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Piketty ne fait pas fausse route!

25 juin 2014

 

piketty_FraserHerbert Grubel, un «senior fellow» de l’Institut Fraser, s’est servi de la popularité du livre Le Capital au XXIème siècle de Thomas Piketty pour ressortir les constats d’une étude de son organisme datant de 2012 dans une lettre plaisamment publiée il y a une semaine par La Presse. Quand je l’ai lue, cela ne m’intéressait pas d’en parler, mais comme elle a suscité bien des commentaires pas toujours pertinents (ce n’est pas parce qu’une étude vient de l’Institut Fraser qu’elle est nécessairement mauvaise, même si c’est souvent le cas) dans les réseaux sociaux et que je me suis fait demander ce que j’en pensais, je me la suis tapée…

L’étude

L’étude à l’origine des données mentionnées par M. Grubel est intitulée Measuring Income Mobility in Canada (Mesurer la mobilité du revenu au Canada). Elle aborde la mobilité de revenu au cours d’une vie (intragénérationelle), et non pas de celle d’une génération à l’autre (intergénérationnelle), comme j’en avais parlé dans ce billet et dans celui-ci. Je ne présenterai pas ici cette étude en entier, mais seulement sa deuxième partie, celle retenue dans les commentaires de M. Grubel. Le premier commentaire auquel je réagirai est celui-ci :

«sur 100 travailleurs qui appartenaient au quintile de revenu inférieur en 1990, 87 avaient progressé dans l’échelle des revenus 19 ans plus tard, et 21 d’entre eux se trouvaient dans le premier quintile. La mobilité des revenus va aussi dans l’autre sens. Ainsi, 36 Canadiens sur 100 qui appartenaient au quintile de revenu le plus élevé en 1990 avaient régressé dans l’échelle des revenus en 2009.»

– les données

Avant de parler des résultats d’une étude, il est toujours préférable de savoir d’où proviennent les données qu’elle utilise et de bien saisir leur sens. Alors, j’ai commencé à lire cette étude par la fin, où on trouve les informations sur les données utilisées dans la deuxième partie de l’étude (voir les pages numérotées 35 et 36, les 47 et 48èmes du document). En voici un résumé, parfois commenté :

  • la source première est la base de données administratives longitudinales (DAL) de Statistique Canada, un échantillon de 20 % des informations contenues dans les déclarations de revenus des Canadiens de 1982 à 2009 (à l’époque, cette étude, je le répète, date de 2012);
  • le sous-échantillon utilisé par les auteurs est formé des personnes qui étaient âgés de 20 à 45 ans en 1990 (y compris les étudiants à temps plein), qui avaient donc de 39 à 64 ans en 2009, qui ont déposé des déclarations en 1990, 2000 et 2009, et qui ont déclaré au moins 1000 $ de revenu de salaires au cours des trois années retenues;
  • les déclarants de moins de 20 ans sont exclus parce qu’ils sont souvent étudiants à temps plein (mais on conserve ceux âgés de 20 ans et plus, car trop difficiles à identifier) et qu’on ne s’attend pas à ce que leur revenu varie beaucoup durant leurs études (mais après 10 ou 19 ans?);
  • les déclarants qui seraient âgés de 65 ans et plus en fin de période (donc de 46 ans et plus lors de l’année de départ) sont aussi exclus parce que les auteurs considèrent que, étant en forte proportion à la retraite, ils ont peu de possibilités de connaître une mobilité de revenu (à la hausse non, mais à la baisse, sans aucun doute; leur exclusion fait en sorte d’obtenir plus de mobilité à la hausse et moins à la baisse, comme on le verra; cette exclusion fait aussi en sorte que les personnes gagnant sûrement les salaires les plus élevés en 1990 sont exclus du sous-échantillon, soit ceux âgés de 46 à 55 ans);
  • les revenus d’emploi provenant d’un travail autonome sont exclus (parce que trop volatiles, selon les auteurs), de même que les revenus provenant de toutes les autres sources : dividendes, intérêts, gains en capital, transferts gouvernementaux, etc. L’explication est ici encore moins convaincante; si on peut comprendre l’exclusion des transferts gouvernementaux non compris dans les revenus de marché, objet de cette étude, celle des autres revenus ne sert qu’à minimiser le revenu des plus riches, car ces autres revenus sont très concentrés chez les contribuables qui ont les revenus les plus élevés et ont une importance relative de plus en plus importante (la part des salaires et traitements dans le PIB canadien est passée de 48,3 % à 45,0 % au cours de la période étudiée, selon le fichier cansim 384-0037);
  • avec ces critères, le sous-échantillon retenu ne contient plus que 27,5 % de l’échantillon de départ (les DAL), soit 1,08 millions de personnes sur les 3,9 millions de la base de données (cela montre déjà que l’affirmation de M. Grubel comme quoi « 100 travailleurs qui appartenaient au quintile de revenu inférieur en 1990» est inexacte, car le sous-échantillon retenu n’étudie pas la situation de tous les travailleurs, mais de seulement 27,5 % d’entre eux);
  • les revenus de ces 1,08 millions de personnes sont ensuite associés à cinq quintiles représentant chacun 20 % de la population, quintiles contenant les revenus classés par ordre croissant; par contre, l’appartenance aux cinq quintiles n’est pas établi en fonction des salaires des membres du sous-échantillon (1,08 million de personnes), mais en fonction du revenu de salaire de l’échantillon de départ (3,9 millions) : comme l’échantillon retenu est formé des personnes qui étaient âgés de 20 à 45 ans en 1990, il est plus concentré dans les quintiles les plus pauvres et moins dans les quintiles les plus élevés (on gagne en moyenne plus à 50-55 ans qu’à 20!); malheureusement, les auteurs ne fournissent aucune précision sur le pourcentage des membres du sous-échantillon dans les cinq quintiles de départ, ni sur la composition par âge de ces cinq quintiles, information pourtant essentielle pour bien comprendre le sens de ces mouvements; en plus, cette façon de construire les quintiles surestime la mobilité à la hausse et sous-estime celle à la baisse.

Je m’excuse de cette longue description de la méthode adoptée, mais elle est essentielle pour bien comprendre le sens des résultats.

– les résultats sur la mobilité

La partie gauche du tableau qui suit montre le résultat de la mobilité des membres du sous-échantillon des personnes âgées de 20 à 45 ans en 1990 (ayant déclaré au cours des trois périodes au moins 1000 $ de salaires) et âgées de 30 à 55 ans en 2000 (en grande partie l’âge où on a les salaires les plus élevés), tandis que la partie droite du tableau montre le résultat correspondant de la mobilité de ces personnes en 2009, alors qu’elles étaient âgées de 39 à 64 ans en 2009 (un bon nombre, ceux âgés de 55 à 64 ans, avaient donc atteint l’âge où son salaire commence habituellement à diminuer).

piketty_Fraser1

La citation de M. Grubel («sur 100 travailleurs qui appartenaient au quintile de revenu inférieur en 1990, 87 avaient progressé dans l’échelle des revenus 19 ans plus tard, et 21 d’entre eux se trouvaient dans le premier quintile.») est tirée du tableau de droite. En effet, on peut voir que seulement 13 % des membres du sous-échantillon (et non de tous les travailleurs, comme il le dit erronément) faisait encore partie du premier quintile, donc que 87 % appartenaient à un quintile plus élevé, dont 21 % au quintile supérieur.

Il est toutefois intéressant de regarder aussi les données du tableau de gauche. Il nous permet de constater que la grande majorité des changements de quintiles se sont déroulés au cours des 10 premières années. En effet, les totaux (que j’ai ajoutés, car les auteurs ne les avaient pas mentionnés) des cinq colonnes sont très semblables dans les deux parties du tableau, alors qu’ils ont changé énormément entre 1990 et 2000. Ils étaient en effet tous à 100 en 1990 (par définition, 100 % des membres du sous-échantillon originant du premier quintile faisait partie de ce quintile, 100 % de ceux du deuxième appartenaient au deuxième, etc.) et variaient de 36 à 154 en 2000 et de 42 à 160 en 2009.

Il est aussi remarquable de constater que le total de ceux qui faisaient partie du premier quintile en 2000 n’était plus que de 36 %, une baisse de 64 points de pourcentage, mais avait augmenté de 36 % à 42 % de 2000 à 2009! En fait, il avait encore diminué chez ceux qui faisaient au départ partie des deux premiers quintiles (de 17 % à 13 % et de 10 % à 9 %), mais il avait augmenté chez ceux qui faisaient au départ partie des trois derniers quintiles, légèrement chez ceux originant du troisième quintile (de 5 % à 7 %), mais considérablement chez ceux originant du quatrième quintile (de 2 % à 6 %) et encore plus chez ceux au début membres du cinquième quintile (de 1 % à 7 %).

Cela peut sembler étrange, mais il faut comprendre que les membres du premier quintile («Bottom 20%», dans les tableaux), et probablement aussi de ceux du deuxième quintile, étaient sûrement plus jeunes que la moyenne de ce sous-échantillon (on déclare moins de revenus à 20 ans qu’à 45 ans, surtout si on est un étudiant à temps plein!), alors que les membres du quintile supérieur («Top 20%», dans les tableaux), et probablement aussi ceux du quatrième quintile, étaient à l’inverse sûrement nettement plus âgés. Si cette hypothèse (quasi certitude…) est exacte, il est normal que la situation des jeunes qui avaient 20 à 24 ans en 1990 et avaient de faibles salaires se soit grandement améliorée entre ce moment et celui où ils avaient de 30 à 35 ans en 2000 et qu’elle ait continué à s’améliorer entre le moment où ils avaient de 30 à 34 ans en 2000 et celui où ils avaient de 39 à 43 ans en 2009.

À l’inverse, on ne s’étonnera pas trop que la situation des personnes qui avaient de 40 ans à 45 ans (ayant une probabilité plus forte de se retrouver au départ dans les quatrième et cinquième quintiles que les membres plus jeunes de ce sous-échantillon) en 1990 se soit au moins maintenue jusqu’en 2000, alors qu’ils étaient âgées de 50 à 55 ans. Par contre, en 2009, ils avaient entre 59 et 64 ans, âge où nos salaires ont tendance à diminuer (ou même à disparaître, mais ceux dont ce fut le cas ne font pas partie du sous-échantillon, car ils n’ont pas déclaré au moins 1000 $ de salaire en 2009), ce qui expliquerait bien la forte hausse de ceux qui faisaient dorénavant partie des deux premiers quintiles et la baisse importante de la proportion de ceux qui étaient restés membres de deux quintiles les plus élevés.

Autre conclusion à tirer de ces deux tableaux (observation faite aussi par un ancien statisticien en chef adjoint de Statistique Canada, Michael Wolfson, dans cette lettre), le fait que les totaux soient inférieurs à 100 % dans les deux premières colonnes (ceux qui font partie de ces quintiles en fin de période) montre qu’ils ont été remplacés par des personnes qui ne font pas partie du sous-échantillon (et, en partie, même pas de l’échantillon total du départ, comme des jeunes et des immigrants qui ne remplissaient pas de déclaration de revenus en 1990). À l’inverse, le fait que les totaux soient bien supérieurs à 100 % dans les deux dernières colonnes montre que les membres du sous-échantillon ont remplacé des personnes qui n’en faisaient pas partie, mais faisaient partie des 72,5 % des membres de l’échantillon complet qui ont été exclus (dont sûrement un bon nombre de personnes qui étaient âgés de 46 à 55 ans en 1990). La conception de l’étude fait donc en sorte que le portrait qu’elle dégage n’aborde qu’une faible partie de la dynamique étudiée et qu’il montre plus de mobilité croissante que décroissante.

Il y aurait encore bien des choses à dire sur ces tableaux, mais je me contenterai d’ajouter que, dans les deux tableaux, les personnes qui faisaient partie des quintiles plus élevés au départ sont bien plus présents dans ces deux quintiles à la fin des périodes que les personnes qui étaient membres des quintiles plus bas au départ, même si les différences d’âge devraient désavantager les membres qui étaient dans les quintiles plus élevés au départ (ayant sûrement une plus forte proportion de membres âgés de 55 à 64 ans en 2009). Par exemple, la présence dans le quintile le plus élevé en 2009 était trois fois plus forte chez ceux qui faisaient partie de ce quintile au départ (64 %) que celle de ceux qui étaient membres des trois premiers quintiles en 1990 (21 %, 19 % et 20 % respectivement). On voit donc que la mobilité des salaires, aussi élevée que ne la prétendent les auteurs et M. Grubel, ne parvient pas à effacer les écarts observés au départ, loin de là.

– les résultats sur les revenus

Plus loin dans sa lettre, M. Grubel ajoute :

«Les familles canadiennes dont le revenu corrigé de l’inflation se situait dans le quintile inférieur en 1990 ont vu leur revenu progresser de 280% en 19 ans. Sur la même période, le revenu des familles appartenant au premier quintile [en fait le cinquième] en 1990 n’a progressé que de 112%, et le revenu des trois autres quintiles a augmenté de 153%.»

piketty_Fraser2Je n’ai pas trouvé ces données dans l’étude (il n’y a pas de données par famille, puisqu’il s’agit de données individuelles), mais celles qui y sont montrées révèlent des écarts bien plus élevés qu’il ne le dit, comme on peut le voir dans le tableau ci-contre! Les membres du quintile inférieur en 1990 auraient connu une hausse de salaires de 635 % et ceux qui faisaient partie du quintile supérieur de seulement 23 %. Notre commentateur omet toutefois de préciser qu’une hausse de 635 % d’un montant très faible ne suffit pas pour rattraper celui qui n’a bénéficié que d’une faible hausse de 23 % sur un montant déjà élevé, et que le salaire moyen de ces derniers (94 900 $) était en fin de période encore plus de deux fois plus élevé que celui des premiers (44 100 $)! Ce constat va aussi dans le sens de ce que je disais plus tôt, soit que la mobilité des salaires ne parvient pas à effacer les écarts observés au départ, loin de là!

Et alors…

Je ne reviendrai pas sur le fait que la construction du sous-échantillon (27,5 % de l’échantillon total, seuls les salaires considérés, etc.) limite et teinte les conclusions qu’on peut tirer des résultats de cette étude. Par contre, je tiens à affirmer fortement que ce genre d’étude est utile, si elle est bien faite et si on n’en tire pas des conclusions qui n’ont rien à voir avec ses résultats.

Une bonne étude sur la mobilité intragénérationnelle, devrait comparer dans le temps l’évolution des revenus de marché (et non pas seulement des salaires) ou des revenus totaux (avec les transferts) entre des âges précis, en commençant par exemple de 20 à 24 ans et en comparant l’évolution à différents âges (30-35, 40-45, etc.). Là, on pourrait voir si la mobilité intragénérationnelle s’est améliorée ou pas. Les auteurs disent aussi qu’ils auraient aimés faire une étude de ce genre (mais seulement avec les salaires), mais soulignent qu’elle coûterait trop cher, les compilations de Statistique Canada (qui ne remet jamais sa base de données comme telle) étant de fait très onéreuses.

Là où M. Grubel et ce résumé de l’étude en français dérapent complètement, c’est quand lui prétend que cette étude contredit les conclusions du livre de Thomas Piketty («Thomas Piketty se trompe lorsqu’il conclut que les riches s’enrichissent et que les pauvres s’appauvrissent» ), et lorsque le résumé déclare que «La conclusion que les revenus des Canadiens ont stagné et que les inégalités augmentent est on ne peut plus loin de la réalité». D’une part, ce n’est pas ce que Piketty démontre (j’ai cherché et n’ai pas trouvé d’affirmation du genre de sa part). Il dit que les écarts entre les gens qui sont pauvres et ceux qui sont riches se sont accentués, surtout depuis 1980. Et l’étude de l’Institut Fraser, contrairement à ce qu’on peut lire dans le résumé, ne contredit nullement cette observation. D’ailleurs, elle conclut que leurs résultats sont complémentaires à ceux sur l’accroissement des inégalités et qu’ils sont essentiels pour bien comprendre la dynamique de la pauvreté et des inégalités. Je suis tout à fait d’accord avec cela.

Lorsqu’on dit que le nombre de personnes gagnant plus de 250 000 $ augmente d’une année à l’autre, il est bon de savoir que ce ne sont pas nécessairement les mêmes personnes! Par exemple, un exploitant agricole qui vend sa ferme gagnera souvent plus de 250 000 $ cette année-là (et si c’est son seul revenu et la vend au plus 750 000 $, il ne paiera pas d’impôt!), mais ce sera la seule fois dans sa vie! Les palmarès des gros revenus qui nous disent que les 100 plus hauts revenus ont augmenté de disons 20 % en un an ne disent pas que ce ne sont pas nécessairement les même personnes. Ces 100 personnes ont en fait connu une augmentation de revenus plus élevée que 20 %, mais certains qui ne sont plus dans cette liste ont en fait connu une baisse de revenus. Bref, un changement dans un stock ne dit rien des mouvements (ou des flux) qui expliquent ce changement.

L’étude de l’Institut Fraser nous montre un certain nombre de flux (27,5 % d’entre eux), surtout les flux croissants, mais pas beaucoup les flux décroissants (comme ceux des personnes qui arrivent à 65 ans et plus), ni les flux entrants (enfants et immigrants qui rédigent leurs première déclaration de revenus, entre autres). Ce type d’information est pour moi intéressant (même si ça pourrait l’être plus!) et, de fait, essentiel à la compréhension du phénomène de l’accroissement des inégalités. Mais cela ne change rien au fait que les écarts entre les stocks des revenus des pauvres et des revenus des riches augmentent, ce que montre Piketty (entre autres). Ce n’est pas parce que certains pauvres s’enrichissent que l’écart entre les revenus des pauvres et des riches de nos jours n’est pas plus élevé que l’écart entre les deux qu’on observait il y a trente ans! Et il l’est!

 

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4 commentaires leave one →
  1. david weber permalink
    25 juin 2014 6 h 12 min

    Bonjour tout le monde,

    Avec un petit peu de retard, je vous souhaite une bonne fête nationale.

    Bonne journée.

    J'aime

  2. 25 juin 2014 7 h 15 min

    Merci!

    J'aime

  3. Richard Langelier permalink
    27 juin 2014 20 h 47 min

    Dans les réseaux sociaux, est-ce que plusieurs commentateurs adhéraient aux agrégats présentés par Herbert Grubel?

    Je suis moi-même paresseux au point de te laisser le plaisir de passer des heures à décortiquer de tels agrégats présentés comme une démonstration. Je m’imagine être plus doué pour les questions sociologiques, par exemple: «pourquoi le discours de droite est-il si présent, au Québec?». Je ne trouve pourtant pas d’autres réponses que les tiennes : chacun espère grimper dans l’échelle sociale…

    Récemment, j’ai fait un autre lien. Dans un commentaire (je pense que c’était à un billet non cadenassé de Mathieu-Bock Côté), un lecteur affirmait que dans le 450, les électeurs des classes moyennes n’acceptaient pas la social-démocratie du Parti québécois. Les CPE à tarifs réduits profitaient aux plus fortunés. Les électeurs de ces classes moyennes ont effectivement raison de penser que cette réduction est financée par eux alors que les contribuables ayant des revenus plus élevés ont obtenu des baisses d’impôt. En Californie, on a vécu la révolte des contribuables http://www.monde-diplomatique.fr/1978/11/DOMMERGUES/34911 . Lorsque la fiscalité des entreprises est réduite aussi, l’augmentation des intentions de vote pour la CAQ ne me surprend guère. Lorsque je remarque que Luc Godbout reçoit l’attention médiatique en proposant de déplacer l’effort fiscal vers les classes moyennes [1], lorsque le député péquiste Léo Bureau-Blouin ne dit mot alors que le gouvernement Marois indexe les frais de scolarité universitaires selon l’augmentation de l’enrichissement collectif plutôt que selon l’augmentation du coût de la vie et que Martine Desjardins devient candidate du Parti québécois, je progresse dans ma sociologie primaire. À 105 ans, je dépasserai peut-être Jean-Marc Léger.

    [1] Sans basses flatteries, je dirais, Darwin que sans tes billets, je me serais plutôt accroché à l’argumentaire que les détersifs et détergents sont taxés, que la mère monoparentale sans emploi sans espoir de trouver un emploi à court terme n’a d’autre plaisir pour le repos que de fumer une cigarette, etc., mais je n’aurais pas vu ce déplacement.

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  4. 27 juin 2014 21 h 33 min

    «Dans les réseaux sociaux, est-ce que plusieurs commentateurs adhéraient aux agrégats présentés par Herbert Grubel»

    Comme mes contacts sont tous pas mal de gauche, tout le monde le pourfendait, mais pas toujours pour les bonnes raisons. La seule mention de l’Institut Fraser suffit pour beaucoup de monde à discrétiter un auteur. Au bout du compte, c’était vrai de Grubel, un peu moins de l’étude comme telle, quoique sa construction était orientée…

    «(…) je progresse dans ma sociologie primaire»

    Ces gens sont de fait déprimants… Mais, il y a encore GND qui nous laisse espérer (je parle de son honnêteté intellectuelle)!

    J'aime

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