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Galbraith contre Piketty

22 mai 2014

 

galbraith-PikettyIl n’y a pas que la droite qui s’en prend au livre de Thomas PikettyLe Capital au XXIe siècle (auquel j’ai consacré quatre billets). Si Paul Krugman a bien expliqué dans cette chronique la panique bien justifiée de la droite (enfin, de son point de vue!) face aux preuves inébranlables fournies par Piketty sur la croissance des inégalités de revenus et de patrimoine, bien peu de personnes ont soulevé les attaques de la gauche contre ce livre.

C’est pourtant une critique très sévère que James K. Galbraith a écrite au sujet du livre vedette de Thomas Piketty. Je vais tenter de faire le tour de ces critiques pour voir si elles se justifient.

Critiques

– le capital

La première chose que Galbraith reproche à Piketty est l’utilisation qu’il fait du terme «capital». Pour Galbraith, le capital, comme le disait Karl Marx, est le contrôle des moyens de production (notons que Galbraith n’est pas le seul gauchiste à avoir fait ce reproche à Piketty). Il est aussi, dans l’étude de la productivité, le montant investi pour l’achat des équipements de production (ou leur valeur). Or, ce n’est manifestement pas de quoi parle Piketty. Dans son livre, il explique clairement qu’il associe le terme «capital» au stock de richesse accumulé, que cette richesse, ou ce capital ou ce patrimoine, ait la forme de biens physiques (comme des maisons) ou de placements financiers.

Par cette critique, Galbraith reproche plus à Piketty d’avoir parlé d’autre chose que ce que Galbraith aurait voulu qu’il parle, on dirait. Comme le dit Braford Delong dans ce billet, on dirait que Galbraith a interprété le livre de Piketty comme un livre sur la production et non un livre sur la distribution des revenus et des richesses : «[traduction] Le livre de Piketty porte sur les inégalités et le pouvoir des riches sur la société, pas sur l’accumulation et la croissance de la productivité. Je ne sais pas où Galbraith a pu penser qu’il portait sur ce sujet».

Galbraith reproche aussi à Piketty d’utiliser la valeur monétaire courante des actifs financiers. Mais, même quand on évalue des actifs physiques, comme des maisons ou même des équipements de production, on utilise toujours des valeurs monétaires courantes! Quand la valeur monétaire des maisons diminue, la valeur de l’actif diminue aussi, comme c’est le cas avec des actifs financiers! Bien sûr, la valeur des actifs financiers fluctue davantage, mais Piketty le mentionne aussi clairement dans son livre et considère cette valeur fluctuante comme un des facteurs qui explique les mouvements de la répartition des richesses au cours des dernières décennies (et même des derniers siècles). Il est difficile de voir où veut aller Galbraith par cet argument.

En fait, Galbraith consacre près de la moitié de son texte à soulever les supposées contradictions de Piketty sur le capital physique, alors qu’il lui reproche de considérer aussi le capital financier! Et, je le répète, il est clair que Piketty ne parle pas de ça…

– sources disponibles

Galbraith reproche aussi à Piketty de mentionner que les seules sources fiables pour évaluer les inégalités de revenus sont les données des déclarations sur le revenu, alors que lui-même (Galbraith) a participé à une étude utilisant d’autres données. Je commenterai d’ailleurs cette étude plus loin dans ce billet…

Il reproche aussi à Piketty de trop «sanctifier» les données tirées des déclarations sur le revenu. Pourtant, Piketty est le premier à préciser dans son livre que la fiabilité de ces données varient selon les pays et qu’elles ne peuvent tenir compte de l’évasion fiscale, notamment dans les paradis fiscaux. Encore une fois, on se demande où veut en venir Galbraith…

– autres critiques

Galbraith critique aussi certains aspects théoriques de la présentation de Piketty. Je n’embarquerai pas là-dedans (la controverse des deux Cambridge «sur la nature et le rôle des biens d’équipement (moyens de production)»…), car, il importe peu dans le cadre de cette critique de savoir qui a raison. En effet, comme cette controverse porte sur les moyens de production et que le livre de Piketty n’aborde pas du tout cette question, elle n’a rien à voir avec son livre (comme le mentionne aussi DeLong «[this] problem has no relevance» ou, cette question n’a aucun rapport avec ce livre…). On se demande encore une fois où Galbraith veut en venir.

Finalement, Galbraith critique les solutions proposées par ce livre, que Piketty lui-même a qualifiées d’utopiques (et que j’ai moi aussi trouvées peu convaincantes). Elles consistent surtout à hausser fortement le taux marginal d’imposition maximal et à créer une taxe internationale sur le capital et la richesse, tant sur les héritages que sur les actifs. Galbraith les trouve insuffisantes (avec raison, je trouve) et, au moins, fait cette fois quelques suggestions qui sont positives (il était temps!) : hausse du salaire minimum, appui à la syndicalisation, imposition complète des gains en capitaux et des dividendes, et remplacement des banques privées par des coopératives et des banques publiques. Tout cela est juste et bon, mais le problème est le même qu’avec les suggestions de Piketty : comment les implanter? Au Québec, on peut bien voter pour QS dans ce but (tout cela est dans son programme), mais aux États-Unis?

L’étude de Galbraith

L’étude à laquelle Galbraith a participé avec Travis Hale, The Evolution of Economic Inequality in the United States, 1969-2012: Evidence from Data on Inter-industrial Earnings and Inter-regional Incomes, (L’évolution de l’inégalité économique aux États-Unis, de 1969 à 2012 : Examen des données sur les gains entre les industries et des revenus entre les régions) utilise de fait d’autres données, du moins dans sa première partie.

Les auteurs y analysent l’évolution des inégalités des salaires entre les états et les industries entre 1969 et 2012. Quoique intéressante – les auteurs observent des tendances assez similaires à celles analysées par Piketty pour la même période – cette étude comporte des lacunes importantes par rapport aux résultats obtenus par Piketty.

Tout d’abord, en comparant les salaires entre les industries et en ne tenant pas compte des différences de salaires de chaque personne travaillant dans chacune de ces industries, les auteurs négligent le rôle de l’augmentation de ces écarts de salaires sur les inégalités. Les auteurs ont beau prétendre que ces écarts varient peu (sans citer la moindre source pour appuyer leur affirmation), de nombreuses données montrent que les dirigeants des entreprises et les employés les plus scolarisés ont connu des hausses salariales supérieures à celles des employés les moins scolarisés (d’autant plus que le salaire minimum aux États-Unis a beaucoup moins augmenté que l’inflation au cours de cette période).

Ensuite, la part des salaires dans les revenus totaux a diminué fortement au cours de cette période. Utiliser les données des salaires pour estimer l’évolution des inégalités ne peut donc que les sous-estimer, puisque les autres types de revenus (intérêts, gains en capital, dividendes, etc.), qui ont gagné en importance, sont beaucoup plus concentrés chez les personnes aux revenus les plus élevés.

Mais, le plus rigolo dans cette étude est que sa dernière partie (estimation de l’évolution des inégalités par région) utilise les données que Galbraith critiquaient quand Piketty les utilise dans son livre, soit celles tirées des déclarations de revenus! À la page 11, l’étude cite même le livre de Piketty en le qualifiant de (traduction) «travail majeur sur hauts revenus», alors qu’il ne parlait dans sa critique que de «bonnes informations» pour qualifier les données fournies par Piketty dans son livre!

Et alors…

J’ai moi-même reproché au livre de Piketty quelques manques, notamment sur son attachement à l’économie marchande (ne considérant pas l’économie domestique, entre autres) et aux données monétaires, et sur le peu d’importance qu’il a accordé à l’environnement. Ayant critiqué certains aspects de ce livre, je n’ai donc aucun problème à ce que d’autres personnes le critiquent sous d’autres aspects.

Par contre, la critique de Galbraith est carrément en dehors de la carte et semble de mauvaise foi. Je ne peut que répéter : où veut en venir Galbraith avec cette critique?

En supplément : une entrevue donnée par James Galbraith sur le sujet. Je l’ai trouvé plus clair et moins agressif envers le livre de Piketty que dans son article. Il apparaît de 3 min 50 à 11 min 45.

 

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23 commentaires leave one →
  1. 22 mai 2014 7 h 47 min

    Avez-vous lue / que pensez-vous de la critique de David Harvey? http://davidharvey.org/2014/05/afterthoughts-pikettys-capital/

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  2. 22 mai 2014 9 h 45 min

    «Avez-vous lue / que pensez-vous de la critique de David Harvey?»

    Non, je ne l’avais pas lue, mais là, c’est fait!

    Je la trouve nettement mieux équilibrée que celle de Galbraith. Cela dit, j’y ai noté deux imprécisions.

    «But a statistical regularity of this sort hardly constitutes an adequate explanation let alone a law.»

    De mémoire (j’ai fini ce livre en janvier), la «loi» de Piketty n’est pas de dire que r est toujours plus élevé que g, mais que SI r est plus grand que g, alors les inégalités augmentent. Ce n’est pas un principe ou une loi, en fait, mais simplement un résultat mathématique. Et, il explique que c’est le cas depuis la fin des Trente glorieuses. Il est vrai qu’il n’explique pas ce résultat à fond, mais mentionne tout de même la baisse des impôts sur les hauts revenus et sur le patrimoine, de même que la baisse de l’imposition des gains en capital et des dividendes. Je suis d’accord qu’il y a d’autres facteurs (baisse de la syndicalisation et du salaire minimum réel, entre autres). J’ai d’ailleurs approuvé les mesures supplémentaires proposées par Galbraith.

    «It rests on a mistaken definition of capital.»

    Encore cet argument… Désolé, mais comme Piketty évalue r en fonction de tous les actifs (ce qui est le cas, les recettes – intérêts, dividendes et autres – tirés des actifs financiers faisant pour la plupart partie des revenus), il est normal qu’il définisse son capital (qu’il nomme d’ailleurs plus souvent «richesse» ou «patrimoine», ce qui est préférable pour éviter la confusion) en conséquence. Et, r s’applique aussi bien sur les investissements productifs que sur le capital financier non productif (ce qui est bien sûr un problème que Piketty ne commente pas suffisamment, je suis d’accord).

    Bref, j’ai préféré cette critique, mais elle comprend des éléments très discutables.

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  3. 22 mai 2014 12 h 48 min

    Merci pour vos éclairants commentaires

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  4. Richard Langelier permalink
    22 mai 2014 21 h 59 min

    Il y a des articles de Michel Husson, chaque semaine sur le site «Presse-toi à gauche». Je suis incapable de sentir la volonté de Bernard Rioux et Pierre Mouterde de transformer l’oeuvre de Marx en catéchisme dont ils auraient la meilleure exégèse. J’ai feuilleté des livres de Husson à la bibliothèque. À mon âge, je «barre» souvent des auteurs sur des impressions. Que ceux qui sont sans péché me lancent la première pierre!

    Lors de mon bac, j’ai lu Robert Boyer. J’y ai vu une tentative de faire de «l’économétrie marxiste».

    Lorsque je lirai «Le capital au XXIe siècle…», s’il y a des chapitres sur la façon de mesurer le capital, je les sauterai illico. Je viens d’écouter la trop brève entrevue de Piketty à RDI Économie. Il rappelle que les pressions sur le gouvernement suisse viennent de donner des résultats. Alors, ses pistes de solution seraient utopiques?

    J’ai vu le film «Anticosti : La chasse au pétrole extrême» à Télé-Québec. Je ne sais pas si Dominic Champagne et Pierre-Étienne Lessard ont retenu la quintessence des propos des sociologues Gilles Gagné et Éric Pineault. Gilles Gagné rappelle cette trivialité : «on nous fait croire que si nous achetons une bouteille d’eau qui a fait une fois et demie le tour de la Terre, nous avons progressé». Il me semble qu’être altermondialiste, c’est de vouloir poursuivre l’échange entre les peuples avec des traités commerciaux incluant des clauses sociales et environnementales. Est-ce qu’Hydro-Québec devrait accorder une tarification moins élevée aux producteurs de légumes en serre, pour que nous puissions manger des légumes frais toute l’année? Est-il possible de quantifier les économies de coûts pour le système de santé au Québec que cette mesure engendrerait? Je ne rejette pas l’économie politique (dont ses outils comme l’économétrie, les enquêtes de Stat-Can). Je ne tranche pas dans le débat : décroissance, croissance zéro, croissance soutenable (calque de l’anglais). D’ores et déjà, je pense qu’il se produit assez de «richesses» au Québec, pour réduire les inégalités, ne serait-ce que par un retour aux taux d’imposition des particuliers et des entreprises qui prévalaient avant les années Bouchard et Charest. Est-ce que ça suffirait pour réduire mon temps d’attente au CHUM-Notre-Dame pour un test d’imagerie médicale, pour que l’équipe médicale de l’Hôtel-Dieu de Québec, seul endroit où se pratique l’intervention chirurgicale pour l’implant cochléaire, puisse prendre une décision? Je l’ignore. Par contre, je constate qu’il y a consensus entre le gouvernement Couillard, l’opposition péquiste et la CAQ pour couper dans les budgets trop épais (Plume). La seule question qui a été posée hier par Céline Galipeau aux commentateurs Michel David, Daniel Lessard et Tasha Kheiriddin était: «Philippe Couillard réussira-t-il à convaincre les Québécois qu’ils doivent cesser de vivre au-dessus de leurs moyens?». Je suis pessimiste, mais j’ose affirmer comme Piketty que ce qui semble utopiste peut aboutir graduellement.

    Commentaire rédigé avec un oeil sur le hockey, au cas où il y aurait une parade de la Coupe Stanley sur la rue Ste-Catherine, cette année, ce qui serait meilleur pour l’augmentation du PIB que les manifestations étudiantes.

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  5. 22 mai 2014 22 h 15 min

    «ce qui serait meilleur pour l’augmentation du PIB que les manifestations étudiantes»

    Pas sûr… Ça me prendrait une étude approfondie pour m’en convaincre!

    «Je viens d’écouter la trop brève entrevue de Piketty à RDI Économie»

    Je l’ai bien sûr écoutée moi aussi. Et, j’ai bien remarqué qu’il a dit que l’objet premier de son livre était de documenter la hausse des inégalités pour que tout un chacun puisse développer ses propres solutions, pas de les proposer. Cela dit, il en a proposées, ce qui n’est, de fait, pas la partie la plus solide de son livre.

    «Je suis pessimiste, mais j’ose affirmer comme Piketty que ce qui semble utopiste peut aboutir graduellement.»

    C’est de fait un bon point…

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  6. Jean-Marie Coen permalink
    22 mai 2014 22 h 38 min

    Je comprends qu’on ne peut pas faire dire à un livre ce qu’il ne dit pas. Mais en même temps, restreindre le débat autour d’un livre d’économie à ce seul livre, c’est peut-être réducteur aussi.

    Je trouve que le fait de critiquer le livre de Picketty « pour ce qu’il ne dit pas » se justifie pour au moins trois raisons.

    D’abord, le choix du titre invite lui-même à une certaine critique. On s’entend que le choix d’un titre est une décision qui échappe en partie à l’auteur : l’éditeur a aussi son mot à dire, et il faut bien vendre une telle brique. Mais l’avoir intitulé « Le capital au 21e siècle », alors que le livre ne parle pas du « capital » dans son sens économique strict (qui englobe plutôt les moyens de production et les actifs financiers, et même si les fruits de ceux-ci entrent dans le cadre d’étude de Picketty), c’était s’attirer des critiques par avance. Comme le souligne Darwin, il aurait mieux valu intituler cette somme « le patrimoine » ou « la richesse au 21e siècle ». Ce n’est pas très important, mais c’est déjà un point. Et qui entraîne une série d’autres discussions quand on le prend au mot. Ne fut-ce que pour faire sortir le travail de Picketty de son cadre néo-classique et l’ouvrir à d’autres écoles de pensée économique, ce qui ne peut qu’enrichir le débat. Je trouve notamment que la critique faite par David Harvey (citée plus haut) est très pertinente.

    Deuxièmement, la place que prend le livre de Picketty dans le débat économique « grand public » actuel, son statut de best-seller (au corps défendant de son auteur, sans doute), de « nouveau capital », ne peut qu’amener les autres économistes à vouloir, très sainement, redonner au travail de Picketty sa vraie dimension. Donc oui, il amène par exemple un énorme argument contre le théorie du « trickle-down efect », et rien que pour cela son livre va faire date. Mais il n’épuise pas la réflexion sur la question économique, loin s’en faut. Ça va de soi, bien sûr. Mais dans l’effervescence actuelle, c’est bon à rappeler et il est utile que d’autres économistes le soulignent. Parce que sinon, on pourrait rester avec l’impression que Picketty a épuisé le débat, alors qu’il ne fait qu’effleurer certaines de ses autres dimensions fondamentales – voir ci-dessous. Et ce n’est pas un reproche que de dire ça : le livre est majestueux. Mais l’emballement médiatique autour rend nécessaire et utile, je pense, de recadrer son importance et sa portée.

    Ceci d’autant plus que, par les solutions qu’il préconise, et dont beaucoup, lui en premier, reconnaissent le caractère quelque peu utopique dans la conjoncture politique actuelle, il montre les limites de son analyse, quand elle aborde un champ qui, bien sûr, n’est pas le sien ni celui de son livre : l’analyse politique des causes et des remèdes à ce qu’il observe si bien. Intervenir notamment sur les salaires et la syndicalisation, comme le proposent Galbraith et d’autres, a bien du bon sens aussi. Mais Picketty n’évoque pas ces solutions là, alors même qu’elles font bel et bien partie du cadre d’études qu’il s’est fixé. On peut lui en faire la remarque à bon droit, et vouloir élargir un champ de propositions alternatives qu’il restreint peut-être un peu trop.

    En fait, on pourrait aller plus loin ici, et considérer qu’un certain nombre de critiques qu’il reçoit découlent d’un cadre d’analyse politique trop étroit, qu’on pressent et dans son livre et dans certaines de ses interventions publiques. Admettons le : le meilleur économiste du monde ne peut donner que ce qu’il an, et Picketty donne déjà énormément. Mais encore une fois, il est de bon ton de souligner – tout en les acceptant – les limites d’une oeuvre qui fait tant parler d’elle. C’est aussi ainsi que progresse la science et le débat public.

    Bref, redonner à ce livre sa vraie dimension, éminente mais pas définitive, me paraît très sain pour le débat économique et politique qui doit s’en suivre, et se poursuivre. Souligner certaines limites ou lacunes de son cadre analytique ou conceptuel est salutaire. Ce livre n’épuise pas, loin de là, le débat politique et économique. Ce n’est d’ailleurs certainement pas la volonté de Picketty.

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  7. Richard Langelier permalink
    22 mai 2014 22 h 43 min

    «ce qui serait meilleur pour l’augmentation du PIB que les manifestations étudiantes»
    Pas sûr… Ça me prendrait une étude approfondie pour m’en convaincre!»

    C’était évidemment une blague. Je ne jette pas aux orties l’outil PIB, puisqu’il n’y a pas consensus sur de meilleurs outils. Je rappelle, comme tu l’as fait souvent qu’on pourrait y additionner et soustraire n’importe quoi (poivre de Cayenne moins frais de scolarité indexés selon la méthode péquiste), bières aux Cages aux sports moins grabuges plus ou moins grands que lors des manifestations étudiantes et des manifestations contre la loi 178…

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  8. 22 mai 2014 23 h 23 min

    @ Jean-Marie Coen

    «D’abord, le choix du titre invite lui-même à une certaine critique.»

    Vrai. Intituler un livre ainsi, c’est courir après les comparaisons avec Marx et, quelque part, de la fausse représentation.

    «alors que le livre ne parle pas du « capital » dans son sens économique strict»

    Là, je suis plus ou moins d’accord. Le mot «capital» a plusieurs sens en économie, dont celui que lui donne Piketty. Même dans les états financiers d’une entreprise, le capital (actif moins passif) inclut souvent des placements financiers. C’est uniquement dans le sens marxiste du terme que le capital se limite aux moyens de production.

    «Et ce n’est pas un reproche que de dire ça : le livre est majestueux. Mais l’emballement médiatique autour rend nécessaire et utile, je pense, de recadrer son importance et sa portée.»

    Bien d’accord! Mais, cela dépasse les intentions de l’auteur! Je connaissais Piketty bien avant ce livre…

    « Intervenir notamment sur les salaires et la syndicalisation, comme le proposent Galbraith et d’autres, a bien du bon sens aussi. Mais Picketty n’évoque pas ces solutions là, alors même qu’elles font bel et bien partie du cadre d’études qu’il s’est fixé. »

    Encore là, rien à redire, sinon que, comme Piketty l’a bien dit ce soir (et comme je l’ai compris dans ce livre), son intention première était de montrer le portrait pour que d’autres en tirent les conclusions adaptées à leur pays. Personnellement, je lui reproche presque d’avoir même avané des solutions. Ce n’était pas l’objet de ce livre. Mais, en même temps, cela aurait été décevant qu’il ne le fasse pas!

    @ Richard Langelier

    «C’était évidemment une blague»

    Comme ma remarque! 😉

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  9. Richard Langelier permalink
    23 mai 2014 14 h 44 min

    @ Darwin

    «C’était évidemment une blague»
    «Comme ma remarque!»
    Je suis tellement près du solipsisme que je ne vois plus les blagues des autres. C’est dangereux… pour moi. Je m’en vais, de ce pas, consulter le Doc Mailloux, lui i conna ça!

    Je reviens au thème du billet. Puisque tout le monde a visité un Club Price, Piketty n’avait pas à réécrire : «La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une immense accumulation de marchandises…», ni reprendre cette bonne blague : «Friedrich Engels a intercalé ici dans le texte, entre parenthèses, dans la quatrième édition allemande, le passage suivant : (Et non simplement pour d’autres. Le paysan au moyen âge produisait la redevance en blé pour le seigneur féodal, la dîme en blé pour la prêtraille. Mais ni le blé de la redevance, ni le blé de la dîme ne devenaient marchandises, du fait d’être produits pour d’autres. Pour devenir marchandise, le produit doit être livré à l’autre, auquel il sert de valeur d’usage, par voie d’échange.)
    Engels a ajouté en note la remarque suivante : «J’intercale ici ce passage entre parenthèses, parce qu’en l’omettant, il est arrivé souvent, que le lecteur se soit mépris en croyant que chaque produit, qui est consommé par un autre que le producteur, est considéré comme une marchandise.». [1]

    Tout cela peut paraître pataphysique. Pourtant, Olivier Clain explique l’énigme de ce premier chapitre du Capital, dans «Marx philosophe» de la Collection Société (2009): «On y traite de la société marchande en général qui se caractérise d’abord par le fait que les objets qu’on échange sont produits en vue de cet échange, que les producteurs de marchandises (petits propriétaires ou grands entrepreneurs, formellement indépendants les uns des autres), décident de la nature et de la quantité de biens qu’ils produisent, pour les vendre librement sur le marché et se procurer d’autres marchandises». [2]

    À mon avis, c’est Polanyi qui a le mieux expliqué ce qui nous semble tautologique aujourd’hui http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Grande_Transformation . Pour les pistes de solution, ce texte d’Éric Pineault http://classiques.uqac.ca/contemporains/pineault_eric/Notes_question_apres_capitalisme/Notes_question_apres_capitalisme.pdf complète bien celles qui ont été avancées par Piketty en entrevue à RDI Économie.

    Quant aux solutions que devrait proposer Québec solidaire pendant le mandat de Couillard pour aller chercher des points de pourcentage lors des prochaines élections, je ne suis pas un grand stratège comme Jean-François Lisée. Je laisse cette «job cruelle» aux plus fittés que moi.

    [1] Le Capital, Éditions sociales, 1978, p. 56
    [2] Marx, marqué autant que Denise Bombardier et moi par une enfance à l’eau bénite, donne l’exemple du producteur qui échange le fruit de son travail contre l’achat d’une Bible pour reposer son âme.

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  10. Jean-Marie Coen permalink
    24 mai 2014 15 h 11 min

    Bonjour Richard,

    Je ne comprends pas tout ce que tu as voulu dire dans ton billet, mais merci pour cette référence au texte d’Eric Pineault, très intéressant. (Pour l’anecdote, a-t-il vraiment une aussi mauvaise orthographe, ou est-ce la retranscription de son texte qui a laissé autant de coquilles?)

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec certaines de ses prémisses : le capitalisme doit-il être considéré comme une idéologie, ou plutôt comme un système juridique ? J’aurais tendance à répondre par la deuxième. Sont des idéologies, par contre, « le libre marché », le libéralisme, le néolibéralisme, et tous les -ismes en général.

    Mais cela n’enlève rien à la pertinence de son texte, ni à celle de la thèse de Polanyi.

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  11. 24 mai 2014 18 h 15 min

    Moi, je vais lire le texte d’Éric Pineault dans quelques jours (je suis un peu pris…) et le livre de Polanyi… je ne sais pas trop quand, mais à un moment donné!

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  12. Richard Langelier permalink
    24 mai 2014 20 h 30 min

    Bonjour Jean-Marie,
    Je te remercie d’utiliser le tutoiement. Je ne le fais jamais en premier, sur un blogue.

    Je ne pourrais te dire s’il s’agit de coquilles. Il est précisé que c’est un article inédit préparé à partir d’un pour la revue Relations. Il tape peut-être à deux doigts comme moi. C’est peut-être le bénévole responsable des Classiques des sciences sociales qui l’a tapé à partir d’une photocopie. Je dirais bien que tout cela s’explique par le laxisme qui prévaut depuis la démocratisation de l’enseignement, alors que «nous» du cours classique avons appris à écrire, malgré les Frères du Sacré-Coeur, parce que nous lisions Grevisse, écoutions Judith Jasmin et Aline Desjardins, mais ce serait simplifier le réel à outrance.

    Si je me souviens bien, c’est Jean-Jacques Rousseau qui a écrit : «Celui qui a décidé de clôturer un terrain et a trouvé des gens assez naïfs pour le croire, a inventé la propriété privée.» Je pense, moi aussi que c’est plutôt un rapport de forces qui a permis de rendre légale l’enclôture. Je croyais que c’était le droit romain qui avait instauré le principe «jus usus et abusus», mais la magie des moteurs de recherche m’a fait découvrir http://www.pauljorion.com/blog/?p=32572 .

    Hier, le dilettante que je suis a sorti de sa bibliothèque le Livre premier du Tome 1 du Capital [1], celui du premier tome des oeuvres de Marx dans La Pléiade [2]. J’ai jammé. Si j’étais responsable de Jeanne Émard, je ne laisserais pas Richard Langelier se servir de ce blogue pour s’épivarder. La charité chrétienne de Darwin a fait en sorte que tu as lu ce texte d’Éric Pineault et que Darwin lira aussi «La grande transformation» de Karl Polanyi.

    P.-S. Les écrits de Marx sont traversés par sa formation hégélienne et le dada de présenter une explication scientifique de l’exploitation, selon le concept de la science qui prévalait au XIXe siècle. Les théories économiques classique et néo-classique sont basées aussi sur une compréhension candide de l’équilibre de la physique newtonienne et de la chimie lavoisiérienne. Il y a donc beaucoup de pages à jeter à la poubelle. La volonté de Freud de remplacer l’explication classique de la maladie psychique par l’idée : ce sont des possédés du démon a donné lieu à des explications pas très flatteuses pour les femmes. Je ne recommande rien. Un livre qui m’a fait bayer aux corneilles peut déclencher des interrogations chez d’autres lecteurs.

    [1] Quand, j’ai suivi le cours Théorique marxiste 2, avec Gilles Dostaler, j’ai appelé à la librairie Nouvelles Frontières du Parti communiste du Canada (pro-URSS) et ai demandé à une copine qui me demandait de signer pour qu’elle pût se présenter à une élection générale, complémentaire, fédérale, provinciale.
    – Combien tu vends ça les 3 tomes (avant d’avoir suivi ce cours, je ne savais pas que Les théories sur la plus-value sont considérées comme le livre 4 du Capital).
    – Je suis en train de changer les prix. Veux-tu que je te mette un exemplaire de côté?
    – J’arrive.
    – Elle a ajouté sur l’addition : 5$ carte du RCM.
    – J’ai souri.
    [2] Un jeune de 16 ans que nous avions politisé avait volé ce livre à la Bibliothèque du Cégep. 15 ans plus tard, lors d’un déménagement : «Tu ne le liras jamais, je l’apporte chez moi». J’ai apprécié la préface de François Perroux et savouré la différence de traduction du lumpenproletariat par Laura Lafargue : le prolétariat en haillons, la racaille et celle Maximilien Rubel : «la pègre prolétarienne». Le contexte indique en effet qu’il s’agit de Mack the Knife de l’Opéra de Quat’sous, ou plus près de nous des chemises brunes et des casseux de gueules des grévistes de l’agence de sécurité du bon lutteur Paul Leduc. J’ai personnellement vu les victimes, grévistes de l’Université de Montréal au poste central de la Police de Montréal. Ils arrivaient de l’hôpital (j’étais là parce que j’avais empêché un chum saoul de commettre une gaffe). Ils ont été condamnés. 2 ans plus tard, il a été dévoilé que la direction de l’U de M avait embauché cette agence. C’était au début des années 70, alors ce n’était plus un Mgr http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/liste.jsp?titreListe=141 . Comme quoi, il ne suffit pas de décléricaliser une société pour obtenir la vie rêvée des anges. P.-K. Péladeau prétend que la loi anti-travailleurs de remplacement ne visait qu’à éviter la violence et que le télé-travail ne provoque pas de violence. Par solidarité de cycliste, je lui souhaite un rétablissement rapide.

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  13. Richard Langelier permalink
    25 mai 2014 18 h 24 min

    @ Jean-Marie

    Si j’avais lu l’article d’Éric Pineault, je ne l’aurais pas mis en référence. On dirait qu’il a été dicté au téléphone. Qui plus est, Éric Pineault est assis entre deux niveaux de discours : celui qu’il utilisait dans le séminaire du Groupe interuniversitaire de recherche sur la postmodernité réunissant des hégélomarxiens et une vulgarisation pour la revue Relations.

    Pierre Rosanvallon soutient la thèse que le capitalisme est une idéologie dans «Le Capitalisme utopique». L’article http://www.seuil.com/livre-9782020364935.htm indique qu’une deuxième édition a tété donnée sous le titre «Le libéralisme économique».

    Lorsque j’observe que des traités commerciaux permettent maintenant le brevetage du vivant, je dirai que l’idéologie se transforme dangereusement en système juridique. Le capitalisme a-t-il toujours été un système juridique? Tu peux éclairer ma lanterne par courriel personnel. Ce n’est pas à moi de te donner la permission d’écrire un commentaire ou un billet sur Jeanne Émard, mais tu connais la patience exemplaire de Darwin. 🙂

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  14. 25 mai 2014 19 h 24 min

    Mais, faites, allez faites!

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  15. Richard Langelier permalink
    25 mai 2014 19 h 59 min

    Facile à dire ça, «faites», quand on n’a pas le gène de la paresse.
    Je suis sûr que Jean-Marie, lui, va nous pondre d’abord un beau commentaire expliquant pourquoi il affirme que le capitalisme est un système juridique et bientôt un billet.

    Je suis resté accroché à l’idée que lorsque la maîtresse ne me collait pas 15 archanges, je ne serais jamais le premier pape canadien, comme le souhaitait ma mère. C’est toujours la faute des mères. si des génies deviennent des ratés.

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  16. 25 mai 2014 22 h 36 min

    J’répondrais ben, mais c’est trop fatiquant…

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  17. 26 mai 2014 9 h 54 min

    Galbraith a produit une autre critique du Capital au XXIème siècle (http://economistsview.typepad.com/economistsview/2014/05/unpacking-the-first-fundamental-law.html ). Celle-là me semble mieux fondée. Il dit entre autre que r (le taux de rendement du capital) n’a pas besoin d’être inférieur à g (taux de croissance du PIB) pour que les inégalités diminuent.

    En effet, dans une période de destruction du capital, comme lors des guerres mondiales, un taux plus élevé de r par rapport à g peut d’observer même lorsque les inégalités de richesse diminuent, puisque le capital (tel que le définit Piketty) détruit appartient davantage aux plus riches. Pas simple comme raisonnement, mais pertinent. La destruction du capital lors de la dernière crise a aussi eu cet effet, mais seulement temporairement. Intéressant…

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  18. Jean-Marie Coen permalink
    26 mai 2014 17 h 44 min

    Je fais, je fais… Mais ça prend du temps. Je travaille à répondre à la très pertinente question de Richard sur ma distinction entre système juridique et idéologie. Je me rends compte que c’est moins simple que je le pensais, et aussi en partie subjectif. Je continue à préciser ma pensée (et à essayer de raccourcir sa présentation 🙂 , et je vous reviens.

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  19. Richard Langelier permalink
    29 mai 2014 1 h 32 min

    Ce texte d’Éric Pineault me convient mieux http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/impr_article.php?ida=3156
    «J’en arrache» cependant avec ces passages :
    «Si elle n’est pas nécessairement contre certains projets de modernisation écologique, l’approche de la décroissance considère néanmoins que le keynésianisme écologique ne peut que différer pour quelque temps (des décennies, des années) l’inévitable effondrement d’un système économique basé sur la croissance illimitée dans un monde biophysique limité. Inévitable, la décroissance serait, dans cette perspective, l’horizon économique indépassable des sociétés humaines. Il s’agit alors de savoir comment elle s’imposera à nous : par un effondrement chaotique des civilisations à mesure que se détériorent les fondements écosystémiques de nos sociétés, ou par une transition vers une économie plus conviviale qui réduit non seulement son empreinte écologique, mais aussi son emprise sur les rapports sociaux et la vie en général?»

    C’est peut-être parce que je ne maîtrise pas suffisamment les notions d’entropie. C’est peut-être parce que je n’ai pas de progéniture que je préfère présenter aux électeurs des solutions de rechange au néolibéralisme sans rupture avec le capitalisme [1] et avoir une influence sur la réalité de mon vivant. C’est peut-être parce que j’ai cru aux lendemains qui chantent et justifié Staline et Mao à la cafétéria (surtout à la taverne).

    «Cela veut dire que la corporation de droit privé, la société par actions à qui on attribue une personnalité morale et qui vise l’accumulation infinie, doit être interdite et abolie comme forme de propriété. [ ] La propriété entrepreneuriale pourrait être tolérée uniquement dans la mesure où elle serait sévèrement balisée et limitée dans son potentiel d’expansion et d’exploitation.».

    Je suis évidemment contre ce qui vise l’accumulation infinie. Où ça commence l’infini?

    «Cela signifie également que le temps libéré par la réduction du temps de travail ne pourra pas être consacré à plus de consommation et au flânage dans les centres commerciaux, mais devra être consacré au moins en partie à des activités dans la sphère domestique ou communautaire (production, entretien, réparation)».

    Un flic viendra me dire : «Va flâner ailleurs!»

    Je suis bien conscient qu’un texte de cette longueur ne permet pas d’exprimer toutes les nuances d’une pensée en mouvement.

    @ Jean-Marie

    Je sens que tu es comme moi : n’envoyer un commentaire sérieux que lorsque tu seras sûr qu’il est parfait à 100%. Darwin, lui, a une armature psychologique plus forte que la nôtre. Il est capable d’écrire des commentaires, voire des billets, même s’il sent qu’ils ne sont parfaits qu’à 99% [2].
    Je te donne un coup de main de vieillard :
    – Le langage est une médiation entre le réel et le sujet tentant de connaître le réel.
    – J’utilise encore le concept de «mode production capitaliste» pour désigner ce qui a émergé des pores de la société médiévale européenne et y a supplanté le féodalisme.
    – La définition du concept de libéralisme économique présentée dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme_%C3%A9conomique me convient (il est précisé : «Une réorganisation et une clarification du contenu sont nécessaires»)
    – J’utilise «hyperlibéralisme économique» pour désigner le but du projet de L’Accord multilatéral sur l’investissement .

    Description du réel vs idéologie http://fr.wikipedia.org/wiki/Id%C3%A9ologie ?
    Système juridique vs idéologie?
    [1] Je ne suis pas partisan du permis de polluer que constituent les taxes sur le carbone.
    [2] Je me sens obligé d’ajouter des farces plates, ce qui est très mauvais pour l’empire Jeanne Émard, qui est sur le point de battre Québecor et Gesca. Mes farces plates sont sûrement responsables de milliers de désabonnements.

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  20. 29 mai 2014 3 h 27 min

    Je lirai le texte d’Éric demain…

    «Je ne suis pas partisan du permis de polluer que constituent les taxes sur le carbone.»

    Je crois que tu confonds. Pour moi, le permis de polluer est la bourse de carbone. Les taxes sur le carbone rendent la pollution plus chère. Mettons là élevée, beaucoup plus élevée, et elle aura un effet. Cela dit, la réglementation, y compris l’interdiction des actes les plus polluants, peuvent compléter cette taxe.

    «Mes farces plates sont sûrement responsables de milliers de désabonnements.»

    C’est drôle, mais cette demande de désabonnement m’a fait réaliser (en cherchant dans la liste des abonnés comment les désabonner) qu’il y a beaucoup plus d’abonnements que je ne le pensais, ou même l’espérais!

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  21. Richard Langelier permalink
    29 mai 2014 5 h 00 min

    «Les taxes sur le carbone rendent la pollution plus chère. Mettons là élevée, beaucoup plus élevée, et elle aura un effet. Cela dit, la réglementation, y compris l’interdiction des actes les plus polluants, peuvent compléter cette taxe.»

    J’aimerais ça être brillant comme toi! Tu n’as pas encore lu l’article d’Éric Pineault et tu as compris qu’il ne parlait pas de la Bourse du carbone. Bien évidemment, il aurait fallu lire : «Cependant, je n’adhère pas à la Bourse du carbone où s’échangent des permis de polluer. Les nombreux lecteurs de l’empire Jeanne Émard devraient présenter leurs mille excuses». 😳

    J’ai souvenance qu’on ait utilisé l’argument : «les pauvres ne peuvent se payer que de vieilles bagnoles», lorsque les autos aux freins défectueux ont été bannies de la route. J’ai entendu le même type d’argumentation sur les consignes, les taxes sur le litre d’essence, etc.
    Éric Pineault ne réduit pas aux taxes sur le carbone ce qu’il nomme «le keynésianisme écologique». Il considère que cette option «ne peut que différer pour quelque temps (des décennies, des années) l’inévitable effondrement d’un système économique basé sur la croissance illimitée dans un monde biophysique limité».

    «C’est drôle, mais cette demande de désabonnement m’a fait réaliser (en cherchant dans la liste des abonnés comment les désabonner) qu’il y a beaucoup plus d’abonnements que je ne le pensais, ou même l’espérais!» Je te vois déjà nous mettre en lock-out et nous remplacer par Richard Martineau, Christian Dufour et Joseph Facal.

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  22. 29 mai 2014 13 h 54 min

    «Éric Pineault ne réduit pas aux taxes sur le carbone ce qu’il nomme «le keynésianisme écologique». Il considère que cette option «ne peut que différer pour quelque temps (des décennies, des années) l’inévitable effondrement d’un système économique basé sur la croissance illimitée dans un monde biophysique limité».»

    Je viens de lire. Je te remercie de m’avoir signalé ce texte, il me permet de mieux situer sa pensée. Le problème est toujours d’appliquer ses idées (que je partage en gros, mais avec bien des nuances, entre autres sur la place du secteur privé et sur le concept même de décroissance – https://jeanneemard.wordpress.com/2010/04/28/croissance-ou-decroissance/ ). Dans ce sens, le keynésianisme écologique me semble un bon outil pour faire la transition, ce que Éric ne semble pas rejeter, tant qu’on ne s’arrête pas là.

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  23. Richard Langelier permalink
    29 mai 2014 17 h 59 min

    La magie des moteurs de recherche vient de me faire découvrir cette version française : http://www.ase.tufts.edu/gdae/pubs/te/keynesianisme_vert.pdf .
    Éric, toi et moi sommes sûrement sur la même longueur d’onde. J’ai la manie de voir des propositions de Big Brother partout.

    «Cela signifie également que le temps libéré par la réduction du temps de travail ne pourra pas être consacré à plus de consommation et au flânage dans les centres commerciaux, mais devra être consacré au moins en partie à des activités dans la sphère domestique ou communautaire (production, entretien, réparation)».

    La nuit portant conseil, j’ai compris qu’il ne voulait pas m’enlever le plaisir que j’avais d’aller griller une cigarette sur la Grande-Place du Complexe Desjardins dans une vie antérieure. Si on réduit le temps de travail et que l’on consomme plus, évidemment on fait un pas en avant et deux en arrière.

    Oh là, là. Antidote Rx m’informe que :
    «Pour éviter la séquence sonore qu’on con-, l’emploi de l’on est recommandé après que, si la syllabe qui suit est con-.
    Le voisin que l’on convoque se présentera surement ce soir.
    Et non : *le voisin qu’on convoque (séquence qu’on con-).Le voisin qu’on a convoqué ne s’est pas présenté.
    On est correct, puisque la syllabe qui suit est aCe que l’on convoite est souvent décevant une fois qu’on en dispose.
    Dans le 1
    Pour éviter la séquence sonore qu’on con-, l’emploi de l’on est recommandé après que, si la syllabe qui suit est con-.
    Le voisin que l’on convoque se présentera surement (sic) ce soir.
    Et non : *le voisin qu’on convoque (séquence qu’on con-). Le voisin qu’on a convoqué ne s’est pas présenté.
    On est correct, puisque la syllabe qui suit est a. Ce que l’on convoite est souvent décevant une fois qu’on en dispose.»

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