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La science comme seule religion

30 octobre 2011

Dans la revue Agone, que je trouve vraiment excellente, j’ai trouvé un numéro sur le thème de la croyanceJ’y ai lu un article de Jean Bricmont qui donne quelques armes, enfin quelques arguments à opposer contre ceux de certains croyants vis-à-vis la science.

Pour ceux qui ne connaissent pas Jean Bricmont, il s’est fait connaître en publiant Impostures intellectuelles  avec  Alan Sokal en 1997.

De Wiki 

L’ouvrage constitue une critique assez dure envers ce que les auteurs regroupent sous le nom de « philosophie postmoderne ». Ils visent en particulier des auteurs qui utilisent les concepts ou le vocabulaire des mathématiques ou de la physique, relevant les erreurs et les invoquant pour dénoncer des pensées vides de sens, en commentant des extraits de livres de Jacques Lacan, Julia Kristeva, Bruno Latour, Gilles Deleuze, Luce Irigaray.

Contexte :

Au cours du XXe siècle, la sociologie des sciences et la philosophie des sciences ont vu se développer des courants relativisant radicalement la valeur des thèses admises en science en tant que vérités. Certains défendaient l’idée que les connaissances scientifiques telles qu’elles existent ne sont pas des descriptions d’une réalité extérieure à la société, mais une simple construction de la société humaine. Dans le débat aux États-Unis, les défenseurs de cette position étaient appelés « postmodernes », leurs adversaires étant les « réalistes ».

Revenons à la revue Agone. Le titre de l’article de Bricmont donne  le ton : «Science & religion : l’irréductible antagonisme.» L’auteur  nous convie à un exposé visant à déboulonner  la posture de plusieurs croyants qui embrouillent pas mal de choses et font de drôles d’amalgames entre science et religion.

Cette idée n’est pas nouvelle, elle est même ancienne, mais elle ressurgit fortement depuis quelques décennies sous la forme d’un simili dialogue de réconciliation entre la science et la religion. L’auteur part du constat suivant :

Il semble que l’heure soit au dialogue, après des siècles de conflit et de séparation entre science et foi ou science et théologie. On ne compte plus les séminaires et les rencontres consacrés à ce thème. Des scientifiques éminents comme Friedrich von Weizsacker et Paul Davies ont reçu le prix « pour le progrès de la religion » , offert par la fondation Templeton. L’American Association for the Advancement of Science a organisé récemment (en avril 1999) un débat public sur l’existence de Dieu 2. L’hebdomadaire Newsweek n’hésite pas à proclamer sur sa couverture que « la science découvre Dieu » (27 juillet 1998). Plus près de nous, l’Université Interdisciplinaire de Paris (UIP) 3 organise de nombreuses conférences sur le thème de la convergence entre science et foi, avec la participation de scientifiques de très haut niveau, et cette « université » jouit de soutiens puissants. Le « positivisme » n’est plus de mise en philosophie, et la science, post-quantique et post-gödelienne, s’est faite modeste. D’autre part, les théologiens se sont mis à l’écoute de la science, qu’ils ont renoncé à contredire ou à régenter. Tout ne va-t-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Bricmont oppose bien sûr un « non » catégorique à cette dernière question et plaide une thèse qui va à l’encontre de cette tendance. Il attaque les principales postures des croyants face à la science l’idée finale étant de démontrer ou de convaincre que les deux démarches, science et religion, sont inconciliables.

Escroquerie numéro 1 : Le concordisme.

Le concordisme dans l’esprit de l’article de Bricmont fait référence aux dessein intelligent. L’idée ici est d’arguer que la complexité de l’univers est telle qu’elle ne peut être le fruit du seul hasard. Le grand Architecte y est certainement pour quelque chose. Il n’est d’ailleurs  pas rare de voir des scientifiques très prolifiques et connus nous emmerder avec ce genre de niaiseries, j’avais parlé de Hawking qui abuse un peu,  ici même chez Jeanne.

Pour bien comprendre la notion du concordisme, Bricmont utilise une première citation de Russell que voilà:

« N’y a-t-il pas quelque chose d’un peu absurde dans le spectacle d’êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu’ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu’il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but… Si j’étais tout-puissant et si je disposais de millions d’années pour me livrer à des expériences dont le résultat final serait l’Homme, je ne considérerais pas que j’aurais beaucoup de raisons de me vanter.
Bertrand Russell »

Il faudrait descendre de plusieurs crans ce narcissisme éculé qui nous vient sans doute de la religion. Non, les mécanismes de l’univers ne sont pas au service de  l’Homme et l’Homme n’est pas le nombril de l’univers!

Escroquerie numéro 2 : Une réalité d’un autre ordre.

Un autre groupe de croyants supportent l’idée que la théologie et/ou la religion permet de percer des réalités d’un autre ordre que celles mises à jour par la science. Le concordisme n’est plus de mise ici, l’imposture consiste à se dire : « Puisque la science n’offre pas toutes les réponses, il faut utiliser une autre voie non scientifique (entendre la religion) pour accéder à ces « autres réalités ».

Bricmont suggère ici cette autre citation de Russell :

« Toute connaissance accessible doit être atteinte par des méthodes scientifiques ; et ce que la science ne peut pas découvrir, l’humanité ne peut pas le connaître.
Bertrand Russell »

Bricmont est sans équivoque :

« Raisonner a priori sur des objets non mathématiques et vagues tels que la substance ou l’être ne peut produire que « sophismes et illusions ».

Donc l’imposture consiste à faire croire que là où la science ne peut offrir de réponses, il existe des démarches basées sur la religion qui permettent de trancher de façon fiable.

Escroquerie numéro 3 : Des domaines de compétence distincts

Il s’agit ici de l’attitude disant que la science s’occupe des jugements de faits et la religion s’occupe des jugements de valeur ou par extension, de la morale. On sépare donc complètement la science et la religion et on en fait deux choses complémentaires.

L’idée à peine voilée ici est de convaincre que les questions de morale et d’éthique sont de l’ordre du religieux.

Nous pouvons pourtant facilement trouver une façon scientifique de raisonner en matière éthique et opposer à la méthode religieuse la méthode utilitariste qui consisterait à faire des choix qui viseraient par exemple à maximiser le bonheur. Cela n’est pas très difficile à imaginer.

Bricmont cite encore une fois Russell :

« La Bible dit : « Tu ne permettras pas à une sorcière de vivre »… Les chrétiens libéraux modernes, qui soutiennent que la Bible est valable d’un point de vue éthique, tendent à oublier de tels textes ainsi que les millions de victimes innocentes qui sont mortes dans de grandes souffrances parce que, dans le temps, les gens ont réellement pris la Bible comme guide de leur conduite. »
Bertrand Russell

Escroquerie numéro 4 : Croire pour se sentir bien.

Ici, il s’agit tout simplement d’arrêter de se questionner, peu importe si ce que je crois est bien ou non, tant que cela procure un réconfort, c’est bien. Ce qui compte, ce sont donc les effets pratiques des croyances sur la société.

Ici, l’auteur cite Wenberg :

Je pourrais être plus heureux, et j’aurais sans doute de meilleures manières si je croyais être descendant des empereurs de Chine, mais tous les efforts de volonté que je pourrais faire en ce sens ne parviendraient pas à m’en persuader, pas plus que je ne peux empêcher mon cœur de battre.
Steven Weinberg

Il s’agit en fait de la doctrine des vérités multiples, Bricmont écrit:

L’un croit au ciel et à l’enfer, l’autre à la réincarnation, un troisième pratique le New Âge et un quatrième pense avoir des extraterrestres parmi ses ancêtres. Toutes ces vues sont « également vraies » mais avec un qualificatif du genre « pour le sujet qui y croit » ou « à l’intérieur de sa culture »

Cette positon manque à tout le moins de sincérité en plus d’être une position dangereuse parce qu’elle occulte l’importance de la notion de vérité objective, indépendante de nos idées.

Pour finir, l’auteur conclut en affirmant que nous ne sommes pas assez critiques face à la religion et qu’au nom d’un respect, on a tendance à ne plus dire ce que l’on pense vraiment. Avec l’effondrement du marxisme, il croit que la critique politique de la religion s’est beaucoup affaiblie.

Pour ma part, en tant que scientifique j’ajouterais qu’il est étonnant qu’en 2011 la science n’ait pas remplacé la religion, j’ai moi aussi l’impression que l’obscurantisme a encore de beaux jours devant lui…même au parlement d’Ottawa! 😉

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33 commentaires leave one →
  1. 30 octobre 2011 19 h 52 min

    Ouf, c’est du costaud!

    Si la plupart des thèmes me sont familiers, je n’avais pas vu ce genre de présentation. Je vais donc prendre le temps de relire le billet et le texte de Bricmont avant de commenter.

    À méditer…

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  2. Richard Langelier permalink
    30 octobre 2011 22 h 07 min

    Je suis athée, Dieu merci (c’est du plagiat, mais je ne connais pas la source). Je considère que Bricmont et Sokal ont eu raison de dénoncer l’abus de métaphores chez Kristeva et alii. À la suite de la première lecture de votre billet, koval, j’ai compris que vous vouliez que les domaines comme la morale et les sciences humaines soient basés sur les préceptes des « sciences dures » comme la physique et la chimie. N’étant pas darwinien (je parle de notre Darwin), j’hésite à conclure à la trop grande densité de votre billet, malgré tout le respect que je vous dois.

    Ma morale n’est basée ni sur une religion ni sur la physique et la chimie. J’ai découvert très tôt que si je ne partageais pas mes jouets avec les voisins, je ne pourrais pas leur demander de partager les leurs avec moi, que si je me donnais le droit de frapper l’autre, je lui donnais le droit de me frapper. Je n’ai pas encore découvert que si je me donnais le droit de frapper un arbre sur la rue en lisant… 😉
    Je viens de prendre la décision d’apprendre un seul smilie, et je n’ai pas fait de calcul différentiel pour prendre cette décision.

    Thomas Kuhn

    Dans La Structure des révolutions scientifiques http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Structure_des_r%C3%A9volutions_scientifiques , Thomas Kuhn a voulu démontrer que les progrès de la science ne se produisent pas comme le soutient Popper. Ironie du sort, ce livre est devenu populaire en sciences humaines. Plusieurs ont conclu : « il est impossible de trancher entre la psychanalyse et le béhaviorisme, entre le marxisme et le fonctionnalisme, entre la théorie néo-classique et La théorie générale de Keynes, ce sont des paradigmes incommensurables. » La mode était : « j’invente un nouveau paradigme ». [1] Lorsqu’on a demandé à Kuhn si sa théorie s’appliquait aux sciences humaines, il a répondu que ces jeunes sciences n’avaient pas atteint la maturité des sciences de la nature.

    En Occident, la science s’est libérée difficilement de La Révélation. Pauvre Galilée qui savait que « pourtant elle tourne »! Ce que j’aimerais savoir, koval, c’est : « est-ce que votre billet indique que seules les questions qui peuvent être résolues par expérience en laboratoire en isolant les variables, ont droit de cité? »

    [1] Même les porte-parole de l’Union des forces progressistes, Molly Alexander et Pierre Dostie avaient répondu à Michel Venne dans les pages du Devoir que le discours de l’UFP relevait d’un nouveau paradigme, alors que la plate-forme électorale de l’UFP était un salmigondis de clichés préproud’honniens.

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  3. 30 octobre 2011 23 h 01 min

    « Ce que j’aimerais savoir, koval, c’est : « est-ce que votre billet indique que seules les questions qui peuvent être résolues par expérience en laboratoire en isolant les variables, ont droit de cité? » »

    Je ne veux pas parler pour Bricmont mais il y a à ce sujet dans son texte, ce passage qui aborde un peu le sujet:

    « Ce que comprenaient bien les penseurs des Lumières, mais qui a été en partie oublié depuis lors, c’est que l’approche scientifique (en y incluant la connaissance ordinaire) nous donne les seules connaissances objectives auxquelles l’être humain ait réellement accès. Si l’approche scientifique nous donne une vision partielle de la réalité, c’est parce que nous n’avons pas accès, de par notre nature finie, à la réalité ultime des choses. »

    Alors je ne crois pas que Bricmont soit aussi puriste que ce que vous suggérez. Il ne fait que dénoncer les religieux qui récupèrent la science à leur fins. Il ne fait que tenter de délimiter clairement la frontière entre science et religion.

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  4. 30 octobre 2011 23 h 07 min

    Au sujet de Galilée, Bricmont a écrit:

    Notons finalement que, lorsque l’Église s’est décidée à reconnaître ses torts dans l’affaire Galilée (au terme d’une enquête qui a duré de 1981 à 1992), le cardinal Poupard déclara, en présence du pape : « Certains théologiens contemporains de Galilée n’ont pas su interpréter la signification profonde, non littérale, des Écritures »

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  5. the Ubbergeek permalink
    30 octobre 2011 23 h 11 min

    Pfft. Désolé, mais non.

    Quelle arrogance et vanité intellectuelle.

    Les croyants, des ‘ignorants fourbes’.

    Pfft.

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  6. the Ubbergeek permalink
    30 octobre 2011 23 h 12 min

    Ce genre de pensées nourrient dangereuseement un nouvel obscurantisme anti-religions ET anti-sciences en même temps.

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  7. the Ubbergeek permalink
    30 octobre 2011 23 h 13 min

    Une contre-action, une réaction, j’oubliait d’ajouter, qui aime à détruire ‘le dieu science’ aussi…

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  8. 30 octobre 2011 23 h 24 min

    Bricmont site aussi Dawkins, un autre athée ardent défenseur de la pensée scientifique, un extrémiste dangereux selon Geek 😉

    AJOUT: Vrai que Dawkins milite pour certains droits des animaux, une position que je trouve moi aussi assez cinglée !

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Dawkins

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  9. 30 octobre 2011 23 h 28 min

    La religion, c’est le télescope qui permet à l’homme d’observer son Dieu à travers le prisme que constitue sa quête de l’éternité. – Friedrich Von Papitibi, 1791

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  10. 30 octobre 2011 23 h 29 min

    😆

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  11. Richard Langelier permalink
    30 octobre 2011 23 h 49 min

    Il y a peut-être un petit problème, je ne reçois plus le message « new comment ».

    Ouf! la citation du cardinal Poupard me donne froid dans le dos !

    Je ne peux qu’être d’accord avec avec Bricmont qui dénonce « les religieux qui récupèrent la science à leur fins ». Comme j’ai décroché de la religion depuis plus de 40 ans, je ne pensais même pas que ça existait.

    De fait, j’aurais dû décrocher en deuxième année, lorsque la maîtresse nous disait: « si on vous torture pour vous obliger à renier votre foi, vous êtes obligés de subir la torture… Les noirs sont les descendants de Caïn ».

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  12. 30 octobre 2011 23 h 50 min

    Geek

    On jase là! C’est tout!

    On jase d’un texte philosophique là! Ça vous choque?

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  13. Richard Langelier permalink
    30 octobre 2011 23 h 53 min

    Ah! Tout s’explique (ou presque), je n’avais pas reçu le message: « confirmez votre abonnement »

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  14. 31 octobre 2011 2 h 03 min

    Au sujet de Galilée, J’avais lu un article que le procès comme tel était plutôt mineur à l’époque, simplement une lutte pour le pouvoir entre famille à Florence (de mémoire). Plusieurs années auparavant, Copernic avec écrit un ouvrage avec en partie la même affirmation, approuvé par le Pape!
    Il semble qu’à l’époque déjà, il était reconnu par une bonne majorité des notables que la terre n’était pas le centre de l’univers.
    Le cas de Galilée serait exagéré lors de la révolution française (comme bien d’autre reproches à l’église) pour justifier ses positions contre le clergé.

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  15. 31 octobre 2011 2 h 05 min

    « Si Dieu n’existait pas, l’homme l’inventerait! » – Nietzsche

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  16. 31 octobre 2011 6 h 10 min

    @Benton

    « Si Dieu n’existait pas, l’homme l’inventerait! » – Nietzche, via Benton…

    Mon ancêtre Friedrich Von Papitibi (créé en 2011 et décédé en 1798)(!) préférait la formule suivante: l’homme a inventé Dieu à seule fin qu’il devienne son propre créateur. Sa femme, qui était entêtée comme une mule, disait que c’est plutôt l’inverse…

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  17. 31 octobre 2011 6 h 38 min

    @ Papitibi

    «Sa femme, qui était entêtée comme une mule, disait que c’est plutôt l’inverse…»

    L’inverse du contraire, quoi! Quand il y a trop de négations, je deviens confus…

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  18. 31 octobre 2011 7 h 26 min

    « si on vous torture pour vous obliger à renier votre foi, vous êtes obligés de subir la torture… Les noirs sont les descendants de Caïn »

    Ça me fait penser à mon prof de catéchèse en secondaire un qui racontait que certains étaient morts pour ne pas avoir voulu craché sur un crucifix, reniant ainsi leur foi!!

    Je ne comprenais pas très bien cet engouement mortel!

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  19. 31 octobre 2011 7 h 38 min

    Benton, Papi,

    Oui, c’est tout à fait dans l’esprit de Nietzsche

    Nietzsche, qui définit l’homme comme « fabricateur de dieux » est, avant tout, un critique de l’idolâtrie qui peut prendre bien d’autres formes que celle de la religion. Le christianisme est, selon lui, à l’origine de sa propre « euthanasie » qui résulte d’une contradiction entre sa morale de probité et le dogme. La sortie du christianisme n’est donc pas en tant que telle une bonne nouvelle, ni une nouvelle rassurante. Cependant, la leçon de Nietzsche est que l’avenir reste fondamentalement ouvert, y compris à une problématique « reviviscence du divin »

    http://leportique.revues.org/index199.html

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  20. frequency permalink
    31 octobre 2011 8 h 06 min

    Je ne suis guère étonné avec toutes ces religions qui galopent jusqu’à nous à grand coup d’accommodements raisonnables! HA! 😡

    😈

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  21. 31 octobre 2011 8 h 09 min

    C’est ton amour pour Djemila qui parle M.Von Frequency! 🙂

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  22. frequency permalink
    31 octobre 2011 8 h 43 min

    indeed! 🙂

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  23. Benton permalink
    31 octobre 2011 10 h 07 min

    Il y a notre chère Charles Taylor de la commission Bouchard-Taylor qui a reçu le prix Templeton en 2007 pour sa contribution au « rayonnement » de la religion!

    http://www.mlq.qc.ca/vx/7_pub/cl/cl_9/cl_9_rand.html

    Il semble que pour M. Taylor, il y pire que l’intégrisme religieux, c’est l’athéisme….

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  24. youlle permalink
    31 octobre 2011 12 h 40 min

    « « Si Dieu n’existait pas, l’homme l’inventerait! » – Nietzsche » (citation par Benton)

    C’est exactement ce que l’homme a fait.

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  25. 31 octobre 2011 18 h 09 min

    Bon, j’ai pris le temps de tout lire (article et billet).

    Je partage bien sûr le contenu des deux! Certains de ses arguments sont en effet assez puissants et l’ensemble fait bien le tour de la question.

    «Pour finir, l’auteur conclut en affirmant que nous ne sommes pas assez critiques face à la religion et qu’au nom d’un respect, on a tendance à ne plus dire ce que l’on pense vraiment.»

    En effet, Bricmont ne critique pas seulement les croyants, mais presque autant les non croyants qu’il trouve trop laxistes. En même temps, j’ai trouvé intéressant ce qu’il dit des agnostiques vers la fin de son article.

    «il faut lever une ambiguïté de terminologie : l’attitude défendue ici, qui s’appuie sur les limites des connaissances (fiables) auxquelles l’humanité a accès est souvent considérée comme une forme d’agnosticisme plutôt que d’athéisme»

    C’est de fait ma position.

    «En réalité, il y a deux sortes d’agnostiques : d’une part, ceux qui constatent qu’il n’y a aucune raison valable de croire en une divinité quelconque et qui utilisent ce mot pour désigner leur position, laquelle n’est pas réellement différente de l’athéisme. Aucun athée ne pense avoir des arguments prouvant l’inexistence des divinités. Ils constatent simplement, face à la multiplicité des croyances et des opinions, qu’il faut bien faire un tri (à moins d’accepter le pluralisme ontologique des subjectivistes) et que dire qu’il n’y a aucune raison de croire en l’existence d’un être revient à nier son existence. Mais d’autres personnes qui se déclarent agnostiques pensent que les arguments en faveur du déisme ne sont pas totalement convaincants mais sont peut-être valides, ou font une distinction entre les religions de l’antiquité et une religion contemporaine, et cette attitude est effectivement très différente de l’athéisme.»

    Voilà! Dans bien des échanges que j’ai eus sur la question, des athées prétendent qu’être agnostique, c’est être assis entre deux chaises (ou se tenir sur une clôture de peur de tomber d’un côté ou de l’autre). En fait, ils n’associent l’agnosticisme qu’à la deuxième catégorie dont parle Bricmont. Moi, je m’associe à la première par simple souci de logique. On ne peut pas affirmer scientifiquement l’inexistence d’un Dieu, même si on n’y croit pas du tout. Comme le dit Bricmont, cette position «n’est pas réellement différente de l’athéisme».

    Merci du billet et de nous avoir fait connaître ce texte!

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  26. youlle permalink
    31 octobre 2011 18 h 29 min

    Phizolopher sur dieu c’est comme discuter la vinquatrième dimension.

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  27. youlle permalink
    31 octobre 2011 18 h 32 min

    Un des grands problèmes pour la science est les croyances.

    Trop de scientifiques croient ce qui est à l’opposé de la science.

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  28. 31 octobre 2011 18 h 45 min

    « Merci du billet et de nous avoir fait connaître ce texte! »

    Le plaisir fut pour moi! Vrai que le papier de Bricmont est clair, nuancé et sans excès!

    Dommage que Geek ait eu si peur 😉

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  29. 31 octobre 2011 19 h 15 min

    Benton

    Je me souviens pour Taylor.

    J’en veux bien certainement à cet organisme Templeton qui tente de s’arroger des pouvoirs en investissant du foin, ça m’énerve, bien entendu. Un jour Raël aussi pourrait tout aussi bien encourager par des $$$ les chercheurs à scruter les ciel et ou influencer la généalogie….

    Bon, la vérité c’est qu’il y a déjà pas mal trop de lobbies en science, cela n’aide pas à garder la tête froide.

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  30. pepere permalink
    31 octobre 2011 19 h 17 min

    Vous semblez oublier ce qu’il dit ensuite, pour montrer le « blocage intellectuel » de Poupard, des religieux en général… et finalement l’inutilité de la religion :

    Mais ni lui ni Sa Sainteté ne semblent apprécier l’importance du fait que c’est l’action courageuse de milliers de non-croyants ou de croyants suffisamment sceptiques qui ont amené les théologiens18 à découvrir cette « signification profonde ». On ne peut s’empêcher d’être perplexe face au comportement d’une divinité qui se révèle dans des Écrits, dont la véritable signification échappe totalement durant des siècles aux croyants les plus zélés et ne finit par être comprise que grâce aux travaux des sceptiques ; les voies de la Providence sont vraiment impénétrables.

    Voir ici :

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article862

    (en plus, ici les notes de bas de pages sont clicables, contrairement à la version d’Agone…)

    J'aime

  31. 31 octobre 2011 19 h 26 min

    Benton

    J’ajouterais que je suis tout de même assez à l’aise avec les positions de Taylor, en tout cas je ne crache pas du tout sur le rapport Taylor-Bouchard.

    J'aime

  32. 31 octobre 2011 19 h 29 min

    @ pepere

    Bienvenue ici!

    «en plus, ici les notes de bas de pages sont clicables, contrairement à la version d’Agone…»

    Merci! J’étais un peu frustré de ne pas pouvoir avoir accès à ces notes!

    «Vous semblez oublier ce qu’il dit ensuite»

    De fait, cet ajout vient montrer encore plus l’hermétisme de l’Église à la science.

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  33. 31 octobre 2011 19 h 29 min

    Bonjour pepere et bienvenue par ici, votre commentaire est arrivé sur ce site vers 1 heure pm, j’ai changé l’heure pour lui donner plus de visibilité. Vous avez été bloqué parce que c’est la première fois que vous commentez ici. Vos futurs commentaires passeront comme une lettre à la poste!

    Vous avez raison, j’ai coupé un peu l’argumentation de Bricmont sur Galilée! 😉

    J'aime

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