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La productivité dans le secteur public

25 juillet 2011

Personne efficace à qui un économiste a demandé de devenir productive…

Par Darwin – Je croyais en avoir terminé avec ma série de billets portant sur le PIB. Or, dans le dernier de ces billets, j’ai probablement décrit trop rapidement les problèmes de concepts et de calculs de la productivité dans le secteur public, puisque de nombreux commentaires portaient sur cette question. J’y reviens donc sur ce sujet plus en détail ici.

Je soulevais entre autres la confusion qu’on peut observer dans les recommandations des économistes qui pressent le gouvernement de hausser la productivité de ses employés – sachant qu’on définit la productivité en fonction de la valeur monétaire produite par heure de travail – tandis qu’ils semblent plutôt vouloir qu’il améliore l’efficacité des services des employés gouvernementaux. Ils veulent en fait que ces employés rendent des services d’une qualité au moins aussi bonne qu’actuellement, mais avec moins d’heures travaillées, ce que nous appelons depuis des années «faire plus avec moins».

Mon intention ici n’est pas de discuter sur la pertinence de «faire plus avec moins» (j’aurais bien des choses à dire à ce sujet…), mais bien de montrer le plus clairement possible que l’amélioration de la productivité dans le secteur public ne débouche pas nécessairement sur une hausse de l’efficacité, bref que ces deux termes ne sont pas interchangeables et encore moins synonymes.

La productivité dans le secteur non-commercial

Statistique Canada produit de nombreuses données sur la productivité. Certaines d’entre elles touchent l’ensemble de l’économie (calculée en divisant le PIB réel par le nombre d’heures travaillées), tandis que d’autres ne sont disponibles que pour le secteur des entreprises (productivité par secteur industriel, productivité multifactorielle, etc.). Pour le secteur des entreprises, Statistique Canada calcule la productivité à partir de la valeur ajoutée de la production de ces secteurs (pour plus de précision, voir Mesures de la productivité et des variables connexes).

Statistique Canada ne peut pas calculer la productivité du secteur non-commercial avec la même méthode, car il est par définition impossible de calculer la valeur monétaire de sa production. Il définit en effet ainsi ce secteur :

Le secteur non commercial regroupe les établissements qui offrent la majeure partie de leur production à autrui gratuitement ou à des prix qui n’exercent pas une influence significative sur les quantités que les producteurs sont prêts à offrir ou sur les quantités que les consommateurs désirent acheter.

Le secteur non-commercial comprend «les administrations publiques, la production des ménages privés, l’imputation des loyers aux logements occupés par leurs propriétaires, ainsi que les activités des organismes sans but lucratif» (voir le bas de la page 12 et le haut de la page 13).

Dans le billet précédent sur la productivité, j’ai mentionné que «la meilleure façon d’augmenter «la valeur produite par heure travaillée» [dans le secteur gouvernemental] est… d’augmenter les salaires!». En effet, comme Statistique Canada ne peut pas calculer la productivité du secteur non-commercial par la valeur monétaire de la production, il doit trouver une autre méthode, ce qu’il a fait :

Le PIB non commercial est estimé principalement à partir des salaires et traitements du secteur de même que d’une partie modeste du rendement du capital qui est mesurée au moyen d’estimations de la dépréciation.

Comme le secteur gouvernemental (y compris les secteurs publics de la santé et de l’éducation) fait partie du secteur non-commercial, son PIB est calculé «principalement à partir des salaires et traitements». Sa productivité est donc en premier lieu fonction du niveau des salaires, comme je le disais dans le billet précédent.

Conséquences de la méthode de calcul de la productivité dans le secteur public

Je reviens à la déclaration de l’économiste Pierre Fortin sur «L’urgence d’augmenter la productivité gouvernementale» (page 14). Voici un extrait de sa déclaration plus complet que celui que j’avais présenté dans le billet précédent:

Il faudrait également tout tenter pour ralentir les dépenses en abaissant les coûts de production des services publics (l’approche intelligente) plutôt qu’uniquement en réduisant leur volume et leur qualité (l’approche stupide). L’urgence d’augmenter la productivité gouvernementale au moyen d’une révision en profondeur des façons de faire plutôt que d’ajustements marginaux est particulièrement évidente dans le secteur de la santé et des services sociaux.

On voit bien que son objectif est de faire baisser les coûts tout en conservant la même qualité de service, ce qui correspond exactement à la définition d’efficacité que j’ai donnée au début de ce billet. Par contre, s’il veut vraiment faire augmenter la productivité de ce secteur en appliquant la définition qu’il a lui-même donnée à ce concept deux pages plus loin (page 16) dans ce même document, soit «la valeur produite par chaque heure travaillée», le meilleur moyen est en effet d’augmenter les salaires moyens, puisque, je le répète encore pour que ce soit bien clair, le PIB du secteur public est calculé «principalement à partir des salaires et traitements». On peut aussi faire augmenter la «partie modeste du rendement du capital qui est mesurée au moyen d’estimations de la dépréciation», comme mentionné plus haut, mais l’effet serait bien moindre.

Au cas où ce ne soit pas évident, je précise d’emblée que la suite, tout en étant rigoureuse (enfin, je l’espère!), est tout à fait ironique…

– Augmenter la dépréciation

Même si cela ne représente que la plus petite partie de l’estimation du PIB du secteur public, il est intéressant de regarder ce qui peut être fait du côté de la valeur monétaire de la dépréciation. On peut par exemple acheter des immeubles plus gros (surtout plus chers!) qui feront augmenter la dépréciation, donc le PIB du secteur. Comme le nombre d’heures travaillées demeurerait fixe, le PIB par heure travaillée, donc la productivité augmenterait. Est-ce ça que M. Fortin vise? Manifestement pas… À l’inverse, on pourrait payer moins pour les immeubles, mais cela ferait baisser la productivité!

On peut aussi investir davantage en technologie. Cela permettrait probablement cette fois d’atteindre à la fois une hausse de la productivité (comme dans l’exemple précédent, grâce à une hausse de la valeur monétaire de la dépréciation) et de l’efficacité (service égal ou meilleur avec moins d’heures travaillées). Par contre, cela ferait aussi baisser les sommes payées en salaires, ce qui annulerait la hausse de productivité découlant de la baisse d’heures travaillées. Que voulez-vous, il n’y a pas de solution parfaite pour améliorer la productivité dans ce secteur…

Plus sérieusement, c’est ce que le gouvernement tente de faire depuis des années, par exemple en investissant dans l’informatisation du dossier médical. L’idée est bonne, mais, étant donné que cet investissement n’a apporté jusqu’à maintenant que des dépenses, comme on peut le lire dans cet article, il n’a finalement entraîné qu’une hausse de la productivité (par la hausse des dépenses par heure travaillée), mais aucun gain d’efficacité. Ça ne doit pas être non plus ce que Pierre Fortin espérait d’un gain en productivité…

– Augmentation des salaires moyens

On peut faire augmenter des salaires moyens de différentes façons. La façon la plus classique est d’augmenter les salaires de tout le monde lors d’une négociation. Cela ferait indéniablement augmenter le PIB par heure travaillée, donc la productivité. Je me répète encore, cela ne doit pas être non plus ce que recherche M. Fortin, car son objectif est de contrôler les coûts…

Une autre méthode pour augmenter les salaires moyens est d’embaucher plus de professionnels et moins de personnel moins payé. Les hôpitaux ont fait cela en faisant diminuer la fréquence de nettoyage. Cela a entraîné une hausse des maladies nosocomiales

Selon le syndicat, le Canada n’arrive pas à régler le problème, tout simplement parce qu’il dépense moins que par le passé dans le nettoyage des chambres (…)

Bon, cette solution fait augmenter la productivité, mais pas l’efficacité. Autre solution à rejeter…

L’informatisation permet aussi de faire diminuer le nombre d’emplois administratifs les moins bien payés, donc d’augmenter le salaire moyen du secteur public et, par voie de conséquence la productivité. Si cette mesure a bien fonctionné dans les années 1980 et 1990, faisant à la fois augmenter la productivité et l’efficacité, elle est moins fructueuse depuis quelques années, comme l’a montré l’exemple sur l’informatisation du dossier médical tantôt.

Finalement, le secteur public pourrait n’embaucher que des cadres. Comme ils ont un salaire moyen plus élevé que les membres des autres corps professionnels, la productivité augmenterait en flèche. L’efficacité elle? Euh… Pierre Fortin ne voulait sûrement pas ça, encore une fois. Alors, que voulait-il? La réponse la plus simple est de penser, comme j’en ai émis l’hypothèse dans le billet précédent, qu’il a confondu le sens des mots productivité et efficacité, ce qui correspond tout à fait avec l’idéologie de l’école de pensée économique à laquelle il appartient…

Et alors…

En écrivant ce billet, j’avais deux objectifs. Tout d’abord montrer sans l’ombre d’un doute que l’efficacité et la productivité sont deux choses différentes, allant parfois de pair, mais souvent en sens opposé. Ensuite, je voulais qu’on réalise que la productivité, comme bien des indicateurs, est un indicateur stupide et même parfois ridicule. Attention, cela ne veut pas dire que la productivité est une donnée inutile, mais seulement qu’elle ne veut dire que ce qu’elle dit, pas ce qu’on voudrait qu’elle dise.

Utilisé seul, cet indicateur, comme bien d’autres, peut nous faire penser que la situation est à l’opposé de ce qu’on croit qu’il indique. Tout indicateur ne fait qu’indiquer. Le considérer sans faire de lien avec d’autres éléments d’information nous mène souvent à prendre des vessies pour des lanternes…

21 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 11 h 55 min

    Les propositions de François Legault en éducation, est-ce que ça accroîtrait la productivité ou l’efficacité ?

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  2. 26 juillet 2011 13 h 27 min

    @ Richard Langelier

    «Les propositions de François Legault en éducation, est-ce que ça accroîtrait la productivité ou l’efficacité ?»

    Ça dépend lesquelles! Chose certaine, et vous le savez, la hausse des salaires ferait augmenter la productivité. Quand à l’efficacité, j’aurais besoin d’un billet complet pour analyser l’effet de ces propositions! Et ce ne serait qu’une opinion…

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  3. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 14 h 03 min

    @ Darwin
    François Legault prétend qu’il s’agit d’un jeu à somme nulle. On augmente la rémunération des bons enseignants en congédiant les mauvais. Cette épée de Damoclès sur la tête d’un prof qui doit enseigner à des élèves en difficulté me rappelle cette remarque du socialiste Louis Blanc, dans un tout autre contexte [1] : « que voilà une pauvre idée, c’est vouloir remplacer les eunuques par les hermaphrodites! ».

    Pierre Fortin et François Legault ne sont pas les seuls à croire qu’avec un bon coffre d’outils et un bon livre de géométrie, et on peut mesurer le monde, voire le soulever. L’humilité devant la complexité du réel est souvent oubliée, tant à droite, au centre qu’à gauche.

    [1] Proud’hon voulait introduire la concurrence entre les entreprises autogérées.

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  4. 26 juillet 2011 15 h 05 min

    «François Legault prétend qu’il s’agit d’un jeu à somme nulle. On augmente la rémunération des bons enseignants en congédiant les mauvais.»

    Je n’ai lu nulle part qu’il prétendait qu’il s’agissait d’un «jeu à somme nulle», mais peut-être a-t-il dit qu’il s’agissait d’une accord «donnant-donnant» (on augmente vos salaires, mais vous laissez tomber la sécurité d’emploi).

    «Cette épée de Damoclès sur la tête d’un prof qui doit enseigner à des élèves en difficulté»

    …est une bien mauvaise idée!

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  5. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 15 h 50 min

    @ Darwin

    Vous ne travaillez pas vous? Je croyais que les happy few qui peuvent écrire le jour sont les sans-emploi de Montréal qui ne peuvent aller rouler les jours de pluie [1] ou ceux qui se prélassent avec blue-jeans sur la plage, parce qu’ils n’enseignent à nos enfants que 8 mois par année.

    J’ai compris que François Legault ne proposait pas d’augmentation de revenus de l’État, que ça se paierait tout seul.

    En réalité, je voulais indiquer que j’étais d’accord avec votre billet, sans basse flatterie, puisque je ne vois pas qui pourrait péter les plombs contre moi, sauf si le chapeau lui fait.

    [1] et qui ne sont pas assez masochistes pour revoir la défaite des Alouettes. Je ne lancerai pas un débat sur le football à 3 ou 4 essais, ni sur le fait qu’en Europe, ils jouent ça avec les pieds. J’ai failli provoquer une 3e guerre mondiale en écrivant le mot « pétition ».

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  6. 26 juillet 2011 18 h 02 min

    @ Richard Langelier

    «J’ai compris que François Legault ne proposait pas d’augmentation de revenus de l’État, que ça se paierait tout seul.»

    À http://www.coalitionavenir.org/files/Texte_consultation_education_final.pdf, au bas de la page 4, on peut lire :

    «Nous estimons que ces mesures coûteraient collectivement environ 950 millions $ par année»

    Le calcul du financement est à la page 7 :
    – baisse des frais d’exploitation d’Hydro-Québec (sans aucune explication!) 600 miilions $;
    – abolition des commissions scolaires, remplacées par 39 nouvelles directions régionales (page 5) et transferts de responsabilité au écoles *ce qui ne coûterait rien, bien sûr…), ce qui permettrait une économie de 50 % (!) de leurs coûts, soit 280 millions $
    – gel des subventions aux écoles privées (ah, un pas dans la bonne direction…) 60 millions $
    – Fermeture du siège social de l’Université du Québec (comme il ne se fait rien là, semble-t-il, pas besoin de transférer ce qui ne se fait pas…) 10 millions $

    Je me demande pourquoi on ne va pas chercher ces 950 millions $ sans hausser les salaires des enseignants (le 950 millions $ servirait aussi à quelque autres ajouts (page 4), ça a l’air tellement facile!

    «J’ai failli provoquer une 3e guerre mondiale en écrivant le mot « pétition ».»

    Je ne me rappelais plus que vous étiez à l’origine de ce quasi nouveau débat!

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  7. the Ubbergeek permalink
    26 juillet 2011 19 h 26 min

    Le sport pro, c’est pas une illusion du capitaliste, un opium pour le peuple pour le détourner des vrais problèmes? 😉

    Je blague, mais cependant, quand on vois la saga du stade et de Régis ‘Roi des Belges’ Labeaume, Marx et cie avaient peut être pas tout à fais tord…

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  8. 26 juillet 2011 19 h 42 min

    @ the Ubbergeek

    «Le sport pro, c’est pas une illusion du capitaliste, un opium pour le peuple pour le détourner des vrais problèmes?»

    Tant qu’on ne considère pas le sport professionnel comme une religion, le concept de Marx ne s’applique pas! Et même si le sport professionnel en distille un tout petit peu, je vais l’inhaler avec plaisir! Mais pas trop!

    Ça évite de se prendre trop au sérieux…

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  9. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 19 h 42 min

    On peut tenter de quantifier les coûts de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Il y a évidemment des impondérables. Certains ne sont pas dramatiques. Je suis surpris qu’il y ait foule lorsque je fais un mini-marché le samedi après-midi. Je réalise que je vis dans un autre temps que la majorité. Lorsque je suis allé chez un ami à la campagne, il m’a expliqué les conventions de la maison : laisser la porte de la salle de bains entre’ouverte en la quittant pour laisser le message qu’elle était libre. J’ai oublié. Son fils s’en est plaint. Il a dû lui expliquer : « Imagine, si tu vivais seul depuis 25 ans… ». D’autres le sont : cercle vicieux, perte d’estime de soi, dépression, etc. Par exemple, je me suis senti coupable d’avoir provoqué un quasi-débat sur les pétitions. (Quelqu’un de plus jeune plus fou que moi peut-il m’expliquer comment mettre un smilie, lorsqu’on écrit à partir de swriter d’Open office? Je me sentirais moins sénile, donc moins débile).

    Il est possible et utile de faire certaines quantifications. On imagine facilement les limites. Est-ce qu’une personne aurait eu seulement une période de légère dépression à la suite d’une rupture si elle n’avait pas perdu son emploi en même temps? Est-ce que la biporalité, la schizophrénie, les névroses sont des maladies physiologiques? Sont-elles provoquées, accentuées dans une société mettant l’accent sur la productivité et l’efficacité? Si on adhère à la première hypothèse, on justifiera les coûts des recherches sur la médication qui n’aura pas d’effets secondaires aux coûts de??? Si on adhère à la seconde, on comparera quels coûts?

    J’ai assisté [1] à une assemblée citoyenne de Québec solidaire de Gouin et Rosemont. Nicole Jetté [2] défendait la proposition du revenu social garanti universel (revenu de citoyenneté) en affirmant qu’il faudrait en comparer les coûts à ceux engendrés par la pauvreté. Il m’a semblé que la majorité des interventions allait plutôt vers le revenu minimum garanti, avec un argumentaire semblable. Selon ce que j’ai compris, dans un Québec solidaire souverain, chaque individu ferait une déclaration de revenus (de la naissance à la mort? de 18 ans à la mort?). S’il n’a eu aucun revenu au cours de l’année, la société lui enverrait un chèque de 15 000$, par exemple, 14 999$, s’il a gagné 1$. Si le conjoint gagne 100 000$ par année, la société lui paierait 15 000$, s’il a 100 000$ à la banque…

    Dans l’actualité, on parle encore des sans-abri. Il est de bonne guerre de parler des coûts sociaux. Je ne m’oppose pas à cette quantification ni à celle des solutions, lorsqu’elles sont quantifiables. Je veux tout simplement en signifier les limites.

    [1] et participé (je n’ai eu le temps de faire qu’une seule intervention comme tout le monde).

    [2] qui tient à bout de bras le Front commun des personnes assistées sociales depuis des années.

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  10. 26 juillet 2011 20 h 01 min

    @ Richard Langelier

    «comment mettre un smilie»

    La recette est à http://codex.wordpress.org/Using_Smilies . Même en l’écrivant sur un traitement de texte, il se transformera ici. Ah oui, toujours laisser un espace avant et après. D’ailleurs, j’ai laissé un espace après l’adresse Internet et le point pour ne pas que le point soit incorporé à l’adresse.

    «Nicole Jetté défendait la proposition du revenu social garanti universel (revenu de citoyenneté) en affirmant qu’il faudrait en comparer les coûts à ceux engendrés par la pauvreté»

    Ben voyons, vous savez bien que j’y étais aussi! Elle a dit quelque chose du genre «Ceux qui disent que ça coûterait trop cher ont-il déjà essayé de calculer le coût de la pauvreté ?». J’en parlais justement avec quelqu’un hier ou avant-hier. Un vrai sophisme démagogique (et ça, c’est presque un pléonasme!)…

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  11. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 21 h 42 min

    @ Darwin

    Comment savoir que vous y étiez? Décrivez-vous, chauve, bedonnant ?
    François Saillant a dit : « il y a un grand économiste dans la première rangée qui a fait des calculs ». Il n’a pas dit que dans la même rangée, un petit économiste s’était fait imposer par lui-même et Françoise David un partisan du revenu de citoyenneté provincial comme responsable de la Commission Économie, fiscalité et lutte à la pauvreté de Québec solidaire. Dire cela sur Jeanne m’expose aux gémonies, mais bon tournons la page.

    « Un vrai sophisme démagogique (et ça, c’est presque un pléonasme!)… »
    Je dirais plutôt un pléonasme double de trop too much! Je croyais que Jean Dion l’avait entendu à notre table en 1968, puisqu’il avait dit à Sophie Durocher qu’il avait connu le vrai Café-Campus. Or, il a pondu un texte sur l’Expo 67 avec sa photo où il avait 4 ans. Cela pourrait nous ramener au sport professionnel. Jean Dion a raison de dire que les spectateurs qui vont applaudir des records de coups de circuit sont naïfs. Par contre, au plus fort du scandale de l’EPO au Tour de France, Gil Courtemanche faisait remarquer que ceux qui trichaient suaient à grosses gouttes en grimpant un col de 12 km (l’Alpe d’Uez), alors que Vincent Lacroix lui trichait en …

    Je vous parierais bien une grosse bière, mais en dollars constants, je crois qu’elle est plus chère qu’à l’époque où Michel Normandin disait : « Dites donc Dow », qu’il y aura engouement pour le revenu minimum garanti lors du Congrès sur l’Enjeu 3 de Québec solidaire. Au Québec, il y a une inversion de la preuve, chez les partisans du revenu de citoyenneté ou du revenu minimum garanti. Puisque le filet de sécurité sociale a des ratés, il faut tout effacer et recommencer à zéro, mettre dans le même sac la sécurité à la vieillesse, le revenu entre 2 emplois, le dernier recours, etc. Lorsqu’un plombier vient chez moi parce qu’un robinet coule, s’il me dit : « Richard, il faut refaire toute la plomberie et tu as le fardeau de la preuve de me démontrer que j’ai tort», j’en appelle un autre. S’il me démontre qu’il faut refaire toute la plomberie, je dirai : « soit ».

    Ceci étant, j’observe avec intérêt les travaux d’Harvey Mead, d’Amarta Sen, etc.

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  12. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 21 h 45 min

    Il y avait un smilie, après tournons la page, mais pour cé jobs-là, chu trop malin ou épas!

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  13. 26 juillet 2011 22 h 07 min

    «il y aura engouement pour le revenu minimum garanti lors du Congrès sur l’Enjeu 3 de Québec solidaire»

    C’est possible, mais j’ai déjà convaincu quelques personnes et continuerai à essayer!

    «Il n’a pas dit que dans la même rangée, un petit économiste s’était fait imposer par lui-même»

    Qui ça, Simon ? Je crois que vous le confondez avec Philippe…

    «Il y avait un smilie, après tournons la page»

    Bon la base :

    En collant les trois caractères suivants ; – et ) , ça donne 😉

    En collant : – ) ça donne 🙂

    En collant : – ( ça donne 😦

    En collant : lol : ça donne 😆

    Si vous ne voyez pas les signes dans la fenêtre, ajoutez les à main!

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  14. Richard Langelier permalink
    26 juillet 2011 23 h 47 min

    @ Darwin

    Le petit économiste, c’était moi, même si je refuse habituellement de me définir comme tel. Lors de mon bac, je me suis plutôt intéressé au contexte historique dans lequel Quesnay, Bastiat, Smith, Ricardo, Walras, Keynes, Friedman et tutti quanti ont écrit.

    Simon Tremblay-Pépin était en avant comme personne-ressource avec Nicole Jetté. François Saillant était animateur et a parlé du grand économiste dont le pseudonyme est Darwin qui était assis à quelques chaises de moi. Simon représentait l’IRIS http://www.iris-recherche.qc.ca/. J’ai dû faire un point d’information lorsqu’il s’est trompé au sujet des paliers d’imposition au Québec.

    Comme je l’ai écrit tant de fois sur Jeanne, l’économiste Pierre Beaulne de la CSQ avait été invité par Françoise David sur le comité de rédaction de Bien commun recherché. Toute la journée, il avait dégonflé les mythes du discours de la Chaire socio-économique de l’UQAM. Françoise David et Alexa Conradi qui était animatrice de ce comité, ont entériné le choix de Gaétan Breton de ladite Chaire, comme premier choix de responsable de la Commission Économie. Ce fut un désastre. Ce rapport a évidemment été jeté à la poubelle. Breton a démissionné. Au lieu de donner un coup de gouvernail, le comité de coordination dont faisait partie François Saillant m’a laissé avec trois émules de Breton. Ils ont proposé 59 G$ comme accroissement des recettes du gouvernement de la province de Québec. J’ai beau « trippé » surtout sur l’histoire de la pensée économique, je savais que ce n’était pas sérieux. Ce rapport a été jeté à la poubelle. Par la suite, les militants professionnels surreprésentés dans les Conseils nationaux (Marc Bonhomme parle de la base) ont fait changer les statuts. Le Congrès et l’instance suprême entre les Congrès, le Conseil national ont maintenant le pouvoir d’élire les responsables de commissions thématiques. Or, au mouvement Option citoyenne, Françoise David et Marie-André Thollon (responsable des comités) avaient laissé Francine Bellerose insulter les membres et surtout la responsable du comité Finances d’Option citoyenne. Francine Bellerose a été élue responsable de la Commission Économie. Elle a fait une règle de trois démontrant qu’avec le plafond des REER, les plus riches privaient la société de 3,1 G$, alors que cette année-là, au total, les déductions fiscales pour REER étaient de 2,6 G$. Philippe Hurteau sera le responsable suivant. À l’Université populaire, au Bar populaire, vous et moi avons fait comprendre à Ève-Lyne Couturier et Philippe Hurteau que leur présentation était quelque peu manichéenne (tout en reconnaissant qu’avec une demi-heure chacun, ce n’était pas facile de présenter toutes les nuances). Ceci étant, le texte d’Ève-Lyne, Philippe et Simon sur la fiscalité est très intéressant http://www.iris-recherche.qc.ca/publications/la_crise_des_finances_publiques.

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  15. 27 juillet 2011 5 h 21 min

    «Le petit économiste, c’était moi, même si je refuse habituellement de me définir comme tel.»

    Oups…

    «Ceci étant, le texte d’Ève-Lyne, Philippe et Simon sur la fiscalité est très intéressant»

    Comme beaucoup d’autres documents de l’IRIS…

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