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L’électoralisme et les commissions scolaires

16 novembre 2013

électoralismeJ’ai assisté cette semaine à l’«Assemblée publique sur les conséquences des coupures et des compressions à la CSDM avec Amir Khadir». On a eu droit, après une courte mise en situation d’Amir Khadir sur la baisse des budgets en éducation lors du milieu des années 1990, à des présentations qui ont illustré de façon concrète les effets des baisses de budgets des dernières années à la Commission scolaire de Montréal.

Certains pensent que «les compressions de 215 millions imposées cette année [aux commissions scolaires] par le gouvernement Marois dans sa quête vers un retour à l’équilibre budgétaire» sont les premières depuis longtemps, mais en fait, elles s’ajoutent à d’autres, notamment à celles d’«au moins 100 millions $», mais plus probablement de 150 millions $, imposées lors du budget Bachand de 2010-2011.

Bien sûr, on a tous entendu dire que ces compressions ne toucheraient que les emplois administratifs, pas les services directs à la population, dont aux enfants. Les personnes qui croient ce genre de discours doivent avoir une belle vie accompagnée de mères Noël et de fées Clochette… Et, même si la ministre Malavoy jugeait il y a à peine trois mois les hausses de taxes que les commissions scolaires ont adoptées pour compenser en partie les dernières compressions «raisonnables et conformes à ce que prescrit la loi» et «avait invité plus tôt cette année les commissions scolaires à utiliser «la marge de manœuvre» que leur confère leur pouvoir de taxation pour atténuer l’effet des coupes», elle a déposé cette semaine un projet de loi pour forcer les commissions scolaires à «rembourser» la moitié des sommes qu’elles ont récoltées avec leur dernière augmentation de taxes qu’elle avait approuvée… Et le pire, c’est que, cette fois, le PQ aura bien sûr l’appui de la CAQ qui veut carrément abolir les commissions scolaires, car ce parti croit aussi aux anges qui préservent les services aux élèves quand on coupe les budgets des commissions scolaires.

C’est justement sur les conséquences de ces compressions que nous ont entretenus les personnes invités à faire des présentations lors de cette assemblée publique.

Présentations

Benoît Lord, directeur des Ateliers d’éducation populaire du Plateau, nous a expliqué que l’organisme qu’il dirige et qui organise des activités sur le Plateau depuis plus de 40 ans risque de disparaître en raison de ces compressions. En effet, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décidé de diminuer ses contributions, que ce soit par prêts de locaux, faibles loyers ou autres, aux organismes d’éducation populaire. En effet, ce n’est pas que cet organisme qui est menacé, mais bien tous les organismes d’éducation populaire du territoire de la CSDM.

«Les compressions que subit en ce moment la Commission scolaire de Montréal rejaillissent directement sur les six centres d’éducation populaire sis dans les quartiers les plus pauvres de la ville : les baux gratuits dont ils bénéficiaient depuis une quarantaine d’années ne peuvent être reconduits, ce qui laisse planer une menace de fermeture»

Et ce ne sont pas que ces organismes qui sont menacés, mais bien d’autres qui louent à bas loyers des locaux inutilisés par la CSDM, notamment des organismes de défense des plus démunis, comme le Mouvement Action-Chômage de Montréal et Au bas de l’échelle (organisme de défense des travailleurs non syndiqués). Un travailleur d’un centre de la petite enfance (CPE Alexis le trotteur) ouvert depuis une quarantaine d’années est intervenu lors de la période question de cette assemblée pour nous informer que son CPE risque aussi la fermeture, car la CSDM compte augmenter son loyer… de plus de 300 %! Et j’ai vu dans des comptes-rendus des réunions du conseil des commissaires de la CSDM d’autres cas du genre.

La deuxième intervenante, Fulvia Spadari, coordonnatrice de la Corporation de développement communautaire action solidarité Grand Plateau, est allée dans le même sens, expliquant l’importance des Ateliers d’éducation populaire du Plateau et l’impasse dans laquelle se retrouve cet organisme qui ne peut même pas déménager compte tenu des loyers exorbitants sur le Plateau Montréal.

Ensuite, Micheline Marier, membre de l’Organisme de Participation des Parents (OPP) de l’école secondaire Jeanne-Mance, est venue présenter les conséquences des compressions sur les services aux élèves. Même si la situation de l’école est un peu particulière, ayant accumulé un déficit en raison du paiement de nombreux congés de maladie de longue durée de personnel non enseignant (oui, ce sont les écoles qui paient les personnes remplaçant ce personnel, pas la commission scolaire…), elle nous a conté les conséquences des compressions sur les services aux élèves dans cette école. Même si le nombre d’élèves de l’école est passé de guère plus de 600 il y a environ cinq ans à plus de 950 maintenant grâce à un travail de collaboration exemplaire et qu’elle compte près de 450 élèves avec des plans d’intervention adaptés, elle doit réduire le personnel à une seule orthopédagogue et deux techniciennes en réadaptation, doit n’ouvrir la bibliothèque que trois jours par semaine et réduire aussi la présence d’autres personnel tellement nécessaire.

La suite

Je vais passer l’intervention du commissaire d’école qui a plus défendu les décisions de la CSDM qu’autre chose (il est vrai qu’elle subi aussi les décisions gouvernementales) et les nombreux témoignages qui ont suivi et qui allaient dans le même sens. Par contre, je ne peux passer sous silence le comportement odieux du PQ et des gouvernements qui l’ont précédé. La CSDM se retrouve aujourd’hui avec environ 35 % de ses écoles en état avancé de vétusté et seulement 10 % en bon état!

«Au cours des dernières années, six établissements de la CSDM ont fermé leurs portes en raison de problèmes de moisissure. La CSDM a identifié au printemps dernier 29 écoles qui font l’objet d’un suivi serré

Le cas de l’école Baril (que l’image accompagnant ce billet montre à une époque où elle était présentable…) est loin d’être isolé! En fait, un rapport indépendant juge qu’il faudrait investir 1,3 milliard $ (c’est 1300 millions $, ça) pour remettre les écoles de la CSDM à niveau. Le gouvernement a heureusement réagi récemment en octroyant 46 millions $ «visant à assainir 19 écoles québécoises dont 16 se trouvent à Montréal», mais on est loin du compte. La part de la CSDM représente environ 3 % de ses besoins…

Et alors…

Dès les premières fuites organisées sur la charte des valeurs du PQ, j’ai dénoncé ici l’électoralisme de cette entreprise de division des Québécois. Josée Legault l’avait fait avant moi, Michel David est aussi intervenu dans le même sens de même que Vincent Marissal et bien d’autres. Cette grossière stratégie est maintenant bien connue. Mais, est-ce parce que les sondages n’ont pas donné les résultats escomptés que le PQ se force maintenant à adopter d’autres parties du programme de l’ADQ… euh, de la CAQ, plutôt, en s’attaquant aux commissions scolaires? Pourquoi avoir dit en août que les hausses de taxe des commissions scolaires étaient «raisonnables et conformes» et soudain les trouver inadmissibles quelques mois plus tard? J’en viens même à penser que Mme De Courcy a aussi rejeté toute entente avec la CAQ sur son projet de loi visant à renforcer l’usage du français pour se donner une autre arme pour exiger un gouvernement majoritaire lors de la prochaine campagne électorale. Mais dans ce cas, il est vrai que les cinq articles que refusait la CAQ étaient les plus importants, surtout celui «qui auraient permis d’étendre la loi 101 aux petites entreprises comptant de 26 à 49 employés».

Cela dit, je trouvais déjà révoltant que ce parti divise les Québécois ainsi avec sa charte au nom interminable, mais de voir qu’il est prêt à nuire à l’éducation de nos jeunes et à ruiner des organismes communautaires essentiels pour espérer récolter quelques votes de plus, le cœur me lève carrément…

P.S. Je vous invite à signer cette pétition qui vise à «convaincre le gouvernement de cesser les compressions dans les commissions scolaires et de prendre les moyens pour assurer un investissement important et adéquat dans son personnel de soutien afin d’assurer la qualité du service et de répondre aux besoins de tous les élèves».

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3 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    16 novembre 2013 19 h 26 min

    Je me fais encore dire qu’avant le grand soir de la souveraineté, je n’ai pas le choix, il me faut voter pour le Parti québécois.

    Je reçois des montagnes de courriels m’invitant à signer des pétitions. En lisant ton invitation, je n’ai pas hésité une seconde, car le coeur me lève moi aussi, tout en sachant qu’il en faudra plus pour changer les choses.

    Il aurait fallu lire : « … pour forcer les commissions scolaires à «rembourser» la moitié des sommes qu’elles ont récoltées…», « …sur les conséquences de ces compressions que nous ont entretenus les personnes invitées… », « six établissements de la CSDM ont fermé leurs portes » «  il faudrait investir 1,3 milliard $ »

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  2. 16 novembre 2013 20 h 56 min

    «tout en sachant qu’il en faudra plus pour changer les choses.»

    Ça peut même être dangereux si les gens limitent leurs actions à signer des pétitions, pensant que leur contribution est faite. J’aime bien celles de l’assemblée nationale, car elles sont ensuite déposées et peuvent alors faire la nouvelle, sensibiliser davantage la population.

    Et merci pour les corrections (y compris celle du texte du journal Métro que j’ai laissée passer…)!

    J'aime

  3. youlle permalink
    17 novembre 2013 21 h 16 min

    « Je me fais encore dire qu’avant le grand soir de la souveraineté, je n’ai pas le choix, il me faut voter pour le Parti québécois. »

    Peu importe le parti, on se sépare ou on subit l’influence de l’Ouest par les deux partis Qui lèche le cul de l’extrême droite.

    Une fois le Québec séparé on jettera le parti qui ne fera pas notre affaire dehors.

    Mais c’est secondaire la souveraineté pour les politiciens des quatre partis, mais pas pour la population.

    Ils préfèrent se plaindre du fédéral, c’est mois impliquant.

    J'aime

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