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Encore pertinent, Marx?

9 juin 2013

marxJ’ai lu il y a quelques semaines un article intéressant sur la pertinence toujours actuelle des analyses de Marx, Marx’s Revenge: How Class Struggle Is Shaping the World (La vengeance de Marx ou comment la lutte des classes configure toujours le monde), de Michael Schuman. Comme cet article est assez long et qu’il n’est disponible qu’en anglais, j’ai pensé qu’il serait intéressant d’en résumer ici la teneur.

Dépassé?

«[traduction] Karl Marx était supposé être bel et bien être mort et enterré. Avec l’effondrement de l’Union soviétique et le Grand Bond en avant de la Chine vers le capitalisme, le communisme s’est évanoui dans la toile de fond pittoresque des films de James Bond ou du mantra déviant de Kim Jong Un. La lutte des classes que Marx croyait à la source du cours de l’histoire semblait se fondre dans une ère de prospérité du libre-échange et de la libre entreprise.»

Avec la baisse de la pauvreté en Asie et le triomphe de l’économie de marché dans les pays industrialisés, le capitalisme semblait avoir réalisé ses promesses. Par contre, la hausse du chômage et de la dette des ménages (et des États), et la stagnation des salaires nous rappellent que la vision de Marx sur l’injustice inhérente et autodestructrice du capitalisme ne peut être balayée aussi facilement.

Même si de plus en plus de données semblent appuyer l’analyse de Marx, cela ne veut pas dire qu’il avait en tout point raison. La dictature du prolétariat n’a jamais fonctionné comme il le prévoyait. Par contre, la croissance des inégalités annonce le retour de sa lutte des classes. De New York à Athènes en passant par le sud de la Chine, on observe un regain de tension entre les travailleurs et le capital.

Le retour de la lutte des classes

Aux États-Unis, les 99 % les moins riches accusent de plus en plus les 1 % les plus riches d’être responsables de la stagnation de leurs revenus. La bataille entre les démocrates et les républicains pour trouver une solution à la crise et au déficit ressemble beaucoup à une lutte de classes : augmenter les impôts des riches ou diminuer les dépenses pour les pauvres et les autres membres du 99 %? L’amenuisement graduel de la classe moyenne devient aussi un enjeu politique majeur pour la première fois depuis des décennies.

La promesse (non réalisée) de François Hollande (qui a aussi déjà déclaré ne pas aimer les riches) de hausser le taux marginal d’imposition maximal à 75 % et le succès de cette promesse lors de la dernière campagne présidentielle en France montre une autre forme de ressentiment de la société envers les riches. L’enjeu de cette campagne portait en bonne partie sur la hausse de la contribution des riches pour pouvoir maintenir des programmes sociaux destinés aux pauvres et à la classe moyenne. La menace de la part de beaucoup de riches de quitter la France est un exemple de la réaction de la classe dominante qui veut montrer qu’elle défendra bec et ongles sa position hégémonique. Avec les nombreux reculs du gouvernement socialiste, la cote de popularité de Hollande a plongé à 25 % en avril dernier, montrant la réprobation de la population face au manque de respect de Hollande envers ses promesses.

Les conflits en Chine montrent que, même avec une forte croissance et une hausse des salaires réels, l’agrandissement des écarts de richesse fait augmenter les tensions entre les riches et les pauvres. Les plus grandes tensions s’observent en effet dans les villes manufacturières, berceau du prolétariat. Le mécontentement gronde, apportant certes quelques changements (hausses de salaires, amélioration des lois du travail, etc.), mais le gouvernement chinois donne toujours l’impression de favoriser les entreprises au détriment de son peuple.

Marx n’a pas encore gagné…

Ce retour de la lutte des classes correspond parfaitement à ce que Marx aurait prédit. «Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes», disait-il. Que ce soit à Madrid ou à Athènes, «Des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues (…), pour protester contre le chômage stratosphérique et les mesures d’austérité qui empirent les choses».

Par contre, on demeure encore loin de la révolution prolétarienne. Aux États-Unis, les travailleurs ont peut-être des problèmes semblables, mais le taux de syndicalisation a encore diminué depuis le début de la crise et le mouvement Occupy Wall Street s’est essoufflé. Les revendications portent plus sur la réforme du capitalisme que sur son remplacement. On veut un meilleur partage des richesses et une stabilisation du système actuel, pas le changer.

