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Le monde est clos et le désir infini

25 janvier 2016

monde closLe monde est clos et le désir infini de Daniel Cohen raconte l’histoire du désir inassouvissable de l’être humain pour la croissance. Encore une fois, je vais tenter dans ce billet de présenter les thèmes abordés dans chacun des chapitres de ce livre.

«La croissance économique est la religion du monde moderne». Ainsi débute l’introduction qui se poursuit en expliquant les questions auxquelles l’auteur compte répondre.

Le premier chapitre tente de déterminer les particularités de l’espèce humaine par rapport aux autres animaux. L’auteur le conclut en affirmant que l’être humain «est un animal parlant, à la recherche d’un interlocuteur pour l’entendre et lui répondre, et dont il désire la reconnaissance» (j’ai bien aimé!).

Le deuxième chapitre retrace les origines de l’être humain, notamment le rôle fondamental de l’agriculture dans sa croissance démographique et économique.

Le troisième chapitre extrapole sur les conséquences de la croissance démographique sur une planète finie et note que le ralentissement de cette croissance a pour l’instant sauvé l’être humain du désastre.

Le quatrième chapitre raconte l’histoire entourant l’apparition de la monnaie. L’auteur mentionne entre autres que la monnaie a mis fin aux relations sociales qui s’établissaient dans tout échange avant son utilisation, car un «paiement en monnaie permet [au contraire] de clore une relation. Je te paies, nous sommes quittes!».

Dans le cinquième chapitre, l’auteur compare l’évolution sociale et économique en Europe et en Chine et montre que la Chine détenait un fort avantage technique jusqu’aux invasions mongoles du XIIIème siècle. Puis, est arrivée la révolution industrielle qui a scellé l’avance de l’Occident.

Le sixième chapitre se questionne sur l’influence qu’a pu jouer la religion (et son absence) dans la croissance économique, croissance qui fut telle que les limites de la planète se manifestent clairement de nos jours.

Le septième chapitre débute la deuxième partie du livre en présentant les changements technologiques prévus au cours des prochaines décennies.

Le huitième chapitre poursuit en montrant les derniers développement dans le monde du travail (en citant surtout les travaux de David Autor), notamment la diminution dans les emplois intermédiaires routiniers et la croissance dans les emplois les plus et les moins qualifiés. Même si ce phénomène s’observe aussi en Europe, il est le plus fréquent aux États-Unis, mais beaucoup moins au Canada.

Le neuvième chapitre revient sur la croissance et son faible niveau depuis le tournant du siècle et même depuis 1980 pour la classe moyenne. L’auteur cite abondamment les études de Robert Gordon sur la stagnation, dont celle que j’ai présentée dans ce billet. Il prétend avec pertinence que les changements technologiques depuis 40 ans et ceux à venir n’ont pas le potentiel de croissance de la productivité qu’avaient ceux du siècle précédent, notamment parce qu’ils se concrétisent souvent par des produits gratuits (comme sur Internet) et par la création de peu d’emplois.

Le dixième chapitre se penche sur la substitution du travail entre les machines et les humains, et du déplacement des revenus entre les salaires et le capital. L’auteur élabore ensuite sur le rôle de l’immobilier dans l’augmentation du patrimoine.

Le onzième chapitre lie la baisse de la fécondité dans les pays pauvres à la forte croissance qu’ils connaissent, sans nécessairement établir quelle est la cause et quel est l’effet. Si on peut se réjouir de cette évolution, elle entraîne toutefois le problème majeur et incontournable de la limite des ressources de notre planète et celui du réchauffement climatique. Parviendrons-nous à faire face à ces problèmes?

Le douzième chapitre commence la troisième partie du livre en questionnant la notion de progrès qui nous attire comme un aimant. L’auteur poursuit en comparant les sociétés soudées (il utilise le terme «holistes») et les sociétés individualistes.

