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Les arguments étymologiques

12 mai 2011

Par Darwin – Bon, après les débats sur les élections, je ressens le besoin d’aborder un sujet un peu moins sérieux, mais tout aussi intéressant (enfin… presque!). Je reviens donc avec un billet qui s’apparente à la série que j’ai écrite l’an passé sur les expressions qui me tapent sur les nerfs. Ici, ce n’est pas vraiment une expression qui m’embête, mais l’utilisation d’un certain type d’argument.

Je lis et entends de plus en plus souvent des gens prendre l’étymologie comme argument pour faire valoir leur point de vue. Cela me fatigue… Si l’étymologie est une discipline qui m’intéresse souvent et même me passionne parfois, je ne vois vraiment pas en quoi le sens qu’on donnait à un mot il y a 2000 ans a quoi que ce soit à voir avec la pertinence d’un argument, surtout si le sens du mot en question a évolué et ne correspond plus à ce qu’il voulait dire à l’époque. Voici quelques exemples de ces arguments tirés par les cheveux… jusqu’à la racine!

Radical

Combien de fois n’ai-je pas entendu des gens dire qu’ils se glorifiaient de se faire qualifier de radical? En effet, disent-il, le mot radical vient d’un mot latin (radix) qui signifie racine. Être radical, serait donc pour les radicaux revenir à la racine des choses. Comment peut-on être contre ça? Et la foule d’applaudir le sens profond de cet argument…

Comment, en effet, peut-on être contre ça? En réalisant qu’il y a plusieurs sens au mot radical! S’il est vrai que ce mot peut vouloir dire «Relatif à la racine, à l’essence de quelque chose», en politique, son premier sens est «Qui est fondé sur, qui exprime, professe le radicalisme», et le radicalisme est une «Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu’au bout de la logique de ses convictions».

Et dans le langage courant, un radical est souvent un extrémiste intransigeant… Que vient faire le retour à la racine des choses là-dedans? Rien… Si la personne veut expliquer pourquoi elle ne veut accepter aucun compromis, soit. Mais qu’elle ne me parle pas de racine!

Économie

Dans les critiques de ce qu’est devenue l’économie de nos jours, j’entends et lis souvent qu’il faut se rappeler que ce mot vient du grec oikonomía qui voulait dire « gestion de la maison ». Même si je suis d’accord avec le fait que trop de gens, dont bien des économistes, ont une vision bien limitée de l’économie, souvent uniquement centrée sur les échanges marchands, je ne vois vraiment pas ce que rajoute le fait que ce mot voulait dire autre chose en grec ancien, il y a plus de 2000 ans!

Désolé, mais un seul des nombreux sens qu’on donne aujourd’hui à ce mot a un rapport avec ses origines («Art de gérer sagement une maison, un ménage, d’administrer un bien») et ce n’est vraiment pas celui auquel on pense quand on parle de l’économie capitaliste!

Bref, oui, contestons la vision réduite qu’on accorde de nos jours à l’économie, contestons l’économisme, mais pas en raison du sens accordé à ce mot il y a plus de 2000 ans, mais bien parce qu’il limite la vie en société à un aspect bien réducteur!

Agnostique et athée

J’ai lu fréquemment des croyants prétendre que les agnostiques et les athées sont des gens négatifs, car, entre autres, il n’y a aucun mot français pour les désigner autrement que par l’absence (le préfixe «a» veut dire «sans» ou «pas») de croyance… En plus, ils doivent toujours répondre par la négative quand on leur demande s’ils croient en un dieu. Wow, je suis confondu…

Et ceux qui NE croient PAS au Père Noël, y a-t-il un moyen de les nommer positivement? En plus, il existe des termes qui ne sont pas négatifs pour traduire la notion d’athée : libre penseur, sceptique, esprit fort, etc. Mon terme favori est mécréant, même si son préfixe est ici encore négatif… Mais même s’il n’y avait pas de terme non négatif pour traduire ce concept, qu’est-ce que ça prouverait? Que les religieux ont toujours été majoritaires et que la langue française n’évolue pas suffisamment, c’est tout.