Cela dit, la politique économique actuelle continue d’exacerber les tensions entre les classes. Les dirigeants des entreprises chinoises réussissent toujours à éviter l’application des principales réformes, les programmes sociaux européens sont affaiblis dans un contexte où le chômage ne cesse d’augmenter. Et les milieux financiers ainsi que les dirigeants politiques (même ceux qui sont supposés être de gauche) veulent toujours moins de protection sociale et toujours plus de flexibilité sur le marché du travail. L’auteur conclut :

«Cela laisse ouverte la possibilité que Marx n’ait pas seulement diagnostiqué correctement des défauts du capitalisme, mais aussi le résultat de ces défauts. Si les décideurs ne découvrent de nouvelles méthodes pour assurer plus d’équité à l’avenir, les travailleurs du monde entier peuvent simplement s’unir. Marx peut encore avoir sa revanche.»

Et alors…

Ce texte montre bien à quel point l’avenir est incertain (et l’auteur n’a pas parlé des conséquences des changements climatiques!). Tout peut se produire : que les peuples prennent leur destin en main, que le capitalisme parvienne à se réformer suffisamment pour éviter son écroulement à moyenne échéance, ou que nos dirigeants continuent à poursuivre leurs politiques de croissance infinie et d’agrandissement des inégalités jusqu’à ce que nous frappions tous le mur.

Ce texte montre aussi que Marx n’avait pas raison sur tout, mais qu’il avait très souvent raison!

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21 commentaires leave one →
  1. Yves permalink
    9 juin 2013 8 h 03 min

    N’ai crainte pour le capitaliste, quand il aura été trop loin et il en est proche, il saura bien donner du bonbon pour pouvoir se maintenir et ainsi acheter la paix sociale. Mais d’ici là j’ai bien peur qu’il sera trop tard, les bouleversements qui nous attendent son ordre climatique.

    Conséquence du système capitaliste, une bonne partie de l’humanité sera détruit par les abus fait à notre mère terre. Ça je ne sais pas si Marx y avait pensé?

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  2. 9 juin 2013 9 h 12 min

    «d’ici là j’ai bien peur qu’il sera trop tard, les bouleversements qui nous attendent son ordre climatique.»

    Je le crains aussi.

    «Ça je ne sais pas si Marx y avait pensé?»

    Je ne suis pas un expert de Marx. Mais, de ce que j’ai lu, non, il n’a pas tenu compte des limites de la Terre, ni des conséquences de la pollution. Cela dit, je me trompe peut-être…

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  3. youlle permalink
    9 juin 2013 10 h 16 min

    J’avais que cinq ans quand j’ai durement réalisé la lutte des classes et « l’exploitation de l’homme par l’homme ».

    Je ne me rappelle plus de la phrase de Marx qui disait que le capitalisme était voué à s’auto détruire.

    Karl Marx aura toujours raison parce que c’est l’évidence qu’il décrit. L’évidence qu’il décrit à mes yeux, ce sont les riches qui sont un serpent qui se mange la queue.

    Ils ont besoin des plus pauvres pour s’enrichir et ils sont en train de neutraliser le petit peuple qui l’enrichit. Ces naïfs sont en train de décapiter leur poule aux œufs d’or.

    Le pire est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Ceux qui sont ou qui se mettent riche ont la coche pour faire de l’argent, mais n’ont pas nécessairement ou rarement une intelligence supérieure.

    On peut faire de l’argent quand on est croyant, mais la croyance n’a jamais été capable d’inventer la roue.

    ..
    Une vieille image qui est toujours d’actualité.
    Remarquez que pour être confortable dans la vie, les gens du dessous ont juste à laisser tomber l’assiette, mais la plupart veulent croire au rêve, monter dessus.

    Ils ne sont pas assez instruits.

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  4. 9 juin 2013 18 h 53 min

    La rapidité avec laquelle circulent les flux monétaires (spéculatoires) est ce qui a le plus fait changer le Capitalisme à mon avis. Marx ne pouvait prévoir les développements technologiques exponentiels qui se produirait aux 20e et 21e siècles et à quel point les riches n’hésiteraient pas à les utiliser à leur avantage.

    Au moins, les peuples peuvent aussi en faire usage, pour l’instant…

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  5. 9 juin 2013 19 h 26 min

    Non, bien sûr, mais cela relève plus des moyens que des objectifs. Il demeure que ces moyens contribuent, comme d’autres, aux inégalités et, par voie de conséquence, à raviver la notion de lutte des classes de Marx.

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  6. Richard Langelier permalink
    9 juin 2013 21 h 46 min

    Je ne donnerai pas un cours de marxologie puisque je n’ai lu que 10 000 des 18 000 pages qu’il a écrites (en A4 et non en 8½ par 11, sauf lorsqu’il envoyait ses textes au New York Tribune), en traduction française de surcroit.

    « Le rapport borné des hommes à la nature reflète leurs rapports bornés entre eux » pourrait en faire un protoécologiste.

    « À chacun ses besoins, de chacun ses capacités » en conclusion de la Critique du programme de Gotha, implique, à mon avis, que les humains n’ont pas besoin d’une Porsche pour la promenade, d’une Javelin aux gros tires jackée (Plume) pour gagner toutes les courses en 2 feux rouges, pour être heureux.

    « Dans une société libérée de la contrainte économique, je chasserai le matin, je pêcherai l’après-midi et je ferai de la critique d’art le soir, sans jamais devenir chasseur, pêcheur ni critique d’art » de l’Idéologie allemande, manuscrit écrit avec Engels pour régler leurs comptes avec les jeunes hégéliens et devant être laissé à la critique rongeuse des souris, présuppose qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un 4 X 4, le yacht et tout le kit des émissions Chasse et Pêche du Réseau des sports, ni le Ipad dernier cri pour prendre des notes et photos lors des vernissages et une imprimante sur Laser couleur de meilleure qualité que celle de son voisin, pour réaliser son humanitude.

    J’arrive de la Bibliothèque nationale. C’est ma plus longue marche sans canne depuis mon opération. Merci, public en délire! J’aurais pu emprunter un livre de Serge Mongeau pour savoir comment pratiquer la simplicité volontaire. En tant que Montréalais, j’ai le droit d’emprunter dix documents. La bâtisse est une infrastructure. Elle sera payée par les Québécois d’aujourd’hui et ceux des prochaines générations. Les documents sont des dépenses courantes, donc payés par l’ensemble des Québécois, l’année où ils sont achetés. C’est du moins ce que j’ai compris des explications de Louise Beaudoin concernant la loi anti-déficit. Je suppose que j’ai le privilège d’emprunter 10 documents pour me dédommager de n’avoir plus le droit à la meilleure poutine au monde. Tu vois, Darwin, je n’ai pas besoin de lire les livres de Serge Mongeau pour pratiquer la simplicité volontaire. J’ai déjà tout appris sur ce sujet par ma lecture partielle de Marx.

    Par contre, Pseudovirtuose, je vous conseille la lecture du Marx de Michel Henry et de Marx philosophe, sous la direction d’Olivier Clain, dans la collection Société aux Éditions Nota Bene. Votre fréquentation de l’oeuvre de Keynes risque de vous faire perdre de vue vos premières amours de Sciences po.

    P.-S. Ma conscience est malheureuse parce que ma version du logiciel de correction Antidote ne me donne pas suffisamment d’informations sur l’utilisation du trait d’union avec proto et anti. Grâce à mes chèques de Sécurité à la vieillesse, je pourrai m’acheter la dernière version. Le hic, c’est qu’elle ne fonctionne qu’avec les systèmes d’exploitation Vista ou plus récents. Économies, dépenses, économies et achat! Installer Linux? Je ne suis pas assez ti-Jo connaissant.

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  7. Richard Langelier permalink
    9 juin 2013 23 h 30 min

    C’est amusant , ce qu’on peut trouver en googlisant: « dédicace de Marx à Darwin » http://revueinvariance.pagesperso-orange.fr/confusion.html
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14664

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  8. 10 juin 2013 5 h 20 min

    « dédicace de Marx à Darwin »

    C’est drôle! 😉

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  9. 10 juin 2013 8 h 24 min

    @ Richard

    Lu dans le rexte de ton deuxième lien :

    «Il fouille plus loin, le Capital a été envoyé par Karl à Charles, mais celui-ci a répondu courtoisement, et on a retrouvé dans sa bibliothèque l’exemplaire offert, dont les premières pages seules étaient découpées.»

