Skip to content

Au nom de Dieu

9 janvier 2012

L’évangélisme militant (appelé «Evangecalism» en anglais) est un phénomène qui suscite bien des réactions un peu partout en Occident. Implanté surtout aux États-Unis, il se diffuse mondialement au gré du prosélytisme agressif de ses adeptes. Toutefois, il existe de nombreuses zones d’ombre quant à ce courant religieux aux contours mouvants et au contenu passablement diversifié. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, je vous propose une réflexion sur un mouvement devenu incontournable dans la vie politique de nos puissants voisins.

Définir l’évangélisme est, en soi, une tâche ardue et il faut se contenter d’en esquisser les frontières les plus acceptées historiquement. La source de ce mouvement religieux repose sur un retour aux Écritures saintes, interprétées littéralement et traduites à travers toute une panoplie de prescriptions morales et civiques. Né avec le protestantisme, l’évangélisme connaît ainsi plusieurs soubresauts au cours de l’époque moderne ; autant de retour à une pureté supposément perdue. Les Puritains, ces fameux pèlerins débarqués au Nouveau Monde au 17e siècle, étaient eux-mêmes des évangéliques et leur mémoire pèse encore lourdement sur la conscience américaine. La rigueur morale, l’intransigeance religieuse et la méfiance envers les pouvoirs établis sont autant de caractéristiques communes aux innombrables chapelles qui forment la galaxie évangélique, des Méthodistes aux Pentecôtistes, en passant par toute une variété d’organisations plus ou moins solidaires et exotiques.

Le militantisme politique de ces groupes est toutefois un phénomène assez récent. La constitution américaine, et son interprétation articulée par Thomas Jefferson, prescrit une séparation nette entre l’église et l’État, celui-ci s’interdisant de défendre un culte au détriment d’un autre. Cette situation, si elle favorise la liberté de conscience, limite les possibilités d’action des groupuscules religieux, qui se heurtent aux législateurs, voire aux tribunaux. Toutefois, dans la foulée de l’après-guerre et les turbulences des années 1960, les églises évangéliques se mettent à craindre un ressac de l’esprit religieux, observable partout ailleurs en Occident. Cette crise, qui touche au cœur de la mission de ces institutions, doit être combattue, d’où l’apparition progressive d’une forme de contre-société moulée sur les principes évangéliques. Des écoles religieuses sont créées un peu partout aux États-Unis, ainsi que des collèges et des universités. L’enseignement de la Bible se répand, ainsi que la pensée conservatrice sous-jacente. De puissantes associations protestantes prennent le contrôle de plusieurs institutions locales (grâce au caractère électif de nombreux postes publics), particulièrement dans le Midwest, afin de protéger leurs propres intérêts.

Cette tactique de préservation de la communauté se double d’une stratégie agressive de (re)conquête des esprits «égarés». C’est ainsi qu’apparaissent les fantasques télévangélistes des années 1970 et 1980, dont l’audience est nationale et le discours résolument hostile à la modernité matérialiste. On constate aussi depuis une trentaine d’années à une hausse fulgurante du nombre de recours en justice intentés contre des mesures publiques jugées contraire aux Écritures, plus particulièrement en matière de moralité et de sexualité. Plus subtilement, à travers des œuvres caritatives, s’affirme le prosélytisme actif de l’évangélisme. Grâce à de nombreuses missions internationales menées par de jeunes enthousiastes, les conversions se multiplient, surtout dans les pays en voie de développement, là où les religions traditionnelles sont souvent associées aux séquelles du colonialisme.

Depuis le début des années 1980, l’évangélisme est devenu une force politique incontournable, en raison de la formidable capacité de mobilisation de ses adeptes. Leur appui est vital pour tout candidat d’obédience conservatrice qui brigue les suffrages, entraînant parfois des mariages de raison bien étranges entre des courants idéologiques qui ne partagent pas les mêmes ambitions. Ronald Reagan est ainsi le premier Président à avoir su se concilier leur faveur, mais c’est avec George Bush Jr., lui-même évangélique que leur programme politique s’est le plus affirmé au niveau national.

Ce programme est d’ailleurs surtout social. Quelques domaines intéressent particulièrement les évangéliques : l’avortement, qu’ils rêvent d’interdire ; le mariage homosexuel, qu’ils condamnent ; l’évolutionnisme, qu’ils essaient de contrecarrer en promouvant le créationnisme. Les autres dimensions de la politique semblent moins les passionner. Conservateurs, ils se méfient du gouvernement central et préfèrent la démocratie locale, si chère aux Américains. En matière de relations internationales, ce sont généralement des patriotes qui chérissent l’idée d’une Amérique forte, capable d’imposer sa volonté aux autres nations et d’assurer la survie d’Israël, dont ils sont de fidèles supporteurs, notamment pour des raisons eschatologiques.

L’erreur la plus courante des contempteurs de l’évangélisme demeure toutefois la surévaluation de ses résultats politiques concrets. En effet, malgré une pression constante – politique et judiciaire – ils n’ont pas atteint leurs principales cibles. Le célèbre jugement de Roe vs. Wade, qui permet concrètement l’avortement (qui interdit de l’interdire, plutôt), n’a jamais été renversé malgré toutes les tentatives pour y parvenir. Le mariage homosexuel, et de façon plus vaste les droits des minorités, gagne du terrain. Quant au créationnisme, plusieurs jugements en ont déjà interdit l’enseignement public et subventionné au motif qu’il s’agit d’une doctrine religieuse, incompatible avec la séparation de l’église et de l’État. Malgré plusieurs succès locaux et des manœuvres dilatoires, les évangéliques ne parviennent pas à imposer leurs croyances à l’échelle des États-Unis.

Force politique, l’évangélisme est capable d’influencer des élections, comme on le constate dans les présentes primaires républicaines, où plusieurs candidats cherchent activement à se concilier leur appui. Néanmoins, il se heurte à d’autres piliers de la vie politique américaine, particulièrement la séparation des pouvoirs, qui contrecarrent tant bien que mal ce fondamentalisme christique intransigeant. C’est pour cette raison que des mesures progressistes adoptées rapidement dans d’autres démocraties sont instaurées beaucoup plus lentement aux États-Unis, avec moult compromis, mais de façon souvent irréversible.

Mouvement conservateur aux multiples facettes, l’évangélisme inquiète tous ceux qui jugent que la religion doit se tenir à l’écart de la politique. Ses prises de positions sont aux antipodes de l’évolution des sociétés développées et cherchent à revenir sur des acquis durement gagnés. Cela appelle à la vigilance et à la défense constante des valeurs de la laïcité contre ceux qui prétendent agir au nom de Dieu.

Sources

Définition de l’évangélisme

Statistiques relatives à l’évangélisme

Débats sur l’évangélisme

Les excès de l’évangélisme

Soutien à Israël

Définition et critique du créationnisme

Publicités
28 commentaires leave one →
  1. 9 janvier 2012 7 h 26 min

    Merci pour cette analyse!

    «L’erreur la plus courante des contempteurs de l’évangélisme demeure toutefois la surévaluation de ses résultats politiques concrets.»

    Je crois que l’influence de ce mouvement n’est pas surévalué. Quand seulement 16 % des citoyens des États-Unis considèrent que Dieu n’a aucun rôle dans l’évolution de l’être humain et que l’option la plus fréquemment choisie est la création spontannée de l’être humain (40 %), les barrières institutionnelles à l’ignorance ne parviennent manifestement pas à contrer le discours des créationnistes.

    http://www.gallup.com/poll/21814/evolution-creationism-intelligent-design.aspx

    J'aime

  2. 9 janvier 2012 8 h 48 min

    « Le célèbre jugement de Roe vs. Wade, qui permet concrètement l’avortement (qui interdit de l’interdire, plutôt), n’a jamais été renversé  »

    Pour moi, l’accès à l’avortement reste un droit fragile, les assauts contre ce droit sont constante, le lobby anti avortement fait peur.

