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Les mondes parallèles…

25 avril 2012

J’ai parfois l’impression de vivre dans un monde différent de celui où vivent certains de mes compatriotes… J’ai par exemple eu cette impression en lisant hier un article du Devoir intitulé L’État et les entreprises sont victimes des médias sociaux.

Dans cet article, le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, se plaignait «de la popularité grandissante des nouveaux médias et de la difficulté des gouvernements et des entreprises d’y défendre leurs points de vue.»

«Il n’y a pas si longtemps, tous les grands débats de société se tenaient principalement dans des journaux, des postes de radio et des chaînes de télévision, a rappelé M. Dorval. Ces médias étaient soumis à des règles professionnelles et juridiques visant à assurer la rigueur, l’équilibre et la véracité des informations rapportées.»

Vivez-vous ou avez-vous même déjà vécu dans un monde où les médias s’assurent de «la rigueur, l’équilibre et la véracité des informations rapportées»? Réalise-t-il que le fait que les grands médias traditionnels, que ce soit les journaux, la radio et la télé, appartiennent presque tous à des entreprises gigantesques (pour ne pas dire tentaculaires) qui ont des atomes crochus avec le genre de message que veut passer le Conseil du patronat? Que ces entreprises procèdent depuis plusieurs années à des fusions de services de nouvelles et à la convergence entre les différents médias qu’ils possèdent pour n’avoir qu’à transmettre un seul message, presque toujours celui du patronat?

Bon, il est vrai qu’on trouve dans les médias sociaux du meilleur (comme ce blogue!) comme du pire (comme trop de sites conspirationnistes et racistes). On y trouve aussi un nombre incalculable de blogues de droite qui se font un plaisir de véhiculer le message du patronat et de la droite, ça, il semble l’oublier. Le problème doit être qu’on ne trouve pas que ces idées dans les médias sociaux comme c’est trop souvent le cas dans les gros médias traditionnels…

Laissant les médias sociaux, M. Dorval poursuit ses doléances…

«Son président dit craindre que le gouvernement n’aille trop loin en faveur des syndicats et ne rompe l’équilibre en vigueur entre employeurs et travailleurs.»

Rompre l’équilibre??? Cet équilibre, s’il a jamais existé, est d’ores et déjà rompu… à l’avantage des patrons! Où était-il lors des conflits entre Québécor et les syndicats de ses journaux de Québec et Montréal qui ont rendu inopérantes les dispositions antibriseurs de grève ? Et que trouve-t-il comme argument? La peur!

«Des compagnies ont fait savoir qu’elles quitteraient le Québec s’il faisait ce pas supplémentaire, affirme le président du CPQ. Rien ne serait plus facile, par exemple, d’établir un réseau de centres de distribution au pourtour des frontières du Québec.»

Mais, il n’a pas encore fini de revendiquer… et demande l’interdiction de «l’utilisation des cotisations syndicales à d’autres fins (politiques, ou autres) que la stricte représentation des intérêts des travailleurs dans leurs entreprises.».

C’est sûr, comme cela on pourra accuser les syndicats de corporatisme, de ne s’occuper que de leurs membres et d’ignorer le reste de la société! Et les lobbys de droite comme le sien, l’IÉDM et l’Institut Fraser pourront occuper toute la place médiatique! Bon il nous restera l’IRÉC et l’IRIS, quand les médias traditionnels daignent en parler… souvent en mal! Et il n’a pas fini…

«Les employeurs voudraient notamment qu’on resserre considérablement les conditions d’application des retraits préventifs des femmes enceintes.»

Non content de refuser de moderniser la loi antibriseurs de grève, là il aimerait carrément qu’on recule de 50 ans!

Et alors…

En plus de tout ça, je trouve quand même ironique qu’un homme aussi médiatisé que lui se plaigne ainsi. Toutes les positions de son organisme-lobby sont rapportés dans les médias, même dans Le Devoir!

Comme l’a bien dit Jean-François Lisée sur sa plainte à propos des médias sociaux qui ne transmettent pas les points de vue du CPQ :

«Cela, cher M. Dorval, s’appelle le libre marché des idées. Adaptez-vous ou habituez vous. Mais, de grâce, cessez de pleurnicher !»

J’ai aussi bien aimé un commentaire dans Le Devoir : «On dénote une certaine nostalgie du temps où il n’y avait qu’un seul discours… le leur

Et s’il a besoin de se faire consoler, il n’a qu’à faire comme bien d’autres de ses amis et aller passer une fin de semaine à Sagard… Je suis certain qu’il n’aura pas besoin d’apporter son lunch!

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12 commentaires leave one →
  1. benton65 permalink
    25 avril 2012 1 h 50 min

    Force d’admettre que la réplique ne c’est pas fait attendre dans les commentaires de l’article du Devoir, c’est là tout le problème de M. Dorval!!!

    L’équation est simple, lorsque le message est a sens unique, on privilégie un médium passif…

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  2. Dany permalink
    25 avril 2012 4 h 23 min

    Malheureusement, les journaux et la télévision dominent encore largement l’espace médiatique. Je rêve du jour où nous dominerons le discours. Je suis allé au resto cet après-midi. Évidemment, tout le monde lisait le JdeM. Moi aussi, et ça me déprimait …

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  3. 25 avril 2012 5 h 47 min

    @ Benton

    «L’équation est simple, lorsque le message est a sens unique, on privilégie un médium passif…»

    Il aurait donc mal choisi en faisant diffuser son message dans le Devoir! Cela dit, je serais curieux de savoir la proportion des lecteurs de cet article (que ce soit sur Internet ou en copie papier) qui ont lus les commentaires… Moi, j’ai lus ceux écrits avant 10 heures environ…

    @ Dany

    Bienvenue ici!

    «Malheureusement, les journaux et la télévision dominent encore largement l’espace médiatique. »

    Malheureusement, je ne sais pas. Sans journaux traditionnels, la majorité du contenu des médias sociaux disparaîtrait, dont ce billet! En effet, que ce soit FB ou Twitter, les médias sociaux servent souvent à relayer ou à commenter le contenu des médias traditionnels, reconnaissons-le! Cela dit, ils apportent un éclairage différent, ce qui est précieux!

    «Évidemment, tout le monde lisait le JdeM. Moi aussi, et ça me déprimait …»

    Ça me déprime aussi, mais ça me déprimait encore plus durant le lock-out…

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  4. 25 avril 2012 7 h 12 min

    Très bon billet Darwin!

    Quel idiot. j’en reviens pas!

    Moi j’ai hâte que les entreprises qui braillent contre les syndicats et qui menacent de partir si on ne travaille pas au même taux horaire que les mexicains passent à l’action! Je suis tannée de leurs promesses…

    Ces entreprises qui se chrissent de nous sont d’ailleurs souvent les mêmes qui partent avec les caisses de retraite des employés! Qu’ils partent exploiter d’autres pingouins!

    Créer de la richesse en fouettant les femmes enceintes! Quel épais! J’en reviens pas!

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  5. 25 avril 2012 7 h 18 min

    Bon, le monsieur vient de constater que les médias locaux sont populaires au sein d’une certaine tranche de la population… Faut-il s’en surprendre si on constate que la très grande majorité des médias de masse sont indirectement (pourrait-on dire directement ?) contrôlés par des membres du Conseil du Patronat ? Et il ne faut pas oublier les journaux locaux qui sont majoritairement contrôlés par Quebecor Media et le Groupe Transcontinental. Comme ils sont gratuits, ces journaux sont financés par les membres de la Chambre de Commerce locale. Par expérience, je peux vous dire que les règles de publication sont fortement inspirées par le respect envers les commerçants et certaines administrations municipales qui sont elles aussi très proches de ces Chambres de Commerce.

    Y’a pas si longtemps, l’éditeur d’un des journaux locaux de mon patelin était président de la Chambre de Commerce. C’est peu dire…

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  6. 25 avril 2012 7 h 24 min

    @ Koval

    «Créer de la richesse en fouettant les femmes enceintes! Quel épais! J’en reviens pas!»

    J’ai souvent dit que tous n’ont pas la même définition de la richesse!

    «Moi j’ai hâte que les entreprises qui braillent contre les syndicats et qui menacent de partir si on ne travaille pas au même taux horaire que les mexicains passent à l’action!»

    C’est comme ceux qui disent que les riches partiront si on augmente le taux marginal d’imposition maximal. Oenses-tu que l’Ontario va les perdre? ;-

    @ Lutopium

    «Par expérience, je peux vous dire que les règles de publication sont fortement inspirées par le respect envers les commerçants»

    Je sais, j’ai eu l’expérience dans mon quartier…

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  7. Dany permalink
    25 avril 2012 22 h 27 min

    @ Darwin
    Vous avez raison! Les médias traditionnels sont indispensables. Seulement, Québécor a pris un tel virage à droite depuis quelques années qu’avec son poids médiatique, il est difficile d’être optimiste. Je ne parle même pas de La Presse (en passant, cherchez l’information concernant ce qui se passe à Sagar sur cyberpresse … c’est mince). Je me trompe peut-être, mais il me semble que la concentration de la presse au Québec est particulièrement forte. Noam Chomsky, lui-même, serait surpris par l’homogénéité du discours. Ce que je veux dire en terminant, c’est que pour 2 ou 3 personnes qui consultent des blogues et s’informent sérieusement, il y en a 20-25 qui se gavent d’information à TVA, au Journal de Montréal, au 98.5, à radio X, etc. On ne rejoint pas assez de gens …

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  8. 25 avril 2012 23 h 23 min

    @ Dany

    «On ne rejoint pas assez de gens …»

    Ce n’est pas moi qui vous contredirai!

    «il me semble que la concentration de la presse au Québec est particulièrement forte»

    Une chance qu’il reste Le Devoir!

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  9. 26 avril 2012 12 h 40 min

    Là où il y a des chiffres exposants un mouvement de fond, il y a de l’espoir.

    http://laqueste.wordpress.com/2012/04/26/effervescence-reseau/

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  10. youlle permalink
    26 avril 2012 21 h 43 min

    @ lutopium

    « Et il ne faut pas oublier les journaux locaux qui sont majoritairement contrôlés par Quebecor Media et le Groupe Transcontinental. »

    Il me semble que chez-nous c’est Gesca, mais …

    « Comme ils sont gratuits, ces journaux sont financés par les membres de la Chambre de Commerce locale. »

    Chez-nous je dirais plutôt influencés.

    « Par expérience, je peux vous dire que les règles de publication sont fortement inspirées par le respect envers les commerçants et certaines administrations … »

    Là vous frappez en plein milieux du mille.

    J’ai eu cette expérience ici il y a 20 ans.

    La caisse pop faisait une campagne un emploi pour ma région. C’était pour encourager l’achat local. En même temps cette caisse à tout renouvelé sont intérieur, toilettes, bureaux comptoirs etc. certainement plus de $100,000,00. De ce tout environ $500,00 à été acheté dans sa région, la petite tablette où ils mettent les enveloppes pour dépôt.

    Étant un client de l’hebdo j’ai voulu dénoncer cette situation. Réponse du directeur:  » Je ne vais pas publier une telle chose la caisse pop est mon meilleur client. »

    Cet hebdo n’a plus jamais eu une cenne de moi et j’ai dénoncé la caisse pop autant que je le pouvais.

    Ce que je dénonçait de l’hebdo au près des annonceurs est qu’ils ne sont pas lus.

    Ces hebdos sont une arnaque pour les commerçants qui y croient.

    Si vous vous voulez vous en rendre compte allez voir l’entrée des condos et des blocs appartements. Vous trouverez 3 à 7 jours plus tard tous ce hebdo sur le palier de l’entrée. Le concierge se charge de mettre le tout dans le conteneur. Ce que je viens d’écrire, je l’ai constaté pour la région de Trois Rivières et la rive sud le Montréal.

    Par chez nous encore on a un deuxième « publi sac en plastique » C’est Transcontinental Québécor et cie.

    Pour penser comme les libertariens le font envers l’état, c’est du vol. Je paye pour être pollué par ces maudit sacs et je travaille pour en séparer le plastique du papier pour les mettre dans le bac à récup.

    Il y a ici un nouvel hebdo qui me semble indépendant. Il est bien plus intéressant au sujet de l’info et il épaissit tandis que l’autre amincit.

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  11. youlle permalink
    26 avril 2012 21 h 50 min

    Pour ce qui est du conseil du patronat ils me font penser à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante(FECI).

    Du monde croche.

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  12. youlle permalink
    26 avril 2012 21 h 53 min

    J’oubliais, le conseil du patronat se fait servir la soupe du dieu à la main invisible de la tite drette libertarienne.

    Pour tant ils aiment servir cette soupe.

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