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Citations de René Passet* sur le néolibéralisme et la bioéconomie

2 août 2011

Par Darwin – Je me suis basé sur l’excellent essai de René Passet, Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire – De l’univers magique au tourbillon créateur, pour écrire des billets sur les citations de John Maynard Keynes, Friedrich August von Hayek et Milton Friedman. Je me suis dit qu’il était temps de consacrer un billet aux citations de l’auteur qui m’a tant inspiré… En effet, le monsieur lui-même a écrit des choses fort intéressantes, comme vous allez le constater.

Sur le néolibéralisme

À propos des néolibéraux qui ramènent plein de phénomènes à leur seule dimension économique, comme Gary Becker qui prétend qu’on choisit un conjoint, d’avoir des enfants ou de commettre un crime uniquement en évaluant les avantages-désavantages économiques de telles décisions :

Le péché des «néolibéraux» n’est pas d’affirmer la part d’économie qu’il y a en toute chose, mais (…) de tout réduire, en fait, à cette seule part. C’est le péché du réductionnisme.

Sur les conséquences des politiques néolibérales des Thatcher et autres Reagan, et de la financiarisation de l’économie, tous des précurseurs de la crise :

Alors, en rupture avec les temps de la nature, le long terme devenait «les dix prochaines minutes» des marchés boursiers; l’appareil productif n’était plus fait pour mettre en valeur des territoires, produire des richesses et encore moins créer du bien-être, mais faire jaillir le sang de la rente.

Ouf, j’ai déjà écrit sur ces sujets, mais jamais comme ça… La rente, pour Passet comme pour Keynes, c’est une prime que reçoit quelqu’un qui ne contribue pas à la production, qui vit des intérêts de ses placements et, dans le contexte plus récent, qui fait de l’argent avec de l’argent, aux détriments des travailleurs qui subissent les contrecoups de la crise.

La rente de l’actionnaire, qui se nourrit des ponctions effectuées sur les autres revenus, conduit systématiquement à réduire les salaires, le nombre d’emplois, la dépense publique, la protection sociale.

Sur cette crise; plus le temps passe, plus c’est difficile de lui donner tort :

Bien plus qu’une crise financière ou économique, celle-ci, parce qu’elle rassemble toutes les contradictions d’un système, représente le premier symptôme d’une véritable crise de civilisation.

Et encore :

En plaçant la réussite financière et le profit au dessus de tout, l’ordre néolibéral a fortement contribué à [la dilution des valeurs sociales]. Un monde dominé par la logique de ses moyens [c’est-à-dire de la finance] est un monde fou.

Sur le peu de réformes depuis la crise :

Après tout, l’univers de la finance ne trouve pas si mauvais ce système dans lequel, lorsque tout va bien, c’est lui qui engrange les bénéfices et, lorsque tout va mal, la charge retombe sur la collectivité.

Dit autrement, on privatise les profits et on socialise les pertes…

Sur la bioéconomie

Pour René Passet, la bioéconomie est «une économie transdisciplinaire» qui tient compte des possibilités et des caractéristiques de la biosphère qu’est la Terre et qui s’y adapte. Il la voit primordiale pour faire face aux problèmes actuels et assurer la survie de l’espèce humaine à long terme.

En tête de ces problèmes [crise financière, crise de la dette, crise environnementale, réchauffement climatique, etc.] figurent les menaces pesant sur la biosphère, dont la solution conditionne les autres.

De la réduction de l’homme à un homo œconomicus par les économistes classiques et néoclassiques, il dit :

(…) l’homme de l’économie réelle n’est pas seulement une force de production ou une créature maximisatrice d’utilités, mais aussi un être biologique dont les besoins physiologiques doivent être couverts, en même temps qu’une personne porteuse de valeurs dont les aspirations intellectuelles, artistiques et spirituelles doivent pouvoir s’accomplir.

Sur la place qu’il donne à l’économie dans la bioéconomie :

Au delà de sa propre sphère, c’est dans la sphère naturelle que l’économie trouve ses matières premières et un exutoire pour ses déchets; c’est dans la sphère humaine que se situent ses agents et ses finalités. Or, ces deux sphères débordent l’économie de toute part et obéissent à leurs propres lois : faire varier les prix ne modifie pas le cycle du carbone et de l’eau.

Excusez le caractère gras, mais c’est trop génial… Et il poursuit :

En d’autres termes, les mécanismes reproducteurs de la biosphère doivent apparaître comme autant de contraintes délimitant un champ du possible que le développement doit respecter et à l’intérieur duquel s’inscrit le champ légitime du calcul économique.

