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La construction et le travail au noir

11 juillet 2013

Construction_noirLa semaine dernière, Francis Vailles a rédigé une nouvelle chronique sur le travail au noir dans la construction. En se basant tout d’abord sur les heures déclarées (165 millions d’heures en 2012) à la Commission de la construction du Québec (CCQ), il a calculé, en tenant compte que la même CCQ évalue à 36 % le travail légalement non déclaré à la CCQ (entre autres la rénovation chez les particuliers, voir la diapositive 5), que le nombre total d’heures travaillées légalement dans la construction s’est élevé à 258 millions d’heures en 2012 (165 / (1 – 0,36) = 258).

Il a ensuite comparé ce nombre d’heures avec celui des d’heures travaillées dans la construction selon Statistique Canada (sans nommer sa source précise), soit 497 millions d’heures effectuées par 259 445 salariés. Il affirme ensuite que la différence entre ces 497 millions d’heures et les 258 millions estimées par la CCQ, soit 239 millions d’heures, seraient inévitablement du travail au noir. Il en conclut donc que «une heure sur deux serait faite au noir au Québec».

Grâce à ce calcul, M. Vailles fait presque quadrupler l’incidence du travail au noir dans la construction estimée à 14 % (voir la page 4) par le ministère des Finances du Québec en 2002 et à un niveau un peu plus faible dans le budget de 2013-2014 (voir page F.13, en estimant la hausse des pertes fiscales dues à ce travail au noir à 72 % depuis 2002, alors que la masse salariale des employés de la construction a augmenté de 125 %, comme je l’expliquais dans ce billet). Or, son raisonnement tient-il?

Emplois assujettis

J’ai dans un premier temps cherché des données de Statistique Canada qui correspondraient à celles de M. Vailles. Après avoir consulté plusieurs fichiers, j’ai fini par en trouver un qui affiche des données semblables. Ce fichier, le cansim 282-0020 provenant de l’Enquête sur la population active (EPA), nous indique qu’il y avait en moyenne en 2012 environ (il y a toujours une marge d’erreur dans ces données) 244 300 personnes en emploi dans la construction qui ont accumulé 501 millions d’heures. Sans être identiques à celles citées par M. Vailles (497 millions), elles sont quand même assez semblables.

Malheureusement, ce fichier contient les heures «habituellement» travaillées (voir la note 1 : «les heures habituelles d’un employé correspondent à ses heures régulières ou définies par contrat, exclusion faite des heures supplémentaires»). Il ne s’agit donc pas des heures de travail réellement travaillées. Mais, heureusement, Statistique Canada publie un autre fichier, le cansim 282-0022, qui fournit des données sur les heures «effectivement» travaillées («Nombre d’heures pendant lesquelles l’enquêté a effectivement travaillées au cours de la semaine de référence, ce qui inclut les heures rémunérées et non rémunérées»). Or, si l’estimation du nombre de personnes en emploi dans la construction est la même dans ce fichier (244 300 empois), le nombre d’heures effectivement travaillées y est nettement inférieur, soit 460 millions d’heures. au lieu de 501 millions. Cela influence bien sûr à la baisse les calculs de M. Vailles sur le travail au noir. Mais, ce n’est pas le plus important…

Emplois dans la construction

L’erreur la plus importante de M. Vailles n’est pas celle que je viens de décrire, mais est d’ignorer qu’il n’y a pas seulement des emplois qui s’exercent dans les chantiers dans l’industrie de la construction, mais qu’il y a aussi des patrons, des secrétaires, des commis à la comptabilité, des vendeurs, des ingénieurs et même des programmeurs! Le tableau qui suit montre la répartition des emplois de l’industrie de la construction par genre de compétences, selon le recensement de 2006 et l’Enquête nationale auprès des ménages (ENAM) de 2011 (c’est tout chaud!).

Construction_noir1

On peut voir que, aussi bien en 2006 qu’en 2011, près de 30 % des emplois de l’industrie de la construction se trouvaient dans des professions non liées aux métiers (groupe 7 dans le tableau). En plus, tous les emplois des métiers ne sont pas assujettis à la Loi R-20 (mécaniciens d’automobile, ébénistes, machinistes, contremaîtres, entrepreneurs, etc.). Pour avoir un portrait plus précis, j’ai calculé à l’aide d’un autre fichier (malheureusement pas disponible sur Internet) que les membres des professions assujetties à la loi R-20 (Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’œuvre dans l’industrie de la construction) mentionnées sur ce fichier, qui ont travaillé 98 % des heures déclarées à la CCQ, représentaient 61,5 % des emplois de l’industrie de la construction en 2006. Comme la structure professionnelle de l’industrie de la construction a peu changé entre 2006 et 2011, comme on peut le voir dans le tableau (la proportion des emplois faisant partie du groupes métiers a même légèrement diminué) il est raisonnable de conclure que les résultats seraient semblables en utilisant les données de 2011 (sur lesquelles je n’ai pas encore mis la main…).

En appliquant ce pourcentage (j’ai fait mes calculs avec un taux de 62,8 % pour tenir compte des 2 % d’heures déclarées effectuées par des membres d’autres professions) au nombre d’heures estimées par l’EPA, soit 459,9 millions d’heures, j’en suis arrivé à environ 288,7 millions d’heures qui auraient été travaillés par les membres des professions assujetties à la Loi R-20.

En effectuant le même type de calcul que M. Vailles avec ce résultat, j’arrive à un taux de travail au noir de 10,6 % (289 millions – 258 millions = 31 millions / 289 millions = 10,6 %), taux légèrement inférieur à celui estimé par le ministère des Finances en 2002, mais cohérent avec la baisse du travail au noir observée par la CCQ dont j’ai parlé dans un précédent billet, et à des lieux de celui calculé par M. Vailles!

Et alors…

En fait, même en évitant l’erreur flagrante de M. Vailles (ignorer que ce ne sont pas tous les emplois de l’industrie de la construction qui sont assujettis à la Loi R-20) et même si son résultat a l’air plus réaliste, mon calcul ne peut pas prétendre à l’exactitude et de loin! D’une part, j’ai utilisé des données provenant de quatre sources fort différentes :

  • une source venant de données administratives (heures déclarées par les travailleurs assujettis à la Loi R-20);
  • une source statistique comportant une marge d’erreur importante (l’EPA);
  • des sources statistiques (le recensement et l’ENAM) provenant d’une photo de l’emploi au mois de mai, mois relativement actif dans l’industrie de la construction, alors que les autres sources proviennent de données annuelles qui tiennent compte du fort ralentissement de l’industrie de la construction de janvier à avril;
  • les estimations du travail de construction non assujetti à la Loi R-20 faite par la CCQ comprennent des travailleurs des mines, de la forêt et des services publics (Hydro-Québec), qui ne font donc pas partie de l’industrie de la construction; en plus, on ne sait pas du tout à partir de quelles données cette évaluation (36 % des emplois totaux de la construction) a été faite.

D’autre part, je n’ai même pas considéré les travailleurs autonomes, non assujettis à la Loi R-20 même s’ils travaillent sur des chantiers (voir les définitions et le champ d’application de la loi), qui ont pourtant effectué près de 22 % des heures effectivement travaillées dans la construction en 2012 (soit 100 000 des 460 millions d’heures selon le tableau cansim 282-0022)! Il est en effet impossible de déterminer la proportion de ces heures qui ont été travaillées dans le secteur de la construction assujetti à la Loi R-20 et dans la rénovation ou les autres domaines non assujettis. Qui sait, le taux de travail au noir que j’aurais obtenu avec ce type de calcul aurait bien pu être négatif!

En plus, la définition des professions selon la Loi R-20 et selon la Classification nationale des professions de 2006 (CNP2006) qui a été utilisée pour compiler les emplois dans les professions lors du recensement de 2006 et de l’ENAM n’est pas identique (on peut faire partie de l’un sans faire partie de l’autre). Finalement, est-on certain que les personnes qui travaillent au noir déclarent des heures exactes aux enquêtes et recensements de Statistique Canada (ce qui contribuerait à expliquer le taux négatif que j’aurais obtenu en tenant compte des travailleurs autonomes…)? Bref, même si les résultats que j’ai obtenus ont plus de sens que ceux de M. Vailles, jamais je ne les utiliserais pour véritablement estimer l’importance du travail au noir.