Personne

Le mot personne vient du latin persona qui signifie «masque de théâtre». Que pouvons-nous bien en conclure… Ne négligeons jamais l’imagination des gens! Dans un article récent paru dans le Devoir, un lecteur fait le lien entre cette origine étymologique et le fait que les politiciens utilisent la langue de bois, mettent donc un masque!

Fort, très fort…

Canari

Dans un des livres que j’ai lus de Henriette Walter, une linguiste française réputée, j’ai appris d’où venait le mot qui désigne le volatile qui enjolive ce billet, soit le canari. Devinez? Du nom des îles d’où on les a découvert, les îles Canaries. C’est plate, hein? Mais d’où vient le nom de ces îles? Non, pas du nom de cet oiseau… mais bien du nom de ces îles en latin, soit les Canariae Insulae ce qui veut dire… les îles aux chiens!

Or, à quoi sert cette information pour mieux connaître les canaris? À rien! Non, ils n’aboient pas et ne sont pas les meilleurs amis de la femme! Et ce ne sont pas leurs habiletés canines qui les rendaient si précieux dans les mines

Et alors…

L’étymologie est une discipline passionnante. La lecture des livres de Henriette Walter est pleine d’enseignements (quoique j’ai trouvé le deuxième que j’ai lu un peu répétitif). On y voit des emprunts linguistiques récents avoir un sens totalement différent du sens accordé à ce même terme dans sa langue d’origine. Et c’est aussi souvent le cas de l’origine grecque ou latine qu’ont la majorité des mots français.

L’utilisation de l’étymologie dans un argument n’est en fait qu’un sophisme un peu démagogique qui ne vise qu’à déplacer l’objet d’un débat et même à l’éviter. Comme c’est le cas de bien des sophismes, son utilisation est souvent attrayante et donne une aura scientifique à l’argument. Or, comme tout sophisme, cet argument n’est qu’un écran de fumée…

30 commentaires leave one →
  1. koval permalink*
    12 mai 2011 7 h 35 min

    La première fois que j’ai rencontré l’utilisation de « radical » que tu propose, c’est dans l’expression « féminisme radical ».

    Donc l’utilisation de ce sens du mot « radical » provient des universités. Mais bon, c’est mélangeant pour rien…

    « 4- LE FEMINISME RADICAL : LA GRANDE «RUPTURE»

    Même si les traditions de pensée libérale et marxiste ont été déterminantes dans la formation et l’évolution du néo-féminisme en Occident, il n’en reste pas moins que l’émergence d’une pensée féministe radicale constitue la grande «rupture» opérée par le néo-féminisme à la fin de la décennie 1960. «Radical» signifiait qu’on entendait remonter, dans l’explication de la subordination des femmes, «à la racine» du système. Le système auquel on faisait référence n’était pas, comme chez les marxistes, le système économique, mais le système social des sexes, qu’on nommera patriarcat. «Radical» signifiait surtout qu’on allait assister à une toute nouvelle façon de penser les rapports hommes-femmes, étrangère aux explications libérale ou marxiste, et se présentant comme «autonome», et sur le plan de la pensée, et sur le plan de l’action. »

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  2. 12 mai 2011 8 h 19 min

    «c’est dans l’expression « féminisme radical ».»

    Elles semblaient bien en général assumer l’aspect «sans compromis» du terme. Par contre, je ne comprends pas vraiment l’intérêt, ici encore, de parler de remonter à la racine du système…

    Quant à la «nouvelle façon de penser les rapports hommes-femmes», je ne vois vraiment pas ce que la notion de «radical», qu’on l’interprète par son côté «racine» ou «sans compromis» vient y faire.

    «Mais bon, c’est mélangeant pour rien… »
    En effet !

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  3. koval permalink*
    12 mai 2011 13 h 45 min

    Canari ?!?!?

    Par ché nous on dit un s’rin!

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  4. 12 mai 2011 17 h 44 min

    «Par ché nous on dit un s’rin!»

    C’est en effet le même oiseau. Le nom «serin» vient de «sirène», car le chant des canaris (ou serins) seraient aussi envoûtant que celui des sirènes. En fait, les serins que je croise parfois ne m’envoutent pas du tout (je préférais faire ce gag plate avant que d’autres s’en chargent de façon moins élégante…) !

    Mais, l’étymologie des canaris va mieux avec mes propos,, le résultat (canari) venant de deux sources consécutives et n’ayant aucun rapport avec la source la plus ancienne (chiens).

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  5. the Ubbergeek permalink
    12 mai 2011 19 h 35 min

    Les américains appeleraient cà un ‘pet peeve’..

    Athée=/=rationel. Et =/=libre penseur, urgh.

    on peut être athé ET religieux. Spirituel. Superticieux. Etc.

    Il y a des religions moins connus qui peuvent être athées-agnostiques. Le Jainisme par example, une religion qui est du même moule que le Bouddhisme, même origine des penseurs critiques contre le Védisme (ancêtre de l’Hinduisme moderne). Il y a des êtres Éveilés avex des qualités comme le Bouddha,. mais pas de dieu.

    Le Taoisme et le Bouddhisme n’ont pas de Dieu, n’a pas de Dieu comme YHVH (mais des dieux dans le sens paien, peut-être).

    Je me rappelle aussi d’un report ethnographique sur une ile du pacifique avec un peuple ‘supersticieux’, mais sans vrai dieux dans leurs mythes; shamanisme ‘primitif’.

    Et puis aussi, le sujet d’un monde magique mais sans Dieux est populaire dans la Fantasy moderne. Des esprits, des élémentaires, etc… Mais pas de Dieux, ca se peut; Athas, le fameux monde de Dark Sun, créé pour le jeu D&D, en est un example éclatant.

    Athéé =/= Irreligieux ou rationel. Grave erreur.

    De l’autre coté, des croyants sont progressistes, rationels, etc.. Pour l’homosexualité, la liberté de pensées, pro-science, etc…

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  6. 12 mai 2011 20 h 16 min

    @ The Ubbergeek

    Je n’avais pas du tout l’intention de débattre de religion avec ce billet. Personnellement, je suis agnostique et je n’ai rien contre les religieux. Je les respecte en autant qu’ils fassent de même, ce qui n’est pas évident.

    Ici, tout ce que je conteste, c’est la pauvreté d’un argument basé sur l’éthymologie ou sur la construction d’un mot, de la même façon que je trouve l’argument sur l’éthymologie du mot «économie» ridicule, même si je suis d’accord pour dénoncer l’économisme. Mon billet porte sur les arguments, pas sur les sujets de mes exemples. Mais, bon, si vous voulez en parler, ne vous gênez pas !

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  7. 13 mai 2011 11 h 35 min

    @Darwin

    Henriette Walter – dont « L’aventure des langues en occident » demeure l’un de mes livres de chevet de prédilection – serait française? Je la croyais belge.

    Le monde est parfois bien petit. Alors que je citais à une amie de Bucarest un extrait de son « L’aventure… » portant sur sa langue maternelle, le roumain, quelle ne fut pas ma surprise de lire qu’elle-même participait, avec entre autres Henriette Walter, à un projet multi-national sur la diffusion de la langue française en Europe. Les deux femmes se rencontraient alors au moins une fois par mois!

    = = =

    Tous les mots ne peuvent s’expliquer par leur origine; parfois, le sens contemporain finit par s’éloigner passablement de celui du mot latin d’origine.

    Est-il capital d’instaurer la capitation, dans nos capitales capitalistes, et de punir le refus de s’y conformer par la peine capitale et la saisie du capital? Qu’en pensez-vous, mon capitaine?

    Sept mots débutant par « capita »… mais dont le sens a beaucoup évolué depuis que les Romains utilisaient ce dernier terme (en italique) dans le sens de TÊTE. Maintenant qu’on ne coupe plus la tête des meurtriers, dans certains États américains, on continue de parler de « peine capitale »… par extension.

    = = =

    Quand mes interlocuteurs se montrent à cet égard trop obtus, je leur rappelle que si la racine canine et la dent du même nom ont une origine (étymologique) commune, comment expliquer que les Danois utilisent le mot « KANIN » pour nommer un animal qui ne possède pas de canines?

    C’est du lapin qu’il s’agit…

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  8. 13 mai 2011 15 h 20 min

    N’oublions pas ce transcendant argument souverainiste soulignant avec impertinence que province provient de « pro victis », signifiant « pour les vaincus ». Les souverainistes en question ne semblent pas réaliser qu’il y a dix provinces au Canada.

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  9. 13 mai 2011 17 h 49 min

    @ Papitibi

    «Je la croyais belge.»

    Selon wiki, elle est «une linguiste française» née en Tunisie.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Walter

    «dont le sens a beaucoup évolué depuis que les Romains utilisaient ce dernier terme (en italique) dans le sens de TÊTE. »

    Vous avez bien saisi ce que je tentais de démontrer dans ce billet. Un droitiste pourrait bien ce servir de cette étymologie pour dire qu’une personne qui se sert de sa tête est automatiquement capitaliste !

    «C’est du lapin qu’il s’agit…»

    Ça ressemble à mon exemple des canaris, sauf que le mien fait une virevolte dans une seule langue !

    @ Déréglé

    «soulignant avec impertinence que province provient de « pro victis », signifiant « pour les vaincus »»

    J’ai souvent entendu que le mot «province» désignait à l’origine des régions administratives des régions annexées par l’empire romain, mais ne savais pas que ça venait de ces mots latins. C’est très logique…

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  10. the Ubbergeek permalink
    13 mai 2011 18 h 48 min

    Tout cà me rapelle un de mes profs de philos… On a rien foutus ou presque actuellement en cours comme cours en tant que tel, mais je crois avoir apris pas mal… comme l’importance des fois de regarder les mots, leur origine and éthymologie en effet…

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  11. the Ubbergeek permalink
    13 mai 2011 18 h 49 min

    On dirait bien une ‘pied-noire’…

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  12. 13 mai 2011 21 h 03 min

    «comme l’importance des fois de regarder les mots, leur origine and éthymologie»

    Tout à fait, j’ai écrit que j’adore étudier l’étymologie et lire à ce sujet. C’est passionnant. Mais, on y apprend justement que le sens des mots d’aujourd’hui peuvent être très différent de leurs origines. Donc, utiliser ce sens ancien comme argument est malhonnête…

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  13. 13 mai 2011 23 h 52 min

    Y a même des cocos – ethnocentristes – qui croient parfois possible d’affirmer que la ressemblance, dans telle langue, de deux mots par ailleurs étrangers l’un à l’autre par leur origine, peut signifier quelque chose!

    Le problème, c’est que ces liens artificiels (et factices) que certains ont cru voir en allemand ou en italien, ils n’existent plus quand on parle une autre langue…

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  14. 14 mai 2011 0 h 19 min

    Un autre problème se pose par ailleurs avec les racines des mots.

    Moi, je veux bien qu’on essaie de simplifier l’ortograf. Je veux bien (?) qu’on écrive FILOSOFIE au lieu de PHILOSOPHIE. D’un autre côté, ce faisant, on perd le lien entre le mot et ses sources, et on se prive ainsi du plaisir d’en deviner le sens simplement à regarder un mot comme… ichtyologie. C’est un exemple que je répète souvent au soutien des arguments qu’il m’arrive de soulever contre cette sinplificassion de l’ortograf et en faveur de l’étude des racines. Ichty… = science des poissons.

    Quand t’as étudié le latin, c’est pas mal plus facile de lire des textes en italien, en espagnol ou même en roumain (le roumain a des origines mixtes, romanes et slaves, et il est la seule des langues romanes à « décliner » les mots, comme dans rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa… Pour les plus jeunes (tous?): j’aime la rose, amo ROSAM; la rose est belle: ROSA pulchra est. L’orthographe varie en fonction du rôle (sujet, complément, etc) du mot dans la phrase…

    Ça m’a aidé, quand j’en ai eu besoin. Mais, avant que j’en aie besoin, ça avait pris 40 ans et +, mautadine

    Ah, la cultivance!

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  15. 14 mai 2011 7 h 31 min

    «Quand t’as étudié le latin»

    J’ai étudié le latin, mais pas le grec. Les racines de ichtyologie sont grecques, pas latines !

    Quant à la simplification de l’orthographe, je suis déchiré entre les avantages et les désavantages.

    Pourquoi «imbécillité» prend-il deux «l» ? Il n’y a aucun motif étymologique dans ce cas, ce n’est qu’imbécile…

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  16. 14 mai 2011 11 h 54 min

    Moi non plus, j’ai pas étudié le grec… enfin, pas officiellement. Mais ça ne m’avait pas empêché d’apprendre une bonne base de racines grecques, non pas par obligation académique, mais pour mon plaisir personnel.

    Pour le reste, je suis d’accord: les anachronismes devraient sauter. Pourquoi dit-on RÈGLEMENT (accent grave) et RÉGLEMENTER (accent aigu)? Pourtant, rÉglementer, c’est promulguer un rÈglement.

    Puisque cette paire de pères (qui sont mes pairs) n’ont pas nécessairement les yeux pers, malgré leur nombre pair… je pense que de simplifier l’orthographe pourrait créer parfois plus de problèmes que ça n’apporterait de solutions. Sans compter ces maires amers qui jettent à la mer les enfants qui ont été séparés de leur mère.

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  17. 14 mai 2011 12 h 24 min

    «ces maires amers qui jettent à la mer les enfants qui ont été séparés de leur mère. »

    Le cou entouré d’un vair, j’ai pris un verre vert pour mettre mes les vers de terre trouvés sur les berges de la Vair…

    Ça me fait penser à un vieux gag verbal, plus difficile à écrire qu’à dire :

    Un sot tombe dans l’escalier, portant un seau et un sceau. Comment écrit-on la phrase suivante : «Les trois seaux (ou sceaux ou sots) ont dévalé l’escalier ?

    Quand on ne connaît (quel ^ idiot !) pas la réponse, on peut faire un saut !

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  18. 14 mai 2011 14 h 44 min

    Pour la simplification de l’orthographe, bon, je pense que Filo au lieu de Philo, ça fait juste nous rapprocher de l’espagnol. Ça fera disparaître quelques hispanismes qui commencent à se glisser dans mon orthographe (un seul cas dûment documenté à ce jour, mais sérieux indice que ce cas n’est pas isolé).

    Par contre, je me souviens avoir lu différents articles qui montraient assez bien que « simplification » trop rapide risque de mener à la création d’exceptions supplémentaires et, finalement de ne pas simplifier tant que ça.

    Je grince des dents aussi quand je vois l’accentocentrisme parisien prendre les rênes de la réforme. Quand j’entends dire que l’accent circonflexe ne sert à rien parce que, soi-disant, on prononce « o » et « ô » (ou « a » et « â » ou « è » et « ê ») de la même manière, ça m’énarve. Parce que c’est pas vrai dans l’accent québécois, et que ce n’est pas vrai non plus dans plein d’accents régionnaux en France. À preuve, on utilise très largement l’accent circonflexe dans les dialogues quand on veut marquer certaines variations dans la prononciation. Titeuf, il dit toujours « c’est pô juste ». Pourquoi supprimer l’accent circonflexe? c’est une suppression qui appauvrirait notre langue écrite.

    « Pourquoi «imbécillité» prend-il deux «l» ?  »

    chépa. Une arnaque de moine copiste? faudrait voir si ce mot existait à l’époque.

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  19. 14 mai 2011 14 h 50 min

    «Une arnaque de moine copiste?»

    «Du latin imbecillitas (« manque de force physique et de réflexion »).
    La graphie recommandée par l’Académie française (orthographe rectifiée de 1990), avec un seul l, rompt avec l’étymologie, mais réintroduit la cohérence avec l’orthographe d’imbécile (écrit avec un seul l depuis l’édition de 1798 du dictionnaire de l’Académie française)»
    http://fr.wiktionary.org/wiki/imb%C3%A9cillit%C3%A9

    Dans le fond, selon cet article, c’est «imbécile» qui devrait prendre deux «l» ! Quoique… pourquoi imbecillitas avaient deux «l» ?

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  20. 14 mai 2011 14 h 51 min

    cela étant, je voudrais souligner que ma blague sur les moines copistes est une blague sur un cliché. Dans les vieux textes (encore que je n’ai pas eu l’occasion d’en lire beaucoup du Moyen Âge), je vois plus souvent des abbréviations que des mots allongés.

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  21. 14 mai 2011 15 h 03 min

    «ma blague sur les moines copistes est une blague sur un cliché»

    Merci de l’avoir expliquée, sinon pas grand monde l’aurait comprise ! Pas moi, en tout cas !🙂

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  22. 14 mai 2011 16 h 17 min

    La langue française a évolué du latin « schola » (comme dans Ste-Scholastique) vers le vieux français « escole ». Avec le temps, l’accent aigu a remplacé ES, et on a eu ÉCOLE.

    C’est un peu dommage, dans un sens. Car le français perd ainsi le contact avec les langues cousines et même avec les langues germaniques et les langues slaves. School, skole (danois), školy (slovaque), escuela (espagnol), scuola (italien), szkoły (polonais)…

    Quand le mot espagnol ressemble plus au terme polonais équivalent qu’à son pendant en langue française, je trouve ça inquiétant!😉

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  23. 14 mai 2011 17 h 12 min

    Le mot épagnol ? S’t’une langue de chien ?😉

    On respecte beaucoup plus les orignies des mots dans les noms propres…

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  24. 14 mai 2011 17 h 22 min

    « «ma blague sur les moines copistes est une blague sur un cliché»

    Merci de l’avoir expliquée, sinon pas grand monde l’aurait comprise ! Pas moi, en tout cas !🙂  »

    En fait, beaucoup de monde pense que la langue française multiplie les doubles lettres et les complications par la faute des moines copistes qui, paraît-ils auraient été payés à la lettre, et auraient donc augmenté le nombre de lettres dans les textes copiés.
    Pas complètement impossible, mais faudrait m’expliquer pourquoi ce phénomène ne s’est pas produit dans toutes les langues où il y a eu des moines copistes. Par ailleurs, comme je dis, je vois beaucoup d’abbréviation dans les vieux textes.

    Mais ça ne m’empêche pas de me référé au cliché de temps en temps.

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  25. youlle permalink
    14 mai 2011 19 h 06 min

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.

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  26. 14 mai 2011 19 h 49 min

    «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué.»

    Ben, comme ça tu peux avoir l’air d’un intellectuel quand tu connais bien les codes, te sentir supérieur aux jeunes «qui ne savent pas écrire» et chialer contre notre système d’éducation «qui était tellement meilleur avant»…

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  27. 14 mai 2011 21 h 28 min

    Texte profond. Bravo!

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  28. 14 mai 2011 22 h 39 min

    «Texte profond. Bravo!»

    Vraiment ? Ah bon, merci !

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  29. Paco permalink
    23 août 2012 21 h 31 min

    Oui bon texte! ça fait réfléchir merci

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