Skip to content

Le dilemme des progressistes indépendantistes

16 septembre 2015

dilemme-NPD-BlocLe Devoir a publié au cours des dernières semaines de nombreux textes portant sur le dilemme que ressentiraient les progressistes indépendantistes entre un vote pour le Bloc et le NPD. Mentionnons ceux signés par Michel Roche et Louis Gill, Gilbert Paquette et Jean Dorion. Si ces lettres tentent de dévaloriser le vote stratégique pour le NPD (affirmant que le vote authentique doit prévaloir ou que le véritable vote stratégique est de voter Bloc), aucune n’explique de façon satisfaisante en quoi un vote pour le Bloc apporterait quoi que ce soit pour faire avancer la cause de l’indépendance ou la promotion de valeurs progressistes, ce parti n’ayant aucun moyen d’orienter les décisions du gouvernement fédéral.

Dans ce billet, je tenterai d’aborder les conséquences d’un vote pour le NPD par rapport à un vote pour le Bloc, reviendrai sur les concepts de votes stratégique et authentique, et présenterai le dilemme qui m’habite, qui n’est pas du tout celui présenté par les auteurs de ces lettres!

Conséquences d’un transfert du vote du NPD au Bloc

Liquidons d’abord un argument que j’ai lu de nombreuses fois, notamment dans le texte de Jean Dorion, soit qu’un vote pour le Bloc peut aussi bien empêcher l’élection de députéEs du parti conservateur (PCC) qu’un vote pour le NPD. En fait, l’élection d’un grand nombre de députéEs du NPD n’empêcherait pas seulement l’élection de députéEs du PCC au Québec, mais pourrait aussi être déterminant pour permettre l’élection d’un gouvernement minoritaire du NPD au lieu d’un gouvernement minoritaire conservateur.

dilemme-NPD-Bloc1Le tableau ci-contre illustre cette possibilité. La première ligne donne l’estimation de la répartition des sièges par parti selon le site Too Close to Call au moment où j’écris ce billet. On peut voir que le NPD formerait un gouvernement minoritaire. La deuxième ligne indique l’estimation de la répartition des sièges par parti au Québec, la troisième celle pour le reste du Canada, la quatrième une répartition égale des sièges estimés au NPD au Québec entre le NPD et le Bloc, et la cinquième le résultat de cette répartition égale : on aurait un gouvernement minoritaire du PCC. Cela peut bien sûr changer d’ici le 19 octobre, mais ce tableau montre que le résultat au Québec peut influencer grandement le choix du parti qui formera le prochain gouvernement.

dilemme-NPD-Bloc2J’ai aussi fait le même exercice avec les estimations du site 308 telles que diffusées par la page Éric Grenier’s Poll Tracker du site de la CBC. Avec ces estimations, l’avance du PCC de 9 sièges actuellement passerait à 20 sièges, rendant encore plus probable sa réélection. On peut toujours s’imaginer que le PLC et le NPD pourrait s’unir pour renverser ce résultat, mais rien n’est sûr, surtout si on considère les coutumes électorales au Canada. En plus, le total des sièges de ces deux partis ne serait que de 187, seulement 17 de plus que la majorité nécessaire pour former un gouvernement majoritaire (170).

Un vote NPD

Malgré toutes les réserves qu’on peut avoir avec le NPD, son chef et son programme (et j’en ai de nombreuses!), il demeure qu’un gouvernement NPD ne ferait pas qu’empêcher le parti conservateur de prendre le pouvoir (vote stratégique), mais il apporterait de nombreux changements positifs à la situation actuelle (vote authentique), changements que le Bloc ne peut tout simplement pas réaliser :

