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Le vocabulaire de la décroissance

22 février 2016

DécroissanceDécroissance Vocabulaire pour une nouvelle ère, sous la direction de Giacomo D’Alisa, Frederico Demaria et Giorgos Kallis est un livre qui cherche, comme son titre le dit bien, à changer le vocabulaire que nous utilisons pour qu’il reflète mieux les enjeux de notre temps. Comme il compte une soixantaine de textes, je ne pourrai pas, comme je le fais souvent, résumer chacun d’entre eux. Je vous invite plutôt à consulter la table des matières en cliquant sur le petit icône en haut à droite de la page de présentation du livre. De mon côté, je vais tenter de rendre compte des concepts qui animent chacune des parties de ce livre.

Préface : La préface met la table en retraçant l’historique des discours sur la fin de la croissance et sur les objections à ces discours, puis en énumérant les principaux arguments appuyant l’impossibilité de la poursuite de la croissance et en décrivant ses conséquences. Elle poursuit en soulignant la grande variété des écoles de pensée qui appuient la décroissance, ce qui rend ce concept encore plus fécond.

Introduction – décroissance : L’introduction commence aussi avec un historique, mais plus détaillé que le précédent. Elle cherche toutefois principalement à montrer que le concept de décroissance est en premier lieu une réfutation de l’idéologie de la croissance. Elle fait ensuite le tour des faits et des arguments appuyant la thèse de la décroissance. Elle se termine par une présentation des thèmes qui seront abordés dans les textes de ce livre.

Courants de pensée : Cette première partie regroupe huit textes sur les principaux courants de pensée qui ont influencé le mouvement (ou plutôt les mouvements) de la décroissance.

Noyau dur : La deuxième partie, beaucoup plus volumineuse (avec ses 25 textes), élabore sur les concepts qui sont à la base de la critique de la croissance et de la construction des mouvements de la décroissance.

Action : La troisième partie et ses 18 textes portent sur des expériences possibles ou réelles d’application des principes de la décroissance. Ces actions peuvent aussi bien se faire à l’échelle locale que nationale ou même internationale.

Alliances : La quatrième partie examine différentes possibilités d’alliances avec cinq courants qui n’adhèrent pas nécessairement à la décroissance, mais qui présentent des aspects ou des objectifs communs avec elle.

Épilogue – De l’austérité à la dépense : Cet épilogue décrit la position politique des directeurs de ce livre ainsi que la façon dont ils conçoivent la décroissance. Il débute en montrant que les politiques d’austérité néolibérales et keynésiennes d’investissements pour relancer la croissance ne se distinguent que par les moyens, mais pas par leur objectif qui est de relancer la croissance de l’économie et du capital. À l’inverse, «La décroissance implique de ralentir le capital».

Les auteurs dénoncent la consommation positionnelle (ou ostentatoire) et vantent plutôt la sobriété. Ils ne la désirent pas «au nom des déficits financiers, des limites écologiques ou pour des raisons morales», mais pour que le sujet sobre «trouve du sens dans ses rapports avec les autres» de façon à ce qu’il puisse «se consacrer à une vie quotidienne centrée sur l’attention portée aux autres (care) et participer à la dépense sociale démocratiquement déterminée». Ils concluent que «l’économie de l’austérité pour le plus grand nombre, et du plaisir privé pour quelques-uns, cédera la place à une économie du festoiement commun pour tous les individus sobres».

Annexe – 10 propositions politiques pour la nouvelle gauche : Oui, nous pouvons prospérer sans croissance : Un des trois directeurs de ce livre, Giorgos Kallis, présente une liste de 10 propositions, la grande majorité tirées des chapitres de ce livre, pour réaliser l’objectif de la décroissance.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Ce livre comporte de grandes qualités, mais également son lot de défauts. Formé d’une soixantaine de chapitres d’à peine quatre ou cinq pages, il est à la fois exhaustif et superficiel. Si on veut un panorama complet des concepts associés à la décroissance, c’est le livre idéal. Par contre, les concepts qu’on y aborde sont trop souvent résumés outrageusement. Par ailleurs, on ne s’étonnera pas de retrouver de nombreuses répétitions dans un livre regroupant autant de textes. Par exemple, on y parle du paradoxe de Jevons sur l’effet rebond («à mesure que les améliorations technologiques augmentent l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer») dans au moins quatre ou cinq textes avant le chapitre qui lui est consacré. En plus, ce qu’on peut voir autant comme une qualité que comme un défaut, le livre présente sans hiérarchie des concepts bien appuyés par les faits que d’autres pour le moins douteux.

Malgré ses défauts, ce livre présente suffisamment de points positifs pour justifier sa lecture. Et si un chapitre nous semble moins intéressant, rien ne nous empêche de le sauter, quoiqu’il ne sera pas long à lire!

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One Comment leave one →
  1. Sciencesenviro permalink
    3 mars 2016 11 h 27 min

    Merci pour ce résumé très pertinent. Ce livre va finir assurément dans ma bibliothèque et le comité « Décroissance conviviale » du Forum social mondial à Montréal en août prochain va s’assurer qu’il soit disponible en lecture sur place.

    Aimé par 1 personne

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