Skip to content

La malédiction financière

12 août 2013

finance_malédictionOn parle souvent, et je l’ai fait, de la maladie hollandaise et du danger d’avoir une économie basée sur les matières premières (danger que d’aucuns appellent la malédiction des ressources naturelles). L’annonce récente de la baisse du prix de la potasse illustre très bien les conséquences de la dépendance d’un État (ici la Saskatchewan) aux ressources naturelles. Cette baisse risque notamment de peser lourdement sur les finances de cette province.

Gabriel Monette a publié il y a quelques jours un statut sur Facebook parlant de la sortie d’un document faisant la comparaison entre cette malédiction et les conséquences similaires d’avoir une économie trop dépendante du secteur financier. Il s’agit du document Finance curse (La malédiction financière) de Nicholas Shaxson et John Christensen. Il a même depuis publié un billet sur le sujet, différent, mais complémentaire à celui-ci.

La thèse

Un billet de Simon Tremblay-Pepin sur le blogue de l’Institut de recherche et d’informations socio-économique (IRIS) nous montrait la croissance récente du secteur financier au Canada et en France. Finance curse aborde aussi cette question, mais se concentre davantage sur les conséquences d’une telle croissance, surtout dans les pays où la finance prend une place démesurée.

Les auteurs mettent dès le début les choses au clair : «[traduction] La thèse centrale de ce livre n’est pas que la finance est mauvaise en soi, mais que, au-dessus d’un certain niveau, la croissance du secteur financier peut être nocive».

Ils montrent d’ailleurs (voir le graphique à la page 18) que les pays où la présence des secteurs des ressources naturelles et de la finance est la plus forte sont ceux qui perdent le plus de place dans le classement de l’Indice de développement humain par rapport à leur classement de leur pays uniquement calculé en fonction du PIB par habitant. Cela signifie que leur richesse ne parvient pas à se traduire autant que dans d’autres pays en une meilleure santé de leur population et en une meilleure éducation, bref en un véritable développement humain.

Les faux avantages

Les auteurs consacrent un chapitre complet à contrer les arguments de ceux qui prétendent que le secteur financier apporte plein de bonnes choses aux pays qui les accueillent. Voici les principaux constats de ce chapitre.

– la finance rend plus riche

Oui, le secteur financier crée des fortunes, mais accentue énormément les inégalités. Le revenu moyen devient un très mauvais indicateur des revenus du citoyen moyen, revenus qui stagnent plus souvent qu’autrement pour les citoyens les plus pauvres et ceux de la classe moyenne. Dans les plus petits pays, les emplois bien payés du secteur financier sont en forte proportion occupés par des étrangers, pas par la main-d’œuvre locale. La finance ne rend donc plus riche qu’une faible portion de la population et pas toujours celle des pays où elle s’installe.

– le secteur financier paie beaucoup d’impôts

En fait, la contribution nette (après application des crédits et autres dépenses fiscales) de ce secteur est minime compte tenu de sa taille. En outre, si on ne tient compte que de la portion de ce secteur qui dépasse les besoins financiers originaux (finance spéculative ou casino), sa contribution est encore plus petite. Finalement, si on considère le coût pour les États et les contribuables des crises générées par ce secteur, principalement par ses activités spéculatives, sa contribution est carrément négative! Le secteur financier est l’exemple parfait du phénomène de privatisation des profits et de socialisation des pertes.

Les malédictions de la finance

Non seulement la finance spéculative contribue beaucoup moins à la richesse et aux revenus de l’État que ses promoteurs ne le prétendent, mais sa présence est carrément nocive. J’ai tenté ci-après de résumer les principaux désavantages qu’entraîne un secteur financier trop présent dans une économie.

– frein à la croissance

«Au-delà d’un certain point, il semble que la croissance dans le secteur financier d’un pays est susceptible de nuire à sa croissance économique globale». Pour justifier cette affirmation, les auteurs citent de nombreuses études, dont une du Fonds monétaire international (FMI), pas vraiment une ennemi de classe du secteur financier, bien au contraire, intitulée Too Much Finance? Quoique les auteurs (et moi!) se méfient des études qui concluent trop rapidement sur des corrélations, cette citation résume bien les observations de nombreuses études :

«l’effet positif de la présence financière n’est plus statistiquement significative lorsque le crédit au secteur privé atteint 42% du PIB (…), il devient négatif quand cette présence atteint 90% du PIB (…), et négatif et statistiquement significatif lorsque la présence financière atteint 113% du PIB. (…) La liste des pays au-dessus du seuil de 113% comprend la quasi-totalité des pays qui ont été les plus touchés par la crise actuelle: l’Islande, les États-Unis, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Espagne et le Portugal. La seule exception est la Grèce, qui a une relativement petite présence du secteur financier mais de graves problèmes de finances publiques»

Les auteurs donnent aussi l’exemple de longue période de croissance de l’après-guerre (les Trente Glorieuses) où la spéculation financière était fortement limitée par les accords de Bretton-Woods et montrent comme la situation a changé dès qu’on s’est mis à juger ces précautions inutiles. «Au cours de la période de libéralisation financière qui a suivi dans les années 1970, on a connu une chute de la croissance, une hausse des inégalités, la multiplication des crises financières, la stagnation des revenus médians et la montée du chômage dans le monde entier».

Bref, même si corrélation n’est pas causalité, les éléments convergents sont tellement nombreux que l’absence de causalité entre la croissance de la finance et la baisse de la croissance globale serait pour le moins étonnante.