  • annuler la réforme de l’assurance-emploi;
  • augmenter le taux d’imposition des grandes entreprises (quoique l’ampleur de cette hausse n’est pas précisée);
  • rétablir les programmes de logement social (mais à un niveau insuffisant, selon le FRAPRU);
  • annuler la hausse du plafond des CÉLI et le fractionnement de revenu qui avantage surtout les familles riches et qui incite les femmes à quitter le marché du travail;
  • annuler les lois anti-syndicales et anti-environnement;
  • redonner le droit de parole aux scientifiques gouvernementaux;
  • rétablir le formulaire long du recensement;
  • tenir compte des revendications des autochtones;
  • mettre sur pied un programme national de garderie, ce qui profitera au Québec en finançant une partie du coût des services de garde à contribution réduite;
  • abolir la chasse aux sorcières contre les organismes de bienfaisance de gauche;
  • rendre plus humaine la politique sur les réfugiés et augmenter leur nombre;
  • rétablir le niveau de croissance des transferts en matière de santé diminuées par le gouvernement Harper (mais avec une intrusion dans le champ de compétence des provinces);
  • augmenter à 15,00 $ le salaire minimum dans les entreprises de compétence fédérale (banques, transport interprovincial et international, communications, etc.);
  • rétablir la livraison du courrier à domicile;
  • abroger la loi C-51 (intrusion dans la vie privée et assimilation de groupes contestataires à des groupes terroristes);
  • annuler la hausse de 65 à 67 ans de l’âge d’admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti (SRG), et même hausser les prestations du SRG;
  • annuler les subventions à l’industrie pétrolière;
  • instaurer une représentation proportionnelle;
  • modifier la loi sur la clarté pour reconnaître la validité d’un résultat de 50 % lors d’un référendum québécois sur l’indépendance;
  • etc.

Cela dit, cette plateforme est insatisfaisante sur bien d’autres points, notamment sur Énergie est (pour, «sous réserve d’une analyse environnementale rigoureuse»), quoique cette position ne soit pas très différente de celle du Bloc (contre, «tant qu’il n’y a pas un feu vert environnemental, et ça comprend l’acceptabilité sociale et la rentabilité»), sur son insistance à présenter un budget équilibré (on en saura plus à ce sujet lors du dépôt de son cadre budgétaire), sur son appui inconditionnel à Israël et sur d’autres points. Cela dit, il est clair qu’un gouvernement du NPD peut en faire beaucoup plus que le Bloc pour annuler plein de mesures mise en œuvre par le gouvernement Harper et pour adopter des mesures progressistes.

Le vote stratégique

De nombreux partisans du PQ et du Bloc dénoncent que certains partisans de QS favorisent le vote stratégique au fédéral alors qu’ils le dénonçaient lors des élections provinciales. À ce sujet, je dirai que ces mêmes personnes tentaient de convaincre les partisans de QS de voter stratégique aux élections provinciales et ne jurent que sur le vote authentique aux élections fédérales. Alors, s’il y a une contradiction chez ces partisans de QS, il y en a tout autant chez ces péquistes-bloquistes!

En outre, je signalerai que pour bien des partisans de QS, il y a bien peu de différences entre les politiques du PQ (compressions en éducation et à l’aide sociale, recherche rapide de l’équilibre budgétaire, association de Pharma Québec avec un projet extrémiste, notamment, lors du dernier passage du PQ au pouvoir) et celles du PLQ. Que cette perception soit juste ou pas, il demeure que les politiques du PQ et du PLQ se distinguent bien moins que celles du PCC et du NPD!