Le treizième chapitre poursuit cette interrogation, mais cette fois sur l’autonomie.

Le quatorzième chapitre montre que notre bonheur n’a aucun rapport avec notre richesse, mais plutôt avec ce niveau par rapport avec celui de notre entourage. Si le niveau moyen de richesse double, il faut que le nôtre double aussi pour que nous soyons aussi heureux qu’auparavant.

Le quinzième chapitre débute en observant que les périodes progressistes sont généralement associées à une forte croissance et que les périodes conservatrices, populistes et nationalistes le sont à une faible croissance, voire à des récessions. Cette association n’est toutefois pas inéluctable, comme le montre l’adoption du New Deal durant la Grande Dépression. Le chapitre se poursuit en analysant entre autres les facteurs qui sont liés à la satisfaction au travail.

Le seizième chapitre présente une étude sur les pays où les gens sont les plus heureux. Le niveau de richesse a un rôle, mais le facteur dominant sur le bonheur est la confiance, confiance entre les compatriotes, bien sûr, mais aussi dans les institutions. On trouve dans ces pays des niveaux plus élevés d’entraide, de bénévolat et de satisfaction au travail.

Le seizième chapitre montre que le niveau d’endogamie sociale est en forte croissance. Non seulement les couples se forment entre membres de la même classe sociale, mais les quartiers, les écoles et mêmes les amis sur Facebook sont de plus en plus formés de personnes qui présentent des caractéristiques sociales, politiques, culturelles et économiques semblables.

Dans le dix-septième chapitre, l’auteur revient sur le fait que la croissance économique est devenue une religion et que la résistance à la création de richesse est un péché, sinon mortel, à tout le moins capital (ne cherchez pas cela dans ce livre, c’est mon interprétation)! Il poursuit en expliquant que, contrairement à ce qu’on dit, il est tout à fait possible de conserver nos services sociaux sans croissance économique. Face à la contrainte écologique, l’humain doit pacifier ses relations. Cette contrainte est en fait un facteur qui permet aux humains de partager un objectif commun, donc de se solidariser.

Dans la courte conclusion, l’auteur se demande si nous pouvons nous passer de croissance. Il demeure optimiste. La baisse de fécondité est un premier pas dans la bonne direction et la malléabilité du désir humain, qui a jusqu’ici entraîné une recherche infinie de croissance, pourrait à l’inverse lui permettre de refréner ses attentes en retrouvant sa satisfaction dans sa lutte contre le réchauffement climatique et en recherchant la qualité plutôt que la quantité. Cette transition exigera un changement de mentalité, ce qui est possible, mais pas garanti…

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Je dois dire que le contenu du livre ne correspond pas vraiment à ce à quoi je m’attendais. Avec un tel titre, je croyais que l’auteur développerait autant sur le caractère infini des désirs que sur le caractère limité du monde. Or, il se concentre presque uniquement sur les désirs. En plus, comme on a sûrement pu le constater en lisant mes courts résumés des chapitres, l’auteur passe d’un sujet à l’autre sans structure précise. Cela dit, le contenu de ces chapitres est rarement ennuyant et presque toujours intéressant. Est-ce que cela justifie sa lecture? À chacun de voir. Sans regretter le temps que j’ai consacré à cette lecture, je me serais peut-être abstenu si j’avais lu mon billet avant de commencer ce livre!

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2 commentaires leave one →
  1. Richard Langelier permalink
    4 février 2016 20 h 31 min

    «Les péchés capitaux», j’avais oublié ça. Il faut croire que tu as retenu plus de choses de notre enfance à l’eau bénite que moi. Je te conseillerais bien d’écrire un beau roman sur ce sujet, mais Denise Bombardier l’a déjà fait.

    Aimé par 1 personne

  2. 4 février 2016 20 h 45 min

    Ce n’est pas toujours le péché qui est capital, mais parfois le capital qui est un péché!

    Aimé par 1 personne

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