Pour montrer son appui à l’utilisation d’indicateurs physiques plutôt que monétaires :

De réservoir de ressources et de poubelle à déchets, le statut de la nature se transforme en celui d’une matrice vivante dont la pérennité conditionne celle de toute activité et de toute vie sur la planète.

Puis, contestant l’utilisation d’indicateurs monétaires qui ne font que corriger les lacunes du PIB, comme l’Indice de progrès véritable (qu’il ne nomme pas) :

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dénoncé comme étant l’erreur fondamentale de l’économie «instrumentale»: avoir confondu l’introduction des coûts environnementaux avec le vrai problème qui est celui du respect des fonctions et des régulations conditionnant la reproduction des milieux naturels.

Pour lui, si on veut survivre, il ne s’agit pas de mettre un coût sur la pollution, l’émission de gaz à effet de serre et l’épuisement des ressources, mais cesser de polluer et de spolier la planète, et respecter ses caractéristiques et ses limites! Mettre un prix à la disparition des bancs de morues ne les ramènera pas!

Il termine sa présentation de la bioéconomie ainsi :

Après avoir, selon des règles d’efficacité qui ont fait leurs preuves, tiré le maximum d’une nature dont ils ne menaçaient pas l’existence, les hommes sont conduits, en raison même de cette efficacité, à repenser leurs comportements dans le respect des lois qui gouvernent le monde; c’est sans doute la révolution mentale la plus considérable qu’il leur ait été donné d’affronter depuis qu’au néolithique – il y a dix mille ans – l’espèce a appris, en se sédentarisant, à exploiter systématiquement des forces et des énergies dont elle découvre progressivement la cohérence, les limites et la fragilité.

Cette révolution mentale aura-t-elle lieu?…

Et alors…

René Passet n’a pas seulement écrit un essai monumental sur l’évolution de la pensée économique à travers celle de la philosophie et des sciences, mais il est aussi un des auteurs qui a le plus apporté à la bioéconomie. Personnellement, cette approche me convient tout à fait. J’ai montré avec de nombreux billets à quel point un monde qui calcule sa richesse à partir de ses transactions monétaires laisse passer l’essentiel, soit le fait qu’il vit en épuisant des ressources qui ne reviendront pas. La bioéconomie vise justement à ce que l’espèce humaine n’utilise que les ressources qui se reproduisent et qui se créent naturellement, surtout grâce à l’apport énergétique du soleil.

En arriver là demande un virage majeur dans la façon dont la société et l’économie fonctionnent. Ce virage ne peut se prendre que si nous réalisons qu’il le faut absolument, ce que Passet considère comme le résultat d’une véritable révolution mentale.

Mais, je le répète, cette révolution mentale aura-t-elle lieu?…

*René Passet, professeur émérite de sciences économiques à la Sorbonne, ancien président du conseil scientifique de l’association ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions Financières pour l’Aide aux Citoyens). Il a notamment publié : « L’illusion néolibérale » (Flammarion. 01) ; « Eloge du mondialisme par un « ant « présumé » (Fayard. 01) ; « L’économique et le vivant » (couronné par l’Académie des sciences morales et politiques – Payot 1979 ) ; « Une économie de rêve » (Calmann-Levy 1995. Nouvelle édition Mille et une Nuits 2003).

Mise à jour : La partie de ce billet sur la bioéconomie n’était peut-être pas claire. C’est difficile d’expliquer un concept avec des citations. Ce serait mieux de faire des dessins. Justement…

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29 commentaires leave one →
  1. 2 août 2011 6 h 24 min

    Merci pour ce compte-rendu. Ça donne le goût de le lire… Est-ce accessible aux communs des mortels ?

    De mémoire, il me semble que Galbraith a effleuré le problème causé par la gloutonnerie des rentiers dans son petit bouquin « Les mensonges de l’économie ». Phénomène qui n’est pas assez dénoncé à mon avis. Peut-être parce que ceux à qui appartiennent les médias en profitent largement ? 😉

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  2. 2 août 2011 6 h 32 min

    «Est-ce accessible aux communs des mortels ?»

    Si je l’ai lu…

    Avec un peu d’effort quand même…

    «Peut-être parce que ceux à qui appartiennent les médias en profitent largement ?»

    Je crois que c’est plutôt une question idéologique…

    «Galbraith a effleuré le problème causé par la gloutonnerie des rentiers dans son petit bouquin « Les mensonges de l’économie »»

    J’ai lu ce livre, mais n’en ai pas gardé beaucoup de souvenirs, sauf qu’il m’avait déçu…

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  3. 2 août 2011 11 h 55 min

    Pour un néolibéraliste, tout ce qui est ramené à l’humain, c’est du « communiste », donc qui ne fonctionne pas!
    Pour eux, en conclusion, seule l’économie fonctionne!

