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Qu’est-ce qu’une récession?

27 janvier 2012

Dans un commentaire portant sur un tout autre sujet, Richard Langelier me demandait récemment de façon ironique (enfin, je pense…) si je connaissais la «définition de la récession démontrée par la science économique». Mais, de quelle définition parle-t-il? Mystère…

Sur Wikipédia, on dit :

«En économie, une récession est un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique. Lors d’une récession, la croissance devient inférieure à la croissance potentielle et l’écart de production augmente»

Ici, on ne parle même pas de baisse de production, mais seulement d’une croissance inférieure à la croissance potentielle sur une période assez longue, mais sans spécifier l’ampleur de ce ralentissement. Et on ajoute :

«Pour l’OCDE, une récession est une période d’au moins deux ans pendant laquelle l’écart de production cumulé atteint au moins 2% de PIB et la production devient inférieure d’au moins 1% à la production potentielle durant une année au moins.»

C’est plus précis, mais pas mal complexe comme définition… Expliquer un «écart de production cumulé», ou une «croissance inférieure à la croissance potentielle» soit la différence entre le PIB observé et le PIB potentiel, ce n’est pas de la tarte! Ça prendrait des graphiques, comme celui de ce billet de Paul Krugman.

Mais enfin, nous sommes rendus à deux définitions pour un même phénomène! Si c’était les deux seules, au moins…

Aux États-Unis

Aux États-Unis, c’est le National Bureau of Economic Research (NBER) qui est responsable de décider s’il y a récession. Pour ce, il utilise une série d’indicateurs :

«A recession is a significant decline in economic activity spread across the economy, lasting more than a few months, normally visible in production, employment, real income, and other indicators. A recession begins when the economy reaches a peak of activity and ends when the economy reaches its trough.»

Traduction Google améliorée :

« (…) Une récession est une baisse significative de l’activité économique qui se manifeste sur l’ensemble de l’économie, dure plus que quelques mois, s’observe normalement dans la production, l’emploi et le revenu réel, et influence négativement d’autres indicateurs. Une récession commence quand l’économie atteint un sommet d’activité et se termine quand l’économie atteint son creux.»

Comme cela peut prendre un certain temps avant que ces indicateurs soient touchés (et qu’on le sache!), le NBER n’annonce une récession que plusieurs mois après son début. Par exemple, le NBER a annoncé en décembre 2008 seulement que la récession avait commencé aux États-Unis en décembre… 2007! Un an après! Disons qu’on s’en doutait avant ça…

Au Canada

Au Canada (et ailleurs aussi), on dit souvent que la définition «technique» d’une récession consiste en un recul du PIB pendant deux trimestres consécutifs. Richard (encore lui!) rappelait d’ailleurs il y a quelques mois que Bernard Landry (ainsi que certains députés et journalistes) avaient ri de Pauline Marois lorsque, en 2001, alors ministre des Finances, elle n’aurait pas été capable de dire la définition dite technique de la récession. Je trouve cette affirmation un peu partout sur Internet, mais n’ai pas trouvé d’article de l’époque le confirmant (même si je m’en souviens très bien…).

Je n’ai aucune idée d’où vient cette définition que les journalistes économiques se plaisent à répéter… Ça ressemble presque à une légende urbaine. En effet, je n’ai jamais vu cette définition énoncée par Statistique Canada… bien au contraire! Philip Cross, de Statistique Canada, disait justement dans un article de 2009 (Les répercussions des récessions aux États-Unis sur le Canada):

«il convient de rappeler que ni Statistique Canada, ni le NBER, qui a été l’arbitre des récessions américaines depuis les années 1920 alors que Statistique Canada occupe ce rôle au Canada depuis 1981, se reportent exclusivement au PIB pour fixer les dates des récessions qui se produisent. Les deux organismes font expressément fi de la règle selon laquelle on conclut à une récession par deux reculs trimestriels consécutifs du PIB. (…) En 2001 comme en 2008 par exemple, le NBER a annoncé une récession sans qu’il y ait eu deux baisses trimestrielles consécutives du PIB, tout comme l’avait fait Statistique Canada en 1975. (…) À Statistique Canada et au NBER, on s’attache à des variables autres que celle du PIB, notamment à celle de l’indicateur de l’emploi.»

Un député libéral «docteur en économie» contestait aussi la définition technique, il y a quelques années :

«Deux trimestres consécutifs de croissance négative»: telle est la définition que l’on donne habituellement d’une récession. C’est la définition «populaire», souligne Alain Paquet, député de Laval-des-Rapides et docteur en économie, qui a été professeur à l’Université du Québec à Montréal de 1988 à 2003 (il est en congé sans solde depuis son élection le 14 avril 2003). «C’est celle que Jean Charest a donnée», à la mi-janvier à Sherbrooke, à l’entrée d’un caucus du PLQ. Celle, aussi, fournie quelques minutes plus tard par le ministre Raymond Bachand, «avec un peu plus… d’images», note Alain Paquet avec un sourire. Mais cela demeure une définition «approximative, pas fausse, mais pas tout à fait complète». Bonne pour un point de presse impromptu, un scrum, souligne-t-il, assis dans son bureau de l’hôtel du Parlement à Québec.»

Pas mal, un libéral qui contredit son chef, c’est rare qu’on voit ça!

Et alors…

J’ai toujours trouvé la définition technique des «deux trimestres consécutifs de croissance négative» un peu idiote. Tout d’abord, elle est basée sur une baisse du PIB réel (au moins, on tient compte de l’inflation…), et non pas sur une baisse PIB réel par habitant, ce qui serait beaucoup plus logique. Ainsi, un pays ou une région dont la population est fixe ou presque, comme bien des pays européens, aura beaucoup plus souvent une récession qu’un pays qui reçoit beaucoup d’immigration, comme le Canada, par exemple. Pour avoir droit à une récession dite technique, une province dont la population croît plus vite qu’une autre, comme l’Alberta ou l’Ontario, devra subir une baisse de PIB par habitant beaucoup plus forte que le Québec et encore bien plus que les provinces maritimes. Ridicule…

Ensuite, les données sur le PIB sont révisées constamment pendant 5 ans! Et les changements sont parfois majeurs! Par exemple, le Québec s’était vanté de ne pas avoir eu de récession en 2001, contrairement aux États-Unis. Ce fut vrai jusqu’en 2004 ou 2005. Tout d’un coup sont apparus deux trimestres consécutifs très légèrement négatifs… En plus, quand on connaît les limites et les défauts du PIB, on doit s’interroger sur le sens réel de ses mouvements. Il est donc sage de coupler une observation comme une petite baisse du PIB ou même sa stagnation prolongée avec d’autres indicateurs.

Par exemple, on dira qu’une région a eu une récession technique si on y observe deux trimestres qui montrent une baisse de 0,1 %, même s’ils suivent un autre trimestre où il y a eu une croissance de 2 %, mais pas une région où on ne trouve qu’un trimestre qui montre une baisse de 4 % du PIB réel s’il est suivi d’un trimestre où on observe une croissance de 0,1 %… C’est encore plus ridicule!

Je trouve donc les critères de la NBER et de Statistique Canada pas mal plus pertinents, même s’ils ne sont pas aussi simples (ou simplistes) que ceux de la si populaire récession technique. Oui, on doit regarder d’autres indicateurs, dont ceux liés à l’emploi, mais ce n’est que normal.

Bref, je ne sais pas trop si j’ai démontré à Richard si je connais ou pas la «définition de la récession démontrée par la science économique», car je ne sais pas trop de quoi il parle… Peut-être sera-t-il assez gentil pour me le dire!

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18 commentaires leave one →
  1. 27 janvier 2012 10 h 59 min

    Chu tun peux gêner de comansé la discution avec un comantère horsuja, mé sa la rappor aveque léconomi:

    Lire jeanneemard à propos des libertarien c’est comme lire une analyse de l’oeuvre de Shakespeare par un unilingue francophone.

    Trouvé ça par icitte: http://www.antagoniste.net/2012/01/25/la-maison-de-la-droite/#comment-249006

    = = =

    C’est bin plusse meilleur quand c’est écrit par un PhD en macramé, qui semble (vaguement) avoir étudié en sciences et lu un ou deux ouvrages politiques dans sa triste vie. Faut se méfier d’un vieillard comme Darwin, un économiste qui me semble trouver pas mal de temps pour lire et continuer à s’instruire, alors que l’auteur de la citation ci-dessus se considère de toute évidence parvenu à une maturité politique qui le dispense de tout nouvel apport cognitif.

    J’ai hâte d’arriver là, moi zaussi.

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  2. 27 janvier 2012 11 h 29 min

    Et pour ce qui est des récessions, un bon chien (avec du pif) peut les flairer.

    Avec du pif… et aussi de bonnes oreilles.

    J’ai toujours pensé, moi qui n’ai ni pif ni oreilles, que l’Est de Montréal peut être en récession alors l’économie de l’Abitibi surchauffe. Tout comme il était arrivé (sous le ministre progressiste-conservateur Wilson, sauf erreur, que l’économie canadienne soit en net recul pendant que l’économie de Toronto et du sud de l’Ontario menaçait de surchauffer.

    L’Alberta peut difficilement entrer en récession quand la pétro-économie et les pétro-piastres créent la maladie hollandaise en Ontario et au Québec.

    Les 740 emplois perdus chez « Mabe » (c’est l’ancienne Camco, ça?) avec le transfert prévu des jobs au Mexique ou aux USA, c’est un autre uppercut à l’île de Mtl, où le chomage dépasse déjà allègrement le 10%. Pendant ce temps, en Abitibi, les mines, ça roule à plein. À Malartic, les creuseurs de trous (Osisko) parlent déjà d’élargir la fosse l’autre bord de la Transcanadienne. Bref, faudra déplacer la route 117 (comme Mines McWatters l’avait fait à l’époque à l’entrée Est de Val d’Or.

    Par contre, il y a eu des moments, dans l’histoire récente, où l’économie canadienne (et québécoise) était en forte croissance… pendant que le chômage frisait le 20% en Gaspésie ou le 15% en Abitibi.

    Je n’aime pas les données nationales ou même provinciales: elles mentent sur l’économie de certaines régions ou sous-régions. Elles incitent les gouvernements à réagir dans un sens, alors que cette réaction là a pour effet d’empirer la situation dans certains secteurs de l’économie, ou dans certaines régions.

    Pour revenir au 10,6% (sauf erreur) de chômage à Montréal, encore là, le bateau s’enfonce plus vite dans la partie Est qu’à Beaconsfield ou Baie d’Urfé. On nous le dira pas, parce que les zexperts parlent du pays ou de la province, mais pas des régions et encore moins des sous-régions.

    L’économie surchauffe à Val d’Or mais à 150 km de là, Lebel-sur-Quevillon s’étiole; no wonder, l’économie de Quevillon était mono-industrielle, pendue aux mamelles de la Domtar… qui a fermé depuis des années et qui ne rouvrira pas.

    Bref, les définitions de récession, là là…

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  3. 27 janvier 2012 13 h 02 min

    «J’ai hâte d’arriver là, moi zaussi.«

    Papitibi, s’il en représente le résultat, hé bien à votre place je ne serais pas pressé. Il y a deux sortes de vieux, le vieux sénile et le vieux sage et si vous espérez arriver à son accomplissement j’ai bien peur que la première catégorie vous attend.

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  4. jack permalink
    27 janvier 2012 13 h 40 min

    La définition des 2 trimestres de baisse du PIB est celle que j’ai entendue le plus souvent. Dans les graphiques les récessions sont souvent sur fond gris et il me semble qu’elles sont vraiment définies ainsi.

    Le fait que ce soit la définition la plus courante dans la population en général ne prouve pas que ce soit la plus appropriée, bien au contraire. Mais ça permet d’utiliser un langage commun avec une signification commune. C’est pourquoi je crois nécessaire de préciser la définition retenue lorsqu’on utilise une autre définition.

    « Tout d’abord, elle est basée sur une baisse du PIB réel (au moins, on tient compte de l’inflation…), et non pas sur une baisse PIB réel par habitant, ce qui serait beaucoup plus logique. »

    Tout à fait. Et je fais la même remarque à propos de la croissance économique qui est habituellement définie comme la hausse du PIB réel. Une hausse du PIB de 20% accompagnée d’une hausse de population de 30% (sur 10 ans, mettons) signifie une croissance économique accompagnée d’une baisse de la richesse moyenne des individus. Pas vraiment une bonne nouvelle…

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  5. 27 janvier 2012 14 h 45 min

    @Yves 13h02

    Cé pô demain la veille! 😉
    Moétou, j’lis trop!

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  6. 27 janvier 2012 18 h 33 min

    @ Papitibi

    «Faut se méfier d’un vieillard comme Darwin»

    Peut-être, mais il parlait d’un billet de Lutopium, qui signait jeanneémard à l’époque! Non pas que le commentaire de votre droitiste préféré soit plus pertinent, mais je tenais à préciser!

    «un bon chien (avec du pif) peut les flairer.
    Avec du pif… et aussi de bonnes oreilles.»

    Je préfère quand même qu’on utilise des indicateurs plus globaux que ce qu’on capte avec le nez et les oreilles. Ils peuvent servir à illustrer une récession, mais pas à la déterminer.

    «il était arrivé (sous le ministre progressiste-conservateur Wilson, sauf erreur, que l’économie canadienne soit en net recul pendant que l’économie de Toronto et du sud de l’Ontario menaçait de surchauffer.»

    Tout à fait, ce qui a motivé la Banque du Canada à hausser ses taux d’intérêts et à plonger tout le pays en récession.

    «L’Alberta peut difficilement entrer en récession quand la pétro-économie (…)»

    Elle en a quand même eu une en 2008-2009…

    «Je n’aime pas les données nationales ou même provinciales: elles mentent sur l’économie de certaines régions ou sous-régions.»

    Elles ne mentent pas, elles parlent d’autre chose! Le problème est avec l’interprétation, pas avec la donnée.

    «Elles incitent les gouvernements à réagir dans un sens, alors que cette réaction là a pour effet d’empirer la situation dans certains secteurs de l’économie, ou dans certaines régions.»

    Ce n’est pas faux, mais c’est souvent en raison d’une erreur d’interprétation ou d’un plan d’intervention mal conçu. Cela dit, il est certain que des mesures prises dans un coin peuvent influencer négativement un autre coin, comme la hausse des taux d’intérêt dont je parlais tantôt.

    «Pour revenir au 10,6% (sauf erreur) de chômage à Montréal, encore là, le bateau s’enfonce plus vite dans la partie Est qu’à Beaconsfield ou Baie d’Urfé. »

    C’est probable, mais faudrait voir. Le bateau est plus enfoncé oui, mais s’est-il enfoncé plus dernièrement en raison de la hausse récente du chômage (qui n’est même pas sûre!)?

    «et encore moins des sous-régions.»

    Si les données pour l’ensemble du Québec ont une marge d’erreur, imaginez pour les régions et sous-régions! En passant, l’échantillonnage est plus fort dans les petites régions que dans les grandes, ce qui complexifie encore plus l’étude de la situation dans les quartiers de la plus grande région. Il faut alors prendre d’autres indicateurs.

    «Bref, les définitions de récession, là là…»

    Je n’ai fait que répondre à une demande… 😉

    @ Jack

    «Dans les graphiques les récessions sont souvent sur fond gris et il me semble qu’elles sont vraiment définies ainsi.»

    Krugman les utilise en effet, mais avec la définition du NBER. Pour le Canada, je ne sais pas trop… Je n’ai pas trouvé de communiqué de Statcan sur la récession.

    «Mais ça permet d’utiliser un langage commun avec une signification commune.»

    Comme je l’ai expliqué dans le billet, je ne trouve justement pas que la signification est commune (ampleur, population, etc.).

    «’est pourquoi je crois nécessaire de préciser la définition retenue lorsqu’on utilise une autre définition.»

    Je préfère parler de critères que de définition.

    « Et je fais la même remarque à propos de la croissance économique »

    …et de la création d’emplois et de plein d’autres indicateurs en fait!

    Je reviendrai sûrement là-dessus un jour!

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  7. youlle permalink
    27 janvier 2012 20 h 13 min

    @ Drawin

    « Et pour ce qui est des récessions, un bon chien (avec du pif) peut les flairer.
    Avec du pif… et aussi de bonnes oreilles. » (papitibi)

    Les flairer et savoir qu’elle s’en viennent, certainement, je suis de cet avis. Je savait au printemps 2007 que le tsunami arriverait. Un cousin qui est entrepreneur en construction aux états le savait bien avant moi (2006 2005).

    « Je préfère quand même qu’on utilise des indicateurs plus globaux… » (Darwin)

    Daiwin, quand je voyais que les commandes baisaient lentement depuis des semaines. Quand suite à ces baisses je mettait un ou deux employés à la porte. Quand après avoir congédié j’en mettaient d’autres à la porte…. Tout cela pendant quelques semaines, moi je sentais la pourriture.

    Voulez bien me dire comment tout cela se retrouvait au même moment dans les indicateurs?

    Comment une entreprise peut savoir qu’elle recevra une crise en pleine face?

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  8. 27 janvier 2012 21 h 03 min

    @ Youlle

    «Voulez bien me dire comment tout cela se retrouvait au même moment dans les indicateurs?»

    En 2005, j’avais lu ceci : http://www.nytimes.com/2005/08/08/opinion/08krugman.html , une des meilleures chroniques de Krugman.

    C’était déjà dans les indicateurs quand on regardait la courbe des prix des maisons par rapport au revenu des ménages. On ne savait bien sûr pas quand la bulle éclaterait, mais il était clair qu’elle éclaterait. Est-ce que ce serait suffisant pour entraîner une récession? On ne connaissait pas à l’époque les folies que le secteur financier faisait. Ce n’était donc pas évident, et ne l’aurait pas été plus avec le meilleur pif du monde!

    «Daiwin, quand je voyais que les commandes baisaient lentement depuis des semaines.»

    Ce n’est ni votre nez, ni vos oreilles donc, qui ont perçu des signes, mais la baisse des commandes! Ça, c’est un indicateur! Cela dit, depuis 2003, le dollar canadien grimpait sans cesse, la Chine était rendue membre de l’OMC… et ce ne sont ni mon nez, ni mes oreilles qui ont vu ça. Je ne sais bien sûr pas quel est votre domaine, mais le vêtement et le meuble (et d’autres secteurs, surtout dans le manufacturier) ont perdu plus d’emplois avant la récession en raison de la hausse du dollar et de l’impossibilité de concurrencer la Chine (et les autres pays à bas salaires) qu’après son début!

    Des pertes sectorielles ne signifient pas une récession. J’ai donné raison à Papitibi quand il disait que le concept de récession ne tient pas compte des régions ni des secteurs, l’inverse est aussi vrai. Des pertes dans certains secteurs ne mènent pas nécessairement à une récession. Cela dit, pour les gens qui travaillent (ou travaillaient) dans les secteurs touchés, récession ou pas, ils perdent leur gagne-pain. Le fait qu’il y ait récession ou pas n’a aucune importance pour eux. N’ayez crainte, je le sais et n’attends pas les récessions pour déplorer ce genre d’événements.

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  9. youlle permalink
    27 janvier 2012 21 h 43 min

    « On ne connaissait pas à l’époque les folies que le secteur financier faisait. Ce n’était donc pas évident, et ne l’aurait pas été plus avec le meilleur pif du monde! »

    C’est justement là à mon avis que le pif est aussi bon que que les meilleures données.

    En fait j’ai toujours marché au pif. IL n’a pas beaucoup de données pour savoir à l’avance quoi produire et quelle couleur les gens aimeront dans deux ans.

    Je ne dis pas que seul le pif est valable mais il l’est. Au contraire, à mon avis, le pif doit nous rendre méfiant et nous diriger vers les données.

    Bon je suis peut être à côté.

    PS. Je ne parles pas des années 2000, je n’ai pratiquement pas été touché, mais bien de toutes les crises depuis 1970. Sa ne me tentait pas de recommencer à contrer toutes les stupidités d’un système économique qui a toujours été dysfonctionnel et qui le sera toujours. Alors, en 2005 j’ai tout liquidé.

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  10. 27 janvier 2012 22 h 01 min

    «L n’a pas beaucoup de données pour savoir à l’avance quoi produire et quelle couleur les gens aimeront dans deux ans.»

    Je ne parle pas de ça du tout, mais d’évaluer une récession! Même pas de la prévoir, juste de savoir s’il y en a une! Bon, au pif, je suis tanné de me répéter.

    Et vous vous parlez de votre entreprise… Une récession pour vous, c’est quand VOTRE affaire va mal?

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  11. 27 janvier 2012 22 h 15 min

    Cela dit, il faut aussi savoir ce qu’on entend par le «pif». Je m’en sers souvent en économie. Pour moi, le pif, c’est de l’information non classifiée dans notre cerveau, pas une intuition magique comme certains l’entendent. On amasse plein d’informations qu’on a pas évaluées. Pour moi, le pif, c’est de se baser sur ça.

    Cela dit, en général, quand mon pif me dis que quelque chose ne va pas, cela me porte à chercher l’information précise pour valider (ou pas) mon pif. C’est comme ça que j’ai douté des données sur l’emploi et ai ensuite cherché plein d’indicateurs pour voir si mon pif avait raison . Ça a donné un billet où je parle justement de respirer par le nez!

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  12. Richard Langelier permalink
    27 janvier 2012 22 h 34 min

    Je ne crois pas à une science économique où il y aurait un consensus sur les axiomes, postulats et théorèmes dans la communauté des praticiens. Pour moi, la discipline « Économie politique » est apparue en Europe dans le cadre de la lutte contre l’arbitraire féodal. Avec l’application du calcul différentiel par l’école marginaliste, certains praticiens ont bombé le torse et élevé cette discipline au rang des « vraies sciences », comme la physique newtonienne et la chimie lavoisiérienne. Keynes n’a pas été le seul à s’opposer à l’application candide de l’équilibre de la physique newtonienne à l’économie politique, mais son fameux : « à long terme, nous serons tous morts » a convaincu plusieurs praticiens que la théorie néo-classique n’était pas solide comme le roc de Gibraltar.

    La recension de la littérature économique sur la définition d’une récession que vous faites, Darwin, me donne quelques frissons dans le dos. Les outils que proposent les conseillers économiques des gouvernements (politiques monétaires, politiques fiscales, expansionnistes, etc.) peuvent donc être appliqués, un an après le début de la récession puisqu’elle n’était pas encore annoncée. Ça ressemble à une prescription d’antibiotiques un an après le début d’une bronchite. Dans les deux cas, c’est peut-être une bonne chose, puisque le remède peut être pire que la maladie !!!

    J’ai trouvé particulièrement intéressant ce passage de l’article du Devoir que vous avez mis en hyperlien : « Certains, comme l’ancien p.-d.g. de la Société des alcools Gaëtan Frigon, croient que la récession, c’est «dans la tête». C’est une prophétie autoréalisatrice: plus on en parle, plus on la fait advenir. ».

    J’avais l’habitude de rire de Reagan. Cette fois-ci, je ris de la bonne blague de Reagan citée dans le même article : «On m’a dit que je ne pouvais pas utiliser le mot dépression», a un jour déclaré l’ancien président américain Ronald Reagan. «Je vais vous en donner la définition. Une récession, c’est quand votre voisin a perdu son emploi et une dépression, c’est quand vous perdez le vôtre.» Je ne pense pas que la blague venait de ses reagonomics http://fr.wikipedia.org/wiki/Reaganomics .

    Il me semble que c’est Bernard Landry qui renversait le cliché : « quand la construction va, tout va ». Encore une fois, on est dans le problème de la poule et de l’oeuf ou mieux encore dans celui du « tout est dans tout et inversement ». Si je me souviens bien, Youlle, lorsque vous avez suggéré que l’argent de l’assurance-emploi soit transféré vers les exclus de la société, vous avez parlé des travailleurs de la construction sur l’assurance-emploi qui travaillaient au noir et allaient acheter du bois de construction chez vous. En passant, votre échantillon des travailleurs de la construction sur l’assurance-emploi n’était pas tout à fait aléatoire, puisque ceux qui travaillent au noir vont acheter du bois de construction chez le fabricant de bois de construction et ceux qui ne travaillent pas ne vont pas chez le fabricant de bois de construction. Là où je veux en venir, c’est que des enquêtes sur les inventaires des entreprises, par exemple, constituent un outil intéressant pour évaluer la conjoncture économique. Ces enquêtes ne donnent pas une boule de cristal, pour autant.

    Ce billet invite à une interrogation plus générale. Si nous sommes dans le trouble, chaque fois qu’il n’y a pas croissance économique et que nous vivons la vie rêvée des anges, chaque fois qu’il y a croissance économique (mesurée par l’outil PIB), le bât blesse peut-être en quelque part.

    P.-S. Quand j’ai vu mon nom dans les tags, j’ai senti le besoin d’aller lever de la fonte au gym, avec de petites charges, il va sans dire. Si Ronald Reagan avait été dans les tags, je serais encore au gym.

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  13. 28 janvier 2012 1 h 32 min

    Venant de quelqu’un qui croit que Krugman craint une invasion d’aliens!!!!

    Son « analyse » n’a jamais dépassée le premier degré, normal, c’est dans la limite de son intelligence! (ou croyance, qui prends le pas sur son intelligence….)

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  14. 28 janvier 2012 7 h 44 min

    @ Richard Langelier

    «Je ne crois pas à une science économique où il y aurait un consensus sur les axiomes, postulats et théorèmes dans la communauté des praticiens.»

    D’accord, mais la récession n’est ni un axiome, ni un postulat, ni un théorème! C’est un phénomène! C’est un peu comme la pauvreté : on a de la difficulté à la mesurer parce qu’on ne s’entend pas sur sa définition. Et encore, avec certaines définitions (dont la mienne de la pauvreté), on ne peut pas vraiment mesurer précisément.

    «Les outils que proposent les conseillers économiques des gouvernements (politiques monétaires, politiques fiscales, expansionnistes, etc.) peuvent donc être appliqués, un an après le début de la récession puisqu’elle n’était pas encore annoncée. »

    C’est souvent pire. Parfois, le temps d’observer, de se convaincre, d’adopter une mesure et de la mettre en oeuvre, elle peut se révéler contracyclique! Par contre, on n’est pas obligé de savoir qu’on est en récession pour en percevoir les premiers symptômes (comme Krugman et son Hissing sound) et agir en conséquence, comme Marois l’avait fait en 2001. Elle ne connaissait peut-être pas la définition de la récession technique, mais avait agi promptement, au grand désarroi de bien des commentateurs économiques qui ont dû avouer, quelques mois plus tard, que son action nous avait probablement évité la récession.

    «Si nous sommes dans le trouble, chaque fois qu’il n’y a pas croissance économique et que nous vivons la vie rêvée des anges, chaque fois qu’il y a croissance économique (mesurée par l’outil PIB), le bât blesse peut-être en quelque part.»

    À lire et à relire : Vive la décroissance planifiée! (du Devoir) et donc Le capitalisme vert.

    «Si Ronald Reagan avait été dans les tags, je serais encore au gym.»

    Je n’ai mis que les mots et noms pertinents…

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  15. 2 février 2012 12 h 05 min

    Le blogue de Joseph Facal serait en récession, deux semestres consécutifs de décroissance. http://laqueste.wordpress.com/2012/01/05/52/

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  16. 2 février 2012 12 h 18 min

    😆

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  17. 2 septembre 2015 9 h 00 min

    1er septembre 2015: Alors selon tes explications pas aussi simples que celles des journalistes, nous ne sommes pas en récession en ce moment.

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  18. 2 septembre 2015 9 h 32 min

    C’est une question de définition. Selon celle qu’on adopte, ce sera oui ou non. Et, quel que soit ce choix, la situation sera la même, soit pas très jolie, mais pas désastreuse.

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