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Le marché du travail des femmes (3) – le travail autonome

22 avril 2015

mt_femmesCe troisième billet de ma série sur le marché du travail des femmes examinera un autre aspect de ce domaine, soit le travail autonome.

Son évolution

mt_femmes3_1Le graphique ci-contre montre l’évolution du pourcentage du travail autonome chez les femmes et les hommes entre 1987 et 2014. On peut voir qu’il est nettement plus fréquent chez les hommes, mais qu’il a augmenté davantage chez les femmes. Ainsi l’écart entre les deux est passé de plus de 7 points de pourcentage vers la fin des années 1980 à 5 points en 2014. Si la présence relative du travail autonome a augmenté dans les années 1990 (et aussi auparavant dans les années 1980, données non montrées), il est relativement stable depuis le tournant du siècle.

Selon le type

mt_femmes3_2Le graphique suivant examine l’évolution du travail autonome chez les hommes et les femmes selon le type de travail autonome, c’est-à-dire avec ou sans aide rémunérée. On peut voir, tout au long de la période, le travail autonome avec aide rémunérée a toujours été plus fréquent chez les hommes (ligne bleue) que chez les femmes (ligne jaune). L’autre tendance la plus notable s’observe du côté de la hausse importante du travail sans aide rémunérée, tant chez les hommes (ligne rouge) que chez les femmes (ligne verte). Je ne l’ai pas indiqué sur le graphique (les nombres sont trop petits), mais il faut aussi noter la quasi disparition du travail familial non rémunéré, le nombre de personnes occupant ce genre d’emploi étant passé de près de 30 000 en 1987 (dont plus des trois quarts étaient des femmes, et près de 60 % travaillaient dans l’agriculture) à environ 2 000 en 2014.

Selon l’industrie

mt_femmes3_3Le tableau ci-contre montre la répartition du travail autonome chez les femmes et les hommes par industrie. On constate de grandes différences entre les deux. Ainsi la proportion des travailleurs autonomes est beaucoup plus élevée que la proportion de travailleuses autonomes dans les industries de la construction (18,4 % par rapport à 1,9 %), du transport (6,7 % par rapport à 0,8 %) et, dans une moindre mesure, de l’agriculture (5,7 % par rapport à 3,0 %). À l’inverse, la proportion de travailleuses autonomes est plus élevée dans la santé et les services sociaux (26,8 % par rapport à 5,5 %) et dans les autres services (13,8 % par rapport à 8,0 %), notamment en raison de la présence dans cette industrie des coiffeuses et des esthéticiennes.

Notons que ces écarts s’observaient dans les mêmes industries en 1987 (données non montrées), quoique avec des ampleurs différentes, sauf dans l’agriculture en raison de la forte présence à l’époque de travailleuses familiales non rémunérées dans cette industrie.

Selon la profession

mt_femmes3_4Les écarts montrés dans le précédent tableau s’observent aussi quand on compare la répartition du travail autonome chez les femmes et les hommes par profession. On voit dans le tableau ci-contre que la proportion de travailleurs autonomes est beaucoup plus élevée que la proportion de travailleuses autonomes dans la gestion (25,9 % par rapport à 13,6 %), les métiers et le transport (20,1 % par rapport à 1,8 %), et dans le secteur primaire (8,2 % par rapport à 3,6 %). À l’inverse, la proportion de travailleuses autonomes est plus élevée dans les professions de la santé (9,0 % par rapport à 4,9 %), dans celles des sciences sociales, enseignement et administration publique (19,6 % par rapport à 4,2 %), dans les arts, culture, sports et loisirs (15,8 % par rapport à 7,9 %) et dans les professions des ventes et services (25,0 % par rapport à 13,6 %).

Les deux seuls changements notables dans ces écarts depuis 1987 s’observent dans les emplois des arts, culture, sports et loisirs qui étaient beaucoup moins féminins à l’époque, et dans ceux du secteur primaire qui l’étaient bien davantage, encore une fois en raison de la forte présence de travailleuses familiales non rémunérées dans cette industrie à l’époque.

Et alors…

Il est toujours troublant de lire qu’on considère le travail autonome comme un emploi atypique (quand on ne parle pas d’emploi précaire…) alors que bien plus d’hommes que de femmes en occupent! Cette courte analyse montre surtout que les femmes et les hommes travaillent dans des industries et des professions différentes. Je reviendrai là-dessus lors d’un prochain billet. Cette série est loin d’être terminée!

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