    L’homme au service de l’économie… il y a quelque chose de servile penser comme cela quoique penser est un bien grand mot…

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  4. 2 août 2011 12 h 01 min

    Article intéressant sur les rentiers de Krugman:

    http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_les-rentiers-menent-le-jeu?id=6253403&chroniqueurId=5032403

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  5. 2 août 2011 13 h 34 min

    Merci. J’avais lu cette chonique en anglais, mais ne m’en souvenais plus au moment d’écrire ce billet.

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  6. 2 août 2011 21 h 08 min

    Ce sont de très jolies citations….

    T’es certain qu’il dit ça?:

    « La bioéconomie vise justement à ce que l’espèce humaine n’utilise que les ressources qui se reproduisent et qui se créent naturellement, surtout grâce à l’apport énergétique du soleil. »

    C’est assez restrictif, je pense aux métaux!?!

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  7. youlle permalink
    2 août 2011 21 h 18 min

    « C’est assez restrictif, je pense aux métaux!?! »

    Mais les métaux peuvent être réutilisés, ce qui fait pratiquement qu’ils se « reproduisent ».

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  8. 2 août 2011 21 h 23 min

    Ah bon! C’est vrai que maintenant avec les OGM en plus… 😆

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  9. 2 août 2011 21 h 33 min

    C’est vrai qu’il est bien ce papier de Krugman, je viens de le lire…le Caucus du Sacrifice 😉

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  10. 3 août 2011 1 h 18 min

    « Non, les seuls vrais bénéficiaires des politiques du Caucus du Sacrifice (à part le gouvernement chinois) […] » 😆

    J’aime bien les citations de René Passet aussi. Celle que tu as mis en caractères gras est particulièrement savoureuse en effet.
    Je trouve celle où la nature serait une espèce de matrice un peu hermétique toutefois (ou c’est le café qui fait pas effet?)

    Quant à la révolution mentale nécessaire à la bioéconomie… c’est clair que pour réaliser ce qu’il décrit, ça en prend une. Telle qu’on pense actuellement, j’ai beaucoup de misère à croire qu’on puisse réaliser une telle chose.
    Mais encore là, moi aussi je suis sceptique sur notre capacité à réaliser une révolution mentale. Il y a des exemples par le passé, remarque. Mais ces révolutions ne se réalisent pas entièrement. Faut-il réaliser celle-ci entièrement pour qu’elle porte ses fruits?

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  11. 3 août 2011 6 h 10 min

    @ Koval

    «T’es certain qu’il dit ça?:»

    Ça, ce n’est pas une citation, c’est ma compréhension. Il parle beaucoup de la thermonynamique, pour conclure que tout ce qu’on utilise comme énergie autre que celle provenant du soleil est épuisable. J’ai hésité à écrire cette phrase, parce que je ne possède pas complètement ce concept.

    «C’est assez restrictif, je pense aux métaux!?!»

    Si on les réutilise, comme le dit Youlle, ça va. Je trouve étrange que bien des écologistes voient les mines et l’extraction de gaz et d’énergie du même oeil, car l’énergie, elle, est perdue pour toujours. Les métaux, pas nécessairement.

    Mais, on ne réutilise pas assez. Pour en discuter davantage, faudrait que je lise plus sur le sujet… Mais, la notion que le seul apport d’énergie extérieur provient du soleil me semble tout à fait juste.

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  12. 3 août 2011 6 h 19 min

    @ Déréglé

    «Je trouve celle où la nature serait une espèce de matrice un peu hermétique »

    Vrai, mais elle dit bien ce qu’elle a à dire. J’ai eu plus de difficulté à trouver des citations de moins de 200 mots dans la partie sur la bioéconomie. Il n’y avait pas vraiment de punchs, mais des explications. C’est intéressant, je trouve, mais pas fécond pour les citations! J,ai donc dû en garder qui étaienet un peu plus complexes, en effet.

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  13. 3 août 2011 20 h 17 min

    Excellent.

    Je ne connais pas ce monsieur, mais j’affirmais exactement la même chose sur mon blogue depuis des années….

    Il faut croire que le bon sens touche de plus en plus de gens…

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  14. 3 août 2011 20 h 47 min

    «Il faut croire que le bon sens touche de plus en plus de gens…»

    Les grands esprits se rejoignent!

    Passet écrit depuis longtemps sur le sujet. Il a écrit « L’économique et le vivant » en 1979. Je ne l’ai pas lu, mais il le cite abondamment dans celui que j’ai lu. Certaines citations que j’ai mises dans ce billet viennent en fait de ce livre.

    Cela dit, tu as raison, je n’avais jamais entendu parler de lui avant il y a un peu moins d’un an environ. Je l’ai connu en lisant un article, celui-ci, je crois :

    http://www.telerama.fr/monde/rene-passet-le-neoliberalisme-creuse-les-inegalites-a-l-echelle-mondiale,61595.php

    Je l’avais lu ici, en décembre dernier :

    http://www.oikosblogue.coop/?p=6215

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  15. 3 août 2011 22 h 00 min

    Une citation de Passet donc je me tue à répéter aux gens de la droite:

    « Il ne faut jamais juger les auteurs (économistes) en dehors de leur époque. »

    Ce qui porte à:
    “Contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire, il n’y a pas de vérité éternelle en économie.”

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  16. 4 août 2011 5 h 57 min

    «Une citation de Passet »

    Sur l’article en lien, pas dans mon billet… J’ai cherché un peu!

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  17. 4 août 2011 8 h 30 min

    « Mais, je le répète, cette révolution mentale aura-t-elle lieu?… »

    J’ai confiance qu’elle aura lieu parce qu’on la voit déjà poindre et qu’elle est peut-être plus avancée qu’on le pense, dans la conscience des gens. Mais pour qu’elle se réalise il faudra que le système soit secoué sérieusement. Une crise du pétrole, l’effondrement économique des États-Unis, des guerres absurdes et dévastatrices, peut-être à l’arme atomique, quoi d’autres encore. Toutes des possibilités qui se profilent.

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  18. 4 août 2011 9 h 12 min

    «Toutes des possibilités qui se profilent.»

    Toutes plus attirantes les unes que les autres…

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  19. 4 août 2011 22 h 40 min

    Mon billet était pas mal trop compliqué surtout le bout sur la bioéconomie. Voici une vidéo qui dit pas mal la même chose, mais de façon beaucoup plus simple…

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  20. 28 mars 2012 18 h 05 min

    J’ai trouvé aujourd’hui, sans le chercher, un texte éclairant de René Passet sur la bioéconomie. À lire!

    La bioéconomie de la dernière chance

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  21. 9 août 2012 2 h 59 min

    « La rente de l’actionnaire, qui se nourrit des ponctions effectuées sur les autres revenus, conduit systématiquement à réduire les salaires, le nombre d’emplois, la dépense publique, la protection sociale. »

    Considérez-vous que les actionnaires ou tout autre sorte de créanciers participent à la création de richesse?

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  22. 9 août 2012 7 h 44 min

    «Considérez-vous que les actionnaires ou tout autre sorte de créanciers participent à la création de richesse?»

    Désolé, question trop vaste! Il faudrait définir «richesse», «création de richesse» et «participent».

    Ils peuvent aider, mais nuisent aussi souvent, car leurs objectifs ne sont pas de produire un bien ou un service utile, mais bien de faire des profits. Et, je suis à 100 % d’accord avec Passet!

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  23. 9 août 2012 9 h 59 min

    Si on considère que chaque travailleur crée de la richesse par l’ajout de leur « travail » (un peu comme l’a défini Karl Marx) à la production, peut-on considérer l’actionnaire comme étant lui aussi un créateur de richesse lorsqu’il prête des capitaux aux entrepreneurs? Ainsi, en supposant que ce soit le cas, le « travail » de l’actionnaire se résumerait à faire le choix des entreprises auxquelles ils veulent fournir du capital-action. Sinon, est-ce que le rôle de créateur de richesse revient uniquement aux entrepreneurs et à leurs employés ou même, uniquement aux employés à la base de la hiérarchie de l’entreprise?

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  24. 9 août 2012 10 h 54 min

    Votre commentaire m’a rappelé que j’ai déjà écrit un billet qui aborde cette question. Pas vraiment en termes de création de richesse, mais de collaboration entre les acteurs économiques.

    Les entreprises

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  25. 9 août 2012 15 h 50 min

    Après avoir lu votre billet Les entreprises, je suppose qu’on puisse répondre par l’affirmative à ma question précédente tout en sachant que les capitalistes s’accaparent une trop grande partie du contrôle de la société en proportion de leur contribution.

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  26. 9 août 2012 16 h 25 min

    Oui, mais c’est l’expression création de richesse qui m’embêtait un peu… Une entreprise, y compris le travail humain, peut détruire de la richesse, aussi bien par ses activités (guerre et fournitures de guerre, par exemple) que par les externalités qu’elle cause.

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  27. 15 mai 2013 17 h 43 min

    Yves m’a fait connaître cette entrevue intéressante avec René Passet. Si on veut en lire un peu plus sur lui, c’est idéal!

    René Passet : «Il faut prendre du recul pour voir qu’un autre monde est en train de naître»
    http://www.bastamag.net/article3064.html

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  28. Richard Langelier permalink
    15 mai 2013 21 h 52 min

    Ouf! Beaucoup de « stock » dans ces propos de René Passet! Je partage cependant les réserves de Marc Roux : « Dire que « Toute prothèse est atrophiante », c’est réagir comme Socrate face à l’écriture […]. ». C’est peut-être parce que je viens de lâcher ma canne pour aller renouveler ma prescription d’acétaminophène [1] chez mon pharmacien indépendant parce que c’est contre mes principes de changer une prescription d’ordonnance chez Jean Coutu et que je ne suis pas tombé.

    Je sais parfaitement que René Passet accepte que son entrevue soit diffusée sur un site internet. Il y a beaucoup de scrap, mais il y a des sites sérieux, comme Jeanne Émard [2].

    « Avant même le Néolithique, l’homme s’aperçoit que la plante dont il se nourrit pousse mieux dans les milieux humides. Ou que les déchets organiques favorisent la végétation. Il découvre ainsi les forces productives de la nature et les régularités du monde naturel. » Ce désenchantement du monde pour reprendre l’interrogation de Marcel Gauchet donnera lieu très lentement à l’école libérale classique d’Adam Smith. Avec lui, je préfère une société où le cordonnier échange les produits de son travail, contre ceux du chapelier, du forgeron, etc. (avec une monnaie comme réserve si je n’ai pas besoin d’un chapeau, ce jour-là) à une société où l’autorité vient de Dieu, déléguée au pape, au roi, à l’archiduc et tutti quanti. Cela a existé dans les bourgs du Moyen-Âge (d’où le terme « bourgeois »). Par contre, le travail accumulé produira l’expropriation des petits propriétaires (avec l’aide de l’État). Je pense (à 20h35) que les lois sociales et les conventions collectives ont donné de meilleurs résultats face au capitalisme sauvage, décrit par Zola et Steinbeck, que la voie révolutionnaire. Ce ne serait que la génération spontanée de la financiarisation de l’économie qui aurait tout fait basculer?

    Dans le bon vieux temps, si la firme Bombardier recevait 300 M$ pour une commande et qu’elle n’en avait pas besoin pendant 3 semaines, elle les laissait à la banque et recevait un peu d’intérêts. Maintenant, elle peut avoir une division financière où, 24 heures par jour, des gens cliquent sur la souris pour acheter et vendre des monnaies nationales, des actions et obligations. Nous demandons à la Caisse de dépôt de faire la même chose avec nos cotisations, puisqu’à Noël, notre beau-frère a dit qu’il avait des actions qui lui rapportaient du 15% [3]. Nous voulons payer notre T-shirt le moins cher possible [4].

    « Comment l’économie peut-elle intégrer la question de la reproduction des ressources et du vivant ? À 21h36, je dirais que la recette est??? Je cherche.

    [1] Oups! J’ai oublié de prendre mon antiinflammatoire pour ma hanche non prothésée et le médicament pour prévenir les brûlements d’estomac que peut causer cet antiinflammatoire, même si les Langelier ne sommes sujets aux problèmes de digestion que parce que mon père a dit à ma mère qu’il ne digérait pas les oignons, au retour du voyage de Noces et que nous avons toujours mangé du pâté chinois sans oignons (les théories sur l’origine divergent http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A2t%C3%A9_chinois , on m’a dit récemment que l’origine était plutôt le shepherd’s-pie. Je vous reviens dans 10 secondes.
    [2] Quand Koval était là, elle shiftait encore plus rapidement quand un admirateur du daï lama radotait, après lui avoir donné une deuxième vie.
    [3] Je ne peux résister, Koval, à la tentation de rappeler que quelqu’un de votre famille a fait des profits mirobolants, après que « Vincent mit le bœuf dans le clos ». Si je vous calomnie, j’espère que Darwin me le fera « à savoir ».
    [4] Avec mon accession à la grande bourgeoisie du Plateau Mont-Royal lorsqu’entreront mes chèques de la Sécurité à la vieillesse, j’ose croire que je n’achèterai que des articles produits éthiquement et écologiquement.

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  29. 16 mai 2013 5 h 20 min

    «Si je vous calomnie, j’espère que Darwin me le fera « à savoir »»

    Je ne me souviens plus de ça. C’était probablement dans le débat sur la fortune des agriculteurs avec Youlle. J’espère seulement que ça ne le fera pas recommencer! 😉

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