– encore plus de pertes d’impôts

En plus de démontrer que le secteur financier ne paie pas tant d’impôt et peut au contraire siphonner les ressources des États lors de crises, les auteurs ajoutent que «Les banques aident activement et souvent agressivement d’autres sociétés [et particuliers] à échapper à l’impôt». Dave Hartnett, alors secrétaire permanent pour le ministère du Revenu de la Grande-Bretagne a bien résumé l’influence des banques à cet égard : «Les banques ont trois rôles. Elles fournissent des plans d’évasion fiscale pour les autres, elles les utilisent elles-mêmes et elles financent ces plans». Les grandes banques canadiennes qui possèdent 75 filiales dans des paradis fiscaux ne font pas exception…

– nuisance aux autres secteurs de l’économie

Les salaires élevés obtenus dans le secteur financier attirent les «meilleurs cerveaux», ce qui nuit aux autres secteurs. Par exemple, la proportion de diplômés universitaires en administration et finance a augmenté partout dans le monde (de 16,5 % à 19,0 % au Québec entre 1999 et 2011, selon l’enquête Relance du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport), surtout dans les paradis fiscaux (par exemple, cette proportion s’élève à 40 % à Chypre). Les auteurs fournissent en plus de nombreux exemples de baisses d’importance de secteurs non-financiers dans les pays où le secteur financier est très présent, notamment en raison de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans d’autres domaines (dont le génie), de la baisse de l’entreprenariat, etc.

– financiarisation

Les auteurs présentent de nombreux cas de diminution des investissements des entreprises non financières pour pouvoir plutôt utiliser leurs liquidités pour spéculer. De même, les banques consacrent une part sans cesse inférieure de leur fonds aux prêts aux entreprises, préférant elles aussi les rendements élevés de la spéculation (d’autant plus que, étant «trop grosses pour faire faillite», elles peuvent compter sur l’argent des contribuables si leurs spéculations tournent mal).

Ce phénomène contribue aussi à la croissance de l’économie rentière, où la «richesse» ne fait que s’accumuler sans contribuer à la production de biens et services.

– volatilité, instabilité et crises

Les auteurs montrent clairement (figure 9, page 52) le fort lien entre la volatilité (les variations du PIB) et la présence du secteur financier. Ajoutons que les crises financières gagnent en fréquence et en ampleur en fonction de la taille du secteur financier. De même, la figure 12 de la page 70 montre que les périodes de croissance du secteur financier apportent peu à la croissance globale, mais que ces périodes de décroissance sont dévastatrices pour l’économie réelle.

– inégalités et pauvreté

Là, les preuves abondent, la part des membres du secteur financier dans la hausse des revenus des plus riches dépassant par exemple 60 % en Grande-Bretagne, même s’ils ne représentent que 5 % des travailleurs. Et, le constat est le même aux États-Unis, quoique un peu moins accentué.

– les lobbys, l’autoritarisme et l’influence politique

J’ai abordé quelques fois ce thème, notamment dans ce billet qui présente le rôle des riches financiers dans la déréglementation du secteur financier. Les auteurs donnent d’autres exemples du même type. Ce billet montre un cas où des articles complets d’une loi reprennent mot pour mot les recommandations de Citigroup. L’influence ne peut pas être plus directe. Les auteurs mentionnent aussi la part importante du financement des campagnes électorales par les entreprises du secteur financier, leur facilité à rencontrer les dirigeants politiques et leur grand contrôle des médias. Cette influence est encore plus marquée dans les petits États comme l’Irlande, le Delaware, Chypre, Jersey et d’autres paradis fiscaux. Le secteur financier est donc depuis longtemps une menace à la démocratie.

– la corruption, la criminalité et les banques trop grosses pour être poursuivies

Malgré sa responsabilité de la dernière crise financière et d’autres actes criminels commis depuis au moins une vingtaine d’années, le secteur financier s’en est toujours tiré avec des sentences relativement clémentes par rapport à la gravité des actes dont il fut jugé responsable. Que ce soit lors du scandale de la manipulation du Libor et de l’Euribor, deux taux de référence qui servent dans les prêts inter-bancaires, des saisies immobilières illégales des banques aux États-Unis et à l’occasion d’autres fraudes, la plupart des sanctions furent des amendes, rarement ou jamais l’emprisonnement des dirigeants de ces établissements financiers. Pire, cette clémence a entraîné le développement d’une culture de l’impunité, où les membres de cette industrie se croient tout permis : la fortune si je ne suis pas pris, pas grand chose si je le suis.

– la culture du secret

On connaît bien le principe du secret bancaire. Mais, ici, il s’agit d’autre chose. Les auteurs rapportent de nombreux témoignages de personnes (journalistes, députés et même employés du secteur) qui ont critiqué le fonctionnement du secteur financier et ont vu leur avenir s’effondrer, notamment à Jersey, un des paradis fiscaux britanniques.

Les racines de la malédiction

Le document se poursuit en analysant sensiblement les mêmes facteurs, mais en expliquant de quelle façon il furent à l’origine de la malédiction financière. Malgré l’intérêt indéniable de cette section, je vais la sauter ici pour ne pas simplement répéter les facteurs décrits auparavant. Mentionnons seulement que la déréglementation est sûrement le facteur qui a le plus contribué à faire gonfler ce secteur, à l’éloigner de ses fonctions utiles et à le transformer en véritable malédiction.

