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François Saillant – Le radical de velours

10 mai 2012

Je connais François Saillant depuis une trentaine d’années. Sans être amis, je crois que nous nous sommes toujours appréciés. Enfin, pas de réserve de mon côté! Ayant côtoyé bien des organismes communautaires à cette époque, je connaissais beaucoup, beaucoup de monde dans ce milieu. Sans l’ombre d’un doute, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et lui (comment parler d’un sans penser à l’autre…) trônaient sur mon podium tant individuel qu’organisationnel!

Militant maintenant tous les deux à Québec solidaire, nous nous voyons plus souvent depuis quelque temps. Quand j’ai su qu’il publiait un livre, Le radical de velours, parcours militant, c’est donc avec empressement que je me le suis procuré.

Ce livre porte très bien son titre. D’une part, Josée Boileau du Devoir, qui fut la première à parler de lui comme un radical de velours, a visé en plein dans le mille avec cette expression. D’autre part, il ne s’agit pas d’une biographie comme telle, mais bien d’un récit sur son parcours militant, comme l’indique le sous-titre. Oh, il parle bien sûr un peu de sa jeunesse, mais uniquement pour bien camper ses origines, soit le quartier Saint-Sauveur, quartier ouvrier de la Basse-ville de Québec. Il ne s’attarde en effet pas sur sa vie privée, mais passe rapidement à ses premières expériences de militantisme.

Le livre ne suit pas une trame chronologique, mais est plutôt construit en fonction de ses expériences de militantisme dans divers domaines.

Premières expériences

Dans cette partie, il raconte ses premiers contacts avec les inégalités et bien sûr avec les logements insalubres! Le contexte politique de l’époque, la fin des années 1960, fait rapidement vibrer ses cordes contestataires qu’il expérimente entre autres au cours de ses études, au cégep et à l’université (c’est encore un peu comme ça de nos jours…). Il écrit aussi dans des journaux étudiants. Par exemple, j’ai bien aimé cette citation :

«Que ces messieurs de la Brascan, de la Canadian Breweries et de la Molson ne s’inquiètent pas. Il y a encore de l’argent à faire au Québec, car il y aura d’autres désillusions à oublier, d’autres rêves à noyer. Jusqu’au jour où nous aurons enfin le courage d’aller au bout de nos idées et d’assumer notre lâcheté.»

Pour ceux et celles qui l’ignore, je précise ici que la Brascan, société minière brésilienne, était propriétaire de la compagnie Labatt, la Canadian Breweries brassait entre autres la O’Keefe et la Molson, ben, vous le savez! Ces trois brasseries étaient régulièrement l’objet de boycotts (et de grèves!). Comme ces brasseurs contrôlaient presque tout le marché de la bière, – il n’y avait pas ou très peu de micro-brasseries à l’époque – on en venait à ne plus savoir quelle bière acheter! J’imagine que ces dans ce contexte qu’il a pondu ce texte…

Le FRAPRU

Cette section retrace les principaux combats menés par le FRAPRU (donc par l’auteur!), ses victoires, quand même nombreuses et ses «échecs», malheureusement aussi très nombreux. Il s’agit en fait d’un condensé de l’histoire des luttes liées au droit au logement au cours des 30 dernières années. Passionnant aussi bien pour un vieux comme moi qui connaissais de l’extérieur la plupart des événements relatés que pour quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler. Les résultats de bien de ces batailles sont réjouissants, mais ceux de trop d’entre elles sont au contraire vraiment révoltants.

Causes connexes

Dans ce chapitre, Tant d’injustices à combattre, il raconte les différentes causes dans lesquelles il a milité de façon plus ponctuelles, dont l’aide sociale (avec ses sinistres boubou-macoutes qui visitaient entre autres les logements des femmes touchant de l’aide sociale pour voir si elles ne vivaient pas «maritalement» avec quelqu’un…), la pauvreté, la hausse des tarifs et les inégalités.

