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Citations de John Maynard Keynes

12 avril 2011

Par Darwin – Je viens de terminer une brique de plus de 900 pages, avec du texte écrit tout petit. Comme j’ai emprunté ce livre à la bibli, je n’ai pas pu noter tout le jus qu’on peut tirer de ce livre, mais je compte bien y revenir, car je l’ai réservé à nouveau une heure après l’avoir rapporté…

Il s’agit probablement du meilleur essai philosopho-historico-scientifico-économique que j’ai lu (c’est le seul!), soit Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire – De l’univers magique au tourbillon créateur, de René Passet. Sérieusement, ce livre sort vraiment de l’ordinaire et vaut amplement chacune des minutes que je lui ai consacrées (remarque pas uniquement utilitariste !).

Comme premier billet inspiré par ce livre, j’ai décidé de présenter quelques citations de John Maynard Keynes, un des économistes les plus influents du XXème siècle. Les citations que j’ai retenues et qui sont mentionnées dans ce livre viennent en majorité d’un autre excellent bouquin que j’ai lu, soit Keynes et ses combats, du regretté Gilles Dostaler, qui est décédé il y a peu.

Sur le capitalisme

Selon les économistes classiques, les vices des hommes, dont l’égoïsme, leur donnent l’incitation à travailler davantage pour leur propre avantage, ce qui en fait bénéficier au bout du compte toute la société. Voici ce qu’en a dit Keynes…

Le capitalisme est cette croyance stupéfiante que les pires des hommes feront les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde.

De même, sur l’aspect réducteur de l’économie classique et sa manie de tout traduire en utilité monnayable :

La même règle autodestructrice du calcul financier régit tous les aspects de l’existence. Nous détruisons la beauté des campagnes parce que les splendeurs de la nature, n’étant la propriété de personne, n’ont aucune valeur économique. Nous serions capable d’éteindre le soleil et les étoiles parce qu’ils ne rapportent aucun dividende.

Et encore :

On a fait toujours appel à un travestissement frénétique du calcul comptable afin de trancher la question de savoir s’il vaut mieux déverser le lait dans les égouts plutôt que de le servir aux écoliers.

Keynes a déjà comparé l’obsession de l’or à un fétichisme et même à un enfant au stade anal (il connaissait Freud…). Voici une citation encore plus pertinente dans le contexte de la crise actuelle, où certains semblent vouloir faire plus d’argent uniquement pour le posséder, pas pour les biens et services qu’il permet de se procurer :

L’amour de l’argent comme objet de possession, qu’il faut distinguer de l’amour de l’argent comme moyen de se procurer les plaisirs et les réalités de la vie, sera reconnu pour ce qu’il est : un état morbide plutôt répugnant, l’une de ces inclinations à demi criminelles et à demi pathologiques dont on confie le soin en frissonnant aux spécialistes des maladies mentales.

Sur les lendemains de la première guerre mondiale

Keynes a critiqué de façon répétée le Traité de Versailles, principalement en raison des réparations économiques exigées de l’Allemagne, réparations qu’il trouvait trop lourdes :

Si on veut traire l’Allemagne, on ne doit pas d’abord la ruiner.

Et il ajoute, de façon prophétique :

Si nous cherchons délibérément à l’appauvrir, j’ose prédire que la vengeance sera terrible.

Court terme, long terme…

Les adversaires de Keynes ont souvent caricaturé sa pensée en sortant ses citations de leur contexte. Ce fut le cas avec son fameux «À long terme, nous serons tous morts», que des gens mal intentionnés, ou mal informés, ont utilisé pour qualifier Keynes de «court-termiste». Il faut d’une part considérer le sens de l’humour de Keynes, anglais, donc ironique, et, d’autre part, remettre cette citation en contexte.

Le long terme est un mauvais guide pour les affaires courantes. À long terme, nous serons tous morts. Les économistes se fixent une tâche peu utile s’ils peuvent seulement nous dire que, lorsque l’orage sera passé, l’océan sera plat à nouveau.

En plus, ils omettent de se rappeler quelques autres citations de Keynes, comme :

Un investissement vise d’abord, ou devrait viser, des résultats à long terme et ne devrait être jugé que d’après ces derniers.

Combien de dirigeants actuels ne devraient-ils pas avoir cette citation en tête… Il leur reprochait déjà à l’époque de vouloir «vaincre les forces obscures du temps» et à chercher «à s’enrichir le plus rapidement possible au détriment les uns les autres

Dernières citations en vrac…

La vision que nous avons de Keynes de nos jours est souvent teintée des modifications qu’ont apportées à sa théorie ses successeurs, qu’on appellent les «keynésiens». Ceux-ci ont entre autres mathématisé certains de ses concepts. Keynes n’appréciait pas vraiment… D’ailleurs, après une réunion avec des économistes des États-Unis, il écrit à un ami :

J’étais le seul non keynésien présent.

Sur les gens qui parlent trop vite :

Les mots doivent être un peu violents, car ils sont les assauts de la pensée sur les gens qui ne réfléchissent pas.

Et, finalement, une dernière citation qui montre le respect que Keynes portaient aux artistes, lui dont la femme était ballerine, qui fut un mécène et un collectionneur de tableaux et de livres, un ami de nombreux écrivains, acteurs et peintres, et un administrateur d’organismes de promotion des arts. :

L’homme de science doit accepter que l’artiste soit son maître.

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52 commentaires leave one →
  1. Yves permalink
    12 avril 2011 8 h 51 min

    J’ai apprécié ce billet.
    Je ne connais pas John Maynard Keynes, seulement entendu son nom par toi et tous les autres sur la Kaverne. Il me semble brillant ce monsieur.

    Avec tout ça je suis resté sur ma faim, j’aurais aimé plus de citation. Dans le fond j’aurais bien aimé un très long billet sur lui. Comme Déréglé sait les faire. 😉

    Darwin est-ce qu’il a un livre de lui qui ne soit pas une brique de 900 pages et facile à lire?

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  2. 12 avril 2011 9 h 23 min

    @ Yves

    «j’aurais aimé plus de citation»

    Moi qui pensais en avoir trop mises !

    «Darwin est-ce qu’il a un livre de lui qui ne soit pas une brique de 900 pages et facile à lire?»

    La deuxième édition de Keynes et ses combats (j’ai lu la première) n’a «que» 628 pages ! Sérieusement, comme je le dis dans le billet, elle est très facile à lire, ce que je ne dirais pas de la brique de 900 pages !

    http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/biographies-et-recits/200904/26/01-850423-keynes-et-ses-combats-retour-au-devant-de-la-scene.php

    «Dostaler ne s’intéresse pas qu’à l’économiste aux intuitions formidables, mais aussi à l’homme d’action, féru d’arts et de lettres, grand ami de Virginia Wolf. Le portrait achevé de John Maynard et de son oeuvre est si convaincant que même les Britanniques ont jugé à propos de publier le texte chez eux»

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  3. Yves permalink
    12 avril 2011 9 h 48 min

    Merci Darwin.

    Je viens de regarder ton billet et je viens juste de me rendre compte qu’il est loin d’être court. Il est même assez long, mais en le lisant tantôt il m’a paru court tellement il se lisait bien.

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  4. Blink permalink
    12 avril 2011 11 h 05 min

    Du bonbon! C’est vrai que ça se lit tout seul.

    « J’étais le seul non keynésien présent. » – Très british son humour.

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  5. koval permalink*
    12 avril 2011 11 h 13 min

    J’aime bien moi aussi, je suis moins d’accord avec la dernière…

    Les scientifiques et les artistes se nourissent mutuellement, je crois que la relation est circulaire…

    « L’homme de science doit accepter que l’artiste soit son maître. »

    Aimé par 1 personne

  6. koval permalink*
    12 avril 2011 11 h 14 min

    C’est quoi les pubs en bas du billet Darwin?

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  7. Blink permalink
    12 avril 2011 11 h 30 min

    Pas d’accord! C’est plus facile d’écouter du Metallica dans un labo que de faire des cultures bactériennes sur une scène devant 50 000 fans en délire 🙂

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  8. 12 avril 2011 18 h 04 min

    @ Yves

    «Il est même assez long»

    867 mots ! Peux-tu m’en faire une version abrégée ? 😉

    @ Blink

    «Très british son humour.»

    En effet ! Son «à long terme, npus serons tous morts» montre le même type d’humour. Mais, celle que tu as soulignée est de fait la plus représentative de son humour.

    @ Koval

    «je suis moins d’accord avec la dernière…»

    Je suis aussi un peu perplexe face à celle-là. Je l’ai toutefois gardée pour la fin pour bien montrer son amour des arts. Dostaler en cite quelques autres qui vont dans ce sens.

    Dans un livre qu’il a écrit sur sa vision de l’avenir (Economic Possibilities for our Grandchildren), il envisage d’ailleurs un monde heureux où les gens travaillent peu et se consacrent aux arts… Il a toujours dit qu’il fallait se méfier des prévisions des économistes !

    «C’est quoi les pubs en bas du billet Darwin?»

    J’ai vu ça ce matin, mais je ne les vois plus… Je n’ai aucune idée d’où ça venait…

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  9. Pierre Jobin permalink
    12 avril 2011 23 h 09 min

    Simplement merci pour ce billet.

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  10. 13 avril 2011 0 h 00 min

    @ Pierre Jobin

    Je n’ai pas habituellement l’âme d’un fan. Les seules personnes que j’admire vraiment sont toujours des gens qui ont talents et des activités variés. Le premier fut Boris Vian et le deuxième fut Keynes

    En plus, j’ai connu Keynes à l’école par les keynésiens. Il ne m’intéressait donc pas beaucoup. C’est longtemps après que je m’y suis intéressé. Et le livre de Dostaler m’a conquis !

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  11. koval permalink*
    13 avril 2011 7 h 58 min

    Pour le fun de jaser…

    La science est le moteur des sociétés, toutes les révolutions de l’humanité passent par les inventions, depuis les techniques de maîtrise du feu en passant par la roue, le moteur à explosion , l’électricité et l’informatique.

    Ça me fait penser à Léonard de Vincy, il y a des lieux communs entre les scientifiques qui innovent et les artistes….

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  12. 13 avril 2011 8 h 20 min

    «il y a des lieux communs entre les scientifiques qui innovent et les artistes….»

    Tout à fait. Ce que j’aime de la citation de Keynes, c’est qu’elle montre qu’il accordait encore plus d’importance à la qualité de vie qu’aux indicateurs économiques classiques.

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  13. 16 avril 2011 13 h 25 min

    Je conseille fortement la lecture du Devoir de philo du Devoir d’aujourd’hui :

    Le philosophe britannique John Stuart Mill fustigerait la «nouvelle» droite québécoise
    http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/321264/le-devoir-de-philo-le-philosophe-britannique-john-stuart-mill-fustigerait-la-nouvelle-droite-quebecoise

    Dans le cadre de la deuxième conférence du Réseau Liverté Québec, l’auteur montre clairement l’imposture de la droite. Il explique clairement que ce n’est pas vraiment contre l’État que s’opposent les droitistes, mais contre le caractère redistributeur de l’État. En effet, dit-il, l’État est essentiel à «la protection de la propriété et de la richesse»., ce à quoi les droitistes ne s’opposent pas, bien sûr…

    Quelques citations de ce texte, à lire en entier !

    «Mill était inspiré par Adam Smith qui affirma, dans son oeuvre classique de 1776, que ce n’est que sous «l’abri» de l’État que les riches «peuvent dormir chaque nuit».»

    «le plus grand problème de la société capitaliste dans laquelle nous vivons est son incapacité à fournir du travail pour tous, en tout temps, et sa distribution des richesses arbitraire et inéquitable» (citation de Keynes…)

    «les nouveaux riches sont devenus égoïstes envers la même société qui leur a permis d’accumuler et de jouir de tous ces biens matériels socialement sans crainte. »

    «cette ouverture au marché et les attaques incessantes contre le modèle bureaucratique engendrent au final le parasitage croissant des firmes privées dans la sphère publique.»

    «Une fonction publique forte, compétente et bien rémunérée permet de tenir en échec les firmes privées désirant constamment parasiter l’État et, donc, l’intérêt public.»

    «Le vent de droite actuel (…) glorifie l’irrationalité du marché, son immoralité et la désintégration du socle social sur lequel repose l’économie décentralisée.»

    Quel texte lumineux !

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  14. the Ubbergeek permalink
    16 avril 2011 14 h 52 min

    Fuck yeah!

    Je dit cà sans sarcasme. C’est en effet clair pas à peu près, ca met les points sur les I.

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  15. 20 avril 2011 19 h 40 min

    John Maynard Keynes,
    britannique, 1883-1943.

    Hadolf Hitler, 1889-1945.

    Adjutor Lachance, 1892-11 août 1981, mon père avait un sens terrible terrible de l’humour.

    Jacques Parizeau, 9 août 1930 à Montréal. À fait des études post-secondaire, deux ans à Paris, deux ans à Londres, environ 20-25 ans plus tard. Il a dû entendre parler abondamment de Keynes, le contraire ne se peut pas.

    Onze citations intéressantes. Il semble que les Japonais au plus tard en 1945 ont exploité celle-ci :

    Un investissement vise d’abord, ou devrait viser, des résultats à long terme et ne devrait être jugé que d’après ces derniers. Une économiste américaine en travail en Ontario m’a appris.

    Prophétique en effet concernant l’Allemagne d’après 1917 :

    Si nous cherchons délibérément à l’appauvrir, j’ose prédire que la vengeance sera terrible.

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  16. the Ubbergeek permalink
    20 avril 2011 21 h 45 min

    Et c’est pour cà que si il doit y avoir Un autre monde, les gens comme les Américains et les (ex) Bourgeois doivent y avoir une place, ou….

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  17. 21 avril 2011 13 h 26 min

    Un autre monde

    Nous n’aurons pas le temps d’avoir « Un autre monde » si la fin du monde arrive en 2012 comme l’envisagent les scénaristes du film titrant cette année qui nous proposent matière à divertissement sinon réflexion. J’ai lu dans Troisième millénaire : bilan final, la première chronique impertinente de ce livre de Jean-François Lisée, mars 2011.

    Dans un autre monde, souhaitons que les Américains aient leur place, nous en sommes. Je me suis laissé dire que le rêve hitlérien était une automobile à chacun. À l’époque les femmes ne votaient pas partout. L’usage du masculin seulement n’était pas forcément pour alléger le discours. Les Américains ont rendu possible pour une partie du monde le rêve hitlérien. À quoi ou à qui ont servi ces deux guerres ? Le rêve hitlérien à l’échelle mondiale n’a pas d’avenir à long terme, même s’il ne vise qu’un sexe, je vous laisse à choisir. Passons à autre chose. En premier lieu, à la mise au point de villages ou de quartiers multifonctionnels, inter-générationnels ?

    C’est là que cette citation de Keynes peut prendre tout son sens :

    Le long terme est un mauvais guide pour les affaires courantes. À long terme, nous serons tous morts. Les économistes se fixent une tâche peu utile s’ils peuvent seulement nous dire que, lorsque l’orage sera passé, l’océan sera plat à nouveau.

    Le corollaire de ce point de vue est-il que les affaires courantes sont un mauvais sujet de réflexion et de choix à soumettre à un électorat ? Pourquoi nous y fait-on patauger, intérêts à court terme de politiciens, de journalistes, d’actionnaires confondus, dus, dus, dus ?

    PS 1. J’ai raté l’édition de mon message précédent, en voici une reprise à valeur ajoutée :

    Onze citations intéressantes.

    Il semble que les Japonais au plus tard en 1945 ont exploité celle-ci :

    Un investissement vise d’abord, ou devrait viser, des résultats à long terme et ne devrait être jugé que d’après ces derniers. Une économiste américaine en travail en Ontario m’a appris alors que je « cheminais » professionnellement.

    Prophétique en effet concernant l’Allemagne d’après 1917 :

    Si nous cherchons délibérément à l’appauvrir, j’ose prédire que la vengeance sera terrible.

    – Mets-en !

    PS 2. Aimez-vous mon nouvel « Avatar » ? Plus que le précédent ? La 7e photo de briques.

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  18. youlle permalink
    21 avril 2011 19 h 29 min

    « Un investissement vise d’abord, ou devrait viser, des résultats à long terme et ne devrait être jugé que d’après ces derniers. »

    Je lis actuellement le livre Derrière l’État Demarais POWER et c’est exactement ce que Paul Desmarais a toujours fait.

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  19. the Ubbergeek permalink
    21 avril 2011 19 h 35 min

    Et aussi, si on y pense, écologisme et autres progressismes. Pas de profits à court terme généralement, mais du long terme, générations futures et tout.

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  20. 21 avril 2011 20 h 30 min

    @ Robert Lachance

    «Le corollaire de ce point de vue est-il que les affaires courantes sont un mauvais sujet de réflexion et de choix à soumettre à un électorat ? »

    Non.

    J’ai de la difficulté à ajouter quoique ce soit à cette réponse, car ce n’est tellement pas un corrolaire de ce qu’a dit Keynes que j’ai de la difficulté à comprendre ce qui peut vous avoir amené à poser cette question…

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  21. 22 avril 2011 6 h 54 min

    Je déplorais que la présente campagne électorale ne porte pas plus sur des cibles à long terme. Les sondages et le débat en font un concours de popularité de chefs, une réalité qui relève du court terme, entre autres. Il y a bien l’achat des avions de chasse où l’on ne nous dit pas grand chose sur notre politique internationale.

