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Jacques Généreux et les banques publiques

20 décembre 2011

J’ai terminé il y a peu le dernier livre de Jacques Généreux, Nous, on peut!. Même s’il est intéressant, il représente surtout un résumé de ses livres précédents, résumé mis en contexte de la crise actuelle en Europe et des moyens préconisés par le Parti de gauche (et le Front de gauche) pour en sortir. En développant les solutions avancées par ce parti, il met aussi la table pour l’élection présidentielle de 2012 en France. Dans ce sens, je recommande bien davantage la lecture de ses livres précédents, regroupés en trois tomes sous le titre À la recherche du progrès humain (La dissociété, L’autre société et La grande régression). On peut lire une courte et positive critique de ce livre dans un article du Devoir, Contre la rengaine de l’impuissance.

Cela dit, en élaborant sur les solutions à la crise, la section où il parle de la possibilité de créer une banque publique a attiré mon attention, non seulement parce qu’il n’en avait pas parlé dans ses bouquins précédents (plus axés sur les principes et les concepts que sur les solutions précises), mais aussi parce que ce sujet était à l’ordre du jour du congrès de Québec solidaire au début décembre. J’en ai d’ailleurs glissé un mot dans le billet que j’ai écrit sur les principales résolutions adoptées lors de ce congrès.

Rester dans la zone euro ou la quitter?

Généreux précise d’entrée de jeu que ce n’est pas l’euro qui est responsable de la crise actuelle en Europe. Il partage d’ailleurs cette analyse avec bien d’autres économistes, dont Paul Krugman (qui en parle en des termes un peu différents entre autres ici). Voici ce que Généreux en dit :

«La quasi-totalité des méfaits habituellement imputés à l’euro sont plutôt l’effet combiné d’autres règles et institutions, des choix politiques gouvernementaux et du pouvoir exorbitant des gestionnaires de capitaux dans le capitalisme financiarisé. (…) L’orientation de la politique monétaire n’est pas imputable à l’existence ou non d’une monnaie unique; elle est imputable aux statuts de la banque centrale et à l’orientation idéologique de ses dirigeants (choisis par les gouvernements).»

Pourtant, il est le premier à reconnaître que l’euro «n’est pas et ne peut pas être une zone monétaire optimale», car la mobilité du travail n’y est pas suffisante (point que j’avais soulevé dans ce billet), les cycles d’activité des pays membres ne sont pas synchronisés et les structures économiques et sociales y sont trop différentes. Cela dit, l’union monétaire pourrait être bénéfique :

  • avec un plus haut degré de solidarité budgétaire;
  • avec plus de liberté aux pays pour compenser un choc par un niveau de déficit adéquat;
  • avec un nouveau statut à la banque centrale européenne (BCE), lui enjoignant d’intervenir pour soutenir l’emploi et de tolérer un niveau d’inflation un peu plus élevé;
  • avec des «mécanismes d’harmonisation des politiques fiscales et sociales, visant au minimum à protéger les États membres contre tout dumping fiscal ou social» (voir mon billet sur La concurrence fiscale);
  • avec un contrôle des mouvements de capitaux.

Malheureusement, la zone euro va presque directement en sens opposé. Elle privilégie l’austérité et laisse la BCE mener une politique monétaire rigoureuse, ce qui entraîne une réduction de l’activité économique, un taux de chômage élevé et une surévaluation de l’euro qui pénalise la compétitivité des pays européens, surtout ceux du sud qui subissent le plus durement ces politiques.

Ces politiques exacerbent en outre la concurrence entre les pays membres qui devraient plutôt collaborer. Malgré cela, Généreux considère que ce n’est pas l’euro qui est la cause du marasme actuel, mais bien les politiques néolibérales qu’on y adopte.

«la monnaie unique, en soi, n’implique pas la rigueur excessive ni la surévaluation; (…) la crise de la dette publique européenne et les difficultés pour l’affronter n’ont rien à voir avec l’euro; elles sont imputables à la libre circulation des capitaux avec le reste du monde, aux statuts de la BCE interdisant les concours directs aux besoins de financement publics et aux politiques délibérés des gouvernements européens.»

Le retour aux monnaies nationales

Si la sortie de l’euro permettrait aux pays d’agir sur le taux de change, de dévaluer leur monnaie et d’adopter «une politique monétaire strictement nationale», elle ne solutionnerait pas automatiquement la crise. En effet, si les pays européens continuaient à tabler sur la concurrence fiscale, ils se retrouveraient tous avec une monnaie dévaluée, pas plus compétitifs les uns avec les autres, mais avec une rivalité encore plus forte, sans avoir solutionné les problèmes de fond.

Pour Généreux, il ne s’agit pas de produire plus, mais de produire autre chose et de répartir plus justement les richesses.

«Les politiques et les grands travaux engagés pour développer les services publics, la recherche, les énergies renouvelables, la qualité écologique des logements, une agriculture soutenable, le ferro-routage [les trains!], la reconversion industrielle, etc., soutiendront plus sûrement l’emploi et les activités vraiment utiles que le ferait une dévaluation compétitive aux effets hasardeux.»

Les banques publiques

Après cette mise en contexte, on arrive au sujet du billet…

Contrairement à ce que prétendent les nationalistes (comme le Front national de Marine Le Pen en France), il n’est nul besoin de revenir aux monnaies nationales pour pouvoir mener une politique monétaire nationale différente.

«L’attraction spontanée exercée par cet argument vient de l’ignorance des mécanismes élémentaires de la création monétaire, et plus particulièrement d’une croyance erronée selon laquelle ce serait la banque centrale qui détiendrait le pouvoir de créer la monnaie. (…) Or, en réalité – comme l’apprend tout étudiant en première année d’économie – ce sont les banques ordinaires qui créent la monnaie en octroyant des crédits, par un simple jeu d’écriture.»

Et oui, le mécanisme de création de la monnaie est enseigné depuis des lustres (je l’ai enseigné moi-même au cégep il y a plus de 30 ans…), en France, comme ici ou ailleurs. Il n’est pas caché à la population, comme le prétendent les auditeurs convaincus de la vidéo L’argent-dette sur toutes les tribunes…

«Le système bancaire n’a besoin des concours de la banque centrale que pour faire face aux retraits en billets (dont l’émission est un monopole de la banque centrale), retraits qui ne représentent que 10 % à 15 % de la monnaie créée (l’essentiel de la monnaie circule entre comptes bancaires par virements, chèques et cartes bancaires). (…) Dans ce système, les banques publiques ont le même pouvoir de création monétaire que n’importe quelle banque privée, mais peuvent orienter leurs crédits vers des priorités définies par le gouvernement national, et ce, à des conditions plus avantageuses (du seul fait qu’elles n’ont pas besoin de prélever un profit à la charge des débiteurs).»

Et oui, le système de réserves fractionnaires tant décrié par les libertariens et même par certains progressistes peut servir à des fins louables! Il peut même permettre à un pays européen (ou à une province canadienne) d’adopter une politique monétaire différente de celle prônée par la banque centrale. Encore mieux, une banque publique peut disposer d’un fond de base très élevé pour appuyer ses activités de crédit.

«(…) si les crédits des banques publiques financent principalement des organisations (entreprises, administrations, etc.) astreintes à détenir leur compte principal auprès des banques publiques, alors ces crédits n’engendrent aucun retrait de billets et peu de sorties nettes de liquidités hors du pôle public bancaire. La monnaie créée par les crédits publics circule principalement par virements de compte à compte au sein des banques publiques et génère très peu de besoins de liquidité en compte à la banque centrale.»

Ce bout est un peu ardu à comprendre (il le fut pour moi, en tout cas). Ce qu’il faut retenir, c’est qu’une banque publique qui détiendrait tous les comptes principaux des établissements publics québécois (Hydro-Québec, hôpitaux, commissions scolaires, ministères, etc.) disposerait d’une base monétaire considérable pour pouvoir financer une foule de projets déterminés démocratiquement. Cette politique du crédit pourrait se réaliser sans avoir besoin d’une monnaie nationale (ou provinciale…). «On peut donc sortir du carcan néolibéral d’une politique monétaire inadaptée à un pays en particulier, sans sortir de l’UE [Union européenne] ou de l’euro.». Le même raisonnement s’applique à une province canadienne… même si elle a mille autres raisons de vouloir sortir du Canada. Mais, cela est un autre débat!

Et alors…

J’ai terminé ce livre juste avant le dernier congrès de Québec solidaire. L’association dont je fais partie et moi appuyions avant cela une proposition qui ne comprenait pas explicitement la création d’une banque publique. Cela dit, à la suite d’une discussion de congrès (caucus) que j’ai initiée, nous avons décidé de changer de position. Je dois préciser que certaines interventions au micro de délégués d’autres associations nous avaient aussi convaincus d’appuyer explicitement la création d’une banque publique.

Utopique? Beaucoup moins que l’idée qu’avaient eu quelques personnes il y a 110 ans de fonder une caisse populaire pouvant concurrencer des banques privées… Une chance que ces gens y ont cru!

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16 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    20 décembre 2011 20 h 32 min

    Les péripéties du mois de décembre (nombreuses démarches pour obtenir à nouveau mon Aide sociale, calculs pour évaluer les coûts d’un revenu minimum garanti de l’ordre de 15 000 $ par année), m’ont éloigné de la lecture de La dissociété que j’ai emprunté à la bibliothèque. Je viens de m’y plonger avec intérêt.

    Je me contenterai de dire que je suis perplexe devant le choix de Jacques Généreux de participer au « Parti de gauche ». Je suppose que si j’étais en France, le virage à droite du Parti socialiste français m’en aurait éloigné, moi aussi. En lisant l’article de Wiki sur ce sur Parti de gauche, j’ai l’impression qu’il s’agit d’un retour aux idées de la gauche radicale que j’ai jetées à la corbeille, sans les effacer définitivement.

    Je ne ferai pas de comparaison avec la politique québécoise : Parti québécois vs Québec solidaire.

    Par contre, l’idée d’une banque publique, même dans le cadre d’un gouvernement provincial, me semble intéressante.

    Je retourne à la lecture de La Dissociété.

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  2. 20 décembre 2011 21 h 20 min

    @ Richard Langelier

    «j’ai l’impression qu’il s’agit d’un retour aux idées de la gauche radicale que j’ai jetées à la corbeille»

    Ce n’est pas mon impression. Les idées ressemblent beaucoup à celles de QS sur bien des points : croissance différente, appui aux coop et autres formes d’entreprises collectives, écologie, etc. Et Généreux rejette fréquemment l’ancienne gauche radicale. Dans La dissociété, ne l’appelle-t-il pas l’hypersociété, aussi inhumaine que la dissociété?

    Finalement, vous devriez peut-être lire Nous on peut!. Le seul bout qui m’a ennuyé parlait quasiment de complot. Ça, je ne suis pas capable! J’avais senti une ou deux fois des allusions au complot dans les autres livres, mais de façon à peine perceptible. Je l’ai senti un peu plus dans celui-là, heureusement sur quelques pages seulement (des gens de droite saurait que leur système ne fonctionne pas, mais en ferait la promotion quand même pour les avantages qu’il leur procure; un peu comme Chossudovsky, en moins pire…). Mais, ça m’a déçu.

    Par contre, il élabore d’autres sujets avec beaucoup de lucidité (la vraie…) comme le bout sur l’analyse de la pertinence de sortir de l’euro et de fonder une banque publique.

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  3. 20 décembre 2011 22 h 29 min

    Ce n’est effectivement pas facile à comprendre la circulation/création d’argent.

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  4. 21 décembre 2011 5 h 05 min

    «Ce n’est effectivement pas facile à comprendre la circulation/création d’argent.»

    C’est en l’enseignant que j’ai vraiment compris le principe de la création de monnaie… Il le fallait bien! Mais, même en comprenant bien le principe, la façon dont ça se passe vraiment reste complexe et se heurte à notre conception usuelle de la monnaie. Ce n’est pas étonnant dans ce contexte que la vidéo «L’argent-dette» ait eu autant de succès..

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  5. Richard Langelier permalink
    21 décembre 2011 22 h 19 min

    @ Koval

    Lorsque j’ai fait mon bac en Économie, un prof nous vulgarisait le multiplicateur des dépôts ainsi :
    Quelqu’un a 100 $ dans un bas de laine. Il va ouvrir un compte dans une banque et y dépose ces 100 $. Comme c’est un compte à vue , la loi canadienne oblige l’institution bancaire à déposer à la Banque du Canada 8% de ce montant (évidemment, seuls les chiffres voyagent). L’institution bancaire peut donc prêter 92 $ à une personne qui les dépose dans un compte à vue. 8% de ces 92 $ doit être déposés à la Banque du Canada. L’institution bancaire peut donc prêter… Vous pourriez demander à vos étudiants de trouver la formule du multiplicateur. Si vous avez un Carl Friedrich Gauss dans votre classe qui trouve la formule en 30 secondes, le gouvernement Legault vous donnera une augmentation de salaire. Si vos étudiants ont des troubles d’apprentissage, on verra.

    Sur cette page: « Avant 1995, la banque exigeait que chaque banque à charte garde en réserve un minimum de liquidités (calculé en pourcentage des dépôts), sous forme de billets ou de dépôts à la Banque du Canada. Elle les obligeait aussi à maintenir des réserves secondaires, sous forme d’excédent de trésorerie, de bons du Trésor et de prêts au jour le jour aux courtiers en valeurs mobilières. La banque n’a jamais modifié ces ratios de réserve pour influencer la politique monétaire, et elle a graduellement éliminé ces exigences en 1994. ». Comment ça fonctionne depuis 1995? Nul doute que Darwin trouvera fort libidineuse la rédaction d’un commentaire ou d’un billet sur ce thème.

    Vous me demanderez sans doute, Koval, pourquoi ce multiplicateur des dépôts n’est pas un château de cartes qui peut s’effondrer si celui qui a sorti 100 $ de son bas de laine décide de fermer son compte. J’ai déduit que c’était parce qu’il y avait suffisamment de personnes qui avaient 100 $ dans un bas de laine qui choisissaient, elles aussi d’ouvrir un compte.

    Je crois que j’aurais dû me concentrer sur la métaphore économique des premiers écrits de Freud, d’autant plus que celle-ci était basée sur les théories économiques classique et néo-classique, lesquelles reposaient sur une interprétation candide de l’équilibre de la physique newtonienne et de la chimie lavoisiérienne. Certes, rien ne se perd, rien ne se crée, mais Investment = Savings ex post, expliquera Keynes, selon la prof qui m’a donné le cours sur Keynes.

    @ Darwin

    J’ai confondu Le Parti de gauche et le NPA. Selon Wiki, le NPA a été invité à se joindre au Parti de gauche. J’ose croire qu’il n’aura pas plus d’influence que les collectifs Parti communiste du Québec, Gauche socialiste et Tendance marxiste au sein de Québec solidaire aujourd’hui, si je me fie à la convivialité des débats et de la modération des propositions que j’ai observées lors des assemblées de Mercier et du dernier congrès de Québec solidaire, depuis mon retour.

    P.-S. En attendant de pouvoir participer à la Commission Économie, fiscalité et lutte à la pauvreté ou à un comité ad hoc, pour calculer le coût d’un revenu minimum garanti de l’ordre de 15 000 $, à présenter aux électeurs, je m’intéresse aux idiosyncrasies. Sur Presse-toi à gauche, Roger Rashi avait comparé Québec solidaire au NPA. Marc Bonhomme n’était pas d’accord. La page du texte de Roger Rashi semble introuvable.

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  6. 21 décembre 2011 23 h 04 min

    @ Richard Langelier

    «Comment ça fonctionne depuis 1995?»

    Aucune idée! Je connais bien le principe, mais pas les détails de fonctionnement.

    «Nul doute que Darwin trouvera fort libidineuse la rédaction d’un commentaire ou d’un billet sur ce thème.»

    Pas vraiment… et même pas du tout. Je me suis intéressé dernièrement à la monnaie et aux banques un peu à reculons, seulement pour mieux comprendre la dynamique internationale actuelle. Mais, et ce n’est pas la première fois que je le mentionne, ce domaine n’est pas mon favori, ni un de ceux que je possède le mieux.

    «J’ai confondu Le Parti de gauche et le NPA.»

    Je me disais bien aussi…

    «si je me fie à la convivialité des débats et de la modération des propositions que j’ai observées lors des assemblées de Mercier et du dernier congrès de Québec solidaire, depuis mon retour.»

    Ça me fait plaisir de lire ça! 🙂

    «pour calculer le coût d’un revenu minimum garanti de l’ordre de 15 000 $»

    Avec mes petits calculs approximatifs, ça m’étonnerait qu’un revenu minimum garanti «de l’ordre de 15 000 $» soit dans la plateforme. Mais, on verra.

    «Roger Rashi avait comparé Québec solidaire au NPA. Marc Bonhomme n’était pas d’accord.»

    Je n’ai pas tout lu le texte de Marc Bonhomme, mais je suis d’accord avec lui quand il dit que Roger Rashi exagère en comparant QS au NPA. Il mentionne même la comparaison avec le Parti de gauche (que je ne connais pas assez, mais qui me semble de fait plus près de QS. Par contre, lui-même exagère dans l’autre sens en comparanr QS au NPD.

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  7. 21 décembre 2011 23 h 49 min

    « Vous pourriez demander à vos étudiants de trouver la formule du multiplicateur. Si vous avez un Carl Friedrich Gauss dans votre classe qui trouve la formule en 30 secondes, le gouvernement Legault vous donnera une augmentation de salaire. Si vos étudiants ont des troubles d’apprentissage, on verra. « 

    ha ha ha! Très drôle! En plus, ça doit bien être la première fois que quelqu’un d’autre que moi, mentionne Gauss, le prince des mathématiques, sur un blogue de politique au Québec!

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  8. 23 mars 2012 17 h 02 min

    Y=B(1-x)/x
    Y = Montant total qui peut être prêté.
    x = taux de réserve (0 > x < 1)
    B = Montant du premier dépot
    ; )

    Est-ce que ça fonctionne?

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  9. 23 mars 2012 17 h 57 min

    @ Stéphane Racine

    Bienvenue ici!

    «Est-ce que ça fonctionne?»

    Oui! 🙂

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  10. 23 mars 2012 18 h 27 min

    Parfait! Je me suis bien amusé. En passant, votre article était très intéressant.
    Merci.

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  11. 23 mars 2012 20 h 33 min

    @ Stéphane Racine

    «En passant, votre article était très intéressant.»

    Ça me fait plaisir!

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  12. 2 juillet 2015 12 h 14 min

    « Il peut même permettre à un pays européen (ou à une province canadienne) d’adopter une politique monétaire différente de celle prônée par la banque centrale. »

    Je ne comprend pas comment un pays européen peut adopter une politique monétaire différente de celle prônée par la BCE via le système de réserves fractionnaires. Le seul outil auquel je peux penser est la réserve obligatoire mais celui-ci est pourtant strictement contrôlé par la BCE.

    http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=URISERV:l25045

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  13. 2 juillet 2015 13 h 48 min

    «Je ne comprend pas comment un pays européen peut adopter une politique monétaire différente de celle prônée par la BCE via le système de réserves fractionnaires. »

    Je ne peux pas ajouter grand chose que ce qu’il y a dans le billet. J’en comprends que lorsque la BCE a une politique restrictive (ce qui était le cas quand ce livre a été écrit, alors que son président, Jean-Claude Trichet a même fait augmenter les taux d’intérêt par crainte de l’inflation), la banque publique pourrait jouer à fond une politique de prêts qui créent automatiquement de la monnaie. Par exemple,, l’État pourrait emprunter à une banque publique pour partir des travaux d’infrastructure, sans avoir à passer par le «marché». Pour moi, cela est à cheval entre une politique monétaire et de dépenses. Il pourrait aussi utiliser sa banque pour prêter davantage à des projets privés, ce qui irait à l’encontre de la politique monétaire de la BCE.

    «Le seul outil auquel je peux penser est la réserve obligatoire mais celui-ci est pourtant strictement contrôlé par la BCE.»

    En fait, si je me souviens bien, les banques conservaient à l’époque bien plus que le taux de réserve obligatoire, ce qu’une banque d’État ne ferait pas nécessairement. Pour en savoir plus, écris à Jacques Généreux! 😉

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