Vote authentique

Si on peut remettre en question le caractère authentique du vote de progressistes indépendantistes pour le NPD (même si je crois avoir montré que ce vote peut très bien être considéré authentique pour appuyer les propositions du NPD, puisqu’il ne vise pas seulement à éviter une réélection du PCC), je ne vois vraiment pas comment un vote pour le Bloc serait nécessairement authentique. Tout d’abord, ce parti ne peut mettre en œuvre aucune politique. Ensuite, ses positions actuelles et passées sont loin d’être toujours progressistes, ce parti ayant par exemple appuyé l’exploitation de l’amiante et la charte des valeurs dites québécoises (changeant dans ces deux cas sa position historique), et appuie maintenant l’engagement militaire canadien dans le cadre de la lutte contre l’État islamique (considérant même l’appui à «l’envoi de troupes au sol», position dénoncée même par Pierre Dubuc, péquiste notoire, et considérée par Chantal Hébert comme plus belliqueuse – «out-hawking», soit plus faucon, moins colombe – que celle de Harper!). Finalement, l’élection d’un grand nombre de députéEs du Bloc ne changerait, selon moi, strictement rien à la possibilité pour le Québec d’accéder à l’indépendance. Jean Dorion a beau citer Jacques Parizeau dans son texte pour prétendre que la présence d’un Bloc fort à la Chambre des Communes aiderait à la reconnaissance internationale, mais, non seulement ne semble-t-il pas réaliser qu’un référendum peut difficilement se tenir au cours du mandat du gouvernement qui commencera le 19 octobre prochain, car la prochaine élection provinciale n’aura pas lieu avant 2018 (probabilité encore plus faible si le prochain gouvernement fédéral est minoritaire, ce qui semble se dessiner fortement), il ne démontre nullement comment cette présence du Bloc aiderait à atteindre cet objectif. Bref, un vote pour le Bloc ne correspond nullement pour moi à un vote authentique ni pour un progressiste, ni pour un indépendantiste. Cela dit, je ne nie pas qu’il puisse l’être pour d’autres!

La seule autre option que le NPD qui correspond pour moi au concept du vote authentique serait un vote pour le Parti Vert. En effet, sa plateforme, en plus de contenir la grande majorité des changements annoncés par le NPD que j’ai listés plus tôt, propose la gratuité scolaire au niveau postsecondaire (même universitaire), l’instauration de programmes d’assurance médicaments et de couverture dentaire (propositions difficiles à ne pas appuyer, mais qui constituent une intrusion dans des champs de compétence provinciale), l’abolition de la Loi sur les Indiens, des investissements dans le transport en commun, une hausse de 4 points de pourcentage (de 15 % à 19 %) de l’impôt sur les entreprises, une augmentation de 22 milliards $ par année des taxes sur le carbone, toutes sortes d’investissement dans les technologies vertes, etc.

Notons que d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte dans un choix axé sur un vote authentique. Par exemple, je vais personnellement considérer la qualité des candidatures dans ma circonscription. Et comme j’apprécie beaucoup la députée sortante du NPD et que je ne connais nullement le candidat du Parti Vert qui a de l’expérience en finance, cela vient rendre mon dilemme encore plus complexe…

Et alors…

Bref, le dilemme présenté par les auteurs des textes que j’ai cités au début de ce billet n’est pas le mien. Mais, j’en ai un autre!

Advertisements
26 commentaires leave one →
  1. Mathieu Lemée permalink
    16 septembre 2015 6 h 24 min

    Personnellement, je suis dans la circonscription de Stéphane Dion qui gagne toujours par 5 000 sinon 10 000 d’avance. Je peux donc voter la conscience tranquille et de façon vraiment authentique. Parce que sur le plan stratégique, cela ne changera pas le résultat. 😉

    Aimé par 1 personne

  2. 16 septembre 2015 7 h 29 min

    Y’a cet autre élément que je souligne: un NPD fort au Québec motivera ce parti à dynamiser le NPD-Québec, déjà fondé et reconnu par le DGEQ faut-il le rappeler, d’ici les élections québécoises de 2018. Ainsi, d’un point de vue purement partisan, les Solidaires pourraient débander assez vite de leur enthousiasme passager envers le NPD. Toutefois, d’un point de vue démocratique, bien, il y a de l’espace sur l’échiquier politique québécois (y’a des orphelins politiques pas juste au Canada) pour accueillir un nouveau parti centre—centre-gauche fédéraliste, qui j’imagine viendrait gruger autant sinon plus de votes au PLQ qu’à QS. Et avec un mode de scrutin proportionnel mixte, il n’y aurait pas cette crainte de diviser le vote de la gauche.

    Aimé par 2 people

  3. 16 septembre 2015 7 h 31 min

    Au fait, merci pour cette présentation claire Darwin 🙂 C’est le genre d’analyse que j’ai répété à quelques reprises depuis le début de la campagne, là j’aurai simplement à pointer vers cet article.

