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Retour sur le capitalisme vert

10 février 2014

capitalisme-vert (suite)Il y a déjà plus de deux ans, j’ai écrit un billet sur le capitalisme vert, me basant sur ce qu’en disait Jacques Généreux dans son livre La grande régression, position qu’on peut résumer avec cette citation :

«Soutenir un capitalisme durable revient donc à s’engager, plus lentement peut-être mais plus sûrement, dans la même impasse écologique où nous sommes déjà. À part les fous peut-être, tout le monde comprend qu’il ne s’agit pas d’aller moins vite au bout de l’impasse, mais de changer de direction.»

Plus récemment, un contact Facebook (je ne me souviens plus qui…) a suggéré sur le même sujet le texte Green Capitalism: The God That Failed (Le capitalisme vert, le dieu qui a échoué) de Richard Smith, un historien de l’économie. Cet article d’une trentaine de pages, sans compter les notes, est probablement le texte le plus clair et le plus complet que j’ai lu sur la question. Je tenterai ici de le résumer en présentant les éléments qui m’ont le plus marqué.

Introduction

L’auteur débute son texte en résumant les principaux enjeux qui nous confrontent en matière environnementale. En premier lieu, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ne diminuant pas suffisamment pour limiter la hausse de la température à deux degrés d’ici la fin du siècle, on peut s’attendre à un réchauffement minimal de trois à quatre degrés, ce qui entraînerait un grand nombre de désastres :

  • le niveau de la mer augmentera de 25 mètres, engloutissant notamment la Floride, le Bangladesh, New York, Washington, Londres, Shanghai, les côtes et les villes où près de la moitié de la population mondiale vivent actuellement;
  • l’eau potable sera de plus en plus rare;
  • l’agriculture deviendra impossible à bien des endroits;
  • le Sahara s’étendra en Europe;
  • si le méthane enfermé dans le permafrost s’échappe, le réchauffement sera encore plus élevé rendant invivable une portion encore plus grande de la Terre.

Pour maintenir le réchauffement à moins de deux degrés, il faudrait faire diminuer nos émissions de GES de 50 % d’ici 2020 (dans six ans!) et de 90 % d’ici 2050. Selon l’auteur, même les environnementalistes ne semblent pas réaliser l’ampleur des changements de mode de vie nécessaires pour atteindre cet objectif. Ces derniers croient qu’il est possible de faire croître l’emploi tout en faisant diminuer des neufs dixièmes les émissions de GES. Smith, lui, n’y croit pas, surtout dans le cadre du capitalisme.

«[traduction] [L’atteinte de ces baisses] nécessite un contrôle collectif et démocratique sur l’économie pour donner la priorité aux besoins de la société et de l’environnement. Et elle exige une planification économique locale, régionale, nationale et internationale pour réorganiser l’économie et redéployer la main-d’œuvre et les ressources à ces fins. Je conclus donc que, si l’humanité peut être sauvée, nous n’avons pas d’autre choix que de renverser le capitalisme et de le remplacer par une économie écosocialiste démocratiquement planifiée.»

Critique du capitalisme vert

L’expression «capitalisme vert» a commencé à s’implanter dans les années 1980 et 1990. On a vu apparaître à cette époque les premières fermes «bio», l’offre de voyages «écologiques», la promotion de la récupération, les certifications bio, l’investissement dit responsable, les bourses de carbone, les taxes vertes, etc. Si ces initiatives ont toutes eu des effets positifs, «l’écologie mondiale n’en est pas moins en train de s’effondrer plus vite que jamais». Smith présente cinq raisons pour lesquelles le capitalisme vert ne fonctionne pas et ne peut pas fonctionner :

  1. Les entreprises privées visent la maximisation des profits de leurs actionnaires, pas le bien-être, ni même la survie, de l’humanité;
  2. aucun gouvernement ne peut imposer des taxes vertes ou adopter des règlements qui mettraient en faillite des entreprises polluantes, car celà entraînerait des mises à pied et des récessions; et sans ces outils, le capitalisme vert ne peut rien faire;
  3. le capitalisme de marché est écosuicidaire, car il ne peut survivre qu’avec une croissance infinie, croissance bien sûr impossible dans un monde fini;
  4. le capitalisme vert surestime le potentiel de création de produits écologiquement propres et de dématérialisation de l’économie : pour réaliser cette dématérialisation, il faudrait arrêter la production d’une grande proportion des entreprises des secteurs minier et manufacturier, ce qui est impossible dans le cadre du capitalisme (voir le point 2);
  5. le consumérisme et la surconsommation sont essentiels au capitalisme et ne peuvent donc pas être éliminés ou même diminués suffisamment pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES; en effet, les décisions de consommation sont individuelles et ne peuvent donc pas être imposées, ni coordonnées, encore moins à l’échelle planétaire, ce qui est pourtant essentiel pour atteindre ces objectifs.

Échecs du capitalisme vert

Smith recense par la suite les nombreux essais (et échecs) du capitalisme vert pour réduire les émissions de GES tout en permettant la croissance de l’économie et de l’emploi. Faute d’espace, je ne pourrai n’en mentionner que quelques-uns. Il montre que toutes ces initiatives n’ont finalement changé que peu de choses.

– Taxes de carbone et marché du carbone

Ces taxes ne furent jamais assez élevées pour avoir un impact réel; en fait, rares sont les pays qui ont atteint les objectifs du protocole de Kyoto et, encore là, ceux qui les ont atteints l’ont fait en raison d’événements qui n’ont rien à voir avec ces taxes et ce marché. Ce protocole était voué à l’échec dans un monde basé sur la concurrence.

Le marché du carbone et ces taxes n’ont en effet pas pu avoir les effets voulus en raison notamment de la concurrence mondiale et des lobbys des industries polluantes qui ont obtenus de très nombreuses exemptions. Malgré les beaux discours des politiciens, il ne s’est jamais construit autant de centrales au charbon et il n’y a jamais eu autant d’exploitation de sources de pétrole «non conventionnel», beaucoup plus polluant, comme le pétrole de schiste, celui des sables bitumineux et en mer profonde, voire dans des zones polaires. Et les actes concrets pour réduire notre dépendance au pétrole sont constamment remis au jour où il n’y aura plus de pétrole! Si vous avez en tête des exemples vécus au Québec, on se comprend!

– Des solutions qui ne font pas mal…

Dans leurs travaux, un bon nombre d’économistes en arrivent à la conclusion que le fait de ne pas s’attaquer aux émissions de GES coûterait plus cher que de ne rien faire. Par exemple, Nicolas Stern prétendait dans son célèbre rapport que «un pour cent du PIB investi à partir de 2006 aurait suffi à fortement atténuer les effets du changement climatique et qu’autrement ce serait risquer une récession jusqu’à vingt pour cent du PIB mondial.» (selon wiki, il a toutefois avoué en 2008 «avoir «gravement sous-estimé» l’ampleur des risques climatiques et du réchauffement climatique», aveu qu’il a répété récemment en soulignant que la hausse des émissions de GES est beaucoup plus rapide qu’il ne le croyait et aura encore plus d’impact sur l’économie qu’il ne le pensait). Paul Krugman minimise lui aussi le coût des changements nécessaires quand il utilise les modèles du Congressional Budget Office (CBO) pour dire que le PIB des États-Unis ne serait que de 1,0 % à 3,5 % plus bas en 2050 si son pays prenait les mesures nécessaires pour limiter la croissance de la température à 2 degrés.

Ainsi, la croissance infinie ne serait pas mise de côté, ni rendue impossible. La lutte au réchauffement climatique ne ferait pas mal et protégerait même la croissance à long terme davantage que de ne rien faire. Or les calculs de Stern et le modèle du CBO visent des niveaux de concentration dans l’atmosphère beaucoup trop élevés pour restreindre la hausse des températures à 2 degrés. Il minimisent en plus grandement (comme l’a reconnu Stern) les conséquences d’une hausse de 2 degrés. Le rapport Stern reconnaissait d’ailleurs que la limitation des concentrations de GES au niveau de 2005 coûterait trop cher et serait économiquement insoutenable.

Ces débats montrent, selon Smith, qu’une lutte efficace contre le réchauffement climatique ne peut se faire dans un monde capitaliste. En plus, il ne s’agit pas du seul problème environnemental :

«même si nous réussissions à n’utiliser que de l’énergie électrique renouvelable, ce n’arrêterait pas la surconsommation des forêts, des poissons, des minéraux, de l’eau fraîche. Cela n’arrêtait pas la pollution, ne résoudrait pas la crise des déchets ou n’arrêterait pas les changements chimiques [acidification] de l’océan. (…) [Bref,] la croissance perpétuelle nous mène directement à un suicide social»

Plutôt que de tenter de convaincre la population que la lutte au changement climatique, à la pollution et à l’épuisement des ressources peut se faire sans douleur, il faut au contraire dire honnêtement que le mode de vie de l’Amérique du Nord et de l’Europe «est tout simplement non viable», car on aurait besoin des ressources de quatre planètes pour ce faire. Il faut plutôt envisager «la réduction, voire l’élimination de l’utilisation de certains produits, tels que les voitures et les avions, qui sont devenus des éléments importants de la vie d’aujourd’hui pour beaucoup de personnes».

– Et ce n’est pas tout…

L’auteur poursuit sa critique du capitalisme vert sur d’autres sujets que je ne ferai ici que mentionner :

  • les certifications dites vertes sont concurrencées par d’autres certifications moins honnêtes : au bout du compte, leurs critères deviennent de moins en moins contraignants;
  • l’aquaculture ne fait que déplacer le problème de la surpêche : plus d’antibiotiques, d’engrais et de produits chimiques qui polluent les mers, plus de surpêche pour nourrir les poissons en élevage, etc.
  • le «découplage» et la dématérialisation : il s’agit de remplacer le travail polluant et qui utilise beaucoup de ressources par du travail «vert» (investissement dans les énergies renouvelables, emplois dans les services, etc.) : mais, ce concept ne tient pas compte du fait que les économies d’énergies dans un domaine entraînent généralement des augmentations dans d’autres;
  • les automobiles électriques ne sont pas plus vertes : si on considère le calcul basé sur le cycle de vie (construction, utilisation et traitement en fin de vie), ces autos sont aussi nocives que les voitures actuelles;
  • énergies vertes : non seulement la construction des éoliennes et des panneaux solaires exigent de l’énergie et des ressources épuisables, mais elles encouragent la poursuite de l’utilisation d’équipements et gadgets (phones, portables, etc.) polluants et qui épuisent les ressources;
  • peut-on vraiment imaginer que le capitalisme puisse combattre le consumérisme pour le remplacer par des principes plus durables?

Bref, la seule solution, selon l’auteur, est de se débarrasser du capitalisme, de la propriété privée des moyens de production et des inégalités au niveau mondial.

Et alors…

Puis, êtes-vous suffisamment déprimés? Si ce n’est pas le cas, c’est que je n’ai pas pu rendre correctement ce texte.

Je partage en très grande partie les constats de ce texte, si ce n’est que j’ai un peu plus confiance que lui au découplage et à la dématérialisation de l’économie, par exemple en consacrant plus de temps aux services de soutien et moins à la fabrication. Mais, est-ce possible de le faire dans le cadre du capitalisme? C’est de fait douteux, sa démonstration est vraiment solide à cet effet.

Mais, c’est bien beau de dire qu’on doit se débarrasser du capitalisme pour instaurer un monde plus démocratique, mais comment faire cela de façon démocratique, et de le faire partout sur la Terre? Ça, l’auteur ne le dit pas.

Oui, ce texte, et la réalité, sont vraiment déprimants…

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22 commentaires leave one →
  1. Yves permalink
    10 février 2014 5 h 36 min

    « sont vraiment déprimants…«

    Regarde bien ma rainette et tu auras la réponse en ce qui me concerne.

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  2. 10 février 2014 6 h 34 min

    Elle a l’air pensive…

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  3. Mathieu Lemée permalink
    10 février 2014 7 h 10 min

    Un article qui nous donne l’air maussade pour débuter la semaine. Iiiiiiiisssshhhhhhh! Ça fait peur!

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  4. 10 février 2014 7 h 40 min

    Deux bonnes nouvelles Yves, pour votre rainette :

    Alors que la population du reste du monde devrait augmenter d’un peu plus de 10% entre 2013 et 2100, la population européenne devrait, quant à elle, diminuer de 14%, en raison d’une fécondité en dessous du taux de remplacement – 2,1 enfants par femme en moyenne – dans presque tous les pays européens

    http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30521#.Uvi9VXnXdGc

    Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve.

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  5. 10 février 2014 8 h 08 min

    Mathieu

    «Ça fait peur!»

    J’ai donc réussi mon coup!

    Robert

    Votre citation est prise hors contexte. Le «reste du monde» ne comprend pas «les 49 pays les moins développés, qui devraient doubler en taille, passant d’environ 900 millions d’habitants en 2013 à 1,8 milliard en 2050.» Puis :

    «Le rapport montre également que plus de la moitié de la croissance de la population mondiale d’ici 2050 devrait se produire en Afrique. La population de ce continent pourrait ainsi plus que doubler d’ici 2050, passant de 1,1 milliard aujourd’hui à 2,4 milliards en 2050, pour atteindre 4,2 milliards d’ici 2100.»

    Et :

    «La population mondiale actuelle de 7,2 milliards devrait augmenter de près d’un milliard de personnes au cours des douze prochaines années, pour atteindre 8,1 milliards en 2025 et 9,6 milliards en 2050»

    Cela représente une hausse de 33 %, y compris la baisse en Europe. Bizarrement je n’ai pas vu dans l’article l’estimation pour 2100.

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  6. 10 février 2014 8 h 38 min

    C’est effectivement déprimant, mais il faut se le faire dire.

    Par contre, je trouve étrange l’omission du rôle de l’élevage dans les émission de GES. Les écologistes restent souvent silencieux à ce sujet, peut-être pour éviter de passer pour des extrémistes en faveur du droit des animaux.

    Or, l’élevage est responsable à lui seul de 18% des GES. C’est plus que tout le secteur des transport (avions, voitures et bateaux confondus). http://www.fao.org/docrep/010/a0701e/a0701e00.HTM

    De ce point de vue, étrange de dire qu’il faudrait se débarrasser de toutes les voitures et avions, sans mentionner l’élevage. D’ailleurs, les GES ne sont pas les uniques conséquences néfastes de cette industrie. Il suffit de voir de quoi ont l’air les « feedlots » au Texas pour comprendre que c’est écologiquement inacceptable. http://imgur.com/wb9Fu77

    (Notez: ce n’est pas du sang, mais des algues rouges. Très mauvais pour les cours d’eau. Et je ne parle pas des résistances aux antibiotiques qui sortent de ces élevages comme la fumée sort d’une cimenterie).

    En plus, j’ai déjà lu un rapport qui démontrait que la pollution liée au cycle de production des voitures électriques était négligeable comparativement à celle liée à sa consommation d’énergie. Je suis incapable de retrouver l’étude originale, mais plusieurs choses ont été écrites à ce sujet :

    http://www.theguardian.com/environment/blog/2012/oct/05/electric-cars-emissions-bad-environment

    Évidemment, le mieux, au point de vue personnel, c’est de faire du vélo/étaubus et de ne pas manger de viande. Au point de vue social, d’encourager les autres à utiliser les transports actifs/collectifs et à réduire/éliminer leur consommation de viande.

    Au point de vue politique… c’est moins clair. S’agit-il de voter différemment? Ça ne ferait pas de tort. Mais serait-ce assez? Pas sûr.

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  7. Gilbert Boileau permalink
    10 février 2014 8 h 50 min

    Beaucoup de drames à l’horizon. Et peu de solutions à moyen et long terme. Donc beaucoup de réflexion …Merci de nous prévenir.

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  8. Sciencesenviro permalink
    10 février 2014 10 h 15 min

    Excellente analyse ! Je voulais écrire un texte dans ce sens, mais je n’aurais pas fait mieux. Un concept également à descendre est le développement durable. Un bel oxymore utilisé à toutes les sauces.

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  9. 10 février 2014 10 h 56 min

    Vincent

    «De ce point de vue, étrange de dire qu’il faudrait se débarrasser de toutes les voitures et avions, sans mentionner l’élevage»

    L’auteur n’utilise cette phrase que comme un exemple pour montrer l’ampleur des changements nécessaires à notre mode de vie (cette phrase est d’aillers tirée d’une citation d’un autre auteur). Cela n’exclut bien sur pas la nécessité d’autres changements.

    Sur les autos électriques, j’ai lu bien des textes contradictoires. Cela dit, il est indéniable que leur construction, notamment pour les batteries, utilise des ressources en voie d’épuisement. Quant à sa consommation d’énergie, ses effets dépendent de la source de l’électricité (par exemple, centrales hyroélectriques ou centrales au charbon).

    «S’agit-il de voter différemment? Ça ne ferait pas de tort. Mais serait-ce assez?»

    Sûrement pas, d’autant plus que le problème est mondial et exige des mesures transnationales. Cela dit, cela ne peut pas faire de tort!

    Gilbert

    « peu de solutions à moyen et long terme»

    Oh, il y en a! Mais elles sont très (très, très) Difficile à implanter!

    Sciencesenviro

    «Excellente analyse !»

    En effet, bravo à Richard Smith!

    «Un concept également à descendre est le développement durable»

    Il fait pour moi partie du concept du capitalisme vert.

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  10. Terez L. permalink
    10 février 2014 23 h 24 min

    Excellent condensé du long texte de M. Smith. Effectivement, il n’y en aura pas de facile. Je discute de temps en temps de la sortie du pétrole avec des personnes beaucoup plus jeunes que moi et je crois qu’ils ne sont pas très réalistes quand aux implications qu’aura sur leur quotidien cette sortie des énergies fossiles. Plusieurs ne semblent pas savoir que les hydrocarbures ont une densité énergétique que n’ont pas et que n’auront jamais les sources d’énergies renouvelables.

    Le monde de demain risque d’être très différent de ce qu’il est aujourd’hui. Nous aurons besoin de ressources intérieures puissantes pour relever les défis qui nous attendent lorsque les ressources extérieures seront épuisées. La pensée magique ne suffira pas!

    Heureusement, les femmes sont faites fortes! LOL

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  11. 11 février 2014 5 h 44 min

    «Plusieurs ne semblent pas savoir que les hydrocarbures ont une densité énergétique que n’ont pas et que n’auront jamais les sources d’énergies renouvelables.»

    C’est de fait un concept pas assez discuté et reconnu.

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  12. 11 février 2014 6 h 31 min

    S’agit-il de voter différemment? Ça ne ferait pas de tort. Mais serait-ce assez? Vincent

    Par voter différent, vous voulez dire voter pour un autre parti que le PQ, le PLQ ou la CAQ ?

    Il ne serait pas suffisant de voter pour un parti mineur, encore moins pour un parti marginal. La décroissance demande un changement de paradigme électoral.

    Que diriez-vous qu’à son entrée aux Nations unies, le Québec, après l’avoir adopté et expérimenté le temps qu’il faut, propose à ses pairs que le droit de vote soit pondéré en fonction de l’espérance de vie. Au progrès en santé comme critère, il faudrait tenir compte de l’état de l’environnement au pays.

    J’ai estimé qu’il reste 35,303,994 années à vivre aux 446,886 Québécois de moins de 5 ans, 30,208,057 aux 5-9, 26,346,879 aux 10-14, … contre 140,745 aux 90-94, 19,176 aux 95-99 et 1,625 aux 100 ans et plus.

    https://www.facebook.com/robert.lachance.3532 (graphique du 15 décembre dernier)

    Les moins de 18 auraient évidemment ce droit de vote, qui serait exercé par la mère le temps qu’il faut bien entendu.

    – Jules Verne, sors de ce corps !

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  13. 11 février 2014 7 h 11 min

    Selon un rapport des Nations unies, la planète compterait 10,9 milliards d’humain en 2100. Le nombre a été revu à la hausse dans cette révision de 2012 par rapport à 2010, en raison semble-t-il d’une hausse de la fécondité dans l’Afrique subsaharienne.

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/onze-milliards-de-terriens-en-2100-dont-3-milliards-auront-plus-de-60-ans_3429978_3244.html

    Ce nombre est fondé sur des hypothèses historiques; elles ne tiennent pas toujours de recensement en recensement. Il y a quelques années, sur la foi de Jacques Henripin 1994 et de l’Institut de la statistique du Québec, j’avais estimé que la ville de Québec compterait moins de 200 mille personnes en 2108.

    Avec des statistiques plus récentes, le déclin est toujours en vue mais moindre. Nous sommes en sous-natalité en cascade, le nombre de femmes de souche fortement majoritaires diminue d’un trente ans à l’autre, l’âge moyen de la maternité.

    Au début des 1980, j’ai lu des prévisions de la Société de l’assurance automobile qui laissait croire que la population de Québec dépasserait le million en l’an 2000.

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  14. 11 février 2014 8 h 09 min

    «Nous sommes en sous-natalité en cascade»

    Vraiment, vous tapez toujours sur le même clou! Mais là, voir en l’augmentation des naissances une solution au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources, ça me dépasse! Bien qu’il soit possible que vos commentaires n’aient simplement aucun lien avec le billet!

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  15. François Doyon permalink
    11 février 2014 16 h 58 min

    La consommation peut-elle être une façon d’agir politiquement? Une somme d’actes de consommation individuels peut-elle améliorer le monde? « Acheter, c’est voter » est la prémisse fondamentale du discours des organismes qui font la promotion de la consommation « responsable » comme Équiterre. C’est la croyance qu’un monde meilleur peut s’acheter. Vous voulez sauver l’environnement? On vous dira d’acheter des aliments biologiques. Vous voulez combattre la pauvreté dans les pays en voie de développement? On vous dira d’acheter des produits « équitables ». Malheureusement, malgré toutes les bonnes intentions du monde, il semble que tout ce qu’on réussit à acheter avec les produits dit « responsables », c’est une bonne conscience.
    http://vitamimpenderevero.wordpress.com/2014/02/11/ethique-consommee-le-meilleur-des-mondes-serait-il-a-vendre/

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  16. 11 février 2014 18 h 09 min

    «La consommation peut-elle être une façon d’agir politiquement?»

    L’auteur aborde de cette question, mais soulève le fait que «les décisions de consommation sont individuelles et ne peuvent donc pas être imposées, ni coordonnées, encore moins à l’échelle planétaire, ce qui est pourtant essentiel pour atteindre ces objectifs.». J’ai tendance à être d’accord avec lui.

    «Une somme d’actes de consommation individuels peut-elle améliorer le monde?»

    Mais, comment faire pour la coordonner et éviter le comportement des passagers clandestins?

    Je vois que votre billet va dans ce sens là…

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  17. Oli permalink
    11 février 2014 18 h 18 min

    Pour ce qui est des actes de consommation individuels, j’ai l’impression que de miser fortement sur ce genre de méthode constitue dès le départ une concession au mode de pensée capitaliste qui voudrait qu’il n’y ait pas lieu d’agir politiquement sur l’économie, et qu’il faille donc « jouer leur jeu » en agissant individuellement sur le marché, où la balance du pouvoir est massivement et systématiquement de leur côté. Puisque nous devons consommer, autant être sélectifs dans la mesure du possible, mais ça n’est pas près de former un outil de changement social!

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  18. 11 février 2014 19 h 46 min

    Bien d’accord, Oli.

    J'aime

  19. 12 février 2014 10 h 57 min

    « Mais là, voir en l’augmentation des naissances une solution au réchauffement climatique et à l’épuisement des ressources, ça me dépasse! »

    Formulé comme ça, moi aussi; vous me faites réfléchir tant bien que mal et mes idées ne s’en porteront que mieux.

    Revenons si vous le voulez bien pour l’instant à ma citation, j’y soupçonne une erreur. Il ne sera jamais trop tard par la suite pour revenir au sujet évident de votre billet.

    Alors que la population du reste du monde devrait augmenter d’un peu plus de 10% entre 2013 et 2100, la population européenne devrait, quant à elle, diminuer de 14%, en raison d’une fécondité en dessous du taux de remplacement – 2,1 enfants par femme en moyenne – dans presque tous les pays européens

    Population du reste du monde ? Comprendre du monde sauf l’Europe. Le reste du monde n’augmenter que de si peu que 10% entre 2013 et 2100, j’aurais du être incrédule.

    J’ai trouvé sur Wikipédia que la population européenne (UE-27) en 2012 était de 504 millions, 7% de 7,2 milliards la population mondiale. En complémentaire, le monde sans UE-27 compte 6,7 milliards d’humains.

    504,000 X (100 – 14) % ou 0,86= 433,440 millions;
    6,700,000 X 110 % = 7,370,000;
    433,440 + 7,370,000 = 7,803,440

    On est loin du 10,9 milliards d’humains comme population mondiale en 2100 que je mentionne dans un commentaire précédent ici. J’aurais écrit 63 % au lieu d’un peu plus de 10% : 10,9 / 6,7 = 1,63 ou 4,2 / 6,7 = 0,63.

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