    Charles Darwin fut comme moi : il n’a lu que quelque pages du Capital, puis s’est découragé. Il y a de quoi!

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  10. Benton permalink
    10 juin 2013 12 h 13 min

    «Par l’amélioration rapide de tous les instruments de production, par les communications rendues infiniment plus faciles, la bourgeoisie entraîne toutes les nations, jusqu’aux plus barbares, dans le courant de la civilisation. Le bas prix de ses marchandises, est son artillerie lourde, avec laquelle elle rase toutes les murailles de Chine, avec laquelle elle contraint à capituler les barbares xénophobes les plus entêtés. Elle contraint toutes les nations, sous peine de courir à leur perte, à adopter le mode de production bourgeois ; elle les contraint d’importer chez elles ce qui s’appelle la civilisation, autrement dit : elle en fait des nations de bourgeois. En un mot, elle crée un monde à son image.»

    Karl Marx et Friedrich Engels – Le manifeste du parti communiste

    N’est-ce pas de la pertinence ça!

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  11. Benton permalink
    10 juin 2013 13 h 05 min

    Ce que je me souviens de Marx des mes cours comme étudiant, il y a longtemps, c’est que dans l’ordre naturel des choses, la bourgeoiserie ce devait de succéder à la féodalité pour qu’ensuite le prolétariat lui succède, question de maturité. Passé directement de la féodalité au prolétaire ne pouvait que revenir au même!

    La Russie en est l’exemple probant…

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  12. 10 juin 2013 13 h 48 min

    «N’est-ce pas de la pertinence ça!»

    En effet!

    «La Russie en est l’exemple probant…»

    Est-elle vraiment passée par le prolétariat?

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  13. Richard Langelier permalink
    10 juin 2013 19 h 39 min

    Darwin, si ce sont les premières pages du Livre 1 du Capital que tu as lues, tu auras appris que le mode de production capitaliste se présente d’abord comme une immense accumulation de marchandises, avant même d’avoir mis les pieds dans un Club Price. Comment l’attaquer et le mettre en quartiers [1], Alain Dubuc t’expliquait que le livre de recettes se trouvait dans la Taupe rouge. Lui pouvait comprendre puisqu’il avait vu la société sans classes à Cuba, toi tu ne pouvais pas comprendre le sort des masses laborieuses.

    Plus près de nous, Marc Bonhomme écrivait sur le site de l’Union des forces progressistes que les membres d’Option citoyenne provenaient des groupes communautaires et ne pouvaient comprendre les dures luttes du prolétariat. Christian Montmarquette écrivait sur le même site et sur l’Intranet de Québec solidaire que les groupes communautaires géraient la pauvreté alors que le Collectif pour un Québec sans pauvreté voulait l’abolir. Marx m’a laissé le soin d’écrire « Misère de la philosophie politique québécoise ». Chose certaine, je ne te le dédierai pas, tu n’as sans doute pas de coupe-papier. Par contre, au lancement, entre 2 grosses Du Tremblay, je pourrais t’écrire une dédicace : « À mon grand ami, Darwin, qui m’a laissé pratiquer ma plume sur Jeanne Émard, blogue pas suffisamment sérieux pour être cité dans un travail universitaire, qu’il est préférable de plagier ». Comme je ne sais pas si Pseudovirtuose a le même sens de l’humour que nous, les p’tits vieux, je bifferai la fin, en m’assurant qu’il restera lisible.  😳 

    [1] J’espère que les héritiers de Jean de La Fontaine ne me réclameront pas de droits d’auteur.

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  14. 10 juin 2013 19 h 45 min

    « tu auras appris que le mode de production capitaliste se présente d’abord comme une immense accumulation de marchandises»

    Ah, c’est donc ça que je n’ai pas compris! 😉

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  15. Richard Langelier permalink
    10 juin 2013 22 h 19 min

    @ Benton

    Michel Henry prétend que Marx n’aimait pas ce type de commandes qui le forçait à schématiser sa pensée. Mais peu importe. Ce passage indique que même lorsqu’ils ont été écrits au forceps, ses textes conservent souvent leur pertinence. Lorsque son œuvre est sortie de l’index, au Québec, certains d’entre nous avons scandé : « Vive la dictature du prolétariat! » (moi uniquement à la cafétéria et à la taverne, d’autres sont allés prêcher la révolution à shop).

    Je voudrais faire le lien avec l’évolutionnisme du 19e siècle. Newton et Lavoisier avaient trouvé des lois en isolant des variables en laboratoire. La science s’est éloignée de la théologie [1]. Gutenberg avait inventé l’imprimerie. L’Encyclopédie avait été publiée sous la direction de Diderot et D’Alembert. L’humanité sortait enfin de l’obscurantisme. En ethnologie, Morgan et Tylor lisaient les récits des explorateurs et des missionnaires et concluaient que l’Homme passe par différentes étapes pour aboutir à la civilisation, c’est-à-dire au stade du mâle majeur européen. Hegel a commenté Adam Smith pour conclure qu’une société où le cordonnier échange le fruit de son travail, contre celui du chapelier, du forgeron, etc., donne une société beaucoup moins arbitraire qu’une société où l’autorité vient de Dieu, déléguée au pape, déléguée au roi, aux archiducs et tutti quanti. Il suffit que l’État arbitre les conflits de cette société civile [2]. Malgré son admiration pour Hegel, Marx jugeait que ce n’était pas aussi simple. Il voulait expliquer l’exploitation de façon scientifique. Ses prédictions qui ne se sont point avérées relevaient du scientisme du 19e siècle. Cependant, mes remords ne me poussent pas à dire qu’il s’agissait de jojosavardisme.

    Nous pouvions croire que Keynes avait passé le KO à Marx. Tout semblait baigner dans l’huile lors des Trente Glorieuses, du moins en Occident, grâce aux « outils keynésiens ». Est-ce que la Société du Mont-Pèlerin http://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_du_Mont-P%C3%A8lerin a passé le KO à Keynes?

    Je ne suis pas futurologue. J’embrasse la conclusion du billet de Darwin sur l’article de Michael Schuman.

    [1] Je ne suis pas un spécialiste du procès de Galilée.
    [2] Les libertariens sont à la recherche d’un État encore plus minimaliste où des policiers d’une agence privée assommeraient celui qui veut profiter de ma lumière, lorsque je mets mon dollar pour allumer le lampadaire.

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  16. 11 juin 2013 4 h 20 min

    «Est-ce que la Société du Mont-Pèlerin a passé le KO à Keynes?»

    Disons qu’ils se sont préparés à la faire pendant 30 ans. Si c’est un KO, ils ne l’ont pas réussi au premier round! Et encore, Keynes a fini par se relever avant le compte final!

    Intellectuellement, c’est le néolibéralisme qui devrait être KO. Malheureusement, plein de riches, dont ceux du Mont-Pèlerin, lui fournissent toutes sortes de produits interdits ou qui devraient l’être (comme le financement politique) pour qu’il réussisse encore à se tenir debout…

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  17. 10 novembre 2015 13 h 18 min

    Marx, vu de Jacques Attali : Marx ou l’esprit du monde, 2005, en relecture, m’inspire dans mon ambitieux et fragile projet d’écriture d’une trilogie intrigante : Poisson d’avril 2016, poisson d’avril 2017, poisson d’avril 2018. J’ai en commun avec Carl Marx de ne pas toujours livré un engagement à date.

    J’ai cure d’Attali dans un plan triennal portant sur l’interdépendance du Québec, pour trois générations futures de 30 ans, suite à ce que Mes Aïeux raconte dans Dégénération et à ce que Mylène Farmer montre dans une vidéo du même titre.

    Je dirais que ce livre n’est pas à lire, mais à étudier, c’est à dire à approfondir, chacun à sa façon et à réécrire à neuf, ce qui est survenu depuis étant survenu, pour faire latin ou grec, je ne sais plus.

    J’ai revu ce livre, à cause d’une curiosité pour le Carl d’un autre nom, notamment, et du terme refondation dans le titre Des ruines à la refondation.

    http://www.journaldequebec.com/2015/10/26/des-ruines-a-la-refondation

    Attali y distingue chapitre par chapitre, Le philosophe allemand, 1818-1843; le révolutionnaire européen, 43-49; L’économiste anglais; Le maître de l’Internationale, 56-64; Le penseur du Capital, 65-71; Dernières batailles, 71-83; L’esprit du monde.

    Je retiens que Richard en sait plus que moi sur Carl Marx et j’imagine sur Janis Joplin.

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  18. 12 novembre 2015 8 h 25 min

    Karl Marx est bien mort le 14 mars 1883, victime de la tuberculose et enterré deux jours plus tard à côté de sa femmes Jenny. Karl selon Engels aimait à dire qu’il n’avait jamais été marxiste.

    Le marxisme lui a survécu et voici comment Jacques Attali explique la chose :

    … pour qu’un livre, une doctrine, une religion, un homme en vienne à constituer le socle justificateur d’un système totalitaire, il faut que six conditions soient réunies; comme elles le furent pour le Dr Martine et pour Marx :

    – une oeuvre offrant une vision globale de l’Histoire assortie d’une claire distinction entre un présent désastreux et un avenir radieux;

    – assez de complexité et de lacunes pour permettre plusieurs interprétations;

    – une pratique suffisamment ambiguë pour en rendre possible la récupération politique;

    – un ami (ou plusieurs) suffisamment légitime pour réduire l’oeuvre à des principes simples;

    – un leader charismatique pour porter ce message, au delà des premiers disciples, en s’appuyant sur une organisation à sa dévotion;

    – enfin, une conjoncture politique permettant de prendre le pouvoir.

    Encore pertinent, Marx ?

    Du livre d’Attali Karl Marx ou l’esprit du monde, je retiens que sans sa femme Jenny, il n’y aurait jamais eu de marxisme. Au lieux d’écrire Marx, il faudrait souvent écrire Les Marx.

    Ce n’est pas demain la veille que tous les travailleurs du monde entier s’uniront faute de découverte par des décideurs de nouvelles méthodes pour assurer plus d’équité à l’avenir.

    J’aurais écrit chercheurs ou économistes plutôt que décideurs. Je pense notamment à Rawls et Sen.

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  19. 12 novembre 2015 8 h 33 min

    «J’aurais écrit chercheurs ou économistes plutôt que décideurs.»

    Même si des chercheurs ou économistes en découvraient (et, ils en ont découverts en masse), tant que les décideurs ne les découvriront pas à leur tour et surtout ne les appliqueront (c’est en fait pour moi la faille de cette citation, découvrir n’implique pas nécessairement appliquer), on n’avancera pas…

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  20. 12 novembre 2015 12 h 41 min

    …. et pendant ce temps, il en coûte maintenant 4£ pour visiter la tombe de Karl Marx!

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/10/27/97001-20151027FILWWW00109-550-pour-visiter-la-tombe-de-karl-marx.php#xtor=AL-155-%5Btwitter%5D

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  21. 16 novembre 2015 7 h 26 min

    Encore pertinent, Marx?

    Dans La refondation du monde, 1999, Jean-Claude Guilllebaud en page 106 et 107 m’enseigne que non. Il classe les irréductibles de Marx chez les nostalgiques plutôt que chez les tout ou rien ou les partisans d’une troisième voie le plus souvent favorable au plus puissant.

    … dans l’architecture de la société, dans les modes nouveaux d’organisation du travail, dans les représentations collectives ou les actions syndicales, des bouleversements ont eu lieu qui rendent à peu près inopérantes les analyses traditionnelles du type classe contre classe.

    Cette nostalgie exprime une vérité mais prend figure de piège, pour le plus grand profit de ceux-là mêmes que l’on veut combattre.

    Le néolibéralisme déterritoirialisé, boursier, nomade et désormais sans base sociale (« un pouvoir sans société », écrit André Gorz) est un adversaire autrement difficile à combattre, bien plus insaisissable que le bon vieil « ennemi de classe », bourgeois et exploiteur, de jadis.

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