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La zone grise entre le chômage et l’inactivité

11 juillet 2015

frontière_chômage_ inactivitéAlors que je terminais mon billet (paru samedi dernier) sur les exagérations du site ShadowStats sur le «vrai» taux de chômage aux États-Unis, j’ai pris connaissance d’une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) intitulé Frontières entre emploi, chômage et inactivité : la mesure du chômage a-t-elle omis plus de 280 000 personnes en 2014?. Cette étude tente justement de quantifier le nombre de «personnes qui ont un besoin d’emploi non comblé» mais qui ne sont pas considérées en chômage, de savoir pourquoi elles sont dans cette situation et de mieux connaître leurs caractéristiques.

Qui sont-elles?

Comme je le disais dans le billet de samedi dernier, «la ligne entre l’appartenance et la non appartenance à la population active est dans certaines situations un peu floue». Pour justement estimer l’importance de la zone grise entre le chômage et l’inactivité, l’auteur de l’étude de l’ISQ a décidé d’utiliser le concept de «personnes qui ont un besoin d’emploi non comblé». Dans cette catégorie, il inclut trois groupes de personnes :

  • les personnes officiellement en chômage;
  • les personnes en situation de sous-emploi lié au temps de travail, soit celles qui travaillent à temps partiel de façon involontaire;
  • la main-d’œuvre potentielle, soit les personnes qui «cherchent un emploi mais ne sont pas disponibles» et celles qui «ne cherchent pas d’emploi mais en souhaitent un et sont disponibles».

frontière_chômage_ inactivité1Le graphique ci-contre montre la composition de la main-d’œuvre potentielle entre 2012 et 2014. On y trouve les personnes qui vont à l’école (en majorité des jeunes), celles qui disent ne pas pouvoir travailler parce qu’elles donnent des soins aux enfants ou ont d’autres obligations personnelles ou familiales (personnes qui sont à 75 % des femmes, selon le tableau cansim 282-0219), celles qui étaient en attente d’un début d’emploi ou d’un rappel qui aura lieu dans plus de quatre semaines (car celles qui doivent commencer un emploi dans les quatre semaines sont comptabilisées dans le chômage officiel), celles qui sont malades, celles qui croient qu’il n’y a pas de travail pour elles (on les appelle en général les chercheurEs «découragéEs»), et celles qui ont d’autres raisons (y compris les personnes qui ne mentionnent aucune raison).

Combien sont-elles?

En ne tenant compte que de la population âgée de 15 à 64 ans (l’auteur a décidé de ne pas tenir compte de la population âgée de 65 ans et plus, car composée à 90 % de personnes inactives), l’auteur a comptabilisé 613 900 personnes qui ont un besoin d’emploi non comblé en 2014 :

  • 331 900 personnes officiellement en chômage, soit 54 % du total;
  • 188 400 personnes en situation de sous-emploi, soit 31 % du total;
  • 93 600 personnes faisant partie de la main-d’œuvre potentielle, soit 15 % du total.

On notera que, comme les chercheurEs «découragéEs» ne forment que 6 % de la main-d’œuvre potentielle, cela signifie que ces personnes ne représentent que 0,9 % (6 % de 15 % = 0,9 %) des personnes qui ont un besoin d’emploi non comblé, ou 0,1 % de la population active ajustée. La population active ajustée est la population active officielle (personnes en emploi, y compris les personnes en situation de sous-emploi, et personnes en chômage officiel) à laquelle on ajoute la main-d’œuvre potentielle. Si on calcule le taux de personnes qui ont un besoin d’emploi non comblé sur cette population active ajustée, on obtient ce qu’on appelle aussi le taux de chômage ajusté. En 2014, ce taux atteignait 14,1%, soit 81 % de plus que le taux de chômage officiel (7,8 %), mais bien moins que la rumeur d’un «vrai» taux de chômage de 20 % dont je parlais dans la conclusion du billet de samedi dernier.

Qu’elles sont leurs caractéristiques?

– selon le genre

frontière_chômage_ inactivité2Le graphique ci-contre montre la répartition selon le genre (ou le sexe) de différentes populations associées au sujet de l’étude. Les femmes représente :

  • la moitié de la population âgée de 15 à 64 ans;
  • 48 % des personnes en emploi (en excluant le temps partiel involontaire);
  • 63 % des personnes en sous-emploi lié au temps de travail;
  • 39 % des personnes en chômage;
  • 47 % de la main-d’œuvre potentielle;
  • 56 % des autres inactifs.

