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CIRANO, le financement des universités et le salaire des enseignants

17 janvier 2013

ciranoJ’écoutais tantôt Youri Chassin et Simon Tremblay-Pepin à l’émission 24 heures en 60 minutes dans un débat au sujet du financement des universités. La discussion a porté en grande partie sur l’évaluation du sous-financement des universités à 850 millions $ par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).

D’un côté, Simon Tremblay-Pepin, cohérent avec les conclusions des études de l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), expliquait bien le jeu des universités qui utilisent une partie de leur fonds de fonctionnement, qui devraient normalement servir entre autres à payer les professeurs et autres employés, pour financer leurs immobilisations, comme le confirmait hier la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU). Il ajoutait que les universités québécoises reçoivent en fait plus d’argent par étudiant que la moyenne des universités canadiennes, quand on considère tous les fonds (fonctionnement, immobilisations et recherche).

De l’autre côté, Youri Chassin, en bon représentant de l’Institut économique de Montréal (IÉDM), appuyait plutôt la position des recteurs d’université et le pseudo sous-financement de 850 millions $, calculé en comparant uniquement les dépenses de fonctionnement des autres universités canadiennes. Pour tenter de démontrer la crédibilité de cette méthode de calcul partielle (et partiale…) et établie en fonction des dépenses de fonctionnement des universités canadiennes, il a tenu a utiliser un argument d’autorité classique, en soulignant que la méthode de calcul du sous-financement était appuyé entre autres par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). Ce qui est exact, enfin dans une version antérieure de ce calcul.

On a pourtant vu dans mon précédent billet que le même CIRANO considère dans une autre étude qu’il ne faut pas comparer le salaire des enseignants québécois (et des autres employés du secteur public), dont font partie les professeurs d’université, avec celui des enseignants des autres provinces, mais avec un ratio établi en fonction du salaire moyen payé dans les autres provinces, car, prétend cette étude, il faut tenir compte de la capacité de payer moins élevée du gouvernement québécois. Les auteurs de cette étude ajoutaient «qu’une société plus riche doit mieux payer ses employés».

Alors, si je comprends bien, CIRANO considère qu’il ne faut pas tenir compte de la capacité de payer du gouvernement quand il s’agit de financer les universités, mais qu’il faut le faire quand on cherche à établir le salaire juste des professeurs d’universités et des autres employés du secteur public! Une société plus pauvre qu’une autre doit offrir des salaires moins élevés à ses employés du secteur public, mais doit financer autant ses universités dont les coûts de fonctionnement se trouvent abaissés en raison des salaires moins élevés qu’elle paie!

Vraiment fort, CIRANO!

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17 commentaires leave one →
  1. 17 janvier 2013 21 h 02 min

    Très intéressant! Belle trouvaille.

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  2. Mathieu Lemée permalink
    17 janvier 2013 21 h 03 min

    À chaque fois que Youri Chassine intervient à la télévision défendre toujours l’indéfendable, j’ai l’impression de regarder un crocodile qui se rend de son plein gré dans une fabrique de sacoches.

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  3. 17 janvier 2013 21 h 10 min

    @ Mehö

    «Très intéressant! Belle trouvaille.»

    Après mon billet précédent, je n’ai pas pu résister en entendant Youri Chassin… La contradiction m’a sauté au visage! Et, vous voyez, j’ai été moins gentil avec CIRANO, cette fois!

    @ Mathieu Lemée

    « j’ai l’impression de regarder un crocodile qui se rend de son plein gré dans une fabrique de sacoches.»

    Belle image! À chaque fois qu’il débat avec Simon Tremblay-Pepin, c’est la même chose!

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  4. Richard Langelier permalink
    17 janvier 2013 22 h 20 min

    Youri Chassin a aussi employé l’argument « les universités québécoises sont en concurrence avec les autres universités canadiennes ». J’espère que cette fantasmagorie des universités d’excellence des recteurs (selon des critères auxquels La Sorbonne ne répondrait pas) ne passera pas comme du beurre dans la poêle.

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  5. 17 janvier 2013 22 h 51 min

    @ Richard Langelier

    «Youri Chassin a aussi employé l’argument « les universités québécoises sont en concurrence avec les autres universités canadiennes »

    C’est en effet au coeur de la position des recteurs. L’IRIS a publié de bons textes sur la question. Le livre de Normand Baillargeon, Je ne suis pas une PME (dont j’ai parlé ici) affronte directement cette vision.

    Un autre billet, de Koval, cette fois, abordait aussi la question. Mais, le texte le plus directement lié au sujet (je l’ai enfin trouvé!) est le billet que j’ai rédigé sur le livre de Chis Hedges L’empire de l’illusion. Ce livre m’avait un peu déçu, mais pas le chapitre sur les universités!

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  6. Richard Langelier permalink
    17 janvier 2013 23 h 47 min

    Est-ce que la formule du Sommet permettra de ne pas tomber dans la piège de cette position des recteurs? Que fera le gouvernement péquiste qui veut plaire à tout le monde (patinage de Nicolas Marceau ce soir à RDI Économie)?

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  7. 18 janvier 2013 5 h 22 min

    Ça, on verra!

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  8. 28 janvier 2013 17 h 21 min

    La solution proposée par Legault est équivalente à celle d’un parent voudrant confier une carte de crédit à son ado anorexique de 14 ans en espérant que cela va lui permettre de mieux s’alimenter. Seigneur que ce parti est d’une idiotie crasse.

    http://www.ledevoir.com/societe/education/369453/la-caq-veut-autoriser-certaines-universites-a-fixer-leurs-droits-de-scolarite

    Spirale inflationniste? Transferts de fonds pour plaider le sous-financement? Augmentation vertigineuse de la masse salariale des recteurs? Pas grave! Confions-leur davantage de liquidités prises à même les poches des étudiants, les universités les gèrent tellement bien!

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  9. 28 janvier 2013 18 h 01 min

    @ pseudovirtuose

    «La solution proposée par Legault»

    Merci, je n’avais pas encore vu cet article.

    «Seigneur que ce parti est d’une idiotie crasse»

    Ce n’est en effet pas fort! Certains prétendent que c’est pour faire plaisir aux anglos de McGill… Ça me semble un peu court comme explication, mais comme la sienne est incompréhensible («pour attirer et retenir les meilleurs chercheurs» en faisant payer les salaires des chercheurs par des étudiants!)…

    En passant, le PQ vient de réaliser une de ses promesses : mettre fin à la politique du PLQ de ne remplacer qu’un employé sur deux : lui, il ne les remplacera pas du tout! Je sais, ce n’est que pour deux mois (disent-ils, en ajoutant «Il a demandé à ses fonctionnaires un état de situation sur la question et s’est engagé à trancher dans les prochains mois à savoir s’il allait ou non maintenir cette mesure en place. »), mais c’est idiot de faire ça pour un objectif à court terme (88 millions $) sans bien en évaluer l’impact. L’emploi baissera où il y a le plus de départs volontaires et de retraites, mais pas ailleurs, peu importe les besoins!

    «Discipline et rigueur sont les mots d’ordre» dit-il, comme pour éviter le mot «austérité»…

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/369455/quebec-gele-les-embauches-dans-la-fonction-publique-jusqu-en-avril

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  10. 29 janvier 2013 14 h 15 min

    « L’emploi baissera où il y a le plus de départs volontaires et de retraites, mais pas ailleurs, peu importe les besoins! »

    Mme Marois a déjà prévu le coup; elle compte remplacer les emplois potentiels perdus par ceux qu’offrira Framestore! (blague)

    Sinon, je dois dire que la décision du ministre Duchesne de jeter par la fenêtre toute ouverture face à la gratuité scolaire est encore plus décevante! Le PQ est-il en train de tomber dans le même piège que les libéraux? Le ministre en question évalue le coût de la gratuité scolaire (le coût de la gratuité, arg! vilain oxymore) à plus d’un « milliard de dollars annuellement ».

    http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201301/27/01-4615531-pierre-duchesne-ecarte-la-gratuite.php

    Pourtant, les différentes sources que j’ai consultées l’estimait plutôt à 700-800 millions annuels. Dernièrement, vous avez composé un billet sur la dette d’un État et de la manière dont celle-ci, malgré les rapprochements qu’en font certains populistes, différait grandement de l’endettement des ménages. Or, la question de la dette est souvent mise de l’avant afin de légitimer le rejet de l’option de la gratuité.

    Cependant, je me dis que si la gratuité scolaire permet d’obtenir un meilleur investissement en matière d’éducation, en supposant que les étudiants soient plutôt choisis en fonction de leurs efforts académiques que de leurs capacités financières, ne permettrait-elle pas de réduire le rapport Dette/PIB sur le long terme et ce, sans compter les rentrées fiscales supplémentaires?

    Autrement dit, la gratuité scolaire serait, bien que partielle, une solution adéquate à l’endettement. Malgré cela, on tend à vouloir renverser cette relation en supposant qu’un niveau d’endettement « sain » serait plutôt une condition obligatoire et nécessaire à la gratuité scolaire comme s’il s’agissait d’un simple luxe qu’on ne pourrait se permettre actuellement.

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  11. 29 janvier 2013 15 h 00 min

    «Le ministre en question évalue le coût de la gratuité scolaire (le coût de la gratuité, arg! vilain oxymore) à plus d’un « milliard de dollars annuellement ». »

    J’ai commencé hier à travailler là-dessus. J’espère terminer ce soir pour publier demain, sinon, ce sera le lendemain…

    «ne permettrait-elle pas de réduire le rapport Dette/PIB sur le long terme et ce, sans compter les rentrées fiscales supplémentaires? »

    Le long terme c’est très long pour un politicien, même quand son gouvernement est majoritaire!

    «Autrement dit, la gratuité scolaire serait, bien que partielle, une solution adéquate à l’endettement.»

    Chose certaine, c’est la gratuité serait bonne pour diminuer l’endettement des ménages!

    «s’il s’agissait d’un simple luxe qu’on ne pourrait se permettre actuellement.»

    Mais, il semble que l’État ait les moyens d’appuyer encore la construction de centrales électriques et d’acheter à perte cette électricité pour des centaines de millions $ par année! Ce gouvernement répond sans rire qu’il utilisera cette capacité excédentaire pour la vendre encore moins cher à de nouvelles entreprises!

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  12. 29 janvier 2013 21 h 26 min

    Les barrages et les éoliens privés, quel bon moyen de récompenser les amis du parti que d’en faire des rentiers….

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  13. Monsieur_dave permalink
    23 février 2013 21 h 44 min

    Dans plusieurs sources, dont un rapport produit sous le gouvernement Charest, le sous-financement des universités est nié. Pourquoi alors est-ce que la majorité des médias et le gouvernement Marois ne mettent-ils pas plus de rigueur et d’effort a déboulonner cette idée recue? Il m’est imcomprehensible qu’on laisse courir cette idée si elle peut être réfutée. En passant, je viens de decouvrir le blogue et il me réconforte avec le genre humain, du moins tel qu’il se presente au Québec. Si je peux me permettre une suggestion de lecture, sur les enjeux des règles de marché et la globalisation, pas sur le financement universitaire par contre, je recommande « Panic rules » de Robin Hahnel. Ca date deja de 1997 ou aux environs, mais c’est encore plus pertinent aujourd’hui parce que les phénomènes décrits dans le bouquin se sont répétés depuis.

    Merci,

    Dave

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  14. 24 février 2013 10 h 00 min

    @ Monsieur_dave

    Bienvenue ici! Vos prochains commentaires ne devraient pas être modérés.

    «Pourquoi alors est-ce que la majorité des médias et le gouvernement Marois ne mettent-ils pas plus de rigueur et d’effort a déboulonner cette idée recue?»

    Toute la question du financement dépend de ce qu’on attend des universités. Si on vise des universités sur le modèle des États-Unis, il est sûrement vrai qu’on devrait y mettre plus de sous. 850 millions$ ? Pierre Fortin parle de 300 millions $ pour tenir compte du niveau de vie plus bas ici. On peut débattre (le marché des profs attirés par l’argent est mondial, mais doit-on vraiment attirer ce genre de profs)? Je répète, ça dépend de la vision qu’on a de l’université. Dans tout ce débat et dans le cahier des participants au sommet, c’est pour moi le plus gros absent : on n’y discutera pas du rôle des universités. Or, tous les autres sujets dépendent, en partie ou totalement, de la réponse à cette question.

    «En passant, je viens de decouvrir le blogue et il me réconforte avec le genre humain, du moins tel qu’il se presente au Québec.»

    Moi, c’est ce genre de commentaires qui me réconforte et m’aiden à continuer! 🙂

    «je recommande « Panic rules » de Robin Hahnel.»

    J’ai lu beaucoup sur le sujet, mais je ne dis pas non. Ma liste de lecture est toutefois très encombrée. Au moins, je l’ai trouvé en français (La panique aux commandes)…

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  15. Monsieur_dave permalink
    25 février 2013 0 h 04 min

    Merci pour l’acceuil et les éclaircissements. Je ne suis pas très type blogue, alors si je sers du réchauffé n’hésiter pas à m’en aviser.

    En effet, la référence à laquelle on se compare est vitale dans ce genre d’exercice. Toutefois, le rapport de la CREPUQ (http://www.crepuq.qc.ca/spip.php?article1421) repose sur une comparaison des universités québécoises à celles des autres provinces. Une définition claire et précise de la problématique est nécessaire pour déterminer si il y a oui ou non problème. Les données du rapport de la CREPUQ se base uniquement sur le financement du fonctionnement. Je me méfie à la base d’un rapport commandé par une association de patrons (les recteurs) qui démontre que leurs entreprises sont sous-financées. Il m’apparait que les recteurs ont tout intérêt à aller chercher le plus d’argent possible, comme n’importe quel autre chef d’entreprise.

    Un autre rapport (http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/BulletinStatistique40_f.pdf), du MELS sous le gouvernement Charest, tend à démontrer que le financement des universités québécoises est équivalent à celui dans les autres provinces. Ce rapport inclus toutes les sources de financement des universités et non seulement celles allouées au fonctionnement. Je tends à penser que s’il faut évaluer l’ampleur du problème, l’approche doit être globale et non centrée sur les frais de fonctionnement uniquement. Prendre le problème dans son ensemble permet de revoir la façon dont on alloue les fonds. Aussi, la provenance de ce rapport fait qu’il m’apparait beaucoup plus légitime que celui de la CREPUQ. Je ne vois pas pourquoi le Ministère tenterait de camoufler le sous-financement s’il existe bel et bien.

    La différence de structure entre les rapports est frappante, du moins à mon point de vue. Celui de la CREPUQ apparait nettement fait avec l’objectif précis de démontrer un sous-financement et emploi les moyens pour y arriver, alors que celui du MELS est une comparaison neutre sur laquelle sont tirées des conclusions après étude des faits. Une chose apparait toutefois dans le rapport du MELS, sans qu’on s’y attarde toutefois, c’est que les dépenses par étudiants sont plus élevées au Québec que dans le reste du Canada, mais les revenus par étudiants sont équivalents. La véritable problématique en serait-elle alors une de « sur-dépense » ou lieu d’une de sous-financement? Je rejoins les associations étudiantes sur ce point. Un exercice comptable rigoureux par le Vérificateur Général serait bénéfique.

    Le rapport de la CREPUQ est une des sources principales citées lorsqu’il est question du sous-financement. Je continue de penser que ce rapport n’a pas été assez critiqué auprès du grand public. Si le sous-financement était remis en question avec des faits, je crois que les étudiants auraient droit à davantage de solidarité de la part du reste de la population, ce qui n’est pas négligeable puisque ultimement c’est souvent l’opinion publique qui décide de l’issue de ces enjeux. L’idée du sous-financement occupe tout l’espace et à partir de ce point les idées divergent et certains pensent que les étudiants devraient absorber une part de la différence. Toutefois, s’il n’y a pas sous-financement, du moins en comparaison avec les revenus par étudiant des universités dans le reste du Canada, je crois que gauche et droite se rejoindront pour exiger des universités québécoises qu’elles montrent où va l’argent qui leur est alloué.

    Dave

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  16. 25 février 2013 5 h 07 min

    «alors si je sers du réchauffé n’hésiter pas à m’en aviser»

    Les deux rapports dont vous parlez ont de fait déjà été discutés ici. Mais, il est tout à fait pertinent d’en parler à nouveau pour préciser ici aussi leur provenance et les hypothèses qui amènent des conclusions fort différentes.

    «Je continue de penser que ce rapport n’a pas été assez critiqué auprès du grand public.»

    Je ne suis pas du tout en désaccord, mais je pense aussi qu’on n’a pas suffisamment parlé de la raison pour laquelle ce rapport en arrive à un déficit aussi élevé (comparaison simpliste avec les dépenses dans les universités du reste du Canada) et du rôle qu’on attend des universités. On a surtout pas assez dégonflé le concept d’université de calibre mondial.

    «L’idée du sous-financement occupe tout l’espace et à partir de ce point les idées divergent et certains pensent que les étudiants devraient absorber une part de la différence.»

    Je suis loin d’être certain que le public fonde son opinion sur des arguments étayés. Tout varie en fonction du climat, de ce qu’on entend et de son allégeance. Ça m’a frappé quand j’ai vu les résultats des derniers sondages et les ai comparé avec ceux du printemps et de l’été dernier : maintenant seule une faible minorité appuie une forte hausse. Pourquoi? Parce que ce n’est plus dans le décor!

    Cela dit, il est de fait important de bien présenter les faits. Cela influence ce qui est discuté sur la place publique et ce qui est dans le décor… Il faut aussi le faire par souci d’honnêteté intellectuelle, mais ça, c’est moins à la mode!

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