    Le progrès économique substantiel relève fortement du renouvellement de notre force de travail et de régénération. Ça met 30 ans disons à se faire. Ça relève de la natalité, à défaut, de l’immigration. Je n’ai pas entendu parler à date dans la campagne de la recherche d’une solution à notre sous-natalité depuis 40 ans.

    La démographie détermine l’ampleur et la vigueur d’une économie et non l’inverse. C’est pas aussi simple, il y a le niveau de richesse et de développement mais sur des décennies une démographie appropriée à un territoire est un gage de prospérité.

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  22. 22 avril 2011 7 h 18 min

    «Je déplorais que la présente campagne électorale ne porte pas plus sur des cibles à long terme.»

    Ça n’a toujours rien à voir avec la citation de Keynes, qui dit essentiellement que, lorsque survient une crise, il faut agir, pas attendre et espérer que la «main invisible» arrange tout.

    Tout ce que vous mentionnez n’a rien à voir avec ce que Keynes entendait par «affaires courantes».

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  23. 22 avril 2011 12 h 42 min

    J’avais négligé avant d’écrire de tenir compte de cette dimension importante que vous soulignez : « lorsque survient une crise ». Négligence majeure; l’élection n’a pas été déclenchée en réponse à une situation de crise mais en estimation d’ouverture à l’obtention d’une majorité de députés. On peut penser que les partis de l’opposition ne lui ont pas laissé le choix.

    Je vais chercher ce qu’il entendait par « affaires courantes ». Sa citation date de quelle année, de mémoire ?

    Le livre de René Passet n’est pas à notre bibliothèque. Il y en a plusieurs autres d’environ 200 pages sur John Maynard.

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  24. 22 avril 2011 14 h 23 min

    @ Robert Lachance

    «Je vais chercher ce qu’il entendait par « affaires courantes ». Sa citation date de quelle année, de mémoire ?»

    Cette citation vient du livre Essais sur la monnaie et l’économie qui regroupe des textes de Keynes écrits juste après le début de la dépression qui a commencé en 1929. Il parlait justement de l’importance d’agir pour ne pas laisser cette crise s’éterniser.

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  25. 22 avril 2011 14 h 25 min

    «Le livre de René Passet n’est pas à notre bibliothèque»

    Pas étonnant. Je ne l’ai trouvé qu’à la grande bibliothèque à Montréal, aucune copie n’étant dans les bibliothèques de la ville. Même à la Grande bibli, il n’y en a qu’une copie.

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  26. 23 avril 2011 7 h 09 min

    J’ai lu par erreur les deux préfaces de Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) de John Maynard Keynes. J’imagine que ces choses dans son titre sont des « affaires courantes ». En édition électronique En six volumes dont je lirai peut-être le début. L’affaire intéressante serait sa théorie de la valeur qui l’amènerait à écrire que l’économie est une science morale.

    « Ce livre s’adresse surtout à nos confrères économistes. Nous souhaitons qu’il puisse être intelligible à d’autres personnes. »

    « Une économie monétaire est essentiellement, comme nous le verrons, une économie où la variation des vues sur l’avenir peut influer sur le volume actuel de l’emploi, et non sur sa seule orientation. Mais la méthode que nous employons pour analyser le rapport entre la variation des vues sur l’avenir et la situation économique actuelle fait intervenir l’action combinée de l’offre et de la demande, et c’est par là qu’elle se rattache à la théorie fondamentale de la valeur. 1936 »

    Hallucinant dirait Charles Tyssère ! Son livre porte sur l’actualité qui m’intéresse, celle qui donne un sens à l’avenir.

    Je suis illettré en économie. J’ai eu la curiosité de lire du Bernard Landry un économiste capoté politicien et du Bernard Guerrien, un mathématicien capoté économiste pour s’amuser à la théorie des jeux. Vous connaissez ?

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  27. 23 avril 2011 7 h 50 min

    Par contre on y trouve 5 livres récents de René Passet. Tous disponibles !

    Il aurait mis cinq ans à rédiger Les grandes représentations … à l’âge de 79 à 84 ans. Fallait le faire !

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  28. 23 avril 2011 8 h 44 min

    Bernard Landry oui. L’autre non. Je suis un peu allergique à la théorie des jeux appliquée à l’économie. Non que ce soit sans intérêt, mais c’est quand même une autre tentative de réduire les comportements humains à des calculs.

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  29. 23 avril 2011 8 h 48 min

    «Il aurait mis cinq ans à rédiger Les grandes représentations … à l’âge de 79 à 84 ans.»

    Il écrit vite alors !

    Sérieusement, ce livre contient vraiment une quantité d’information impressionnante. Et les liens que fait l’auteur entre ces informations sont toujours pertinents. Un grand livre…

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  30. 23 avril 2011 13 h 56 min

    Il y a Bernard et Bernard. Là n’est pas mon intérêt, c’était en passant.

    Si l’on accepte l’idée que bon nombre de comportements humains au minimum résultent de « calculs » cérébraux impressionnants, d’autres de calculs périphériques plus réactifs, « que reste-t-il de vos amours » demanderaient Claude Blanchard, Fernand Gignac ou les Cardinaux Léger et Roy ?

    Je me suis qualifié de spécialiste des comportements humains après avoir été psychologue pour des raisons personnelles.

    Je me souviens de quelques « lois » découvertes et exposées par Skinner. Rien pour élaborer une utopie, ce qui ne l’a pas empêché de le faire dans son roman Walden Two, que j’ai résumé par chapitre en pratiquant mon anglais.

    Pour être en mesure de prévoir, ça prends des règles. Ensuite, faut calculer. Ce faisant, on ne réduit pas mais on connaît mieux puis révèle.

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  31. the Ubbergeek permalink
    23 avril 2011 18 h 49 min

    Disait-il quelque chose sur inflation mais surtout déflation? Je me demande si, en total cancre, une bonne déflation serait bonne pour le monde…

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  32. 23 avril 2011 19 h 50 min

    «Disait-il quelque chose sur inflation mais surtout déflation?»

    Qui ça, Passet ? Keynes ?

    Passet fait une revue de la pensée économique, philosophique et scientifique. Il ne s’agit pas d’un livre où il donne son opinion (quoiqu’il le fasse parfois).

    L’inflation est un sujet que j’ai dans ma liste de billets, mais j’en ai beaucoup avant celui-là…

    «Je me demande si, en total cancre, une bonne déflation serait bonne pour le monde»

    Réponse : non ! Les seuls cas où la déflation peut être envisagée (et encore), c’est dans les pays qui ont une monnaie commune, comme la Grèce, et ne peuvent donc dévaluer leur monnaie. Et j’insiste, ce n’est pas positif et ça fait mal…

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  33. 23 avril 2011 19 h 57 min

    «Et j’insiste, ce n’est pas positif et ça fait mal…»

    En fait, ce serait mieux pour la Grèce que les autres pays européens connaissent une certaine inflation et qu’elle ait une stabilité des prix et des salaires. Cela serait beaucoup moins douloureux qu’une déflation.

    C’est entre autres une question mathématique. Des taux d’intérêts ne peuvent pas être négatifs ! Avec une déflation, comme le Japon en a connue depuis les années 1990, les autorités monétaires perdent un de leur meilleur outil d’intervention.

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  34. the Ubbergeek permalink
    24 avril 2011 0 h 03 min

    Keynes, oui.

    Merci pour la réponse

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  35. 25 avril 2011 10 h 34 min

    L’homme de science doit accepter que l’artiste soit son maître.

    Que doit-on en conclure étant donné que dans leur couple il était l’homme de science, sa femme l’artiste ?

    – John Maynard Keynes avait le sens de l’amour.

    J’ai lu ceci :

    Grand entretien L’économie de René Passet

    J’ai hâte à vos prochains billets inspirés du livre de René Passet. Merci pour m’avoir intéressé à Keynes, je ne m’y étais jamais attardé. C’est fait. Quelle époque révolue !

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  36. 25 avril 2011 11 h 32 min

    @ Robert Lacahnce

    Merci pour le lien vers l’entrevue de René Passet ! Passionnant ! Même si je l’avais déjà lue… C’est d’ailleurs après l’avoir lue que j’ai décidé de réserver ce livre.

    En voici trois extraits :

    «En exigeant des entreprises des taux de rendement de 15 % de leurs capitaux propres, on inverse la finalité de l’économie. De moyen, la finance devient l’objectif suprême. La rente de l’actionnaire, qui se nourrit des ponctions effectuées sur les autres revenus, conduit systématiquement à réduire les salaires, le nombre d’emplois, la dépense publique, la protection sociale. Le néolibéralisme creuse les inégalités à l’échelle mondiale, place l’argent au-dessus de tout, provoquant une crise du sens et des valeurs, brouille les frontières entre économie « propre » et « sale ». La logique marchande triomphe, englobant la culture, l’éducation, la santé. Le vivant, hier sacré, fait l’objet de brevets. Et les ressources naturelles, surexploitées, sont peu à peu épuisées par la course productiviste.»

