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Manifeste pour de meilleurs politiques économiques

1 juillet 2012

Il y a quelques jours, Paul Krugman a écrit un court billet invitant ses lecteurs à prendre connaissance d’un manifeste auquel il a participé, manifeste invitant les politiciens à changer les politiques économiques qu’ils appliquent actuellement. Comme ce manifeste, A Manifesto for Economic Sense (Un manifeste pour le (bon?) sens économique), contient une bonne analyse de la situation actuelle, je vais en présenter le contenu. Je passe donc le clavier aux auteurs du manifeste…

Les erreurs

Si la crise économique commencée il y a maintenant plus de quatre ans sévit encore dans un bon nombre de pays industrialisés, c’est parce qu’on applique le même genre de politiques économiques que durant la Grande Dépression des années 1930. Pourtant, il y a longtemps que l’inefficacité de ces politiques et leur absence de fondement ont été démontrées. Elles reposent sur des erreurs majeures à la fois dans l’analyse des causes de la crise, de sa nature et des solutions avancées pour la combattre.

  • Causes : sauf exceptions, comme la Grèce, il est faux de prétendre que la crise est due à l’endettement trop élevé des États. En fait, ce sont les emprunts et les prêts accordés par le secteur privé, dont le secteur financier, qui sont à la base de cette crise. La hausse de l’endettement et les déficits des gouvernements sont une conséquence de la crise, pas sa cause.
  • La nature de la crise : quand la bulle immobilière a éclaté, le secteur privé et les consommateurs ont soudain réduit leurs dépenses pour faire diminuer leurs dettes accumulées. Sachant que les dépenses des uns sont les revenus des autres, il est évident que cette baisse de dépenses a aussi fait diminuer les revenus des ménages et des gouvernements, causant une récession qui a aggravé la dette des États.
  • Les solutions appropriées : quand le secteur privé et les ménages restreignent leurs dépenses, le secteur public doit prendre la relève. Il doit à tout le moins ne pas s’engager à des compressions budgétaires ou à de fortes hausses de taxes et d’impôts qui ne peuvent qu’empirer une récession. C’est pourtant ce que plusieurs gouvernements font.
  • La grande erreur : après avoir réagi correctement au début en concoctant des plans de relance, trop de pays se sont concentrés sur les conséquences de la crise, les déficits gouvernementaux, plutôt que sur les causes. Il ont ainsi diminué leurs dépenses en tandem avec le secteur privé et les ménages. Au lieu de jouer son rôle stabilisateur, l’État a au contraire contribué à empirer la situation.

Les faux arguments

Dans une telle situation, on compte généralement sur la politique monétaire pour favoriser une reprise. Mais, avec des taux d’intérêt près de zéro, la politique monétaire ne peut à elle seule faire le travail. Tout en visant une réduction des déficits gouvernementaux à moyen terme, il faut éviter de les réduire trop rapidement, car cela mine toute reprise. La priorité devrait être de s’attaquer au chômage qui, en plus des drames humains qu’il cause, rend la lutte au déficit encore plus difficile.

Les promoteurs de l’austérité justifient leur position à l’aide de deux arguments bien différents.

– L’argument de la confiance : selon eux, les déficits gouvernementaux font augmenter les taux d’intérêts et nuisent donc à la reprise, tandis que les politiques d’austérité génèrent de la confiance et contribuent en conséquence à la reprise.

Pourtant, aucun fait ne vient appuyer cette théorie dominante. Tout d’abord, malgré des déficits élevés, les taux d’intérêts sont historiquement bas dans les pays qui ont leur propre monnaie et une banque centrale qui fonctionne normalement. Pensons au Japon qui bénéficie de taux d’intérêt très bas malgré une dette qui dépasse 200 % de son PIB et de fréquentes décotes de la part des agences de notation. Les niveaux élevés des taux d’intérêts dans certains pays européens s’expliquent par le fait que la Banque centrale européenne refuse d’agir en tant que prêteur de dernier ressort. Dans les autres pays, la banque centrale peut, si nécessaire, financer les déficits sans influencer le marché des obligations.

Ensuite, il n’existe aucun exemple pertinent où des compressions budgétaires ont entraîné une hausse de l’activité économique. Après avoir étudié 173 cas de compressions budgétaires, le Fonds monétaire internationale a conclu que ces compressions entraînent presque toujours une contraction de l’économie, sauf dans de rares cas où les pays ont procédé à d’importante dévaluations de leur monnaie. Aujourd’hui encore, on peut constater que ce sont les pays qui ont appliqué les compressions budgétaires les plus élevées qui souffrent des baisses du PIB les plus importantes.

Il est donc faux de prétendre que l’austérité entraîne la confiance des marchés. Aucune entreprise n’investira pour augmenter sa capacité de production si les consommateurs ne peuvent dépenser pour acheter sa production. L’austérité décourage donc les investissements.

– L’argument structurel : selon les promoteurs de l’austérité, la reprise est retardée par des problèmes structurels, les compétences des travailleurs ne correspondant pas aux besoins des entreprises. Si c’était le cas, on observerait des baisses de chômage et même des pénuries dans au moins quelques professions. Pourtant, ce n’est pas le cas dans la plupart des pays, le chômage ayant augmenté dans toutes les professions et toutes les industries depuis le début de la récession. Il est donc clair que le problème n’est pas structurel, mais bien un manque de demande. Le même argument avait été avancé à la fin des années 1930, et pourtant le PIB et l’emploi avaient soudain augmenté dans les années qui ont suivi, montrant qu’il n’y avait aucun problème structurel.

Conclusion

En raison de l’application de théories erronées, plusieurs pays imposent actuellement des souffrances inutiles à leur peuple. Ces théories ont pourtant été contredites dès les années 1930 et au cours des 40 années qui ont suivi, années au cours desquelles l’Occident a connu une période sans précédent de stabilité et de faible chômage. La résurgence de ces fausses théories a des effets tragiques. Il est inacceptable que de telles idées fausses se soient implantées, comme la peur de taux d’intérêt élevés qui semble plus importante pour les décideurs que les horreurs du chômage de masse.

Il est bien sûr que chaque pays doit adopter des mesures en fonction de ses besoins particuliers et de débats approfondis. Mais, ces mesures doivent à tout le moins se baser sur une analyse correcte de la situation.

Le manifeste se termine par une invitation à le signer.

Et alors…

Même si j’endosse la majeure partie du contenu de ce manifeste, il n’est pas question que je le signe. Soyons clair, je trouve que les politiques prônées par ce manifeste seraient très nettement plus positives que les politiques d’austérité actuelles. Par contre, une partie de ce manifeste m’agace et certaines omissions sont trop importantes pour les ignorer.

Ce qui m’agace, c’est la promotion sans retenue d’une hausse des dépenses des consommateurs, du secteur privé et de l’État. Cette analyse repose, comme celle des néolibéraux, sur la recherche de la croissance infinie. Si au moins on y précisait que les gouvernements doivent favoriser des dépenses en infrastructures pour développer les énergies vertes, ou l’embauche de postes à faible empreinte environnementale, ce serait déjà plus acceptable.

L’omission principale est pour moi d’analyser seulement les aspects économiques (dans son sens classique) et financiers de la crise actuelle sans parler de ses aspects environnementaux et sociaux, comme le réchauffement climatique, l’épuisement graduel des ressources et l’accroissement des inégalités.

Mes deux principales réserves de ce texte sont donc intimement liées. C’est souvent un des problèmes avec certains économistes «progressistes» (dans le sens de «liberal» en anglais) comme Krugman. Malgré leur excellente capacité d’analyse, ils ne parviennent pas à sortir de leur univers économique restreint et réducteur pour envisager l’économie, l’environnement et la société d’un seul regard. Sans un environnement viable pour l’homme et une société qui fonctionne, il n’y aurait pourtant pas d’économie…

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28 commentaires leave one →
  1. Yves permalink
    1 juillet 2012 20 h 14 min

    Pour moi, quand il dit que: « Il est inacceptable que de telles idées fausses se soient implantées, comme la peur de taux d’intérêt élevés »

    Je ne suis pas d’accord, je ne comprends pas quel avantage il aurait d’en avoir, sinon d’enrichir encore plus les banques. Je vois très mal une hausse du taux d’hypothèque, avec tous ces jeunes ménages qui ont pu avoir leur maison grâce à des programmes d’accessibilité.

    Sans être jeune, je sais que sans ces mesures pour facilité l’achat d’une maison, j’en aurais pas!

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  2. 1 juillet 2012 20 h 25 min

    «Je ne suis pas d’accord, je ne comprends pas quel avantage il aurait d’en avoir»

    Ce qu’il veut dire, c’est que, compte tenu de la situation actuelle, il n’y a aucun danger qu’il y ait une hausse des taux d’intérêt actuellement aux États-Unis. Donc, la crainte d’une hausse des taux d’intérêt est loin d’être un problème important d’ici encore quelques années, tandis que le problème de chômage est, lui bien réel et détruit des vies.

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  3. the Ubbergeek permalink
    1 juillet 2012 23 h 28 min

    Mais en refusant de signer par angélisme, avocat du Diable, ca aide peut-être l’ennemi commun. Compromis de fois bons, des fois mauvais. Faus savoir faire la part des choses.

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  4. 2 juillet 2012 6 h 19 min

    @ the Ubbergeek

    Je vous remercie de vos bons mots.

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  5. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 8 h 01 min

    D’entrée de jeu vous affirmez : « Comme ce manifeste … contient une bonne analyse de la situation actuelle, je vais en présenter le contenu ».

    Après avoir présenté le maifeste et admis endosser la majeure partie de son contenu, vous refusez de le signer pour quelques considérations et omisions, importantes à vos yeux. Je crois que votre pureté idéologique vous aveugle et vous empêche de tenir compte du contexte dans lequel ce court manifeste est publié et à qui il s’adresse. Il s’adresse d’abord aux Américains à quelques mois de la tenue de l’élection à la présidence où deux visions très différentes du rôle de l’état s’affrontent. L’appui à ce manifeste vise donc à apporter un appui ciconstanciel aux politiques économiques plus progressiste des Démocrates (à moins que vous considérez que Démocrates et Républicains, c’est, au fond, du pareil au même, comme au Québec plusieurs gauchistes considèrent tous les partis sauf QS comme étant d’idéologie néolibérale, une absurdité inqualifiable. Un manifeste ne se veut pas et ne peut pas être une analyse exhaustive d’une problématique et il y aura toujours des omissions et des points sur lesquels on n’est pas totalement d’accord. On a évidemment le choix : ne pas signer afin de ne pas souiller notre pureté idéologique de gauche et rester sur les lignes de côté ; ou signer, avec toutes les réserves que l’on peut avoir, afin d’appuyer les efforts de Américaines et Américains qui aspirent à des politiques plus progressistes.

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  6. 2 juillet 2012 9 h 17 min

    @ François Aubry

    « Je crois que votre pureté idéologique vous aveugle et vous empêche de tenir compte du contexte dans lequel ce court manifeste est publié et à qui il s’adresse»

    Je comprends très bien ce contexte et c’est ce qui explique que j’ai pris la peine de traduire ce manifeste et de lui donner un peu plus de visibilité ici. Pas mal pour un aveugle!

    «à moins que vous considérez que Démocrates et Républicains, c’est, au fond, du pareil au même, comme au Québec plusieurs gauchistes considèrent tous les partis sauf QS comme étant d’idéologie néolibérale, une absurdité inqualifiable»

    Vous me prêtez bien des intentions. Je le répète, aurais-je publicisé ce manifeste et lui aurais-je donné un appui partiel (et tout de même substantiel) si je considérais de telles positions identiques? En outre, je ne suis même pas sûr que les Démocrates appuient officiellement ce manifeste ou son contenu. Krugman a lui-même reproché (et le fait couramment!) aux Démocrates la timidité de leur gestes dans ce sens. Mais, bien sûr, pas plus lui que moi ne prétendra que «Démocrates et Républicains, c’est, au fond, du pareil au même».

    Et oui, je considère que le PQ appuie beaucoup d’idées néolibérales (comme de créer de la richesse avant de la distribuer). Par contre, comme la majorité des gauchistes que je connais, je sais reconnaître les différences et les intensités en la matière et distinguer les positions du PQ de celles du PLQ et de la CAQ, et puis même ajouter que ON n’est pas plus «d’idéologie néolibérale» que QS. Je ne connais pas assez les positions du parti Vert pour me prononcer, mais ce que j’en ai lu me paraît ambigu de ce côté.

    « ne pas signer afin de ne pas souiller notre pureté idéologique de gauche et rester sur les lignes de côté»

    Il ne faudrait tout de même pas exagérer l’impact qu’aurait ma signature, ni l’importance que j’accorde à signer ou ne pas signer une pétition ou un moratoire! Je suis très avare de mes signatures, même sur des sujets que j’appuie davantage, même de gauche franche. Vous avez tout à fait le droit d’être en désaccord avec ma position, mais je trouve votre accusation de «pureté idéologique» déplacée.

    «rester sur les lignes de côté»

    Je considère que de publiciser ce manifeste comme je l’ai fait est une mesure bien plus active que de le signer en ne faisant rien d’autre.

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  7. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 18 h 13 min

    Je vous remercie d’avoir réagi à mon commentaire.

    Si vous me le permettez, je voudrais réagir brièvement à quelques points que vous soulevez.

    Vous affirmez : « Et oui, je considère que le PQ appuie beaucoup d’idées néolibérales (comme de créer de la richesse avant de la distribuer). »

    Ce débat « bipolaire » qui veut que, soit on distribue la richesse avant de la créer, soit on crée la richesse avant de la distribuer, me semble bien stérile et, à mon humble avis, n’a rien à voir avec le néolibéralisme. (D’ailleurs, à force d’utiliser à tout vent le terme néolibéralisme, nous en viendrons à le vider de son véritable sens.) En fait, je crois qu’il faudrait distribuer la richesse au moment même de sa création en mettant en place, entre autres, des politiques salariales justes et équitables, accompagnées de conditions de travail qui permettent aux travailleuses et aux travailleurs de vivre décemment (santé et sécurité au travail, assurances, fonds de pension, etc.) et de participer aux décisions qui les concernent tant à l’intérieur de l’entreprise que dans la communauté.

    Vous dîtes : « Par contre, comme la majorité des gauchistes que je connais, je sais reconnaître les différences et les intensités en la matière et distinguer les positions du PQ de celles du PLQ et de la CAQ, … »

    Merci de cette clarification. Il est bien dommage cependant que plusieurs membres de QS, incluant la co-présidente, ne fassent pas toujours de telles distinctions et parlent du PLQ et du PQ comme étant deux vieux partis interchangeables, du pareil au même, quatre trente-sous pour une piasse, deux partis néolibéraux.

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  8. 2 juillet 2012 18 h 39 min

    @ François Aubry

    «Ce débat “bipolaire” qui veut que, soit on distribue la richesse avant de la créer, soit on crée la richesse avant de la distribuer, me semble bien stérile et, à mon humble avis, n’a rien à voir avec le néolibéralisme»

    Je trouve cette question au contraire assez fondamentale. Pour moi, c’est la répartition qui permet une prospérité plus saine (une véritable création de richesse) et la mobilité sociale, entre autres. Cette répartition peut se faire aussi bien par des transferts que par de meilleures conditions de travail et aussi, je dirais même surtout, par l’offre élargie de services publics.

    Cette question (créer de la richesse avant de la répartir) est tout de même à la base des politiques de réductions des impôts des riches un peu partout en Occident, qui, elles, se basent directement sur le néolibéralisme (entre autres avec la théorie du ruissellement ou «tricle down»).

    «Merci de cette clarification. Il est bien dommage cependant que plusieurs membres de QS, incluant la co-présidente, ne fassent pas toujours de telles distinctions et parlent du PLQ et du PQ comme étant deux vieux partis interchangeables, du pareil au même, quatre trente-sous pour une piasse, deux partis néolibéraux.»

    La co-porte-parole a sûrement eu des mots durs pour le PQ (mots durs que je partage), mais a quand même déposé une offre d’accord avec le PQ et ON pour battre les libéraux. Aucune offre de ce genre ne s’adresse au PLQ! N’est-ce pas la preuve qu’elle ne met pas, elle non plus, le PLQ et le PQ sur le même pied?

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  9. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 18 h 50 min

    Tant mieux si sa pensée évolue !

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  10. 2 juillet 2012 19 h 28 min

    @François Aubry 18h60

    Et votre pensée à vous, ça va? Vous accusez les militants de QS de porter des oeillères idéologiques et de mettre tous leurs adversaires sur le même pied? Est-ce que vous vivez sur la même planète que moi, ou est-ce plutôt l’information qui n’arrive pas pas à franchir vos propres pare-feu?

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  11. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 20 h 01 min

    Bon ça dégénère déjà !

    D’abord je n’accuse pas tous les militants de QS de mettre leurs adversaires sur le même pied, certains seulement. Idem pour les oeillères. Vous auriez eu intérêt à lire mon propos avec plus d’attention.

    Je connais beaucoup de militants de QS qui savent faire la part des choses et qui peuvent analyser finement et avec les nuances qui s’imposent la situation politique québécoise.

    Non, papitibi, c’est évident que je ne vis pas sur la même planète que vous. Et j’en suis fort aise.

    Et soyez assuré que je suis très à l’aise avec l’état et l’évolution de ma pensée.

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  12. 2 juillet 2012 20 h 01 min

    @ Papitibi

    «Vous accusez les militants de QS de porter des oeillères idéologiques et de mettre tous leurs adversaires sur le même pied?»

    Je lis presque quotidiennement des faussetés sur QS, comme le supposé fait que Qs aurait demandé à ses membres d’appuyer le NPD lors de la dernière élection fédérale, alors qu’il a plutôt demandé d’appuyer le candidat progressiste qui avait les meilleures possibilités de battre les conservateurs. Lors du congrès où cette position a été diffusée, Amir Khadir a même donné comme exemple Maria Mourani du Bloc Québécois!

    Il en est de même de la présence de communistes (présence minime), de la position sur les signes ostentatoires religieux (voile islamique) et sur l’indépendance (QS prévoit un référendum lors du premier mandat alors que le PQ promet la «gouvernance souverainiste»). Alors, je comprends bien (même si j’ai de la difficulté à l’accepter) que l’information sur les positions de QS soient déformées par les médias (et par ses adversaires!).

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  13. 2 juillet 2012 20 h 05 min

    @ François Aubry

    «Bon ça dégénère déjà !»

    Comme je l’expliquais dans mon commentaire précédent, on entend tellement de désinformation sur Qs que cela fait raccourcir la mèche! Ça m’arrive aussi! Mais, lorsque je constate la bonne foi de mon interlocuteur, je reste zen!

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  14. Richard Langelier permalink
    2 juillet 2012 21 h 50 min

    @ Darwin et Serge Aubry

    Le productivisme se meurt, oui de mort lente, même chez ceux qui se prétendent disciples de Keynes. Nous les marxiens, savons que Marx a écrit : « Le rapport des hommes à la nature reflète leurs rapports bornés entre eux ». Bien évidemment, nous savons aussi qu’il a écrit : « Chose certaine, je ne suis pas marxiste ». Keynes avait aussi écrit quelque chose comme : « en récession, il vaut mieux payer des personnes pour creuser un trou, puis le remplir, que de ne rien faire. Cependant, il est préférable de les payer pour construire des infrastructures ».

    Plus sérieusement, le mouvement écologiste nous oblige à lier la façon de produire les richesses, la façon de les redistribuer et la façon de calculer la richesse nationale. À 64 ans, je suis trop vieux pour prétendre que le mouvement féministe a fait de moi un homme rose. [1] Je ne sais pas si c’est la cause ou l’effet, mais je suis un vieux garçon endurci. Sylvie Morel a écrit sur l’économie féministe http://www.economieautrement.org/spip.php?article194 . Sur Jeanne Émard, il y a eu un débat. (tu pourrais donner le lien, Darwin, je suis trop Amable Beauchemin pour le trouver).

    M. Aubry, je suis redevenu un membre un peu actif de Québec solidaire, après avoir claqué la porte. Je l’avais exprimé dans http://www.ledevoir.com/non-classe/148641/libre-opinion-l-impossible-parti-social-democrate . Amir Khadir ayant défendu la plate-forme électorale préproud’honienne de l’Union des forces progressistes en 2003, je n’ai jamais été vraiment surpris par son comportement à l’intérieur du parti Québec solidaire. Par contre, j’ai été surpris par l’attitude de Françoise David particulièrement lors du colloque sur le renouvellement de la social-démocratie et dans son livre « De colère et d’espoir ». Elle tient à se situer à gauche de la social-démocratie. Bien sûr, les concepts sont plurivoques. Quand je pense à « social-démocratie », je pense à ce qui prévaut (prévalait?) dans les pays scandinaves. Lucien Bouchard a parlé de néo-social-démocratie pour décrire le fait de remplacer des auxiliaires familiales de CLSC qui avaient obtenu des conditions de travail relativement bonnes par des personnes assistées sociales qui recevaient un supplément de 80$ pour 80 heures par mois. Il considérait aussi que Moisson Montréal qui recueille la nourriture que jetaient les super-marchés était de la néo-social-démocratie. Aux demandes nationales de la Marche mondiale des femmes, il a accordé 0,10$ d’augmentation pour le salaire minimum horaire et Jean Charest a déclaré que ce n’était pas une bonne idée. Dans un certain sens, je comprends qu’elle voie peu de différences entre le Parti libéral et le Parti québécois et qu’elle n’apprécie pas l’expression « social-démocratie ».

    J’ai l’impression qu’une bonne partie des électeurs québécois se situe entre le Parti québécois et Québec solidaire, surtout si l’on inclut les sociaux-démocrates qui n’acceptent pas la souveraineté. Je ne crois pas que ces électeurs québécois pourront voter un jour dans l’enthousiasme (du moins pas ceux de mon âge). On verra !

    [1] Par exemple, en ce qui concerne le programme Québec solidaire, je considère qu’accorder un revenu minimum garanti au conjoint du contribuable qui a un revenu annuel de 100 000$ me semble une idée très à droite, alors que c’est présenté comme une mesure pour libérer les femmes du joug patriarcal.

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  15. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 22 h 12 min

    @Darwin

    Certes il y a une certaine désinformation concernant QS comme il y en a pour tout parti politique.

    Mais tout n’est pas désinformation en ce qui concerne QS. Par exemple, voici un extrait d’une lettre d’Amir Khadir à Pierre Curzi dans laquelle la nature neolibérale du PQ est clairement affirmée :

    «Pour combattre l’abstentionnisme, il faut arrimer clairement les propositions politiques avec la mobilisation sociale. C’est ce que QS s’efforce de faire depuis sa fondation. Le PQ, parti de gouvernement gagné au néolibéralisme voit les mouvements sociaux comme des problèmes à gérer ou des occasions de marquer des points politiques. »

    J’imagine que c’est à partir de tels propos que la désinformation se répand !

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  16. 2 juillet 2012 22 h 44 min

    @ Richard Langelier

    «Sur Jeanne Émard, il y a eu un débat. (tu pourrais donner le lien, Darwin, je suis trop Amable Beauchemin pour le trouver).»

    Quand on me demande gentiment… tu dois parler de ce billet : L’économie féministe

    @ François Aubry

    «J’imagine que c’est à partir de tels propos que la désinformation se répand !»

    Où ai-je dit qu’il serait faux que QS trouve le PQ néolibéral? J’ai même écrit plus tôt aujourd’hui, et nous en avons débattu, que «oui, je considère que le PQ appuie beaucoup d’idées néolibérales». Là, ce n’est pas de la désinformation!

    «la nature neolibérale du PQ est clairement affirmée»

    Vous noterez qu’il écrit «PQ, parti de gouvernement gagné au néolibéralisme», distinguant le parti au pouvoir de celui de l’opposition. Cela correspond bien à ce que lui et Françoise David ont écrit dans une autre lettre : «comment ne pas s’inquiéter d’un parti qui trop souvent clignote à gauche avant une élection, pour tourner à droite une fois au pouvoir?».

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  17. François Aubry permalink
    2 juillet 2012 23 h 36 min

    @ Darwin

    Le PQ au pouvoir est un parti néolibéral (gagné au neolibéralisme selon Amir) mais dans l’opposition il serait social-démocrate (soft tout de même)?

    Les membres de ce parti seraient donc des néolibéraux lorsque le PQ est au pouvoir mais des socio-démocrates lorsque dans l’opposition. Quel dilemne interne doivent-ils et elles vivre ! Une vrai gang de schizophrène.

    On peut s’allier avec le PQ lorsqu’il est dans l’opposition sans trop se salir les mains, mais une fois le PQ au pouvoir il faudra bien abattre la bête neolibérale ?

    Merci et bonne nuit.

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  18. Richard Langelier permalink
    3 juillet 2012 0 h 11 min

    @ Darwin

    François Aubry s’adresse à toi. Tant mieux! Je ne sais pas comment réagir aux trolls.

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  19. 3 juillet 2012 0 h 33 min

    @ François Aubry

    «Le PQ au pouvoir est un parti néolibéral (gagné au neolibéralisme selon Amir) mais dans l’opposition il serait social-démocrate (soft tout de même)?«

    «Si a donc b» implique-t-il que «si non a donc non b»?

    Dans l’opposition, il clignote à gauche, comme lorsqu’il a promis l’ajout de deux paliers d’imposition. Cela ne l’empêche pas d’avoir, toujours pendant qu’il était dans l’opposition, tenu son congrès sur la création de richesse avant de la partager, invité Éric Caire, appuyé les exportations d’amiante en Inde (avant de demander une commission parlementaire), mis des conditions favorables au patronat avant de penser à modifier la loi anti-scab pour éviter de nouveaux abus comme ceux de Québécor, et j’en passe!…

    La différence, c’est que, lorsqu’il est pouvoir, il n’a même pas besoin de clignoter à gauche! Si jamais il prend le pouvoir, je serai le premier surpris s’il ajoute vraiment deux paliers d’imposition!

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  20. 3 juillet 2012 0 h 40 min

    @ François Aubry

    «On peut s’allier avec le PQ lorsqu’il est dans l’opposition sans trop se salir les mains, mais une fois le PQ au pouvoir il faudra bien abattre la bête neolibérale ?»

    Là, je ne peux qu’appuyer la remarque de Richard… Qui parle de s’allier? Vous nous reprochez de ne pas distinguer le PQ du PLQ, puis quand je vous démontre que vous avez tort, vous sortez un autre sophisme.

    Vous vous plaignez que l’échange dégénère rapidement, mais relisez toutes les accusations gratuites de votre premier commentaire et les sophismes de vos suivants (le pire étant le dernier) et vous constaterez avec un minimum d’honnêteté intellectuelle que vous n’êtes pas étranger à ce résultat. Et je demeure zen! 😉

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  21. 3 juillet 2012 11 h 19 min

    @François Aubry (20h01)

    « Non, papitibi, c’est évident que je ne vis pas sur la même planète que vous. Et j’en suis fort aise.
    Et soyez assuré que je suis très à l’aise avec l’état et l’évolution de ma pensée. »

    Drapé de votre condescendance, vous débarquez sur ce blogue en accusant l’auteur du présent billet de s’être laissé aveugler par son angélisme idéologique.

    Darwin est plus « zen » que moi, lui qui affirmait à 0h40 qu’un minimum d’honnêteté intellectuelle aurait dû suffire à vous éviter ce maelström au milieu duquel vous avez été aspiré.

    Oui, il est « Solidaire », ce qui ne l’empêche pas de poser un regard critique lorsqu’il l’estime à propos. Pour ma part, je n’ai jamais été membre, ni de QS, ni du PQ, ni de la-patente-à-gosses à Aussant. En 70, je m’apprêtais à voter Libéral (ma famille était « rouge »; elle compte un ancien ministre du PLQ) mais j’ai viré capot la veille du scrutin (le motif serait long à expliquer) et j’ai toujours voté PQ depuis. Cela dit, la décision d’appuyer la relance des mines d’amiante (le PQ a reculé depuis) et plus récemment la farandole du PQ autour du Colisée Péladeau m’ont fait vomir; je vais donc appuyer le candidat Solidaire… à moins d’une course serrée entre le PQ et le PLQ dans mon comté.

    Non, le PQ ne me satisfait pas mais oui, il représente à mes yeux un moindre mal.