    En novembre dernier, on a voté dans le Mississippi sur la question des droits au foetus. Cette loi aurait fait d’une femme prenant la pilule du lendemain, une meurtrière. 58% ce sont prononcés contre dans un État très conservateur mais bon, quand les républicains prendront le pouvoir, qui sait? La Hongrie a adopté cette loi en 2011 !

    http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/lemonde/archives/2011/11/20111109-094527.html

    Dans un autre ordre d’idée, je m’inquiète pas mal de nos propres évangélistes. Harper vient de mettre en place son bureau de surveillance internationale de la liberté de la religion. Il disais en pleine campagne qu’il ferait de la religion la question la plus importante en politique étrangère. C’est assez gênant….et ça c’est sans parler de nos créationnistes responsables de la science!

    http://jocelyn62.wordpress.com/2012/01/04/questions-sur-un-projet-de-bureau/

    J'aime

  3. Nicolas permalink
    9 janvier 2012 9 h 07 min

    Les évangélistes ont bien entendu un énorme pouvoir d’influence, mais leur bilan concret, en matière légale, est assez mince. Ils ne parviennent pas à établir leurs priorités au niveau national et dépassent rarement le niveau des États, surtout les plus conservateurs. Un des leurs est devenu président, mais on se rappelle de lui surtout comme un néo-conservateur, plutôt que comme un évangélique.

    Quant à revenir sur des acquis comme le droit à l’avortement, je ne crois pas qu’ils puissent y parvenir. La Cour Suprême, depuis 40 ans, maintien sa position, malgré plusieurs présidences conservatrices et beaucoup de nominations partisanes. Seul un gouvernement autoritaire pourrait y parvenir, ce qui n’est pas le cas des États-Unis.

    Au Canada, les possibilités que l’évangélisme de certains membres du gouvernement actuel ait un impact durable est extrêmement faible. Populaire dans l’ouest, ce mouvement est faible en Ontario et marginal au Québec. Je vois mal les Conservateurs – qui ont récemment enterré une proposition de revoir le droit à l’avortement – ouvrir une boîte de pandore et s’aliéner les modérés.

    J'aime

  4. 9 janvier 2012 9 h 58 min

    Alors comment tu expliques le vote du Mississipi sur les droits au feotus? S’il y a eu vote, c’est que la possibilité est ouverte en masse non?

    J'aime

  5. Nicolas permalink
    9 janvier 2012 10 h 11 min

    Bien sûr qu’il y a des possibilités, c’est ce que je mentionne dans le billet quand je parle d’une stratégie agressive de conquête des esprits. La démocratie offre cette possibilité, avec des balises. Si ce projet de loi était passé au Mississipi, il aurait aussitôt été attaqué en justice et aurait sans doute été défait en Cour Suprême, comme de nombreux autres auparavant. Les évangélistes forment un lobby puissant qui lutte contre la modernité, mais ils font face à d’autres forces qui leur font barrage.

    Je souhaite sincèrement que ces forces libérales soient suffisantes pour empêcher l’établissement de leurs mesures rétrogrades. Je n’aime pas voir la religion s’immiscer dans le discours politique, puisque je juge les deux incompatibles.

    J'aime

  6. 9 janvier 2012 12 h 43 min

    Tu as sans doute raison, ce que tu dis s’est déjà passé au Dakota d’ailleurs..

    http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=152

    J'aime

  7. Nicolas permalink
    9 janvier 2012 12 h 57 min

    Roe vs Wade est probablement le jugement le plus célèbre (et le plus controversé) de l’histoire de la Cour Suprême (hormis celui, rendu au 19e siècle qui réaffirmait que les noirs étaient une marchandise – Dred Scott v. Sandford). Il a été attaqué sous tous les angles imaginables, depuis le financement public des avortements jusqu’à la localisation des cliniques ! Hormis certaines brèches, la décision a été maintenue. Il est assez rare que la Cour casse ses propres jugements, en raison de la jurisprudence qu’ils provoquent.

    J'aime

  8. 9 janvier 2012 17 h 53 min

    @ Nicolas

    «Les évangélistes ont bien entendu un énorme pouvoir d’influence, mais leur bilan concret, en matière légale, est assez mince.»

    En matière légale ju suis d’accord. Mais il ne faut pas négliger l’influence sociale. Elle m’inquiète aussi. Un peuple qui privilégie les croyances sur la science le fait aussi dans d’autres domaines, comme le réchauffement climatique.

    «Quant à revenir sur des acquis comme le droit à l’avortement, je ne crois pas qu’ils puissent y parvenir.»

    Là, je suis sur la même longueur d’ondes.

    «Hormis certaines brèches»

    As-tu des exemples en tête?

    @ Koval

    «Tu as sans doute raison, ce que tu dis s’est déjà passé au Dakota d’ailleurs..»

    Merci pour le lien. J’avais souvenir de quelque chose du genre, mais je ne me souvenais plus des détails.

    J'aime

  9. 9 janvier 2012 19 h 50 min

    En tout cas, les évangélistes influencent même le football! Sinon, comment expliquer la victoire des Broncos hier… 😉

    J'aime

  10. youlle permalink
    9 janvier 2012 20 h 11 min

    « Mais il ne faut pas négliger l’influence sociale. Elle m’inquiète aussi. Un peuple qui privilégie les croyances sur la science le fait aussi dans d’autres domaines, comme le réchauffement climatique. »

    C’est là qu’est tout leur grande puissance.

    Les dretteux ne sont pas nombreux mais ils font beaucoup de bruit et ils ne sont pas loin de ces religieux.

    Entre croyants on s’entend.

    J'aime

  11. Nicolas permalink
    9 janvier 2012 20 h 33 min

    En fait, l’entente n’est pas toujours cordiales entre les familles de droite. Les priorités ne sont pas du tout les mêmes et ne sont pas toujours compatibles. Les néoconservateurs n’aiment pas beaucoup les évangélistes, et réciproquement. Les libertariens exècrent la religion. Leur alliance est surtout conjoncturelle, sinon, ils restent chacun dans leur coin. On le constate dans les primaires républicaines actuelles, puisqu’ils ne se rangent pas d’un bloc derrière un candidat et méfient profondément du mormonisme de Romney.

    J'aime

  12. 9 janvier 2012 23 h 27 min

    «On le constate dans les primaires républicaines actuelles, puisqu’ils ne se rangent pas d’un bloc derrière un candidat et méfient profondément du mormonisme de Romney.»

    Il n’en demeure pas moins qu’un politicien athée est foutu aux États-Unis. Même Obama n’aurait pas été élu sans profession de foi! Et il termine aussi ses discours en prétendant que dieu bénit son pays…

    Cela dit, il est vrai que Romney est handicapé par sa religion… Ses adversaires ne mentionnent toutefois jamais, à ma connaissance, sa foi pour le critiquer. Ils sont prêts à même lui reprocher d’être un riche sans coeur, catégorie de personnes qui appuient pourtant les républicains!

    «Lundi, l’ancien président de la chambre des représentants Newt Gingrich, à la traîne dans les sondages, n’a pas mâché ses mots. «Apparemment, ils ont pillé les entreprises, laissé les employés au chômage et sont partis avec des millions de dollars», a-t-il dénoncé sur NBC.»

    Gingrich, un indigné? 😉

    http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/vers-linvestiture-republicaine/201201/09/01-4484095-new-hampshire-romney-etrille-par-ses-rivaux.php

    J'aime

  13. 10 janvier 2012 17 h 53 min

    «En tout cas, les évangélistes influencent même le football!»

    …disais-je hier. Je ne savais pas à quel point j’avais raison! Voici un extrait de la chronique de Jean Dion d’aujourd’hui dans le Devoir :

    «on note que le receveur [qui a marqué le touché gagnant] s’appelle Thomas, celui qui avait besoin de toucher pour y croire.

    Et que Tebow avait l’habitude, lorsqu’il jouait à l’Université de la Floride, d’inscrire des références bibliques dans les barres noires sous ses yeux. La plus célèbre étant «John 3:16», Évangile selon saint Jean, chapitre 3, verset 16, qui dit que Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils unique, etc.

    Or il s’adonne que, grâce à l’exploit de Thomas, Tebow a terminé le match avec… 316 verges de gains par la voie des airs. Et comme il a complété 10 passes, cela lui donne une moyenne de… 31,6 verges par passe réussie.

    D’autres signes? Tenez, celui-ci: l’entraîneur-chef des Broncos, Fox, et le patron du club, l’ancien quart-arrière étoile Elway, se prénomment tous les deux John.»

    J'aime

  14. Nicolas permalink
    10 janvier 2012 18 h 42 min

    Il est grand, le mystère de la foi…

    J'aime

  15. 10 janvier 2012 18 h 59 min

    Excellent billet Nicolas. Personnellement, ce que je crains le plus dans l’influence – si mince soit-elle – des religieux américains, c’est au niveau de la défense d’Israël. Ça pourrait finir très mal cette histoire…

    Et, en passant, est-ce que le nom de famille Tebow tient son origine de Thibault ?

    J'aime

  16. 10 janvier 2012 19 h 19 min

    «Et, en passant, est-ce que le nom de famille Tebow tient son origine de Thibault ?»

    Voici ce que j’ai trouvé de plus crédible :

    «The name Tebow is an anglicized [sic] version of the Flemish name Tibaut. The Tibauts came from what is today Bruges Belgium to the New Amsterdam Colony in the early 17th century. The name was anglicized to the present form (Tebow) sometime after the English coopted the colony in the later part of the same century. The French name Thibault is also a version of the original Frankish name.»

    Ce serait donc d’origine flamande et le Thibault français aurait la même origine…

    http://wiki.answers.com/Q/Is_the_name_Tebow_Italian

    J'aime

  17. 10 janvier 2012 20 h 04 min

    Nicolas s’est transformé en statue de sel !? C’est ça qui arrive quand on fréquente trop la gauche de chez Jeanne :mrgreen:

    J'aime

  18. Nicolas permalink
    10 janvier 2012 20 h 06 min

    Il faut toujours blâmer les gauchissssss. Regarde comme j’ai pris un coup de vieux ! Et mon teint est encore plus blanc qu’avant !

    J'aime

  19. 10 janvier 2012 20 h 22 min

    Tu me ressembles… C’est quasiment beige et tu es comme moi un barbu sans barbe!

    J'aime

  20. 10 janvier 2012 22 h 10 min

    Lorsque le monde nous échappe (ou nous dépasse), la religion est un excellent palliatif pour beaucoup de gens. Ses règles sont claires ce qui réconforte.

    A titre d’exemple, la devise « In God we trust » que l’on retrouve sur la monnaie américaine.
    Elle a fait son apparition en 1864.(Guerre de Sécession)
    Elle s’est généralisée sur toute les pièces de monnaies en 1938.(Crise économique)
    Ensuite étendue aux billets de banque en 1956. (Guerre froide)

    Pourtant, Théodore Roosevelt, une personne très croyante, disait, avec raison, que c’est un blasphème de retrouver « In God we trust » sur de la monnaie.

    Finalement, bien que Jésus ait chassé les marchands du temple, ils ont ramenés le temple chez eux!

    J'aime

  21. 10 janvier 2012 23 h 44 min

    @Nicolas
    « Il est assez rare que la Cour casse ses propres jugements, en raison de la jurisprudence qu’ils provoquent. »

    = = =

    La règle du « stare decisis » me semble plus stable à la Cour Suprême du Canada qu’à son équivalent de Washington, où c’est (très) souvent le juge Kennedy qui doit trancher: il vote tantôt avec le bloc des progressistes, tantôt avec le bloc des conservateurs, et la Cour rend souvent des décisions à 5 contre 4.

    Certes, Obama a pu nommer quelques juges lors de son premier mandat, mais les juges qui se retiraient comptaient déjà parmi les « moins conservateurs ». Avec un Perry ou un Santorum à la Maison Blanche, cet équilibre pourrait être rompu. Ce qui pourrait provoquer des revirements jurisprudentiels…

    Au Canada, Harper s’est fait planter 9-0 par la Cour Suprême sur la question des valeurs mobilières; pourtant, 2 des neuf juges qui siégeaient alors avaient été nommés par HARPER, dont le juge unilingue Rothstein, un Manitobain. On dirait que NOS juges se laissent moins bercer par leur idéologie qu’aux USA. Mais à la fin du présent mandat, au moins deux des trois juges québécois auront été remplacés (because: limite: 75 ans), en plus des deux nouveaux Ontariens nommés par Harper. La troisième juge du Québec, Marie Deschamps, n’a que 60 ans mais la rumeur veut qu’elle se retire quand même, ce qui permettrait à Harper de vraiment modeler la Cour à son image.

    Alors je ne saurais jurer de rien, pour l’avenir.

    J'aime

  22. 10 janvier 2012 23 h 46 min

    @Benton
    « Finalement, bien que Jésus ait chassé les marchands du temple, ils ont ramenés le temple chez eux! »

    = = =

    Heu… le temple, ils l’ont acheté. Ça règle la question! 😉

    J'aime

  23. 10 janvier 2012 23 h 51 min

    « … le temple, ils l’ont acheté… »

    Et avec un crédit d’impôt en prime….

    J'aime

  24. Nicolas permalink
    11 janvier 2012 3 h 53 min

    Je me suis souvent dit que si Jésus avait su alors ce que les hommes ferait de son enseignement, il serait resté charpentier.

    J'aime

  25. Nicolas permalink
    12 janvier 2012 8 h 59 min

    Voilà qui confirme un peu ce que j’écrivais…

    Environ 150 leaders évangéliques se réuniront samedi dans un ranch du Texas pour tenter de s’entendre sur une stratégie pour éviter ce que certains d’entre eux craignent le plus: la désignation de Mitt Romney, un politicien trop modéré à leur goût (et mormon de surcroît), comme candidat républicain à l’élection présidentielle de 2012.

    http://tiny.cc/e732q

    J'aime

  26. 12 janvier 2012 18 h 30 min

    «Voilà qui confirme un peu ce que j’écrivais…»

    Quand j’ai lu ça ce matin, j’ai justement pensé à toi et à ce billet.

    J'aime

  27. 12 janvier 2012 23 h 59 min

    Bon, ça ne passera pas, mais ils nous énervent!

    http://www.ledevoir.com/politique/canada/340067/un-depute-pro-vie-veut-declarer-l-enfant-a-naitre-une-personne

    «Un député pro-vie veut déclarer l’enfant à naître une personne

    Ottawa — Le député conservateur pro-vie Stephen Woodworth remet ça. Selon lui, la définition de l’être humain devrait aussi s’appliquer aux bébés non encore nés. Le député de Stephen Harper reconnaît que, ce faisant, le conflit entre les intérêts et droits de l’enfant et ceux de la mère qui le porte éclaterait au grand jour.»

    Plus loin dans l’article cadenassé, le député se surpasse :

    «S’il existe un conflit entre les intérêts de la mère et ceux de l’enfant, ce n’est pas moi qui le crée. Il existe déjà, note M. Woodworth. Au Canada, lorsqu’il y a un conflit entre deux personnes, on ne le résout pas en affirmant que l’une est une personne et que l’autre n’en est pas une.»

    Et encore :

    «Stephen Harper a répété à de nombreuses occasions qu’il ne voulait pas rouvrir le débat sur l’avortement. M. Woodworth a-t-il été rappelé à l’ordre? Le député refuse de répondre. «Je suis tout à fait à l’aise en tant que député de soulever des questions d’importance fondamentale. Le premier ministre parle en son nom, je parle en mon nom.»

    J'aime

  28. 14 janvier 2012 11 h 46 min

    «En tout cas, les évangélistes influencent même le football!»
    …disais-je il y a quelques jours.

    Un autre exemple à ce sujet… En parlant de Tibow :

    «Mais l’intervention divine est-elle vraiment à l’origine de ses succès, qui incluent cette victoire en prolongation la semaine dernière contre les Steelers de Pittsburgh sur une passe de touché sensationnelle? Selon un sondage national, 43% des Américains répondent à cette question par l’affirmative contre 42% qui pensent que Dieu n’a rien à voir avec les victoires de Tebow.»

    Dieu aide-t-il Tim Tebow?

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :