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L’économie zombie (3) – La loi de Say et ses descendants

18 mars 2013

zombie_1Après une pause, je poursuis ma série sur le livre Zombie Economics: How Dead Ideas Still Walk among Us (L’économie Zombie: comment les idées mortes se promènent encore parmi nous) de John Quiggin.

Le chapitre que j’aborde dans ce billet est structuré comme les précédents. L’auteur présente le contexte menant à une idée, puis le sujet et ses applications (sa naissance), ses effets sur la théorie économique et les politiques (sa vie), les faiblesses de l’idée et la façon dont elle a été contredite (sa mort), ses applications encore en cours (sa résurrection) et les idées qui pourraient avantageusement la remplacer (ses substituts).

Pour ce billet, je résumerai le troisième chapitre qui porte sur l’économie de l’offre et sur les modèles développés par la suite sous son inspiration.

Contexte

Pendant des années, un des plus gros désaccord entre les économistes de l’École de Chicago et les économistes plutôt keynésiens portaient sur le rôle de la banque centrale. Les premiers considérait que sont seul mandat devait être de contenir l’inflation, tandis que les seconds ajoutaient à ce mandat la croissance du PIB et de l’emploi.

La dernière crise n’a pas permis de trancher à ce sujet. Les fondements de la crise, la spéculation tout particulièrement, ne faisaient même pas partie de leurs désaccords. Comme l’a bien imagé David Gruen, un membre du Trésor australien :

«[traduction] C’était comme si, alors que le Titanic naviguait dans des eaux infestées d’icebergs, ceux qui avaient les compétences et la formation requises pour avertir de l’imminence du danger étaient plutôt en train de travailler, dans une cabine sans fenêtre, à perfectionner la conception des coques de navires. . . pour un monde sans icebergs.»

Si on veut comprendre les facteurs qui peuvent mener à des crises et développer des façons d’y réagir, on doit porter plus d’attention aux interactions entre les comportements que les économistes ne saisissent manifestement pas.

Sa naissance : de la courbe de Phillips au taux de chômage sans pression inflationniste

Avant Keynes, la macroéconomie n’existait pas comme telle. En simplifiant, on peut dire que la microéconomie ne regardait que l’équilibre de marchés séparés et les liens entre ces marchés. On considérait que le chômage était volontaire (comme préférence personnelle entre travailler et avoir des loisirs…) et que tous les biens et services produits étaient vendus. Dans un tel monde, les récessions sont impossibles, puisque l’offre crée sa propre demande. On a baptisé ce principe la Loi de Say, même si ce n’est pas vraiment Say qui l’a créée.

On y postule que «[traduction] les épargnes prévues doivent égaler les investissements prévus et [que] la somme de la consommation et de l’épargne doit toujours être égale au revenu total et ne peut donc pas être modifiée par les interventions politiques». On conclut donc que toute intervention gouvernementale est inutile et ne peut que nuire. Keynes a montré que cette théorie n’était pas vraiment complète et négligeait justement la possibilité observable que des récessions surviennent et pouvaient être très longues si le gouvernement n’intervenait pas. Il niait aussi les hypothèses que tout bien produit est vendu, que le seul chômage ne peut être que volontaire et que toute épargne se transforme en investissement. Keynes a aussi expliqué qu’une économie peut tomber dans une trappe à liquidité (où les gens refuseront d’investir ou de consommer même avec des taux d’intérêt très bas pour garder de la liquidité en prévisions de coups durs ou de meilleurs jours). Dans ces cas-là, seuls des programmes de relance gouvernementaux (dépenses publiques ou baisses des impôts et des taxes) peuvent faire sortir rapidement (enfin, moins lentement) une économie de cette trappe. À l’opposé, les gouvernements sont invités à épargner, à éliminer leurs déficits et à rembourser leurs dettes dans les périodes de fortes croissances.

– la courbe de Phillips

La courbe de Phillips établit statistiquement une relation entre le taux de chômage et le taux d’inflation. Plus le taux d’inflation est élevé, moins le taux de chômage l’est et vice-versa. Il est ironique de rappeler que Phillips rejetait fortement le côté mécanique de sa courbe, tandis que plein d’économistes présentent sa courbe ainsi, en affirmant qu’on avait le choix entre une inflation élevée et un chômage bas ou une inflation faible et un chômage élevé. On a depuis vécu aussi bien des périodes de fort chômage et d’inflation élevée (stagflation des années 1970), et des périodes de faible inflation en même temps que de chômage faible (États-Unis de la fin des années 1990), montrant que la relation inverse entre l’inflation et le chômage est loin d’être automatique.

– taux de chômage sans pression inflationniste

Milton Friedman est un des économistes a avoir nié que la relation entre l’inflation et le chômage sont aussi stables que la courbe de Phillips ne le montre, expliquant qu’une inflation régulière se cristallise dans les attentes des travailleurs et des entreprises, et qu’une inflation élevée n’est plus dans ce cas associée à un faible taux de chômage. Sur ce point, Friedman avait bien raison. Il en est venu à plutôt parler d’un taux de chômage naturel en bas duquel ce taux ne peut diminuer et où toute tentative de le faire baisser ne fera que générer de l’inflation (je simplifie). Il semble en fait que lui-même n’aimait pas ce nom. De toute façon, ce concept est demeuré, mais sous le nom moins choquant de taux de chômage sans pression inflationniste (concept un peu différent, mais semblable).

– les anticipations rationnelles

Les néoclassiques (notamment Robert Lucas) ont voulu aller plus loin que Friedman, en parlant des anticipations rationnelles des travailleurs et des entreprises en termes de taux d’inflation. Pour ce, ils ont prétendu que tous les agents économiques (consommateurs, producteurs, etc.) comprennent les modèles économiques et sont en mesure de prévoir l’inflation à venir et bien d’autres variables économiques. Par exemple, lorsque les gouvernements augmentent leurs dépenses pour relancer l’économie, les citoyens diminueraient leur consommation du même montant que la hausse des dépenses de l’État en prévision d’une hausse des impôts qui surviendra tôt ou tard! Bien sûr, plein d’études ont montré que ce comportement ne s’observe pas du tout dans la réalité.

Avec cette théorie, les économistes néoclassiques appliquaient directement des modèles d’analyse microéconomique à la macroéconomie, comme l’auteur le mentionnait au début de cette section (Sa naissance). Avec cette théorie, les récessions deviennent impossibles, car tous les agents anticipent parfaitement les développements économiques (je simplifie beaucoup, ici…). Mais, l’avenir l’a montré, elles étaient pourtant bien possibles!

Sa vie : la rationalité et l’agent représentatif

– la rationalité

Avec l’hypothèse des anticipations rationnelles, le gouvernement n’a plus aucun rôle dans l’économie, car chacune de ses interventions ne vient que perturber les anticipations rationnelles des agents économiques, si ce n’est de redistribuer les richesses et de diffuser l’information qu’il possède sur les marchés (plutôt que d’utiliser cette information pour corriger les lacunes des marchés). Mais, cette hypothèse est ridicule. En fait, même «[traduction] les décideurs les plus sophistiqués et rationnels (…) ne peuvent pas examiner et évaluer toutes les possibilités.». Alors, imaginer que tous les autres consommateurs et entrepreneurs le pourraient est totalement absurde. D’ailleurs, les récessions arrivent!

– l’agent représentatif

Un autre problème avec cette théorie (ou ce modèle) est qu’on tente d’inclure toutes les caractéristiques de tous les consommateurs et tous les producteurs au sein de deux «agents représentatifs», un consommateur et un producteur (parfaitement rationnels, il va sans dire…). Les différences de goûts, de richesse, de réussite économique et de toutes leurs autres caractéristiques sont effacées sous l’hypothèse qu’en utilisant un agent moyen, toutes ces différences s’annulent. Un changement de prix, par exemple pourra entraîner des conséquences bien différentes dans la réalité, car les vrais agents économiques ne réagiront pas nécessairement comme l’agent représentatif (ou moyen) le fait. De même, une récession fera diminuer le revenu de l’agent représentatif (donc de chaque personne qu’il représente) de 10 % (par exemple), tandis que, dans la vraie vie, l’impact de la récession différera sur chaque personne, certains s’enrichissant, un grand nombre ne subissant aucunement la récession et d’autres perdant tout!

– conséquences

En utilisant l’agent représentatif parfaitement rationnel dans leur modèle, les autorités des banques centrales adopteront des politiques sur l’inflation et la croissance en fonction d’un citoyen imaginaire sans tenir compte de la grande variété de conséquences qui peuvent survenir à des agents présentant en fait des caractéristiques fort différentes. En période de croissance, cette méthode peut fonctionner à peu près correctement, mais pas lors de récessions et encore moins lors de crises.

Sa mort : comment les économistes ont-ils pu se tromper à ce point?

Même si les faits ont contredit de gros pans de ce modèle (taux de chômage sans pression inflationniste, anticipations rationnelles, etc.) dès les années 1980, il a continué à être appliqué (et enseigné) jusqu’à la veille de la crise commencée en 2008, et l’est encore!

Par exemple, le chômage et l’inflation sont demeurés élevés pendant de nombreuses années à la suite des politiques de lutte à l’inflation du début des années 1980 au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande. Pourtant, les anticipations rationnelles prévoyant une baisse rapide de l’inflation auraient dû faire diminuer les demandes de hausses salariales et les hausses de prix. Ce processus fut au contraire long et pénible.

Mais l’échec le plus total de ce modèle s’est révélé avec la crise de 2008. D’une part, il n’a pas été en mesure de constater les bulles technologiques (début des années 2000) et immobilières (milieu de cette décennie), encore moins de mettre en garde contre les conséquences de leur éclatement. Il n’a pas pu non plus voir les conséquences du fonctionnement et du gonflement du secteur financier. D’autre part, il a minimisé l’importance de la crise lorsqu’elle est apparue (rappelons-nous les affirmations des républicains et des conservateurs qui niaient l’arrivée d’une récession lors de leurs campagnes électorales de 2008, alors que la récession était déjà commencée aux États-Unis).

Il est même surprenant de constater à quelle vitesse ce modèle a été mis de côté pour être remplacé (mais pas assez et pas assez longtemps) par des mesures keynésiennes de relance, et cela, dans la grande majorité des pays (mais à des degrés divers, très fortement en Chine, pas assez aux États-Unis et beaucoup moins en Europe). Ce modèle a peut-être été remplacé rapidement, mais cela n’a pas duré longtemps!

Dès les premières mesures visant à stimuler la demande (baisse des taux d’intérêt, création de monnaie et dépenses publiques), les économistes de l’offre ont poussé des cris d’orfraie. Ils ont ressorti leurs prévisions de retour à l’inflation forte en raison de l’augmentation de la masse monétaire et ont prédit que les dépenses gouvernementales feraient réduire les dépenses de consommation (les ménages épargnant pour compenser de futures hausses d’impôt…). L’auteur parle même du retour en force de la Loi de Say, un zombie âgé de plus de 200 ans! De l’autre côté, les économistes keynésiens (notamment Krugman, De Long et Stiglitz) ont rejeté ces prévisions sous la base du concept de trappe à liquidité qui pourrait même mener à la déflation. Même si on n’a observé aucune déflation par la suite, force est de constater que, près de cinq ans plus tard, l’inflation est toujours basse et qu’aucune des prévisions des économistes de l’offre ne s’est réalisée.

Bref, à peine mort, le modèle des économistes de l’offre renaissait…

Sa résurrection : comment Obama a provoqué la crise financière mondiale

L’auteur cite ici un texte dans lequel un économiste de l’École de Chicago, Casey Mulligan, attribue la crise aux anticipations rationnelles des marchés financiers à la veille de l’élection de Barrack Obama, prétendant qu’ils s’attendaient au résultat désastreux des politiques d’Obama : plus d’influence de la part des syndicats sur les politiques et le marché du travail (un épouvantail très populaire ici aussi…), hausse des impôts, programme de santé, etc. Il mérite vraiment plusieurs morceaux de robots pour son imagination…

Ses substituts : vers une macroéconomie réaliste

Quiggin énumère ici les conditions pour pouvoir élaborer un modèle macroéconomique qui corresponde à la réalité. Pour ce, le modèle doit :

  • tenir compte de la réalité de périodes de fortes croissances et de récessions, et de l’émergence de bulles et de leur éventuel éclatement;
  • comprendre que les agents économiques ne sont pas toujours rationnels;
  • accepter le fait que le fonctionnement des marchés ne dépend pas que des prix et des préférences, mais aussi d’autres facteurs peu compris actuellement comme la confiance et la perception d’équité;
  • étudier les comportements humains et leurs interactions;
  • cesser de penser que les marchés sont toujours à la recherche d’un équilibre (l’instabilité est souvent l’état naturel des marchés);
  • savoir que l’économie n’est qu’une facette de la structure sociale;
  • tenir compte des leçons du passé.

Et alors…

Ce chapitre étant plus théorique que les autres, j’ai dû simplifier beaucoup son contenu pour le rendre plus compréhensible (en souhaitant que j’aie réussi…). Je n’ai même pas nommé le titre de ce chapitre (Dynamic Stochastic General Equilibrium, Équilibre général dynamique stochastique), ni n’ai parlé du concept derrière ce titre. Je n’ai pas non plus mentionné les échecs des néokeynésiens, qui ont essayé sans succès de jumeler des concepts microéconomiques à la macroéconomie avec cet «équilibre général dynamique stochastique». J’ai aussi passé rapidement sur les propositions de l’auteur pour développer une macroéconomie réaliste.

Je crois que le principal message dans ce chapitre est de réaliser à quel point la science économique, dans ses tentatives pour ressembler à une science pure et en reniant son statut de science sociale, a pu développer des modèles totalement décrochés de la réalité. Et que bien du travail reste à accomplir pour en développer de nouveaux qui fonctionnent!

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10 commentaires leave one →
  1. 18 mars 2013 13 h 00 min

    Bon billet!

    « lorsque les gouvernements augmentent leurs dépenses pour relancer l’économie, les citoyens diminueraient leur consommation du même montant que la hausse des dépenses de l’État en prévision d’une hausse des impôts qui surviendra tôt ou tard! »

    Cette prétention théorique ne date pas des néoclassiques pourtant. Elle remonte jusqu’à Ricardo et possède même un nom en son honneur : équivalence ricardienne. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quivalence_ricardienne

    La première fois que j’en ai entendu parler, j’ai moi aussi eu envie de rire en me disant que j’imagine mal le trois quart des membres de ma famille rationner ses dépenses en fonction de celles du gouvernement…

    « que toute épargne se transforme en investissement. »

    En raison d’une propension à épargner et/ou thésauriser beaucoup plus grande chez les plus hauts revenus, il serait donc avantageux et progressif de taxer l’épargne. Que penses-tu de ce qui se passe au Chypre?

    http://affaires.lapresse.ca/economie/international/201303/18/01-4631964-chypre-pourquoi-comment.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO4_la_2343_accueil_POS3

    « Avec cette théorie, les récessions deviennent impossibles, car tous les agents anticipent parfaitement les développements économiques »

    Cela me fait penser à une explication sur les attentes rationnelles dans l’un de mes cours d’économie:

    Chaque étudiant de la classe doit choisir un nombre entre 1 et 100. Après que chaque participant ait dévoilé son choix, l’étudiant qui aura obtenu le nombre le plus proche du 2/3 de la moyenne des nombres choisis par l’ensemble de la classe remporte la victoire. Si on considère le niveau moyen de rationnalité de la classe comme étant minimal, on s’attend à ce que la moyenne soit de 50 (en raison de la loi normale…) et on choisit donc 33 (50 X 2/3). Toutefois, si on croit que l’ensemble des étudiants tiendront cette anticipation rationnelle, on choisit alors 22 (33 X 2/3). Cependant, si on croit encore qu’une majorité auront cette dernière anticipation, on choisit alors 14,6 (22 X 2/3) et ainsi de suite jusqu’à temps que l’on arrive à 1. Alors, l’anticipation parfaitement rationnelle est d’opter pour le nombre 1. Cependant, j’ai beau être optimiste, je reste convaincu que sans ces explications de l’enseignant, on aurait beau eu répété ce jeu éternellement et on ne serait probablement jamais arriver à une moyenne de 1…

    Dans le monde économique réelle, c’est encore pire car il n’y a pas de bornes « fixes » comme dans ce cas-ci (entre 1 et 100). L’anticipation rationnelle peut ainsi se poursuivre jusqu’à l’infini et plus on s’enfonce dans ces modèles de rationnalité, plus on s’éloigne de la réalité.

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  2. 18 mars 2013 13 h 36 min

    «Cette prétention théorique ne date pas des néoclassiques pourtant. »

    Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle les néoclassiques! Ils n’ont presque rien inventé, ils ont seulement réactivé, parfois avec encore moins de nuances que les classiques.

    «Que penses-tu de ce qui se passe au Chypre?»

    Je dois t’avouer que je ne sais pas trop. Il semble qu’une forte proportion des dépôts à Chypre provient de la Russie. Je n’ai pas en main suffisamment d’information pour analyser la situation. En plus, je crois que c’est une première. Il devient très difficile de faire des pronostics. L’article que tu as mis en lien est aussi très prudent…

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  3. 8 mai 2013 8 h 16 min

    J’ai lu ce matin un billet intéressant sur le blogue Oikos sur la Loi de Say et la négation des faits. Extraits :

    «Si les accidents de la route ne sont pas infiniment plus nombreux qu’ils ne le sont en réalité, ce n’est pas parce que les autorités publiques contrôlent les conducteurs, mais c’est fondamentalement parce que chaque conducteur individuellement est mû par son intérêt particulier.»

    L’auteur conclut :

    «Ce que j’appelle idéologie, au fond, c’est le refus de regarder les faits et leur préférer les raisonnements qui vous arrangent.»

    Disons que j’ai déjà écrit des lignes semblables, mais on ne le répètera jamais assez!

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  4. Richard Langelier permalink
    19 juin 2014 21 h 45 min

    En allant emprunter«Économie zombie», j’ai lu la pochette de «Darwin plutôt que Freud».

    «Voici un éclairage original, voire révolutionnaire, sur le problème de la surconsommation des psychotropes en France, problème reconnu par tout le monde mais dont la véritable raison n’est pas donnée… Je fais simplement remarquer que les êtres humains (et donc les Français) sont des mammifères qui « respectent » les lois de l’évolution des espèces. Le cerveau humain date d’un million d’années (homo erectus) pour toutes les fonctions archaïques (dont le sommeil et les fonctions de survie). L’évolution en homo sapiens, il y a 250 000 ans, ne touche qu’une certaine forme d’intelligence et ne concerne pas ces fonctions archaïques. La prochaine mutation pour ces dites fonctions devrait avoir lieu seulement dans 100 000 ans (évolution très lente et non en rapport avec l’évolution rapide de notre mode de vie). Chez les mammifères, il y a un certain pourcentage d’individus dont la « fonction » est d’être des sentinelles, utiles à la collectivité : 7 %, donc près de 5 millions de Français ne sont pas insomniaques, névrosés, anxieux, phobiques, stressés, mais simplement des « sentinelles » (les indiens d’Amérique les appellent Aigle noir, Gazelle sautillante, etc.). Le simple fait de faire comprendre cet aspect permet au « patient » de ne plus se considérer comme malade mais seulement différent (de façon positive) et d’accepter son état (et donc d’arrêter les médicaments, les psychothérapies inutiles !). L’application, depuis une quinzaine d’années, de cette évidence dans ma pratique psychiatrique, me permet de modifier très vite l’attitude de ces supposés malades». Docteur Jean-Yves Pérol.

    Je n’appréciais pas le fait que WordPress indique à quelle heure j’envoie mes commentaires. J’ose croire que les lecteurs de Jeanne Émard sauront apprécier les sentinelles à l’avenir.

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  5. 19 juin 2014 21 h 53 min

    «Je n’appréciais pas le fait que WordPress indique à quelle heure j’envoie mes commentaires.»

    Donc, c’est correct maintenant?

    En passant, j’ignore pourquoi, le blogue a indiqué l’heure d’Abidjan (le premier choix dans la liste alphabétique proposée quand on règle l’heure qu’on désire afficher sur le blogue)) pendant quelques jours…

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