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Le marché du travail des femmes (13) – les salaires (1)

2 juillet 2015

mt_femmesCe treizième billet de ma série sur le marché du travail des femmes porte enfin sur les salaires! J’avais bien sûr en tête dès le début de cette série de la terminer avec les salaires et les revenus d’emploi. Pour ce premier billet sur les salaires, j’utiliserai le tableau cansim 282-0074 tiré des données de l’Enquête sur la population active (EPA).

Pour l’ensemble des salariés

Le premier graphique de ce billet porte sur l’évolution de la proportion des salaires des femmes par rapport à celui des hommes.

mt_femmes13_1

Comme on peut voir, les lignes de salaires horaires (ligne bleue pour le salaire horaire moyen et jaune pour le salaire horaire médian) et de salaires hebdomadaires (ligne rouge pour le salaire hebdomadaire moyen et verte pour le salaire hebdomadaire médian) se suivent tout au long de la période, si ce n’est une légère différence vers la fin de la période. Comme les tendances médianes et horaires se ressemblent, je n’utiliserai dans les prochains graphiques qu’une de ces mesures (les salaires horaires moyens), de façon à éviter de les surcharger.

Ce graphique livre deux grands messages. Tout d’abord l’écart entre les salaires des hommes et des femmes est beaucoup plus élevé quand on considère le salaire hebdomadaire que le salaire horaire, ce qui est la conséquence de la plus grande prévalence du travail à temps partiel chez les femmes, facteur qui vient donc accentuer les différences de rémunération. Ensuite, l’écart dans les deux façons de considérer les salaires (horaires et hebdomadaires) s’est grandement réduit. Cet écart, dépendant des quatre types de salaires présentés dans le graphiques, a diminué de 26 % (hebdomadaire moyen) à 58 % (horaire médian).

Selon la couverture syndicale

Le tableau cansim 282-0074 contient aussi des données selon la couverture syndicale des salariéEs. L’idée ici n’est pas de montrer la différence de salaires entre ces deux groupes de salariéEs, mais plutôt l’écart de salaires entre les hommes et les femmes selon qu’ils et elles sont couvertEs ou pas par un syndicat. Les écarts de salaires globaux entre syndiquéEs et non syndiquéEs m’ont toujours semblé plus ou moins pertinents, car les emplois syndiqués sont en moyenne de niveaux de compétence plus élevés que les emplois non syndiqués et plus présents dans des plus grosses entreprises qui paient davantage que la moyenne. Des études comme celle de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur la comparaison d’emplois similaires sont bien plus pertinentes à cette fin.

mt_femmes13_2Le graphique ci-contre se contente donc d’illustrer la différence entre les écarts de salaires (horaires moyens) entre les hommes et les femmes chez les salariéEs syndiquéEs et non syndiquéEs. Le portrait est saisissant! Alors que l’écart salarial est rendu minime chez les salariéEs syndiquéEs (écart atteignant à peine 2,3 % en 2014), il demeure très significatif chez les salariéEs non syndiquéEs (16,4 %, sept fois plus, en 2014). Cela dit, la situation s’est améliorée de façon presque similaire dans les deux cas entre 1997 et 2014 (de 5,4 points de pourcentage chez les syndiquéEs et de 4,2 points chez les non syndiquéEs).

Selon l’âge et la couverture syndicale

mt_femmes13_3Pour approfondir le sujet, j’ai aussi pensé à présenter une autre dimension du même tableau cansim, soit les écarts salariaux (horaires moyens, encore une fois) selon la tranche d’âge. Le graphique du haut montre que les écarts globaux ont été de loin les moins élevés chez les jeunes âgéEs de 15 à 24 ans (ligne bleue) tout au long de la période. Malgré certains mouvements annuels (sûrement davantage liés aux marges d’erreur qu’à des différences réelles), ces écarts ont tous été entre 5 et 9 points de pourcentage entre 1997 et 2014 (6 en 2014). Notons que, comme le salaire horaire moyen des jeunes (dont presque la moitié sont des d’étudiantEs) n’est pas beaucoup plus élevé que le salaire minimum (entre 25 % et 35 %) tant chez les hommes que chez les femmes, l’écart entre les deux ne peut pas être énorme. Chez les salariéEs d’âge moyen (25 à 54 ans, ligne rouge), l’écart était bien plus grand en début de période (16 points de pourcentage en 1997), mais s’est réduit graduellement pour s’approcher de celui des jeunes (10 points en 2014). Finalement, l’écart chez les salariéEs les plus âgéEs (55 ans et plus, ligne jaune) était de loin le plus élevé en début de période (plus de 26 points en 1999), mais a presque rejoint celui des deux autres en 2014 (11 points)

Les graphiques du milieu et du bas sont construits de la même façon que le précédent, mais isolent les salariéEs syndiquéEs et non syndiquéEs. Chez les jeunes, les données varient énormément chez les syndiquéEs, ce qui est normal, car le taux de syndicalisation est faible dans cette tranche d’âge, mais les écarts ne se distinguent pas tellement de ceux des jeunes non syndiquéEs (en moyenne de 2 points par rapport à 6), même si les salaires sont en moyenne de 25 % à 30 % plus élevés chez les syndiquéEs.

Chez les personnes d’âge moyen, les écarts n’ont jamais été supérieurs à 10 points de pourcentage chez les syndiquéEs et ont même été réduits à moins de 3 points en 2014. Par contre, ces écarts ont été bien plus élevés chez les non syndiquéEs, même s’ils ont diminué entre 1997 (22 points de pourcentage) et 2014 (16 points).

Chez les salariéEs les plus âgéEs, les écarts sont de loin ceux qui se sont le plus réduits chez les syndiquéEs, passant de 18 points de pourcentage en 1997 à aussi peu que 2,4 points en 2014. Alors que leur écart était de loin le plus élevé en 1997, il était le plus faible en 2014! Chez les non syndiquéEs les plus âgéEs, les écarts étaient les plus élevés de toutes les tranches d’âge et de tous les types de salariéEs jusqu’au milieu de la première décennie des années 2000 (avec un écart avoisinant 30 points de pourcentage), mais ces écarts ont ensuite diminué pour presque rejoindre en 2014 celui des salariéEs non syndiquéEs d’âge moyen (17,6 points de pourcentage par rapport à 16,3).

Et alors…

Ces données nous permettent à la fois d’apprécier la réduction des écarts salariaux entre les hommes et les femmes au cours des 20 dernières années et de constater à quel point ces écarts sont moindres chez les salariéEs syndiquéEs. Par contre, ces observations ne doivent pas nous faire perdre de vue que les types d’emplois occupés par les hommes et les femmes sont foncièrement différents (voir par exemple ce billet). Il est fort probable que ces différences soient plus accentuées dans les milieux non syndiqués que dans ceux syndiqués. Il faut donc éviter de conclure que c’est uniquement parce que les salariées sont syndiquées que les écarts salariaux sont moins élevés (quoique la présence de conventions collectives et de politiques d’équité doit sûrement jouer dans ce sens). Il faut aussi voir si ces écarts sont similaires, supérieurs ou moindres quand on les compare par industrie ou par profession. Ce sera l’objet du prochain billet…

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