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Pour un changement de notre mode de vie

7 juillet 2014

mongeau0Comme bien souvent, c’est une chronique (cadenassée) du Devoir qui m’a fait connaître le livre que je présente dans ce billet, soit S’indigner, oui, mais agir de Serge Mongeau. Souvent présenté comme le «père de la simplicité volontaire au Québec», Serge Mongeau est un militant de la décroissance conviviale et un membre actif de Québec solidaire pour lequel il fut candidat en 2008, mais surtout une personne qui essaie de vivre en harmonie avec ses idées et ses valeurs.

Le livre

Avec seulement 91 pages, ce livre se lit rapidement. Après une introduction dans laquelle l’auteur précise que ce livre s’adresse directement à la gauche québécoise et vise à en convaincre les membres de vivre en fonction de leurs valeurs, la première partie du livre est consacrée à la description de la situation actuelle. Il y parle entres des réalités suivantes :

  • épuisement des ressources naturelles (et pas seulement du pétrole);
  • bouleversements climatiques;
  • présence toujours trop importante de la grande pauvreté à l’échelle mondiale;
  • acidification des océans;
  • raréfaction de l’eau douce;
  • diminution de la biodiversité.

Et, pendant ce temps, peu est fait pour corriger la situation. Pire, on continue à utiliser les ressources sans se soucier de leur épuisement et on émet toujours plus de gaz à effet de serre (GES) que ce soit par l’industrie ou par l’augmentation constante du parc automobile et de la taille de ses véhicules. Pourtant, il est possible de faire face à cette situation si on accepte de modifier de façon majeure notre mode de vie. Il propose ensuite des moyens concrets pour justement atteindre cet objectif.

Il montre ensuite que nous sommes matraqués à cœur de jour par des messages qui tentent de nous convaincre que le mode de vie actuel est le meilleur, voire le seul possible. Il n’est donc pas facile de sortir de la société de consommation. Pourtant, cette société accapare la plus grande partie de notre temps et nous empêche de mieux vivre, de faire ce que nous disons préférer : plus de temps pour nous, nos proches et nos activités sociales.

mongeauLa deuxième partie présente une série d’actions qui peuvent être mises en œuvre pour modifier en profondeur notre mode de vie.

– manger autrement

Pour éviter que les pénuries qui s’observent déjà s’aggravent, il faut changer notre approche face à l’alimentation : changer de modèle agricole, cesser le gaspillage et manger moins de viande. Ces moyens permettrait de rendre réellement durable notre modèle agricole, de nourrir tout le monde et de faire diminuer les importantes émissions de GES de ce secteur. L’auteur propose d’ailleurs des moyens bien concrets pour atteindre cet objectif.

– abandonner l’automobile

L’automobile n’est pas qu’une des sources les plus importantes de GES, mais elle est aussi et surtout l’élément probablement le plus représentatif du modèle de vie occidental. Le fait de valoriser autant ce moyen de transport individuel est à la base de l’utilisation du territoire (que ce soit en ville, en banlieue ou en campagne), influence négativement le vivre-ensemble (notamment en exacerbant l’individualisme) et est un des facteurs les plus importants qui nous force à consacrer autant d’heures de notre vie active au travail (et à nous y rendre!). Bref, on s’aliène pour prétendre être plus libre…

– utiliser le moins possible l’avion

L’avion est un des moyens de transport qui émet le plus de GES. Pourtant, il est rendu totalement banalisé. Même les écologistes n’hésitent pas à prendre l’avion par affaire (ce que Mongeau accepte, s’il est impossible de ne pas remplacer ce voyage par une vidéoconférence ou un autre moyen du genre, de même qu’il appuie les voyages par avion qui permettent aux jeunes de mieux connaître d’autres sociétés) ou pour leurs loisirs. Dans ce dernier cas, Mongeau nous invite tous et toutes à réfléchir avant d’acheter des billets d’avion.

Il émet du même coup de grands doutes au sujet des événements supposément «carboneutres» qui compenseraient les dégâts environnementaux causés par les vols commerciaux. Plus souvent qu’autrement, il est possible de réaliser ces projets (planter des arbres, développer des sources d’énergies vertes, etc.) sans nécessairement polluer auparavant! D’autres fois, il s’agit carrément d’imposture (comme la déclaration que les jeux de Sotchi étaient carboneutres…).

«Que voilà une belle invention pour faire taire sa conscience et remettre à la semaine des quatre jeudis les décisions qu’il faudrait prendre aujourd’hui!»

– cesser de regarder la télévision

Même si elle n’est pas une activité qui émet beaucoup de GES, l’écoute de la télévision est un des vecteurs principaux de la propagation des «valeurs» à la base de la société de consommation. Elle incite à l’inactivité et empêche souvent les activités sociales. Si on y tient pour regarder par exemple de bons documentaires (j’ajouterais des matchs sportifs…) ou des émissions pour les enfants (un enfant qui ne la regarde pas du tout risque de se sentir exclu), Mongeau recommande de les regarder en groupe pour pouvoir échanger par la suite et ajouter un composant social à cette activité.

– les autres chapitres

Dans les derniers chapitres, l’auteur met en garde contre le crédit, pourfend le salariat (pour mieux promouvoir le partage équitable du travail) et fait l’éloge des actions collectives et de l’engagement politique (à QS, notamment). Puis, il conclut en nous demandant quelles sont les caractéristiques d’une société idéale, pour lui axée sur la «véritable nature humaine», donc valorisant notre besoin de relations, de coopération et «de temps pour rêver, jouer, s’aimer».

Et alors…

Alors, lire ou ne pas lire? Lire! Même si on peut avoir des réserves sur certains aspects de ses propositions, elles demeurent vouées à retrouver le fondement de l’être humain, de le libérer des chaînes du système actuel et de rendre sa présence sur terre viable à long terme. Ne serait-ce que pour ça, et pour mieux connaître cette personne hors du commun, il ne faut pas hésiter à consacrer à ce livre le peu de temps que nécessite cette lecture.

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