Et alors…

«La finance est un bien intermédiaire, pas un produit fini comme une voiture: en ce sens, il s’agit d’un coût, pas un avantage. De nombreuses recherches montrent que ce coût a augmenté au fil du temps»

Si ce document est fort éloquent pour expliquer les différentes dimensions de la malédiction financière, il est par contre fort peut loquace, mis à part cette citation, sur ce que je considère le facteur le plus important pour dénoncer la croissance du secteur financier. Je partage l’opinion des auteurs : oui, une partie du secteur financier est essentielle. Aucune économie ne peut prospérer sans services financiers. Par contre, ce que les auteurs appellent l’économie casino est une nuisance par elle-même. Aucune de ses fonctions n’apporte le moindre bien-être à la population. On gonfle artificiellement le PIB des pays en considérant sur le même pied un dollar de spéculation et un dollar consacré à la santé, aux services sociaux, à l’éducation et au logement. Et on y dirige plein de personnes et de ressources dont on aurait bien plus besoin ailleurs…

Ça nous prendrait un exorcisme social majeur pour nous débarrasser de cette malédiction!

Publicités
39 commentaires leave one →
  1. Mathieu Lemée permalink
    12 août 2013 12 h 18 min

    La dernière phrase de ton article me donne une idée de film pour renouveler le thème horrifique de « L’Exorciste » et « La Malédiction », tout d’un coup. 😉

    J'aime

  2. 12 août 2013 13 h 27 min

    Mon intention avec cette phrase était purement ludique! Si elle donne des idée, tant mieux!

    J'aime

  3. 13 août 2013 4 h 25 min

    «Au cours de la période de libéralisation financière qui a suivi dans les années 1970, on a connu une chute de la croissance, une hausse des inégalités, la multiplication des crises financières, la stagnation des revenus médians et la montée du chômage dans le monde entier».

    Oui, mais ça n’a rien à voir avec la fin des accords de Bretton Woods. Ce n’est pas la fin de Bretton Woods qui a permis l’explosion de la finance. La fin des accords n’a fait que supprimer les limites aux investissements. Alors que le problème de la financiarisation est que, justement, il ne s’agit pas d’investissement, mais de spéculation.

    Le problème, c’est la social-démocratie consécutive à la crise pétrolière. Le peuple a beaucoup souffert de cette crise du pétrole qui a déstabilisé les structures sociales. Les États ont alors renforcé la protection des individus —à leur demande, ceux qui ont défilé pour l’obtenir s’en souviennent— excluant de facto la finance de l’économie réelle.

    Jusque dans les années 70, pendant les fameuses « 30 glorieuses », la finance consistait essentiellement à investir, dans des usines, des produits, des idées, en tous les cas dans l’économie réelle qui avait besoin d’emplois, d’interaction entre les différents milieux. Si le financier avait mal joué, l’ouvrier souffrait…et le financier perdait! Si les financiers voulaient gagner, ils devaient donc tirer tout le monde vers le haut en faisant fonctionner l’économie.

    A partir des années 70, avec les tensions sur le pétrole et les États qui ont protégé le citoyen par des mesures d’assistance de plus en plus prégnantes, la finance n’avait plus de rôle à jouer. Ce n’étaient plus les financiers qui finançaient les entreprises, la production, mais les banques. Les financiers, eux, se sont alors simplement mis à spéculer sur des produits…financiers. Des produits qui ont été purement inventés.

    On a crée des sociétés bidon aux activités imaginaires. Mais le simple fait que leurs actions se vendent les faisant grimper, on les revendait en s’enrichissant. Comme elles trouvaient preneur, les actions montaient, etc…

    On le voit aujourd’hui clairement avec le Dow Jones qui crève les plafonds alors que les USA n’ont pas crée la moindre richesse depuis plus de 10 ans. Tout n’y est que faillite, chômage, délabrement…mais les riches se rachètent les actions parmi et le Dow monte…

    Aujourd’hui, des boîtes qui ne valent absolument rien se vendent plusieurs milliards. Un jeune homme invente un petit logiciel de merde qu’il met sur un site web, on lui en donne 200 millions de Dollars…qu’il investira dans une société qui n’a pour seule valeur ajoutée le fait que ses actions se vendent pour la seule raison…qu’elles se vendent, la société en elle-même ne valant rien du tout, n’ayant aucune valeur intrinsèque.

    Le problème essentiel ne provient donc pas des financiers eux-mêmes, dont les incidences fort bien décrites dans cet article ne sont que la conséquence d’une situation et non pas la cause.

    J'aime

  4. Mathieu Lemée permalink
    13 août 2013 4 h 36 min

    Ce passage ludique donne tout de même une bonne idée à quel point le secteur financier a pris beaucoup trop de places dans l’économie et nos sociétés, ce qui a des conséquences fâcheuses, pour dire le moins.

    J'aime

  5. 13 août 2013 5 h 16 min

    @ Thierry Curty

    «Oui, mais ça n’a rien à voir avec la fin des accords de Bretton Woods.»

    J’ai de fait tiqué un peu moi aussi sur cette mention de Bretton Woods dans le texte que j’ai ici résumé. N’étant pas un expert en réglementation financière, je ne me suis pas avancé à critiquer ce lien de cause à effet que font les auteurs.

    «Le problème, c’est la social-démocratie consécutive à la crise pétrolière.»

    Là, je ne saisis pas le lien de cause à effet que vous faites entre la social-démocratie, la protection des individus et l’exclusion «de facto» de la finance de l’économie réelle.

    «A partir des années 70, avec les tensions sur le pétrole et les États qui ont protégé le citoyen par des mesures d’assistance de plus en plus prégnantes, la finance n’avait plus de rôle à jouer.»

    Idem.

    Pour le reste, on se rejoint pas mal…

    @ Mathieu Lemée

    «à quel point le secteur financier a pris beaucoup trop de places dans l’économie et nos sociétés»

    Et le commentaire de Thierry en décrit bien certaines des caractéristiques.

    J'aime

  6. 13 août 2013 6 h 16 min

    « Là, je ne saisis pas le lien de cause à effet que vous faites entre la social-démocratie, la protection des individus et l’exclusion «de facto» de la finance de l’économie réelle. »

    Simple à comprendre : puisque l’État subvient aux besoins des individus, quels que soient les agissements des financiers, ils ne recoivent plus le coup de bâton en retour.

    Dans une économie moins contrôlée, si l’ouvrier souffre des agissements du financier, le financier ne bénéficie pas de retombées. Pour qu’il y ait retombées, il faut qu’il contribue au fonctionnement de l’économie en la faisant marcher.

    Dans une économie contrôlée, le financier peut faire ce qu’il veut, il récoltera toujours les fruits de ses agissements. Or l’économie réelle est bien plus limitative que la finance puisqu’elle ne porte que sur la création de richesse que la société peut engendrer.

    …Alors que la finance est illimitée, puisqu’elle est virtuelle…

    Tous les financiers ne sont pas des pourris et certains contribuent au fonctionnement de l’économie réelle. Mais l’économie réelle ne peut pas absorber la totalité des sommes disponibles à l’investissement. Pour que tous les financiers puissent faire fructifier leur argent, il faut donc créer d’autres secteurs.

    On ressentirait le problème si nous étions par exemple à la place des dirigeants de la Fondation Bill et Melinda Gates. Si nous avons 500’000$, 10M$ 200M$, pour les investir, ça ne pose aucun problème. Entre l’économie réelle et la bourse, les assurance-vie, etc, il y a de quoi faire.

    Quand on a 2 milliards à investir, ça devient plus difficile, parce qu’on est pas seuls sur le marché à chercher à investir. Quand on 40 milliards, on ne trouve plus à investir. On finit par investir dans n’importe quoi. Le marché ne permet pas d’investir des sommes pareilles.

    …Sauf à créer artificiellement des structures financières bidon capables d’absorber cet investissement, bien évidemment… 😉

    Autrement dit, l’hyperfinancier n’a pas sa place dans l’économie, il n’en fait pas partie, il en est exclu puisqu’il n’est plus concerné par elle. CQFD

    J'aime

  7. 13 août 2013 6 h 32 min

    Disons que nous n’avons pas la même vision de la social-démocratie et des «vertus» d’une économie non contrôlée. Je soupçonnais ce désaccord, mais tenait à m’en assurer. Maintenant, je comprends que je ne comprenais pas!

    «Dans une économie contrôlée, le financier peut faire ce qu’il veut»

    Je constate plutôt que c’est dans une économie non réglementée qu’il fait ce qu’il veut!

    « l’économie réelle ne peut pas absorber la totalité des sommes disponibles à l’investissement»

    Si c’est sommes étaient redistribuées plutôt qu’amassées sous forme de rente, il y aurait moins de sommes disponibles à jouer dans l’économie virtuelle et moins de finance casino! Bref, il est pour moi clair que nous ne pouvons pas nous rejoindre, sauf sur «l’hyperfinancier n’a pas sa place dans l’économie, il n’en fait pas partie, il en est exclu puisqu’il n’est plus concerné par elle».

    Sur ce, merci quand même pour vos commentaires.

    J'aime

  8. 13 août 2013 7 h 35 min

    « Je constate plutôt que c’est dans une économie non réglementée qu’il fait ce qu’il veut! »

    Ben non, puisque dans une économie contrôlée le financier n’en fait plus partie. C’est logique enfin…il est bien plus libre puisque plus concerné. La corrélation est évidente entre le néo-libéralisme qui a engendré l’hyper-capitalisme et le contrôle de l’économie qui a expulsé les financiers du champ de l’économie.

    Dans une économie non contrôlée, le financier est directement sanctionné par les conséquences de son comportement. En outre, ça ne signifie pas que tout soit autorisé. Même les libertariens n’acceptent par exemple pas l’esclavage, ne serait-ce que parce qu’il est contraire à toute notion de liberté. Milton Friedman défendait par exemple un salaire minimum et l’impôt négatif (revenu de base, mais reversé sur la base de la déclaration d’impôts, ce qui est bien plus intelligent qu’un revenu de base inconditionnel).

    Quand à votre notion du partage…elle découle surtout d’une incompréhension de la notion de création de richesse. Si plus il y a d’hyper-capitalisme plus il y a d’inégalités, plus il y a de richesse créée « normalement », plus il y a de richesse à partager et plus les gens sont riches. Et le peuple n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui et de loin.

    Non seulement le pouvoir d’achat est resté plus ou moins stable depuis 30 ans, malgré la fin du cycle de Kondratiev, mais les avantages sociétaux et sociaux n’ont cessé d’augmenter. Les vacances, les transports, les biens de consommation coûtent beaucoup moins cher et un accès à des soins poussés est bien plus garanti qu’avant. En 1980, seuls les soins de base étaient garantis. En 1990, il était rarissime d’obtenir un scanner par exemple, ils étaient trop rares et les files d’attente duraient des semaines ou des mois.

    En fait, vous manquez tout simplement d’objectivité. On pourrait croire des choses en voyant la teneur de vos articles, mais non, vous êtes juste un « anti », c’est tout. Heureusement, il y a la vérité et la réalité. Et, je vous rassure tout de suite, le libéralisme s’impose de lui-même, par exemple au travers du crowdfunding, qui est l’expression la plus visible de cette nouvelle tendance où tout le monde souhaite se libérer des chaînes de la finance (mais pas des banques, ce qui serait un désastre puisque la création de richesse passe par le crédit, obligatoirement, quelle que soit son origine).

    J'aime

  9. 13 août 2013 8 h 19 min

    «Heureusement, il y a la vérité et la réalité.»

    Bravo pour vous si vous avez trouvé la vérité!

    «En fait, vous manquez tout simplement d’objectivité»

    Je vous invite alors à aller commenter à des endroits où vous jugez les blogueurs plus objectifs, c’est-à-dire chez d’autres qui ont trouvé la vérité!

    «vous êtes juste un « anti », c’est tout»

    Devant la force de cet argument ad hominem, la vitesse et la certitude de vos jugements, et l’absence d’argumentation pour les appuyer, on ne peut que s’incliner.

    « puisque la création de richesse passe par le crédit»

    Vous confondez un moyen (le crédit) et l’objet (la création de richesse, quoiqu’il faudrait débattre du concept de richesse que nous ne partageons manifestement pas). Mais, qui suis-je pour prétendre cela devant quelqu’un qui détient la vérité?

    Et comme j’ai autre chose à faire dans la vie que de recevoir des insultes, je vous avertis que vos prochains commentaires (s’il y en a) passeront par la modération.

    J'aime

  10. Yves permalink
    13 août 2013 9 h 19 min

    La sottise est planétaire Darwin!
    Quand on tient un blogue de qualité international, faut quand même s’attendre à voir apparaitre des microbes venus d’ailleurs de temps en temps. 😉

    J'aime

  11. 13 août 2013 18 h 13 min

    Tu es trop gentil…

    J'aime

  12. 13 août 2013 19 h 50 min

    Allais disait:
    « La logique mène a tout, à condition d’en sortir! »

    C’est le leitmotiv de M. Curty.

    La réglementation rends les financiers plus libre… faut le faire!!!

    La déréglementation de l’accord Bretton Wood sur les investissements et transfère de capitaux en 1971 plus l’abandon de l’étalon or (quoique je suis d’accord sur ce dernier point) on mis en place le contrôle de la finance sur le reste où la spéculation touchait 5% des capitaux avant 1971 pour atteindre 95% aujourd’hui.

    La crise du pétrole de 1973 n’a eu qu’un effet de catalyseur. De plus, d’une certaine façon, elle a réorienté l’effort de nos gouvernements qui étaient auparavant pour les citoyens vers les financiers!!!

    Évidemment, M. James Tobin avait vue juste sur les conséquences de l’abandon de l’accord Bretton Wood sur la réglementation des capitaux et proposa un solution afin d’amoindrir l’impact, c’est-à-dire la fameux taxe Tobin. Cela est resté lettre mort, en parti dû à la crise pétrolière, et je le répète, un catalyseur….

    J'aime

  13. 13 août 2013 20 h 00 min

    «quoique je suis d’accord sur ce dernier point»

    C’est d’ailleurs un des points (l’abandon de l’étalon or) qui me faisait hésiter sur la question du rôle de la sortie de Bretton Woods. Quant à la déréglementation du secteur financier, il y a eu beaucoup d’autres interventions, dont la pire fut selon moi l’abandon complet de la loi Glass-Steagall sous Clinton, que je voyais mal la sortie de Bretton Woods comme le point de départ de la déréglementation. Mais, sur ce point, j’ai peut-être tort…

    J'aime

  14. 13 août 2013 20 h 11 min

    Le retrait de la loi Glass-Steagall est arrivée après pratiquement 25 ans après la fin des 30 glorieuses. Je la vois comme la consécration du libéralisme abattant la dernière grande réglementation pour nous ramener au libéralisme d’avant la crise 1929….

    Pour l’abandon de Bretton Woods, James Tobin en avait très bien compris les conséquences. (Et il proposait un solution…. toujours d’actualité… mais demandant un courage politique) Il y aura sans doute un billet a faire sur Tobin. (Milton a toute même eu un billet ici!)

    J'aime

  15. 13 août 2013 20 h 27 min

    «Il y aura sans doute un billet a faire sur Tobin»

    Je connais sa proposition, je sais aussi qu’il n’aimait pas l’utilisation que veulent en faire les altermondialistes («Les antimondialisation « détournent mon nom », estime James Tobin») et qu’il était pour le libre-échange (je viens de le lire sur Wikipédia!), mais, c’est à peu près tout. Difficile de rédiger un billet sur des bases aussi ténues. Si jamais je lis quelque chose de plus consistant, je ne dis pas non…

    http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-720331,0.html

    J'aime

  16. youlle permalink
    13 août 2013 21 h 28 min

    « … dont la pire fut selon moi l’abandon complet de la loi Glass-Steagall sous Clinton… »

    Il me semble que Clinton a déclaré en 2009 que ça n’était pas une bonne affaire.

    J'aime

  17. Oli permalink
    13 août 2013 21 h 31 min

    Je comprends vraiment mal le point de vue de Mr. Curty, d’autant plus qu’il est évident que le secteur financier a toujours été présent (et a même souvent pris de l’expansion) sous les systèmes social-démocrates, et qu’une « social-démocratie consécutive à la crise pétrolière » ne semble pas particulièrement pertinente, puisque la social-démocratie s’est surtout trouvée affaiblie par la crise, qui fut suivie d’assez près par l’arrivée au pouvoir de Reagan et Thatcher!

    J'aime

  18. 13 août 2013 21 h 42 min

    @ youlle

    «Il me semble que Clinton a déclaré en 2009 que ça n’était pas une bonne affaire.»

    Ouais, les regrets après qu’on a constaté les dommages de ses décisions… Au moins, il l’a reconnu! Pourtant, Stiglitz, qui était un de ses conseillers, l’avait bien averti, mais il avait préféré les conseils des lobbyistes du secteur de la finance (qui le finançaient bien…) et de ses conseillers néolibéraux.

    @ Oli

    «ne semble pas particulièrement pertinente, puisque la social-démocratie s’est surtout trouvée affaiblie par la crise, qui fut suivie d’assez près par l’arrivée au pouvoir de Reagan et Thatcher!»

    Tout à fait. C’est d’ailleurs avec ça en tête que je lui ai dit que je ne voyais pas le lien de cause à effet qu’il mentionnait («Là, je ne saisis pas le lien de cause à effet que vous faites entre la social-démocratie, la protection des individus et l’exclusion «de facto» de la finance de l’économie réelle.»). Le fait qu’il soit libertarien m’a bien sûr traversé l’esprit, mais, je me suis dit que le sens de ce mot (social-démocratie) était peut-être un peut différent en France, comme le mot libéral qui veut dire une chose et son contraire selon qu’on l’utilise en Europe ou aux États-Unis.

    J'aime

  19. Richard Langelier permalink
    13 août 2013 22 h 20 min

    L’invention du diable que sont les moteurs de recherche et ma curiosité parfois d’ordre masochiste m’ont fait trouver le site de Thierry Curty. Je n’ai pas d’objection à ce que quelqu’un se définisse comme esprit libre. Moi aussi, j’évite les dogmes. J’ose croire que ça ne me rend pas impoli.

    Chercher « le » facteur de la financiarisation de l’économie risque de nous faire tomber (ou monter) dans la métaphysique. On pourrait faire une grande découverte : « à un moment donné, la quantité se transforme en qualité ». Il y a quelques années, lorsque Bombardier recevait 300 M$ pour une livraison, elle les laissait à la banque pendant 3 semaines. Aujourd’hui, elle a une division financière : 24 heures par jour, des employés cliquent sur la souris pour acheter et vendre à la Bourse. Quand celle de New York ferme, celle de Tokyo ouvre, puis ce sont les bourses européennes. Je ne prétendrai pas qu’internet est la cause de la financiarisation de l’économie. Les déréglementations auraient été acceptées par un complot des disciples du Mont-Pèlerin? Pourquoi le complot aurait-il réussi?

    Que faire? Scander Révolution! Révolution! Je suis trop vieux. Au Québec, nous pouvons au moins insister pour que la Caisse de dépôt ne joue pas à l’économie casino. Risquons-nous de payer des cotisations plus élevées pour nos programmes sociaux financés par capitalisation? C’est possible, mais si nous ne voulons pas prendre ce risque, oublions la critique de la financiarisation de l’économie.

    J'aime

  20. 13 août 2013 22 h 43 min

    «L’invention du diable que sont les moteurs de recherche et ma curiosité parfois d’ordre masochiste m’ont fait trouver le site de Thierry Curty»

    Euh, tu n’avais qu’à cliquer sur son nom… Moi, je ne le fais jamais ou presque! On ne sait jamais où nous mènera un lien laissé sur un nom.

    «Je ne prétendrai pas qu’internet est la cause de la financiarisation de l’économie. »

    J’espère! Sinon, je te diarais comme je lui ai dit que tu confonds les moyens et les fins!

    «C’est possible, mais si nous ne voulons pas prendre ce risque, oublions la critique de la financiarisation de l’économie.»

    Là, je ne te suis pas… Tu semblais d’accord avec moi sur ce billet : https://jeanneemard.wordpress.com/2012/10/29/amelioration-des-regimes-de-retraite/

    «Que fait-on lorsqu’on épargne pour notre retraite? On met de côté des sous qu’on dépensera plus tard. Mais, on ne peut pas mettre de côté les biens et les services qu’on consommera plus tard. Tout ce qu’on épargne, c’est de l’argent. Quand on voudra le dépenser, il faudra bien que des humains produisent ces biens et rendent ces services.

    Tant que les sommes versées aux retraités sont compensées par les dépôts des déposants, le système fonctionne bien. Mais que se passera-t-il quand les babyboomers bien plus nombreux que les cotisants retireront leur pension? Qui achètera les actifs que la Caisse devra vendre? À quel prix, compte tenu que le vieillissement de la population n’est pas un phénomène unique au Québec? Cela ne sera-t-il pas l’équivalent d’un apport monétaire massif non compensé par une production équivalente? Y aura-t-il assez de personnes pour offrir les services et produire les biens que les retraités (et autres citoyens) voudront acheter avec leurs sous? Je suis peut-être dans le champ, mais pas sûr… Et je n’ai rien de mieux à proposer! On pourrait toujours faire comme de nombreux pays européens et payer ces régimes avec les budgets courants (sans capitalisation), mais cela pose d’autres problèmes en termes d’équilibre budgétaire et d’équité intergénérationnelle (les travailleurs paient pour les retraités).»

    J'aime

  21. Richard Langelier permalink
    13 août 2013 23 h 53 min

    Je suis toujours d’accord, Darwin. Même si la proposition de Ruth Rose et Michel Lizée était appliqué, certains pourraient conserver la mentalité : « d’accord pour qu’à terme, le Régime des rentes du Québec accorde un taux de remplacement du revenu de 50%, mais nous donnons le mandat à la Caisse de dépôt d’aller chercher les rendements les plus élevés possibles, parce que nous (les employés et les employeurs) voulons payer les cotisations les plus basses possibles».

    Au sujet de la fin et des moyens, j’avais en tête les querelles d’historiens : la révolution industrielle a été causée par la découverte de l’Amérique et l’invention de la machine à vapeur. Non celles-ci ont été causées par un désir d’accroître le commerce. Je dissous généralement le problème par une trivialité : il y a une constellation de facteurs.

    J'aime

  22. 14 août 2013 5 h 59 min

    «il y a une constellation de facteurs.»

    Ça, c’est mon genre!

    J'aime

  23. 14 août 2013 14 h 20 min

    @Richard Langelier

    J’ai noté qu’habituellement, une personne qui se défini comme un esprit libre avait tendance à être libre comme le vent et y aller selon le vent… souvent le plus fort!!!

    @youlle

    L’abandon de la loi Glass-Steagall sous Clinton était un compromis avec un congrès et ou un sénat majoritairement républicain. Clinton croyait a un moindre mal ainsi qu’à la « maturité » du milieu financier. (C’est que le profit roule plus a la cupidité qu’à la maturité!)

    J'aime

  24. youlle permalink
    14 août 2013 16 h 18 min

    @ Richard Langelier

    De tous les temps les humains voulu accroître la production et le commerce et l’ont réalisé que ce soi part le travail en série vieux comme le monde ou les outils. Au commencement le feu, le moulin à vent, le moulin à eau, vapeur atmosphérique, puis la vapeur sous pression, électricité, combustion interne le tout possible seulement par les mathématiques vielles comme le monde. Le commerce et l’industrie en ont simplement profité.

    La révolution tranquille du Québec ressemble à la révolution industrielle. Oui c’est « une constellation de facteurs » dans le temps. 😉

    J'aime

  25. youlle permalink
    14 août 2013 16 h 41 min

    @ Benton

    « …un esprit libre avait tendance à être libre comme le vent et y aller selon le vent… »

    Ce que je comprend, ce n’est pas lui qui mène.

    « …loi Glass-Steagall sous Clinton… »

    Merci je voulais en dire plus sur le sujet.

    Aux élections de 2008, un journaliste à demandé si les présidents étaient de simples marionnettes. L’expert en politique lui à répondu « pas tous ».
    Mon souvenir n’est pas précis, mais il parlait de l’entourage du président qui prends les décisions. Je me souviens alors de m’être dit « ce n’est pas le gouvernement qui mène ».

    Ça aurait du sens parce que sa manque de cohérence politique.

    « (C’est que le profit roule plus a la cupidité qu’à la maturité!) »

    Il y en a qui font énormément d’argent avec les crises. Ils ramassent à pleine pelle.

    J'aime

  26. Richard Langelier permalink
    14 août 2013 20 h 18 min

    @ Youlle

    Même si vous êtes un peu plus jeune que moi, vous avez sûrement regardé l’émission « Les travaux et les jours » avec Raymond Laplante (qui sera remplacée par La semaine verte). Comme j’ai fait mon cours classique latin-sciences, je n’ai pas eu la chance de traduire ce poème d’Hésiode.

    Certains anthropologues comme Marshall Salhins (Âge de pierre, âge d’abondance), Pierre Clastres (La société contre l’État) considèrent que les sociétés de chasseurs-cueilleuses jouissaient de liberté (loisirs chez Salhins et absence de pouvoir coercitif chez Clastres). Quoi qu’il en soit, l’agriculture et la sédentarisation sont apparues. Nous avons plus de documentation sur la révolution industrielle. Nous connaissons «  les enclosures » en Angleterre http://fr.wikipedia.org/wiki/Enclosure . Après l’expropriation des Amérindiens aux États-Unis, les petits paysans ont été expropriés à leur tour par les grandes entreprises. Je ne vois pas les changements dans le commerce et l’industrie de façon harmonieuse particulièrement au cours des derniers siècles.

    Évidemment, depuis le temps que je lis vos commentaires, je sais que vous n’avez pas une version parfaitement harmonieuse de l’histoire du développement du commerce. Pour ma part, je n’ai plus une version conflictuelle, comme à l’époque où les résumés de résumés de l’oeuvre de Marx sortaient de l’index au Québec

    J'aime

  27. youlle permalink
    14 août 2013 23 h 20 min

    Les en–clos–ures pon, père disait un clos. Un clos de vingt arpents. (wikidic)

    « …je sais que vous n’avez pas une version parfaitement harmonieuse de l’histoire du développement du commerce. »

    C’est par expérience.

    (Âge de pierre, âge d’abondance) Hum.. permettez-moi d’en douter. Je suis en train de lire l’histoire de la cuisine au Québec et justement l’auteur remonte de 15 000 ans moment où l’humain est arrivé en Amérique. L’Amérique à l’époque ressemblait à l’Europe et au moment de la découverte de l’Amérique, les habitudes alimentaires se ressemble.

    Il y avait des disettes ou des famines. Elles était provoqués par de multiples facteurs (une constellation) allant du manque de pluie, du gel, conditions défavorables pour la pollinisation, compétition avec les animaux etc.

    C’est incroyable comme les gens sont portés à idéaliser la vie des anciens de tout temps. C’était le bien être nature des ti-zoizeaux, les petits ruisseaux ect. Mais quand le bien de la nature être était une meute de loups affamés qui tournaient en rond ou la rencontre d’un bébé ours la coercition, c’était la mère ours et les mouches noires.

    Les amérindiens passaient l’été à la pêche et à fumer du poisson avec du sapin et de l’épinette toxique ce qui donnait goût exécrable à la viande pour passer l’hiver et les jours de disette au cas ou la chasse ne serait pas bonne. À la pêche, il y avait moins de mouches noires qu’en forêt. Donc c’était le bord de l’eau l’été avec du vent et l’hiver à la chasse et à l’abri du vent et les maisons longues. C’était comme à Montréal dans les années 50; l’été au chalet au bord de l’eau l’hiver à la maison.

    On connaît les discordes et les guerres entre peuples amérindiens pour les biens et la nourriture. D’après les fouilles archéologiques, les coutumes étaient semblables au moment où le fleuve n’existait pas. Il se faisait du commerce du labrador aux grands lacs. Les grands canots pouvaient emporter plusieurs tonnes.

    « Je ne vois pas les changements dans le commerce et l’industrie de façon harmonieuse particulièrement au cours des derniers siècles. »

    Moi je dis des millénaires.

    Finalement je réalise que mon expérience ressemble à ceux qui ont vécu il y a des milliers d’années.
    .

    J'aime

  28. Richard Langelier permalink
    15 août 2013 1 h 53 min

    « Âge de pierre, âge d’abondance » est le titre français de « Stone age economics »
    « Dans son ouvrage Age de pierre, âge d’abondance, il se pose la question : Quel est le statut de l’économie primitive ? La société des chasseurs cueilleurs n’est pas une société de dénuement mais d’abondance. L’auteur montre ainsi une autre définition de l’abondance, inconnue de nos sociétés contemporaines : produire et consommer uniquement ce dont on a besoin. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Sahlins .

    La discipline nommée Anthropologie (la Science de l’Homme) est d’abord une interprétation d’Européens interprétant les récits des explorateurs et missionnaires. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89volutionnisme_%28anthropologie%29 .

    Je n’adhère pas au mythe du bon sauvage http://fr.wikipedia.org/wiki/Bon_sauvage .

    Pour revenir au thème du billet, je lancerai une autre trivialité : le temps mis à fabriquer la hache ne permet pas d’abattre des arbres. Mais après, oh là, là, là! Si ma tante Emma a des économies qu’elle place en certificats de placement garanti, la banque prête à la compagnie qui fabrique des manches et à celle qui fabrique le morceau de fer tranchant. Si elle achète des actions d’une compagnie de manches, spécule-t-elle? À partir de quel moment, ma tante Emma quitte-t-elle le monde de l’économie réelle?

    J'aime

  29. 15 août 2013 5 h 01 min

    «À partir de quel moment, ma tante Emma quitte-t-elle le monde de l’économie réelle?»

    Quand elle achète un produit dérivé.

    J'aime

  30. youlle permalink
    15 août 2013 13 h 30 min

    « L’auteur montre ainsi une autre définition de l’abondance,____ inconnue de nos sociétés contemporaines___ : produire et consommer uniquement ce dont on a besoin. »

    Il y a encore des peuples isolés (tribus) qui vivent uniquement de la chasse et de la cueillette. Donc c’est connu.
    Pour la vie dans le passé, j’aime mieux me fier à l’archéologie qui amasse des preuves.

    « Je n’adhère pas au mythe du bon sauvage »
    Ouff j’ai lu : J’adhère au mythe du bon sauvage.
    Il m’arrive encore parfois de lire ou de dire une négation pour une affirmation.

    « Si elle achète des actions d’une compagnie de manches, spécule-t-elle? »

    Ça dépend. Si elle achète principalement dans le but de revendre plus cher, elle spécule.

    Mon avis:
    À partir de ce moment, on ne parle plus d’économie mais de JEU au casino. On peut toujours avoir une idée des possibilités de l’entreprise, mais on ne connaît pas l’avenir.

    Warren Buffet n’est pas de la même situation que tante Emma. Buffet à le pouvoir et les moyens financiers de s’informer et même la puissance de faire pencher la roulette du casino en sa faveur. Bill Gate l’a toujours fait. Les deux sont des parasites nuisibles qui siphonnent la sève de la société.

    Parlant de Bill Gate, un dieu pour les dretteux, on dit qu’il à fait avancer la techno. S’il n’avait pas été là, la société aurait avancé autant, et probablement beaucoup plus. Par son pouvoir, il a étouffé des dizaines voir des centaines d’avancées technologiques dont le correcteur grammatical du Québec, créant un quasi-monopole avec son système d’exploitation. Pourtant son principal concurrent Unix fait tout aussi bien le travail.

    Les économies de tante Emma sont à des années lumières des parasites financiers qui rende le monde malade.

    J'aime

Trackbacks

  1. Le 1 % et les rentes |
  2. Le 1 % et les rentes | Politicoglobe
  3. Évolution des inscriptions par secteur d’enseignement |
  4. La révolution Harper et le secteur financier |
  5. Les conséquences de la croissance de l’emploi dans le secteur financier |
  6. Les effectifs étudiants par programme d’enseignement |
  7. La taxe sur les transactions financières |
  8. Les inégalités et la structure de production |

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :