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La prospérité des riches allège-t-elle la misère du monde?

16 novembre 2011

Je poursuis ici ma série de billets consacrés à certains thèmes abordés dans le livre La grande régression de Jacques Généreux. Après avoir examiné la question de la nature des entreprises, j’aborde ici un des plus puissants mythes colportés par les néolibéraux.

Il s’agit ici d’une des nombreuses variantes du sophisme voulant qu’il faut créer de la richesse avant de la répartir, tel que véhiculé par la droite et le centre-droit, notamment par le PQ.

Généreux commence par décrire le raisonnement néolibéral :

  1. l’épargne des riches finance les investissements qui permettent la création d’emploi et des hausses de revenus de tous;

  2. ces revenus plus élevés financent le filet social qui aide les perdants de la compétition;

  3. l’inégalité des revenus doit être encouragée, car elle stimule l’initiative des plus performants qui sont ceux qui créent de la richesse; sans inégalité, on renonce à l’initiative et les plus pauvres en subiront les conséquences;

  4. si on décourage l’enrichissement des plus riches, ils iront ailleurs.

Puis, il le réfute, dans le même ordre :

1. L’épargne des riches finance les investissements

«Le premier postulat inverse le sens réel de la causalité. L’épargne des riches n’est pas la cause du développement économique mais sa conséquence».

Même Adam Smith, fondateur de l’économie classique, reconnaissait que c’est le travail qui est la source première de la richesse, car il est à la base de la production et donc du revenu. Ce n’est que la partie non consommée des revenus qui est épargnée et peut être consacrée aux investissements. Et, l’épargne n’est pas toujours investie, car elle peut servir à la spéculation, qui ne crée aucune richesse supplémentaire. C’est en limitant les possibilités de spéculation qu’on peut s’assurer qu’une plus grande part de l’épargne ira vraiment vers des investissements productifs.

En outre, le travail et le capital ne sont qu’une partie des facteurs de croissance et de création de richesse. L’autre partie «est largement imputable à l’éducation, à la santé, aux infrastructures, à la recherche, à la stabilité politique, à la réduction des inégalités sociales, à la démocratisation de l’accès au crédit, bref, au progrès des services collectifs principalement financés par l’impôt

C’est donc l’efficacité du travail qui engendre des revenus, puis le fait de consacrer une bonne part de ces revenus aux services collectifs «qui nourrit le développement économique et permet le progrès social.».

Lorsqu’une société réduit la proportion des revenus consacrés aux services collectifs et augmente celle des profits, tout en ne limitant pas la spéculation qui ne produit rien d’utile, «elle réunit les deux mécanismes pervers qui engendrent toutes les crises du capitalisme.».

2. Les riches financent les programmes sociaux qui aident les pauvres.

Ici, Généreux résume ma pensée sur le sujet de façon lapidaire :

«Comme si la protection sociale et les droits sociaux étaient l’effet d’une générosité naturelle des capitalistes, et non le résultat de combats politiques et de luttes ouvrières contre lesquelles les patrons demandaient naguère qu’on envoie la troupe!»

Les néolibéraux prétendent toujours que les institutions nuisent à l’économie et lancent du même souffle que c’est grâce à leur générosité qu’elle existe! Il faut le faire!

«Certes conviendront les riches d’aujourd’hui, mais c’est quand même nous qui finançons les dépenses sociales.»

Combien de fois n’entendons-nous pas les riches (ou leurs haut-parleurs) dire qu’ils payent une part bien plus grande des impôts que les pauvres? Bien sûr, qu’ils en payent plus! Mais, d’où viennent leurs revenus? Il viennent essentiellement du travail de tous, comme Généreux l’a montré (avec l’appui d’Adam Smith!) dans l’examen de la première affirmation des néolibéraux. Ce n’est que parce qu’ils accaparent une part trop élevée des revenus (par les salaires que les dirigeants s’octroient, par un niveau de profit indécent ou par des gains issus de la spéculation) qu’ils sont riches! Dans un document souvent cité, l’Institut économique de Montréal affirme :

«le cinquième des contribuables avec les plus hauts revenus a gagné 50 % des revenus totaux au Québec, mais a payé 70 % de l’impôt sur le revenu québécois.»

Ils écrivent ça comme si le scandale était qu’ils ont payé une part plus grande des impôts que leur part de revenus, tandis que le véritable scandale est que le cinquième des contribuables les plus riches reçoive exactement le même revenu que les quatre cinquièmes! Quand on sait en plus que le revenu utilisé dans le calcul de l’impôt (qui est source de ces données) est amputé de nombreuses déductions fiscales, le scandale n’est qu’accentué! Généreux conclut donc logiquement :

«Ce sont en réalité les riches qui coûtent cher à la société et non l’inverse.»

Quand on considère en plus que les crises économiques résultent bien souvent des spéculations des riches dont les dégâts sont épongées par les sacrifices imposées au reste de la population (voir les plans d’austérité européens…), «les riches coûtent scandaleusement trop cher au reste de l’humanité.».

3. L’inégalité des revenus doit être encouragée

J’ai déjà démoli ce sophisme dans un billet intitulé Le partage des richesses.

Généreux, lui, aborde cette question en considérant qu’il s’agit «d’une double erreur, anthropologique et économique.». Dans L’Autre société, il a démontré que l’incitatif monétaire n’est pas nécessaire pour stimuler les êtres humains, la reconnaissance sociale et l’estime générale suffisant amplement. La recherche effrénée d’argent n’est-elle d’ailleurs pas mue justement par le désir du pouvoir et de la reconnaissance sociale? Au contraire, les inégalités amplifient le sentiment d’injustice de la population (pensons aux indignés du mouvement Occupons et de l’appui qu’il reçoit dans la population) et démotive la majorité.

Ensuite, les inégalités peuvent être bien moindre sans faire diminuer l’efficacité d’une économie, comme le montre bien le succès des économies scandinaves (là, Généreux rejoint les arguments et faits soulevés dans mon billet sur le partage des richesses). Il cite aussi comme exemple que les économies qui sont sorties le plus rapidement du sous-développement au XXème siècle étaient les moins inégalitaires et celles qui offraient le plus de services publics.

Il met d’ailleurs en garde contre l’utilisation unique du PIB pour faire ces comparaisons (on se rejoint encore…). Il faut aussi tenir compte d’autres indicateurs, comme la santé, l’éducation, l’analphabétisme, la prévalence de l’obésité et le taux d’emprisonnement.

«En bref, une nation se porte toujours mieux en limitant la part que les gagnants de la compétition économique peuvent prélever au détriment des autres membres de la société et des services collectifs.»

4. Si on décourage l’enrichissement des plus riches, ils iront ailleurs

«Au point où nous en sommes arrivés, on se demande bien quel imbécile souhaiterait retenir ou attirer les riches sur son territoire en se pliant à leurs exigences.»

Ce qui semble une boutade à première vue a en fait plus de substance qu’il n’y paraît… On nous fait craindre le départ de tous nos riches, pire de nos stars comme Luc Plamondon et Johnny Halliday… Notez qu’ils sont partis sans que les impôts augmentent!

Généreux réfute cette analyse. D’une part, il dit comme moi que cet exode, au delà de quelques anecdotes, n’existe simplement pas. D’autre part, il avance que les riches ne sont pas toutes des calculateurs qui effectuent leurs choix uniquement en fonction d’avantages monétaires. Ils appartiennent à une culture à laquelle ils tiennent. J’élaborais d’ailleurs dans le même sens dans mon billet sur l’impôt et l’exode des cerveaux. Généreux ajoute toutefois qu’ils recherchent l’acceptation sociale des leurs, ce qui complète encore mieux l’argument.

Mais, plus important encore est que la crainte de la fuite des entreprises et des riches ne correspond pas aux raisons normalement examinés pour investir ou s’établir dans un territoire donné. Par exemple, bien avant de regarder le niveau d’imposition, les entreprises qui veulent s’installer dans une région examinent la disponibilité et la qualité de la main-d’œuvre, la qualité des infrastructures, la stabilité politique, la proximité des marchés et d’autres facteurs qui dépendent bien davantage de la présence de services publics de qualité que de leur absence due à des impôts trop peu élevés!

Et alors…

La démonstration de Généreux est complète et convaincante. La réponse à la question de ce billet est donc claire : la prospérité des riches n’allège nullement la misère du monde. D’une part, ce sont les pressions de la population qui les obligent à se départir d’une partie des gains énormes qu’ils font en accaparant une part indue du résultat du travail du reste de la population, et, d’autre part, c’est la concentration de la richesse qui est la cause première de la misère.

Les riches pourraient au moins avoir la décence de payer leurs impôts sans rechigner, voire exiger, comme l’a fait Warren Buffett, d’en payer plus

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46 Commentaires leave one →
  1. the Ubbergeek permalien
    16 novembre 2011 00:16

    POUNAIDE/PWNED.

    Nice, vraiment, et je dit cà en bien.

  2. the Ubbergeek permalien
    16 novembre 2011 00:33

    «The accumulated filth of all their greed and sociopathy will foam up about their waists, and all the right-wingers and corporate ass-kissers will look up and shout ‘Save us!’… and I’ll look down and whisper, ‘No.’ They had a choice, all of them. They could have followed in the footsteps of good men, decent men who believed in helping their fellow man and freedom and justice for all. Instead they followed the droppings of greed-mongers, corporate apologists, anti-regulation «libertarians» and «traditional values» hucksters, and didn’t realize that the trail led over a precipice until it was too late. Don’t tell me they didn’t have a choice.»

    «La saleté accumulée de leur cupidité et la sociopathie débordera de leur taille, et tous les droitistes et adorateurs des entreprises vont s’inquiéter et crieront « Sauvez-nous! »… Et je vais les regarder et murmurerai, «Non . "Ils avaient le choix, chacun d’eux. Ils auraient pu suivre les traces des hommes bons, braves gens qui croyaient aux principes de l’aide à leur prochain, de la liberté et de la justice pour tous. Au lieu de cela, ils ont suivi les crottes des cupides, des apologistes d’entreprise, des libertariens anti-réglementeurs et les promoteurs des «valeurs traditionnelles», et n’ont pas réalisé que la piste qu’ils ont suivie nous a conduit au dessus d’un précipice jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Ne me dites pas qu’ils n’ont pas eu le choix ».

  3. 16 novembre 2011 05:43

    @ the Ubbergeek

    «POUNAIDE/PWNED.»

    Je ne comprends pas ce langage…

    D’où vient la citation de votre deuxième commentaire?

    Ce serait gentil de traduire : habituellement j’efface les commentaires uniquement en anglais… Là, je l’ai traduit (tant bien que mal…), mais c’est la dernière fois que je le fais pour vous. C’est long!

  4. 16 novembre 2011 06:45

    «si on décourage l’enrichissement des plus riches, ils iront ailleurs.«

    Combien de fois je me suis fait servir cette affirmation lors de discutions et je n’étais pas outillé pour y répondre, à toutes les fois. Maintenant je suis mieux armé pour contrer cet argument de merde, merci.

  5. 16 novembre 2011 06:49

    @ Yves

    «Maintenant je suis mieux armé pour contrer cet argument de merde, merci.»

    En plus, dans bien des cas, les riches obtiennent leurs revenus de leurs activités locales. S’ils vont ailleurs, ils perdront leurs revenus! Tout n’est pas délocalisable! ;-)

  6. 16 novembre 2011 08:10

    "La réponse à la question de ce billet est donc claire : la prospérité des riches n’allège nullement la misère du monde. "

    CQFD!

    On s’en doutait bien :) Excellent argumentaire.

  7. 16 novembre 2011 09:22

    Excellent billet ! Merci de nous présenter ici l’oeuvre de Généreux… Ça donne le goût de le lire.

    Cette semaine, les larbins de la droite américaine se sont acharnés sur Michael Moore en l’accusant d’être riche, donc d’être un hypocrite en se rangeant derrière les 99%… Évidemment, la droite québécoise a essayé de reprendre cet argument, le clown Duhaime en tête. Experts des syllogismes, la droite prétend donc que ceux qui s’identifient à la gauche et qui se portent à la défense des plus démunis ne peuvent pas connaître le succès. Ces derniers seraient donc des hypocrites car ils s’attaquent à un système (capitaliste) qui leur permet de s’enrichir. Les larbins de la droite ne peuvent pas faire la différence entre la démesure qui est actuellement dénoncée (spéculation) et la richesse qui provient d’une saine production.

    J’ai bien aimé la réaction de Michael Moore. Pour ceux qui sont à l’aise avec la langue de Shakespeare (trop long à traduire) : http://michaelmoore.com/words/mike-friends-blog/life-among-1

    Tiens, en faisant une recherche pour vérifier que ce billet était disponible ou non en français, je réalise que Quebecor a déjà repris la nouvelle…

  8. Benton permalien
    16 novembre 2011 10:37

    La connerie de la semaine que j’ai lu dans un commentaire du blogue de JF Lisée:
    "L’impôt des entreprises augmente les coûts de production qui eux, sont refilés aux consommateurs!"

    Il me semble que c’est d’une extrême facilité a comprendre que les coûts de production, que l’on paie 0% ou 100% d’impôt, reste les mêmes!

    À moins que les bénéfices soient un coût de production!

  9. 16 novembre 2011 15:48

    Dommage que David "The plain Truth" Gagnon n’ait pas songé à venir ici pour démolir cet argumentaire qui faêêê simple.

    Je comprends pas comment ses enseignements répétés – et pourtant si limpides – ne parviennent pas à convaincre tous ces obtus gauchissss qui se prétendent économissss et qui ne parviennent même pas à saisir que des riches qui sont libérés du fardeau des impôts auront plus d’argents à donner aux BONS pauvres. Quant aux MAUVAIS pauvres (les pauvres islamo-fémino-réchauffo-séparato-clamato-facho-marxistes), qu’ils crèvent!!! ;)

  10. the Ubbergeek permalien
    16 novembre 2011 15:51

    Argot du net.

    Citation d’un type sur le net, j’ai oublié où… mais épique.

  11. 16 novembre 2011 18:28

    @ Koval

    «Excellent argumentaire.»

    Je vais de ce pas le dire à Jacques Généreux! ;-)

    «Ça donne le goût de le lire.»

    Je te conseille La dissociété en premier et, pourquoi pas, Les vrais lois de l’économie. Et, si tu aimes ça, sache qu’il m’en reste deux à écrire sur des thèmes de La grande régression!

    «J’ai bien aimé la réaction de Michael Moore.»

    Intéressant, en effet!

    @ Benton

    «À moins que les bénéfices soient un coût de production!»

    Bonne conclusion! Si les profits étaient moins élevés, on paierait moins cher. Et ça, c’est vrai!

    @ Papitibi

    Attention, certains lecteurs distraits pourraient vous prendre au sérieux! ;-)

    «Dommage que David «The plain Truth» Gagnon n’ait pas songé à venir ici pour démolir cet argumentaire qui faêêê simple.»

    Oh, il réussirait sûrement en moins de 10 mots à défaire cet argumentaire de 1437 mots!

  12. 16 novembre 2011 20:48

    @Darwin
    "Attention, certains lecteurs distraits pourraient vous prendre au sérieux! "

    Un de ceux qui me prend trrrrès au sérieux, c’est Newt Gingrich (!), qui m’a mis au défi de spinner à BROIL sur un sujet à caractère économique: http://www.antagoniste.net/2011/11/15/letat-doit-il-vraiment-repartir-la-richesse/#comment-235628

    Ça va viendre: pauvre Gagnon…

  13. 16 novembre 2011 21:19

    @ Papitibi

    «Ça va viendre: pauvre Gagnon…»

    Faites, mais faites… Vous, vous êtes encore jeune, mais moi, je n’ai plus assez d’énergie pour ça! ;-)

  14. 16 novembre 2011 23:58

    N’empêche que M. Gagnon, qui ne tient pas a répartir "la richesse", s’obstine a vouloir répartir sa pauvreté d’esprit!

  15. 17 novembre 2011 00:03

    @Benton 23h58

    [Gagnon] "s’obstine a vouloir répartir sa pauvreté d’esprit!" ;) ;) ;)

  16. 17 novembre 2011 00:16

    C’est que ça ne lui coûte pas chère… (pour que ça vaut d’ailleurs!)

  17. 17 novembre 2011 05:11

    @Benton

    [Gagnon] « s’obstine a vouloir répartir sa pauvreté d’esprit! »

    Excellent en effet! Quel sens de la répartie!

  18. 17 novembre 2011 10:05

    @ Lutopium

    «Une réflexion intéressante…»

    J’ai lu… Il y a de bonnes choses dans ce texte, mais j’aurais quelques petites choses à redire, surtout sur son utilisation des données sur le faible revenu.

    Rapidement… En fait, les inégalités ont diminué entre 1976 et 1990 et se sont accrues par la suite. En ne regardant que le point de départ (1976) et le point d’arrivée (2009), il gomme les tendances.

  19. 17 novembre 2011 11:15

    Moi aussi je n’achète pas son truc au sujet de la pauvreté…l’indice utilisé est pervers, Darwin a écrit sur ça, j’y reviendrai!

  20. 17 novembre 2011 18:03

    @ Koval

    «l’indice utilisé est pervers»

    Comme je l’ai dit plus tôt, il ne tient pas compte des améliorations entre 1976 et 1990. J’ai trouvé le fichier qu’il a utilisé, le cansim 202-0706. J’arrive de fait à un rapport de 4,7 en 1976 et 4,8 en 2008 (je n’ai pas la donnée 2009), mais aussi à 4,1 en 1989 ! Cela représente une hausse de 18 % entre 1989 et 2008! Et il a pris les quintiles, donc les 20 % plus riches sur les 20 % plus pauvres, pas le 1 % comme les indignés!

    Cet indice est en effet particulier, disons. «ajusté pour tenir compte de la taille des ménages» veut dire qu’on ajuste les données en fonction du nombre de personnes par ménages. Avant 2008, on accordait 1 équivalent adulte pour le premier adulte de la famille et 0,4 équivalent adulte pour les autres membres. La nouvelle méthode est différente, mais donne, semble-t-il des résultats semblables :

    «Afin d’assurer une cohérence internationale et de faciliter le calcul du revenu familial ou du ménage ajusté, une nouvelle échelle est utilisée depuis la diffusion des données de 2008. Le revenu ajusté est maintenant obtenu en divisant le revenu familial ou du ménage par la racine carrée du nombre de membres dans la famille ou le ménage. Les estimations des années antérieures à 2008 ont été révisées en conséquence. Cette échelle d’équivalence donne un revenu ajusté qui est très proche de celui obtenu par l’ancienne échelle notamment chez les familles comptant 6 personnes ou moins.»

    Cela a du sens, mais ne tient pas compte des changements très importants survenus dans la composition des familles. Par exemple, seulement 7,6 % des familles n’étaient composées que d’une personne en 1976 par rapport à 18,3 % en 2009, soit 2,4 fois plus! Or, cela prend au total plus de sous par personne dans un ménage seul ou lorsque les familles sont plus plus petites. Une personne de plus coûte beaucoup moins que la première. Par exemple, une famille de 2 compte pour racine carrée de 2, soit 1,414, soit 0,414 de plus qu’un ménage d’une personne.

    Le mieux est toujours de prendre le coefficient de Gini après impôts et transferts. Or, il était de 0,353 en 1976, a baissé à 0,342 en 1989 et est remonté graduellement à 0,380 en 2008 (je n’ai pas les données de 2009).

    Bref, l’indice utilisé n’est peut-être pas pervers, mais c’est le seul qui lui donnait un argument, encore là en laissant de côté l’amélioration de la situation entre 1976 et 1989, puis sa dégradation après…

  21. 17 novembre 2011 19:15

    J’adore ça lorsque tu fais la leçon à Fortin !

  22. 17 novembre 2011 19:32

    Ouais, mais je vais encore me faire accuser d’être en guerre contre lui… quand, en fait, je suis en guerre contre tout le monde ! ;-)

  23. jack permalien
    19 novembre 2011 16:50

    Cette fois, tu es entièrement disculpé. Il est clair que c’est lutopium qui a amené le sujet (fort pertinent par ailleurs).

    L’autre fois c’était surtout la proximité de deux de tes billets qui m’avait laissé cette impression. Et il arrive plus souvent que je ne le voudrais que mes impressions me trompent. C’était le cas.

  24. Frequency permalien
    19 novembre 2011 16:51

    "Même Adam Smith, fondateur de l’économie classique, reconnaissait que c’est le travail qui est la source première de la richesse,"
    Ainsi, si l’Alberta est si riche et le Québec si moyen, c’est parce que l’ Alberta travaille en masse et que le Québec ne travail pas yâble! Le réservoir d’hydrocarbures contenu dans l’sol n’a manifestement rien à voir là dedans! :twisted:

    "L’inégalité des revenus doit être encouragée"
    La droite encourage-t-elle l’inégalité des revenus? Je crois plutôt qu’elle veut laisser faire "la main invisible" plutôt que de faire intervenir l’État pour provoquer la redistribution des richesses, elle ne veux pas nécessairement encourager l’inégalité.

    Mes 2 cennes…

  25. 19 novembre 2011 17:58

    @ Frequency

    «Ainsi, si l’Alberta est si riche et le Québec si moyen, c’est parce que l’ Alberta travaille en masse et que le Québec ne travail pas yâble!»

    Dans un des billets que je cite dans celui-ci, Le partage des richesses, je mentionne le rôle des matières premières : «Bien des facteurs autres que ceux mis en relation peuvent expliquer une forte égalité des revenus ou un PIB par habitant élevé. Par exemple, la présence de pétrole ou de diamants enrichit un pays (enfin, dans le calcul du PIB par habitant…), mais ne favorise pas nécessairement la baisse des inégalités.». Tout travail n’apporte pas nécessairement le même niveau de richesse. Et quand j’écrivais «enfin, dans le calcul du PIB par habitant…» c’était pour souligner que le pétrole amène son lot d’externalités très négatives non comptabilisés. Si on les comptabilisait, les Albertains seraient drôlement mojns riches!

    Les Chinois et les Indiens travaillent aussi fort que nous et sont moins «riches» et ce n’est pas la faute du pétrole! Votre commentaire touche en fait peu l’argument qu’il est censé contredire. Il demeure en effet que, sans travail, le pétrole resterait dans le sol et n’aurait aucune valeur monétaire. Sans ce travail, les entreprises ne toucheraient aucun revenu, ne pourraient épargner, ni réinvestir.

    En outre, ce ne sont pas non plus les investissements qui créent la valeur qu’on accorde au pétrole, c’est au pétrole lui même qu’on en accorde!

    «La droite encourage-t-elle l’inégalité des revenus? Je crois plutôt qu’elle veut laisser faire « la main invisible » plutôt que de faire intervenir l’État pour provoquer la redistribution des richesses, elle ne veux pas nécessairement encourager l’inégalité.»

    La main invisible, si une telle chose existe, en fait le laisser-faire, encourage automatiquement les inégalités. Elle entraîne en effet directement l’élimination de la concurrence et la création d’oligopoles et de monopoles. Et, en présence d’oligopoles et de monopoles, la main n’est plus guère invisible! Bref, en encourageant la main invisible ou le laisser-faire, la droite encourage les inégalités.

    En plus, si vous connaissez un peu nos amis de droite, désolé, mais je les ai lus très souvent dire que les inégalités favorisent la richesse grâce à l’efficacité des incitatifs à devenir plus riche… J’ai eu assez de débats avec Minarchiste et surtout Philippe David sur le sujet pour le savoir! Et n’est-ce pas vous qui m’avez montré un billet d’un obscur droitiste qui vous avait convaincu (enfin, c’est ce que vous disiez…) que l’égalité défavorise la création de richesse? Faudrait savoir…

  26. the Ubbergeek permalien
    19 novembre 2011 18:01

    J’en connais des droitistes moi-même (peut-on être ami avec des gens aux idées très opposées aux nôtres?), certains s’en foutent des inégalités, disons.

  27. 19 novembre 2011 18:05

    @ the Ubbergeek

    «J’en connais des droitistes moi-même (peut-on être ami avec des gens aux idées très opposées aux nôtres?), certains s’en foutent des inégalités»

    S’ils s’en foutent, c’est qu’ils ne les combattent pas. Et je le répète, le laisser-faire entraîne irrémédiablement la hausse des inégalités.

  28. the Ubbergeek permalien
    19 novembre 2011 18:21

    En effet. :/

  29. 19 novembre 2011 19:48

    @ the Ubbergeek

    «peut-on être ami avec des gens aux idées très opposées aux nôtres?»

    On peut avoir d’autres intérêts communs que la politique! J’ai des amis passablement à droite (et même religieux!). En général, nous évitons les sujets qui risquent de nuire à nos rencontres, mais nous y touchons parfois.

    À un ami médecin qui plaidait pour la privatisation des cafétérias dans les hôpitaux pour faire baisser les coûts de la santé, j’ai rétorqué que je me sentirais gêné, avec mon salaire, de faire baisser les salaires de beaucoup de mes concitoyens de 15 $ l’heure à moins de 10 $ (c’était il y a une dizaine d’années…) pour payer quelques dollars de moins d’impôt. Comme il gagnait au moins trois fois mon salaire (et sûrement plus!), la conversation s’est arrêtée là (sur ce sujet!)!

  30. Frequency permalien
    19 novembre 2011 23:47

    C’est aussi la position que j’ai rencontré, je ne me rappelle pas d’avoir lu un dretteux qui affirmait qu’il fallait sciemment encourager les inégalités. Ils ne sont que contre l’interventionnisme, du moins ceux qui s’affirment libertariens.

  31. Frequency permalien
    19 novembre 2011 23:52

    "Elle entraîne en effet directement l’élimination de la concurrence et la création d’oligopoles et de monopoles. .
    On ne pourra pas le savoir, tant qu’on ne l’essayera pas! :twisted:

  32. 19 novembre 2011 23:59

    @Frequency

    "Je ne me rappelle pas d’avoir lu un dretteux qui affirmait qu’il fallait sciemment encourager les inégalités. Ils ne sont que contre l’interventionnisme, du moins ceux qui s’affirment libertariens."

    C’est comme moi, en tant que gauchiste, je ne dis jamais "ça m’pique" je dis seulement "ça m’gratte" ;)

  33. 20 novembre 2011 00:06

    @ Frequency

    «On ne pourra pas le savoir, tant qu’on ne l’essayera pas!»

    Ne pas essayer le laisser-faire total?

    J’abandonne, vous avez raison sur tout. Vos arguments sont tellement convaincants que je me demande ce que je fais encore à désinformer les gens avec mes billets…

    Je déménage de ce pas en Somalie!