Les peuples autochtones

François Saillant décrit dans ce chapitre les actions auxquelles il a participé dans la défense des droits des peuples autochtones. Il mentionne avec pertinence que cette question laissait bien des militants de la gauche indifférents ou perplexes. Sans l’être vraiment, je trouvais moi-même à l’époque qu’il se dispersait, tandis qu’il était simplement d’avant-garde et probablement plus sensible que moi à toutes les injustices. Il faut dire que la désinformation coulait à flot à l’époque. On me dira que c’est encore le cas aujourd’hui, mais les sources d’information non traditionnelles sont drôlement plus nombreuses et accessibles de nos jours.

Il résume bien son action auprès des peuples autochtones en concluant un discours ainsi : «Nous luttons pour la paix, mais la paix est impossible sans la justice.». C’est le cas de le dire, c’est très juste…

La politique

Pour des raisons que vous devinez, c’est le chapitre que j’ai préféré. Il y parle de son évolution politique et de son appartenance à un bon nombre de partis ou regroupements politiques, du PQ au groupe d’extrême gauche En lutte, puis à D’abord solidaires qui s’est transformé en Option citoyenne puis s’est fusionné avec l’Union des forces progressistes (UFP) pour former Québec solidaire. La fin de ce chapitre m’a tout particulièrement plu. À la sortie d’un débat avec Éric Duhaime et Joane Marcotte du Réseau Liberté-Québec (ce qu’on ne ferait pas quand on est en politique…), il s’est demandé comment la droite avait réussi à s’approprier du concept de liberté, alors qu’il était le propre de la gauche depuis… que la gauche existe!

«Comment a-t-elle [la gauche] pu abandonner ce terrain au point au point où la droite a pu se l’approprier impunément pour en faire sa valeur phare, à partir du début des années 1980? Elle l’a pervertie, rapetissée au point de la réduire à celle de commercer, de magasiner son éducation, sa santé ou ses services à la petite enfance (quand on a bien sûr les moyens de le faire!) et de polluer les ondes radiophoniques.

Il est temps que la gauche conteste à la droite le monopole de la liberté. Il faut la refaire nôtre, l’introduire à nouveau dans notre vocabulaire, dans nos préoccupations, dans nos combats.

La liberté est difficile à atteindre sans l’égalité et la justice, mais ces dernières sont insuffisantes sans la liberté.»

Et alors…

J’espère que ce billet vous aura donné le goût de lire ce bouquin où la passion transpire à chaque page. J’ai lu un bon nombre de livres sur les luttes de l’époque et celui-ci se classe encore une fois sur mon podium, tant en raison de la passion qui l’habite que de la structure et de la clarté du contenu.

Merci François!

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30 commentaires leave one →
  1. Pierre (alias Le Crible) permalink
    10 mai 2012 10 h 14 min

    «Comment a-t-elle [la gauche] pu abandonner ce terrain [du concept de liberté] au point au point où la droite a pu se l’approprier impunément pour en faire sa valeur phare, à partir du début des années 1980? Elle l’a pervertie, rapetissée au point de la réduire à celle de commercer, de magasiner son éducation, sa santé ou ses services à la petite enfance (quand on a bien sûr les moyens de le faire!) et de polluer les ondes radiophoniques.

    Il est temps que la gauche conteste à la droite le monopole de la liberté. Il faut la refaire nôtre, l’introduire à nouveau dans notre vocabulaire, dans nos préoccupations, dans nos combats.

    Il y a des gens, qu’on dit de droite, qui sont pour le chacun pour soi.
    « Pas de transferts pour toi, le moins bien nantis. Arrange-toi tout seul».
    Ce qui, effectivement, ne donne pas beaucoup de liberté aux gens qui n’ont pas les moyens financiers de faire grand chose.

    Il y a des gens, qu’on dit de gauche, qui sont pour la redistribution de la richesse principalement en biens et services.
    «Tiens, toi le moins bien nantis : Nous t’offrons d’habiter ce beau HLM qui vient de se libérer et qui vaut 600 $ selon le marché, en échange d’un loyer équivalent à seulement 25% de ton revenu mensuel, soit 200$. »
    On peut effectivement dire que cela donne plus de liberté aux personnes démunies. En plus de leur donner plus facilement accès aux biens et services subventionnés, comme les HLM, cette forme d’aide peut aussi libérer une partie de leurs maigres revenus pour acheter d’autres biens et services de leurs choix.

    Puis il y a des gens, qu’on dit aussi de droite (mais qu’il serait préférable de qualifier autrement, afin d’éliminer la confusion existante dans beaucoup d’esprits), qui sont pour la redistribution de la richesse, mais préférablement en espèces, pour la plupart des personnes démunies. Car ces gens présument que les personnes démunies ne sont pas majoritairement des personnes trop stupides pour gérer elles-mêmes les transferts qu’elles recevraient en espèces.

    (Le reste de ce commentaire comportant des propos méprisants à la fois contre les démunis et les gauchistes, il a été effacé)

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  2. Pierre (alias Le Crible) permalink
    10 mai 2012 12 h 17 min

    Je vous trouve bien chanceux d’être en mesure de reconnaître les propos méprisants de ceux qui ne le sont pas, car je ne vois pas en quoi le reste de mes commentaires étaient méprisants, alors que les vôtres à mon endroits me paraissent l’être tellement souvent. Mais comme vous êtes là pour protéger vos lecteurs de mes fausses perceptions, tout est bien qui finit bien…

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  3. 10 mai 2012 18 h 07 min

    Pierre, je vous propose un truc: venez dégobiller vos saletés dans mon blogue, et je ne les censurerai pas, promis!

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  4. the Ubbergeek permalink
    10 mai 2012 18 h 16 min

    Ca devrait être intéressant à lire, vos débats.

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  5. 10 mai 2012 19 h 16 min

    Je pense que j’aurais dû censurer complètement ces commentaires. On ne jase que de ces commentaires déplacés plutôt que du billet ou du livre sur lequel j’ai écrit. Et, oui, c’est vrai, les trolls (qui dévient constamment les débats vers leur idéologie ou leurs fantasmes) ne sont pas bienvenus ici.

    Pendant ce temps, les gens potentiellement intéressés par le sujet fuient, et je les comprends.

    Alors David, si jamais Pierre accepte votre offre, je vous en serai reconnaissant!

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  6. 10 mai 2012 21 h 05 min

    Ça a l’air intéressant! J’ai toujours bien aimé cet homme, sans le connaître. Il a l’air bien humble malgré toute sa contribution…

    Il a raison de dire que le concept de liberté n’est pas en dualité avec la gauche….un peuple plus instruit est par exemple plus libre et les peuples les plus instruits le sont grâce à la contribution de l’État.

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  7. 10 mai 2012 21 h 08 min

    Oui ce billet m’a donné le goût de le lire.
    Merci pour l’info!

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  8. 10 mai 2012 23 h 28 min

    @ Koval

    «Il a l’air bien humble malgré toute sa contribution…»

    En effet, tellement que je ne l’ai pas mentionné dans le billet pour ne pas le gêner!

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  9. 11 mai 2012 19 h 18 min

    @ David

    Hahaha, trop drôle! Un nouveau Mc Carthy!

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  10. 11 mai 2012 20 h 01 min

    David

    J’aime beaucoup ton nouvel avatar 😆 😆

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  11. 11 mai 2012 20 h 04 min

    Moi, je préférerais que tu le changes… Ce n’est pas tout le monde qui conprends le deuxième niveau (même le premier donne du fil à retordre à certains…).

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  12. 11 mai 2012 20 h 05 min

    À moins que je le mette dans la catégorie « adulte »….

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  13. 11 mai 2012 20 h 08 min

    J’espère que ça va marcher.

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  14. 11 mai 2012 20 h 08 min

    ???

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  15. 11 mai 2012 20 h 10 min

    Si tu places ton gravatar dans la catégorie « adulte », on peut régler pour qu’il n’apparaisse pas dans la discussion.

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  16. 11 mai 2012 20 h 11 min

    Ça a fonctionné!

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  17. 11 mai 2012 20 h 27 min

    Bravo!

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  18. Richard Langelier permalink
    12 mai 2012 21 h 46 min

    Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer la blague au 18e degré? J’ai l’impression d’être l’invité de l’extérieur de la gang lors d’un souper bien arrosé. Je sens qu’il y a un arroseur arrosé, mais encore?

    Puisqu’on parle des libertariens, ils ont sorti des boules à mites l’individu sans autres attaches que sa liberté de faire des calculs coûts-bénéfices, chéri par les économistes néo-classiques. C’est Joseph Schumpeter, dans son Histoire de l’analyse économique (3 volumes) et dans The Theory of Économic Development qui a précisé le plus clairement cet individu qui nous permet de faire de la science économique. [1] Selon leurs principes, nos libertariens québécois doivent proposer de mettre la hache dans la loi 101. Leurs alliés potentiels Mathieu Bock-Côté et Christian Dufour n’apprécient guère. Au Réseau Liberté Québec, s’il y a des nationalistes, ils doivent manger leurs bas.

    Est-ce que la gauche québécoise a abandonné le terrain de la liberté? Il faudrait peut-être se demander si ça existe, une gauche québécoise. La gauche sociale, ça va. Elle intervient, qui pour les locataires, qui pour les chômeurs. Elle a appuyé le Parti québécois, en se bouchant le nez plus souvent qu’à son tour. Lorsque le gouvernement Bouchard-Landry a entamé les réductions d’impôts des particuliers qui ont profité surtout aux plus hauts revenus, il y avait alors vaste consensus à l’Assemblée nationale sur cette question. C’est ce que plaisait à affirmer Bernard Landry aux quelques groupes qui osaient affirmer, en commission parlementaire, que c’était bien mal commencer le millénaire. Je ne suis pas surpris que des Québécois à revenus modestes ne veuillent pas que leurs impôts servent à financer l’éducation universitaire, puisque les probabilités que leurs enfants atteignent les études universitaires leur paraissent bien faibles. J’ai l’impression que ceux qui ont cessé d’appuyer les étudiants (10 points de pourcentage) sont convaincus que les propositions de Luc Godbout ont tout réglé.

    Il me reste à « expliquer une partie du mystère des sondages ». Je fais partie de la catégorie d’âge qui appuie le gouvernement depuis le début. Hier, à RDI, Serge Ménard rappelait que lorsqu’il était ministre, ça allait de soi que la gratuité universitaire n’avait pas été appliquée à la suite des travaux de la Commission Parent, à cause des coûts importants des changements en santé et en éducation. Il allait de soi que les gouvernements libéraux et péquistes qui ont suivi n’indexaient pas les fruits universitaires pour atteindre en douce cette gratuité [2]. « C’est ce consensus que le gouvernement Charest a brisé », disait-il. Je semble cool, croyant avoir tout expliqué en cette première journée de vélo, mais il en faudra beaucoup d’autres pour expliquer pourquoi la révolution culturelle du ministre Bachand passe si facilement dans mon groupe d’âge qui considérait la révolution trop tranquille. Est-ce qu’on devient gaga à mon âge? Je garde mes jurons pour les côtelettes que je grimperai demain.

    [1] S’il y a des profs qui fréquentent ce blogue, je me permets de leur conseiller la lecture de Schumpeter, les jours de pluie au cours de leurs 4 mois de vacances. 😈
    [2] Je sais, une asymptote n’arrive jamais à zéro.

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  19. Richard Langelier permalink
    12 mai 2012 21 h 52 min

    @ Darwin ou koval

    J’avais placé un smiley après « 4 mois de vacances ». J’ai raté. Pourriez-vous, koval, pourrais-tu, Darwin, en placer un qui ne relèverait pas de la jalousie?

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  20. 12 mai 2012 23 h 04 min

    @ Richard

    «Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer la blague au 18e degré?»

    Laquelle? Si tu parles de David, il avait mis un avatar avec un carré vert et un svastika au centre. Tu n’as qu’à cliquer sur son nom pour le voir… C’est drôle, mais pas mal trop au 18ème degré, comme tu dis, pour quelqu’un qui retontirait par hasard sur ce blogue.

    «Je ne suis pas surpris que des Québécois à revenus modestes ne veuillent pas que leurs impôts servent à financer l’éducation universitaire, puisque les probabilités que leurs enfants atteignent les études universitaires leur paraissent bien faibles.»

    Tout dépend de ce que tu entends par «revenus modestes». Ceux qui ont des revenus vraiment modestes en paient en fait peu ou pas. Des taxes et des tarifs, mets-en! En plus, je suis loin d’être certain qu’ils font ce genre de calculs, davantage fantasmes de théoriciens économiques que réalité. Je crois plutôt qu’ils ont gobé le discours populiste des Martineau de ce monde sur les enfants-rois.

    «J’ai l’impression que ceux qui ont cessé d’appuyer les étudiants (10 points de pourcentage) sont convaincus que les propositions de Luc Godbout ont tout réglé.»

    Qui comprend ce qu’a dit Godbout? Qu’un certain nombre de personnes aient gobé le message derrière ces tableaux et ce qu’en ont dit leur vedette favorite, oui, je le crois. Malheureusement, on ne me cite pas suffisamment, même si le billet que j’ai écrit sur ces tableaux a fait plus que doubler l’achalandage record de ce blogue…

    Non, je pense que c’est la fréquence des actes violents qui fait varier l’opinion publique. Mais, je peux me tromper…

    «Il allait de soi que les gouvernements libéraux et péquistes qui ont suivi n’indexaient pas les fruits universitaires pour atteindre en douce cette gratuité»

    Je partage cette analyse, asymptote ou pas!

    «Est-ce qu’on devient gaga à mon âge?»

    Ne généralisons pas. Certains ne sont devenus que riches… d’autres égoïstes et d’autres les deux! D’autres enfin écoutent trop les populistes… et d’autres encore ont toujours été comme ça! Finalement, d’autres s’en crissent maintenant que cela ne les touche plus directement. Et il y a les libertariens!

    «en placer un qui ne relèverait pas de la jalousie?»

    Fait-il l’affaire? J’hésitais avec le classique 😉 .

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  21. 13 mai 2012 4 h 26 min

    «Ne généralisons pas. Certains ne sont devenus que riches… d’autres égoïstes et d’autres les deux! D’autres enfin écoutent trop les populistes… et d’autres encore ont toujours été comme ça! Finalement, d’autres s’en crissent maintenant que cela ne les touche plus directement. Et il y a les libertariens!«

    Tu n’as peut-être pas voulu généraliser, mais tu as mis là dedans pratiquement tous les petits vieux. 😉

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  22. 13 mai 2012 9 h 32 min

    «Tu n’as peut-être pas voulu généraliser, mais tu as mis là dedans pratiquement tous les petits vieux»

    Ben, ce n’est pas ça ne pas généraliser?

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  23. 13 mai 2012 10 h 15 min

    Excuse moi j’avais mal compris.
    Tous les riches, égoïstes, populistes, ceux qui s’en crissent et tous les autres qui ont toujours été comme ça, je les place tous dans le même panier, tous des gaga.

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  24. Richard Langelier permalink
    13 mai 2012 13 h 54 min

    Ce sondage http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/exclusif-les-quebecois-renvoient-charest-et-les-etudiants-dos-a-dos/12812/#comments indique que 61% des 55 ans à l’infini considèrent que ce sont surtout les associations étudiantes qui sont responsables de l’échec du règlement de la crise étudiante actuelle.

    Le fait que le sondage a été réalisé auprès de 430 répondants par le biais d’un panel web met un baume sur ma douleur. Lorsque je lis sur un blogue : « j’ai travaillé pour me payer mes études, qu’ils paient eux aussi », le baume fout le camp.

    Je préfère le « Quand le jazz est là, la java s’en va » de Michel Legrand.

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  25. 13 mai 2012 15 h 00 min

    «Le fait que le sondage a été réalisé auprès de 430 répondants par le biais d’un panel web met un baume sur ma douleur»

    Je ne voudrais pas enlever ce baume, mais de nombreux autres sondages arrivent à des résultats similaires. J’avais parlé d’autres sondages dans ce billet pour montrer que les jeunes, en gréve ou pas, qu’ils soient aux études ou non, étaient contre la hausse. Par contre, ces sondages montrent aussi un appui à la hausse supérieur à 60 % chez les 55 ans et plus. Ils ont beau tous provenir de panels web, il est clair que l’appui au gouvernement augmente avec l’âge.

    «Je préfère le « Quand le jazz est là, la java s’en va » de Michel Legrand.»

    Pour que les plus jeunes comprennent de quoi vous parlez :

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  26. Richard Langelier permalink
    13 mai 2012 18 h 54 min

    Claire Durand affirme que dans les sondages par internet, les personnes de mon âge vénérable sont moins représentées, puisqu’il y a moins d’internautes dans cette cohorte. Si j’étais pessimiste, je dirais que c’est ça qui est le plus « mauseusse »! Je tente de trouver des explications.

    Je me considère politisé. Si on me demandait ce que ça mange en hiver, des frais afférents, je serais bien embêté. Pendant la semaine de relâche, un voyage au mont Sutton est organisé. Il y a un forfait de 35$ incluant les remonte-pentes et l’autobus? Je n’en serais aucunement scandalisé. L’inscription au gymnase est gratuite, mais si tu veux un shampoing qui t’assurera que tu ne te feras pas dire par une langue de vipère, à 60 ans : « la photo que tu as mise sur Facebook Mercier, pour confirmer ta présence à l’assemblée, elle doit être vieille », c’est 0,50 $. Je suppose que c’est ce qu’on entend par frais afférents.

    J’avance donc l’hypothèse que les personnes qui ont moins de 55 ans goberont moins facilement le discours de la ministre Line Beauchamp. S’ils ont des enfants, les frais afférents leur sautent à la face très rapidement. Je taquinais koval, mais cette idée que les syndicats défendent les privilèges des profs qui ont 4 mois de vacances par année est bien répandue. Évidemment, la négociation d’une convention collective d’une entreprise de 50 employés ne fait pas la manchette. L’anti-syndicalisme est dans l’air : ils ne défendent que les pousseux de crayon (sans s puisqu’ils n’usent qu’un crayon)! Comme l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin, nous vivons dans une société où chacun jalouse son voisin : le chauffeur d’autobus qui travaille assis, le dépanneur qui est son propre boss, etc.

    Pas facile d’expliquer le social! Une belle science économique où tu peux faire du calcul différentiel avec quelques hypothèses simplificatrices, c’est reposant !

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  27. 13 mai 2012 19 h 28 min

    «les personnes de mon âge vénérable sont moins représentées,»

    Le problème, c’est surtout qu’elles ont sûrement des caractéristiques différentes des personnes du même âge ne faisant pas partie du panel.

    «Si on me demandait ce que ça mange en hiver, des frais afférents, je serais bien embêté»

    Je sais pas mal ce que c’est et même que ça regroupe des choses différentes d’une université à l’autre.

    « la photo que tu as mise sur Facebook Mercier, pour confirmer ta présence à l’assemblée, elle doit être vieille »

    😆

    «J’avance donc l’hypothèse que les personnes qui ont moins de 55 ans goberont moins facilement le discours de la ministre Line Beauchamp.»

    Ça a du sens.

    «Une belle science économique où tu peux faire du calcul différentiel avec quelques hypothèses simplificatrices, c’est reposant !»

    En effet, tu peux éviter de réfléchir en te cachant derrière les résultats de modèles. Surtout si tu ne te poses pas de questions sur la validité des données que ton modèle utilise…

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  28. Richard Langelier permalink
    13 mai 2012 19 h 42 min

    Un panel web, est-ce du « chatting » ou un sondage, cochez « parfaitement d’accord », etc.?

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  29. 13 mai 2012 19 h 56 min

    C’est plus compliqué. Un panel est formé de personnes qui ont accepté de participer à des sondages en échange d’une certaine somme d’argent. Disons que 50 000 personnes ont accepté. La maison de sondage en sélectionne disons 1000 pour un sondage donné. En plus les 50 000 personnes ont répondu à un questionnaire sur leurs valeurs. Cela permet à la maison de sondage de pondérer les répondants non seulement sur les caractéristiques habituelles (âge, sexe, revenu, niveau de scolarité, etc.), mais aussi sur la répartition des réponses au questionnaire sur les valeurs en fonction des réponses données par un autre sondage traditionnel (au téléphone, avec un échantillon probabiliste).

    Voilà!

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