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La philanthropie

19 juin 2013

PhilanthropieLe Rapport du groupe de travail sur la philanthropie culturelle a été publié le 11 juin dernier. Jusqu’à maintenant, ce rapport qui prévoit faire augmenter de 50 % les dons aux organismes culturels d’ici cinq ans n’a reçu, à ma connaissance que des fleurs :

Face à ces réactions unanimes, il faudrait bien être de mauvaise foi pour critiquer ce rapport. Et pourtant…

Mesures proposées

Le rapport propose 12 initiatives regroupées en cinq mesures pour atteindre son objectif de voir les dons aux entreprises culturelles augmenter de 50 % , soit de 22,5 millions $.

– Améliorer et pérenniser le programme Mécénat Placements Culture

Mécénat Placements Culture est un programme déjà existant qui vise à «promouvoir les dons en faveur de la culture». Il ajoute des sommes aux dons reçus par les organismes culturels. Selon la taille de l’organisme, ce programme donne une subvention représentant entre 100 % et 300 % des dons reçus par les organismes culturels. Cette proportion fut en moyenne de 150 % au cours des six dernières années. Le rapport propose de porter le budget de ce programme à 10 millions $ par année, ce qui coûterait environ 15 millions $ sur quatre ans. Notons que ce programme servira aussi à financer des tournées hors Québec.

En plus, on demanderait à «certaines sociétés d’État – soit Loto-Québec, la Société des alcools du Québec ou Hydro-Québec» de verser 20 millions $ par année pendant 10 ans pour créer un «fonds dédié» de 200 millions $ dont les intérêts serviraient à financer ce programme. Il faut ici noter que le rapport n’impute aucun coût à la création de ce fonds (voir au haut de la page numérotée 51, à la deuxième ligne où on ne voit que des tirets…), alors que ce manque à gagner pour l’État devra bien être financé… En se privant de recettes de 200 millions $ sur 10 ans, l’État québécois et ses sociétés d’État augmenteront d’autant leur dette et devront donc emprunter ces sommes! On pourrait au moins considérer les intérêts sur ces emprunts dans l’investissement gouvernemental, mais, non, on ne le fait pas. Pourtant, même à un taux aussi bas que 3 %, un emprunt de 200 millions $ coûterait à terme 6 millions par année (600 000 $ la première année)! Et on peut s’attendre à ce que cela coûte bien plus que 3 % quand les taux d’intérêt augmenteront. Ça risque finalement de coûter plus cher que le premier volet de cette mesure…

– Placer la philanthropie au cœur de la vie culturelle

Il s’agit ici de créer une structure, PArtenaires, qui accompagnerait les organismes culturels dans leurs démarches auprès des entreprises. Le rapport prévoit que cette mesure coûterait 11 millions $ sur 4 ans, soit 5 millions $ la première année et 2 millions $ à chaque année subséquente.

– Promouvoir le don pour la culture

Cette promotion consiste en la création de deux nouveaux crédits d’impôt. Le premier, de 25 %, qui s’ajouterait aux crédits du Québec et du Canada actuels pour un total d’environ 75 %, serait accordé aux personnes qui font un premier don pour la culture de plus de 5000 $. Le deuxième, de 30 % pour des dons dits majeurs (pour un crédit total avoisinant les 80 %), soit d’au moins 250 000 $ qui peuvent être répartis sur plusieurs années. Ces deux crédits coûteraient 1,4 million $ par année, ou 5,6 millions $ sur quatre ans.

On s’entend que ces crédits, encore plus le deuxième, ne s’adressent pas aux personnes qui travaillent au salaire minimum! Bref, il servirait à diminuer les impôts de gens qui feraient peut-être des dons de cette ampleur! En plus, même si l’État paierait environ 80 % de la facture, le choix des organismes qui recevraient ces dons serait à l’entière discrétion de la personne qui ne financerait que 20 % du don et l’État n’aurait rien à dire!

– Inscrire la culture au centre de la ville

Cette mesure est divisée en quatre initiatives :

  • augmenter à 125 % la valeur marchande d’un don d’art public et à 150 % s’il vise un établissement d’enseignement. Coût estimé? 500 000 $ par année ou 2,0 millions $ sur quatre ans.
  • accorder une aide aux entreprises privées qui intègrent des œuvres d’art à leurs projets immobiliers en accélérant l’amortissement (sur trois ans seulement) de cette dépense et en accordant une déduction représentant 125 % de la dépense. Le rapport estime le coût de cette initiative à 700 000 $ par année ou 2,8 millions $ sur quatre ans.
  • «cartographier les immeubles pouvant héberger des ateliers d’artistes ou d’autres organismes à vocation culturelle dans les principales villes du Québec». Coût estimé : 500 000 $ par année ou 2,0 millions $ sur quatre ans.
  • créer un prix d’architecture; là aussi le coût estimé serait de 500 000 $ par année ou 2,0 millions $ sur quatre ans.

Encore là, ce projet ne s’adresse pas aux travailleurs à faible revenu, mais surtout aux riches (dons d’art public) et aux entreprises, dont un bon nombre intègrent déjà des œuvres d’art à leurs investissements immobiliers. Les deux autres initiatives m’apparaissent mieux ciblées (cartographie d’immeubles et prix d’architecture).

– Investir pour la jeunesse

Cette mesure est divisée en trois initiatives :

  • ajouter 4 dollars pour chaque dollar amassé dans une campagne de financement des écoles pour financer des activités culturelles à l’intérieur des écoles; cela coûterait 3,8 millions $ par année, ou 15,2 millions $ sur quatre ans.
  • réduire à 1 $ le prix d’entrée aux musées d’État québécois pour tous les élèves du primaire et du secondaire; cela coûterait entre 800 000 $ et 1 million $ par année, ou 3,5 millions $ sur quatre ans.
  • intégrer «dans le cours d’histoire un volet consacré à l’histoire de l’art et aux pratiques artistiques au cours des siècles»; le rapport ne prévoit aucun coût à cette mesure, même s’il faudra bien que quelqu’un travaille à l’élaboration de ce contenu et décide des éléments à enlever pour l’ajouter… De joyeux débats sont à prévoir si cette recommandation est mise en œuvre!

Ces mesures semblent bien positives, quoiqu’il est clair que les écoles des milieux aisés amassent des sommes bien supérieures dans leurs campagnes de financement que les écoles de milieux défavorisés. Il faudrait donc revoir cette initiative pour tenir compte de cette réalité, sinon il est clair qu’on financera davantage les écoles des milieux aisés où les jeunes ont déjà un bien meilleur accès aux activités culturelles.

– Coût total

Sans tenir compte du coût pourtant bien réel de la création du «fonds dédié de 200 millions $» et, dans une moindre mesure, de l’élaboration du contenu du volet consacré à l’histoire de l’art, le coût de l’ensemble de ces mesures (ou le total des parties que j’ai mises en caractères gras) s’élève à 58,9 millions $ sur quatre ans (voir la page numérotée 51), soit en moyenne à 14,7 millions $ par année. Comme le rapport prévoit que ces mesures entraîneront une hausse de 22,5 millions $ par année de dons, on peut dire que l’État paierait 65 % de ces dons!

Ce calcul serait toutefois malhonnête, car ces sommes n’iraient pas toutes à la promotion du «mécénat». Par contre, ce calcul omet le coût pour le gouvernement fédéral qui verrait les crédits qu’il octroie augmenter. De combien? Si toute la hausse de 22,5 millions $ est admissible au crédit fédéral, la facture se monterait à 5,6 milliards $. Si on ajoutait cette somme aux 14,7 milliards $ que coûteraient ces mesures au gouvernement québécois, on arriverait à un total de 20,3 milliards $ provenant des coffres de nos gouvernements, soit plus de 90 % de la hausse des dons attendus! Bon, je le répète, je ne suis pas certain que toutes les sommes ajoutées seraient admissibles au crédit fédéral et une partie des dépenses ne vise pas directement la hausse des dons, mais il n’en demeure pas moins que ce rapport récompense bien les riches et coûte bien cher pour des dépenses que le gouvernement ne contrôlerait pas. Ne serait-ce pas préférable que le gouvernement augmente directement son financement des arts et de la culture, choisissant lui-même les secteurs à favoriser? Mais, comment s’étonner de ces recommandations quand on constate que les huit membres du groupe de travail provenaient du secteur privé (voir la page numérotée 57)?

Et cela est bien loin d’être le pire…

Fausse prémisse!

J’ai gardé le pire pour la fin, même si j’aurais en fait dû en parler au début. En effet, ce rapport et tous les articles que j’ai cités au début de ce billet partent avec la prémisse que les Québécois sont moins généreux dans leurs dons que les autres Canadiens et qu’on doit donc prendre des mesures pour les faire augmenter. On peut par exemple lire dans le rapport (à trois reprises dans le texte et à quatre reprises dans les graphiques…) et dans cet article que «Le don moyen au Québec était de 208$ en 2010, au dernier rang, loin derrière la moyenne canadienne de 446$». Or. Comme les lecteurs assidus (et qui ont une excellente mémoire) de ce blogue le savent déjà, en 2000 et en 2004, entre 63 % et 64 % de la différence entre les dons des Québécois et ceux des Canadiens étaient dus au fait que les Québécois donnent moins aux organismes religieux! Et en 2010? Je n’avais pas pu faire le calcul précis quand ces données sont sorties en raison d’un manque de données (celles du Québec…). Mais, grâce au rapport du groupe de travail, j’ai pu le faire…

En utilisant les données pour le Québec du tableau 19 de la page numérotée 66 du rapport et celles pour le Canada du tableau 5 de la page numérotée 28 de l’étude de Statistique Canada sur Les dons de bienfaisance des Canadiens, j’ai pu voir que les dons aux organismes religieux représentaient 19,7 % des dons des Québécois et 42,7 % des dons des Canadiens hors Québec! En appliquant le pourcentage du PIB du Québec en 2010 (19,8 % selon le fichier cansim 379-0038, mais j’ai utilisé 20 % pour simplifier les calculs…), j’ai calculé que 64,8 % de la différence entre les dons des Québécois et des autres Canadiens s’expliquaient encore en 2010 par les dons aux organismes religieux (229 millions $ par les Québécois par rapport à … 4032 millions $ par les autres Canadiens!)! Les dons aux services de santé et de services sociaux expliquent 15,5 % de cette différence et ceux aux organismes internationaux et environnementaux (ça c’est plus triste…) 11,1 %. Voilà donc 91,5 % de la différence expliquée!

Il y a seulement deux domaines où les Québécois donnent plus que les autres Canadiens, les hôpitaux (de peu) et… les arts et la culture! En fait, si les Québécois avaient donné proportionnellement la même somme que les autres Canadiens et dans les mêmes types d’organismes, ils auraient donné près de 17 millions $ de moins aux organismes des arts et de la culture, soit 50 % de moins (18,2 millions $ au lieu de 35,0 millions $)! Dit autrement, les Québécois ont donné 32,5 % des dons de tous les Canadiens aux organismes culturels (35 millions $ sur 108), soit beaucoup plus que leur part du PIB canadien (19,8 %) et même que leur part de la population (23 %). Les auteurs se plaignent que seulement 3,0 % des dons des Québécois ont été consacrés en 2010 aux arts et à la culture, mais se gardent bien de dire que cette proportion fut de seulement 0,8 % dans les autres provinces!

Je trouve tout à fait indécent que les auteurs du rapport (et les journalistes, mais, bon, ils ont utilisé de bonne foi le discours et les documents des auteurs du rapport) aient ainsi élaboré longuement et de façon démagogique sur le fait que les Québécois donnent moins aux organismes de bienfaisance alors qu’ils donnent plus, et beaucoup plus, aux organismes faisant l’objet du rapport!

Et alors…

Quant à moi, l’utilisation de faux arguments et de mensonges par omission par les auteurs du rapport lui enlève toute crédibilité. On veut nous faire croire que les Québécois doivent donner plus aux organismes des arts et de la culture parce qu’ils donnent actuellement moins que les autres Canadiens alors que c’est le contraire, ils donnent plus! Et on devrait accorder des crédits d’impôts aux riches et aux entreprises pour combler un retard qui n’existe pas!

Cela dit, j’appuie un bon nombre des mesures proposées par ce rapport. Ce n’est pas parce que nous donnons déjà plus que les autres Canadiens aux arts et à la culture que nous ne pourrions pas donner encore plus! C’est un choix de société tout à fait valable. Par contre, j’ai horreur qu’un groupe de travail nous manipule et fasse passer les Québécois pour des pingres pour justifier ses recommandations de cadeaux aux riches et aux entreprises!

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29 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    19 juin 2013 21 h 36 min

    Je suis moins critique que toi envers Odile Tremblay. Mais bon nous ne nous lancerons pas dans une exégèse de sa chronique.

    On va nous en sortir des vertes et des pas mûres à propos des dons à McGill beaucoup plus élevés qu’aux universités francophones.

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  2. 19 juin 2013 21 h 46 min

    «Je suis moins critique que toi envers Odile Tremblay.»

    Je n’ai rien critiqué de sa chronique. J’ai juste voulu montrer que les avis sont unanimes. Mais, elle écrit : «Petit postulat de base : le mécénat culturel n’est pas inscrit dans notre ADN collectif pour la simple raison que la culture n’y figure pas non plus.» Merde, on donne proportionnellement le double que les autres Canadiens! C’est l’imposture qui consiste à nous faire croire qu’on donne moins que je dénonce en premier lieu!

    Je le répète, je n’ai rien contre le fait qu’on donne encore plus. Mais pas en nous culpabilisant faussement et en en profitant pour donner des cadeau aux riches!

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  3. 19 juin 2013 21 h 47 min

    Et maintenant, il sera presque impossible de convaincre qui que ce soit que les Québécois donnent plus que les autres Canadiens en Arts et culture, comme on peut le lire dans cette lettre parue dans La Presse de ce matin

    «Les Québécois donnent beaucoup moins que les autres Canadiens. De plus, le secteur des arts et de la culture ne reçoit qu’une mince fraction des dons consentis par les Québécois.»

    C’est foutu, la réalité est contredite par la fausse information!

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  4. youlle permalink
    19 juin 2013 22 h 08 min

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

    Une patente à gosse pour faire payer le gouvernement pour sauver de l’argent aux riches.

    En plus ce sont les grands centres qui profitent de de cette manne que l’on paye. Que voulez-vous que les gens de Saint Clinclin à 40 km de Victoriaville ou de Trois Rivières aille chercher là après avoir payé et passé pour un « cheap » de Québécois d’habitant de région?

    Si j’avais le pouvoir sur le bouton de la manne, je le mettrais à OFF.

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  5. 19 juin 2013 22 h 22 min

    «En plus ce sont les grands centres qui profitent de de cette manne que l’on paye.»

    Je n’ai pas de peine à le croire. L’OSM en profite sûrement plus que mon gars qui joue du métal!

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  6. Richard Langelier permalink
    19 juin 2013 23 h 07 min

    « Leurs élites ayant fui après la Conquête, les francophones sont issus pour la plupart d’un bassin paysan et des rangs des petits ouvriers. Le clergé les tenait en laisse, conspuait la danse, mettait à l’index Les misérables de Victor Hugo. Chez les ancêtres, fallait trimer. Fallait prier. L’art ? Euh ! Le mot devint péjoratif. Faut comprendre. »

    J’admets que ce passage-là de la chronique d’Odile Tremblay m’a laissé « perplexe ». Nous serions descendants d’habitants, alors que les descendants des loyalistes auraient une sensibilité pour les arts dans leur ADN.

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  7. 19 juin 2013 23 h 33 min

    «alors que les descendants des loyalistes auraient une sensibilité pour les arts dans leur ADN»

    Eux qui donnent dans les faits deux fois moins aux organismes d’arts et culture… C’est le genre de raisonnement qu’on bâtit pour expliquer des données qu’on croit vraies. Mais quand ces données se révèlent fausses…

    Va voir, si tu ne me crois pas, j’ai mis toutes les sources! On peut les calculer en fonction de la population plutôt qu’en fonction du revenu comme je l’ai fait (ce qui est, selon moi, plus juste), mais, on arrivera à des résultats semblables (j’ai fait aussi ce calcul, et ça donne une baisse de 13 millions $ plutôt qu’une baisse de 17)…

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  8. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 0 h 06 min

    Je te crois, je te crois!
    C’est en relisant le chronique d’Odile Tremblay à la lumière de ton billet et de tes commentaires que j’ai vraiment steppé. Pourtant j’avais lu ton billet précédent expliquant que ce sont les dons faits aux organismes religieux qui expliquent la différence entre les dons des Québécois et les dons des Canadiens.
    Il faut croire que mon excellente mémoire en perd avec l’âge.

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  9. 20 juin 2013 5 h 33 min

    «Pourtant j’avais lu ton billet précédent expliquant que ce sont les dons faits aux organismes religieux qui expliquent la différence entre les dons des Québécois et les dons des Canadiens.»

    C’est aussi cette connaissance qui m’a poussé à vérifier les données. Je dois avouer que j’ai quand même été surpris de l’ampleur de la fausseté. Ils sisent qu’on donne la moitié des Canadiens et en fait, pour les arts et la culture, on donne le double!

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  10. 20 juin 2013 9 h 06 min

    Pas étonnant que les journalistes n’aient pas fait tous les calculs que tu as faits: c’est quand même tout un travail et ils n’avaient aucune raison de douter de ce groupe de travail « officiel ». D’ailleurs, ils ne doutent pas assez souvent de ces groupes de travail.

    Reste que maintenant que le calcul est fait, il me semble que ça mériterait une lettre d’opinion en plus de ce blogue pour rétablir les faits. Le Devoir serait sûrement partant pour publier une réponse, non?

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  11. 20 juin 2013 9 h 32 min

    «D’ailleurs, ils ne doutent pas assez souvent de ces groupes de travail.»

    Exact. C’est loin d’être la première fois que je trouve des «erreurs» ou omissions dans ce genre d’étude…

    «Le Devoir serait sûrement partant pour publier une réponse, non?»

    J’y ai pensé, mais il fallait que je choisisse entre un billet et une lettre, ne pouvant signer une lettre de mon pseudo… Mais rien n’empêche quelqu’un d’autre de le faire!

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  12. youlle permalink
    20 juin 2013 12 h 09 min

    « Mais rien n’empêche quelqu’un d’autre de le faire! » je dirais pour moi, c’est-à-dire pour vous.

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  13. youlle permalink
    20 juin 2013 15 h 36 min

    @ Richard

    « Nous serions descendants d’habitants, alors que les descendants des loyalistes auraient une sensibilité pour les arts dans leur ADN. »

    J’ai débuté une aventure au mois de janvier; lire l’histoire de la cuisine du Québec 5 000 pages et l’histoire du Québec de Jacques Lacoursière.

    Jusqu’à date, les deux correspondent. J’ai aussi travaillé sur la généalogie de ma famille et finalement les trois correspondent.

    Ça fait plus de deux cent ans que l’on nous compte des gros mensonges sur notre histoire. Ça on le savait. Par exemple Adam Dollard des Ormeaux et son baril de poudre qui lui est revenu en rebondissant sur une branche. Histoires multiples sans fondement.

    Mais ce dont on ne se méfie pas ce sont les petits mensonges de tous les jours et de déformations à pleine peltée.

    « Petit postulat de base : le mécénat culturel n’est pas inscrit dans notre ADN collectif pour la simple raison que la culture n’y figure pas non plus. Oeuf et poule trinquant au nid en bonne amitié.

    Vieil héritage duplessiste et d’avant le règne du cheuf, que celui de juger les « cultureux », lettrés et autres joueurs de violon suspects, suffisants et rêveurs. Leurs élites ayant fui après la Conquête, les francophones sont issus pour la plupart d’un bassin paysan et des rangs des petits ouvriers. Le clergé les tenait en laisse, conspuait la danse, mettait à l’index Les misérables de Victor Hugo. Chez les ancêtres, fallait trimer. Fallait prier. L’art ? Euh ! Le mot devint péjoratif. Faut comprendre. »

    TISSUS de MENSONGES et de demi vérité puants qui nous salissent.

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  14. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 15 h 51 min

    En plus, Youlle, ce sont les écrits d’une chroniqueuse artistique d’expérience d’un quotidien indépendant. C’est ça qui est le plus « sacrant »!

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  15. 20 juin 2013 17 h 51 min

    Il n’y a rien à faire, tous disent que nous sommes moins généreux, alors que nous sommes surtout moins religieux!

    «Le montant total des dons au Québec s’est élevé à un peu plus de 822 M$, ce qui en fait la province la moins généreuse au pays en proportion de la taille de sa population.»

    Les patrons d’organismes de charité empochent de gros salaires

    Cet article demeure intéressant, cela dit, car il explore rapidement les salaires versés aux dirigeants des organismes de bienfaisance.

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  16. youlle permalink
    20 juin 2013 17 h 54 min

    @ Richard

    « En plus, Youlle, ce sont les écrits d’une chroniqueuse artistique d’expérience d’un quotidien indépendant. C’est ça qui est le plus « sacrant »! »

    Je ne la connais pas, mais elle n’est pas seule bien que journaliste elle parle au travers de son chapeau. Vous et moi pouvons êtres semblables et les exemples ne manquent pas.

    Avant la conquête :

    La langue :
    Les Texans ont un accent, les gens de la Louisiane ont l’accent cajun, les gens des maritimes ont l’accent accadien, les Anglais et les australiens ont l’accent british, mais les Québécois n’ont pas d’accent, ILS PARLENT MAL.

    La culture :
    Les gens de la Nouvelle France, les Québécois, selon les inspecteurs parlaient un français bien meilleur qu’en France. Ils étaient au courrant de la mode et pour le temps, ils suivaient cette mode vestimentaire de la France avec seulement un retard d’un an et étaient mieux habillés qu’en France. Ça n’a pas changé. N’ayant pas de curés, presque pas de chapelles et d’églises, ils étaient presque comme les Amérindiens et habitués de vivre avec eux. C’est aussi un des endroit des plus importants sur le plan artistique dans le monde. La place natale de la chanteuse la plus populaire au monde.

    Le savoir vivre :
    Les Québécois savaient recevoir les gens, étaient très sociables, étaient généreux, partageaient facilement un repas et étaient comme on dit aujourd’hui « de party ».

    Comment se fait-il qu’après la conquête, Ils ont perdu très rapidement ce qu’ils étaient, leur culture, de père et mère en fils et en filles?

    Ma réponse, ils n’ont pas perdu ce qu’ils étaient. Au contraire ils l’ont gardé.

    Leur langue si bien parlée, maintenant le joual, c’était la langue parlée à la cour du roy *.

    La culture, si une population est bien habillée à la mode dans le monde c’est bien les Québécois. Pour la religion, ils sont retournés aux sources d’avant la conquête, c’est-à-dire pas de religion. À cathédrale du diocèse de Nicolet est plongé dans le noir le 25 décembre à minuit. J’imagine que comme la plupart des églises de la région elle sera à vendre bientôt et ne trouvera pas preneur.

    Leur savoir vivre est resté. Le Québec au plan touristique sait recevoir et les Québécois aussi. Comme dans le temps. C’est une plaque tournante de la gastronomie mondiale. C’est un des endroits où la criminalité est la moins élevée dans le monde.

    Misérable et ignorante grenouille de bénitier.
    .
    .
    *Mot qui difficile à trouver tellement qu’il a été oublié.
    N.B. Les sacres nous viennent tout droit le la France.

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  17. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 21 h 17 min

    J’ai envoyé cette lettre au Devoir :
    « Le mécénat

    En lisant l’article de Martin Turcotte « Les dons de bienfaisance des Canadiens » http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2012001/article/11637-fra.pdf, je déduis que les Québécois ont donné 32,5 % des dons de tous les Canadiens aux organismes culturels (35 millions $ sur 108), soit beaucoup plus que leur part du PIB canadien (19,8 %) et même que leur part de la population (23 %).

    Je suis vraiment étonné que des journalistes d’expérience comme Josée Boileau et Odile Tremblay acceptent la prémisse des auteurs du Groupe de travail sur la philanthropie culturelle, selon laquelle les Québécois seraient plus pingres que les Canadiens des autres provinces pour les dons aux organismes culturels.

    Les crédits d’impôt aux particuliers et aux entreprises évitent de multiplier les jurys à l’infini. Par contre, les probabilités qu’un particulier ou une entreprise fasse un don à l’OSM plutôt qu’à une troupe de théâtre qui joue dans une salle de soixante sièges sont très fortes. Les réductions d’impôts des particuliers des gouvernements Bouchard et Landry ont profité surtout aux contribuables à hauts revenus. Le gouvernement Marois ajoute des crédits d’impôt qui profiteront surtout aux particuliers qui ont le taux d’imposition marginal le plus élevé. Les entreprises québécoises profitent d’une tarification de l’électricité fort avantageuse. Le gouvernement Marois leur ajoute des crédits d’impôt pour le financement des arts. Si le gouvernement du Québec appliquait une fiscalité sérieuse et exigeait des redevances plus importantes, il pourrait financer plus adéquatement les différentes missions de l’État, dont le financement des Arts.

    Est-ce que l’ADN des francophones « issus pour la plupart d’un bassin paysan et des rangs des petits ouvriers » changerait, comme l’espère Odile Tremblay? On verrait! »

    Comme je suis atteint du syndrome pseudovirtuose, je t’ai plagié, Darwin, parce que je considérais qu’écrire : « source : billet de Darwin sur Jeanne Émard », ça n’aurait pas fait sérieux. 😳
    J’espère que tu ne me mettras pas à genoux dans l’coin, pendant 6 mois à réciter des rosaires. Ma version d’Antidote RX donne comme définition : « Grand chapelet, composé de quinze dizaines de petites boules, correspondant aux Ave Maria, dont chacune est précédée d’une grosse boule, correspondant à un Pater. ». Pas fort! Pas fort!

    J’aurais don’dû trouver plus libidineux de fouiller les documents de Stat-Can que de lire « Les sentiers escarpés de Karl Marx » de Paul-Dominique Dognin et Henri Joseph Chambre pour connaître les différentes versions du premier paragraphe du Livre I du Capital : « Le mode de production capitaliste se présente d’abord comme une immense accumulation de marchandises… »!

    Je conseille à ceux qui préfèrent utiliser un pseudonyme (pour une raison ou une autre) d’envoyer un message à http://www.ledevoir.com/auteur/odile-tremblay et http://www.ledevoir.com/auteur/josee-boileau pour leur faire savoir que cette histoire d’ADN… (J’aimerais demander à Victor-Lévy Beaulieu d’où vient le « à savoir » des personnages de Bouscotte. Ce surnom vient de bush cut à propos des grosses souches, parce que les foremen exigeaient de couper les arbres à ras le sol. On donnait ce surnom aux trapus. Ne vous inquiétez pas, Youlle, je ne mettrai pas de lien Youtube vers Les menteries de Gilles Vigneault qui nous rappelle que pour un peuple sans histoire, on é plein d’fun!

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  18. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 21 h 19 min

    J’ai réussi mon smiley, mais il y a un « ops: » à côté. Ça m’apprendra à vouloir « faire jeune »!

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  19. 20 juin 2013 21 h 32 min

    @ Richard

    C’est très bien! Merci Juste un petit détail…

    «Le gouvernement Marois ajoute des crédits d’impôt qui profiteront surtout aux particuliers qui ont le taux d’imposition marginal le plus élevé»

    Les crédits de dons sont fixes : 20 % pour les premiers 200 $ et 24 % sur l’excédent jusqu’à concurrence de 75 % de son revenu (!). C’est la même chose au fédéral, mais avec des taux différents. Bref, le crédit n’est pas une déduction.

    «parce que je considérais qu’écrire : « source : billet de Darwin sur Jeanne Émard », ça n’aurait pas fait sérieux»

    C’est ivident! 😉

    «mais il y a un « ops: »»

    Veux-tu que je l’enlève? Ou que je le corrige avec 😳 ? ( «: oops :», mais sans les espaces)

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  20. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 22 h 02 min

    @ Darwin

    Si elle est publiée, avec un NDLR, ou si un commentateur me corrige, je remercierai et patinerai en rappelant qu’il me ferait plaisir de recevoir un crédit d’impôt non remboursable pour le financement des Arts, si mes revenus me permettaient de payer de l’impôt.

    Pourquoi bout de cr…., ça l’a mis un smiley niaiseux et un ops, plutôt que le smiley rougissant que je voulais mettre? Laisse-moi rougir sur ton commentaire!

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  21. youlle permalink
    20 juin 2013 22 h 20 min

    @ Richard

    « …on é plein d’fun!”

    Parlant de fun…

    « Grand chapelet, composé de quinze dizaines de petites boules, correspondant aux Ave Maria, dont chacune est précédée d’une grosse boule, correspondant à un Pater. ». Pas fort! Pas fort!

    Il me semblait qu’un rosaire c’était trois chapelets d’une venue.

    Ne me souvenant de peu j’ai cherché et je suis tombé là-dessus.
    http://www.michaeljournal.org/rosaire3.htm

    Je jure que j’ai fait tout mon possible pour ne pas rire, spécialement à lecture de la prière de Fatima que je ne connaissais pas.

    Loin du sujet et loin dans ma vie.

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  22. Richard Langelier permalink
    20 juin 2013 23 h 28 min

    @ Youlle

    Ils vont finir par m’avoir. Quand ils ont supprimé le latin, j’ai chanté avec Brassens http://www.paroles-musique.com/imprim.php?id=8249 . Ils ont fait des messes yé-yé. Ils choppent maintenant des bouts aux rosaires, mais ils ajoutent la Prière de Fatima et le Salve Regina. Je ne sais pas s’ils permettent maintenant une autre position que la missionnaire, même le coït interrompu et la pilule. J’ai été oint par Albertus lors de sa visite à Arthabaska http://beta.ecdq.org/catechese-et-sacrements/confirmation/ . Je n’avais pas l’intention d’être extrême-oint, mais m’être administré de la morphine, pas pour la douleur, mais parce que je voulais dormir dans la chambre surchauffée de l’hôpital, en essayant de manger une cuillerée de Jell-O, j’avais le goût de chanter le libera http://www.lacoccinelle.net/262335.html .

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  23. 21 juin 2013 5 h 12 min

    @ Richard

    «Pourquoi bout de cr…., ça l’a mis un smiley niaiseux et un ops, plutôt que le smiley rougissant que je voulais mettre?»

    Par ce que tu avais mis un espace entre «:oops» et les derniers deux points. J’ai corrigé.

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  24. 27 juin 2013 19 h 25 min

    Cet excellent article est paru il y a deux jours dans La Presse, mais n’a été reproduit qu’aujourd’hui dans le site Internet de La Presse.

    Les grandes fondations américaines critiquées

    Extraits :

    «C’est le cas notamment de Michael Edwards, un écrivain et militant ayant longtemps travaillé dans le milieu et qui s’inquiète aussi bien du manque de transparence de ces fondations que de l’impact de leurs actions sur le développement et la vie démocratique.

    «La philanthropie, par définition, désigne l’utilisation d’argent privé dans l’intérêt public. Mais lorsqu’il n’y a aucune façon d’assurer l’imputabilité, ça ne marche pas», note-t-il en entrevue.»

    (…)

    «La majeure partie des fondations américaines, dit-il, se consacrent à des sujets «qui ne changent pratiquement rien aux enjeux titanesques que sont l’inégalité, la pauvreté, les droits de l’homme et la dégradation de l’environnement».»

    Et cela coûte 50 milliards $ par année au Trésor des États-Unis…

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  25. 4 juillet 2013 13 h 36 min

    Et, bien sûr, Québec a gobé cette étude…

    «Pour combler le retard du Québec en philanthropie culturelle, le gouvernement péquiste crée deux nouveaux crédits d’impôt.

    Il s’agit des premières recommandations adoptées du rapport Bougie sur la philanthropie culturelle, déposé le mois dernier. Le premier crédit d’impôt vise à attirer de nouveaux donateurs. Pour un premier don de 5000$ à 25 000$, Québec offrira un crédit d’impôt additionnel de 25%. Le second vise à attirer les grands donateurs. On offrira un crédit d’impôt de 30% pour les dons de plus de 25 0000$, versés sur une période maximale de 10 ans.»

    (…)

    «En 2011, les particuliers et entreprises du Québec ont donné 45 millions à la culture, ce qui équivaut à 3% de l’ensemble des dons. Les Québécois donnent moins que les autres Canadiens. Le don moyen au Québec était de 208$, contre 446$ dans les autres provinces.»

    On compare encore les donsdes Québécois et des Canadiens dans le domaine de la culture au montant total des dons, sans mentionner que les Québécois donnent plus à la culture. Découtageant…

    http://www.lapresse.ca/actualites/politique-quebecoise/201307/04/01-4667443-nouveaux-credits-dimpot-pour-la-philanthropie.php

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  26. Richard Langelier permalink
    4 juillet 2013 13 h 58 min

    Si c’était Le Devoir, je m’empresserais d’écrire à Josée Boileau qui m’a remercié de lui avoir envoyé un résumé (2 paragraphes copiés-collés de ton billet, je le confesse, lorsqu’elle m’a écrit personnellement pour savoir à quelle page je soustrayais les dons des Canadiens des autres provinces aux organismes religieux des Québécois). Mais là, à La Presse, je passe le témoin.

    @ Nomadesse

    Ma lettre au Devoir sera peut-être publiée un jour, « choppée ». Par expérience, je sais que c’est une loterie. Si j’avais pu donner un argument d’autorité: « Professeur retraité de l’Université… », les probabilités auraient grimpé en flèche.

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  27. Richard Langelier permalink
    4 juillet 2013 14 h 00 min

    Bien évidemment, j’aurais dû écrire: « par rapport aux Québécois ».

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  28. 4 juillet 2013 14 h 07 min

    «Mais là, à La Presse, je passe le témoin.»

    Merci pour la lettre au Devoir! Si ça ne donne pas de résultat avec Le Devoir, ça a encore moins de chance avec La Presse (quoiqu’une probabilité ne peut pas être négative!).

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  29. Richard Langelier permalink
    4 juillet 2013 14 h 30 min

    Ceux d’entre nous, pour une fois je vais écrire « et celles » pour des raisons évidentes, qui auront des arrières-petits-enfants ont une probabilité non négative de ne pas voir s’avérer la chanson de Stephen Faulkner:

    http://en.lyrics-copy.com/stephen-faulkner/cajun-de-lan-2000.htm

    C’est une question.

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