  34. 20 novembre 2011 00:18

    Magnifique régime!

  35. Francois Babin permalien
    21 novembre 2011 15:20

    Luc Plamondon est pas le meilleur example au monde pour vous. En réalité vous devriez le dénnoncé au même titre que des fraudeurs…

    http://mobile.ledevoir.com/culture/musique/115446/comment-luc-plamondon-les-stones-u2-et-d-autres-artistes-evitent-de-payer-des-impots

    http://www.leblogueduql.org/2007/01/les_artistes_et.html

  36. 21 novembre 2011 18:02

    @ Francois Babin

    «Luc Plamondon est pas le meilleur example au monde pour vous. En réalité vous devriez le dénnoncé au même titre que des fraudeurs…»

    Vous avez dû manquer le sens de cette partie du billet. J’ai dénoncé de nombreuses fois le manque de solidarité de Luc Plamondon, son culot quand il vient ici dire à nos gouvernements de lui accorder des droits d’auteur plus élevés, alors qu’il a quitté pour l’Irlande pour payer moins d’impôt et pour la Suisse par après pour en payer encore moins!

    Ce que je disais dans ce billet est que ces cas sont heureusement très rares (anecdotiques plus qu’exemples de tendances), tellement qu’on a de la difficulté à trouver beaucoup d’exemples… Même le blogue du QL ne donne pas d’autre exemple que Plamondon pour le Québec et parle de Halliday comme moi! S’il y en avait tant que ça, on aurait droit à une liste!

    Mon autre exemple était Gilles Villeneuve, mais il est mort depuis longtemps! En plus, il semble que son fils soit revenu!

  37. Serge-Étienne Parent permalien
    23 novembre 2011 16:18

    Pas un autre fan d’Alan Moore… ;)

  38. the Ubbergeek permalien
    23 novembre 2011 19:01

    Watchmen est un classique.

    (La culture des USA a donné beaucoup au monde, des fois plus songé et ‘deep’ qu’on le pense, mais vous le savez bien on dirait aussi.)

  39. Serge-Étienne Parent permalien
    24 novembre 2011 13:17

    Alan Moore, l’auteur de Watchmen, est britanique, non pas américain. Mais l’histoire se passe en effet aux USA. “American love, like coke in green glass bottles… they don’t make it anymore.”

    Hey, on parlait de quoi déjà, de la prospérité des riches?

  40. Étienne permalien
    31 août 2012 18:29

    J’y croyais pas non plus, mais j’ai utilisé cet article pour défendre le PQ dans une discussion… Le PQ propose actuellement de taxer davantage les plus riches, et on me disait qu’ils allaient tous quitter…

  41. 31 août 2012 18:44

    @ Étienne

    « j’ai utilisé cet article pour défendre le PQ dans une discussion…»

    Hahaha! Je me suis fait avoir! ;-)

    En fait, je n’ai rien contre la proposition d’ajouts de paliers du PQ, bien au contraire. Je suis même convaincu qu’elle est due à la présence de QS sur l’échiquier politique.

    J’ai aussi écrit un autre billet sur cette question, billet que je cite dans celui-ci.

    L’impôt et l’«exode» des cerveaux

  42. Étienne permalien
    31 août 2012 21:40

    @ Darwin
    Oui, j’ai lu cet article aussi… Merci beaucoup pour ces articles intéressant et très pratiques au cours de discussion.

    Je réfère souvent des gens à ces billets. Ils expriment clairement et efficacement des trucs que je n’ai pas envie de passer des heures à expliquer…

  43. 31 août 2012 21:42

    «Ils expriment clairement et efficacement des trucs que je n’ai pas envie de passer des heures à expliquer…»

    Tant mieux si ça aide! Merci pour les bons mots! ;-)

Rétroliens

  1. Le capitalisme vert «
  2. Une autre bière! «

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