On voit donc qu’avant d’utiliser des données, de sources aussi fiables soit-elles, il est toujours important de savoir ce qu’elles veulent dire et si ces sources sont compatibles. Bref, il faut s’assurer de savoir de quoi on parle!

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32 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2013 21 h 11 min

    Je viens tout juste de lire ton billet, Darwin. J’allais me justifier : canicule, ordinateur du côté du soleil plombant, éventail acheté chez Dollarama l’an passé dont le pied a perdu une vis pendant l’hiver qui ne tient qu’accoté sur la table de ma cuisinette, etc., mais je ne le ferai pas.

    Je suis allé lire le billet de Vailles http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/francis-vailles/201307/04/01-4667491-la-ministre-maltais-et-le-travail-au-noir.php . Il est scandalisé parce qu’il y a du temps et demi et du temps double dans la construction. Il ajoute : « En plus des coûts de main-d’oeuvre élevés qui encouragent le travail au noir, Jean Pouliot aurait pu ajouter la multiplication des frais dans l’industrie (RBQ, CSST, CCQ, RQAP, AE, etc.), qui font grimper de 20$ le tarif à taux simple d’un électricien. » Ce serait la faute des syndicats de travailleurs si les coûts de la Régie du bâtiment, la CSST, de la Commission de la construction du Québec, du Régime québécois d’assurance parentale, de l’Assurance-emploi seraient trop élevés aux yeux de Vailles?

    J’ai lu aussi son billet http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/francis-vailles/201306/28/01-4666059-les-conditions-incroyables-des-retraites-dhydro.php . Le régime de retraite des employés d’Hydro serait trop généreux? La norme devrait être celle qui n’ont pas un régime suffisant?

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  2. 11 juillet 2013 21 h 50 min

    @ Richard

    «Je suis allé lire le billet de Vailles»

    J’aurais pu aussi écrire un billet sur les autres imbécillités contenues dans cette chronique. Ainsi, des patrons qui trouvent trop contraignant de respecter la convention collective qu’ils ont signé sont justifiés de se plaindre de son contenu et de ne pas la respecter! Mais, si des employés disaient la même chose? Qu’ils attendent la prochaine ronde de négociation et qu’ils respectent leur signature!

    Il n’y a rien à faire avec ces gens…

    «J’ai lu aussi son billet (…)»

    Moi aussi, j’avais lu. En fait, ce remplaçant de Claude Picher me donne plus de matière que son prédécesseur! Il n’a jamais compris que les régimes de retraite font partie de la rémunération? Ça aussi, ça a été obtenu après signature! Est-ce qu’il critique la rémunération scandaleuse qu’ont obtenu les médecins, surtout spécialistes? Les ophtalmologistes, par exemple («Leur rémunération moyenne est d’environ 450 000 $. Plus du tiers d’entre eux reçoivent environ 750 000 $.» http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/11/14/004-ophtalmologistes-remuneration-rochon.shtml)? Ben non…

    Il n’y a rien à faire avec ces gens…

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  3. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2013 22 h 10 min

    La présentation de La Presse sur Wiki me semble cocasse. Moi je l’ai d’abord lue pour savoir si Carpentier avait battu Kowalski http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Presse_%28Montr%C3%A9al%29 .
    Par contre, mon père m’avait montré un éditorial de Gérard Pelletier, concluant: « pardonnez-leur car ils ne font que ce qu’ils savent! » à propos du gouvernement libéral fédéral.

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  4. 11 juillet 2013 22 h 36 min

    «pour savoir si Carpentier avait battu Kowalski»

    Ils ne le disent même pas! Incompétents! 😉

    «pardonnez-leur car ils ne font que ce qu’ils savent»

    Malheureusement, cela ne s’applique pas à Francis Vailles : il fait ce qu’il ne sait pas!

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  5. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2013 22 h 52 min

    Jésus doit être ben mêlé!

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  6. 11 juillet 2013 23 h 01 min

    Indeed!

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  7. André Bordeleau permalink
    12 juillet 2013 13 h 14 min

    Bravo!! Toujours un plaisir de vous lire. L’IRIS et vous faites un travail nécessaire et exemplaire. Vailles vaut pas grand-chose… si ce n’est que comme porte-parole de la Chambre de commerce et consorts. D’ailleurs, on a rarement vu une si belle unanimité dans les médias à l’encontre des grévistes. À croire que c’était des étudiants!!

    Au fait, ça existe encore des grèves au Québec? Je pensais qu’il ne subsistait que le droit de lock-out…

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  8. 12 juillet 2013 13 h 25 min

    Merci pour ces bons mots et bienvenue ici!

    «Je pensais qu’il ne subsistait que le droit de lock-out…»

    Il y a aussi, semble-t-il, le droit pour les employeurs de ne pas respecter la loi et les conventions collectives qu’ils signent en se faisant féliciter par nos chroniqueurs favoris…

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  9. Richard Langelier permalink
    12 juillet 2013 16 h 27 min

    Lorsque j’étais abonné à La Presse, je buvais du café filtre. Je lisais le Cahier des sports pour activer mon cerveau lentement. J’y apprenais la mort de Sky Low Low http://en.wikipedia.org/wiki/Sky_Low_Low . Je lisais ensuite Claude Picher qui terminait ses billets par : « Le problème au Québec, c’est que les barèmes de l’Aide sociale sont trop élevés, ça n’incite pas les gens à aller travailler au salaire minimum ». Mes pulsations montaient à 55 et j’étais prêt à aller courir sur le Mont-Royal.

    Aujourd’hui en lisant mon Devoir, je bois mon café équitable espresso sur le feu. Il m’arrive de sacrer un peu, mais avec mes articulations arthrosées (pléonasme vicieux?), je marche et lève un tout petit peu de fonte au gym. Le samedi matin, il y avait Denise Bombardier qui m’est toujours tombée « su l’gros narf », de la piètre intervieweuse à la piètre commentatrice.

    Je ris et apprends maintenant beaucoup de choses chez le conseiller en placements, Claude Chiasson, le samedi. Lui postule qu’à la retraite, il faut avoir un revenu équivalant au moins à 2 fois et demie le seuil de pauvreté. Il ne définit pas ce seuil, mais par recoupements j’arrive à la conclusion qu’il parle du seuil de pauvreté défini par le Conseil du Bien-Être du Canada pour une personne seule habitant une ville canadienne de 500 000 habitants ou plus. (Ledit Conseil renomme les seuils de faible revenu de Stat-Can). Son rôle est de montrer comment payer le moins d’impôt possible et le payer le plus tard possible.
    – J’ai 53 ans. J’ai reçu un héritage. Devrais-je en profiter pour finir de rembourser l’hypothèque du duplex que j’habite?
    – Non, les intérêts sur l’hypothèque de l’autre logement réduisent votre revenu imposable. Utilisez vos droits de REER, placez votre retour d’impôt et avec les intérêts, réduisez l’hypothèque pour faire en sorte qu’à la retraite, les revenus de ce logement viendront compléter vos revenus.

    Parfois, il me semble dans lé patates :
    – En 1990, j’ai acheté un duplex avec ma sœur valant X$. J’ai acheté sa part en 2000 Y$. Aujourd’hui, ce duplex a une valeur marchande de Y$. Si je vends, comment sera calculé le gain en capital par le fisc?

    Je consulte des amis qui ont étudié dans le domaine qui considèrent qu’il est sérieusement dans le champ.

    Conclusions provisoires :
    1) Dans mon petit journal fondé par Henri Bourassa, je peux lire des billets écrits par quelqu’un d’aussi misanthrope que moi (Jean Dion).
    2) Une société qui lance le message : « payez le moins d’impôts possible pour avoir une retraite confortable » se tire dans le pied.
    3) Je n’ai pas tranché. Pour réduire la financiarisation de l’économie, certains (Éric Pineault que je respecte) proposent que la génération qui travaille devrait payer la retraite. Je suis encore d’avis que le Régime des rentes du Québec a eu un effet structurant sur l’économie québécoise. Renoncer à la retraite par capitalisation???
    4) Pour ma santé mentale, lâcher des jurons contre Francis Vailles, Richard Martineau, Denise Bombardier et tutti quanti, c’est peut-être une nécessité. Il faudrait que j’essaie de cesser de les lire pour comparer. Le hic, c’est que risquerais de perdre ma santé mentale, de façon irréversible. 🙄

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  10. 12 juillet 2013 17 h 46 min

    «Renoncer à la retraite par capitalisation???»

    J’y ai déjà pensé et ne trouve pas ça con du tout. Tu te rappelles?

    https://jeanneemard.wordpress.com/2012/10/29/amelioration-des-regimes-de-retraite/

    Cela dit, comme je l’écrivais dans ce billet, mon idée n’est pas faite. As-tu une source pour le texte d’Éric Pineault?

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  11. Richard Langelier permalink
    12 juillet 2013 18 h 00 min

    Éric Pineault, c’était lors d’une soirée de l’Université populaire, au bar populaire organisée par Simon Tremblay-Pépin. Je vais vérifier si le site de l’Upop existe encore. Sinon, je devrai aller sur le site de Marc Bonhomme parce que le parti du ? facteur qui a remplacé Arlette Laiguiller propose cela. Je lance un appel à David Weber.

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  12. 12 juillet 2013 18 h 09 min

    Ça va. J’ai dû rater cette soirée. Ça devait être dans les premières.

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  13. Richard Langelier permalink
    12 juillet 2013 18 h 34 min

    Il s’agit évidemment d’Arlette Laguiller https://fr.wikipedia.org/wiki/Arlette_Laguiller .
    Je ferai mes recherches sur les variantes du trotskisme français lorsque le soleil sera couché.

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  14. 12 juillet 2013 19 h 06 min

    Je n’avais même pas remarqué le i de trop…

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  15. THE LIBERTARIAN BADASS permalink
    15 juillet 2013 9 h 49 min

    Bon article darwin, cependant je grimpe un peu dans les rideaux quand les acteurs de l’industrie de la construction parlent de « travail au noir » quand un travailleur n’est pas déclaré en temps sup….
    L’expression « travail au noir » ça devrait concerner le travail non déclaré à l’impôt c’est ce qu’à la base l’expression veut dire.

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  16. 15 juillet 2013 12 h 23 min

    @ THE LIBERTARIAN BADASS

    Je ne suis pas certain de bien comprendre ce que tu veux dire, mais le fait de payer le travail supplémentaire à taux simple en dessous de la table est pour moi du travail au noir et il fait perdre des revenu d’impôts (travailleurs) et de taxes sur la masse salariale (et probablement aussi de taxes de ventes du côté des employeurs).

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  17. THE LIBERTARIAN BADASS permalink
    15 juillet 2013 13 h 24 min

    Quand j’étais s’ul payroll, c’était bien rare que l’employeur nous donnait du temps sup, en général ils mettaient les « heures en banque » pour plus tard, mais ces heures étaient déclarées au ministre du revenu pareil, ce n’était pas du tsour de table!

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  18. 15 juillet 2013 13 h 29 min

    À des taux moindres, ça fait moins d’impôt. Mais, quand il s’agit d’échange d’heures, je suis d’accord qu’on ne peut pas parler de travail au noir, mais plutôt d’évasion fiscale et, possiblement, de fraude à l’assurance-emploi…

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  19. Yves permalink
    15 juillet 2013 15 h 28 min

    Hahaha! Tu as trop parlé TLB.
    Au début tu mettais seulement quelques heures en banque et maintenant tu te retrouves dans la liste des pires criminels. En plus tu travailles au noir, tu es dans l’évasion fiscale et la fraude. 😆

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  20. 15 juillet 2013 16 h 30 min

    «dans la liste des pires criminels»

    N’exagérons rien. Que celui ou celle qui n’a jamais évité des taxes ou des impôts lui lance la première insulte…

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  21. youlle permalink
    16 juillet 2013 9 h 27 min

    @ Darwin

    « …mais plutôt d’évasion fiscale et, possiblement, de fraude à l’assurance-emploi… »

    Pour le chômage je ne comprends pas.

    Faire des heures supplémentaires pendant l’année et les remettre pendant les temps morts fait que les employés évite du chômage. Ce n’est pas seulement dans la construction, c’est partout. Ainsi l’employeur sauve de l’argent (1) et l’employé ne fait pas de chômage dans l’hiver ce qui sauve de l’argent au gouv. Ça fait l’affaire de tous le monde.

    (1) De toute façon surtout dans une petite usine il est pratiquement impossible de payer du temps supplémentaire. Ou on embauche du personnel en surplus quand c’est possible ou on ne prends pas le travail.

    C’est aussi une sécurité pour l’employeur et l’employé parce que l’employeur risque de perdre sa main d’oeuvre et l’employé ne perds pas ses revenus.

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  22. 16 juillet 2013 9 h 37 min

    «Pour le chômage je ne comprends pas.»

    C’était surtout le cas quand le système reposait sur des semaines et non sur des heures comme maintenant (ce pourquoi j’ai écrit «possiblement»). Il y a aussi moyen de déplacer des heures faites à temps partiel sur les mêmes semaines pour ne pas être coupé quand on reçoit des prestations, ou de transformer des heures en temps supplémentaire en plus d’heures régulières. Bref, le déplacement d’heures peut servir à profiter des règles.

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  23. youlle permalink
    16 juillet 2013 19 h 07 min

    « Il y a aussi moyen de déplacer des heures faites à temps partiel sur les mêmes semaines pour ne pas être coupé quand on reçoit des prestations… »

    Bien sûr une semaine à temps complet et une semaine de chômage.

    Ça prend un imbécile heureux masochiste religieux pour accepter de couper en deux les semaines de travail dans le but de ne pas recevoir de chômage pour être honnête.

    C’est le meilleur moyen de se débarrasser d’un employé indésirable.

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  24. THE LIBERTARIAN BADASS permalink
    21 juillet 2013 11 h 01 min

    @Yves et Darwin:
    Pour moi ça ne change rien, car je suis travailleur autonome et non salarié, alors je paye mes impôts en acomptes provisionnels, je n’ai pas de personne morale, alors j’en paye en ta…. des impôts
    Non, c’est quand j’étais s’ul payerol pour un autre les heures en banques….

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  25. 21 juillet 2013 11 h 15 min

    «j’en paye en ta…. des impôts»

    Dans ce cas, ça veut dire que tu en gagnes en ta… des sous! 😉

    Note que je ne dis pas que ce n’est pas correct!

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  26. THE LIBERTARIAN BADASS permalink
    21 juillet 2013 17 h 12 min

    Dans ce cas, ça veut dire que tu en gagnes en ta… des sous!
    Les 2 dernières années effectivement, c,est pourquoi je ne m’en fais pas trop avec les impôts.

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  27. 21 juillet 2013 17 h 17 min

    «c’est pourquoi je ne m’en fais pas trop avec les impôts.»

    C’est aussi pourquoi on te voit moins! 😦

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  28. Richard Langelier permalink
    21 juillet 2013 18 h 38 min

    Quand la distribution initiale est peu inégalitaire, les taxes à la consommation peuvent être élevées (comme dans les pays scandinaves) sans que personne s’en formalise. Lorsqu’elle est inégalitaire, ceux qui ont un revenu plus élevé ont l’impression de payer pour « ceux qui s’pognent l’bacon ».

    Comment fixer cette distribution initiale? Le policier fait un travail dangereux. Le gratteux de guitare qui a un orteil sur le trottoir lorsqu’il tient la porte pour ses amis, une bière à la main, fait lui aussi un travail dangereux. Si quelqu’un peut me montrer un théorème ou une analyse faite en laboratoire avec variables isolées, ma conscience sera heureuse. En attendant, j’accepte volontiers que le médecin spécialiste qui a commencé à travailler à 28 ans ait un revenu supérieur à celui du préposé aux bénéficiaires qui change ma jaquette et me lave les fesses après l’opération [1]. S’il considère qu’il paie de l’impôt en ta, malgré le fait qu’il ait droit à 23 820 $ de déduction pour ses REER http://www.cra-arc.gc.ca/tx/ndvdls/tpcs/rrsp-reer/cntrbtng/lmts-fra.html , aux déductions pour dons de charité à l’Institut économique de Montréal, pour les frais de scolarité de ses enfants à l’école privée, etc., là se stepperai.

    [1] Moi, il faudrait me payer cher pour laver les fesses de Richard Langelier. Ce ne sont pas celles de Brigitte Bardot à 20 ans!

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  29. 21 juillet 2013 19 h 49 min

    « j’accepte volontiers que le médecin spécialiste qui a commencé à travailler à 28 ans ait un revenu supérieur à celui du préposé aux bénéficiaires»

    Le problème n’est pas, selon moi, qu’il ait un revenu supérieur, mais à quel point il l’est, pour bien des spécialités.

    «Les ophtalmologistes sont les médecins spécialistes québécois les mieux payés après les radiologistes. Leur rémunération moyenne est d’environ 450 000 $. Plus du tiers d’entre eux reçoivent environ 750 000 $.»

    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/11/14/004-ophtalmologistes-remuneration-rochon.shtml

    Et un préposé aux bénéficiaires? Beaucoup d’entre eux et elles ne touchent que le salaire minimum, mais sont mieux rémunérés dans le secteur public, soit 10 à 20 fois moins que les ophtalmologistes. En supposant que ces personnes travaillent à temps plein…

    http://wpp01.msss.gouv.qc.ca/appl/N02/AfficherDetails.aspx?TitreEmploi=3480

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  30. Richard Langelier permalink
    21 juillet 2013 21 h 10 min

    @ Darwin

    Je pense que nous disons la même chose. Il y a la loi des grands nombres. Lorsque j’étais abonné à La Presse, chaque année, à la une, les rémunérations des médecins spécialistes étaient publiées. Les radiologistes alternaient avec les psychiatres au premier rang. Certains radiologistes avaient 2 cliniques, voire 3. Mon père en avait une avec 2 associés et rentrait à 21 h. Est-ce que les autres avaient des radiologistes salariés? Certains psychiatres avaient des patients en clinique privée en sus (le principe de la psychanalyse lacanienne était que ça devait coûter cher pour une séance de 15 minutes. Si le tiers des psychiatres faisait de telles psychanalyse, la moyenne des 500? grimpait). Est-ce que certains ophtalmologistes ont des cliniques privées où des techniciennes font des opérations au laser? Philippe Couillard pourrait sûrement nous expliquer ça, en long et en large:-)

    Tout-un-chacun apporte des arguments pour justifier ce qu’il mérite comme émoluments. J’ai présenté les risques du métier du policier et du gratteux de guitare, à la blague évidemment. J’aurais pu choisir l’argument : « si l’athlète professionnel vaut 5 M$ par année, je vaux… ».

    Les membres des sociétés de chasseurs-cueilleuses que nous connaissons [1] redistribuaient selon les besoins, du nourrisson aux personnes âgées. Je suis toujours d’accord avec le dernier paragraphe de La Critique du programme de Gotha de Marx : « … il sera écrit : à chacun selon ses besoins, de selon ses capacités », mais je ne proposerais pas aux électeurs : « sous un gouvernement provincial solidaire, le taux combiné d’imposition des particuliers et des entreprises fera en sorte que le principe provoqué par Marx serait appliqué ». À mon humble avis, cela supposerait que les Corvette et Galaxie 500 ne sont pas un besoin, ce qui ferait dérailler ce billet selon toi et Yves. 😳

    [1] Par les récits des explorateurs, missionnaires, colonisateurs, ethnologues européens, donc possibilité de biais…

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  31. THE LIBERTARIAN BADASS permalink
    21 juillet 2013 23 h 30 min

    C’est aussi pourquoi on te voit moins! 😦
    ouaip, mais c’est la dernière année que je travaille autant, un coup à donner, mais ça achève.

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  32. 22 juillet 2013 5 h 38 min

    @ Richard Langelier

    zJe pense que nous disons la même chose. »

    C’est fort possible!

    @ THE LIBERTARIAN BADASS

    «un coup à donner, mais ça achève.»

    🙂

    J'aime

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