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Jeanne-express – Les jouets

30 décembre 2011

Quel sujet peut-on aborder après avoir écrit sur l’économie féministe dans le temps des Fêtes? Justement, un article que j’ai lu juste après Noël fait le lien entre mon dernier billet et cette période de cadeaux.

Cet article, Garçons et filles sont différents face aux jouets, relate une étude réalisée par une psychologue, Joyce F. Benenson, affiliée à l’Université Harvard et au Collège Emmanuel de Boston, portant sur les préférences des bébés garçonnets et fillettes en matière de jouets. Selon l’auteure,

«Bien avant de réaliser leur sexe, plusieurs bébés garçons se montrent beaucoup plus captivés par la propulsion que les bébés filles. Une fascination qui permettrait d’expliquer leur engouement pour les camions, les épées ou d’autres jouets traditionnellement considérés comme masculins.»

Je vous laisse lire l’article pour découvrir comment elle en arrive à cette conclusion et les liens que fait la journaliste avec d’autres études (sans les citer…) qui arrivent à des conclusions semblables. Cela dit, la psychologue nuance ses résultats, mentionnant le rôle de l’environnement (quoique lui attribuant un rôle limité) et précisant que ces résultats ne s’appliquent pas de la même façon à tous les garçons et à toutes les filles. Et que l’entourage est soudain important («parce qu’elles grandissent entourées de frères»)…

Est-ce concluant? Pas cette seule étude, en tout cas. Elle ne portait que sur 45 bébés (le nombre de fillettes était donc différent du nombre de garçonnets, en fait 25 garçons et 20 filles…). Et elle base ses conclusions sur le comportement de 8 garçons et un tiers…

«Le tiers des 25 garçons ont regardé nettement plus longtemps les images d’hommes frappant les ballons. Et lorsqu’on leur en a ensuite remis un, ils ont passé plus de temps à imiter leur modèle. Aucune des 20 filles n’a eu le même comportement.»

Ça me semble bien faible comme échantillon et comme résultats. Il existe sûrement d’autres études arrivant à des conclusions différentes ou plus concluantes. Ce serait intéressant si quelqu’un pouvait nous en faire part…

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39 commentaires leave one →
  1. 30 décembre 2011 12 h 10 min

    « Ça me semble bien faible comme échantillon et comme résultats. »

    Pas moi!

    Quand on compare les pourcentages 0/20 et 8/25, on trouve une valeur p de 0.005 !

    Donc si on réussit à trouver que l’expérience est exempte de biais, c’est un résultat assez hors norme si on admet que les comportements ne devraient pas différer.!

    http://www.cons-dev.org/elearning/ando/tests/test0406.html

    Mais bon, je ne peux pas être certaine car les résultats ne sont pas clairement rapportés, comme d’habitude…si je pouvais lire l’article j’en conclurais possiblement autre chose.

    Je ne peux pas comprendre par l’assertion ci-dessous, quels sont vraiment les résultats.

    « Le tiers des 25 garçons ont regardé nettement plus longtemps les images d’hommes frappant les ballons. Et lorsqu’on leur en a ensuite remis un, ils ont passé plus de temps à imiter leur modèle. Aucune des 20 filles n’a eu le même comportement.» »

    Sont-ce des moyennes de temps qui ont été comparées?

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  2. 30 décembre 2011 12 h 12 min

    C’est une peu comique la psychologie, certains disent que tout se joue avant l’âge de 3 mois, et d’autres, comme les gens de cette étude, affirment qu’entre 6 mois et 1 an, l’enfant n’a pas connaissance de son sexe!!! Enfin, il ne sait pas son genre!

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  3. 30 décembre 2011 12 h 25 min

    @ Koval

    «Pas moi!»

    J’aurais dû être plus prudent! Le 0 me semblait fort, mais pas le 8. J’avais aussi un peu de difficulté à comprendre ce que ces 8 avaient fait et si cela était vraiment concluant par rapport aux conclusions. Un peu dans le sens de ce que tu dis («Je ne peux pas comprendre par l’assertion ci-dessous, quels sont vraiment les résultats.»). Mais, cela est nettement hors de mes compétences…

    «Donc si on réussit à trouver que l’expérience est exempte de biais»

    C’est un des gros problèmes avec les articles de journaux. On ne prend connaissance que des conclusions. C’est pourquoi je vais souvent lire les études dont on parle dans ce genre d’articles. Mais, c’est difficile de faire ça quand l’article ne fait que dire «d’autres études ». J’imagine que c’est la psy qui a dit cela, mais l’article ne le précise pas.

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  4. 30 décembre 2011 12 h 39 min

    « Le 0 me semblait fort, mais pas le 8. »

    ?!?!

    Ça vient ensemble, si on a contrôlé pas mal tout, la possibilité d’observer un tel écart en (0/20 versus 8/25) par simple fluctuations échantillonales (ou hasard) si on admet que les deux sexes se comportent de la même façon, est de 5/1000!!!!

    Donc on conclut à une différence…et ce n’est pas un résultat faible au sens stat!

    Quand on a un petit échantillon sans différence statistique, on peut invoquer la taille de l’échantillon, mais quand c’est significatif avec si peu d’observation, c’est significatif! Cela veut dire que l’effet est gros!

    Tiens! D’autres avaient observé la même chose!

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/08/20/01008-20110820ARTFIG00004-les-neurones-ont-ils-un-sexe.php

    « La plupart des parents ont des récits (…) sur les activités ludiques «typiques de leur sexe» de leurs très jeunes enfants. Et les recherches confirment que cette différence est remarquablement universelle. Qu’ils grandissent aux Etats-Unis, en Europe, au Japon et probablement n’importe où dans le monde, les garçons de 2 à 5 ans choisissent à une écrasante majorité le camion, la petite voiture, le ballon ou tout autre jouet « masculin » quand on leur offre le choix entre ces objets et une poupée. »

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  5. 30 décembre 2011 12 h 43 min

    « Mais, cela est nettement hors de mes compétences… »

    Non, ce n’est pas hors de tes compétences, je voulais juste comprendre la méthodo, comment a été construit l’expérience, une description des mesures prises..

    Pour savoir cela, il faut avoir accès à l’étude, l’article scientifique. Les journalistes vulgarisent souvent mal, ce qui embrouille tout!

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  6. 30 décembre 2011 12 h 49 min

    «?!?!»

    Ce que je trouvais étonnant, c’est que seulement le tiers des garçons réagissaient différemment, que les 2/3 faisaient comme les filles. Oui, les différences sont significatives (je ne m’obstinerai pas avec toi là-dessus!), mais je me pose des questions sur le phénomène comme tel et l’importance relative de ces différences. Ce qui reste encore plus nébuleux pour moi, c’est l’importance relative de l’inné et de l’environnement (ou de la culture) dans ces différences (à un âge plus avancé).

    Je vais lire ton lien et les autres articles qui y sont mentionnés.

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  7. 30 décembre 2011 12 h 59 min

    «Non, ce n’est pas hors de tes compétences,»

    Ce que je trouve hors de mes compétences, ce sont les conclusions qu’on peut tirer du fait que «Le tiers des 25 garçons ont regardé nettement plus longtemps les images d’hommes frappant les ballons.» Et du fait que : Et lorsqu’on leur en a ensuite remis un, ils ont passé plus de temps à imiter leur modèle.»

    Par ailleurs, juste après, la journaliste écrit :«Aucune des 20 filles n’a eu le même comportement.». Comment peut-on dire que certains ont passé «plus de temps à imiter leur modèle» ou ont «regardé nettement plus longtemps les images d’hommes» (cela veut dire que les autres l’ont fait, mais moins longtemps). Quel comportement n’ont-elles pas eu? Regarder «plus longtemps» et «imiter» plus longtemps?

    Ce n’est pas comme si elles n’avait pas du tout regardé ou n’auraient pas du tout imité. Cela aussi, je ne me sens pas compétent pour l’intrpréter.

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  8. Benton permalink
    30 décembre 2011 13 h 01 min

    Je crois que c’est Jules Renard qui disait préférer que la femme soit supérieure à l’homme qu’à se réclamer d’être notre égal!

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  9. 30 décembre 2011 13 h 03 min

    « Aucune des 20 filles n’a eu le même comportement. »

    Ouais! Moi aussi j’ai accroché sur ça! Je n’arrive pas à interpréter ce que ça veut dire! Passons! Nous n’avons pas la vraie source, à quoi bon!

    À la fin de l’article du Figaro que j’ai hyperlié, on semble prétendre que les résultats sur l’émotivité vont à l’encontre des stéréotypes! Les hommes seraient plus émotifs que les femmes, cela ne me surprendrait pas du tout comme résultat! 😉

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  10. 30 décembre 2011 13 h 05 min

    Ma mère aussi contestait l’égalité homme-femme, elle ne voulait pas redescendre jusque là! 😉

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  11. Benton permalink
    30 décembre 2011 13 h 08 min

    Une féministe américaine disait à la fin des années 60 qu’il fallait toujours faire deux fois plus que les hommes pour avoir les mêmes avantages, c’est-à-dire travailler deux fois plus, deux fois plus rapidement, deux fois mieux… mais qu’heureusement, c’est facile pour nous les femmes!

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  12. 30 décembre 2011 13 h 13 min

    «Je n’arrive pas à interpréter ce que ça veut dire!»

    Voilà! Et même si c’était plus précis, j’aurais de la difficulté à en tirer des conclusions aussi larges que celles qu’on peut lire dans l’article.

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  13. 30 décembre 2011 13 h 14 min

    C’est de Charlotte Whitton, une canadienne….

    http://en.wikipedia.org/wiki/Charlotte_Whitton

    Sa citation exacte:

    Quoi qu’elle fasse, la femme doit le faire deux fois mieux que l’homme afin qu’on en pense autant de bien. Heureusement, ce n’est pas difficile.

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  14. 30 décembre 2011 13 h 24 min

    Je pense qu’il existe vraiment des différences innées entre les hommes et les femmes, le problème, c’est la récupération des réactionnaires….

    Si on pouvait démontrer juste une petite différence disant par exemple que la femme résiste moins aux stress, ou démontrant une toute autre faiblesse par rapport à l’autre sexe!!!! Le bonheur que ça procurerait aux réactos serait vraiment trop démesuré! Cela servirait d’arguments pour nous retourner à nos chaudrons, c’est pour cela que ces sujets n’intéressent pas tellement les femmes 😉

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  15. 30 décembre 2011 13 h 33 min

    J’ai terminé l’article. Il est beaucoup mieux que celui de mon billet.

    «les préférences des garçons et des filles pour telle ou telle sorte de jouets sont clairement biaisées par certaines tendances innées, mais elles sont amplifiées par divers facteurs sociaux au premier chef desquels la prise de conscience qui s’impose à l’enfant qu’il est un garçon ou une fille.»

    C.est là le noeud difficile à défaire, déoartager la part d’inné et d’acquis.

    «c’est pour cela que ces sujets n’intéressent pas tellement les femmes»

    J’en ai connue beaucoup qui s’y intéressent vivement et qui rejettent violemment toute part d’inné…

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  16. 30 décembre 2011 13 h 39 min

    Comme le dit l’article du figaro, ces différences sont loin d’être aussi majeures que ce que veulent nous faire croire bien des gens….

    Certains, pour ne pas dire plusieurs, on intérêt à exacerber ces différences, ce qui est fatiguant!

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  17. 30 décembre 2011 13 h 57 min

    «Certains, pour ne pas dire plusieurs, on intérêt à exacerber ces différences, ce qui est fatiguant!»

    Tout à fait. En plus d’appliquer des caractéristiques moyennes à chaque personne. Entre autres sur les aptitudes en maths! 😉

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  18. 30 décembre 2011 14 h 26 min

    Mon échantillon de bébés est limité, mais bon…

    Mon petit-fils de 5 ans vit, une semaine sur deux, au sein d’une famille reconstituée qui compte 3 autres tit-gars de 6 à 9 ans, une grande fille de 11 ans et deux bébés: il se comporte comme un tit-gars, se bat, joue avec des camions et des épées. De mémoire, il avait le même comportement à deux ans. Le demi-frère bébé n’est pas encore très actif; le bébé demi-soeur (22 mois) est vraiment très petite-fille.

    Mes deux « grandes » petites-filles, deux soeurs élevées dans un environnement de filles, ont toujours joué aux princesses et aux poupées; faut dire que leurs parents ne leur ont pas acheté de jouets de gars. J’ajoute qu’elles jouent beaucoup avec des blocs Lego, ce que j’estime être plus « gars ».

    Ma petite-fille de 17 mois est élevée avec une demi-soeur de 6 ans; comportement typiquement féminin face aux jouets et aux animaux, qu’elle promène dans un carrosse et à qui elle veut parfois donner un biberon; par contre, on se demande parfois si elle ne s’entraîne pas pour devenir membre de l’équipe féminine de boxe pour les Jeux Olympiques de 2032.

    Inné? Acquis par imitation? Difficile à dire. Mais les adultes ont des cerveaux différents, dont certaines parties sont plus développées selon le sexe: est-ce inné? Je sais pas…

    Et je sais qu’un papa laisse ses enfants découvrir par essais et échecs davantage qu’une maman, qui préfère donner « tout cuit dans le bec »; je l’ai observé chez mes parents, chez ma femme et moi, en tant que parents, et chez les 3 couples de parents dont je suis le père de l’un des membres. Et je l’ai lu. Comportement inné de la part des parents, ou hérité de conventions sociales apprises depuis le tout jeune âge?

    Probablement un peu des deux…

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  19. 30 décembre 2011 15 h 20 min

    @ Papitibi

    «Probablement un peu des deux…»

    Je crois que cela est nettement établi. C’est la part des deux qui est difficile à déterminer!

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  20. jack permalink
    30 décembre 2011 15 h 20 min

    Exacerber les différences… je peux convenir que ce n’est pas nécessairement souhaitable. Mais n’est-ce pas, jusqu’à un certain point, inévitable pour une société?

    Exemple: j’ai des jumeaux, un garçon et une fille. C’est Noël, je veux offrir des cadeaux. J’ai étudié leur comportement face à certains jouets dans les dernières semaines. S’ils sont capables de comprendre ils ont peut-être même fait une liste de souhaits au Père Noël. Que vais-je leur offrir si je suis un citoyen typique? Ce qu’ils apprécieront le plus, sans doute.

    Et voilà, je renforce une différence qui était peut-être minime au départ. Moi qui ne voulait que faire plaisir à mes enfants…

    Mais le résultat est là: j’ai exacerbé la différence.

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  21. 30 décembre 2011 15 h 37 min

    Jack

    Bien sûr qu’on amplifie les différences, tous les parents le font, mais par le mot « exacerber » je voulais faire référence à l’exagération, aux comportements sexistes, comme interdire à un garçon de pleurer ou acheter un string à une fillette de 4 ans…enfin, je faisais référence à tous les clichés et stéréotypes qui nuisent plus qu’autre chose.

    De l’article du figaro:

    « Mais la vérité est quelque part entre les deux idées: les préférences des garçons et des filles pour telle ou telle sorte de jouets sont clairement biaisées par certaines tendances innées, mais elles sont amplifiées par divers facteurs sociaux au premier chef desquels la prise de conscience qui s’impose à l’enfant qu’il est un garçon ou une fille. (…) »

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  22. 30 décembre 2011 15 h 40 min

    « Mais les adultes ont des cerveaux différents, dont certaines parties sont plus développées selon le sexe: est-ce inné? »

    Eh bien! Ça je l’apprends! C’est vraiment prouvé hors de tout doute? On a des références?

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  23. 30 décembre 2011 15 h 53 min

    @ Koval

    « C’est vraiment prouvé hors de tout doute? On a des références?»

    Il y a plein de références sur le Net. Quant à les évaluer sur le plan de la fiabilité, je ne prends plus de chances, m’étant déjà gouré ici sur la valeur de l’échantillon!

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  24. 30 décembre 2011 16 h 03 min

    Eh bien moi, ce que j’ai lu sur le sujet ne m’a pas convaincue du tout!

    Paraît que les homme on un cerveau un peu plus asymétrique que les femmes mais ce n’est qu’une tendance, il y a des femmes qui ont le cerveau plus asymétrique que bien des hommes…

    Aucune différence déterminante sauf le XY et le XX, on sait que le développement diffère un peu, à l’adolescence on diffère plus, les filles maturent plus vite, mais pour le reste, je ne trouve rien de très très fixé comme différence…

    Les psys trouvent bien des niaiseries, ainsi, il y en a encore pour dire que le cerveau d’un homme est plus logique et plus mathématique, c’est souvent précédé par « Nous savons tous que »….grosses preuves!

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  25. 30 décembre 2011 16 h 06 min

    Assez souvent, on constate que les biologistes, les plus qualifiés pour répondre à ces questions, ne se prononcent pas, en comparaison avec les psychologues…

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  26. 30 décembre 2011 18 h 51 min

    @ Koval

    «Les psys trouvent bien des niaiseries»

    De fait, la grande majorité des pages que j’ai trouvées sur le sujet venaient de sites en psychologie, ou même en psycho-pop, je ne les connais pas assez pour les différencier.

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  27. 30 décembre 2011 19 h 26 min

    les biologistes, les plus qualifiés pour répondre à ces questions, ne se prononcent pas – Koval, 16h06

    Peut-être me suis-je mal exprimé. Le cerveau est peut-être semblable, sur le plan biologique, mais les parties du cerveau (qui sont spécialisées et affectées à des tâches différentes) ne sont pas utilisées dans les mêmes proportions, d’un sexe à l’autre…

    Mais là, je suis loin de mes pompes. Et plus on est loin de nos pompes, plus la marge d’erreur est grande, 19 fois sur 20. Ça fa-t-y sondage seuyantifique, ça, là, là?

    = = =

    Blague à part, j’ai lu là-dessus. Pas sur le net, mais dans de vraies peublicâssions seuyantifiques en pâpier… il y a des années (pas tant que ça, quand même), et je n’avais pas cru utile d’en conserver les références.

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  28. 30 décembre 2011 20 h 24 min

    Je ne crois pas que nos cerveaux soient sexués, pas plus que notre foie!

    C’est ce que certains scientifiques disent! D’autres disent le contraire….alors moi je n’ose pas conclure !

    Rien de vraiment probant jusqu’à maintenant!

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  29. 30 décembre 2011 20 h 31 min

    Très difficile de départager la part de l’inné et de l’acquis. Le problème étant que l’environnement joue un rôle dès la naissance de l’enfant, et même plus tôt j’imagine, merci aux échographies. Ainsi, une étude a démontré que les mères n’allaitent pas de la même façon leur bébé garçon et leur bébé fille. Cocasse.

    Personnellement, sans nier le rôle de l’inné, j’ai l’impression qu’il est démesurément surestimé par rapport à l’acquis lorsque vient le temps d’expliquer des différences de genre.

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  30. 30 décembre 2011 21 h 07 min

    @ Sylvain Bérubé

    «Personnellement, sans nier le rôle de l’inné, j’ai l’impression qu’il est démesurément surestimé par rapport à l’acquis lorsque vient le temps d’expliquer des différences de genre.»

    J’ai pensé ça jusqu’à ce que j’aie des enfants. Maintenant, je n’ose même plus tenter de quantifier l’importance relative de ces deux facteurs. Les deux interviennent, probablement de façon fort différente selon les personnes, leur éducation, leur environnement.

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  31. 30 décembre 2011 21 h 11 min

    *Baillement*

    Je suis plate, ignorante ou un peu des deux mais je n’attache aucune importance à ces études parce que le biais culturel et genré des observateurs et des scientifiques qui ont fait l’étude est impossible à déterminer. Et moi je ne prends pas le temps de remonter à la source. Je scrappe.

    Surtout quand ce sont des journalistes qui les rapportent, dont un grand nombre
    n’ont aucune formation scientifique et très peu de temps pour lire les études.

    Je ne veux pas généraliser un cas particulier mais on m’a infligé une Barbie, je n’ai jamais joué avec. Qui veut une poupée super difficile à habiller et qu’on peut à peine asseoir? J’aimais les Lego, par contre.

    Mon fils a eu une poupée bébé, ça ne l’intéressait pas. Son nounours oui, par contre. Il dormait avec. Il aimait bien les autos.

    D’après ce que j’en sais, les femmes sont meilleures pour les aptitudes verbales et les hommes pour la perception spatiale. Ce qui n’explique pas pourquoi ils refusent de demander leur chemin quand ils sont perdus 🙂 (Un peu stéréotypé, ça, mais pas complètement faux).

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  32. Richard Langelier permalink
    31 décembre 2011 0 h 35 min

    Un prof d’anthropologie nous expliquait la rupture nature/culture ainsi : « s’il y avait une nouvelle glaciation, ce ne serait pas les plus poilus qui survivraient. Nous inventerions des habits, des abris, etc. ». Pourtant c’était un médecin de formation qui s’était intéressé par la suite aux étapes de l’hominisation. C’était fort physiologique. Il nous montrait des diapos. Au sujet de la libération de la main chez homo faber, il faisait un lien avec le menuisier qui souffre de tendinite au coude [1].

    Bien sûr, nous ne sommes pas devenus de purs esprits. Les partisans du darwinisme social ne réalisent pas le ridicule de leurs discours. Aujourd’hui les diabétiques se reproduisent, tatata, il faudrait songer à un retour à la sélection naturelle. Chose certaine, s’il y a sélection, elle sera tout sauf naturelle. Moi aussi, c’est par crainte des réactos que j’ai longtemps refusé toute concession aux études démontrant l’inné chez l’humain.

    Une amie avait de la difficulté à accepter sa maniaco-dépression. Le jour où elle a choisi de prendre son sel de lithium, elle a embrassé ce discours : « c’est une maladie physiologique. Toi aussi, tu devrais te faire prescrire une médication et cesser tes niaiseries de psychothérapie. Ils sont sur le point de découvrir le gène de la maniaco-dépression ».
    Je lui ai évidemment répondu par mon dada sur l’aporie. On se demandera :
    – Qui sont les personnes maniaco-dépressives?
    – Celles qui ont ce gène.
    – Qu’ont-elles de différent?
    – Elles sont maniaco-dépressives.

    Je n’ai pas d’enfants. Je prendrai donc mon exemple ailleurs. J’avais perdu de vue une amie avec qui j’avais travaillé dans une télévision communautaire en 1975. Sa fille a eu mon adresse courriel, m’a écrit qu’elle organisait une fête pour le 60e anniversaire de sa mère et qu’elle pourrait me donner un lift. Par la suite, j’ai écrit à cette amie que nous formions un bon tîme [2] à l’époque. Elle m’a répondu que c’était parce qu’elle était un « gars manqué » à qui ses parents s’entêtaient à donner des cadeaux de filles et qu’à l’époque, elle fonçait lorsque nous allions au « peaceful picketting » [3] et que pendant qu’elle faisait les entrevues, moi, derrière la caméra, je préparais déjà le montage.

    Conclusion? Au primaire, j’étais dans « gardez l’reste » peu importe le sport. Je retournais le ballon et surtout la rondelle au meilleur de l’équipe. Dans la cour arrière du meilleur du village, nous avons joué au touch football, pendant tout un automne, avec une tête de poupée. À l’offensive comme à la défensive, je participais, chaque soir. La pluie et l’obscurité étaient des adjuvants. Cette tête de poupée m’a fait oublier bien des angoisses.

    [1] Youlle, je pourrais faire une bonne blague sur le travailleur de la construction qui travaille au noir en hiver, pour ne pas avoir de tendinite au coude, lorsqu’il recommencera à planter du clou de 6 pouces et qui, par hasard, va acheter du bois d’oeuvre chez le fabricant de bois d’oeuvre, mais je vais me retenir.
    [2] J’avais entendu l’expression pour un « team » de chevaux.
    [3] À cette époque, Michel Chartrand était venu faire un discours sur les maladies industrielles à Victo, avec moult parenthèses. Il avait dit : « Le peaceful picketting est reconnu, sauf que les charognes de juges de la province de Québec émettent des injonctions… »

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  33. 31 décembre 2011 4 h 40 min

    @ Richard Langelier

    «Moi aussi, c’est par crainte des réactos que j’ai longtemps refusé toute concession aux études démontrant l’inné chez l’humain.»

    Je comprends ces craintes, de même que celles liées à l’ajout de «féministe» après «économie». J’ai toutefois de la difficulté à agir en fonction de ce que des gens mal intentionnés risque de faire en réaction, que ce soit des féministes idéologiques dans un cas ou les réactionnaires dans l’autre. Oui, il est bon de prévoir ces réactions, mais il ne faut pas qu’on se mette à nier des réalités pour autant.

    Je dis ça et j’ai fait un peu ça au travail un peu avant Noël. Je faisais une remarque sur le fait que tous les postes de travail des femmes étaient décorés et à peine la moitié de celui des hommes (le mien fait partie des pas décorés). La conversation avec une collègue a fini par tourner autour de l’inné et de l’acquis. Sentant la violence de sa réaction quand on a simplement mentionné ce sujet, j’ai préféré arrêter d’en parler. Pour elle, tout était dû à l’environnement et à l’environnement seulement. Le débat inné-acquis en fait peut-être bâiller quelques-unes ( 😉 ), mais pas toutes!

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  34. 31 décembre 2011 8 h 43 min

    Je fais moi aussi moins confiance aux chercheurs qui font ce genre de travaux, on a été pas mal abreuvés de conneries scientifiques dans ce domaine. Il y a de forts lobbys souvent derrière de telles hypothèses..

    Ce qu’on constate en gros, c’est que quand on parle de différences, c’est assez minime, par exemple, dans l’article du Figaro, on parle de 2 points de QI en moyenne ou 5-6 mots de vocabulaire de plus, cela peut être différent statistiquement, mais cliniquement, c’est très faible, et en plus, c’est pendant le développement, l’enfance et l’adolescence. Quand on sait que ce développement a son rythme propre selon le sexe, on ne se surprend pas vraiment de ces différences.

    Pour le billet de Darwin, je dirais un peu comme Sylvain Bérubé, des enfants de 6-9 mois ne savent peut-être pas qu’ils sont filles ou garçons, mais ils sont nécessairement déjà conditionnés par l’entourage. S’assurer d’éliminer ce biais en partant est impossible.

    De toute façon, les traits de caractère et les comportements sont tous un peu teintés par notre environnement, notre hérédité et notre sexe (ce que nous sommes).

    Ce qui inquiète dans ce genre d’étude c’est la propension de la science à l’eugénisme évidemment, et avec raison, « je me souviens » dois s’appliquer ici!

    On a beau être en 2011, il y a des épais qui cherchent le gène du bonheur ou celui du meurtrier, de la méchanceté etc…

    Il y a 2 ans, un imbécile avait trouvé que le cerveau des homosexuels était différent de celui des hétéros, ce qui a été démenti effectivement..

    Tiens, encore plus intéressant ! Les femmes ne sont pas toutes de XX et les gars ne sont pas toujours des XY!

    Il y a des hommes XX et des femmes XY! Il y a assez de choses plus intéressantes à comprendre en science que ce vieux débat acquis/innée, qui n’est pas inintéressant mais pour lequel on ne trouvera jamais de réponses archi claires.

    http://www.inrp.fr/Acces/biotic//procreat/determin/html/chromsex.htm

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  35. 31 décembre 2011 8 h 56 min

    «mais pour lequel on ne trouvera jamais de réponses archi claires.»

    Tant qu’on reconnaît que les deux ont un rôle, ça me suffit. Comme je l’ai mentionné hier, «Les deux interviennent, probablement de façon fort différente selon les personnes, leur éducation, leur environnement.»

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  36. 31 décembre 2011 9 h 16 min

    Darwin

    J’avais écrit ceci qui veut dire pas mal la même chose.

    « De toute façon, les traits de caractère et les comportements sont tous un peu teintés par notre environnement, notre hérédité et notre sexe (ce que nous sommes). »

    Je crois cependant que mon plus proche jumeau biologique et psychologique pourrait être un homme autant qu’une femme.

    Les biologiste disent aussi que j’ai autant de chance de trouver mon jumeau génétique l’autre bout de la terre qu’ici….

    Tout cela me fait penser aussi à une lecture sur l’épidémiologie qui concluait à la chose suivante:

    « Toutes les maladies trouvent leur origine à la fois dans l’hérédité et l’environnement » il n’y a pas de moyens honnête de départager les deux. C’était une démonstration bien exposée qui expliquait pourquoi.

    Par exemple, un médecin qui dirait: « L’asthme est une maladie 60% héréditaire et 40% environnementale » aurait tort car en réalité, il faut que les deux facteurs (héréditaire et environnemental) soient obligatoirement présents (100% ).

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  37. 31 décembre 2011 10 h 27 min

    «Par exemple, un médecin qui dirait: “L’asthme est une maladie 60% héréditaire et 40% environnementale” aurait tort»

    Par contre, il peut dire que la probabilité qu’un fumeur ait un cancer du poumon est (disons) quatre fois plus élevée qu’un non fumeur. Mais, encore là, on ne sait pas si la probabilité qu’un non fumeur ait le cancer n’est pas augmentée par la présence de certains produits dans son environnement.

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  38. 31 décembre 2011 16 h 24 min

    En résumé, c’est ce qui différencie l’homme de la bête!

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  39. Richard Langelier permalink
    31 décembre 2011 20 h 05 min

    @ Benton

    J’aimerais avoir l’esprit synthétique, pardon l’esprit de synthèse comme vous. Si je vous comprends bien, « les charognes de juges de la province… » nous aident à comprendre les différences entre l’homme et la bête.

    Dans son discours, Chartrand avait d’autres perles. « Dans les facultés de médecine, ils apprennent pas ça, les maladies industrielles. Lorsqu’un mineur meurt de l’amiantose, le médecin écrit : « le cœur a arrêté de battre »… (plagiait-il Molière?). « Ceux qui travaillent dans farine ont l’dedans des poumons blancs pis c’pas bon!, ceux qui travaillent dans l’charbon… ».

    Pour vulgariser les conséquences de la « station debout », j’ai l’habitude de dire :
    le singe utilisera un caillou pour casser une noix, si nécessaire. Il ne conservera pas ce caillou, ne le spécialisera pas pour en faire un chopper et ne composera pas « Casse-noisette ».

    Lors d’une table ronde, un ex-sociobiologiste considérait que la découverte de la prohibition de l’inceste chez les grands singes falsifiait les thèses du structuralisme de Lévi-Strauss [1]. Un structuraliste avait répliqué : « Les grands singes peuvent avoir découvert les avantages de l’échange des femmes ». Sur le coup, je m’étais tapé sur les cuisses. Après réflexion, je me suis dit qu’il était vain de chercher le point de rupture nature/culture, inné/acquis.

    Voilà, Benton, vous nous aidez à faire progresser la connaissance sur Jeanne Émard.

    [1] Koval, quand Lévi-Strauss appliquait le structuralisme de Saussure à l’ethnologie, il le faisait avec un certain humour. On ne peut pas dire la même chose des Lacan et tutti quanti. Vous avez sans doute lu Histoire du structuralisme de François Dosse. Le volume 1 s’intitule « Le champ du signe, 1945-1966 » et le volume 2 « Le chant du signe, 1967 à nos jours ». La façon dont François Dosse présente l’arrivée de Kristeva à Paris m’a dilaté la rate.

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