– selon l’âge

Les jeunes (15 à 24 ans) sont proportionnellement moins représentés dans l’emploi (en excluant le temps partiel involontaire), mais davantage dans toutes les autres catégories, avec la plus forte représentation (33 % par rapport à 18 % de la population âgée de 15 à 64 ans) dans la main-d’œuvre potentielle, surtout parce que la moitié d’entre eux vont à l’école à temps plein. Presque à l’inverse, les personnes âgées de 55 à 64 % sont proportionnellement moins représentées dans ces catégories, sauf chez les autres inactifs (39 % par rapport à 18 % de la population âgée de 15 à 64 ans), surtout parce qu’elles sont nombreuses à avoir pris leur retraite.

– autres caractéristiques

La proportion de main-d’œuvre potentielle et le chômage traditionnel diminuent avec la scolarisation, mais le sous-emploi lié au temps de travail se répartit assez également selon le niveau de scolarité. Sans surprise, les gens qui travaillent à temps partiel involontairement occupent leur emploi depuis moins longtemps que les personnes qui travaillent à temps plein ou à temps partiel volontairement (ce qui n’est pas étonnant, d’autant plus qu’on savait déjà que ces personnes comptent plus de jeunes). Alors que le chômage traditionnel représentait en 2014 environ 54 % des besoins d’emploi non comblés au Québec, il ne comptait que pour 47 % de ces besoins dans le reste du Canada. Rien d’étonnant encore une fois, puisque le taux de chômage officiel des personnes âgées de 15 à 64 ans est nettement plus élevé au Québec (7,8 %) que dans le reste du Canada (6,8 %).

Et alors…

Le premier intérêt de cette étude est pour moi la comptabilisation des personnes qui se situent dans la zone grise entre le chômage et l’inactivité. Cela permet de constater que le taux de chômage ajusté (qui, je le souligne, est formé à 31 % de personnes en emploi) est bien moins élevé que ce que la rumeur en dit. La répartition de la main-d’œuvre potentielle selon la raison pour ne pas avoir cherché d’emploi est elle aussi instructive, notamment parce qu’elle nous montre que le nombre (et la proportion) de chercheurEs «découragéEs» est bien moindre que ce que nous laissent entendre les légendes urbaines.

Par ailleurs, cette répartition est aussi très instructive pour le développement de politiques. On apprend par exemple que des mesures facilitant la conciliation travail-famille favoriseraient grandement l’obtention d’un travail par les personnes (surtout des femmes) qui disent ne pas pouvoir travailler parce qu’elles doivent donner des soins aux enfants ou parce qu’elles ont des obligations familiales. Mais, pour que cette information serve, il faudrait que nous ayons des gouvernements qui basent leurs décisions sur des données, pas sur leur idéologie…

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18 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2015 15 h 40 min

    «Mais, cette répartition est aussi très instructive pour le développement de politiques…»

    Voilà, j’ai pu constater, de l’intérieur, que des organismes de défense des personnes sans emploi carburaient à l’idéologie. La solution magique du revenu de citoyenneté au-dessus du seuil de pauvreté défini par le Conseil du Bien-Être du Canada (évidemment le seuil choisi était le seuil de faible revenu pour une personne seule habitant une ville canadienne de 500 000 habitants ou plus, sans préciser que ledit Conseil ne fait que nommer «seuils de pauvreté» tous les seuils de faible revenu de Stat-Can) faisait oublier la nécessité des politiques d’emploi.

    Les membres de ces organismes ne comprenaient pas pourquoi la majorité de la population n’acceptait pas leur solution hypercrédiste. Je ne prétends pas que l’acceptation sociale de politiques précises pour les personnes ayant vécu des problèmes psychologiques [1], les ex-détenus, les personnes malentendantes, etc. se feraient les doigts dans l’nez en chantant du rock’n roll avec des propositions ciblées. Oui, il faut prendre des décisions sur des données, mais ces «datas» doivent être interprétées de façon qualitative. Il me semble important de démontrer qu’avec de telles mesures, l’ensemble de la population serait gagnante. Par contre, avec le discours véhiculé par les médias de Québécor depuis des années (des supposés dossiers sur la dette publique) et l’admiration de nombreux partisans de la souveraineté pour Karl-Pierre Péladeau, il n’y en aura pas d’faciles!

    Puisqu’on a le nez dans le site du Journal de Montréal, tu es sûrement aux oiseaux depuis que tu as lu Chassin http://www.journaldemontreal.com/2015/07/11/quand-des-syndicalistes-jouent-aux-capitalistes .
    [1] Il y a des nuances importantes : la personne qui accepte puis refuse de prendre son sel de lithium, parce qu’elle lit que selon certaines études longitudinales, les reins peuvent bloquer, n’est pas dans la même situation que la personne qui vit…

    P.-S. Mon admiration pour Serena et la profondeur du tennis féminin (Garbine qui se rend en finale et surtout le match contre Victoria), de même que la victoire morale de nos Alouettes (qui mettent un accent aigu à Montréal, comme Alliance-Québec le faisait, démontrant ainsi selon Lysianne Gagnon que le projet souverainiste n’est plus nécessaire) expliquent sûrement le caractère peu songé de mon commentaire. Mille excuses, Darwin!

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  2. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2015 15 h 46 min

    Oubli:
    En première année, la maîtresse d’école nous a dit qu’il ne fallait jamais commencer un paragraphe par «mais». Ah! L’école normale, ce n’était pas aussi bon que nous facultés de Sciences de l’éducation!

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  3. 11 juillet 2015 16 h 03 min

    «Oui, il faut prendre des décisions sur des données, mais ces «datas» doivent être interprétées de façon qualitative. »

    Très juste! Tout est de fait souvent dans l’interprétation des données, mais aussi dans l’examen des données qu’on utilise (j’y reviendrai dans un prochain billet, et en ai écrit de nombreux sur le sujet, notamment sur les données sur l’emploi),

    «tu es sûrement aux oiseaux depuis que tu as lu Chassin»

    Je ne suis pas certain que ce soit de l’ironie. En fait, j’ai bien des réserves avec ce crédit, mais pas du tout les mêmes que celles qu’il émet.

    https://jeanneemard.wordpress.com/2012/02/16/le-credit-dimpot-des-fonds-de-travailleurs/

    «il ne fallait jamais commencer un paragraphe par «mais»»

    C’est drôle, car j’ai hésité à le faire. Je trouvait mon paragraphe trop long, mais ne voyait pas où le sciender. Le scider où je l’ai fait sépare de fait une idée en deux. Par contre, comme il partait dans une autre direction, je me suis dit que ça ferait l’affaire… Pour satisfaire tout le monde (et parce que c’est mieux), j’ai remplacé «mais» par «par ailleurs»… Merci de m’avoir expliqué mon malaise (sans ironie).

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  4. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2015 17 h 38 min

    Pour un verre de draft à 5¢ (de la Dow de préférence, en souvenir de Michel Normandin), je pourrais faire tes corrections. 🙂

    Évidemment, c’était de l’ironie, mais tu as déjà écrit que, même si c’était le gouvernement Harper qui supprimait le crédit d’impôt, tu ne changeais pas d’idée. Il peut m’arriver d’être d’accord avec Chassin et des membres de l’IEDM. J’ai essayé d’apprendre le doigté à la dactylo, puisque le Collège de Victo avait ramassé des dactylos ordinaires lorsque la dactylo électrique a été inventée. Ayoye! J’ai tapé ensuite des CV sur des dactylos électriques. Liquid paper! Bon, je suis bien content de taper à 2 doigts et j’ai pris une certaine vitesse avec le temps. Quels verres choisir lorsque la presbytie se conjugue avec la myopie? De grosses évidences sur le progrès technique!

    Ces facéties me ramènent au sujet de ton billet. Des personnes qui n’ont pas d’ordinateur parce que leur chèque de Sécurité sociale suffit à peine à payer leur loyer deviennent créatives dans un organisme communautaire. Elles apprennent le traitement de texte, le calculateur (c’est bien le terme générique d’Excel?), des logiciels de mise en page, de bases de données, etc. Je ne propose pas le workfare, tant s’en faut. Déplacer des gains de productivité (l’invention des guichets automatiques) vers des emplois d’utilité publique bien payés par exemple. Justement, avoir un portrait précis sur l’inactivité permet de voir qu’il y a des solutions, d’évaluer les coûts et de corriger s’il y a des effets pervers.

    P.-S. Même toi, tu n’as pas mis d’espace après ton lien ou alors tu as oublié de supprimer le «s» après http. Jeanne Émard serait-il devenu à but lucratif comme les sites de musique? Si c’est le cas, j’espère que tu distribueras les miettes aux commentateurs pauvres.

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  5. 11 juillet 2015 18 h 09 min

    « le calculateur (c’est bien le terme générique d’Excel?)»

    tableur

    «Même toi, tu n’as pas mis d’espace après ton lien ou alors tu as oublié de supprimer le «s» après http.»

    Le «s» veut dire «sécurisé», mais je ne sais pas ce que ça implique. En fait, j’ai omis un espace avant le «https». C’est corrigé.

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  6. benton65 permalink
    11 juillet 2015 19 h 40 min

    Personnellement, je ne donne jamais raison aux personnes de IEDM, même lorsqu’ils ont raison… parce que c’est toujours pour un mauvais but, c’est-à-dire augmenter l’inéquité pour créer un environnement propice aux opportunités pour les plus nantis!

    Même une montre arrêté donne la bonne heure deux fois par jours mais cela ne veut pas dire que cette montre est juste!!!

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  7. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2015 20 h 18 min

    Benton65, vous avez réussi à mettre les mots précis pour clarifier la taquinerie que j’avais lancée à Darwin. À l’IEDM, c’est toujours pour dire que nous nous éclairons à la chandelle si nous avons des réserves sur un projet polluant. Entre Yves-Thomas Dorval et Youri Assin, je ne saurais dire qui me donne le plus de boutons.

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  8. 11 juillet 2015 20 h 28 min

    Au moins Youri Chassin me fait souvent rire…

    Aimé par 1 personne

  9. Richard Langelier permalink
    11 juillet 2015 20 h 34 min

    Surtout lorsque Youri Chassin est avec Simon Trenblay-Pepin, toujours calme, à RDI-Économie.

    Aimé par 2 people

  10. 11 juillet 2015 21 h 58 min

    Je les ai vus cette semaine à 24/60. C’est un peu le souvenir de ce cette confrontation qui m’a fait dire que Youri Chassin me fait rire (ou sourire). Simon avait beau lui montrer que les dépanneurs qui sont supposés se concurrencer ne baissent pas les prix, il ne cessait de répéter son mantra sur les avantages de la concurrence pour le consommateur.

    Aimé par 1 personne

  11. benton65 permalink
    12 juillet 2015 1 h 38 min

    L’ideé de la libre concurence est surfaite.

    Les entreprises n’aiment pas la concurrence, encore moins la libre concurrence. Son but est toujours de l’éliminer, soit en achetant son compétiteur, soit en s’associant, ce serait-ce de façon tacite….

    Certains dirons qu’il y a de la concurence dans les technologie comme les téléphones intelligents, mais ce ne sont que des visées a court terme. D’ailleurs, les forfaits cellulaires, qui sont sur le moyen et long terme, offre sensiblement les mêmes prix!

    Aimé par 2 people

  12. Richard Langelier permalink
    12 juillet 2015 19 h 44 min

    Un ami me disait que la concurrence libre et parfaite a existé 5 secondes dans l’Histoire. Je pariais une grosse bière sur 4 secondes, la concurrence chassant la concurrence par définition. À l’opposé, sous le régime dit «soviétique», pendant plusieurs années, il ne se fabriquait que des casquettes [1] grises. Le jour où il y eut des casquettes bleues sur les comptoirs, les casquettes grises n’ont pas été achetées. Je sais bien, Benton65, que vous ne concluez pas que les consommateurs de l’URSS ont été brainwashés par des pubs et que des adultes libres doivent avoir plus de choix.. [2]

    Yassin parle de concurrence déloyale. Le même argument est utilisé par le gouvernement Harper. Je suis ambivalent devant ces fonds de travailleurs (Je jongle depuis la création du Fonds de solidarité, oups! ton lien, Darwin, donne sur 404). Je ne sais pas si Yassin veut une retraite par capitalisation, sans crédits d’impôt. Mes revenus ne me permettent pas de sauver de l’impôt en recevant des reçus pour dons de charité en suivant des cours à l’IEDM. J’apprends la vérité sur le site du Journal de Montréal lorsque Yassin publie un billet, sources à l’appui.

    Pour faire le lien avec le sujet du billet, je crois qu’il y aurait des économies intéressantes à faire si les organismes gouvernementaux et paragouvernementaux utilisaient le logiciel libre, si les plafonds des REER et des RPA étaient abaissés, etc.. En ayant un portrait le plus juste possible de la zone grise, je pense qu’il est possible d’améliorer le sort de ces personnes sans emploi, quitte à corriger s’il y a des effets pervers en cours de chemin. Il ne reste plus qu’à convaincre les électeurs.

    [1] Je l’ai sans doute écrit 100 000 fois. Gérard Bouchard était entré dans une boutique, en France :
    – Avez-vous des calottes?
    – Monsieur veut entrer dans les Ordres?
    http://www.paroles.net/georges-brassens/paroles-la-messe-au-pendu .
    [2] J’ai fréquenté le blogue de Jean-François Lisée jusqu’à son élection. Il s’amusait à écrire : «maison de sondage Léger mise en marché». Ça doit fonctionner, puisque les clients sont d’abord des vendeurs de savon. Je suis porté à conclure que ces sondages par internet doivent être plus pertinents que ceux faits par téléphone, même s’il n’y a pas de marges d’erreur (je n’aurais pas osé écrire ça lorsque Koval était là. Elle n’est pas méchante, mais elle déclutchait plus rapidement que toi, Darwin)
    J’ai cessé de fréquenter son blogue lorsqu’il a écrit qu’un vote pour Québec solidaire risquait de faire élire un candidat libéral dans Rosemont. François Saillant a rappelé qu’il avait connu le coup de la Brink’s, mais qu’il n’aurait jamais cru que Jean-François Lisée s’abaisserait à ce point.

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  13. 12 juillet 2015 20 h 00 min

    «oups! ton lien, Darwin, donne sur 404»

    Corrigé et vérifié, cette fois!

    «Elle n’est pas méchante, mais elle déclutchait plus rapidement que toi, Darwin»

    Normal, je n’ai pas de char! 😉

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  14. benton65 permalink
    12 juillet 2015 21 h 08 min

    Pour ce qui est de la concurrence déloyale, nos gouvernements devraient d’abord s’attaquer aux subventions et avantages qu’elles accordent a certaines entreprises qu’à l’un des rares avantages fiscaux de la classe moyenne. Je me souviens de l’avant dernière élection ou Mme Marois et M. Legault ont publiés leurs relevés 1 pour l’année 2011. Pour des revenus déclarés d’environ $164 000 chacun, 11% se sont retrouvés dans la caisse de l’état provincial. J’ai ressorti mon relevé 1 de 2011 pour savoir combien j’ai versé à l’état, moi avecm un revenu exactement deux fois moins que leurs revenus… et j’ai versé 12%.
    Le plus comique dans l’histoire, c’est qu’une fois élue, Mme Marois a voulu fait passer l’imposition « théorique » de 48% à plus 50% pour les revenus de plus $128 000 et ce fut la levée des bouclier comme quoi, 48%, c’est déjà bien assez pour les plus nantis.
    J’ai déjà dit a un type qui affirmait payer 48% pour un revenu de $140 000 qu’il devrait plutôt licencier son comptable!!!

    Pour en revenir à la compétition déloyale, lors du renouvellement du contrat de travail chez RTA en 2011, la compagnie voulait une clause permettant 30% de main-d’oeuvre en sous-traitance avec d’avoir les mêmes avantages que leurs compétiteurs. Or, pendant que leurs compétiteurs bénéficaient du tarif « L » d’Hydro-Québec, (l’électricité est la principale matièere premièere de aluminium) Ils ont simplement oubliés de spécifier qu’ils bénéficaient d’un taux 4 fois moindre d’électricité que le tarif « L »! (De plus, il eu un lock-out et par entente secret, Hydro-Québec devait racheter le surplus… au tarif « L ». C’est assez paradoxale parce que RTA justifiait la confidentialité de l’ententecommee quoi la concurrence ne devait pas savoir!!!)

    Aimé par 1 personne

  15. 12 juillet 2015 22 h 24 min

    «J’ai déjà dit a un type qui affirmait payer 48% pour un revenu de $140 000 qu’il devrait plutôt licencier son comptable!!!»

    Confusion courante entre le taux moyen et le taux marginal…

    «lors du renouvellement du contrat de travail chez RTA»

    Ouais, je me rappelle très bien…

    https://jeanneemard.wordpress.com/2012/01/03/la-bonne-societe-transnationale-et-le-mechant-syndicat/

    J'aime

  16. Richard Langelier permalink
    13 juillet 2015 0 h 24 min

    Après cela des amis péquistes me disent que je ne suis pas «fin», si je ne vote pas pour le PQ,
    «J’ai déjà dit a un type qui affirmait payer 48% pour un revenu de $140 000 qu’il devrait plutôt licencier son comptable!!!»

    Pendant le conflit étudiant, un ami prétendait payer 50% d’impôt. Une amie comptable lui a rappelé :
    – Tu mets 22 000$ , les frais de scolarité de ton enfant à l’école privée [1]. S’il y a une partie de ton revenu sur laquelle tu paies 48% d’impôt, c’est parce que tu as un revenu élevé pas à peu près.

    Il était brillant à 16 ans (puisque Richard Langelier, 20 ans, lui expliquait les résumés du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels). Un jour, il a eu un bureau dans un condo près de chez moi. La mixité sociale, ça existait du moins lors des années 90 dans mon quartier. La réforme de la loi d’Aide sociale de Paradis invitait les citoyens à stooler les voisins. Bourassa avait accepté la demande des jeunes libéraux demandant la parité de l’Aide sociale pour les moins de 30 ans. Bourassa a accepté à condition que ce soit à l’intérieur de la même enveloppe budgétaire. Foglia dénonçait cet appel. Cet ami m’a dit que c’était la première fois qu’il n’était pas d’accord avec Foglia. Je lui ai expliqué la réforme Paradis.
    – Tu sais, lorsqu’on se tient avec du monde qui a le même point de vue que soi, on n’entend pas d’autres points de vue.

    Que faire?
    Il doit y avoir des gens ayant un revenu supérieur à la moyenne et à la médiane, prêts à payer un peu plus d’impôt, si on leur explique le changement dans une vie pour le chômeur découragé que représenterait une subvention à un organisme vivant quotidiennement avec des personnes pouvant apprendre à maîtriser des tableurs [2]. Les autres? Doit-on les envoyer faire des push-ups de préférence dans le Nord pour paraphraser Jean Charest? Mon grand sens de la démocratie me conduit au pardon, même si la vérité, toute la vérité et seulement est disponible sur Jeanne Émard. Le hic, c’est que ces pauvres n’ont pas droit à un reçu pour don de charité, s’ils viennent s’instruire.
    [1 Je l’avais convaincu que Dieu n’existe pas à 20 ans. S’il ne m’a pas renié, il ne doit pas avoir de reçu pour dons de charité.
    [2] Je suis resté complexé par les remarques de Koval te passant le KO sur la faiblesse de ces tableurs et sur les moyennes que tu critiquais. Je ne fais pas de déclaration d’amour à Koval trop jeune pour avoir connu des cours de religion définissant à partir de combien de secondes on peut définir le french kiss. Misogyne comme je suis, je me dis que s’il y avait eu des femmes pour m’expliquer les forces et faiblesses des tableurs dans on temps, je ne serais pas vieux garçon. Le hic, c’est que j’aurais dû laver toute la vaisselle, quelle job cruelle, d’autant plus qu’il n’y avait pas de tableur dans ma génération!
    Raymond Lévesque a bien illustré la situation :

    Dans la grande chaîne de la vie,
    Où il fallait que nous passions,
    Où il fallait que nous soyons,
    Nous aurons eu la mauvaise partie

    Mais quand les hommes vivront d’amour,
    Qu’il n’y aura plus de misère
    Peut-être songeront-ils un jour
    À nous qui serons morts, mon frère

    Aimé par 1 personne

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