    J'aime

  4. 16 septembre 2015 7 h 38 min

    Merci! Au moins, je ne me sens pas seul! 🙂

    J'aime

  5. 16 septembre 2015 9 h 07 min

    Super intéressant! J’habite Lévis et c’est Steven Blaney mon député. Alors je vote comme je veux, il y a peu de chances qu’il ne soit pas élu je crois. *soupir*

    J'aime

  6. 16 septembre 2015 10 h 28 min

    Malheureusement…

    J'aime

  7. 16 septembre 2015 12 h 34 min

    Moi aussi j’ai un autre dilemme !

    La probabilité que mon vote change quelque chose à qui formera le prochain gouvernement canadien après le 19 octobre est nulle.

    Je pense, en gros, qu’elle est 4 fois plus nulle au fédéral s’il se peut que ne l’était celle que mon vote change quelque chose à qui allait former le prochain gouvernement québécois aux lendemains du 7 avril 2014.

    Aller ou ne pas aller voter, là est ma question.

    Aimé par 1 personne

  8. Jean-Marie Coen permalink
    16 septembre 2015 15 h 04 min

    Excellent, Darwin, comme toujours !

    @Robert Lachance: J’aimerais connaître la base de ton calcul de probabilités. A priori, ne pas voter est toujours le pire choix, si on veut contribuer à changer les choses. Dans son texte ci-dessus, Darwin montre bien qu’un choix entre Bloc et NPD peut grandement changer les choses dans le résultat final. Même si on a l’impression de n’être qu’une goutte perdue dans l’électorat, le résultat des élections n’est jamais que la suite de l’agglomération de ces gouttes. Ne pas baisser les bras !

    Aimé par 2 people

  9. 16 septembre 2015 15 h 09 min

    En termes utilitaristes, de nombreux textes arrivent en effet à cette conclusion : il n’est pas rationnel de voter si on compare l’effort nécessaire en fonction de la probabilité que cet effort change quelque chose au résultat du vote. Mais, on peut aussi considérer que cet effort apporte d’autres satisfactions, dont celle de participer à une action collective.

    J'aime

  10. 16 septembre 2015 15 h 11 min

    Le complément de Jean-Marie complète mon commentaire un peu plat avec beaucoup plus de vie! Merci!

    J'aime

  11. 16 septembre 2015 20 h 08 min

    À Jean-Marie Coen,

    1 La probabilité que dans une circonscription la différence entre le nombre total de votes au premier et au deuxième candidat soit de 1 est pratiquement nulle. Ce n’est qu’alors que mon vote serait efficient, ferait une différence, et à condition qu’il soit pour le candidat majoritaire. Et après tous les autres…. Une chance sur et après de 20 à 30 mille compatriotes au provincial, de 30 à 50 mille au fédéral.

    D’accord, si la différence est de moins de 100 entre le premier et le deuxième candidat, il pourra y avoir recomptage et alors mon vote aura de 500 au provincial à 700 au fédéral fois disons plus de chance de déterminer l’élu. De changer quoi ? De 1 le nombre de députés le plus nombreux élus dans un parti, le gagnant de la délégation de notre pouvoir théorique constitutionnel de civilisé. Une chance sur 60 disons. C’est intuitif, je ne suis pas un expert des probabilité mais je peux en débattre.

    2 La probabilité que lors d’une élection le nombre de députés en plus grand nombre sur le second soit de 1 est pratiquement nulle. En 50 ans, je n’ai pas retenu d’exemple.

    Pratiquement rien multiplié par pas beaucoup plus, donne terriblement moins, genre rien tout simplement. Les politiciens sont de volontaires généreux prestidigitateurs pour nous convaincre du contraire les uns après les autres, tout parti confondu. Ils s’entendent sur l’entretien de l’illusion faute de mieux.

    D’accord avec vous, Darwin expose sa connaissance du sujet et sa compétence d’analyste quand il exploite les données de Bryan Breguet à ses fins collectives. Mon vote n’a pas de chance de modifier les chiffres de ses tableaux, ni verticalement, ni horizontalement. Non ?

    Si vous voulez contribuer de peu à changer les choses, exprimez-vous de politique à tout réceptif. Votre compréhension des choses politiques aura alors beaucoup plus de chance de changer quelque chose que l’exercice de votre droit de vote. C’est ce qui me fait croire qu’il est plus important pour moi de persister à réclamer le droit de vote pour les moins de 18 ans que d’aller voter. Droit de vote exercer par les parents par procuration le temps qu’il faut, bien entendu !

    Ceci écrit, à l’autre bout de la courbe des âges, comme septuagénaire, je me sens moins concerné sinon compétent que notre petit-fil de 11 ans, éclairé de sa mère et de son père bien entendu, pour élire le prochain gouvernement fédéral. Après réflexion pendant ma marche ce midi, j’envisage maintenant plutôt que de ne pas aller voter, le faire comme il l’entend. Son espérance de vie est 6 fois plus grande que la mienne. Je ne risque que rien.

    J'aime

  12. 17 septembre 2015 8 h 27 min

    Mais, on peut aussi considérer que cet effort apporte d’autres satisfactions, dont celle de participer à une action collective. Votre commentaire du16 sept. à 15:09,

    Ne pas aller voter ou le faire comme je me propose de le faire peut devenir une action collective satisfaisante s’apparentant à de la désobéissance civile.

    L’élection du NPD en mai 2011 n’était pas plus rationnelle qu’émotive. Je me demande qui notre petit-fils voudra pour premier ministre canadien : Harper, Mulcair, Trudeau, May ou Duceppe.

    J'aime

  13. 17 septembre 2015 9 h 08 min

    «Ne pas aller voter ou le faire comme je me propose de le faire peut devenir une action collective satisfaisante s’apparentant à de la désobéissance civile.»

    Je veux bien, mais quand on va voter, on croise de nombreuses personnes qui participent à la même action collective que nous, ce qui n’est pas le cas quand on ne vite pas.

    J'aime

  14. Yves permalink
    17 septembre 2015 13 h 28 min

    Quand j’ai été voté au provincial aux dernières élections y avait pas de sentiment action collective satisfaisante vu que le candidat du PLQ à rentrer aux la mains et je le savais. Par contre, en étant dans la minuscule minorité, là, il avait un gros sentiment de désobéissance civile. Juste pour ça s’en valait la peine! 🙂

    Aimé par 1 personne

  15. Youlle permalink
    18 septembre 2015 17 h 22 min

    Les Québécois vont se faire fourrer par Mulclair.

    Il a approuvé le libre échange trans-pacifique, ce qui veut dire que 8 milliards de PIB sont menacés dans l’agro-alimentaire.

    Puis les pipeline au Québec….

    Aimé par 1 personne

  16. 20 septembre 2015 19 h 48 min

    Où en est-on avec le pétrole, Youlle,

    Il est irremplaçable, donc de plus en plus rare et précieux parce que nous en consommons des tonnes, et son prix a baissé depuis des mois.

    Est-ce que c’est sérieux la perspective d’une économie de l’hydrogène ? Jérémy Rifkin : L’économie hydrogène : Après la fin du pétrole, la nouvelle révolution économique, 2002, Éditions La Découverte.

    J'aime

  17. Youlle permalink
    24 septembre 2015 20 h 07 min

    « Où en est-on avec le pétrole, Youlle,… »

    Je ne sais pas ce que vous voulez dire, mais ce que je voulais dire c’est qu’on a absoulument pas besoin des pipeline des de l’Ouest, nous sommes bien servis présentement. Au contraire c’est de la merde.

    « Pour les Américains et les citoyens de la Colombie-Britannique, les risques environnementaux sont trop énormes. De plus, les 13 000 emplois fantômes promis par Trans-Canada durant la construction et les 118 000 autres qui suivraient sous forme de retombées diverses s’envolent en fumée sous les coups de boutoir des experts. Durant la phase de construction de l’oléoduc, on créerait tout au plus 2 000 emplois et par la suite… de 50 à 100. Aux États-Unis comme ici.

    Contre toute attente, Thomas Mulcair donne son appui au pipeline Énergie Est qui est plein de bon sens, dit-il, même s’il traversera des milliers de kilomètres sur le sol québécois, avec les risques de déversements toxiques avant de terminer sa course au Nouveau-Brunswick. Du même souffle, l’imprévisible Mulcair s’allie aux écolos de la Colombie-Britannique pour combattre le pipeline Northern Gateway qui, lui, n’est pas bon comme celui d’Énergie Est. Deux poids deux mesures ? »

    Mulclair dans l’Ouest et dans l’Est. C’est un hypocrite qui recherche le pouvoir. Les Québécois le regretteront bien que:

    « Ils ne se voient pas comme une génération de « diviseurs », mais de « rassembleurs » — de quoi ? Ils ne sauraient le dire clairement.

    Les « choses sérieuses » ? Ça se résume chez eux à avoir du fun. Comme si la vie n’était qu’un « immense festival », pour citer une Lise Payette indignée : « Il y a quelque chose d’indécent dans ce besoin de rire effréné qui n’a plus rien de spontané et qui nous donne parfois l’allure de malades mentaux… » Les « choses sérieuses » ? C’est aussi le hockey, seul sujet sur lequel ils peuvent clavarder durant des heures. Au Forum ou au Centre Bell, ils encouragent les hockeyeurs du Canadien en scandant à se fendre l’âme « Go Habs, go » dans une autre langue que la leur, celle de « leur » club de hockey favori, l’anglais.

    Les sondages sont unanimes, les jeunes Québécois refusent toute étiquette politique. Ni indépendantistes, ni fédéralistes, ni de gauche, ni de droite, ni conservateurs, ni rebelles. Rien. Près de 40 % des répondants au sondage de la maison Crop de 2011 refusaient de cocher les cases les identifiant comme indépendantistes, fédéralistes, nationalistes ou autonomistes. Ils ont plutôt choisi la catégorie « aucune ». Autrement dit, pour la non-inexistence bêtement assumée, pour le refus global des étiquettes et de l’histoire associée à une étiquette ! »
    ///////////

    Pour ce qui est de l’hydrogène, ce n’est pas tellement important.

    L’hydrogène du point de vue énergétique ce n’est que de l’électricité. On peut faire beaucoup de choses avec l’électricité et on peut tirer l’électricité de beaucoup de sources. L’éolien, le solaire miroirs et le solaire piles solaires etc.

    J'aime

  18. 30 septembre 2015 20 h 16 min

    Selon les dernières projections de Bryan Breguet, le dilemme n’est plus le même, les conservateurs dominent maintenant. Ça n’est pas au dépend du Bloc pour 2 circonscriptions mais du PLC pour 6 et du NPD pour 15.

    http://www.tooclosetocall.ca/p/canada-2015.html

    Premier tableau mis à jour, sauf erreur :

    PCC * PLC * NPD * VER * BQ

    132 ** 097 ** 106 ** 001 ** 002 Canada
    009 ** 013 ** 054 ** 000 ** 002 Québec
    123 ** 084 ** 052 ** 001 ** 000 Canada sans Québec
    009 ** 013 ** 027 ** 000 ** 027 Bloc-NPD répartis également
    132 ** 097 ** 079 ** 001 ** 029 Canada-Bloc

    Le NPD passe de premier à troisième.

    La question d’un vote stratégique plutôt qu’authentique ne se pose plus ou se pose autrement.

    La perspective d’un gouvernement minoritaire demeure. Dans ce cas, l’élection du meilleur candidat comté par comté semble ce qui peut nous arriver de mieux d’un Atlantique à l’autre. Notre petit fils n’est pas complètement réfractaire à l’élection d’un autre chef qu’Harper.

    L’important est la rapidité d’exploitation des sables bitumineux. Ils devraient être déclarés réserve mondiale maintenant que les humains en ont brûlé plus de la moitié et sont en trajectoire de bruler le reste d’ici moins de 50 ans, sous toute réserve. Je me suis remis à la lecture de La face cachée du pétrole d’Éric Laurent, 2006 pour plus de précision. Le livre date d’avant les sables et les gaz de schistes.

    J'aime

  19. 30 septembre 2015 20 h 32 min

    C’est vrai que l’analyse ne peut plus être la même. J’ai bien fait de rédiger ce billet il y a deux semaines! 😉

    Je ne désespère quand même pas que la situation change encore. L’effet niqab a peut-être connu son apogée trop tôt (enfin pour le PCC et le Bloc) et devrait s’estomper d’ici l’élection. C’est en tout cas ce que je souhaite!

    «Dans ce cas, l’élection du meilleur candidat comté par comté semble ce qui peut nous arriver de mieux d’un Atlantique à l’autre.»

    Surtout, qu’un candidat du PCC ne peut pas, par définition, être le meilleur!

    J'aime

  20. Richard Langelier permalink
    1 octobre 2015 1 h 55 min

    @ Robert Lachance
    Lorsque j’étais carabin à l’Université de Montréal, un ami citait un député qui avait affirmé, après sa victoire électorale, au début de la radiodiffusion: «En ce grand soir d’apothose, alors que ma voix retentit d’un Atlantique à l’autre…». Google ne connaît que «Tout le monde va regarder la partie d’un Atlantique à l’autre http://www.increvables.com/perronismes.htm .

    Aimé par 1 personne

  21. 1 octobre 2015 6 h 39 min

    J’y vais d’une prédiction. Si la tendance se maintient, le Bloc québécois ne formera pas l’opposition officielle après le 19 octobre prochain. Qu’irait faire à Ottawa Louis Plamondon pour Bécancour-Nicolet-Sorel sans Gilles Duceppe, défait dans Laurier Ste-Marie, à moins d’un effet boeuf de popularité comme chef ? Qu’est allé y faire André Arthur jadis pour Portneuf…

    Louis Plamondon a été enseignant en mathématiques avant d’être élu pour une première fois député à la Chambre des communes en 1984. En 1991, il devient membre fondateur du Bloc Québécois. Sous la bannière du parti, il a été porte-parole en matière d’environnement, de finances, de langues officielles, d’agriculture, d’affaires indiennes, d’anciens combattants, de travaux publics et de services gouvernementaux. Louis Plamondon a aussi été leader parlementaire du Bloc Québécois, puis président du caucus de 2004 à 2011.

    Et Nicolas Roussy pour Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine.

    Nicolas Roussy est un consultant en communication et gestion publique. Avec ses 13 ans d’expérience en tant que consultant, attaché politique, journaliste et conseiller en communication, Nicolas Roussy s’est forgé une expertise en gestion, communication et gouvernance publique. Le candidat de la circonscription de Gaspésie–Les Îles-de-la-Madeleine a conseillé et formé près de 500 dirigeants et hauts fonctionnaires venus de partout dans le monde. Titulaire d’une maîtrise en science politique de l’Université Laval, Nicolas Roussy a aussi agi en tant que conseiller et attaché politique pour le Bloc Québécois et le Parti Québécois.

    je crois sérieusement que pour une meilleure représentation au fédéral le temps qui reste, les moins de 18 ans devrait avoir la possibilité d’exercer leur droit de vote plus que les plus de 64 en raison de la structure de nos populations québécoise et canadienne et de l’espérance de vie respective des deux groupes d’âge.

    Mon dilemme est que nous avons un petit-fils de 11 ans et une petite-fille de 2 ans. Pour être fidèle à moi-même, authentique plutôt que stratégique, à qui des deux procurer mon droit de vote, je n’ai droit qu’à un vote ?

    J'aime

  22. 18 octobre 2015 19 h 23 min

    Au risque de passer pour sexiste, je legs de mon vivant, effectif le 19 octobre, mon droit de vote à notre petit-fils de 11 ans plutôt qu’à notre petite-fille de 2. Dans ce cas, j’aurais demandé à sa mère son point de vue sur pour qui voter le 19 octobre pour le meilleur de leur fille. En somme, d’agir pour mère comme sa procureure.

    Pour concrétiser ce legs, j’ai téléphoné cette après-midi à notre petit-fils pour qu’il me guide dans le rôle que je me donne à son avantage, étant donné son espérance de vie beaucoup plus importante que la mienne. J’avais amorcé la question à table chez lui la semaine dernière.

