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Analphabétisme fonctionnel

31 octobre 2012

Rima Elkouri est probablement la chroniqueuse de La Presse que je préfère. Mais, il m’arrive de ne pas appuyer totalement ses réflexions. Ce fut le cas samedi dernier.

Comme bien d’autres, elle se demande dans cette chronique si on ne devrait pas se préoccuper davantage ou au moins autant de la qualité du français que de sa présence.

«Cela dit, dans tous ces débats sur la langue, je m’inquiète de voir qu’on passe sous silence l’essentiel. On se préoccupe du statut de la langue française au Québec. On se préoccupe de son usage dans la chambre à coucher des Montréalais. On nous sert des tableaux avec des lignes brisées, des calculs savants et de noires prédictions. Mais qui parle de qualité de la langue?»

Comme c’est probablement au moins la huit mille sept cent vingt-septième fois que je lis un texte sur la qualité de la langue, des années du Frère Untel (Jean-Paul Desbiens) qui éditorialait à La Presse dans les années 1970, aux plaintes de Denise Bombardier sur la piètre qualité du français parlé de certains humoristes, en passant par André Major et bien d’autres, je trouve sa question étrange et un peu démagogique. Attention, je ne dis pas qu’elle a tort de soulever la question de la qualité de la langue, mais tort de prétendre que personne n’en parle.

Mais, si ce n’était que cela, je ne serais pas en train d’écrire ce billet… Ce qui m’a fait réagir, c’est plutôt ce paragraphe :

«Je sursaute chaque fois que je vois passer les chiffres de Statistique Canada sur l’analphabétisme au Québec. Leur publication ne suscite jamais autant de remous que les études sur la langue. Et pourtant, ces chiffres témoignent d’une véritable tragédie. Ils nous disent qu’un adulte québécois sur deux est un «analphabète fonctionnel». Un adulte québécois sur deux sait lire. Mais il ne comprend pas tout à fait ce qu’il lit. Un adulte québécois sur deux sait lire, mais pas assez bien pour saisir le sens d’un court article dans le journal.»

Mme Elkouri ne mentionne malheureusement pas la source de ses lectures des «chiffres de Statistique Canada sur l’analphabétisme». J’ai donc dû chercher. Il est fort probable que les «chiffres» dont elle parle viennent de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes et de l’étude des résultats canadiens qui en fut tirée, Miser sur nos compétences.

Analphabète fonctionnel

Mme Elkouri dit «qu’un adulte québécois sur deux est un «analphabète fonctionnel». Mais qu’est-ce qu’un analphabète fonctionnel? Voici la définition de l’UNESCO :

«Une personne est analphabète du point de vue fonctionnel si elle ne peut se livrer à toutes les activités qui requièrent l’alphabétisme aux fins d’un fonctionnement efficace de son groupe ou de sa communauté et aussi pour lui permettre de continuer d’utiliser la lecture, l’écriture et le calcul pour son propre développement et celui de la communauté.»

Cette définition est très large et peut aussi bien s’appliquer à quelqu’un qui ne «comprend pas tout à fait ce qu’il lit», comme elle le dit, qu’à une personne qui «ne peut se livrer à toutes les activités» de lecture pour être efficace, ce qui est quand même très différent.

L’étude

L’étude a divisé en cinq niveaux (de 1 à 5) les résultats de l’enquête qui portait sur quatre domaines de compétences (compréhension de textes suivis, compréhension de textes schématiques, numératie et résolution de problèmes). Elle considère que le niveau souhaité de compétence dans ces quatre domaines est le niveau 3.

«(page 15) Le niveau 3 de performance est généralement utilisé comme point de repère minimum parce que dans les pays développés, une performance au-delà du niveau 2 est généralement associée à un nombre significatif de rendements positifs.»

Cela ne signifie pas qu’une personne qui n’atteint pas le «niveau souhaité de compétence», soit un résultat inférieur à 3, est une analphabète fonctionnelle, expression qu’on ne trouve d’ailleurs nulle part dans cette étude de 246 pages!

