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Les arguments d’autorité

30 novembre 2011

Dans un des premiers débats auquel j’ai participé sur un blogue, j’ai été confronté au concept des arguments d’autorité. La personne avec qui j’argumentais avait alors cité deux auteurs en appui à sa position. Je répliquai de la même façon. Mon interlocutrice m’accusa aussitôt d’utiliser des arguments d’autorité! Pis toé, répondis-je. Oh, moi, ce n’est pas pareil, répondit-elle. Je les cite car ce qu’ils disent correspond bien à ma pensée et je dois, par souci d’honnêteté dire que ces citations ne viennent pas de moi, mais de quelqu’un d’autre…

Je vous passe la suite… sauf que la dame avait étalé son titre professionnel et ses expériences pas nécessairement liés au domaine que nous discutions dès son premier commentaire! Mais, peu importe, est-ce vraiment interdit d’utiliser des arguments d’autorité? Sinon, quand et comment est-ce correct de le faire?

Personnellement, j’évite ces arguments autant que possible. Même si j’écris souvent sur l’économie, je ne crois pas avoir parlé de formation ou d’expériences de travail dans le domaine. Je me disais de façon un peu prétentieuse que ça paraîtrait! Et je ne crois pas avoir eu complètement tort…

Les titres de compétence

Lorsque le titre de compétence n’est nullement lié au sujet du débat, il est clair qu’il est déplacé d’utiliser un titre de compétence pour donner du poids à ses arguments. Le fait de savoir qu’un commentateur est titulaire d’un doctorat en microbiologie (quel exemple bizarre!) n’apporte pas grand chose quand le débat porte par exemple sur le port du voile dans les établissements publics. À quoi sert de savoir que l’auteur de cette lettre est «directeur du département des sciences économiques de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et fellow du CIRANO. » alors qu’il parle des effets du projet de loi C-10? Ce comportement me rebute tellement que je vais souvent par réaction accorder au contraire moins de poids aux arguments de ce genre de poseur. Je ne devrais pas, je sais, mais ce comportement m’horripile tellement…

Par contre, lorsque le titre de compétence est lié au débat, je n’ai généralement pas d’objection à ce que quelqu’un se serve de ses diplômes pour démontrer qu’il sait de quoi il parle. Qu’une diplômée en mathématiques ou qu’un juriste (mais où vais-je chercher ces exemples? 😉 ) mentionnent leurs compétences dans des débats qui portent sur ces sujets est de bon aloi. Par contre, même ces arguments d’autorité ne sont pour moi pas toujours pertinents.

Devrais-je par exemple cesser d’argumenter et plier l’échine devant tous les professeurs d’économie parce qu’ils ont des doctorats et ont enseigné cette matière pendant des années? Jamais! Pour moi, seules la qualité de leurs arguments (ou des données qu’ils utilisent) et la pertinence de leurs propos importent! Il m’est d’ailleurs arrivé à quelques reprises de publier des billets qui critiquaient des travaux réalisés par des professeurs d’université… Cela dit, jamais je ne les blâmerai de citer leurs compétences, sauf si c’est leur seul argument!

Les citations

Au nombre de billets que j’ai rédigés avec des citations, je serais bien mal placé pour m’y opposer! Il est au contraire essentiel de consulter ce qui a été dit sur un sujet par des penseurs de toutes les époques. Cela ne veut pas dire, loin de là, que tout ce qu’un grand esprit a dit doit être considéré comme parole d’évangile (surtout quand on n’a pas trop confiance en ce qui est écrit dans les évangiles!)! Il faut bien sûr relativiser en fonction de la différence entre les connaissances et les valeurs d’une époque et celles d’aujourd’hui, et surtout du contexte dans lequel une citation a été dite à l’origine.

Les experts

Il peut être pertinent d’appuyer un argument en citant des experts reconnus d’un domaine. Par exemple, citer l’ensemble de la communauté scientifique sur les conséquences du réchauffement climatique est tout à fait pertinent et éclairant. Par contre, citer les quelques dissidents dans le domaine sans mentionner qu’ils sont fortement minoritaires et souvent près de sociétés qui émettent des quantités énormes de gaz à effet de serre (comme les sociétés pétrolières) est carrément malhonnête.

Et que dire du suave «comme le disent les experts» quand on ne sait pas qui sont ces experts et quelle est leur expertise! Bref, oui aux experts, mais il faut encore une fois demeurer prudent et circonspect avant d’accepter leur verdict.

L’âge

Sujet délicat… Est-ce de bon aloi de citer son grand âge dans un débat pour appuyer ses arguments ou encore mentionner le jeune âge d’un opposant pour disqualifier les siens? Si je reconnais sans problème qu’on acquiert beaucoup de connaissances et d’expérience avec l’âge, j’ai énormément de difficulté avec ce genre d’argument d’autorité, tellement que je ne crois pas en avoir déjà utilisé.

Il y a de jeunes cons et de vieux cons (qui ont en général déjà été des jeunes cons!), comme il y a des jeunes allumés et des vieux plein de sagesse… Non seulement j’ai une certaine répulsion envers ce type d’argument d’autorité, mais je pense que si un commentateur plus âgé a acquis tant de connaissances et d’expérience, il n’a aucun besoin de ce type d’arguments pour faire valoir son point.

Et alors…

Alors, le verdict est mixte. Autant il existe des arguments d’autorité trompeurs, inappropriés ou seulement inutiles, autant d’autres peuvent être pertinents. Tout dépend du type d’argument et du contexte.

J’ai d’ailleurs utilisé deux arguments d’autorité dernièrement dans une assemblée. La première en mentionnant ma participation au comité à l’origine d’une proposition et la deuxième en soulignant que j’avais siégé 10 ans sur des conseils d’orientation et d’établissement d’une école secondaire pour appuyer ce que je disais d’une proposition touchant justement les écoles secondaires. Je crois que c’était pertinent, mais gardant une certaine gêne avec ce type d’argument, j’ai ajouté de moi-même qu’il s’agissait d’arguments d’autorité!

Je sais qu’il est parfois frustrant d’entendre ou de lire des arguments complètement en dehors de la carte sur un sujet qu’on possède sur le bout des doigts. Mais, je trouve plus stimulant et aussi plus correct de les contredire en soulignant leurs faiblesses et la force des siens qu’en étalant ses expériences et en attaquant le manque de connaissances de son opposant!

Cela dit, je pécherai probablement au moins trois fois avant le chant du coq…

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24 commentaires leave one →
  1. 30 novembre 2011 7 h 43 min

    Excellente réflexion…

    « Par contre, citer les quelques dissidents dans le domaine sans mentionner qu’ils sont fortement minoritaires et souvent près de sociétés qui émettent des quantités énormes de gaz à effet de serre (comme les sociétés pétrolières) est carrément malhonnête. »

    Yep : http://www.carbonbrief.org/blog/2011/04/900-papers-supporting-climate-scepticism-exxon-links

    Comme l’a déjà dit quelqu’un sur la blogosphère (koval je crois), la lecture du Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle de Normand Baillargeon devrait être obligatoire…

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  2. Anodin permalink
    30 novembre 2011 7 h 49 min

    J’ai 58 ans, aurais pu être mais ne suis pas médecin, juriste, C.A., ou autre. Je suis chauffeur d’autobus scolaire et développe très peu d’opinions formelles. Toutefois j’apprécie votre autocritique monsieur Darwin et vous contredirez seulement sur ce poing (.)
    C’était une entrée en (la) matière. J’apprécie votre blogue et y reviendrai pour échanger sur d’autres points (.) En autant que je puisse–t-être de bonne poin(g)ture!

    amicalement

    anodin

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  3. 30 novembre 2011 8 h 28 min

    Ben moi, la formation des gens, c’est de l’info en soi pour moi. Quand j’arrive sur un blogue, la première fois, je vais lire à qui j’ai affaire.

    Ça aide à la compréhension ultérieure au niveau des échanges.

    Si le gars est économiste par exemple et qu’il me suggère « Money as debt » comme vidéo, alors je saurai que je suis devant un faux-cul, un imbécile ou un économiste de mauvaise foi.

    Bien sûr, on peut se servir de nos titres avec vanité, et ça, ça écoeure bien certainement tout le monde.

    Par contre, je ne vois pas où est l’argument d’autorité quand on cite des experts….

    Quand je vois rire Parizeau devant la dette du Québec et que je sais qu’il a été un excellent économiste, cela me rassure..

    L’argument de l’âge, c’est épais, ça c’est certain, mais j’aime bien savoir l’âge de mon interlocuteur. Cela peut changer mon propos, enfin, pas sur le fond mais sur la forme.

    Bref, moi, plus j’ai d’info sur la personne qui essaye de me bourrer, plus je suis contente! Surtout quand il s’agit des blogues où de sinistres individus écrivent plein de choses à nous faire tomber de nos chaises…

    Je me fous de ne pas savoir qui est la personne qui m’écrit mais j’aime bien savoir d’où elle vient, son expertise et son âge.

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  4. 30 novembre 2011 8 h 37 min

    @ Lutopium

    «Yep »

    Merci pour le lien! Il montre très bien que mon affirmation («qu’ils sont fortement minoritaires et souvent près de sociétés qui émettent des quantités énormes de gaz à effet de serre (comme les sociétés pétrolières) ») n’était pas gratuite. Le titre de l’article («Analysing the ‘900 papers supporting climate scepticism’: 9 out of top 10 authors linked to ExxonMobil») peut être traduit ainsi : «Analyse des «900 documents d’appui au scepticisme climatique»: 9 des 10 principaux auteurs sont liés à ExxonMobil».

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  5. 30 novembre 2011 8 h 45 min

    @ Koval

    «Ben moi, la formation des gens, c’est de l’info en soi pour moi.»

    Tout à fait, mais, comme tu le dis, certains, comme dans l’exemple que j’ai donné, s’en serve de façon vaniteuse. Moi aussi, ça m’énerve!

    «Cela peut changer mon propos, enfin, pas sur le fond mais sur la forme.»

    Idem. C’est quand on se sert de cet argument pour discréditer le fond que je trouve ça incorrect.

    «Je me fous de ne pas savoir qui est la personne qui m’écrit mais j’aime bien savoir d’où elle vient, son expertise et son âge.»

    Je regarde toujours ça en premier. Quand ce n’est pas indiqué, je cherche fréquemment sur Google!

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  6. 30 novembre 2011 9 h 06 min

    Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous avec vos formations respectives, mais moi, le fait d’être mathématicienne fait parti de ma personnalité, cela me définit en bonne partie, ça a formé ma personnalité et ça influence certainement ma façon de voir les choses.

    J'aime

  7. Benton permalink
    30 novembre 2011 12 h 14 min

    Les liens qu’une personne réfère m’aide beaucoup a cerner la personne. S’il réfère des sites ou « fondations » subventionner par le privé, c’est que l’information est « commandité », ils sont payés pour le dire… et il y des gens qui affirment que justement l’information est impartiale parce qu’elle ne provient pas un organisme public!!!
    Encore là, cela m’en dit beaucoup sur la personne…

    Certains ne voient pas de problème avec de l’information commandité. J’ai beau leur donner comme exemple qu’on n’entendra jamais une publicité commandité par Coke affirmer que Pepsi est meilleur.. parce qu’ils sont payés par Coke. Je ne vois pas qu’est-ce qui est difficile a comprendre dans cet exemple… (Et pourtant, je préfère Coke!)

    Remarquez que je n’accorde par plus de crédibilité a un type de gauche comme moi… qui réfère un site antisémite ou raciste. (Et je suis toujours d’autant plus surpris lorsque le type m’affirme qu’il ne voit pas le site comme racisme ou antisémite!)

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  8. 30 novembre 2011 17 h 57 min

    @ Anodin

    Bienvenue ici! Ce blogue modère toujours les premiers commentaires qui y sont envoyés. À l’avenir, ils devraient s’afficher immédiatement après les avoir envoyés.

    «Je suis chauffeur d’autobus scolaire»

    Là, on sait à qui on parle!

    «j’apprécie votre autocritique monsieur Darwin et vous contredirai seulement sur ce poing»

    😆 Ai-je prétendu ne jamais m’autocritiquer?

    «J’apprécie votre blogue et y reviendrai pour échanger sur d’autres points (.)»

    Content que ça vous plaise!

    «En autant que je puisse–t-être de bonne poin(g)ture!»

    Toute les pointures sont acceptées! Et on peut même les lancer sur une photo de quelqu’un qui nous déplaît! 😉

    @ Koval

    «moi, le fait d’être mathématicienne fait partie de ma personnalité»

    Moi, j’ai plus l’impression que c’est mon expérience dans ma profession qui fait davantage partie de ma personnalité que ma formation. Mais, chacun son karma!

    @ Benton

    «Certains ne voient pas de problème avec de l’information commandité.»

    Dans la même veine, ça me fait toujours rigoler quand un jounaliste interviewe un «expert» qui vante les services offerts dans son domaine… Par exemple, un représentant d’une firme qui conçoit des sites Web commerciaux qui dit qu’aucune entreprise ne peut se passer d’une vitrine sur Internet, ou que les entreprises québécoises sont dont ben en retard dans ce domaine… Ça peut être vrai, mais je souris tout le temps devant ce conflit d’intérêt patent!

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  9. 1 décembre 2011 11 h 59 min

    @Koval
    « le fait d’être mathématicienne fait parti de ma personnalité, cela me définit en bonne partie, ça a formé ma personnalité et ça influence certainement ma façon de voir les choses. »

    J’abonde UN PEU dans le sens de Darwin, en ce sens que c’est davantage l’expérience de travail que ma formation académique qui me définit. Normal; comme je l’ai souvent exprimé, de tout ce que j’ai appris à la fac, 98% est périmé. Il faut dire que cette formation a été enterrée par plus de 35 ans sur le terrain.

    Que reste-t-il de cette formation? Le réflexe de juriste, très certainement. Et la méthode d’analyse à travers ces grilles superposées que sont les lois, les règlements, la jurisprudence, les « textes savants » et les faits particuliers d’une affaire.

    Parmi les réflexes, celui de lire au delà des mots… et au delà du sens profane; et ça, justement, c’est difficile pour le profane, qui va argumenter à coup de Petit Robert, alors qe moi, la définition, je la prends directement dans la Loi. C’est plus sûr…

    Lire au delà des mots apparents, parce que parfois, la Cour Suprême modifie légèrement le sens auquel on doit s’attendre. Un exemple assez fréquent: la version anglaise dit SHALL DO alors que la version française dit PEUT FAIRE. Ne riez pas, c’est arrivé des centaines de fois dans les lois fédérales et il faut alors aller voir ailleurs pour tenter de comprendre.

    Ou encore, après un raisonnement de 80 pages tissées serré, la Cour conclut que pour telle ou telle raison, tel article est de portée plus limitée qu’il n’en a l’air…

    = = =

    Jamais je ne vais m’obstiner avec un VRAI économiste (je parle pas des charlatans qui pullulent) sur un sujet qui appartient à son domaine d’expertise; en revanche, j’attends d’un philosophe (que j’appellerai Nicolas Beaudin), d’un PhD en histoire (que j’appellerai J-P Coupal) ou d’un PhD en micro-biologie moléculaire qu’ils me rendent la pareille. Après tout, eux qui ont bêché 3, 5 ou 8 ans à l’Université sont bien placés pour savoir qu’il faut apprendre pour savoir!!!

    = = =

    Si je dis que, à mon avis, le jugement va être renversé dans l’affaire LOLA, c’est une opinion. Peut-être mieux argumentée qu’une autre, mais ça demeure une opinion. Mais quand j’écris, référence à l’article de Loi à l’appui (avec hyperlien en prime), que la LOÂ, c’est ça… bin là, c’est pas une opinion, c’est une description de l’état du droit.

    Ça n’empêchera pas un philosophe, un microbio ou un histârrieu de contester mon affirmation et d’affirmer que je suis ignorant. Et là, désolé, mais je n’ai plus aucune raison de respecter cet interlocuteur…

    Bon, ce commentaire est déjà long…

    J'aime

  10. Benton permalink
    1 décembre 2011 12 h 32 min

    Récemment, une personne affirmait qu’il était contre la « formule Rand » et qu’on devrait avoir le choix « individuel » d’être syndiqué ou non.
    Je lui avait fait part que techniquement, c’est la tâche qui est syndiquée, c’est-à-dire couvert par un contrat de travail et que l’employé se retrouvait finalement syndiqué par la force des choses. Par contre, l’employé peut ne pas être syndiqué en effectuant des tâches non couvertes par le contrat de travail. Le problème, c’est l’employeur qui décide!
    Comme quoi le « libre choix » est très restreint en milieu de travail…

    J’ai terminé en disant que certains avaient une « méconnaissance » d’un syndicat et de l’application d’un contrat de travail, méconnaissance entretenue par des stéréotypes.

    J’ai vite compris que pour le type, parler de « méconnaissance », c’était comme le traiter « personnellement » d’idiot!

    Comme quoi, pour citer quelqu’un, l’amour propre c’est tout, sauf propre….

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  11. 1 décembre 2011 17 h 47 min

    @Papi

    « J’abonde UN PEU dans le sens de Darwin, en ce sens que c’est davantage l’expérience de travail que ma formation académique qui me définit »

    En math, c’est particulier et puisque je suis restée proche de l’université, j’avoue que je me sers de 150% de ce que j’y ai appris.

    Les maths, ça ne change pas à la base. Bien certainement, les applications mathématiques font parti de mon expérience, mais moi, quand j’ai compris une bébelle et que je sais comment l’appliquer, je suis déjà tannée, j’aime bien passer à d’autres apprentissages.

    Le seul avantage que j’ai dans mon boulot, c’est que régulièrement, je me tappe de nouvelles théories mathématiques concernant de nouvelles façons de modéliser. C’est ce que j’aime le mieux, revenir à ma formation de matheuse.

    J’ai un plus grand sentiment d’appartenance envers ma secte de matheux qu’envers ma boîte.

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  12. 1 décembre 2011 18 h 36 min

    @ Papitibi

    «Jamais je ne vais m’obstiner avec un VRAI économiste (je parle pas des charlatans qui pullulent) sur un sujet qui appartient à son domaine d’expertise»

    Moi oui! Le champ d’expertise de trop d’économistes est théorique, alors que le mien est davantage pratique.

    @ Koval

    «J’ai un plus grand sentiment d’appartenance envers ma secte de matheux qu’envers ma boîte.»

    Moi, ce n’est vraiment ni avec un, ni avec l’autre, mais pas mal avec mon champ d’expertise.

    @ Benton

    «Je lui avait fait part que techniquement, c’est la tâche qui est syndiquée, c’est-à-dire couvert par un contrat de travail et que l’employé se retrouvait finalement syndiqué par la force des choses.»

    Exact. J’ai même changé de syndicat une fois en changeant de poste.

    «Le problème, c’est l’employeur qui décide!»

    La définition d’une unité syndicale ne relève pas que de l’employeur. Il y a d’ailleurs souvent des recours qui sont exercés lorsqu’un employeur veut exclure un poste du champ d’application d’une convention collective.

    «J’ai vite compris que pour le type, parler de “méconnaissance”, c’était comme le traiter “personnellement” d’idiot!»

    Il y a des gens susceptibles!

    «Comme quoi, pour citer quelqu’un, l’amour propre c’est tout, sauf propre…»

    😆

    J'aime

  13. Benton permalink
    2 décembre 2011 12 h 28 min

    «Le problème, c’est l’employeur qui décide!»

    Je veux dire que c’est l’employeur qui décide de la tâche que l’employé va effectuer. Si la tâche est couverte par un contrat de travail, l’employé sera syndiqué, sinon il sera cadre.
    Si l’employé syndiqué ne veut plus (ou pas) être syndiqué, il n’a qu’a viser les tâches cadres…. mais au final, c’est l’employeur qui a le dernier mot de qui sera cadre ou non… (A moins que la convention collective le balise, ce qui est rare….)

    Pour le reste, j’ai déjà aussi changé de syndicat, par contre sans changer de poste, mais c’est un droit collectif…

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  14. 2 décembre 2011 19 h 44 min

    @ Benton

    « Si la tâche est couverte par un contrat de travail, l’employé sera syndiqué, sinon il sera cadre.»

    Dans bien des milieux de travail, les cadres inférieurs sont syndiqués! Cela dit, je suis d’accord que l’employeur a le choix de la définition des tâches. Mais, il est déjà arrivé que des employeurs créent des «faux cadres» dont la définition des tâches a été contestée par le syndicat.

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  15. 3 décembre 2011 0 h 11 min

    @Darwin
    « Dans bien des milieux de travail, les cadres inférieurs sont syndiqués!  » – 19h44

    J’allais faire le même commentaire!

    = = =

    « Moi oui! Le champ d’expertise de trop d’économistes est théorique, alors que le mien est davantage pratique. » – 18h36

    De mon côté, si mes connaissances en droit des médias sont plutôt académiques, dans les domaines où j’ai plaidé pendant + de 30 ans, mettons que mes connaissances tombent dans le pratico-pratique, et ça colore bon nombre de mes interventions.

    L’Abitibi n’est pas un choix très judicieux pour qui entend pratiquer en droit des médias! À mon arrivée, Radio-Nord était dirigée depuis Rouyn-Noranda, mais l’actionnariat était à Amos. À mon arrivée, l’hebdo La Frontière était dirigé depuis Rouyn par un propriétaire-éditorialiste-journaliste-polémiste du nom de Jean-Pierre Bonneville. Excellente plume. LA Lise Payette (et son mari) y ont travaillé.

    Après quelques années, Radio-Nord a transféré sa direction en Outaouais, où elle opère les réseaux TVA et V. Aujourd’hui, le siège social est à la Place Ville-Marie. Quant aux hebdos abitibiens, Quebecor en a rapidement fait l’acquisition. Le cablo? Depuis longtemps une filiale de Bell Alliant. Tout ça pour dire que je n’ai jamais eu l’occasion (si, à quelques reprises!) de mettre à profit mes compétences dans ce domaine; une entreprise basée à Montréal fait affaires avec des avocats de Montréal. Period.

    Mais à tout prendre, je préfère avoir développé d’autres champs d’expertise, dont celui que les anglos appellent « la litigation ».

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  16. the Ubbergeek permalink
    3 décembre 2011 2 h 58 min

    Parlant d’autorité, un type qui en connais sur la situation des amérindiens et chastisent les harperites, sur la réserve en ontario;

    http://rabble.ca/news/2011/12/attawapiskat-firing-back-racist-rants-and-ignorant-responses-facts

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  17. 3 décembre 2011 6 h 42 min

    «chastisent les harperites»

    ???

    J’ai lu le début de l’article. Intéressant, mais rien que je ne savais pas… Alors, j’ai arrêté. Je lis lentement en anglais!

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  18. 3 décembre 2011 17 h 07 min

    @Darwin
    « rien que je ne savais pas… Alors, j’ai arrêté. Je lis lentement en anglais! »

    Dans l’ensemble, le plaidoyer de l’auteure – une métisse albertaine qui fait son droit (B.CL.) à Montréal (McGill offre le Bacc en Common Law, UdeM offre un Bacc plus spécifique au Québec) est percutant; elle démolit les prétentions de Harper et explique pourquoi il a tort. Et elle explique aussi que, aussi longtemps que le Indian Act (« Loi sur les Indiens ») sera en vigueur, le Fédéral a des obligations statutaires envers les premières Nations – obligations qu’il remplit tout croche et pas complètement.

    Ça me fait penser à la « madame du Plasma » (j’ai lu l’expression sur Antagoniste!), Tasha Kheiriddin, qui échange avec Lagacé-Dawson, Lisée et Frulla-Hébert les jeudis au téléjournal de fin de soirée: déménageons la communauté d’Attawapiskat plus au sud, là où il y a des routes!

    Les caribous vont suivre?

    Les mohawks ne chassent pas le caribou, eux, alors Kahnesatake, ça peut leur convenir. Mais les Cris?

    Prochaine étape: déménager les Inuit à Drummondville?

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  19. 3 décembre 2011 18 h 13 min

    «Prochaine étape: déménager les Inuit à Drummondville?»

    Vous me faites penser à une étude que j’ai lue récemment où on voulait favoriser le déplacement des gens des régions vers les lieux «où il y a plus d’emplois à temps plein». J’ai gardé les coordonnées dans ma «liste», je vais peut-être écrire là-dessus à un moment donné…

    J'aime

  20. 3 décembre 2011 21 h 09 min

    @Darwin 18h13
    « favoriser le déplacement des gens des régions vers les lieux «où il y a plus d’emplois à temps plein». »

    = = =

    Bon bin alors, qu’on les amène à Rouyn-Noranda ou à Val d’Or!

    Sur le plan culturel, ils vont être étonnés…
    Le problème n’est pas de trouver un job, mais de trouver à se loger. L’UQAT et le CEGEP attirent des étudiants étrangers avec des programmes reliés à l’exploitation de la ressource. Des Chinois, notamment. Mais parfois, le programme doit être annulé, non pas faute d’inscriptions, mais faute d’espaces locatifs.

    Il y a quelques semaines, la Ville de Rouyn-Noranda a mis en vente une trentaine de terrains desservis par les réseaux d’utilités publiques; une quinzaine d’acquéreurs ont passé la nuit devant l’Hôtel de ville, pour s’assurer d’être les premiers à entrer le lundi matin, et pour s’assurer d’avoir la chance d’en acheter un!

    On vient d’ajouter plus de 250 logements locatifs; le taux de vacance est demeuré inférieur à 0,5% (½ de 1%). Même chose à Val d’Or.

    Suffirait de construire pour que la population de R-N passe de 40000 à 60000 d’ici 10 ou 15 ans. Mais voilà, les carnets de commande sont pleins, et les entrepreneurs ne suffisent pas à la tâche.

    On s’étonne de l’ampleur de la fosse Osisko, à Malartic? Hé Hé, il y en aura d’autres… dont une mine de nickel (en milieu rural) dont la fosse mesurera 4,5 km de longueur par 1,5 km de largeur.

    By the way, le Plateau Mont-Royal fait 2,6 km entre l’Avenue du Parc et Iberville. Cette fosse couvrira plutôt la distance entre l’Avenue du Parc et Pie IX.

    En Métro: Place des arts / St-Laurent / Berri-UQàM / Beaudry / Papineau / Frontenac / Joliette / Préfontaine / Pie IX…

    C’est long longtemps!

    Alors imaginez les millions de tonnes de résidus miniers!

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  21. 3 décembre 2011 21 h 31 min

    @ Papitibi

    «Le problème n’est pas de trouver un job, mais de trouver à se loger.»

    Vas-tu falloir vous mettre en tutelle? 😉

    «Alors imaginez les millions de tonnes de résidus miniers!»

    Ben voyons, c’est une image du passé ça! Ils les font disparaître, les résidus, maintenant!

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  22. the Ubbergeek permalink
    8 décembre 2011 16 h 45 min

    Pârlant de Joe Connaissant… Ca soir sur Bazzo.tv, ce djeune arroagnt et vaniteux Bock-Coté qui se prend pour un phare intelectuel (de droite) et un autre débatrons sur l’immigration – ‘50,000 immigrants par année ext-ce trop?’.

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  23. 8 décembre 2011 17 h 07 min

    @ the Ubbergeek

    «Pârlant de Joe Connaissant… Ca soir sur Bazzo.tv, ce djeune arroagnt et vaniteux Bock-Coté qui se prend pour un phare intelectuel (de droite) et un autre débatrons sur l’immigration – ’50,000 immigrants par année ext-ce trop?’.»

    Daniel Weinstock est l’autre en question et il est capable de se défendre. À moins de regarder sur le Net, je ne pourrai probablement pas voir ça, car j’ai une réunion ce soir… Reviendrai-je à temps? J’en doute…

    J'aime

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