    Bon ! Pour faire court, à une élection, on peut voter pour un candidat, pour un parti, pour un élément de programme ou plusieurs ou pour un chef. Les choses étant ce qu’elles sont, mon petit-fils m ‘a recommandé deux partis, un qui pense favoriser le passage du Québec de province à pays à moyen terme et l’autre qui pense tout de suite à un Canada vert. Je n’ai pas sous-questionné. Il y a un candidat du BQ dans son comté et une candidate du PVC. Dans le mien aussi.

    Spontanément, il a parlé ensuite de vote « utile ». Pas authentique ou stratégique, utile. Concrètement à ce que j’ai entendu et noté, libéral, conservateur ou nouveau démocratique. Ne le répétez pas à personne, Il a écarté le parti conservateur. Il m’a laissé en dilemme entre libéral et nouveau démocratique.

    Par solidarité avant-gardiste et alternative au passage improbable du Québec de province à pays, personnellement, j’aurais voté Forces et Démocratie.

    J'aime

  23. Richard Langelier permalink
    18 octobre 2015 21 h 16 min

    M. Lachance,
    Jean-François Lisée a trouvé la solution. Il suffit de modifier la chansonnette de Stéphane Venne interprétée par Renée Claude :

    «C’est le début d’un temps nouveau
    Les néo-Québécois ne votent presque plus
    Les pures laines votent librement
    C’est le début d’un temps nouveau» 

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/452840/les-lecons-du-passe

    Aimé par 1 personne

  24. Youlle permalink
    19 octobre 2015 9 h 32 min

    « Les pures laines votent librement » Aussi Les pures laines de trente ans disent que ça ne donne rien de voter. Ils ne veulent pas s’identifier politiquement.

    J'aime

  25. 21 octobre 2015 5 h 30 min

    Merci pour la suggestion de lecture M. Langelier.

    De copie, le refrain de Stéphane Venne compte six lignes :

    C’est le début d’un temps nouveau
    La terre est à l’année zéro
    La moitié des gens n’ont pas trente ans
    Les femmes font l’amour librement
    Les hommes ne travaillent presque plus
    Le bonheur est la seule vertu

    En chant et musique,

    Vite de même,

    50 ans passé l’an zéro
    La terre est devenu réchaud
    La moitié des gens ont cinquante ans
    une famille sur trois un seul parent
    Les femmes travaillent de plus en plus
    L’austérité devenu vertu

    Et pour l’occasion,

    Est-ce le début d’un temps nouveau
    Vu l’élection d’Justin Trudeau
    Pour remplacer Stephen Harper
    Et sa gang de conservateurs
    pour répartir plus libéralement
    la cerise du sundae du 1 %

    Aimé par 1 personne

  26. 21 octobre 2015 6 h 21 min

    À Youlle,

    Les pures laines de trente ans ont en partie raison de dire que ça ne donne rien de voter, leur poids électoral est trop faible par rapport aux 45 et plus. C’est paradoxal, leur espérance de vie si la tendance se maintient est de 20 ans de plus et avec le réchauffement …

    https://laqueste.wordpress.com/2015/04/14/paradoxe-esperance-de-vie-et-poids-electoral/

    Pendant que vous êtes là, je précise pour mon commentaire précédent écrivant de pétrole. Je voulais dire que ce que j’en sais est ce qui me reste d’une lecture faite en 2008 de La face cachée du pétrole d’Éric Laurent, Plom, 2006. Hubert Reeves dans Là où croît le péril… croît aussi ce qui sauve, septembre 2013, rappelle que : « En un siècle, nous avons brûlé plus de la moitié du pétrole que les phénomènes géopolitiques avaient mis plus de cent millions d’années à élaborer. »

    La question que je me pose est que de ce temps-ci, l’essence est moins chère que l’an dernier; le 21 septembre dernier, j’ai payé 1,04 $ le litre; la veille, 0,64 $us dans le Maine. Au Baril, spéculation, la baisse est beaucoup plus grande.

    Pourquoi un produit qui devient plus rare est-il vendu moins cher. Serait-ce qu’il est utilisé comme arme électorale ici et ailleurs, comme arme politique économique. Serait-ce que l’Europe avec le CERN aurait trouvé comment produire à moindre frais de l’énergie propre à partir du nucléaire.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :