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Les emplois inutiles

21 janvier 2014

inutilesDavid Graeber, auteur du livre Dette : 5000 ans d’histoire que j’ai commenté il y a quelques mois, a un peu auparavant écrit un texte fort polémique qui a suscité de très nombreuses réactions. Si je n’en ai pas parlé avant, c’est que je n’en ai pris connaissance que récemment.

Greaber et ses prédictions Keynes…

Ce texteOn the Phenomenon of Bullshit Jobs, traduit à peine une semaine plus tard en français sous le titre Le phénomène des «emplois bidon», ne se distingue pas par sa subtilité… Partant du postulat que Keynes a déjà écrit un texte prévoyant que, grâce aux nouvelles technologies, les humains devraient être en mesure de produire tout ce dont ils auront besoin en travaillant une quinzaine d’heures par semaine (heureusement que Keynes doutait de la capacité des économistes de faire des prévisions exactes!), Graeber se demande pourquoi la prévision (je devrais plutôt parler de prédiction!) ne s’est pas réalisée… La réponse est pourtant simple, c’est parce que Keynes avait prévu que la technologie ne permettrait de produire que ce qu’elle produisait à son époque en moins de temps. Dans ce sens, il avait raison! Mais, il avait tort…

Greaber, lui, tout en reconnaissant qu’on produit bien des objets qu’on ne produisait pas à l’époque, accuse la croissance du nombre d’emplois dans les services, notamment des professionnels, commis administratifs, gestionnaires, vendeurs et employés du tertiaire d’être responsable du fait qu’on travaille encore plus de 15 heures par semaine. Vaste domaine, s’il en est! Il précise en accusant «les services financiers, le télémarketing, ou la poussée sans précédent de secteurs comme le conseil juridique aux entreprises, l’administration des établissements universitaires ou de santé, les ressources humaines ou encore les relations publiques».

Il n’a pas totalement tort, mais en beurre pas mal épais! Plus loin, il dit à quel point la disparition des infirmières, des enseignants et des mécaniciens (ainsi que des musiciens et des auteurs de romans de science-fiction) nuirait à notre qualité de vie, mais qu’on se passerait facilement «des directeurs généraux d’entreprises, lobbyistes, chercheurs en relation presse, télémarketeurs, huissiers de justice ou consultant légaux». Encore là, je ne suis pas totalement en désaccord (bien au contraire!), mais sait-il que les professions de l’enseignement et de la santé, pour ne nommer que celles-là, sont parmi les professions qui ont connu la croissance la plus forte depuis l’époque de Keynes et qu’elles font partie des professions du tertiaire qu’il accusait plus tôt d’être responsable du fait qu’on travaille plus de 15 heures par semaine? Sait-il que la croissance des emplois du tertiaire est aussi due au fait qu’une partie du travail que les femmes font depuis des générations gratuitement est maintenant rémunérée (soins aux enfants et aux personnes âgées, notamment), mal, pas totalement, loin de là, mais plus qu’avant! En plus, contrairement aux emplois de l’agriculture ou du secteur manufacturier, la technologie et les robots ne sont pas à la veille de les remplacer! Et, comme on étudie et on vit beaucoup plus longtemps qu’à l’époque, ces emplois seront encore plus indispensables à l’avenir!

Malhabile, mais…

Le texte de Greaber n’est pas seulement provocateur, mais aussi malhabile. En effet, il frappe à tout vent sans nuance, attirant plein de critiques qui démolissent ses affirmations trop souvent gratuites, enlevant ainsi le crédit à ses remarques plus pertinentes. Par exemple, John Quiggin, l’auteur de Économie zombie, livre auquel j’ai consacré cinq billets, explique dans ce texte à quel point la très forte croissance des emplois du secteur financier depuis au moins 30 ans n’a rien apporté de positif mais a au contraire apporté beaucoup de négatif! Ce n’est pas que la croissance du nombre de ces emplois que Quiggin dénonce, mais aussi la portion croissante du PIB consacrée à cette activité (en raison des salaires et primes indécentes qu’on y consacre) au mieux inutile et parfois carrément désastreuse, comme la dernière crise nous l’a clairement démontré.

Et alors…

La réflexion de Greaber, malgré ses lacunes, a le mérite de soulever une question importante qui doit toutefois être approfondie. Il erre par exemple en dénonçant la croissance des emplois du secteur des services, certains étant parmi les plus utiles comme on l’a vu, tandis qu’il passe sous silence plein d’emplois du secteur primaire (comme les mines d’or…) et du secteur manufacturier qui sont liés à la production de bébelles au mieux inutiles et dans trop de cas de produits nuisibles (armes, certains produits chimiques, véhicules supposément utilitaires et sensément sport, etc.), et presque toujours responsables de l’épuisement des ressources et grands producteurs de gaz à effet de serre et de pollution de l’air et des eaux. Voyons par exemple ce que devient le pays qu’on appelle la manufacture du monde, soit la Chine. Et, comme le démontre bien cet article, nous sommes en bonne partie responsables de cette situation.

L’attaque de Greaber contre la supposée croissance des emplois administratifs inutiles manque aussi de nuance, alors que ces emplois sont en décroissance depuis trente ans (une bonne partie de leurs tâches traditionnelles sont maintenant accomplies par la bureautique et les autres deviennent plus complexes pour la même raison) et que leur utilité dépend plus du secteur dans lequel ils sont exercés que de leurs fonctions proprement dites.

Par contre, il vise juste en parlant des lobbyistes, des services financiers et de biens d’autres secteurs. J’ajouterais sans hésiter à sa liste le trop grand nombre de prisons (surtout aux États-Unis, mais ça s’en vient ici…) et dénoncerais les dépenses excessives pour l’armée et l’armement. Je trouve aussi abusif qu’il y ait près de cinq fois plus de relationnistes que de journalistes au Québec et me demande encore qu’elle est l’utilité réelle de la publicité… Je pourrais continuer à nommer d’autres domaines, mais il est clair que ce qui peut être considéré inutile par les uns ne l’est pas nécessairement par les autres, car ce jugement dépend essentiellement de nos valeurs.

Et vous, quels emplois trouvez-vous inutiles?

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14 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    24 janvier 2014 1 h 24 min

    Dans « L’homme unidimensionnel », Herbert Marcuse écrivait qu’évidemment, il n’existe pas de tribunal pour trancher entre les vrais et les faux besoins. Les ethnologues ont observé que les sociétés nomades organisaient une fête pour détruire le surplus (que Georges Bataille a nommé « La part maudite »). Dans « Âge de pierre, âge d’abondance », Marshall Sahlins arrive à la conclusion que les cueilleuses travaillaient 25 heures par semaine et les chasseurs 20 [1]

    Le mode de production capitaliste aurait pu ne pas perdre la tête à plusieurs occasions. Dans « L’impasse de la globalisation : une histoire sociologique et philosophique du capitalisme », Michel Freitag rappelle, entre autres, qu’il aurait pu demeurer au stade de capitalisme marchand. Stigliz a précisé : « Certains de mes collègues auraient peut-être préféré un ouvrage théorique, riche en équations et en régressions, avec preuves irrécusables et démonstrations rigoureuses à l’appui des hypothèses que j’énonce. J’ai publié ces preuves et ces démonstrations ailleurs. Ce livre a un objectif différent. Il s’adresse aux lecteurs non initiés qui souhaitent en savoir plus sur les problèmes économiques cruciaux nous touchant tous dans notre quotidien » (p27)». http://ses.ens-lyon.fr/quand-le-capitalisme-perd-la-tete-25757.kjsp .

    Bien sûr, Darwin, je pourrais compléter ta liste des emplois inutiles (vétérinaires qui arrachent les griffes d’un caniche) [2]. En zappant, je vois que l’invité de Denis Lévesque est « escorte pour dames ». Il n’a pas un sac sur la tête. Je n’ai pas toujours eu une vie sexuelle épanouie. Mon budget ne me permettait pas de me payer une escorte. Si mon budget me l’avait permis, l’aurais-je fait? Comme je ne le sais pas, je n’ajoute pas cet emploi.

    Sur ce billet-ci, je ne réussis pas à être en désaccord avec toi. Je réponds : faisons en sorte qu’une partie du travail que les femmes font depuis des générations gratuitement soit maintenant rémunérée (soins aux enfants et aux personnes âgées, notamment), à sa juste valeur, de même que le travail fait bénévolement dans les organismes communautaires (regroupement d’ex-patients psychiatriques, d’ex-détenus, etc.). Bien sûr, ça ne se paie pas avec des prières ni par des slogans : Révolution! Révolution! Il faut revoir la fiscalité des entreprises et des particuliers pour transférer les gains de productivité vers ces emplois. Il me faut aussi choisir : si je trippe sur la bécane et que je j’accepte de payer un vélo 4000$, je ne demande pas à la société de baisser mes impôts pour que je puisse me payer la BMW pour mettre en support de ma bécane.

    [1] De méchantes langues ont dit que le lion était chassé comme l’orignal aujourd’hui. Il n’avait aucune importance dans l’oikonemia. La seule différence, c’est que les mecs n’allaient pas prendre une brosse pendant la saison de la chasse et qu’ils se pavanaient avec leur lion au retour en le tenant à bout de bras plutôt qu’avec le panache de l’orignal su’l’hood du 4 X 4. Depuis que j’ai goûté à la vraie tourtière du Lac St-Jean, je m’inscris en faux contre la seconde partie de cette thèse.
    [2] Lors d’une assemblée de consultation pour la rédaction du programme du Rassemblement pour l’alternative politique de la région de Montréal, j’avais fait l’amendement à la proposition : « augmenter la taxe de vente pour les produits de luxe » : « et les services de luxe ». On m’a demandé des exemples :
    – Euh! La coiffure à 1000$
    – Faire arracher les griffes d’un caniche, a ajouté une étudiante en sciences po, Johanne.
    Nos exemples (ou notre éloquence) ne furent pas convaincants. Mon amendement, pardon notre amendement, a été battu.

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  2. 24 janvier 2014 5 h 19 min

    «je pourrais compléter ta liste des emplois inutiles »

    Merci d’en citer quelques-uns! Je n’ai pas eu grand succès avec ma question participative!

    «Mon amendement, pardon notre amendement, a été battu.»

    Je ne sais pas si j’aurais voté pour cet amendement (tiens, un si qui aime un rais!), car un produit peut être un bien ou un service…

    «si je trippe sur la bécane et que je j’accepte de payer un vélo 4000$, je ne demande pas à la société de baisser mes impôts pour que je puisse me payer la BMW pour mettre en support de ma bécane.»

    J’aime bien!

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  3. Benton permalink
    24 janvier 2014 13 h 04 min

    Pour ce qui est d’emplois inutiles, j’ai déjà lu qu’entre 2001 et 2011 dans la santé au Québec, le nombre d’intervenants de premières ligne a augmenté de 6% (ce qui suit en gros la démographie… et le rattrapage partiel des coupes à la fin des années 90) et le nombre de gestionnaires de 53%… et cela a pratiquement pas amélioré la gestion de la santé!!! (D’ailleurs, la partie privée de la santé est la plus difficile a contrôler… et ce n’est pas une augmentation salariale annuelle de 2% des concentions collectives qui font augmenter les coûts de la santé de 4-5%!)

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  4. 24 janvier 2014 13 h 39 min

    «j’ai déjà lu »

    Ça ne viendrait pas par hasard de la Fédération des médecins spécialistes et du docteur Barette?

    Si c’est bien de cela dont tu parles, cette étude était cousues de fil blanc. Je l’avais démolie ici :

    https://jeanneemard.wordpress.com/2010/11/21/les-effectifs-de-la-sante/

    Cela dit, certains postes sont comptabilisés différemment à travers le temps.

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  5. Richard Langelier permalink
    24 janvier 2014 15 h 05 min

    « car un produit peut être un bien ou un service ».
    Si j’comprends bien, « Taxe sur les produits et services » est un pléonasme double de trop.

    Le businessman de Plamondon a du succès dans ses affaires, mais c’est pas ce qu’il aurait voulu faire. Si tu étais doué pour les chansonnettes, tu pourrais composer la contrecomplainte du blogueur. Avec le fric, tu pourrais, tu pourrais, euh! embaucher des blogueurs prolétaires. En regardant le football, L’Antichambre, les combats extrêmes sur 10 écrans, tu donnerais les questions participatives : « Johnny, rédige-moi un billet qui se termine par cette question participative, Bobby… ». En moyenne, tu aurais du succès, mais tel que je te connais, tu préférerais la médiane qui démontrerait que le succès est mitigé. Sisyphéen un jour, sisyphéen toujours!

    Pour avoir un succès boeuf avec tes questions participatives, tu pourrais écrire des billets sur la Charte. Le hic, c’est que tu n’es pas Richard Martineau, qui réussit à ne pas faire d’indigestion en copiant-collant ses billets.

    Ce qui m’a le plus surpris lors de la commission Gomery, c’est que le Festival de la gibelotte doive passer par des relationnistes pour faire une demande de subvention. Pour présenter sur du papier glacé, quoi? Que le PLC ait pensé que nous étions achetables, aucune surprise. Que ce fût son plan A, aucune surprise non plus. Qu’une partie du fric revînt au PLC dans des enveloppes brunes? Il se sentait parti unique pour un siècle à cause de la présence du Bloc, sky was the limit pour les organisateurs. Que Jean Lafleur ait vendu une résidence secondaire au sommet du mont Sutton 30 M$ et que personne ne sache où est passé l’argent? Là, c’est surtout ce qui faisait la valeur de cette maison. Piscines extérieure et intérieure? Cinéma maison à chaque étage? Bibliothèque avec la collection complète de La Pléiade?

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  6. Benton permalink
    24 janvier 2014 15 h 14 min

    J’ai lu dans La Presse en 2011. J’ai l’impression qu’ils citaient la Fédération des médecins spécialistes parce que je me souviens du 108 000 employes consacarés aux soins versus les 100 000 gestionnaires.
    Évidemment, l’article voulait démontrer que le privé gère mieux que le public… venant de La Presse, c’est normal…

    Reste que mon point était que ce n’est pas les syndicats dans la santé qui font augmenter les coûts de la santé de 4 à 5% par année…

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  7. 24 janvier 2014 15 h 54 min

    Richard

    «Si j’comprends bien, « Taxe sur les produits et services » est un pléonasme double de trop. »

    C »est en fait une mauvaise traduiction. En anglais, il s’agit de la Goods and Services Tax, donc de la taxe sur les biens et services

    Benton

    «Reste que mon point était que ce n’est pas les syndicats dans la santé qui font augmenter les coûts de la santé de 4 à 5% par année…»

    Bien d’accord. C’est d’ailleurs ce que j’ai écrit dans un billet récent : «cette hausse ne provient certainement pas des hausses salariales du personnel, car les hausses accordées lors de la dernière négociation (et de la précédente) furent en général inférieures à l’inflation; elles auraient donc plutôt eu l’effet de créer un coût structurel négatif!»

    https://jeanneemard.wordpress.com/2013/12/14/les-depenses-gouvernementale-en-sante-en-2030/

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  8. 25 janvier 2014 10 h 44 min

    Il est assez clair que l’argent qu’on gagne dans notre société n’est pas représentatif de notre contribution à la société.

    Qui est plus utile à la société? Qui gagne plus?

    Une éducatrice de CPE ou un biochimiste qui invente des nouveaux pesticides?

    Une préposée aux bénéficiaires dans un CHSLD ou le patron d’un firme de publicité?

    Un avocat qui fait du lobbyisme pour les pipelines à Québec ou une professeure de
    primaire?

    Un médecin qui fait de la chirurgie plastique ou une infirmière dans une école primaire?

    C’est très ironique, mais les femmes occupent très souvent les emplois les plus utiles à la société, qui s’adonnent à être les emplois les moins bien payés. Pendant ce temps, les comptables spécialistes dans l’évasion fiscale font la grosse piasse. Autrement dit, les individus qui ont le plus de responsabilité dans la société et qui sont les plus utiles socialement font souvent partie également des plus pauvres dans la société.

    Généralement, je pense qu’il est plus facile de trouver des tâches que des emplois inutiles. Pour le chirurgien plastique, par exemple. Il peut aider à la reconstruction faciale d’un grand brulé ou injecter du Botox à grand-maman. Mais que certaines tâches soient inutiles, c’est certain. Pire, elles sont souvent nuisibles.

    Encore quelques exemples:

    Tous les emplois qui sont liés au luxe (bijoux, voitures de course, meubles de baron/duchesse fait en XYZ).

    Les ingénieurs qui contribuent à l’obsolescence programmée de produits de consommation. Les gens qui travaillent en commercialisation de la mode (la mode étant une obsolescence programmée subjective, dans le cerveau des gens).

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  9. 25 janvier 2014 10 h 57 min

    Vincent, merci pour ces exemples et cette réflexion! Et il est vrai qu’il faut davantage regarder les tâches que les professions comme telles. Certains avocats, comptables et même économistes (!) contribuent au bien-être de la société, mais beaucoup lui nuisent!

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  10. 25 janvier 2014 12 h 27 min

    J’étais très heureux de lire un billet sur ce sujet, sur ce blogue que je suis depuis un bout de temps. J’avais lu l’article de Graeber au moment de sa parution et c’est un sujet que je trouve très intéressant. J’aimerais aussi trouver une liste plus exhaustive des emplois ou des tâches qui sont inutiles ou nuisibles socialement.

    Il me semble que c’est un contre-argument fondamental à ceux qui font 1) comme si le fait de « faire rouler l’économie » était un bien en soi 2) comme si les gens qui travaillent ont par défaut une autorité plus grande par rapport aux chômeurs, aux étudiants, aux femmes à la maison et aux sans-abris, parce qu’ils contribuent à la société.

    L’idée qu’un travailleur contribue par défaut à la société est davantage une présupposition non-examinée qu’un fait établi.

    Bref, merci pour le billet très intéressant.

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  11. 25 janvier 2014 12 h 35 min

    «L’idée qu’un travailleur contribue par défaut à la société est davantage une présupposition non-examinée qu’un fait établi.»

    Heureusement, nous sommes de plus en plus nombreux à remettre en question ce genre de proposition, qui mène aussi à contester la pertinence de l’utilisation du PIB pour évaluer le bien-être dans une société.

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