés). Tout ceci est probablement le résultat de la défaillance des politiques d’immigration dans l’intégration des immigrés. Ajouté à cela une culture des banlieue répandue et influençable, et on comprend pourquoi le prix de l’immobilier de ces quartiers tend à baisser, parce que l’immobilier augmente ailleurs : les gens commencent à quitter ce quartier. Autrement dit, les pauvres sont aspirés vers les quartiers populaires. De ce fait, ils sont stigmatisés. Si la violence était moins concentrée, il est bien possible que le triage des élèves par les écoles ne résultera pas en une ghettoisation des élèves de familles pauvres.
    Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que dans ces quartiers, il est difficile de suivre un bon apprentissage. Les enseignants passent plus leur temps à endosser le rôle de flic qu’à enseigner tout court. Ce n’est sans doute pas un hasard si les enfants en difficultés habitent le plus souvent dans ces quartiers populaires. Le problème ne venant pas plus des effets de pairs que de la turbulence des élèves.
    Si la violence est plus éparpillée, je ne vois pas de raison à priori pour que les élèves des différentes classes sociales se mélangent. Et le problème des subventions n’existerait plus.

    J'aime

  25. 3 février 2011 18 h 29 min

    @ M.H.

    Bienvenue sur ce blogue !

    La situation est différente ici. L’intégration des enfants d’immigrants se fait assez bien (ce qui n’est pas antant le cas chez les adultes). Si ce n’est ceux qui doivent prendre des cours de français, le taux de décrochage est moins élevé chez les immigrants que chez les natifs. Il faut savoir que plus de 50 % des immigrants ont au moins un diplôme universitaire, donc peu ont une mère n’ayant pas au moins un diplôme d’études secondaires, un des facteurs les plus fortement correlé avec le décrochage scolaire.

    Bref, sans dire que l’immigration n’est pas un facteur dans le problème que j’ai abordé dans ce billet, il n’est certainement pas un des plus importants.

    «ce qui signifie qu’ils ne bénéficient pas des effets de pairs»

    En effet, les effets de pairs ne sont pas prouvés et soulèvent passablement de controverse. Je dis surtout que leur concentration dans les écoles régulières n’est pas proportionnelle aux services d’aide qu’on devrait leur accorder, car ceux-ci sont établis en fonction d’indicateurs qui ne fonctionnent pas. Et comme vous le dites, leur trop grande concentration dans les classes régulières exige beaucoup d’attention (pas seulement de la discipline) de la part des enseignants, qui ne peuvent consacrer autant de temps à l’enseignement proprement dit.

    Curiosité personnelle : est-ce en raison d’un de mes rares commentaires chez C.H. (rationalité limitée) que vous avez visité ce blogue ?

    J'aime

  26. 3 février 2011 18 h 42 min

    Darwin,
    Apparemment, la situation chez vous est différente de celle de la France. En vérité, chez nous, ce sont les étrangers qui ont le plus de taux d’échec et de décrochage, ainsi que ceux appartenant aux classes populaires (qui encore une fois habitent dans les quartiers pauvres). Si j’en parle, c’est parce que je pense que c’est le fond du problème dont nos politiciens ne parlent jamais. J’ignore ce qu’il en est au Québec.
    Mais si l’intégration est bonne, cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de quartiers populaires, que les gens ont tendance à déserter, et les pauvres à s’y engouffrer.
    Parce que si le problème de la concentration des élèves en difficulté (dû au triage) ne vient pas des « quartiers ghettos », je ne vois pas d’où ça peut venir. Parce que si toutes les écoles pratiquent le triage, il ne devrait pas y avoir ce phénomène de concentration si nuisible. Et si certaines écoles le pratiquent, je me demande pourquoi elles ne le feraient pas toutes. Cette histoire ne paraît pas claire.

    P.S. C’est plutôt à partir du blogroll du « minarchiste » que je suis arrivé ici, même si je vous ai déjà remarqué auparavant sur rationalitelimitee.

    J'aime

  27. 3 février 2011 19 h 11 min

    «cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de quartiers populaires, que les gens ont tendance à déserter, et les pauvres à s’y engouffrer.»

    Cela existe ici aussi, bien sûr, mais de ce que j’en sais, beaucoup moins que chez vous. Si vous regardez la carte à
    http://www.cgtsim.qc.ca/pls/htmldb/adu?p=944074125009243771 ,
    (j’espère que le lien fonctionne…), vous constaterez que la «défavorisation» est, malgré certaines concentrations, assez bien répartie à Montréal.

    «C’est plutôt à partir du blogroll du « minarchiste » que je suis arrivé ici,»

    Jeanne Émard est sur le blogroll de Minarchiste ?! Et bien, je suis surpris. Notez que Minarchiste et moi échangeons de temps en temps de façon civilisée malgré nos positions politiques et économiques aux antipodes. Je crois que c’est le seul libertarien avec lequel cela se passe relativement bien… J’ai d’ailleurs remarqué qu’il commente de temps en temps sur rationalitelimitee, souvent en ne laissant qu’un lien sur un de ses billets.

    J'aime

  28. Terez L. permalink
    3 février 2011 21 h 18 min

    Vous allez me manquer! Je me sens pas mal seule de ma « gang » là-bas!

    J'aime

  29. 3 février 2011 21 h 41 min

    Merci, c’est gentil! 🙂
    Je passerai vous saluer à l’occasion, puisque je vous lis parfois. 🙂 Je crois que vous êtes une des seules avec Norbert Allard à ne pas être complètement aveuglée par une idéologie fermée.
    Il existe bien quelque blogues intéressant du point de vue des informations qui y sont véhiculées, Jeanne Émard en est un bel exemple, les articles de Darwin, Koval et Luto sont toujours instructifs à lire. Je considère que les 7, Marginéan en tête, manquent de respect envers leurs lecteurs en leur présentant des informations qu’ils savent d’emblée fausses.

    J'aime

  30. 3 février 2011 23 h 32 min

    Tiens de la nouvelle visite !

    Bienvenue ici ! Ne vous gênez pas pour passer de temps en temps, je vous lis aussi parfois sué7. J’ai souvent eu le goût de vous appuyer là-bas, mais j’ai déjà donné et ai fait le voeu (façon de parler…) de ne plus y commenter !

    J'aime

  31. 4 février 2011 6 h 09 min

    Merci pour la carte.
    En France, je disais, les concentrations peuvent s’expliquer par la violence des quartiers populaires. J’ignore si dans votre cas, c’est la même chose. Car si les concentrations ne s’expliquent pas par la formation des quartiers populaires, alors je ne vois pas d’où pourrait venir l’explication.

    J'aime

  32. 4 février 2011 6 h 16 min

    «je ne vois pas d’où pourrait venir l’explication.»

    De la forte présence de logements à loyer abordable…

    J'aime

  33. 4 février 2011 6 h 26 min

    Comme le dit Darwin, effectivement, Minarchiste est le plus civilisé des blogueurs libertariens. Je suis convaincu que c’est un très chic type.

    J'aime

  34. 4 février 2011 8 h 19 min

    En France, les logements à prix abordable sont ceux des quartiers mal famés justement; c’est pour ça que personne n’y habite, malgré leur prix attractif. En est-il de même chez vous ?

    J'aime

  35. 4 février 2011 17 h 59 min

    @ M. H.

    «c’est pour ça que personne n’y habite»

    Si seuls ces quartiers ont des loyers à prix abordable et si personne n’y habite, c’est qu’il n’y a personne qui habite des logements à prix abordable…

    Les loyers sont beaucoup moins chers ici et plus grands. Enfin, c’est ce que tous les Français qui ont immigré ici disent.

    J'aime

  36. 4 février 2011 18 h 05 min

    Darwin, je crois que vous avez manqué mon point. Je disais que si personne n’y habite c’est parce que ces quartiers sont hostiles. Et j’ai constaté par plusieurs fois d’ailleurs que les mauvais quartiers de Paris ont effectivement des prix très faibles. Les gens ne se pressent pas. En théorie, lorsque le prix est plus attractif, la demande augmente. Si tel n’est pas le cas, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche. Et ce quelque chose, c’est peut-être la violence du quartier en question.

    J'aime

  37. 4 février 2011 18 h 18 min

    @ M. H.

    «je crois que vous avez manqué mon point»

    Je l’avais très bien saisi, j’ai simplement choisi de faire une blague… Bon, on dirait que j’ai raté mon coup…

    En fait, on s’éloigne de l’objet de mon billet. J’y explique pourtant que les difficultés d’apprentissage ne sont pas nécessairement liées à la «défavorisation». Et il me semble clair que nous n’avons absolument pas la même perception de la pauvreté, ni de l’immigration. Or, je le répète, l’objet du billet est ailleurs.

    Et, on ne parle plus guère d’école…

    J'aime

Trackbacks

  1. Le faible revenu chez les personnes âgées «

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :