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Jeanne express – les regrets et les cégeps

5 octobre 2011

Les regrets

J’ai appris ce matin que Claude Doughty, le maire de de Huntsville, ville qui a reçu plein de subventions «controversées» dans le cadre de la tenue au Canada de la réunion du G8 en 2010 (pour les détails, allez chez Papitibi…), «regrette les courriels échangés avec Clement». Normal, c’est en raison de ces courriels qu’il s’est fait prendre à négocier les sommes que sa ville recevrait en dehors des critères pour ce genre de subventions.

«Il a dit considérer ces courriels comme des conversations privées, et a ajouté qu’il ferait désormais usage du téléphone pour éviter de laisser des traces de telles discussions. »

Bref, il ne regrette absolument pas ce qu’il a fait, mais seulement de s’être fait prendre!

Les cégeps

Sur un autre registre, François Legault a annoncé la semaine dernière qu’il était pour l’abolition des cégeps.

«Devant 300 personnes venues l’entendre la semaine dernière à Longueuil, dans le cadre de la tournée de la Coalition pour l’avenir du Québec, François Legault a dit que le cégep devrait être remplacé par une année de plus au secondaire et une année de plus au premier cycle à l’université. Il a aussi dit partager l’opinion de certains parents qui estiment que le cégep est un bon endroit pour « fumer de la drogue » et « décrocher ». »

Bien des gens ont réagi à ça, dont la ministre Line Beauchamp dans l’article pré-cité…

« Je trouve qu’on est dans des lieux communs, dans des préjugés », a déclaré Mme. Beauchamp.

… et Françoise David dans son blogue :

«Sait-on que, depuis la création des collèges publics, dans les années soixante, des centaines de milliers de jeunes y ont été diplômés et ont ensuite accédé aux études universitaires? Sait-on que leur taux de diplômation est actuellement de 71%, l’un des plus hauts au Canada? (…) On est bien loin ici du portrait caricatural de jeunes qui s’adonneraient massivement à la consommation de drogues. »

C’est à mon tour : Camil Samson, sors de ce corps!

39 commentaires leave one →
  1. 6 octobre 2011 0 h 05 min

    Ha ha! C’est vrai que certains politiciens sous un simili de vernis de renouveau nous garochent des vieilleries dignes des années 30, hein Sombre?

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  2. 6 octobre 2011 0 h 27 min

    Les années 30 de quel siècle? 😉

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  3. 6 octobre 2011 0 h 53 min

    «Aux yeux de certains électeurs susceptibles d’être séduits par un nouveau parti de droite, la drogue symbolise peut-être tous les maux de notre temps, mais il est navrant de voir M. Legault céder à la tentation de cultiver les préjugés en ciblant ainsi les cégeps. Et s’il pense réellement ce qu’il a dit, c’est encore plus inquiétant.»

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/333023/la-tentation-du-populisme

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  4. 6 octobre 2011 6 h 25 min

    L’université et le secondaire sont aussi des bons endroits pour fumer de la drogue et décrocher.

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  5. 6 octobre 2011 7 h 04 min

    @ mizentropie

    Votre commentaire rejoint celui de Françoise David, «Sait-on que leur taux de diplômation est actuellement de 71%, l’un des plus hauts au Canada? » et du p.-d.g. de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, «Pour M. Beauchesne, la priorité est d’adapter l’enseignement aux jeunes d’aujourd’hui tels qu’ils sont et non de se concentrer uniquement sur la quantité de drogue qu’ils fument. «Ça nous a fait sourire. Le problème de drogue dans le réseau collégial n’est pas pire que dans celui des commissions scolaires», a-t-il souligné.»

    http://www.ledevoir.com/societe/education/333028/legault-ne-prevoit-pas-s-attaquer-aux-cegeps

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  6. 6 octobre 2011 8 h 27 min

    «Sait-on que leur taux de diplômation est actuellement de 71%, l’un des plus hauts au Canada? »

    Je me suis toujours dit aussi que la drogue augmentait nos capacités intellectuelles. J’ai l’impression qu’on en fume du meilleur au Québec. 😉

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  7. 6 octobre 2011 17 h 32 min

    @ Yves

    «Je me suis toujours dit aussi que la drogue augmentait nos capacités intellectuelles.»

    😆

    Vraiment pas très originale la comparaison avec Camil Samson… Même Jean-François Lisée y a pensé!

    http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/les-cegeps-et-le-vice/

    Et ses gags ressemblent au tien:
    «Malheureusement, comme c’est parfois le cas avec les hommes politiques, les promesses de fornication sur les heures de classe étaient grandement exagérées.» 😉

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  8. jack permalink
    7 octobre 2011 16 h 22 min

    C’est sûr que Legault s’est ridiculisé avec cette « justification » de l’abolition des Cegeps. Mais sur le fond je serais plutôt d’accord: un secondaire de 5 ans plus une année de préparation à l’université pour ceux qui se dirigent à l’université ou encore de 5 ans suivi d’une formation professionnelle ( un CEP, Collège d’enseignement professionnel) pour ceux qui ne s’y dirigent pas. Autrement dit je retirerais le secteur général du Cegep.

    Cela permettrait plus d’heures de cours aux étudiants qui se dirigent à l’université. Pour les étudiants en région cela retarderait d’un an l’exode vers la grande ville. D’ailleurs au moment de se chercher un appartement ils seraient majeurs pour la plupart. La formation préuniversitaire serait probablement plus homogène.

    Par contre, les profs de Cegep qui seraient transférés au secondaire risquent de ne pas la trouver drôle et les petites écoles secondaires risqueraient d’avoir de la difficulté à remplir leurs classes… tout n’est pas rose.

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  9. 7 octobre 2011 18 h 18 min

    @ Jack

    «Mais sur le fond je serais plutôt d’accord»

    Pas moi!

    D’une part, c’est depuis (et en partie grâce à) l’arrivée des cégeps (et leur relative gratuité) que les Québécois ont commencé le rattrapage de leur niveau de scolarisation. Le Québec se retrouve maintenant la province canadienne avec le plus haut % de diplômés postsecondaires, même en tenant compte de ses personnes âgées qui le sont beaucoup moins que dans le reste du Canada.

    http://www4.hrsdc.gc.ca/.3ndic.1t.4r@-fra.jsp?iid=29#M_6

    D’autre part, il y a le coût. Voici ce qu’en disait Michèle Ouimet hier dans La Presse (http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/michele-ouimet/201110/06/01-4454671-le-mepris-de-francois-legault.php) :

    «Le ministère de l’Éducation s’était penché sur la mécanique. Verdict: complexe et extrêmement coûteux: 170 millions par année.»

    Et cela ne considère pas les coûts de transition!

    «Les commissions scolaires et les universités sont incapables d’absorber autant d’élèves, avait conclu le Ministère. Autre question: que faire de tous les professeurs?»»

    Et cela ne tient pas compte qu’il faudrait de toute façon garder les cégeps pour les programmes techniques!

    «Pour les étudiants en région cela retarderait d’un an l’exode vers la grande ville»

    Dans les régions, ils disent justement le contraire! Il y a des cégeps dans toutes les régions (même à Gaspé), mais pas des universités. Et les universités en région n’offrent pas autant de programmes qu’en milieu urbain. Cela devancerait donc certains départs d’un an et remettrait même en cause l’existence de certains cégeps qui n’auraient plus le minimum d’étudiants nécessaires pour survivre.

    «D’ailleurs au moment de se chercher un appartement ils seraient majeurs pour la plupart.»

    Beaucoup seraient encore plus jeunes!

    «tout n’est pas rose»

    Là, je suis d’accord!

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  10. 7 octobre 2011 20 h 29 min

    La formation collégiale générale est selon moi non-indispensable. On pourrait ouvrir un questionnement sur le sujet.

    Par contre, la formation technique est beaucoup plus pertinente et se rapproche plus de la formation universitaire.

    Il est étonnant de voir comment il y a des ressemblances entre un DEC technique en un domaine et sa version baccalauréat. Selon moi, bien que la formation universitaire est plus théorique, la formation collégiale technique apporte un éclairage plus terre à terre tout en combinant une partie théorique – mais moins prononcée qu’au bacc – qui peut se bonifier avec l’expérience du travail.

    De plus, il n’y a pas d’équivalent DEC technique ailleurs sur le continent. On pourrait aisément dire qu’un DEC technique équivaut à peu de choses près à un bacc selon les standards nord-américains.

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  11. 7 octobre 2011 20 h 30 min

    Legault se goure.

    Darwin (18h18) a parfaitement raison: la mesure qu’il préconise accélérerait l’exode des régions vers les grands centres.

    En Abitibi-Témiscamingue, je vois mal comment les commissions scolaires pourraient offrir certains cours aux seuls étudiants du secteur professionnel, alors que déjà certains campus du CÉGEP de l’Abitibi-Témiscamingue peinent à réunir assez d’étudiants (secteurs général et professionnel confondus) pour certains cours.

    Surtout que plutôt que de les répartir entre Rouyn, Amos et Val d’Or (CEGEP), il faudrait les répartir entre les polyvalentes de Lorrainville, Temiskaming, Rouyn-Noranda, La-Sarre, Malartic, Val d’Or, Amos, Senneterre…

    Il voulait pas sabrer dans les coûts, Legault? Ici, il aurait l’effet contraire…

    = = =

    Pour ce qui est du décrochage, si l’individu Jos Bleau doit décrocher de l’enseignement collégial le 4 avril 2013, à quelle date décrochera-t-il si le 4 avril 2013 il étudie à la polyvalente plutôt qu’au CEGEP?

    Ça va-t-y changer kek chose?

    Et puis, fumerait-il moins de pot à la polyvalente?

    Coudon, y a-tu vraiment été minisse de l’éducâssion, Legault? Entéka, il a pas l’air d’avoir appris grand chose de son séjour au ministère!

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  12. 7 octobre 2011 21 h 38 min

    Jimmy

    J’ai fait 2 ans de sciences pures, ce qui ne débouche sur rien d’autre que l’université.

    Je pense que ça a été très formateur et ça m’a donné le temps de me faire mûrir le nombril avant de décider de façon plus mature pour l’université…

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  13. 7 octobre 2011 21 h 41 min

    @ Jimmy St-Gelais

    «De plus, il n’y a pas d’équivalent DEC technique ailleurs sur le continent.»

    En fait, c’est le programme pré-universitaire (ou cégep général) qui est unique au Québec. Pour les formations techniques, les autres provinces, et même les États-Unis, ont des collèges communautaires. Les programmes ne sont pas nécessairement identiques, mais sont semblables. Par exemple, voici un programme de technologie de génie civil de trois ans, comme au Québec, donné en Ontario et en Alberta :

    http://www.schoolfinder.com/schools/programDetail.asp?ProgramID=10928&URL=program

    http://www.schoolfinder.com/schools/programdetail.asp?ProgramID=7703&URL=program#Prog

    Ici, l’équivalent du DEC en comptabilité

    Diplôme d’études collégiales de l’Ontario (niveau avancé)
    http://www.lacitec.on.ca/programmes/61026.htm#info-sup

    @ Papitibi

    «Coudon, y a-tu vraiment été minisse de l’éducâssion, Legault?»

    Oui, et j’étais président d’un conseil d’établissement au secondaire à l’époque… Comme l’écrivait Michèle Ouimet hier dans la Presse :

    «En 1998 aussi, il voulait révolutionner le monde de l’éducation. Ses contrats de performance ont fini en eau de boudin et ses plans de réussite n’ont pas changé la face du monde.

    De sa révolution, il ne reste que des miettes.»

    J’ai déjà aidé le conseiller pédagogique à remplir ces fameux contrats de réussite (enfin, il me regardait faire…). On examinait les caractéristiques de notre clientèle (c’est comme ça que ça s’appelait), ce qui est bien, puis on devait mettre des cibles d’amélioration du taux de diplomation, peu importe les constats faits durant l’examen des caractéristiques. Ce n’était que du remplissage de formulaires… Du temps consacré à des tâches administratives plutôt qu’à aider les élèves!

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  14. 7 octobre 2011 21 h 57 min

    @ Koval

    «J’ai fait 2 ans de sciences pures, ce qui ne débouche sur rien d’autre que l’université.»

    Moi aussi!

    «Je pense que ça a été très formateur et ça m’a donné le temps de me faire mûrir le nombril avant de décider de façon plus mature pour l’université…»

    Moi aussi!

    Quoique j’ai fait un an (presque, j’ai lâché avant la fin…) en informatique avant de réaliser que j’avais le droit d’aller en autre chose qu’en sciences pures ou appliquées (génie)!

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  15. 7 octobre 2011 22 h 11 min

    @Koval

    Pas d’opinion péjorative envers le général de ma part.

    J’ai étudié en général et technique. J’ai bien aimé le général, mais le technique débouche sur une alternative sur le marché du travail. Ce qui est un gros plus.

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  16. 7 octobre 2011 22 h 16 min

    @darwin

    Bien, merci de ces infos. Mais ces formations sont-elles toutes publiques et aussi accessibles en régions qu’au Québec?

    De plus, lorsqu’on parle de « college » aux États-Unis, cela n’est-il pas souvent synonyme d’université?

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  17. 7 octobre 2011 22 h 43 min

    «Mais ces formations sont-elles toutes publiques et aussi accessibles en régions qu’au Québec?»

    Tu as vu, elles ne sont pas «gratuites» comme ici. Je crois qu’elles sont aussi accessibles, oui. Mais, je connais mieux le système québécois que l’Ontarien. Déjà qu’un collège les donnent en français, ça montre que ça doit être encore plus répandu en anglais!

    «De plus, lorsqu’on parle de « college » aux États-Unis, cela n’est-il pas souvent synonyme d’université?»

    Oui et non. Je parle de «community colleges»

    Par exemple :

    http://www.utexas.edu/world/comcol/state/

    Ici, une liste de programmes disponibles dans le premier que j’ai cliqué.

    http://www.ascc.edu/?DivisionID=639

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  18. 7 octobre 2011 22 h 52 min

    @darwin

    « Oui et non. Je parle de «community colleges» »

    Je fais allusion au CEGEP qui sont aussi des « colleges » par définition.

    Mais bon. On s’entend que le système québécois en éducation est particulier.

    Une remarque: lorsque les immigrants français ou de l’afrique francophone arrivent au Québec, leurs « bacc » est validé comme un DEC. J’ai un ami étranger qui me l’a confirmé.

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  19. 7 octobre 2011 23 h 18 min

    @ Jimmy

    «leurs « bacc » est validé comme un DEC»

    Normal, puisque c’est exactement cela! Ils appellent notre bacc un bacc + 3 ou une licence (http://etudiant.aujourdhui.fr/etudiant/info/la-licence-bac-3.html ). Ce n’est pas parce qu’il est dévalorisé, mais parce que le nom de leur diplôme après le lycée est un baccalauréat. On parle d’ailleurs du «baccalauréat français» dans les collèges privés comme Stanislas.

    «Les études d’une durée de deux années (classe de 1ère, puis classe de Terminale) préparent les étudiants au baccalauréat français, diplôme qui constitue la clé d’accès aux études supérieures. Dans le respect des pré-requis universitaires propres à chaque programme universitaire, le baccalauréat français d’enseignement général et le diplôme d’études collégiales québécois (D.E.C.) sont reconnus réciproquement comme donnant accès au premier cycle d’études supérieures tant au Québec qu’en France.»

    http://www.stanislas.qc.ca/montreal/collegial/lycee.html

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  20. 7 octobre 2011 23 h 25 min

    @Darwin

    Donc, le système éducatif français aurait inspiré celui du Québec?

    Autre remarque: les « collèges classiques », ancêtres des CEGEP, étaient autrefois réservés à une élite…

    La démocratisation de l’éducation avec les CEGEP est donc un succès…

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  21. 7 octobre 2011 23 h 46 min

    «Donc, le système éducatif français aurait inspiré celui du Québec?»

    Je ne sais pas, mais je ne pense pas…

    «Autre remarque: les « collèges classiques », ancêtres des CEGEP, étaient autrefois réservés à une élite…»

    J’ai fait 4 ans de ça… et 2 de mes frères et ma soeur (plus âgés) l’ont fait… et nous n’étions pas riches, loin de là.

