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Rapport 2014 sur le développement humain

7 août 2014

IDHLe rapport de 2014 sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) associé à l’Organisation des Nations unies (ONU) a été publié le 24 juillet dernier dans l’indifférence générale des médias québécois. Ce rapport contient pourtant l’indicateur de bien-être différent du PIB le plus diffusé, l’indice de développement humain (IDH), en plus d’une analyse de la situation mondiale en la matière ainsi que de très nombreuses données qui permettent d’analyser la situation du bien-être dans presque tous les pays de la Terre.

Le rapport complet compte 258 pages, mais le PNUD diffuse aussi un résumé plus accessible d’une trentaine de pages que je vais présenter ici, ainsi qu’un communiqué de presse encore plus court. Dans un prochain billet, j’analyserai certaines des autres données publiées dans le site du PNUD.

Le rapport

Je trouve important de présenter ce rapport, car il va beaucoup plus loin que de simplement montrer le classement des pays selon l’IDH, indicateur plus complet que le PIB, qui, n’étant basé que sur trois variables (l’espérance de vie, le niveau d’éducation et le niveau de vie), ne peut fournir qu’une indication bien partielle de la situation du développement humain, de l’aveu même de son concepteur, Amartya Sen, comme je l’expliquais en détail dans ce billet.

– Avant-propos

Si le rapport se réjouit que, dans l’ensemble, la situation du développement humain poursuit son progrès (quoique moins rapidement depuis la crise débutée en 2008), il souligne aussi que «des vies sont sacrifiées, et les moyens d’existence et le développement sont sapés par des crises et par des catastrophes naturelles ou causées par l’homme». Dans ce contexte, le rapport de 2014 s’attarde davantage que les années précédentes sur les questions de la vulnérabilité et de la résilience.

– vulnérabilité

Les premiers signes de vulnérabilité des personnes s’expriment par «la pauvreté et le dénuement extrêmes», par le manque de protection sociale, par la faim et par le travail précaire.

«Malgré des progrès récents dans la réduction de la pauvreté, plus de 2,2 milliards de personnes vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle ou en sont très proches. Cela signifie que plus de 15 pour cent de la population mondiale reste vulnérable à la pauvreté multidimensionnelle. Dans le même temps, près de 80 pour cent de la population mondiale manque de protection sociale complète. Environ 12 pour cent (842 millions) souffrent de faim chronique, et près de la moitié des travailleurs (plus de 1,5 milliard) occupent un travail précaire ou informel.»

La vulnérabilité ne se manifeste pas seulement à un moment de la vie, mais est aussi fonction de ses capacités qui, elles, «sont bâties tout au long de la vie» :

«Tout d’abord, quelle que soit l’étape de la vie, les capacités vitales sont affectées par les investissements réalisés lors d’étapes précédentes. Elles le sont également par les interactions au sein de l’environnement immédiat, de la communauté et de la société. Ensuite, les chocs à court terme ont généralement des conséquences sur le long terme.»

Sans une alimentation de base, des soins de santé adéquats et une stimulation favorisant une croissance saine, bien des jeunes ne peuvent pas apprendre correctement à l’école et subiront toute leur vie ce départ raté. Le même phénomène survient lors des transitions de vie suivantes, soit à l’entrée sur le marché du travail où le chômage très élevé des jeunes aura immanquablement des effets à long terme, et chez les personnes âgées, dont à peine 20 % ont une pension de retraite, alors que la très grande majorité «dépend de son travail et des revenus de la famille». Encore là, la situation des personnes âgées est en très grande partie le résultat de ce qui s’est passé pendant les périodes précédentes.

De même, les sociétés qui ne disposent pas d’institutions fortes en matière de santé, d’éducation, de politique et de justice (pour n’en nommer que quelques-unes) sont plus vulnérables. On y trouve davantage d’inégalités et de pauvreté, et les personnes issues de milieux défavorisés sont pratiquement condamnées à demeurer en état de pauvreté toute leur vie. Et que dire des 1,5 milliard de personnes qui vivent dans des pays connaissant des conflits et des «45 millions de personnes qui ont ont été forcées de se déplacer suite à des conflits ou des persécutions» en 2012. Et je crains bien que ce nombre, déjà le plus élevé depuis 18 ans, soit en forte hausse depuis deux ans…

– résilience

Les politiques et institutions favorisant l’autonomie des personnes augmentent leurs capacités à réagir aux événements négatifs. Le rapport se poursuit en mentionnant les politiques les plus efficaces pour développer l’autonomie des personnes et, par le fait même, la résilience des sociétés :

  • l’universalité des services sociaux de base : on parle ici aussi bien des services de santé et d’éducation que de l’approvisionnement en eau et de la sécurité publique; cela permet aux êtres humains de disposer «des moyens pour vivre selon leurs aspirations» et de «mener une vie digne dissociée de la capacité de payer»; le rapport souligne que, contrairement à ce que bien des idéologues de droite prétendent, il est possible et même bénéfique d’offrir ces services dès les premières phases de développement d’un pays;
  • des réponses aux vulnérabilités du cycle de vie : intervenir aux moments clés des cycles de vie, soit lors de la petite enfance, à l’entrée à l’école, au passage de l’école au marché du travail et lors de la retraite;
  • le renforcement de la protection sociale : «l’assurance chômage, les programmes de retraite et la réglementation du marché du travail, peuvent offrir une couverture contre les risques et les difficultés tout au long de la vie des personnes, et surtout pendant les phases critiques»;
  • la promotion du plein emploi : en plus de ses avantages les plus évidents, le plein emploi permet de «consolider les progrès et [de] faciliter leur pérennité», facilite le financement et la prestation de services sociaux, évite les problèmes sociaux liés au chômage (criminalité, suicides, violence, consommation de drogues, etc.) et le déclin des compétences professionnelles, et favorise «la stabilité et la cohésion sociale».
  • la création d’institutions réactives et de sociétés solidaires: la réduction des inégalités de toutes sortes permet de «construire la cohésion sociale et de prévenir et surmonter les crises»; on parle ici aussi bien des inégalités de revenus que sociales (entre hommes et femmes, classes sociales, ethnies, religions, handicaps, etc.);
  • le renforcement des capacités pour se préparer aux crises et les surmonter : le rapport montre l’importance de se préparer aux catastrophes naturelles et présente des mesures pour atteindre cet objectif (systèmes d’alerte, interventions coordonnées, plans de reconstruction, etc.).

– consolidation des progrès et action collective

Un bon nombre de phénomènes qui augmentent la vulnérabilité des personnes sont de nature mondiale. Ainsi, les mesures pour y faire face et pour augmenter la résilience des personnes doivent reposer sur la coopération internationale. Ces phénomènes comprennent notamment la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, la régulation financière et le changement climatique. Face au manque de coopération actuelle, il faut trouver des moyens pour améliorer la gouvernance mondiale, notamment en :

  • réglementant mieux le secteur financier pour assurer l’accès aux liquidités, réduire la volatilité des flux financiers et minimiser les risques de contagion;
  • révisant les règles qui régissent le commerce agricole;
  • s’entendant sur des réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre;
  • améliorant les structures de coopération internationale.

Conclusion

«L’objectif souvent postulé d’une croissance et d’un développement plus inclusifs, plus durables et plus résilients à l’échelle mondiale exige une vision positive du domaine public mondial et une reconnaissance du fait que le «monde que nous voulons» dépend de la prestation réussie de biens publics naturels et réalisés par l’homme. Les marchés, malgré leur importance, ne sont pas en mesure de fournir des protections sociales et environnementales. Les États, de manière individuelle ou collective, doivent faire preuve d’une volonté affirmée et renouvelée de coopération, à travers l’harmonisation des politiques nationales ou l’action collective internationale. Les gouvernements doivent disposer d’un espace politique plus important pour apporter protection et emploi à leurs citoyens. La société civile peut générer une volonté politique, mais uniquement à condition que les citoyens reconnaissent la valeur de la collaboration transfrontalière et des biens publics pour l’individu.»

Et alors…

Il faut bien comprendre que ce billet est en fait le résumé d’un résumé… Il ne peut donc fournir qu’un aperçu du contenu de ce rapport. Mais, en prenant connaissance des sujets qu’il aborde, on peut voir à quel point il est dommage qu’il ne soit pas davantage diffusé, et surtout qu’il ne soit pas mis en application!

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