Pour l’exemple que donne Mme Elkouri (quelqu’un qui ne lit «pas assez bien pour saisir le sens d’un court article dans le journal»), il faut retenir les résultats du domaine «compréhension de textes suivis», domaine que l’étude définit à la page 13 ainsi :

«Les connaissances et les compétences requises pour comprendre et utiliser l’information de certains textes, notamment des éditoriaux, des nouvelles, des brochures et des manuels d’instruction.»

On y parle de fait de «nouvelles», ce qui est l’expression qui ressemble le plus à un «court article», même si cette nouvelle peut être longue. Mais, n’oublions pas que ce domaine aborde aussi la compréhension des éditoriaux et des manuels d’instruction (comme ceux d’IKÉA qui me rendent analphabète…) qui peuvent être plus complexes qu’un court article.

On peut voir au tableau 1.2 de la page 114 que 54,3% des Québécois âgés de 16 ans et plus ont obtenu un résultat inférieur à 3 dans les textes suivis. Cela ressemble à son 50 %! Mais est-ce qu’une personne qui a moins du niveau 3 ne peut pas «saisir le sens d’un court article dans le journal»? Regardons ce que dit l’étude d’une personne qui atteint le niveau 2 dans ce domaine :

«(page 17) Certaines tâches de ce niveau exigent du répondant qu’il situe une information dans le texte. Toutefois, plusieurs éléments de distraction ou informations plausibles mais incorrectes peuvent être présents, ou encore des inférences de niveau peu élevé peuvent être requises. D’autres tâches exigent du répondant qu’il intègre deux informations ou plus, ou encore qu’il compare et distingue des informations facilement identifiables selon un critère fourni dans la question ou la directive.»

Puisqu’une personne qui atteint le niveau 2 peut situer «une information dans le texte», intégrer «deux informations ou plus» comparer et distinguer «des informations facilement identifiables» (et pas seulement dans un court article, je le rappelle!), nul doute qu’elle saisirait «le sens d’un court article dans le journal»!

Et une personne qui a atteint le niveau 1? Toujours à la page 17, on lit :

«La plupart des tâches de ce niveau exigent du répondant qu’il lise un texte relativement court afin de situer une information qui est identique ou similaire à celle donnée dans la question ou la directive. Si des informations plausibles mais incorrectes figurent dans le texte, elles ne sont habituellement pas situées près de l’information correcte.»

Là, c’est moins évident. Mais, il est tout de même possible et même probable qu’une personne qui peut «situer une information qui est identique ou similaire à celle donnée dans la question ou la directive» dans un éditorial ou dans un manuel d’instruction soit en mesure de saisir «le sens d’un court article dans le journal».

Or le tableau 1.2 de la page 114 montre que 22,3 % des Québécois âgés de 16 ans et plus ont atteint le niveau 1. En fait cela signifie que ces gens ont obtenu entre 0 et 225 points, mais que seuls ceux qui ont obtenu 225 points atteignent vraiment complètement les compétences du niveau 1. On peut donc en conclure que la proportion de ceux qui ne peuvent saisir «le sens d’un court article dans le journal» est inférieur à 22,3 %, mais on ne sait pas de combien… De toute façon, il est clair que l’affirmation de Mme Elkouri comme quoi «Un adulte québécois sur deux sait lire, mais pas assez bien pour saisir le sens d’un court article dans le journal.» est fortement exagérée et finalement inexacte.

Et alors…

Il est possible que Mme Elkouri ait fait référence à une autre étude. Elle n’en dit rien. Mais, je suis convaincu que je pourrais apporter les mêmes nuances aux résultats d’une étude similaire.

Je peux sembler tatillon de relever ainsi ce genre d’exagération. Vrai. Mais deux choses surtout m’indisposent dans cette situation. La première est que je suis le premier à vouloir sensibiliser les gens au problème de l’analphabétisme. J’ai côtoyé pendant des années des personnes qui travaillaient dans des groupes d’alphabétisation et ai moi-même représenté une centrale syndicale sur le sujet. Mais, j’ai appris, entre autres par cette expérience, qu’il n’y a rien de pire que de minimiser ou d’exagérer un problème si on veut trouver les moyens adéquats pour le solutionner.

Ensuite, cette affirmation de Mme Elkouri est un exemple patent du procédé qui consiste à répéter un mensonge suffisamment de fois pour qu’il devienne une vérité. J’ai lu ce genre d’interprétation de cette étude de Statistique Canada des dizaines de fois. Elle a dû le lire aussi. Et, comme la plupart des gens, elle y a cru. Et elle colporte maintenant cette fausseté, sans mauvaise intention, j’en suis sûr, croyant qu’elle est vraie, puisque tant de gens l’ont répétée. Triste…

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29 commentaires leave one →
  1. Mathieu Lemée permalink
    31 octobre 2012 5 h 23 min

    Si l’analphabétisme est un problème qu’il faut combattre, il n’y a aucun lien direct comme preuve pouvant relié ce problème avec le recul du français parlé au Québec, comme quoi la qualité n’a pas grand chose à voir avec sa présence. En tout cas, je n’ai jamais vu ce lien, et je m’étonne que Rima Elkouri et d’autres chroniqueurs puissent indirectement ou directement l’établir

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  2. david weber permalink
    31 octobre 2012 6 h 21 min

    Dans ma jeunesse, j’ai eu quelques problèmes avec l’orthographe parce que j’étais dyslexique. Mais maintenant tout est K.O !

    lol !

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  3. Lessing permalink
    31 octobre 2012 6 h 52 min

    Vous soulevez de bonnes questions sur l’interprétation de l’étude de l’EIACA, sans toutefois démontrer que l’interprétation de Rima Elkouri est fausse. (Possible qu’elle exagère, tout aussi possible que vous minimisiez…)

    Pour se faire une tête, il faudra piocher dans le détail de l’étude, disponible ici :
    http://www23.statcan.gc.ca/imdb-bmdi/document/4406_DLI_D1_T22_V2-fra.pdf

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  4. 31 octobre 2012 9 h 54 min

    @ Mathieu Lemée

    «Si l’analphabétisme est un problème qu’il faut combattre, il n’y a aucun lien direct comme preuve pouvant relié ce problème avec le recul du français parlé»

    Tout à fait juste. J’aurais dû soulever aussi cet absence de lien.

    «je m’étonne que Rima Elkouri et d’autres chroniqueurs puissent indirectement ou directement l’établir»

    Elle est en effet loin d’être la première à le faire! J’ai souvent remarqué que bien des chroniqueurs semblent complètement perdre leurs capacités d’analyse quand il abordent des sujets liés à l’éducation.

    @ Lessing

    « sans toutefois démontrer que l’interprétation de Rima Elkouri est fausse. »

    Je crois pourtant avoir démontré clairement qu’il est clair que la proportion de ^personnes qui ne lisent pas assez bien pour saisir le sens d’un court article dans le journal est inférieur à 22 %, donc à 50 %.

    Vous pouvez bien ne pas être d’accord, mais ce serait bien de mentionner où j’ai fait une erreur se lon vous dans mon raisonnement plutôt que de simplement faire une affirmation sans argument.

    «Pour se faire une tête, il faudra piocher dans le détail de l’étude»

    Si vous l’avez fait, seriez-vous assez généreux pour nous indiquer où ce document vient contredire mon raisonnement? Sinon, ce lien n’est que de l’esbrouffe.

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  5. 31 octobre 2012 10 h 21 min

    Lorsque je lis certains commentaires sur les blogues du Journal de Montréal, ma première impression est que 50% des gens ne savent pas lire mais la réalité, ce n’est pas une question de pouvoir mais de vouloir!

    Je présume que lorsqu’on pense peu, on a tendance a défendre bec et ongle le peu que l’on pense!

    Aimé par 1 personne

  6. 31 octobre 2012 12 h 15 min

    «ce n’est pas une question de pouvoir mais de vouloir!»

    Je crois que trop de ces personnes ne retiennent que ce qu’elles veulent entendre. Peu ont la curiosité d’aller aux sources.

    Aimé par 1 personne

  7. Beauportoise permalink
    31 octobre 2012 17 h 56 min

    Pour avoir déjà occupé un emploi où j’avais l’occasion de voir un grand nombre de formulaires remplis par la population (dont certains très simples), je peux vous dire qu’un nombre effarant de personnes ne saisissaient pas le sens des questions; une quantité assez significative de temps était perdue à téléphoner aux répondants pour clarifier des réponses qui n’avaient aucun sens par rapport à d’autres; ils s’avéraient qu’ils n’avaient pas compris du tout ce qui était demandé. On ne parle pas uniquement de personnes âgées, là. On parle aussi de jeunes qui selon toutes probabilité ont décroché dès que possible et n’ont jamais vraiment acquis les compétences en lecture au-delà de la quatrième année du primaire (et je suis généreuse).

    Ne disposant pas de notions de base en statistiques et n’ayant eu connaissance que des dossiers que j’ai eus à travailler, cependant, je suis consciente de ne pouvoir les quantifier de façon scientifique. Je sais juste que j’étais toujours surprise à quel point il y en avait.

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  8. 31 octobre 2012 18 h 40 min

    @ Beauportoise

    Bienvenue ici!

    «je suis consciente de ne pouvoir les quantifier de façon scientifique. Je sais juste que j’étais toujours surprise à quel point il y en avait.»

    Loin de moi l’intention de vouloir minimiser l’ampleur et l’importance de l’analphabétisme. Je mentionne d’ailleurs à la fin de ce billet que «je suis le premier à vouloir sensibiliser les gens au problème de l’analphabétisme».

    Il serait intéressant de savoir dans quel contexte vous avez rencontré ces gens et le genre de formulaires qu’il fallait remplir. Dans mes activités, professionnelles et autres, j’ai aidé moi aussi bien des gens à remplir des formulaires, surtout pour l’assurance-chômage (ça s’appelait comme cela à l’époque) et la CSST. Même des gens parfaitement alphabétisés avaient besoin de conseils, ne sachant pas pourquoi toutes ces questions étaient posées (en fait, chacune est liée à un article de loi).

    Et, en général, ce sont les gens qui éprouvent des problèmes qui demandent de l’aide (je sais, elles ne le font pas toujours par gêne ou pour d’autres raisons), tandis qu’on rencontre moins celles qui n’ont pas de difficulté. Cela influence aussi la perception que nous avons de la proportion de personnes qui éprouvent des problèmes.

    Mais, soyez bien certaine que je ne tente pas de minimiser l’ampleur de ce problème.

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  9. marc fiset permalink
    31 octobre 2012 20 h 46 min

    « … qu’il n’y a rien de pire que de minimiser ou d’exagérer un problème si on veut trouver les moyens adéquats pour le solutionner.

    Ensuite, cette affirmation de Mme Elkouri est un exemple patent du procédé qui consiste à répéter un mensonge suffisamment de fois pour qu’il devienne une vérité.  »

    Voilà le coeur du problème pour nos médias qui ne versent plus que dans l’opinion : l’absence de rigueur et la répétition. C’est un one-two punch dévastateur pour une population qui confond trop facilement critique et « entertainment ». Et il n’y a pas que la droite qui boxe de cette façon, à preuve : http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=4130

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  10. Lessing permalink
    31 octobre 2012 20 h 54 min

    En plein piochage de l’étude, je tombe sur cette mise-en-garde des auteurs :

    « Rappelons que l’EIACA ne mesure pas l’absence de compétences, mais plutôt les connaissances et les compétences liées aux quatre domaines par rapport à une gamme étendue de capacités. Par conséquent, les résultats ne peuvent servir à classer les groupes de population en « personnes alphabétisées » et en « analphabètes ». »

    Donc, Rima Elkouri ne pourrait pas utiliser les résultats de cette étude pour quantifier les ‘analphabètes fonctionnels’ (et il est à peu près certain que c’est bien celle-ci qu’elle a lu).

    Autre chose, en voyant les exemples illustrant les niveaux de difficulté des textes suivis, il est clair que la compréhension d’un article court n’est pas une tâche de niveau 1. À ce niveau, on sait balayer un texte et repérer un mot connu, avec une probabilité de succès de 50%. (Tableau 4.1 – Probabilités moyennes de réussite, échelle des textes suivis). Il me semble que la compréhension d’un article relève du niveau 2, voir 3. Mais bon, c’est ma lecture.

    La nouvelle version de cette étude sort en 2013 – attendons-nous à des papiers sur les effets néfastes de la réforme. Imaginez, les chroniqueurs vont pouvoir s’enfarger de façon encore plus spectaculaire dans les statistiques!

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  11. 31 octobre 2012 21 h 29 min

    Ce que je comprends, c’est que Mme Elkouri n’a peut-être pas bien compris ce qu’elle a lue!!!

    Aimé par 1 personne

  12. Yves permalink
    31 octobre 2012 22 h 08 min

    🙂

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  13. 31 octobre 2012 22 h 38 min

    @ marc fiset

    «l’absence de rigueur et la répétition»

    De fait, qund on ne vérifie pas ses sources, on peut parler de manque de rigueur.

    @ Lessing

    «Par conséquent, les résultats ne peuvent servir à classer les groupes de population en « personnes alphabétisées » et en « analphabètes ». »

    Ça va dans le sens de ce que je disais.

    «La nouvelle version de cette étude sort en 2013»

    Oui, j’avais noté ça dans mes recherches pour ce billet :

    Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA)
    http://www23.statcan.gc.ca/imdb/p2SV_f.pl?Function=getSurvey&SDDS=4406&lang=fr&db=imdb&adm=8&dis=2

    Il n’est toutefois pas certain que les résultats seront comparables à ceux de de l’enquête de 2003.

    @ Benton

    «Ce que je comprends, c’est que Mme Elkouri n’a peut-être pas bien compris ce qu’elle a lue!!!»

    J’avais pensé écrire ce gag dans mon billet, mais je trouvais ça méchant… 😉

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  14. david weber permalink
    1 novembre 2012 4 h 38 min

    En parlant de notre belle langue française, saviez vous que Djemila Benhabib était à Lisieux (en Normandie) les 26 et 27 octobre ?

    Source :

    http://www.ouest-france.fr/region/normandie_detail_-Djemila-Benhabib-a-Lisieux-les-26-et-27-octobre_40810-2126596_actu.Htm

    Question : Djemila Benhabib a t’elle été élue au Québec ? Si c’est le cas, son emploi du temps lui permet de faire de nombreux séjour en France… Qui finance ses nombreux voyages ?

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  15. 1 novembre 2012 5 h 51 min

    «Djemila Benhabib a t’elle été élue au Québec ?»

    Non, elle a perdu.

    «Qui finance ses nombreux voyages ?»

    Son éditeur? Dans ce cas, ça semble être ça.

    Et si vous voulez la garder plus longtemps, ne vous gênez pas!

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  16. david weber permalink
    1 novembre 2012 6 h 47 min

    @ Darwin

    LOL !

    Non merci ! On a déjà Caroline Fourest…

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  17. 1 novembre 2012 15 h 03 min

    Mon opinion – ou plutôt mon impression – se rapproche beaucoup de celle de Beauportoise.

    Cela dit, pour vivre en société, il ne suffit pas d’être capable de lire Richard Martineau, Alain Dubuc ou – pourquoi pas – Rima Elkouri. Il faut avoir la capacité de bien saisir tous les pièges semés par des rédacteurs professionnels dont c’est la fonction de rédiger un texte publicitaire ou une clause d’exclusion de telle manière que la perception de l’écrit et son sens réel soient aux antipodes l’un de l’autre. Souvent, c’est par un emploi judicieux de la ponctuation qu’ils y parviendront. Et la ponctuation, combien sont-ils à n’y voir que du feu?

    Un exemple amusant (et extrême):

    Pour la plupart des gens, une poitrine de poulet vendue « congelée et assaisonnée » veut dire ce que ça a l’air de vouloir dire. Par contre, j’ai déjà entendu à l’émission L’épicerie que pour le distributeur de poitrines congelées, l’assaisonnement n’a rien à voir avec les épices. La viande a été piquée pour lui permettre d’augmenter son poids et son volume avec de l’eau…

    Le reportage est ici: http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/lepicerie/niveau2_6673.shtml

    Je reviens à la ponctuation. Quelle est la différence entre:

    a) Françoise dit: « Pauline est dans le champ »
    b) Françoise, dit Pauline, est dans le champ

    Elle est pourtant « hénaurme », la différence!

    = = =

    Le présent commentaire tend à augmenter le taux des analphabètes fonctionnels. Je m’en confesse. Mais il vise surtout à dénoncer le fait que dans la réalité de tous les jours, leur nombre est beaucoup plus important que ce qu’en révèlent des stats basées sur le taux de compréhension d’un article de journal. Ce que pourront confirmer la plupart des juristes confrontés à une clientèle particulièrement démunie face aux descriptions dithyrambiques qu’on leur propose…

    = = =

    L’analphabétisme politique, ça c’est autre chose. Quelle est la proportion des gens – chez nous comme ailleurs – qui sont incapables de faire la différence entre une information et une opinion? Lire André Pratte ou Richard Martineau, ce n’est pas toujours s’informer. Le manque de discernement et l’incapacité de discriminer l’info de la propagande, à mon avis ça fait partie de l’équation.

    Et ça, les stats n’en parlent pas.

    J'aime

  18. 1 novembre 2012 16 h 49 min

    @ Papitibi

    «Il faut avoir la capacité de bien saisir tous les pièges semés par des rédacteurs professionnels dont c’est la fonction de rédiger un texte publicitaire ou une clause d’exclusion de telle manière que la perception de l’écrit et son sens réel soient aux antipodes l’un de l’autre»

    Tout à fait d’accord, sauf que ni ce billet, ni la chronique de Mme Elkouri ne portaient sur cette question.

    «Le présent commentaire tend à augmenter le taux des analphabètes fonctionnels.»

    En fait nous le sommes tous sur un sujet ou un autre.

    «Et ça, les stats n’en parlent pas.»

    Le niveau 5 parle de textes contenant «contenant un certain nombre d’éléments plausibles de distraction.». Et les résultats sont tellement faibles que Statcan a décidé de jumeler les réultats des niveaux 4 et 5!

    Il serait aussi possible de développer une étude contenant plus précisément des confusions entre les opinions et les faits. Peut-être cela existe-t-il…

    J'aime

  19. Mathieu Lemée permalink
    1 novembre 2012 20 h 41 min

    Parfois, c’est le sens des mots qui crée une impression chez le lecteur, ce qui rejoint ce que vous disiez sur le fait de répéter un mensonge pour qu’il devienne vérité. Par exemple, « analphabétisme fonctionnel » ne résonne pas pareil que « problèmes de littératie » dans l’esprit du lecteur et ne crée pas la même impression, réflexion ou sentiment. Mais pour celui qui connait les nuances entre les mots et leur sens, il ne tombera pas dans le piège de les déformer pour s’en tenir à ce qu’ils veulent dire.

    J'aime

  20. 1 novembre 2012 21 h 03 min

    «Mais pour celui qui connait les nuances entre les mots et leur sens, il ne tombera pas dans le piège de les déformer pour s’en tenir à ce qu’ils veulent dire.»

    À moins qu’il ne le fasse volontairement! Ce qui n’est pas le cas de Mme Elkouri, j’en suis bien certain.

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  21. 1 novembre 2012 23 h 21 min

    C’est déjà une bassesse qu’un gouvernement s’attaque à la jeunesse et c’est encore plus déplorable cet acharnement, harcèlement et attaquent personnelles sur un jeune de 22 ans!

    Ça cautionne des comportements comme ce groupe Facebook « GND, chu pu capable! » ou l’on reprochait sans cesse à GND de ne pas condamner la violence… tout en lui souhaitant qu’un type lui sacre une volée!!!

    C’est une incitation à la haine d’un gouvernement et c’est honteux!

    Aimé par 1 personne

  22. 1 novembre 2012 23 h 24 min

    Oups… commentaire au mauvais endroit, je suis trop en cr….

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  23. Blink permalink
    1 novembre 2012 23 h 31 min

    Ce sentiment est partagé Benton.

    J'aime

  24. Beauportoise permalink
    2 novembre 2012 17 h 41 min

    Darwin:
    J’ai bien compris le sens de votre billet. Mon point n’était pas de vous contredire mais d’ajouter un élément.
    À l’époque je travaillais à la RAMQ et il s’agissait des divers formulaires pour le renouvellement ou le remplacement de la carte d’assurance maladie. Ils avaient pourtant été travaillés au maximum pour être simplifiés le plus possible tout en recueillant quand même les informations que la loi oblige à avoir. Des consultants professionnels en communication et des maisons de sondage avaient travaillé avec des groupes témoin composés de gens de plusieurs degrés de scolarisation maximale atteinte (de la fin du primaire au doctorat) et de langue maternelle diverses, pour s’assurer qu’ils étaient utilisables par toute la population. (C’est du moins ce qui nous était dit en formation). Pourtant…
    Un exemple. tellement de gens inscrivaient systématiquement leur nom, adresse, date de naissance, etc. à chaque renouvellement, alors qu’il était clairement dit que si leur adresse était la même ce n’était pas nécessaire et qu’ils ne voulaient pas modifier leur identité. Cela retardait la réception de leur nouvelle carte et nous obligeait dans certains cas à les contacter pour s’assurer de ce qu’ils voulaient, ou à leur envoyer une demande de renseignement supplémentaire si on ne pouvait les joindre par téléphone. Et ça c’est juste un cas. On ne parlera même pas du processus à suivre pour la photo, expliqué en détails à au moins trois endroits dans la documentation envoyée avec le formulaire.
    Cela dit c’est entièrement possible, comme je le disais, que j’avais l’impression que c’était une grosse proportion alors que comparé au total, c’était probablement moins répandu que je le percevais.
    En passant, j’aime beaucoup votre site, je le lis régulièrement.

    J'aime

  25. 2 novembre 2012 18 h 03 min

    @ Beauportoise

    «J’ai bien compris le sens de votre billet. Mon point n’était pas de vous contredire mais d’ajouter un élément.»

    C’est bien ce que j’avais compris!

    «À l’époque je travaillais à la RAMQ»

    Cela répond à une question que je me posais. Tout le monde doit s’inscrire à la RAMQ, il s’agit donc de formulaires qui s’adressent à tous et que tous doivent remplir. Dans mon exemple de l’assurance-emploi, les gens qui remplissent des demandent sont en général moins scolarisés que la moyenne. On ne peut donc pas comparer leurs difficultés à celles de l’ensemble de la population.

    «Un exemple. tellement de gens inscrivaient systématiquement leur nom, adresse, date de naissance, etc. à chaque renouvellement, alors qu’il était clairement dit que si leur adresse était la même ce n’était pas nécessaire et qu’ils ne voulaient pas modifier leur identité»

    Je ne suis pas certain que ce soit toujours un signe de lacune en lecture. Il m’arrive aussi de ne pas lire toutes les instructions. Il y a des cases, on les remplit! Ça va plus vite! Et, ne lisant pas les instructions, nous ne sommes pas nécessairement conscients des conséquences…

    «En passant, j’aime beaucoup votre site, je le lis régulièrement.»

    Merci! 🙂

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  26. 22 octobre 2016 13 h 19 min

    Les manuels d’instruction d’IKEA sont très généralement sinon exclusivement composés d’illustrations (j’en ai utilisés plusieurs, mais je n’ai pas fait de recensement). Il faut bine lire les images, mais quand on parle de lecture on parle généralement d’une activité linguistique.

    Mais j’adore cet article qui va au fond des choses.

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