    «La démocratisation de l’éducation avec les CEGEP est donc un succès…»

    Pour ça, c’est certain. C’est ce que je disais autrement au début de cet échange :

    «D’une part, c’est depuis (et en partie grâce à) l’arrivée des cégeps (et leur relative gratuité) que les Québécois ont commencé le rattrapage de leur niveau de scolarisation. Le Québec se retrouve maintenant la province canadienne avec le plus haut % de diplômés postsecondaires, même en tenant compte de ses personnes âgées qui le sont beaucoup moins que dans le reste du Canada.»

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  22. 7 octobre 2011 23 h 53 min

    « J’ai fait 4 ans de ça… et 2 de mes frères et ma soeur (plus âgés) l’ont fait… et nous n’étions pas riches, loin de là. »

    Ah bon. Mes parents m’avaient dit le contraire… je n’ai pas connu ça. J’étais trop jeune…

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  23. 8 octobre 2011 0 h 04 min

    Nous étions pas mal l’exception…

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  24. lizzie permalink
    8 octobre 2011 7 h 26 min

    Moi aussi j’ai fait 4 ans de ça. Les 4 premières années étaient offertes au public.

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  25. jack permalink
    8 octobre 2011 9 h 48 min

    @ Darwin:

    « Le Québec se retrouve maintenant la province canadienne avec le plus haut % de diplômés postsecondaires… »

    Je ne vois pas vraiment en quoi ma proposition menacerait cela. Je ne propose aucun changement pour la formation collégiale technique ni pour les décrocheurs.

    « Les commissions scolaires et les universités sont incapables d’absorber autant d’élèves, avait conclu le Ministère »

    Selon ma proposition les commissions scolaires n’auraient qu’une légère augmentation: les étudiants qui seraient diplômés du secondaire et qui souhaitent se rendre à l’université. Ça doit faire 25% de ceux qui ont leur secondaire 5 soit 5% d’une école secondaire. Avec la dénatalité et l’exode vers le privé je ne suis pas sûr que ce serait si dramatique.

    « Dans les régions, ils disent justement le contraire! Il y a des cégeps dans toutes les régions (même à Gaspé), mais pas des universités. »

    C’est vrai pour tous les « villages » qui ont un Cegep mais pas d’université. Je pensais plutôt à ceux qui ont une école secondaire mais pas de Cegep.

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  26. 8 octobre 2011 11 h 25 min

    @ Jack

    «Ça doit faire 25% de ceux qui ont leur secondaire 5 soit 5% d’une école secondaire.»

    À la page 67 de http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/IndicateursEducation2010_f.pdf , on peut voir que ce n’est pas 25 % des jeunes qui se rendent à l’université de nos jours, mais bien 45 % (2009-2010). En plus, il faudrait en admettre beaucoup plus dans cette sixième année (certains ne réussissent pas…), disons au moins 60 %. On est rendu à une hausse d’au moins 12 %, proportion qui varierait d’une région à l’autre et d’une école à l’autre.

    Finalement, je suis aussi perplexe sur la conception de systèmes déducation qui découpent autant les possibilités de formation. Une décision prise trop tôt sur le cheminement peut drôlement hypothéquer un changement d’orientation… Comme l’a dit Koval, «Je pense que ça a été très formateur et ça m’a donné le temps de me faire mûrir le nombril avant de décider de façon plus mature pour l’université…».

    Le passage d’un milieu très encadré, comme le secondaire (on dira ce qu’on voudra, oui, c’est très encadré), à un milieu pas du tout encadré comme l’université se fait beaucoup mieux avec la structure intermédiaire qu’est le cégep. Même là, bien des élèves du privé à qui on a toujours donné la main au secondaire trouvent déjà le passage du secondaire hyper encadré au cégep plus libre bien difficile…

    Mais, la question principale est : qu’est-ce que ça donnerait de plus? Il n’y aurait pas eu déjà assez de réforme? Quel est le problème avec le système actuel qui permet le plus haut taux de scolarisation postsecondaire au Canada? S’infliger de tels coûts supplémentaires et encore des changements est-il nécessaire ou même utile? On ne le dit pas. On veut contrer un décrochage pas si élevé et lutter contre la consommation de drogues…

    «Je ne vois pas vraiment en quoi ma proposition menacerait cela»

    Le fardeau de la preuve repose sur ceux qui veulent tout chambouler pour on ne sait pas trop quoi…

    «Je pensais plutôt à ceux qui ont une école secondaire mais pas de Cegep.»