    = = =

    Vous êtes porteur d’une vérité que vous présentez comme LA Vérité; grand bien vous en fasse. Richard vous a qualifié de troll; je me contenterai de voir en vous un doctrinaire obtus, ce que j’avais essayé de traduire fort civilement (à 19h28): est-ce plutôt l’information qui n’arrive pas pas à franchir vos propres pare-feu?

    Vous vous dites fort aise de vos propres œillères; grand bien vous en fasse.

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  22. 4 juillet 2012 19 h 57 min

    Juste pour dire qu’il existe des gens pas mal moins nuancés que moi!

    PLQ, CAQ et PQ : Du pareil au même?

    «Moi je trouve que PQ, PLQ et CAQ ça se ressemble pas mal.»

    Même si je n’endosse vraiment pas tout ce billet, il contient plusieurs passages que j’apprécie. Comme celui-ci :

    «En 2010, madame Marois modifie de façon cosmétique et banale sa vision de l’État et du bien commun en s’exclamant : «Moins de bureaucratie, plus d’efficacité, dit Marois». Hum, hum. Et qu’apprend-on dans un article du Journal de Montréal du 14 mars 2010 intitulé : «Changement de cap. Pauline Marois annonce un virage idéologique». Imaginez-vous donc que madame a comme objectif «de créer une classe de bien nantis, car la richesse individuelle est à la base de la richesse collective» qu’elle a dit le plus sérieusement du monde. Pour arriver à son but, elle «s’éloignera de l’État-providence en favorisant la création de richesse individuelle».»

    Ça ressemble à l’exemple que j’ai donné plus haut!

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  23. 4 juillet 2012 20 h 15 min

    Trop drôle, le PQ trouve controversée une cause qu’il est supposé appuyer!

    «Nous avons évalué que c’était délicat étant donné qu’il n’est pas du comté, qu’il représente une cause qui est controversée et que Trois-Rivières est un comté conservateur»

    PQ: Léo Bureau-Blouin n’est pas le bienvenu à Trois-Rivières

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  24. 4 juillet 2012 20 h 17 min

    Bonnes remarques de Lauzon….

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  25. 4 juillet 2012 20 h 19 min

    J’ai bien hâte d’entendre Léo Bureau-Blouin, était-il seulement au courant que sa candidature était déposée! Cela me semble de la désinfo!

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  26. Richard Langelier permalink
    4 juillet 2012 21 h 17 min

    Voilà ce qui se produit lorsque l’article 1 de ton programme est la souveraineté. Gilles Duceppe avait cru qu’en appuyant l’utilisation de l’amiante, le Bloc Québécois conserverait la circonscription de Richmond-Arthabaska, étape nécessaire pour la souveraineté. Surprise, plusieurs souverainistes l’ont mal pris!

    Voilà ce qui se produit lorsque les élections ne sont pas à date fixe. La ministre Courchesne est scandalisée parce le le journaliste Pierre Duchesne n’annonce pas maintenant qu’il sera candidat, alors que les élections pourraient avoir lieu dans un an ou plus.

    Si on mélange le tout, une rumeur lance une autre rumeur et l’exécutif du Parti québécois de Trois-Rivières considérerait que… Comme vous, Koval, je ne rejette pas l’hypothèse de la désinformation. Je constate, en passant que le déménagement s’est bien passé et que votre genou a survécu. Je vous remercie de ne pas avoir eu la condescendance de Darwin qui a résolu mon équation de premier degré, alors que je me citais de mémoire et que je craignais que l’âge de Marie donnât le troisième mois de grossesse de sa grand-mère, 21 jours, 18 heures, 32 minutes, 56 secondes et 3 tic-tacs. Dans mon temps, c’était un problème d’Éléments latins.

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  27. 4 juillet 2012 21 h 49 min

    «Dans mon temps, c’était un problème d’Éléments latins.»

    Et maintenant ?

    Moi, j’ai voulu mettre le raisonnement, car j’ai trouvé la réponse intuitivement en deux secondes. Mais, comme tu le disais, la note pour le raisonnement compte plus que la réponse, alors j’ai dû me forcer…

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  28. 4 juillet 2012 21 h 50 min

    @ KOval

    «Cela me semble de la désinfo!»

    Bizarre, cette histoire, en effet!

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