    On retrouve ici le sens de certaines des citations de Keynes que j’ai mises dans le billet…

    Ensuite :

    «Contrairement à ce que l’on entend souvent, ce n’est pas une crise de l’économie que nous vivons aujourd’hui. Mais une crise du système néolibéral. Ce n’est pas un phénomène extérieur qui a provoqué la crise des subprimes en 2008, mais la logique propre à ce système, lancé dans une course en avant de plus en plus folle, qui a conduit à proposer des crédits à des populations de plus en plus vulnérables, malgré les avertissements répétés contre les risques de formation de bulles immobilières.»

    Et pour terminer :

    «ceux qui ont pâti du système seront les principales victimes de son effondrement. Mais celui-ci ne se produira que si un nouveau système est en mesure de prendre la place.

    Quel pourrait-il être ?

    Je n’en vois pas d’autre que la bioéconomie. Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la biosphère, c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants et des milieux où ils vivent, conditionnent tout le reste. Incluses dans cette biosphère, les organisations économiques doivent en respecter les lois et les mécanismes régulateurs, en particulier les rythmes de reconstitution des ressources renouvelables. Cela pose évidemment la question devenue cruciale de la « gouvernance mondiale », aucune nation ne pouvant régler, seule, des problèmes d’une telle envergure. »

    «J’ai hâte à vos prochains billets inspirés du livre de René Passet»

    Je suis deuxième sur la liste d’attente… Cela prendra donc un certain temps !

    J’avais failli écrire un billet sur cette entrevue. Mais, je n’aurais dans le fond fait que ce que je viens de faire, citer des extraits… Aussi bien de lire l’entrevue en entier !

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  37. 1 mai 2011 21 h 18 min

    @ Robert Lachance

    Dans un de ses billets d’aujourd’hui (il en publie au moins quatre ou cinq par jour…) Paul Krugman parle justement de la citation de Keynes sur laquelle vous me posiez des questions. Il l’interprète pas mal comme moi, mais de façon plus précise sur la notion de «current affairs», qu’il ne limite pas à une période de récession :

    Citation de Keynes en anglais :

    «But this long run is a misleading guide to current affairs. In the long run we are all dead. Economists set themselves too easy, too useless a task if in tempestuous seasons they can only tell us that when the storm is long past the ocean is flat again.»

    (Le long terme est un mauvais guide pour les affaires courantes. À long terme, nous serons tous morts. Les économistes se fixent une tâche peu utile s’ils peuvent seulement nous dire que, lorsque l’orage sera passé, l’océan sera plat à nouveau.)

    Commentaire de Krugman :

    «That’s an assertion that macroeconomics is grossly incomplete if it can’t say anything about short-run dynamics. It is not an assertion that the long run doesn’t matter. And anyone who asserts that it is demonstrates that he hasn’t gotten Keynes at all.»

    (dans cette citation, Keynes affirme que la macroéconomie est largement incomplète si elle ne peut rien dire sur la dynamique du court terme. Cela ne veut absolument pas dire qu’il considère que le long terme n’a pas d’importance. Et tout ceux qui affirment une telle chose montrent qu’ils n’ont pas compris Keynes du tout.)

    Ce que font bien des adversaires de Keynes…

    http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/05/01/on-not-reading-keynes/

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  38. 3 octobre 2011 23 h 11 min

    Je n’avais jamais entendu ni vu Keynes parler. Voici une vidéo, vue dans le blogue de Krugman, où Keynes se réjouit de l’abandon de l’étalon or par la Grande Bretagne. Bizarre, ce qu’il dit s’est réalisé, et non ce que prévoyaient les classiques…

    The gold cage, j’adore… Avoir su, je l’aurais ajoutée aux citations de ce billet!

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  39. benton65 permalink
    18 mai 2012 18 h 48 min

    Krugman a récemment écrit un article sur l’économie facile: « A long terme, nous serons tous morts. »

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_l-economie-facile-et-inutile-paul-krugman?id=7768221&chroniqueurId=5032403

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  40. 18 mai 2012 21 h 06 min

    @ Benton65

    Oh, Krugman cite cette phrase de Keynes très fréquemment! Mais il faut la citer en entier comme je l’ai fait dans ce billet et comme Krugman l’a presque fait! Les droitistes citent souvent que le bout que tu as souligné pour conclure que Keynes était un «court-termiste», ce qui est bien sûr faux.

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  41. 9 août 2012 2 h 02 min

    « Et il ajoute, de façon prophétique :

    Si nous cherchons délibérément à l’appauvrir, j’ose prédire que la vengeance sera terrible. »

    En lisant cette citation de Keynes, un frisson m’a parcouru le dos! Ce type était un véritable génie! Toutefois, vous avez négligé ma citation favorite : « Les économistes sont présentement au volant de notre société, alors qu’ils devraient être sur la banquette arrière. » Cela va probablement de pair avec l’importance qu’il portait à l’art.

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  42. 9 août 2012 7 h 40 min

    «Toutefois, vous avez négligé ma citation favorite »

    Elle est en effet excellente, mais il faudrait la mettre en contexte. J’ai regardé quelques pages où on la trouve, mais personne n’explique les contexte. Elle serait tirée d’un discours (seule mention trouvée dans la dizaine de pages que j’ai consultées).

    «Cela va probablement de pair avec l’importance qu’il portait à l’art.»

    C’est possible, mais j’en doute. C’est ça le problème avec les citations prises hors contexte, on peut les interpréter comme on veut. On ne sait même pas quand il a dit cela.

    Mon hypothèse serait plutôt que les économistes tentent de mener le monde, alors qu’ils ne devraient que conseiller (ils ne sont quand même pas en dehors de l’auto), En démocratie représentative, ce sont les politiciens qui sont supposés être au volant de la société (avec les citoyenNEs à l’affût!).

    Avec cette interprétation, cette citation serait d’une actualité troublante… Mais, rien ne dit que cette interprétation soit la bonne! Si vous trouvez quelque chose sur le contexte, j’apprécierais que vous nous en fassiez part…

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  43. redrum permalink
    9 novembre 2012 12 h 15 min

    Cher Darwin,
    Quel plaisir de discuter avec un défunt aussi notable et qui en sait autant sur l’économie… surtout lorsque c’est aussi intéressant !

    Plus sérieusement, je vous remercie pour ce billet. Je suis tombée dessus par hasard en cherchant sur le net des infos sur Keynes et la politique conjoncturelle. Bizarrement, ça à l’air d’intéresser beaucoup de monde cette histoire !

    « À long terme, nous serons tous morts. »
    Il est vrai que je connaisait cette citation, mais que partiellement. Je ne suis pas sûre que sans vous j’en aurai bien saisi le sens. Merci pour ces éclairages !

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  44. 9 novembre 2012 13 h 51 min

    @ redrum

    Bienvenue ici!

    Je vous remercie de vos bons mots.

    «Quel plaisir de discuter avec un défunt aussi notable

    J’ai choisi ce pseudo à ma première participation à un débat sur Internet, débat qui portait sur le créationnisme! Je voulais que ma position soit bien claire. Et je l’ai conservé.

    «Je ne suis pas sûre que sans vous j’en aurai bien saisi le sens»

    Comme je le mentionne dans le billet, bien des gens se servent de cette citation pour dénaturer la pensée de Keynes. Il ne croyait pas à des solutions uniques, mais à des solutions adaptées. En période de crise, il faut agir vite, pas attendre le long terme. Sinon, il arrive ce qui arrive en Europe!

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  45. mutshail rutong permalink
    8 décembre 2012 0 h 04 min

    Je suis certains avec tout ce que keynes a dit.

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  46. Gabriel permalink
    19 mars 2013 15 h 33 min

    Écriras-tu un autre billet sur : Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire – De l’univers magique au tourbillon créateur, de René Passet ?

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  47. 19 mars 2013 17 h 19 min

    Ce livre est excellent, un des meilleurs que j’ai lus! Toute une brique, qui en vaut la peine. Je me suis servi de ce livre pour quatre billets (https://jeanneemard.wordpress.com/?s=passet ). Le plus intéressant pour le connaître est https://jeanneemard.wordpress.com/2011/08/02/citations-de-rene-passet-sur-le-neoliberalisme-et-la-bioeconomie/.

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  48. mamadou cellou bah permalink
    1 août 2013 8 h 07 min

    a vrai dire KEYNS EST LE PROPHETE DE LECONOMIE

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  49. 1 août 2013 8 h 12 min

    J’ai énormément de respect pour Keynes, suffisamment pour ne pas le comparer à un prophète, car il n’y a rien de mystique dans ses analyses. Cela dit, d’autres peuvent juger cette comparaison acceptable…

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