    Je crois que Papitibi a bien répondu à ça, lui qui vit en l’Abitibi-Témiscamingue (qui l’eut cru avec ce pseudo?) : https://jeanneemard.wordpress.com/2011/10/05/jeanne-express-les-regrets-et-les-cegeps/#comment-9395 .

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  27. 8 octobre 2011 19 h 29 min

    «Autre remarque: les « collèges classiques », ancêtres des CEGEP, étaient autrefois réservés à une élite…» – Jimmy St-Gelais
    J’ai fait 4 ans de ça… et 2 de mes frères et ma soeur (plus âgés) l’ont fait… et nous n’étions pas riches, loin de là. – Darwin

    La CECM, à Montréal, donnait les quatre premières années du cours classiques à un nombre limité d’élèves… dont j’ai fait partie. De mon école primaire, 3 élèves seulement avaient été choisis pour « la section classique St-Pierre Claver », alors angle St-Joseph et Des Érables. En gros, un élève par classe de 30 avait eu ce privilège. Mais je n’ai pas « toffé », et après 3 ans, je me suis payé le Collège St-Viateur, à Outremont; mon père, dont les crises de coeur avaient siphonné toutes les économies, n’en avait pas les moyens mais moi j’y tenais, et j’avais accepté de travailler 5 soirs / semaine à la Banque d’épargne (aujourd’hui Banque Laurentienne) pour payer mes frais de scolarité.

    J’ai eu de bons profs aussi bien au public qu’au privé; et à mes yeux, un « bon prof », c’est celui qui est capable de transmettre la passion pour la discipline qu’il enseigne, et qui inculque à ses étudiants la soif d’apprendre et de se surpasser. Mais ça ne m’a pas aidé à faire un choix de carrière; trop de domaines m’intéressaient (parmi lesquels sciences po, histoire, littérature, économie, droit, socio, psycho et même… architecture!). Et dans les domaines qui m’intéressaient, je performais… même en architecture!

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  28. 8 octobre 2011 19 h 35 min

    Compte tenu notamment de mon 19h29, je précise que même si je vis à Rouyn-Noranda depuis plus de 35 ans, mon premier quart de siècle (et un peu plus), je l’ai vécu sur le Plateau Mont-Royal…

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  29. 8 octobre 2011 20 h 35 min

    @ Papitibi

    «mon premier quart de siècle (et un peu plus), je l’ai vécu sur le Plateau Mont-Royal…»

    Moi, c’est mon dernier tiers de siècle qui s’est passé sur le Plateau! J’ai passé mes premiers 25 années à Saint-Michel, Saint-Basile-le Grand, Rosemont, Ahuntsic, Richmond, Sainte-Rosalie, Saint-Hyacinthe, Côte-des Neiges, Saint-Sauveur et Val Morin (parfois dans plus d’un endroit de ces localités et j’en oublie peut-être)!

    « la section classique St-Pierre Claver », alors angle St-Joseph et Des Érables.»

    Mes deux enfants ont fait leur primaire là!

    «La CECM, à Montréal, donnait les quatre premières années du cours classiques à un nombre limité d’élèves…»

    Moi, j’ai fait ça au privé… J’ai su après que le collège (Saint-Ignace) baissait ses prix pour les ménages moins riches (c’était des jésuites…). Et j’ai commencé à travailler l’été à neuf ans… mais de façon régulière à partir de 11 ans. Je gagnais bien plus que le coût les frais de scolarité! Et cela ne m’empêche surtout pas de vouloir que l’État élimine les subventions à l’école privée, bien au contraire!

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  30. jack permalink
    9 octobre 2011 8 h 37 min

    @ Darwin:

    Wow… j’étais dans le champ et pas à peu près! Je ne me doutais pas que la fréquentation universitaire était rendue à ce niveau.

    Ça bousille pas mal mes estimations précédentes.

    Merci, Darwin, d’avoir apporté ces précisions!

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  31. 9 octobre 2011 10 h 18 min

    @ Jack

    «Ça bousille pas mal mes estimations précédentes.»

    C’est ce que j’aime dans nos discussions. Vous me faites chercher beaucoup, mais ça vaut la peine. Si je vous montre des données précises et fiables qui déboulonnent vos hypothèses, vous acceptez de modifier vos conclusions. Tout le monde devrait faire ça, mais c’est en fait assez rare, et pas seulement chez les gens de droite…

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  32. 9 octobre 2011 10 h 59 min

    C’est aussi ce que j’apprécie de nos discussions: j’apprends. J’aimerais pouvoir t’en apprendre autant, mais ce n’est pas facile… Tu as deux avantages sur moi:

    1- tu es plus compétent
    2- c’est toi qui choisit le sujet et tu t’es renseigné d’abord

    Je fais ce que je peux…

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  33. jack permalink
    9 octobre 2011 11 h 00 min

    Zut…

    jp c’est moi

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  34. 9 octobre 2011 11 h 15 min

    «jp c’est moi»

    Ce n’est pas la première fois! En plus, le blogue reconnaît l’adresse de courriel (ou l’adresse IP) car il attribue le même avatar…

    «c’est toi qui choisit le sujet et tu t’es renseigné d’abord»

    Vrai, mais, dans ce cas, c’est Legault qui l’a choisi, lui, un ancien ministre de l’Éducation. Pas fort… Et c’est vous qui avez choisi vos arguments!

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  35. 13 octobre 2011 22 h 52 min

    QUOI???!!! 😡

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  36. 14 octobre 2011 8 h 09 min

    @ Mon Sombre Caquiste.

    🙂

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  37. 14 octobre 2011 9 h 24 min

    Lettre intéressante ce mation dans La Presse :

    Virages bon marché
    http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201110/13/01-4456984-virages-bon-marche.php

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  38. 14 octobre 2011 13 h 10 min

    Intéressante, en effet, l’expérience de ce Graham Weeks, coordonnateur des bourses et des stages d’exploration au collège Dawson; on peut conclure de son titre qu’il est bien placé pour parler…

    Son témoignage me fait penser à d’autres arguments, qui vont dans le même sens.

    La ville de Temiscaming, à l’extrême sud du Témiscamingue Québécois, est à 55 km de North Bay, Ontario, une ville qui compte 60000 habitants et qui offre des services qu’on ne trouve ni à Rouyn (40000), ni à Val d’Or (30000), ni encore moins à Temiscaming (3000 habitants). Mais en même temps, Temiscaming se trouve à 140 km du Cégep québécois le plus rapproché Rouyn-Noranda).

    Alors où les parents de Temicaming, Kipawa, Lanie, Fabre, Tee Lake (etc) ont-ils le réflexe d’envoyer leurs ados étudier au niveau collégial? Bin oui… à North Bay, la ville des jumelles Dionne!

    Et bien sûr, aux yeux du ministère de l’éducation, ils sont comptés comme décrocheurs! Tout comme les jeunes de cette région qui font leur Secondaire à North Bay.

    Et toi, François Legault, ancien minisse de l’éducâssion du Québec, tu savais pas ça?

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  39. 14 octobre 2011 18 h 16 min

    @ Papitibi

    «Et bien sûr, aux yeux du ministère de l’éducation, ils sont comptés comme décrocheurs! Tout comme les jeunes de cette région qui font leur Secondaire à North Bay.»

    Pour ceux qui quittent pour faire leur secondaire à North Bay, je comprends qu’ils puisswnt être considérés comme des «décrocheurs» En effet, certains taux de décrochage (j’ai fait la distinction entre divers taux dans un lointain billet…), utilisent des données sur la diplômation au Québec et la fréquentation scolaire au Québec comparée à la population. Par exemple.

    Par contre, pour le collégial, il faudra que le jeune ait commencé son cégep au Québec pour qu’il soit considéré comme décrocheur au collégial (ou comme ne l’ayant pas terminé).

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